Dimanche 20 avril 2014 — Dernier ajout mardi 15 avril 2014

ARCHIVE : Encore un rapport sur Maciel… sans suite ! (1964)

Le document présenté ci-dessous propose une nouvelle synthèse des différentes étapes de la saga rocambolesque du père Maciel. Le point intéressant, c’est que ce rapport montre bien que les services de la Congrégation pour les Religieux ont beau faire toutes les enquêtes nécessaires… cela ne sert à rien, car Maciel jouit d’une impunité qui lui vient des plus hautes autorités de l’Église.

Congrégation pour les Religieux
Rome, le 14 juillet 1964

Rapport sur la Congrégation des Missionnaires du Sacré-Cœur de Jésus et de la Vierge des Douleurs, appelée aussi « Légionnaires du Christ »

1. Suite aux graves accusations contre le père Marcial Maciel, la Sacrée Congrégation pour les Religieux, le 20 septembre 1956, et avec l’accord du Saint-Père, suspendait ce dernier de ses responsabilité de Supérieur Général, et confiait le gouvernement de l’institut, jusqu’à nouvel ordre, au Vicaire Général, et demandait l’hospitalisation du père Maciel pour se faire soigner.

Les graves accusations contre le père Maciel sont résumées ainsi dans un document Pro Audientia :

  • Consommation abusive de morphine ;
  • Conduite morale ambiguë ;
  • Manipulation de grandes sommes d’argent, d’origine inconnue ;
  • Directions spirituelles dangereuses sur le VI ;
  • Maintien en vigueur du vœu privé « de ne jamais parler à personne contre le Supérieur », alors que le Saint Office ait réprouvé le vœu mentionné dans les Constitutions ;

2. Le 13 octobre de la même année 1956, nomination d’un Visiteur Apostolique pour toute la Congrégation : le Révérend Père Anastasio del Santissimo Rosario, Supérieur Général des Carmes Déchaux. Seul, ou avec l’aide d’un délégué, il visite les centres de Rome et d’Espagne, mais pas ceux du Mexique. Il achève la visite le 11 février 1957 et présente un rapport qui est, comme il apparaît immédiatement à la lecture de ses conclusions, très défavorable à l’Institut.

3. Juillet 1957. Nomination de deux autres Visiteurs : L’Illustre Mgr Alfredo Bontempi, pour les maisons de Rome, et le Révérend Père Polidoro Van Vlierberghe, O.F.M., pour les maisons du Mexique et d’Espagne. Le premier présente deux rapports, respectivement le 14 décembre 1957 et le 24 janvier 1958, tous deux favorables à la congrégation. Le second présente aussi un rapport, également favorable, le 12 décembre 1957.

4. Les rapports des trois Visiteurs sont donnés au Révérend Père Joseph Rousseau, O.M.I. pour que, après un examen attentif, il rende son avis. Le 7 mai 1958, il remet un avis… volumineux, 107 pages ! Le père Mozzicarelli du Bureau des Visites Apostoliques, tout en appréciant cet avis, retient que « les conclusions ne semblent pas correspondre à la logique des faits exposés ».

5. 10 septembre 1958. Avis du Révérend Père Mozzicarelli du Bureau des Visites Apostoliques. La Congrégation pour les Religieux reprend à son compte cet avis, comme il ressort de la comparaison entre celui-ci et la lettre envoyée par la Congrégation pour les Religieux à son Éminence le Cardinal Clément Micara, le 13 octobre 1958.

6. Lettre, citée ci-dessus, à Son Éminence le Cardinal Micara. C’est une pièce importante parce qu’elle contient les mesures de la Congrégation pour les Religieux à l’égard du père Maciel et de son Institut. Suite à cette lettre, le père Maciel se voit réhabilité, avec cependant l’interdiction d’assurer la direction spirituelle et la possibilité de confesser les membres de sa Congrégation. Ainsi ressort-il du document Pro Audientia déjà mentionné).

7. Au printemps 1962, de nouvelles allégations contre le père Maciel sont présentées à la Congrégation pour les Religieux. Les faits dont le Père est accusé se seraient produits entre le 18 et le 23 mars 1962, dans la ville de San Sebastian (Espagne). Ils ont pour objet, encore une fois, la morphine. La police locale aurait connaissance de cela. (Voir le document Pro Audientia).

8. La Congrégation pour les Religieux prend les décisions suivantes : destitution du père Maciel de sa charge de Supérieur Général, et son exclaustration ad nutum Sanctae Sedis ; De plus, nomination d’un autre supérieur extérieur à la Congrégation. Telles étaient les propositions qui devaient être soumises au Saint Père lors de l’Audience prévue le 18 mai 1962, mais qui, semble-t-il, n’a pas eu lieu, car entretemps, il y a eu une intervention de la Secrétairerie d’État.

9. 17 mai 1962. C’est la date de deux rapports envoyés à la Secrétairerie d’Etat par la Nonciature Apostolique de Madrid, et transmis ensuite à la Congrégation pour les Religieux le 24 mai. Ces deux rapports sont extrêmement favorables à la congrégation, ainsi qu’à son fondateur, le père Maciel, et ont conduit – C’est ce qui me semble, après avoir examiné les rapports – à lever toutes les précédentes mesures contre le père Maciel. Et les choses en sont restées là, après les différentes étapes que nous avons essayé de relater dans ce document.