Dimanche 23 novembre 2014 — Dernier ajout lundi 24 novembre 2014

Bethléem : le témoignage d’Aline

SOS lancé à l’Église : limitez les dégâts de la Famille Monastique de Bethléem.
Les sœurs de Bethléem m’ont à la fois formée et déformée. Je vais parler dans ce témoignage des points négatifs, dans l’espérance que les sœurs ne continuent pas à commettre les erreurs qu’elles ont faites avec moi. Mais cela nécessite que les autorités ecclésiastiques interviennent pour recadrer cette communauté religieuse à tendance sectaire.

« Si ton frère a commis une faute, va le trouver seul à seul et reprends-le. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, afin que l’affaire soit réglée par deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à la communauté… ». Matthieu 18 (15-17) sur la correction fraternelle.

Lorsque j’ai reçu l’appel à tout quitter pour suivre Jésus, j’étais très attirée par beaucoup d’aspects de la famille monastique de Bethléem : la liturgie, la présence de la Vierge Marie, la bonté des sœurs, les lieux retirés où sont implantés les monastères, l’artisanat, leur habit, leurs repas… Mais je n’étais pas attirée par la solitude, j’avais peur de Saint Bruno, le patron des Chartreux dont la communauté se réclame.

Lors d’une brève rencontre avec sœur Marie, la fondatrice, j’ai exposé mes attirances et ma peur. Voici la réponse qu’elle m’a faite : « Si tu n’aimes pas St Bruno, c’est ennuyeux… Puis elle réfléchit quelques secondes et me dit : Si tu aimes la Vierge Marie, la Vierge Marie aime la solitude et aime Saint Bruno, donc elle te fera aimer la solitude de Saint Bruno. Je ne suis pas inquiète. Tu peux rentrer. J’ai confiance »

J’avais beaucoup de mal avec ma prieure aux Monts Voirons, sœur X. A la fois trop sévère et trop affective, elle me mettait très mal à l’aise dans ses attitudes. Elle me rendait dépendante de son regard, de son appréciation. Elle obnubilait mes pensées si bien que, chaque jour, je me demandais comment plaire à ma prieure au lieu de chercher à aimer le Seigneur. Cela me perturbait beaucoup car j’étais rentrée pour être l’épouse de Jésus, dans le vœu de chasteté, et non pour être dépendante affectivement de ma prieure que je redoutais par ailleurs, car elle pouvait être très blessante.

Nous avions des bénédictions avec sœur X chaque jour avant les Vêpres, une mini rencontre avec elle, et pendant la liturgie qui suivait, il y avait systématiquement une ou deux sœurs qui pleuraient, à tour de rôle. Cela entraînait des comportements de « lèche-bottes » pour recevoir le regard bienveillant de la prieure, faire partie de ses chouchoutes et accéder à une certaine paix. Nous étions infantilisées.

Mon sommeil était fragilisé du fait d’un accident de voiture que j’avais eu deux ans avant d’entrer à Bethléem, mais il s’est nettement amélioré à partir du moment où j’avais reçu ma vocation. Les six mois qui ont précédé mon entrée au monastère, je dormais bien, mais les insomnies sont vite revenues au bout d’un mois d’école de vie aux Monts Voirons. Pour moi, c’était peut-être le signe que je n’étais pas à ma place, et j’ai demandé si je pouvais faire une retraite en dehors du monastère, pour y voir clair, avant de m’engager à prendre l’habit. Cela m’a été refusé. En revanche, sœur X m’a parlé d’une grand-mère qui vivait à Nazareth et avait chaque jour des apparitions de la Vierge Marie. Sœur Marie devait interroger cette dame pour savoir si elle avait des explications de la Vierge Marie sur mes insomnies. J’attendais une réponse de cette voyante. Sœur X, à qui je le demandais depuis plusieurs mois, a fini par me dire qu’il n’y avait pas de réponse et que cela ne devait donc pas être important.

En conséquence, la vie a continué et j’ai pris l’habit. J’avais toujours du mal avec la solitude, la vie en ermitage, et ma santé se dégradait. Je passais une nuit blanche sur deux, et parfois plusieurs nuits blanches de suite. Cela ne m’a pas empêchée de faire ma première profession en 1999, d’étudier la théologie et le grec, de travailler, jusqu’au jour où, en 2001, j’ai perdu totalement le sommeil pendant un mois. Je venais de vivre un an en solitude, en ermitage, et ma nouvelle prieure me demandait de passer une deuxième année en solitude pour approfondir la première année qui s’était bien passée.

Je n’arrivais pas à assumer une deuxième année de solitude, d’immobilité en cellule, mon corps était très tendu, et au bout d’un mois de nuits blanches, j’ai commencé à perdre la mémoire et ma capacité de concentration. Je ne pouvais plus du tout étudier. J’ai exprimé à la sœur qui m’accompagnait mon désir de quitter le monastère pour tenter de retrouver un équilibre et une meilleure santé, mais elle m’a répondu que la prieure allait m’affecter à l’accueil pour que je souffre moins de solitude. J’étais clairement en dépression nerveuse pour la première fois de ma vie, mais je n’ai reçu aucun médicament antidépresseur. Les sœurs étaient sûres que j’allais m’en sortir sans médicament. Ma mémoire et ma capacité de concentration ne sont jamais vraiment revenues depuis.

Avec le recul du temps, je peux souligner qu’il y a eu non-assistance à personne en danger pendant plusieurs années. C’est donc pour des sœurs qui vont mal ou ont des problèmes de santé que j’apporte mon témoignage. Bethléem garde les canards boiteux en leur disant que le Seigneur envoie souvent de grandes épreuves à ceux qui lui sont consacrés.

Personnellement, j’étais encouragée à offrir mon corps en hostie vivante sans que l’on m’aide à réfléchir sur les raisons de ces mystérieux problèmes de santé. « Le psychisme, c’est comme une forêt vierge, si tu y rentres, tu ne pourras jamais en sortir. Le démon entre par la porte de l’imaginaire, de la mémoire et de l’affectivité. Il ne faut prêter aucune attention à cette zone intermédiaire. Seule la vie spirituelle et le corps peuvent encercler le psychisme pour le faire taire. »

Ma prieure m’avait déjà proposé d’écrire tous les souvenirs que j’avais depuis mon enfance, puis elle les avait lus et nous les avions brûlés, pour que je reçoive le mental vierge de la Vierge Marie, et que je reparte de zéro, avec seulement l’Évangile dans la tête.

Toujours est-il que je continuais à exprimer que je souhaitais partir, et mon « ange » m’a demandé d’écrire plusieurs fois par an à sœur Isabelle, la prieure générale, pour qu’elle me connaisse et puisse donner son discernement à mon égard. Je l’ai donc fait, très régulièrement. Au printemps de l’année 2003, mon nouvel « ange » m’a demandé de faire une retraite d’un mois en solitude, en gardant la cellule, et en marchant le moins possible : vingt minutes par jour, pas plus.

Au bout d’une semaine, à force d’immobilité en cellule, j’étais très tendue et ne dormais plus du tout. Elle m’a dit : « cela n’a pas d’importance si tu vas avoir un mois de nuits blanches, il faut que tu te prépares à ta profession perpétuelle, que tu t’entraînes à obéir jusqu’à la mort, jusqu’à l’extrême. Et après ce mois de retraite, tu reprendras ton travail à l’accueil et retrouveras un certain équilibre. »

J’ai donc eu à nouveau un mois de nuits blanches et ma santé s’est à nouveau aggravée. Je n’avais toujours pas d’antidépresseur. Comme je n’en avais jamais pris, je continuais à faire confiance aux sœurs, qui me disaient : « les antidépresseurs ne sont jamais une solution. »

En juillet 2003, j’ai pu avoir un entretien avec le bras droit de sœur Isabelle et lui ai clairement exposé mon désir de partir. Elle m’a répondu : « Cette pensée vient du démon. Tu es dans la famille monastique de l’Assomption de la Vierge, lorsqu’on vit dans le mystère de l’Assomption de la Vierge, on est toujours dans la joie. Si tu es triste, c’est parce que tu ne vis pas assez dans le charisme de l’Assomption. Tu n’auras pas d’antidépresseur. Ton médicament, c’est le Nom de Jésus, c’est le Rosaire, à chaque fois que tu es angoissée, tu respires le Nom de Jésus et cela seul va te guérir et te faire dormir. »

Puis elle ajoute : « Tu dois être plus rayonnante avec le nom que tu portes ! Tu es un mauvais exemple pour les sœurs de la communauté, notamment les plus jeunes, et ton problème sera résolu si tu t’oublies dans le cœur de la Vierge Marie, qui est au Ciel, dans l’intimité des trois Personnes Divines. Là seulement se trouve la joie profonde, qui n’a rien à voir avec la joie sensible. »

Pour m’aider à m’épanouir, on m’a alors confié plus de responsabilités : le chant de la communauté, les animations pour les enfants des laïcs de Bethléem, et l’accueil. J’accompagnais parfois des jeunes filles qui venaient faire une brève retraite au monastère. Une ou deux fois, j’ai dit à une retraitante récemment convertie qui ne me semblait pas du tout apte au charisme si particulier et austère de Bethléem, d’aller quand même voir ailleurs dans l’Église ce qui existait, avant de se précipiter au désert dans une vie de silence et de solitude radicale.

Ma responsable m’a fait alors cette observation : « La Vierge Marie nous envoie des filles, et toi, tu les envoies ailleurs ! As-tu conscience que c’est La Vierge Marie elle-même qui nous les envoie au désert ? Si tu leur dis encore une autre fois d’aller faire une retraite de discernement ailleurs, tu seras retirée de ta charge d’accueil. »

Elle appliquait une parole de Sœur Marie qui nous avait dit au début d’un mois évangélique : « lors de l’année mariale, la Vierge a été formidable ! 50 filles sont venues faire le mois évangélique et les 50 sont rentrées ! »

En 2003, lors d’un de mes passages à Paris, ma mère a demandé si elle pouvait venir me visiter place Victor Hugo, et cela a été accepté. Cependant, j’avais reçu cette consigne, lors d’une bénédiction comme toujours, juste avant d’aller retrouver ma famille : « Ne parle pas de toi-même, ni de ta santé. Tu vas bien, car cela ne sert à rien d’inquiéter ta famille, et la communauté se charge de ta santé. Ne sois pas centrée sur toi, mais sur ta maman. »

Dans la réalité, la communauté ne se chargeait pas de ma santé. Étant depuis deux ans en dépression, désirant quitter cette communauté sans être entendue dans ma demande, j’ai décidé, malgré les consignes fermes de sœur Y, la Prieure de Paris, de désobéir, cette fois-ci.

Maman me demande : « Comment vas-tu ? »

Je réponds : « Je vais mal ».

Maman est interloquée car jamais je n’ai dit que j’allais mal. Elle me demande depuis quand je vais mal.

Je réponds : « Depuis deux ans. »

Maman était affolée d’apprendre que mon état de santé s’était fortement dégradé depuis deux ans et que les sœurs ne m’avaient pas soignée comme il convenait. Elle m’a promis qu’elle m’aiderait.

A la bénédiction avant les Vêpres, la prieure de Paris me demanda si j’avais réussi à garder le silence sur moi-même. Je lui ai dit que non. Elle était très contrariée. Elle a parlé à ma mère pour la rassurer et lui dire que les sœurs s’occupaient de ma santé, et allaient s’en occuper encore plus.

Ma mère a décidé de revenir me voir cette fois-ci aux Monts Voirons, début septembre 2003, à l’occasion des vœux d’une de mes amies, qui était rentrée peu de temps après moi, pour vérifier que les sœurs m’avaient bien emmenée chez un psychiatre.

J’ai pu lui faire savoir que rien n’avait été pris en charge, et comme elle était furieuse de me voir encore dégradée, l’assistante de Sœur Isabelle qui était là lui a dit : « Nous avons été très prises depuis 6 semaines par l’organisation et le déroulement du mois évangélique, nous n’avons pas pu l’emmener chez le médecin, mais maintenant nous allons pouvoir nous occuper de votre fille. »

Maman me demandait où elle devait me préparer une place pour revenir « dans le monde », et je lui disais de contacter l’Arche de Jean Vanier, car c’était le seul endroit, en tant qu’handicapée mentale, qui pourrait peut-être me recevoir et me soigner. J’espérais en rentrant à l’Arche échapper à l’hôpital psychiatrique. Ma mère n’avait pas confiance dans les sœurs et s’inquiétait de plus en plus.

Connaissant très bien l’évêque qui avait reçu mes vœux, Mgr Brincard, elle l’a contacté, en lui demandant de venir me voir de toute urgence aux Monts Voirons. Il a donc programmé une visite au monastère une semaine plus tard, a rencontré la communauté et a insisté pour me voir seule, personnellement.

Après m’avoir posé quelques questions, il s’est vite aperçu que je n’étais pas à ma place dans cette vocation de silence et de solitude et que j’étais en dépression profonde. Il m’a dit que je pouvais partir dès que j’irai mieux, même si je n’étais pas à la fin de mes vœux simples. Il m’a bénie et demandé de lui donner des nouvelles ; il a sommé les sœurs de me soigner et de « prendre la mesure du problème ».

Peu de temps après, je reçois une nouvelle affectation : je vais rejoindre le monastère de Currière en Chartreuse, où se trouvent beaucoup de sœur malades, et l’on va pouvoir me soigner.

En arrivant à Currière, le monastère et les paysages étaient tellement marqués par le charisme cartusien que j’ai eu envie de partir tout de suite. Ma nouvelle prieure, soeur Z, me reçoit régulièrement et je lui fais part de mon désir de partir. Elle me répond : « C’est le démon qui t’éprouve dans la fidélité à ta vocation. Tu es disciple de St Bruno. »

J’étais responsable de l’accueil et des chants de la communauté. Après avoir enfin reçu un traitement antidépresseur, mon sommeil s’était amélioré. Cependant, en voyant les sœurs malades qui vivaient très seules leurs épreuves, en voyant les sœurs âgées qui me semblaient très seules également, j’aurais aimé qu’elles soient plus entourées, car certaines semblaient vraiment souffrir. Je l’ai exprimé à ma prieure. Elle m’a répondu : « Elles ne sont pas seules, le Ciel tout entier est dans leur cellule, elles ont les saints et les anges pour compagnie. »

Cette fois-ci, ma décision est ferme et je demande un entretien avec la prieure générale. Je veux partir, je ne veux pas me préparer à mes vœux perpétuels.

J’ai dû attendre encore deux ans avant d’obtenir un rendez-vous avec la prieure générale qui passait pourtant plusieurs fois par an, tout près de là où je me trouvais. Voici ce qu’une responsable m’a alors dit : « Sœur Isabelle n’a pas le temps de te voir ; elle s’occupe des filles qui veulent rentrer, et il y en a beaucoup, elle n’a pas le temps pour les sœurs en crise qui veulent sortir ! »

En septembre 2004, mes premiers vœux expiraient. J’étais donc encore plus libre de partir mais mes responsables m’ont dit : « Tu ne peux pas partir car tu ne vas pas assez bien. Tu ne peux pas rester à Bethléem si tu ne prolonges pas tes vœux. Comme tu n’es pas encore prête pour faire tes vœux perpétuels, tu vas refaire des vœux pour un an. »

J’ai refait des vœux pour un an en pleurant, en étant déçue de ne pas avoir pu rencontrer sœur Isabelle. Au printemps suivant, un ami prêtre est venu me visiter, sur les conseils de ma mère. Il a insisté pour me voir et j’ai pu le rencontrer dix minutes. Il m’a interrogée : « Qu’est-ce qui te rend malheureuse, qu’est-ce qui te fait le plus souffrir ? » J’ai répondu : « Le silence et la solitude. » Il a conclu : « Ce qui te rend malheureuse, c’est le charisme de Bethléem ! Il n’y a peut-être pas d’autre lieu sur terre où il y ait plus de silence et de solitude à part en Chartreuse ! Si tu quittes le monastère, tu seras forcément plus heureuse ailleurs, où que tu ailles dans le monde. »

J’ai redemandé à partir, et on m’a répondu que j’avais une place à Bethléem, qu’on avait besoin de sœurs d’accueil. Comme je voulais absolument voir Sœur Isabelle, on m’a envoyée aux Monts Voirons où se déroulait le mois évangélique de mi-juillet à mi-Août 2005, afin qu’elle puisse me recevoir. Je la croisais quotidiennement mais je n’étais cependant jamais convoquée.

J’ai dû repartir à Currière en Chartreuse quelques jours après la fin de la retraite, sans l’avoir vue. J’étais en colère.

On m’a dit que je resterais à Currière tant que je n’aurais pas vu Sœur Isabelle, et qu’elle allait passer dans les prochaines semaines. Elle est passée et je ne l’ai pas rencontrée. J’ai donc demandé à aller la voir au monastère du Saint Désert, où elle se trouvait avant de repartir en Terre Sainte. Une sœur m’a emmenée en voiture et j’ai attendu plusieurs heures.

J’étais la dernière sur la liste à pouvoir être reçue. L’assistante de Sœur Isabelle commençait à s’énerver car, à cause de moi, elles allaient toutes les deux rater leur avion. Je n’avais donc que deux minutes pour parler à ma prieure générale. Elle avait l’air très tendue.

Elle m’a demandé : « Quel est ton problème ? »

Je lui ai répondu : « Le charisme de Bethléem : le silence et la solitude. »

Elle m’a dit : « Je ne le savais pas. »

Je lui ai dit : « Cela fait quatre ans que je vous écris des lettres. »

Elle me répond : « Je ne les ai pas reçues. »

Mes lettres étaient-elles filtrées et interceptées par son assistante ? Les avait-elle reçues et ne voulait-elle pas me le dire ?

Elle conclut : « Tu peux partir, …. et si tu veux revenir, tu auras toujours ta place à Bethléem. On a besoin de toi à l’accueil. »

Je réponds : « Merci beaucoup, mais c’est sûr que je ne reviendrai jamais. C’est une question de vie ou de mort ! »

Il m’a donc fallu attendre quatre ans pour partir de Bethléem. Après douze ans de vie au monastère, j’ai demandé si je pouvais embrasser mes sœurs. Cela m’a été accordé à condition que je le fasse en silence. Cependant, les responsables ont dit à la communauté que sœur Isabelle me confiait une mission. Les sœurs ont donc pensé que j’étais envoyée dans un autre monastère. Quand je suis partie, on m’a demandé de ne pas du tout parler de Bethléem, car « personne dans le monde ne peut comprendre les trésors que tu as reçus. Garde-les pour toi ! »

Plus tard, j’ai voulu faire connaître Bethléem à mon mari, mais j’ai reçu l’information que j’étais « persona non grata » dans l’église ancienne de St Honoré d’Eylau : Je ne devais pas montrer le mauvais exemple aux sœurs ou aux laïcs qui me connaissaient, notamment aux enfants des laïcs de Bethléem. J’ai reçu aussi l’information de ne pas passer aux Monts Voirons, pour qu’aucune sœur ne risque de me croiser et de me reconnaître, car cela les perturberait. Et pourtant, je n’avais même pas fait de vœux perpétuels ! En quoi étais-je infidèle ?

J’ai gardé de bons liens avec quelques sœurs de Bethléem. Comme je l’ai déjà dit, une bonne amie y était rentrée peu de temps après moi. Sachant qu’en 2008 elle n’avait pas encore fait ses vœux perpétuels, et ayant entendu qu’elle avait des « combats intérieurs », je suis allée lui rendre visite avec mon mari en Terre sainte. Je n’ai pu lui parler qu’en présence de l’assistante de Sœur Isabelle, et n’ai donc pas pu avoir de dialogue vrai avec elle. Une de mes amies qui n’a jamais eu de vie religieuse, a fait la même démarche que moi, suivie du même résultat. Cela l’a beaucoup affectée de rencontrer cette sœur en présence de l’assistante de Sœur Isabelle.

A ma sortie du monastère, j’ai eu de grandes difficultés pour reprendre des études. J’avais un bac + 5 à mon entrée à Bethléem. Douze ans après, le manque de soins pendant deux ans, lorsque j’ai fait une dépression au monastère, m’a été fatal pour ma mémoire et ma capacité de concentration. Malgré tout, j’ai trouvé du travail dans les services à la personne, pour subvenir à mes besoins.

Lorsque mon amie sœur A est devenue prieure, après avoir fait ses vœux perpétuels, je lui ai rendu visite. Elle m’a expliqué qu’il y avait beaucoup de choses à changer dans son nouveau monastère, car « ce n’était pas la vie de la Vierge Marie. » Elle disait n’avoir trouvé personne pour constituer une triade avec elle (mode de gouvernement propre à Bethléem), car « ce n’était pas la vie de la Vierge dans ce monastère et que le fonctionnement y était trop humain ». Je lui ai alors demandé qui l’aidait à mettre en pratique le gouvernement de la Vierge Marie qu’elle avait expérimenté à Beit Gemal, et elle m’a répondu : « C’est l’assistante de sœur Isabelle ». Or j’avais entendu dire que des sœurs étaient actuellement en souffrance dans ce monastère.

Je voudrais conclure en citant des paroles de sœur Marie et de l’assistante de sœur Isabelle, parmi beaucoup d’autres, qui ne me semblent pas justes.

Sœur Marie : « Certains disent que nous sommes une secte. Oui, nous sommes la secte des Fols en Christ ! » Et aussi : « Il y a des secrets de famille ! Vous n’êtes pas des contemplatives, si vous ne savez pas garder des secrets. »

Et lorsque nous avons fêté l’anniversaire des 50 ans de l’assistante de sœur Isabelle, nous lui avons demandé : « Raconte-nous quelque chose de ta vie. » Elle a répondu : « Il n’y a rien à dire, rien à signaler ; ce qui est important, c’est la vie avec la Vierge Marie ! »

Aline (aujourd’hui mariée et mère de deux enfants… et enfin heureuse !)

Vos réactions

  • marie 23 mars 2016 12:04

    Bonjour !

    Je ne suis pas surprise de ce témoignage. Il y a quarante ans de cela, j’avais à peine 19 ans, je suis allée au monastère de Bethléem car une jeune femme de ma ville y était religieuse. A cette époque, Soeur Isabelle était la prieure de ce monastère et déjà à cette époque pour rencontrer cette religieuse, il fallait se munir de patience et lorsqu’ elle acceptait la rencontre, montre en main, le temps imparti n’excédait pas deux minutes ! Je me souviens très bien d’elle car son regard portait son ambition, effectivement, elle a fait du chemin. Je me souviens d’un monsieur âgé qui travaillait au mieux être du logement des moniales (cellules etc..), des laïcs qui aidaient les religieuses.Aujourd’hui, quand je vois la chapelle ( et aussi dans d’autres monastères de cette congrégation), je ne peux m’empêcher de penser que la pauvreté n’est pas trop de mise ! Je me souviens de moniales qui portaient l’habit religieux bleu presque tissu « jean », comme tout cela a bien changé…leur vêtement s’apparente plus à celui des dominicaines et évoque presque la transparence, l’uniformité, la monotonie… Je me souviens de Laetitia, Esther, Marie-Ange d’autres encore, sympathiques et portant la Foi, de leur témoignage de vie mais l’ordre monastique de Bethléem vivait son enfance, tout juste sept ans ! Les temps ont changé !Tous ces témoignages du mal vivre de ces religieuses, l’endoctrinement, l’infantilisation, et j’en passe… Mais que fait le Bon Dieu ???Ne mêlons point celui-ci à tous les maux de l’humanité car Il nous a laissé libre et parce que nous sommes libres, nous devons lutter entre le « bien » et le « mal » sans cesse.Un seul précepte qui nous dévoile sa grande mansuétude « Aimez-vous les uns, les autres », et que faisons-nous ??? Je ne mets pas en cause le dévouement des moines et moniales dans leurs intentions de prières, cependant je refuse comme le laisse entendre votre témoignage, le système de privation quel qu’il soit car c’est une injure à ceux qui dans ce monde en sont privés. Car ces gens vivent sous le seuil de pauvreté, de grande précarité.C’est honteux de jeûner (dans le sens de l’obligation) trop souvent quand d’autres ont réellement le ventre creux, je le dis de nouveau ; c’est une injure de les « singer » ! Ceci dit, c’est un simple témoignage, je vous félicite d’avoir quitter cet ordre monastique qui s’apparente à une secte, qui vous aurez brisé au final. Continuez de vous ouvrir à la vie avec votre compagnon et vos enfants ! Marie

  • Madeleine 30 novembre 2014 08:49

    Chère Aline, j’étais à Currière le jour où soeur Isabelle t’a confié une mission très spéciale. Tu étais resplendissante et je me souviens de t’avoir enviée ! Je suis arrivée à Currière à la fin du mois évangélique 2005.

    Je suis désolée de lire ton témoignage.

    Salut Carole, je me souviens très bien de toi. Du fond de ma solitude, je t’ai accompagnée de ma prière. Ma prieure me donnait régulièrement de tes nouvelles ce qui me réjouissait. J’étais au monastère lors de ton mariage et je me souviens m’en être profondément réjouie !

    Je t’embrasse affectueusement.

    • Bethléem : le témoignage d’Aline 30 novembre 2014 11:17, par alexandre

      Super les retrouvailles ! Cela veut dire que vous aussi Madeleine vous êtes sortie ? (sinon vous ne liriez pas ce message …) et vous, pourquoi êtes-vous partie ? (si ce n’est pas indiscret..)

    • Bethléem : le témoignage d’Aline 30 novembre 2014 13:28, par Dominique

      Je retrouve dans ce message tout ce qui est ultra préoccupant avec Bethléem.

      Que Madeleine ne relève absolument rien de ce que souligne Aline sur la NON ASSISTANCE à PERSONNE EN DANGER, et dise être « désolée de lire son témoignage ». Sans plus. C’est vraiment très alarmant.

      Vous n’avez donc rien vu, Madeleine ? Où étiez-vous donc Madeleine, pour ne rien percevoir du tout ? Déconnectée ?

      C’était quoi « la mission très spéciale » d’Aline en 2005 ?

      Et quand vous vous adressez à Carole pour parler « du fond de votre solitude », de quel « fond » s’agissait-il, au juste ?

      Vous reprenez contact dans quel objectif ?

      • Bethléem : le témoignage d’Aline 2 décembre 2014 09:53, par aline

        Pour répondre à la question : « quelle était la mission très spéciale que Sr Isabelle me confiait le 29 Aout 2005 ? » pour que je sois autorisée à embrasser mes sœurs que je ne reverrais jamais, après 12 ans de vie monastique ? C’était le mensonge de Sr Isabelle pour ne pas dire que je m’en allais, pour que les sœurs qui m’aimaient ne se posent aucune question sur leur propre place à Bethléem. Les sœurs pensaient que j’étais envoyée dans un autre monastère, à Poligny au service des laics, ou en terre Sainte auprès de sr Isabelle, et 9 ans après elles continuent à le penser…si elles savaient que 340 sœurs ont quitté la communauté sans avoir fait de vœux perpétuels comme moi, sans compter les professes perpétuelles dont Rome connaît le nombre, mais que Bethléem ne veut pas révéler tellement cela les discrédite, et sans compter les frères !!cela ébranlerait les sœurs qui sont enfermées dans cette famille monastique sectaire, alors, on ne dit rien sur les départs, … et on appelle cela le silence cartusien. Alors que les chartreux au contraire font la vérité sur les départs de leur communauté ! Aline

        • Bethléem : le témoignage d’Aline 2 décembre 2014 10:12, par Desiderius

          Silence cartusien un livre à lire. De dom Augustin Guillerand.

          Amour et Silence de Dom Jean-Baptiste Porion.

          Merci Aline pour ces vérités.

        • Bethléem : le témoignage d’Aline 2 décembre 2014 10:46, par jean peplus

          Ces chiffres révèlent une évidence : un turn-over important au niveau des effectifs (frêres et soeurs compris). Pour pallier aux départs nombreux et réguliers, les recruteurs de Bethléem misent sur le mois évangélique pour séduire et charmer les jeunes en recherche de vocation. Cette retraite n’est rien d’autre qu’une usine à recruter. C’est une donnée établie sachant qu’une soeur de bethléem sur 2 sortira avant sa profession. Le fait que l’on cache les départ est bien la stricte vérité. Souvent le frêre ou la soeur quittera la communauté alors que tout le monde sera à la liturgie à l’église sans dire au revoir, ou bien pendant la nuit ou il devra mettre sa tenu civil en dehors du monastère pour ne pas éveiller les soupçons.

        • Bethléem : le témoignage d’Aline 2 décembre 2014 13:02, par Roselyne

          Lors de mon départ, on a dit à la communauté , que je partais en mission avec sœur Marie. Je suis partie pendant les Vêpres, j’ai attendu , cachée dans la forêt toute proche, la sœur qui m’accompagnait à la gare. 9 ans plus tard je suis tombée nez à nez avec deux sœurs qui ignoraient mon départ. Elles avaient plein de larmes dans les yeux , et on a parlé …. les sœurs , quand elles sont dehors ne vivent pas forcément le grand silence !!

          J’ai su que lors d’une réunion une sœur avait demandé de mes nouvelles… Silence . Après la rencontre la prieure a appris mon départ à celle qui s’était enquise de moi. A des « ex » on a demandé expressément de ne pas paraitre dans un monastère de Bethléem. A certaines aussi , on a demandé de ne pas rencontrer X ou Y… Je fais partie du nombre, j’ai toujours dit ce que je pensais.. je suis donc dangereuse.

          • Bethléem : le témoignage d’Aline 2 décembre 2014 15:09, par jean peplus

            Cacher au reste de la communauté les départs. Dans quel but ? Sans doute pour ne pas destabiliser ceux qui restent. Mais c’est là un signe de dérive sectaire car si on est si facilement destabilisable par un membre qui quitte la communauté cela veut dire que l’on n’est pas de son plein gré, en toute liberté attaché à la communauté mais enchainé par des liens et manipulé. Il en va autrement chez les moines chartreux où les départs sont annoncés.

            • Bethléem : le témoignage d’Aline 2 décembre 2014 19:34, par alexandre

              Oui, jean peplus, ce culte du secret (les constitutions secrètes, les homélies secrètes, la règle de vie secrète, les départs secrets…) cela est typique des sectes …

              Vous avez déjà vu la règle de st Benoit cachée ? et celles des autres ordres : tout est à disposition au contraire, il y a des laïcs « tertiaires » qui s’appuient dessus.

              Les chartreux ont publiés leurs homélies aux novices et à la communauté (presse de la renaissance) : au contraire si cela peut aider d’autres, ils donnent volontiers tout ce qu’ils ont…

              Dans les communautés « normales » il y a de toute façon un discernement et personne n’est choquée qu’une personne s’en aille (on fait tout pour éprouver qu’elle a bien cette vocation là, particulière, et si elle reste c’est vraiment son appel..)

              il y a des temps respectés de postulats , noviciats (pas dur 10 ans ….) on affilie les personnes à la sécu. et à la retraite… (très grave problème pour les personnes qui sortent de bethléem)

              Si une sœur ou un frère quitte, tout le monde le sait, on en parle etc… ce n’est pas secret du tout et les autres ne sortent pas parce quelqu’un est parti car ils se sentent à leur place, heureux, épanouis.

              De toute façon, l’on accepte pas des jeunes de 20 ans sans expérience professionnelle ou personnelle, on leur dit de revenir dans qq temps et en plus cela éprouve leur désir…

              bon, enfin tout le contraire de la secte dont nous parlons…

        • Bethléem : sauver les apparences ? Réponse à Aline 2 décembre 2014 23:54, par Suzanne

          Merci pour cette franchise, « Aline ».

          Je vais vous raconter une histoire vraie qui m’est revenue en lisant le commentaire de « Madeleine », à cause de son style. Il y a quelques années, une personne a rencontré une ex sœur de Bethléem. Il est arrivé des mésaventures, ensuite, à cette personne. Elle a reçu à son domicile un courrier de frère Silouane qu’elle ne connaissait absolument pas, même de nom, et qui ne la connaissait pas. Puis un téléphone d’évêque. Puis un téléphone d’éditeur à la retraite. Le ton de l’évêque était inquiet, celui de l’éditeur presque menaçant. Tous souhaitaient savoir si cette personne écrivait un livre sur Bethléem.

          Le courrier de frère Silouane, gardé par cette personne, commençait par « on m’a dit que vous écriviez un livre sur Bethléem ». Suivait une proposition de rencontre, avec une référence à l’ancien prieur, que cette personne ne connaissait pas davantage que frère Silouane. Surprenant, non ?

          Cette personne a répondu par courrier - je la cite de mémoire- à frère Silouane : « on vous a très mal informé. Je n’écris pas de livre sur Bethléem. Si je souhaite vous rencontrer, bien évidemment, je prendrai rv. »

          Que s’était-il donc passé ? Très simple. Ladite personne avait demandé à l’ex sœur rencontrée si elle était au courant ou pas du suicide de sœur M., dont parle Fabio B. dans l’annexe de son témoignage. Cela lui avait valu la réponse suivante : « il faut que j’en parle à sœur Isabelle et que vous la rencontriez. »

          Toujours est-il que c’est ainsi que le nom de cette personne circula, de sorte que frère Silouane, très certainement, lui écrivit. Comment sut-il son nom et son adresse autrement que par cet ex sœur qui avait appelé la prieure ?

          La suite est encore plus significative. Ladite personne, agacée de ces intrusions dans sa vie privée, téléphona à un responsable honnête dans un diocèse et lui posa tout de go la question suivante :« Est-ce que, par hasard, la rumeur serait en train de courir que je serais en train d’écrire sur Bethléem ? »

          La réponse fut immédiate : « Oui, en effet. » Et il lui fut alors expliqué qui avait fait courir cette rumeur, c’est-à-dire finalement comment les ficelles étaient maniées et par qui.

          Quelque temps plus tard sortait un livre sur Bethléem, à la louange de la communauté, celui auquel un témoignage validé par ce site fait allusion, alors qu’il était de notoriété publique que personne ne pouvait écrire sur Bethléem, car il était tout à fait impossible de comprendre cette communauté si on n’était pas dedans. Soudain, la politique antérieure était abandonnée. Étrange.

          La rumeur que les responsables de Bethléem avaient fait courir, à l’époque de l’histoire que je vous raconte, fut contre-productive. La personne concernée conclut qu’il y avait eu suicide, tentatives de suicide ou mises en asile psychiatrique, puisque c’était cela précisément qui avait conduit l’ex sœur à téléphoner à son ex prieure, avec qui elle n’avait pas véritablement coupé les ponts.

          Il était simple de conclure que Bethléem se résumait par un objectif : sauver les apparences. Et s’y employait à n’importe quel prix.

          Quelle honte pouvait-il y avoir à Bethléem pour que soient masqués des événements relatifs à la santé des personnes ?

          Les témoignages qui apparaissent sur ce site montrent avec simplicité que cette honte existe avec les mensonges qui l’accompagnent, au nom d’une idéologie de toute puissance, très étrangère à ce que l’Evangile nous apprend de la proximité de Jésus avec les plus vulnérables.

          « Madeleine », vous avez quitté aussi. Étiez-vous aussi envoyée en « mission très spéciale » ou avez-vous eu un « régime très spécial » ? Car les témoignages convergent et vous n’apportez pas le vôtre.

          Au risque de me répéter, il est saisissant de vous lire. Pas un mot pour montrer que vous avez entendu la souffrance d’une victime maltraitée. Pas un.

          Les protagonistes de l’histoire que je viens de raconter et qui est connue de plusieurs - d’eux, en tous cas !- se reconnaîtront, s’ils lisent ces lignes.

          Et je retiens dans ce qu’Aline explique le terme de « discrédit ».

          La crainte du discrédit peut faire mentir avec farouche énergie.

          Les évêques français ont une responsabilité dans tout cela. Lorsqu’ils reçoivent à titre individuel des personnes abîmées par ce type de communauté, ont-ils le droit de dire « je sais » et en même temps « ne divulguez pas votre témoignage ! » ?

          Et n’est-il pas choquant d’entendre ce que j’ai entendu encore ce soir :« oui, mais elle était fragile… » Fragiles, nous le sommes tous. Quelques « mea culpa » bien sentis vis à vis de victimes, assez courageuses pour parler, dans ce milieu à la brutalité insidieuse, cela pourrait faire du bien.

          La personne dont je vous parlais a des enfants et leur a raconté comment certains procédaient dans l’Eglise. Les mettant en garde contre la prétendue beauté et les encourageant à aller aux périphéries respirer l’air du large. La beauté séduit, c’est son job. Mais elle ne convainc pas. La beauté peut même être méchante avec la laideur. Pire encore : elle peut lui interdire d’être aussi belle ou plus belle encore. Rappelez vous ce conte pour enfants :« suis-je la plus belle ? » est-il demandé au miroir. Et quand celui-ci répond « non », les foudres se déchaînent. Pour peu que la beauté ait les moyens de sa politique d’élimination de ses contradicteurs, elle les emploie, en effet. Mais le miroir est là qui, lui rappellera que, malgré tout ce qu’elle a savamment mis en œuvre, elle n’a pas convaincu.

          C’est Quasimodo qui fait la beauté de Notre-Dame. A bon entendeur, Messeigneurs.

    • Bethléem : le témoignage d’Aline 30 novembre 2014 22:31, par aline

      Chère Madeleine, Pardon, je ne me souviens pas de toi, car j’étais déjà sur le départ, oui, sans doute rayonnante, car j’étais tellement heureuse de partir après 4 ans de lutte pour que les sœurs me laissent enfin m’en aller ! Je ne voulais pas faire le mur, j’avais peur que cela me traumatise à vie, alors j’ai attendu, si patiemment, qu’elles veuillent bien ouvrir la cage pour que je puisse m’envoler ! Et toi, comment as-tu vécu cette étape de ta vie au monastère ? Je t’embrasse, Aline

      • Bethléem : le témoignage d’Aline 8 décembre 2014 00:46, par Madeleine

        Chère Aline, je m’excuse, je vois seulement aujourd’hui la réponse que tu m’as écrite. Je te comprends. Il y a tout dans ton témoignage pour voir après coup que tu pouvais partir. L’évêque, le prêtre… après coup, c’est facile à voir. Mais quand on se donne vraiment et qu’on veut vraiment vivre l’obéissance, on a besoin que le discernement soit confirmé. C’est ce que j’ai vécu dans la première communauté où j’ai vécu 4 ans en ayant juste en tête d’entrer à Bethléem. Mais était-ce une tentation ? J’étais libre de partir car je n’avais pas fait de voeux. Mais j’attendais que mes supérieures me laissent partir, que cela viennent d’elles…. Mais elles y voyaient des tentations… Près de 20 ans après, certaines me regrettent encore ! Tu étais un vrai cadeau pour Bethléem. La liturgie était belle grâce à toi. J’ai vécu une recordatio avec toi. Je me souviens d’avoir tout enregistré dans ma tête pour bien faire après ! J’ai remis mon témoignage aujourd’hui. Il est différent du tiens, j’ai vécu dans trois communautés différentes. Une de soeurs actives traditionnelles, puis le monastère, puis avec des laïcs charismatiques. Cela me donne un point de vue différent. Je ne repars pas blessée. J’ai vécu des temps durs. Mais j’avais un regard différent. J’e savais que c’était permis par Dieu et cela me permettait de voir autrement, de lire en ma pauvreté si on peut dire, ce que Dieu écrivait à travers cette expérience qui m’a enrichie à travers la séquella Christi qui suppose le port de la Croix. Tous ne sont pas appelés à cette vie monastique, moi j’étais faite pour la solitude et la liturgie, c’est ce qui diffère de toi. A présent, je suis appelée à donner au monde le fruit de ce combat spirituel qui ne peut se vivre qu’au désert. C’est normal que beaucoup quittent après avoir fait une expérience au monastère. La vie monastique est une vocation d’exception. Très peu y sont appelé. Heureusement, car sinon, les chrétiens ne se reproduiraient pas ! Mais beaucoup y sont attirés. Ce n’est pas une vocation supérieure aux autres. Toutes les communautés que j’ai fréquentées se croient la bonne… même chez les laïcs… les apôtres aussi cherchaient à savoir qui était le plus grand… nous ne sommes pas meilleurs que les apôtres !

        Ton départ a créé un gros trou, c’est certainement ce qui a contribué à retarder le discernement… Tu as vraiment été un très beau cadeau et je suis certaine que tu continues de l’être là où tu es. Bon Avent !

        Madeleine.

        • Sur la réponse de Madeleine à Aline 9 décembre 2014 10:16, par Paul

          « il y a tout dans ton témoignage pour voir après coup que tu pouvais partir », écrivez-vous Madeleine à Aline. N’y avait-il aussi tout pour vous, pour que vous « puissiez » partir de Bethléem, et qu’est-ce qui a motivé votre départ à vous, Madeleine ?

          L’emploi du verbe « pouvoir » est surprenant. Le témoignage d’Aline montre qu’elle a attendu 4 ans pour « pouvoir » partir. Mais elle « devait » partir depuis bien plus longtemps.

          Un peu plus loin, vous reparlez de l’ « après coup », oubliant que « sur le coup », Aline, et les autres, ont bien senti que quelque chose n’allait pas, ne leur convenait pas, était même très inconvenant, et pas seulement pour elles. Elles l’ont dit et n’ont pas été entendues. À la fin de son témoignage, Juliette, elle, évoque le fait que, parlant à un évêque de son départ (pour le site, elle n’a pas mis son nom mais elle pourra le faire dans un autre cadre), celui-ci a dit : « elles n’écoutent rien ».

          Et vous écrivez plus loin que « Dieu a permis cela ». Mais enfin, Madeleine, croyez-vous vraiment qu’un Dieu d’amour permette que des sœurs mal en point (demandons nous pourquoi !) ne soient pas soignées, et que faites-vous de la responsabilité de responsables pour qu’elles le soient ?

          Vous écrivez que « vous étiez faite pour la solitude et la liturgie » , donc peut-être pour Bethléem après tout, puisque « 20 ans après, certaines vous regrettent encore ». Mais alors, Madeleine, dites-nous enfin pourquoi vous n’êtes pas restée. Car cela aiderait les courageuses personnes qui témoignent de savoir pourquoi, vous aussi, vous êtes partie.

          Vous dites que « très peu sont appelés à la vie monastique ». Mais alors, comment expliquez-vous cette séduction lors de mois évangéliques pour que beaucoup rentrent ? Met vous justifiez le fait que très peu soient appelés, en écrivant ceci « heureusement, car sinon les chrétiens ne se reproduiraient pas ». C’est une justification que je n’ai jamais entendue. D’où la tirez-vous et croyez-vous vraiment que la « reproduction » - au sens littéral du terme- dans un couple chrétien aboutisse nécessairement à « la reproduction de chrétiens » ? Les bras m’en sont tombés. On ne naît pas chrétien, car la foi relève de la libre adhésion. Ou alors, nous n’avons rien appris de juste sur la foi chrétienne.

          Puis vous soulignez que « toutes les communautés que vous avez fréquentées se croient la bonne ». Avez-vous alors fréquenté les bonnes communautés, celles qui, humblement, s’inscrivent dans l’Eglise, ni mieux ni pire que d’autres ? Sans croire posséder la vérité, de la Vierge en tous cas, comme c’est le cas de Bethléem dont une prieure, reprenant des propos de sœur Marie en 1975, se permettait de dire que la Famille de la Vierge, c’est Bethléem.

          Que faisait-elle des autres, par exemple de communautés plus anciennes comme celle des Maristes, qui ont aussi une spiritualité mariale affirmée ? Que faisait-elle aussi des tout petits et plus grands, à la dévotion mariale populaire, qui appellent Marie au secours dans certaines épreuves par un cierge allumé ou la remercient de la même manière ? N’appartiennent-ils pas eux aussi à cette famille de croyants qui ne s’arrête pas franchement aux murs d’un monastère ?

          D’où vient cette prétention majeure à Bethléem qui s’explique en partie, sans doute, par une « inconditionnalité » - terme employé au fil des années par diverses prieures- de la « conversion à la Vierge », qui -soit dit en passant- est présentée comme une « re-naissance violente ».

          À propos de cette « re-naissance violente », croyez-vous vraiment que Nicodème qui s’interroge sur la « re-naissance » reçoive des réponses qui montrent que celle-ci est nécessairement « violente » ? Et croyez-vous aussi que quitter sa « vieille outre » signifie pour autant gommer son « Moi », alors que l’invitation sur l’amour de soi est claire dans ce « comme toi même » que contient l’invitation « aime ton prochain comme toi même » ?

          Je souffrais et je n’ai pas été soignée. Je demandais assistance et je n’ai pas reçu d’assistance. Je posais des questions et les réponses étaient plaquées. J’avais besoin de comprendre et on me disait qu’il n’y avait rien à comprendre. J’étouffais et je n’ai pas reçu d’air. Je ne croyais plus en une vie vivable et on me disait que mon corps, c’était rien.

          Mais enfin, Madeleine, si les fruits spirituels reçus de Bethléem, c’est cela pour vous, croyons-nous dans le même Dieu ? Au nom de la douceur, quelle violence, tout de même !

          Et puisque vous terminez par un souhait de « Bon Avent », me vient une dernière chose : Dieu fait Homme, incarnation. Lorsque Dieu vient rejoindre notre condition humaine comme Sauveur - « un Sauveur nous est né »- , croyez-vous vraiment qu’il soit sans tendresse pour cette condition humaine et que son objectif soit notre « divinisation » ? Car successivement, les prieures ont parlé aux sœurs de leur « divinisation » possible si elles quittaient leur être sensible et leur libre arbitre aussi. Là encore, je m’interroge : ce magnifique cerveau dont on sait qu’il dirige tout, nos gestes et nos propos, croyez-vous qu’il soit fait pour ne pas servir du tout ? Est-ce à croire que la Création soit si moche et ratée ? N’y a-t-il pas lieu que la contemplation soit aussi celle de l’œuvre de Dieu, pour ceux qui y croient ? À trop privilégier « le cœur », ne finit-on pas par en manquer ?

          Une phrase entendue d’un proche me guide : « on ne parle jamais tant de ce dont on manque. » Il m’apparaît, au risque de vous choquer, que les responsables de Bethléem ont manqué de ce qu’elles préconisaient pour d’autres : le respect de la confidentialité en préconisant la transparence, le discernement en préconisant la folie en Christ, la bonté (« Dieu bon, Dieu vulnérable… ») en préconisant la violence du don de soi, etc.

          Aussi, en regardant la bande annonce du film sur Bethléem, aussi « belle » soit-elle, j’entendais en off toute la souffrance de sœurs prêtes à se jeter dans les précipices à côté de leur monastère, de celle dont la cellule est devenue cloaque, -car tout n’a pas encore été dit-, et cette « beauté » m’est apparue plus laide, bien plus laide que les visages du grand photographe Salgado. Visages de l’homme ordinaire, trimant, suant, soufflant, gagnant son pain à la sueur de son front. Et si j’ai un hommage à rendre, c’est à ce poubelier, dont le visage ressemble peut-être à l’un des visages de Salgado, qui a eu la bonté de poster pour une sœur une lettre, enfin non censurée, à un de ses proches pour qu’il vienne la sortir de son enfermement. Facteur de la dernière chance, comme Dieu sait l’être pour venir au secours de ceux qui en ont besoin.

          « Mais on t’aime », ont entendu en ritournelle des sœurs de la part de prieures, pour qu’elles restent au monastère. Comme vous l’avez vraisemblablement entendu, Madeleine, vous qui êtes « regrettée, 20 ans après ». Eh bien je vous demande, c’est quoi cet amour qui humilie, prétendûment pour sanctifier au karcher d’une Vierge qui cabosse ? C’est quoi cet amour qui utilise le passé des personnes quand cela l’arrange pour dire « elle était fragile » et qui, paradoxalement, veut obtenir que celles-ci effacent ce qui les a construites et, souvent, conduites aussi au monastère ? C’est quoi, cet amour qui cherche à écraser l’autre, comme Sophie le dit si pathétiquement et si sobrement ? C’est quoi, cet amour qui met l’autre en avant et soudain va jusqu’à dénier son existence et ses besoins, comme Hélène le raconte ? L’amour à la carotte et au bâton ?

          Madeleine, il y a quelque chose qui ne va pas à Bethléem et vous l’avez au moins pressenti. Vous ne dites pas « je me suis trompée » ou « j’ai été trompée ». Mais vous savez forcément un peu ce qui vous y a conduit et aussi ce qui vous en a fait sortir. Car chacun a toujours de bonnes raisons de faire ce qu’il fait et de dire ce qu’il dit.

          « Très beau cadeau » que furent et sont des femmes comme Aline, dites-vous. Cela s’appelle envoyer à quelqu’un un « chaudoudoux ». La suite le dira si c’est un vrai « chaudoudoux ». Quand on saura si Aline a été entendue, si Hélène aussi, et toutes les autres, et ces frères encore traités de tous les noms qui, au sortir de leur solitude respective, ont appris « hors les murs » où menait le mensonge.

          Connaissez-vous cette vérité qui sort de la bouche des enfants : « c’est celui qui le dit qui l’est » ? Eh bien, quand Sophie entend « tu as un démon », parole qui l’a atrocement marquée comme elle le raconte, si j’écoute les enfants qui sont de bons guides pour écouter l’autre, je réponds de manière enfantine et spontanée : c’est celui qui le dit qui l’est. Ou dit autrement : qui fait l’ange fait la bête.

          • Sur la réponse de Madeleine à Aline 11 décembre 2014 17:40, par josy

            « Heureusement, car sinon les chrétiens ne se reproduiraient pas ». C’est Soeur Marie qui justifiait le mariage de cette façon : « Engendrer des élus pour le Royaume ».

            Et je me disais : Et l’amour des époux dont Saint Paul dit qu’il est « un grand mystère » ? …

            A mon sens, c’était presque trivial.

            • Merci Josy 11 décembre 2014 20:16, par Paul

              Pour cet apport. Quelle conception questionnante ! Cela lui venait d’où, à sœur Marie, cette autre « intuition » sur la reproduction des chrétiens ?

              À se demander une fois de plus, si elle croyait à la libre adhésion de foi pour les enfants de parents chrétiens comme au libre engagement dans la vie monastique.

              C’est ce qui m’intrigue de plus en plus, cette croyance qui transpire dans une forme de clonage. Reproduire du pareil au même.

              Trivial ou angoissant, à force ?

  • Carole 24 novembre 2014 00:51

    Bonjour Aline, je suis une ancienne sœur de Bethleem, j’y suis restée pendant presque 6 années. Je te connais c’est assuré mais je ne peux mettre de visage sur ton nom civique. Je suis partie en 2003. Je suis mariée et j’ai trois enfants.

    J’aimerais te parler, communiquer avec toi

    Carole

    • Bethléem : le témoignage d’Aline 25 novembre 2014 22:03

      Chère Carole,

      Es-tu comme je le pense d’origine Québecoise ? Je t’embrasse et me réjouis que tu aies pu fonder une famille ! joie ! Aline en pseudo ! non par manque de courage, mais pour ne pas être dérangée par des inconnus !

  • alexandre 23 novembre 2014 20:36

    Effroyable cette réclusion forcée !!! Pour la personne qui explique plus bas que Bethlem est une troupe d’élite, je n’ai jamais rencontré chez les Chartreux cette insistance dangereuse à garder malgré elle et des personnes en « solitude » à ne pouvoir marcher que 20mn par jour pendant un mois sans dormir…. c’est l’ enfer sur terre… Qu’Est-ce que c’est que ces histoires de laisser les personnes sans soins médicaux et de les empêcher de partir… mais c’est une horreur !!

    • Bethléem : le témoignage d’Aline 23 novembre 2014 21:40, par Maurizio

      Pourquoi croyez vous systématiquement des témoignages aussi « accablants » et abracadabrantesques ?

      Comment oser, sur la base d’un unique témoignage, posté anonymement, décréter qu’on laisse des personnes sans soins médicaux…. c’est de la diffamation, c’est du coup répréhensible.

      Vraiment, modérez vos propos s’il vous plait.

      Ce que vous êtes en train de faire c’est du grand n’importe quoi … un peu genre juge d’instruction burgaldesque si vous voyez ce que je veux dire.

      • Bethléem : le témoignage d’Aline 23 novembre 2014 21:55, par jean peplus

        Arretez de vouloir faire peur ! Vous devenez ridicule. l’internet est un espace libre d’échange, de quelle diffamation parlez vous ? Arretez de vous prendre pour un juge d’instruction. Bien sur que ce témoignage est réel.

        Vous êtes un troll ou quoi ?

        • Bethléem : le témoignage d’Aline 23 novembre 2014 22:12, par Maurizio

          Témoignage réel =

          * un état civil et une signature

          * des dates, des lieux, le noms de protagonistes

          * des témoins

          En l’occurrence, à vous lire depuis ce matin, j’ai plutôt l’impression d’être le petit journaliste local qui assiste à un emballement de l’appareil judiciaire qui aurait perdu la tête (d’où mon allusion au Juge Burgaud)

          • Bethléem : le témoignage d’Aline 24 novembre 2014 00:40, par jean peplus

            Toute les personnes qui témoigne ici ne sont pas des fantômes. Il n’y a que vous pour le croire. Mais cela ne m’étonne pas. Les humains de nos jours ont la conscience tellement zombifié qu’ils ne distinguent plus un chameaux d’une souris. Essayez peut être de contacter le blog. Ils accepteront peut être de vous mettre en relation avec ces personnes si cela peut vous apaiser.

          • Bethléem : le témoignage d’Aline 25 novembre 2014 09:30, par Ursule

            J’ai eu en face de moi des personnes en chair et en os, dignes de foi qui m’ont relaté des faits semblables. C’est la raison pour laquelle j’accorde mon crédit à ce témoignage.

      • Bethléem : le témoignage d’Aline 24 novembre 2014 06:45, par Marie-Bernadette

        Vous semblez déstabilisé par ces ,et non ce , témoignages ..et je crois pouvoir affirmer que je comprends . Moi même , avant d’être libre intérieurement , au clair avec ma foi, dès que j’entendais une critique à l’égard de l’Église j’étais mal .. J’ai d’assez nombreux amis cathos qui ne veulent pas m’entendre, ils ne peuvent pas.., sinon une partie de leur monde s’écroule. Ils sont eux mêmes formatés. Comment de tels récits pourraient-ils être inventés ? J’ai passé de trop longues années à Bethléem. On ne peut pas dire qu’on est forcément laissé sans soin ,mais par exemple les médicaments sont souvent donnés en dehors de tout suivi médical. Combien de sœurs ont reçu des anxiolytiques qu’il fallait prendre au nom de l’obéissance, sans savoir ce qu’on avalait ? Et encore merci à Fabio B., on souhaitait parler, on ne savait comment faire..

      • Bethléem : le témoignage d’Aline 24 novembre 2014 11:07

        Merci de votre message et de votre réaction.

        A vous lire, on se rend compte que tout cela peut paraître totalement irréel, tellement c’est juste…« trop » !

        Et c’est exact : ce que se vit à l’intérieur de Bethléem est tout simplement… au-delà du réel, en effet !

        Votre message permet d’en prendre encore mieux la mesure.

        Alors, même si vous ne croyez aucun de ces témoignages (ce qui ne change rien à la réalité des faits) votre réaction est précieuse pour nous permettre de nous libérer encore plus vite de ces années de souffrance et de cauchemars : merci !

      • Bethléem : le témoignage d’Aline 29 novembre 2014 09:25, par Luciole

        Je prête foi à ce témoignage, Maurizio, et je vais vous en donner la raison.

        Je ne suis pas allée dans cette famille monastique, mais il y a une bonne vingtaine d’années, j’ai été la victime d’une dérive sectaire d’un monastère d’un autre ordre. Le problème n’était pas l’ordre, mais le monastère et surtout sa supérieure.

        Quand les autorités ecclésiastiques se sont enfin décidées à réagir, ils ont déposé cette supérieure, l’ont envoyée ailleurs et nommée à sa place une personne qui a rempli cette fonction avec tact, dignité et compétence.

        Il m’a fallu trois mois pour ouvrir les yeux et comprendre sous quelle emprise j’avais vécu. Le monastère a fini par fermer tant ses membres avaient été abimés.

        C’est alors que cette nouvelle supérieure m’a confié ceci : « Ce que vous m’avez raconté, ce que vous avez vécu ici, ça se passe sur une grande échelle chez les petites sœurs de Bethléem. »

        Cette religieuse occupait un poste important dans l’union des contemplatives de la région et plusieurs des sœurs qu’elle y côtoyait avaient reçu les confidences de personnes qui était sorties de l’institut dont nous parlons, complètement détruites psychologiquement.

        Je sais, par expérience, que les responsables ecclésiastiques sont lents à comprendre, lents à réagir, à prendre des mesures dans de pareilles dérives. On préfère crier à la médisance, éviter le scandale, laisser pourrir des situations et tant pis s’il y a de la vaisselle humaine cassée.

        • Bethléem : le témoignage d’Aline 29 novembre 2014 09:50, par Desiderius

          Merci Luciole, très éclairant… :-)

          Il me semble que si, dans chaque monastère, dans chaque institut, tels moines, tels religieux disaient ce qu’ils ont entendu au sujet de Bethléem, il y aurait avalanche de témoignages… Étant moi-même passé dans un endroit de retraite, les responsables m’avaient fait comprendre qu’ils « tiquaient » avec la famille de Bethléem. Mais comme ils voulaient « dire tout en ne disant rien », je ne comprenais pourquoi ils mettaient en avant « la séduction » à Bethléem. Rétrospectivement, je comprend… Au fond, c’est la structure elle-même de l’institution ecclésiale, son organisation, qui immobilise chacun dans un mutisme.

          • Bethléem : le témoignage d’Aline 29 novembre 2014 10:47, par Desiderius

            Le lieu de retraite dont je parle est la Chartreuse de Sélignac tenue par des laïcs.

            • Bethléem : le témoignage d’Aline 29 novembre 2014 11:12, par Desiderius

              J’enfonce un peu plus le clou : dans mes discussions avec ce couple qui tient Sélignac (où j’étais pour une retraite en cellule), la teneur des propos que j’ai entendus étaient :

              À Bethléem, ils ne savent pas ce qu’ils veulent (d’abord dominicain, puis cartusien… leur liturgie change tout le temps…) La présence du saint sacrement dans les cellules est contraire à l’esprit de St Bruno (donc, la spiritualité de St Bruno, c’est du pipeau) Il n’y avait pas besoin de créer une nouvelle structure de même tonalité que les Chartreux… À Bethléem, ils sont dans la séduction…

              Voilà… il me paraît évident qu’ils en savent beaucoup plus que ce qu’ils ont voulu lâcher… comme les Chartreux eux-mêmes doivent savoir des choses, certainement…. C’est la vérité.

              • Bethléem : le témoignage d’Aline 29 novembre 2014 11:48, par Desiderius

                En plus, si on va dans les boutiques de Bethléem, on voit bien qu’en regardant l’artisanat, il y a de quoi satisfaire le plus grand nombre… contenter le catholique romain « tradi » avec des Christ (crucifix) dans la plus pure tradition et contenter celui qui serait attiré par l’Orient avec des croix orthodoxes… et des icônes… faudrait savoir !!!

  • jean peplus 23 novembre 2014 16:32

    Mince… les témoignages s’accumulent ! Les soeurs de Béthléem vont finir par réagir et engager un hacker pour pirater le site

    • Bethléem : le témoignage d’Aline 23 novembre 2014 17:47, par Maurizio

      Et ça vous fait rire !

      Si j’ose une analogie avec le monde militaire je rappellerais que l’armée dite régulière, conventionnelle, a toujours vu d’un très mauvais œil les troupes d’élites, ou les forces spéciales… La Famille de Bethleem est un corps d’élite (n’en déplaise à Fabio) et a toute sa place, toute son utilité, dans son charisme, au sein de notre Eglise. Vivre le Désert n’est jamais une sinécure. Il est surement plus facile pour ceux ou celles qui ont du la quitter, de gré ou de force, de crier « à la secte » que de se rappeler la force, l’unité et l’Amour qui règne et qui continuera à régner, sans eux hélas, au sein de chaque Monastère (où je suis certain qu’on continue à prier pour eux)

      Autre analogie, historique celle là : les pires collaborateurs pendant la seconde guerre mondiale, en France, ont été bien souvent ces résistants de la première heure que les organisations résistantes ont fini par ne pas intégrer en leur sein…

      • Bethléem : le témoignage d’Aline 23 novembre 2014 19:06, par jean peplus

        Non quand je lis le témoignage d’Aline, ça ne me fait pas rire du tout et ça me fiche la chair de poule. Monde militaire… troupes d’élite… forces spéciales… résistants…Vous avez une conception de la vie religieuse un peu particulière. Vous ne connaissez pas l’envers du décor de cette communauté voilà tout. Il y a du bon à Béthléem mais aussi du pas très très bon. Et la valeur de ces témoignages serviront surtout mettre en lumière ce qui n’a pas lieu d’être dans un ordre monastique (utilisation du pendule, appel à des voyants pour confirmer des vocations etc…) Les faits sont là.

      • Bethléem : le témoignage d’Aline 23 novembre 2014 19:23, par jaime_l_Eglise

        « Et ça vous fait rire ! » : En tout cas votre message est à pleurer de bêtise et de manipulation mentale.

        « Si j’ose une analogie avec le monde militaire » une telle analogie est-elle bien de mise ici ? Il s’agit de personnes qui souffrent au sein d’une communauté. Celle-ci ne se fait pas fraternelle. Notre Seigneur a pourtant consacré sa vie à se faire proche des autres, spécialement quand ils ne vont pas bien. Et nous demande d’en faire autant : « J’étais souffrant(e) et vous ne m’avez pas visité(e) ».

        « La Famille de Bethléem est un corps d’élite » : l’élite auto-proclamée !! Dieu en a-t-il jamais voulu, d’une élite de cette nature ?

        « Autre analogie, historique celle là : les pires collaborateurs » … alors là on touche le bas-fond de la bêtise humaine au travers de la manipulation mentale. Vision manichéenne, vous êtes du bon coté des choses et ceux qui ne pensent pas comme vous sont des nazis ? C’est une pensée évangélique ? inspirée par la Vierge Marie ? Quelque chose me dit que non. Merci au site de collecter et publier les témoignages de vigilance vis à vis des communautés, élitistes selon elles, et qui broient des vies. Il y a tellement de beaux chemins à suivre dans l’Eglise par ailleurs …

      • Bethléem : le témoignage d’Aline 23 novembre 2014 19:33, par jean peplus

        J’ajouterai que se sentir appartenir à un corps d’élite dans l’église ça ne doit pas être génial pour faire grandir la vertu d’humilité à l’intérieur de soi. Vraiment qu’est ce qu’il ne faut pas entendre.

        • Bethléem : le témoignage d’Aline 23 novembre 2014 19:51, par Maurizio

          Cher ami

          Vous semblez croire que je fais partie de la Famille de Bethleem mais ce n’est pas le cas.

          Mes analogies n’engagent que moi. Voyez comme vous faites rapidement un amalgame en insinuant que je parle au nom de Bethleem. C’est dingue !!!

          Je trouve tout simplement hallucinant de soupçonner de dérive sectaire cette famille exceptionnelle.

          Et arrêtez de me brandir cette histoire de pendule qui rime avec ridicule et éculé !

      • Bethléem : le témoignage d’Aline 23 novembre 2014 20:00, par Fabio

        Après avoir transmis mon témoignage je ne suis plus intervenu sur ce site, je remercie Maurizio (un prénom italien, cela me touche) d’avoir osé aller contre-courant postant un message critique vis-à-vis de mon texte (alors que la plupart lui sont favorables). En vous lisant je me suis reconnu. A Bethléem on utilisait beaucoup une autre métaphore militaire, celle des combattants qui se trouvent en première ligne, au cœur du combat que mène l’Eglise contre les forces du mal. J’admets que la perspective de faire partie d’un corps d’élite m’a soutenu quand j’étais à Bethléem. Et j’avoue aussi que quand je suis sorti de la communauté cette sensation de ne plus faire partie d’une élite me déstabilisait au début de temps en temps. Avant j’étais un moine reconnu, estimé, admiré, maintenant j’étais devenu monsieur tout le monde. Ce n’est pas si facile à vivre au début. Où est l’humilité, où est l’orgueil là dedans ? Sincérement je ne sais pas. Je pense qu’il y a des gens qui ont besoin de donner leur vie pour quelque chose de grand, il faut les encourager à perséverer en cela, je trouve, Mais il faut que ce désir et ce don restent le fait d’un être libre, car la grandeur sans la liberté se dégrade.

        • Bethléem : le témoignage d’Aline 23 novembre 2014 20:34, par veronica

          Merci Fabio, votre commentaire est limpide et transpire la charité. Que Dieu vous garde et vous bénisse.

          • Bethléem : le témoignage d’Aline 23 novembre 2014 20:59, par alexandre

            Quelque chose de grand, faire partie d’une élite…. à creuser sur le divan d’un bon psy…. plein de bon sens… et surtout pas ami de la communauté….

            • Bethléem : le témoignage d’Aline 27 novembre 2014 10:34

              Chers messieurs à l instant je reçois à mon domicile le bulletin d information du Jour du Seigneur , il y est indiqué que le 28 décembre après la messe à 11 h 30 sera diffusé un reportage sur la communauté des sœurs de Bethleem , ils en disent visiblement le plus grand bien … Juste à toute indicatif , recevez mes salutations , Christina

        • Je note que les critiques les plus acerbes sur Bethléem, ici, proviennent de gens qui n’ont jamais fait partie de la communauté, alors que les membres qui en sont sortis, Aline incluse, sont plus mesurés, plus chrétien dirais-je même. Je note aussi la nette prépondérance des hommes chez les scandalisés de service, au sujet d’une famille spirituelle très majoritairement féminine. Et les griefs avancés trahissent souvent de l’incompréhension de ces messieurs devant la psychologie féminine, en plus d’une connaissance très relative de la communauté en question.

          Précisons que je suis un homme, marié, chef d’entreprises et non adepte de la fumette d’encens ; en revanche j’ai visité la famille de Bethléem (mais d’autres aussi) à de multiples occasions, je suis rentré souvent dans la clôture tant pour y prier que pour des travaux, j’ai rencontré et parlé à moultes sœurs différentes, dont une proche parente que j’y vois évoluer depuis une décennie environ.

          Je crois le témoignage d’Aline et des autres, a priori, et bien sûr il me désole. Cela étant dit, si certains disfonctionnements relèvent sans doute d’une tendance sectaire (tendance nous qui guette tous, chacun dans notre genre, messieurs les donneurs de leçon), ça ne fait nullement de Bethléem une secte car bien des indicateurs de sectarisme sont absents. Entre autre :

          Nous correspondons par lettres depuis le départ avec notre parente, dans les deux sens, et nous savons au moins que rien de ce que nous envoyons n’a jamais été censuré, ni textes ni photos, ni rien. Nous la rencontrons longuement sans aucune présence tierce et même hors les murs conventuels. Allez faire pareil avec la victime d’une secte !

          Nous connaissons assez bien le fonctionnement de la communauté, tant son rythme et ses activités quotidiennes que le type de relations hiérarchiques ou de conduite spirituelle qui y règnent, pour en avoir souvent parlé à notre parente et à d’autres parfois. Le secret sur ces règles n’est pas la chape de plomb que décrivent plusieurs.

          Nous constatons que le désir de soumission, d’obéissance et de radicalité est clairement plus fort de la part des sœurs que ce que leurs supérieures ou prieures n’exigent, et avons plusieurs fois décelé de gentilles réprimandes de la part des supérieures envers notre parente trop zélée. Y-compris d’ailleurs pour la négligence de sa santé.

          Les départ de la communauté nous sont relatés comme discrets, certes, et souvent pas expliqués, mais les sœurs savent très bien que régulièrement des sœurs retournent à la vie laïque, quand d’autres changent seulement de monastère. Ce fait ne leur est pas caché par les supérieures. Elles ignorent seulement lesquelles ont quitté (généralement).

          Il n’y a pas d’appât du gain ni de profit matériel, caractéristique essentielle des sectes, et encore moins au profit d’une quelconque supérieure-gourou !

          Il n’y a pas d’autoritarisme décelable chez les responsables. Bien au contraire, je ne connais aucune institution dans le monde laïc qui puisse se prévaloir d’une telle humilité et douceur dans le commandement. Et bien peu de parents y parviennent avec leurs enfants tout en s’en faisant obéir. On me rétorquera qu’une emprise psychologique manipulatrice affublée de douceur est pire que la rudesse. Mais elle supposerait une volonté de manipulation et d’aliénation d’autrui invraisemblable chez les sœurs que je connais.

          Parmi les critiques qu’on lit ici, plusieurs ne sont pas sérieuses. Le mois évangélique serait destiné à la séduction de jeunes filles pour les rabattre vers le monastère. C’est ridicule, car les filles qui y participent sont précisément celles qui ont déjà été séduites à un moment quelconque de l’année lors d’une visite à la communauté, et j’atteste qu’à tout moment de l’année les sœurs sont égales à elles-mêmes et la liturgie aussi belle. Au contraire peut-être, le mois évangélique est très fatiguant, bousculé et moins « séduisant » que le temps ordinaire. Il n’y a donc, lors de ces manifestations, aucune tromperie sur la « vraie » vie des sœurs. Cette vie est séduisante ou non, mais c’est toujours la même.

          Par ailleurs les gens mariés qui s’expriment ici n’ont bien-sûr jamais cherché à séduire leur future épouse ou leur futur époux. Evidemment ! Alors halte à la bêtise. La séduction est mauvaise lorsqu’elle trompe sur la marchandise (celle du serpent) et bonne quand elle dévoile la beauté réelle de l’être à aimer (la séduction de Dieu, ça existe ; ouvrez la bible). Ici, d’ailleurs, c’est Jésus qui séduit ces jeunes filles, bien plus que l’institution.

          C’est clair chez notre parente : elle a été séduite parce qu’elle a une âme de feu, très amoureuse, ne se contentant pas des demi-mesures, et qu’elle a trouvé à Bethléem des femmes comme elle et une vie qui leur ressemble avec Jésus. Nous en attestons, la beauté qui y règne n’est pas une mise en scène, elle émane de la personnalité-même des sœurs qui la créent chaque jour, même quand la vie est dure.

          On reproche durement aux supérieures un manque de soins, ou de se voir répondre que les antidépresseurs ne sont jamais une solution, mais un peu plus loin une autre « ancienne » reproche exactement l’inverse : une trop grande utilisation des anxiolytiques pour masquer les problèmes. Mettez-vous d’accord.

          On reproche même au magasin de la communauté d’offrir des produits (séduisants eux aussi !) pour appâter autant les tradis cathos que les friands de liturgie byzantine. Mon Dieu quelle horreur : l’Eglise serait-elle UNE dans la diversité ? C’est précisément cette alliance orient-occident qui caractérise leur liturgie. On peut ne pas aimer, mais c’est clairement affiché.

          Alors on reproche à la liturgie d’évoluer en permanence. Exact, et ça me paraît une belle preuve de non sectarisme ! En effet leur liturgie elle n’est pas encore figée ; c’est encore une communauté assez nouvelle. En ce moment elles introduisent pas mal de grégorien dans leurs offices et semblent ravies de mieux découvrir ce trésor liturgique. L’esprit et le cœur restent grand ouverts à la nouveauté. Quelle dangereuse secte !

          Bref, on sait bien que les communautés nouvelles, même contemplatives, on souvent des débuts chaotiques, tâtonnent, commettent éventuellement certains abus par imprudence, parfois culte de la personnalité (pas ici), ou tout simplement inexpérience. L’Eglise est là pour les recadrer et le fait très souvent, jusqu’à trouver le bon logiciel.

          C’est visiblement ce dont ont été victimes Aline et d’autres : un problème de discernement (toujours très difficile) de la part des supérieures ; une peur excessive -mais sincère- de la contagion des départs, conduisant peut-être même au mensonge pensé comme nécessaire (?), le manque de charité voire d’honnêteté de l’assistante de la supérieure générale ? Mais ne généralisons pas.

          Il est certain que même ces supérieures sont de sincères épouses du christ, que la grande majorité des sœurs qui restent dans la famille de Bethléem sont joyeuses, rayonnantes (une dépression, ça finit par se voir) en dépit des combats intérieurs inséparables de toute vie spirituelle et surtout de telles vies.

          La liberté de sortir ? OK, mais celle de sortir du mariage alors ? La liberté s’exerce précisément par la possibilité de s’engager, de se donner, et se vérifie par la fidélité au choix initial, qui peut-être définitif ou à durée déterminée.

          Se scandaliser de la réponse de la prieure qui voit dans la volonté de sortir une tentation du démon, c’est facile, surtout quand on ne croit pas à l’activité du démon (cas fréquent des faux chrétiens). Mais cette tentation est non seulement possible, mais certaine. Ce qui rend d’autant plus difficile le discernement par la supérieure d’une vraie erreur de vocation.

          Que les médiocres n’en profitent pas pour médire d’un choix de vie plus élevé que celui dont ils ont été capables.

          • Bethléem : le témoignage d’Aline 2 janvier 2015 10:19, par Angeline

            Que les médiocres n’en profitent pas pour médire d’un choix de vie plus élevé que celui dont ils ont été capables.

            En quoi la vie à l’état laic mr le chef d’entreprise est-elle synonyme de médiocrité ? Après votre bel argumentaire vous dévoilez une pensée bien sinistre qui touche à la dignité de la personne humaine. Toutes les personnes laics qui ont trouvé la sainteté seraient-elles des médiocres ? La sainteté est-elle reservée à une élite ? On en revient toujours au même problème avec Bethléem : Un élitisme malsain.

            Le choix dont les médiocres n’ont pas été capables comme vous dites est avant tout un appel de Dieu avant d’être un choix.

          • Bethléem : le témoignage d’Aline 2 janvier 2015 10:26, par Luciole

            Il y aurait beaucoup à dire sur votre message, mais je ne vais m’attarder que sur la dernière phrase particulièrement méprisante et qui dénote d’une grande méconnaissance en matière de vie religieuse.

            Une vocation n’est pas un choix personnel, c’est un appel. Le seul choix, c’est d’y répondre ou pas. On ne choisit pas un état de vie parce qu’il serait « plus élevé » qu’un autre. Et celui qui reconnaît qu’il n’est pas fait pour cet état de vie n’est pas pour autant « pas capable », il reconnait que Dieu ne l’y appelle pas, c’est tout.

            Ayant été moi-même victime d’une dérive sectaire au sein d’un ordre ancien avant de vivre une communauté du même ordre qui fonctionnait normalement, je suis plus en mesure que vous de faire la part des choses entre des personnes qui n’étaient pas à leur place dans une famille religieuse et une dérive institutionnelle. Les témoignages ici postés convergent avec ma propre expérience, parfois sur des points de détails insoupçonnables.

            • « la dernière phrase particulièrement méprisante et qui dénote d’une grande méconnaissance en matière de vie religieuse. »

              C’est sûr que lorsqu’on ne comprend pas le français, on a du mal à raisonner sereinement. Je ne suis ni contemplatif ni religieux, et je ne me méprise pas moi-même, ni mes choix de vie.

              Parler d’un choix « plus élevé » n’implique pas que les choix moins élevés soit mauvais ou dépourvus de dignité. Mais je sais bien que l’idéologie égalitariste dont notre temps est pétrie refuse toute hiérarchie, toute comparaison : rien n’est bien, rien n’est mal, rien n’est mieux ou moins bien ; il ne faut pas donner de note ! Et surtout il n’y a pas d’élite (quel gros mot !)

              Vous m’expliquer doctement qu’une vocation est un appel (merci, vocation signifie appel) et qu’il s’agit de répondre à sa vocation, ce n’est donc pas un choix méritant. Tiens donc, les supérieures d’Aline avait donc raison ? Puisqu’elle avait LIBREMENT répondu oui les premières années, au point de faire des vœux temporaires, ce n’était donc pas un choix ou un mérite personnel mais la simple réponse à sa vocation et par conséquent il fallait rester ! Si elle s’est trompée pendant les huit premières années, c’est qu’il est plutôt difficile de savoir quelle est sa propre vocation véritable ; on ne peut donc être si sévère avec les supérieures qui, elles, ne sont pas dans nos pensées.

              Dans notre vie, chère madame, nous n’avons pas qu’un seul appel de Dieu, qu’une seule vocation. A chaque fois que Dieu nous appelle à quelque chose de beau, de grand, de difficile donc, nous sommes libres d’abord d’écouter ou non, puis de répondre oui ou non. Et si nous répondons « non » cela ne signifie pas que Dieu n’a pas appelé, mais justement que nous n’avons pas fait un choix aussi élevé que ce que nous pouvions. Néanmoins en pareil cas Dieu ne s’arrête pas là, et nous appelle encore à autre chose, il veut nous relever sans cesse et il y a une autre « vocation », à laquelle à nouveau nous pouvons choisir de répondre oui ou non.

              Je ne dis pas qu’il appelle d’abord chacun au radical de la vie cloîtrée, puis se contente de notre état laïc si nous refusons, mais cela n’empêche pas que la réponse « oui » à une vocation aussi difficile (tout abandonner : richesses, plaisirs, honneurs, affections, etc, vivre en solitude, pour Dieu seul), cette réponse est un choix. Oui, un choix, et un choix méritoire. Plus dur, plus méritoire que beaucoup d’autres choix de vie.

              Par ailleurs, même au ciel ne croyez pas que tout le monde est égal. Tout le monde est très heureux et très saint, c’est sûr, par la miséricorde de Dieu qui récompense l’ouvrier de la dernière heure comme le plus ancien, mais chacun rayonne à la mesure de la taille qu’il a su donner à son cœur ici-bas. Car la Justice ne disparaît pas avec la Miséricorde.

              A la question des disciples qui voulait être placés l’un à sa droite et l’autre à sa gauche au paradis, Jésus ne répond pas que ces places n’existent pas, que tout le monde il est égal au ciel. Il répond « c’est pour ceux à qui mon père l’a destiné » ; mais avant cela il leur demande s’il sont capables de boire à la même coupe que lui, donc s’il sont prêts à un choix radical, extrêmement difficile, sur la terre.

              N’en concluez pas, par un de vos raccourcis, que je destine automatiquement les meilleures places du paradis aux religieuses de Bethléem et les moins bonnes aux laïcs, mais le lien existe entre nos choix et nos fins dernières. N’en doutez pas.

              • Bethléem : le témoignage d’Aline 2 janvier 2015 19:16, par Chem

                Celui qui ne se méprise pas sois même a écrit :

                A la question des disciples qui voulait être placés l’un à sa droite et l’autre à sa gauche au paradis, Jésus ne répond pas que ces places n’existent pas, que tout le monde il est égal au ciel. Il répond « c’est pour ceux à qui mon père l’a destiné » ; mais avant cela il leur demande s’il sont capables de boire à la même coupe que lui, donc s’il sont prêts à un choix radical, extrêmement difficile, sur la terre.

                Vous semblez monsieur détenir le sens caché des paroles de jésus. Sans doute un secret révélé aux amis de Bethléem au cours des lectio divina.

                N’enfermez pas les paroles de jésus dans vos interprétations personnelles ou bien gardez les pour vous même. Par ces grands froids il y a des gens à la rue qui boivent une coupe très amère et ils en ont pas fait le choix. Et qu’en savez vous s’il ne seront pas les premiers dans le royaume des cieux ? Pffff….

              • Bethléem : le témoignage d’Aline 2 janvier 2015 20:33, par Saintemariequivole

                Par ailleurs, même au ciel ne croyez pas que tout le monde est égal.

                Oui, un choix, et un choix méritoire. Plus dur, plus méritoire que beaucoup d’autres choix de vie.

                Que les médiocres n’en profitent pas pour médire d’un choix de vie plus élevé que celui dont ils ont été capables.

                on en est encore et toujours là à Bethléem ? Cette élitisme pour le royaume des cieux, cette église dans l’église ?

                Pitié… arrétez avec çà

          • Bethléem : le témoignage d’Aline 2 janvier 2015 11:39, par Rénato

            Que les médiocres n’en profitent pas pour médire d’un choix de vie plus élevé que celui dont ils ont été capables.

            C’est sûr que si la fréquentation de Bethléem produit ce type de raisonnement chez ses « amis », disons que la flèche n’a pas atteint sa cible :-)

            Et puis, il est tout à fait possible de parler d’une communauté dont on n’a pas été membre. Tout simplement parce que l’on peut ressentir, de l’extérieur, ce qui ne va pas. Justement, une personne totalement extérieure peut apporter une vision que n’aura pas celle qui y a été immergée…

            Les soeurs se remettent au grégorien… enfin, elles vont peut-être finir par savoir qui elles sont…

            « C’est précisément cette alliance orient-occident qui caractérise leur liturgie »

            C’est surtout un assemblage un peu hétéroclite ou patchwork (certes esthétique) qui n’est au fond ni l’un ni l’autre ; là aussi, il aurait fallu choisir…

            Quant au démon, il cherche à mettre les personnes à terre, à ruiner leur élan vital, leur santé psychique, leur vie spirituelle… vouloir sortir peut au contraire signifier être à l’écoute de l’Esprit de Vérité…

          • Bethléem : le témoignage d’Aline 2 janvier 2015 17:55, par Pierrette

            « Nette prépondérance des hommes chez les scandalisés de service », écrivez-vous alors que vous n’en savez absolument rien. Et quand bien même ce serait le cas, ce que nous ignorons, qu’en conclueriez-vous ?

            « Choix de vie plus élevé » : inutile de reprendre, on vous a déjà répondu sur la différence entre « appel » et « choix de vie ». Aline montre d’ailleurs très bien cette différence entre « appel à donner sa vie à Dieu » et « choix de communauté/spiritualité » qui ne lui convient pas, comme elle s’en ouvre tout de suite à la prieure.

            Votre réflexion m’a fait penser aux gens qui se défalquent sur les travailleurs sociaux des problèmes qu’ils ont partiellement créés. Là, c’est comme si vous vous défalquiez sur des religieux/religieuses de la prière, sans vous préoccuper tellement de ce qu’ils vivent. Et que vous leur donniez en caramel, pour que nous nous défalquions avec vous de nos responsabilités à leur égard, qu’ils ont « un choix de vie plus élevé ».

            Pour les baptisés/ées, il n’y a évidemment pas de choix de vie plus élevé qu’un autre. Il est donc normal, en vous lisant, que des célibataires ou personnes en couple, qui font vivre l’Eglise en la finançant, puissent s’interroger sur la formation des chrétiens, si on en est encore là.

            Et si vous assimilez la séduction d’un homme par une femme ou d’une femme par un homme à la séduction de Jésus, en suivant votre logique, ne pourrait-on pas alors retenir comme nouveau titre pour « Un amour absolu » le suivant : « Une séduction absolue » ?

            Jésus est-il séduisant ? On lui tourne le dos parce qu’il est tout sauf séduisant. Les pauvres sont-ils séduisants ? On leur tourne le dos, parce qu’ils n’ont rien de séduisant.

            On ne tourne pas le dos à un homme séduisant ou à une femme séduisante, quand on ne tourne pas le dos à ses pulsions. Ce n’est ni mal ni bien, c’est ainsi, mais d’un autre registre.

            Vous comparez, si je vous lis bien, le divorce dans un couple à quelqu’un qui quitterait une communauté. Rien à voir, même s’il y a une forme de deuil à vivre dans les deux cas. Mais quelqu’un quittant une communauté ne quitte pas forcément le Christ, sinon cela se saurait. Une communauté est un moyen, pas une fin. C’est ce qui n’arrête pas d’être dit.

            Une communauté qui se présente comme une fin en soi a de bonnes raisons de le faire et c’est cela qui peut interroger notamment sur son caractère sectaire. Si tout était si clair que ça, le site de la communauté de Bethléem ne serait pas une accumulation de belles photos, sans aucun commentaire biblique, sans aucune nourriture spirituelle autre que ces belles images qu’on trouve très bien ailleurs. Entre ces belles images et les massifs de chartreuse, dans laquelle des sœurs ont plus d’une fois songé à se jeter, je crois plus à ce qu’elles ont pu dire et vivre qu’aux belles images.

            Évidemment, ce serait plus agréable pour nous tous d’en rester à ces belles images.

            Mais, quand je lis, dans un témoignage, que le saint Sacrement peut être gardé dans une cellule algeco, à côté du seau à toilettes, sorry, mais ça me débecte. Et surtout, je ne vois pas franchement ce que les sœurs y gagnent. Lu nulle part dans l’évangile que, pour prier, on avait besoin de ça. Hélène a fait de l’humour, parce que c’était insoutenable pour elle. Vous comprenez que ça puisse empêcher de dormir, non ? Je ne sais pas si c’est oriental ou occidental, ou les deux, mais franchement c’est presque à la limite du fétichisme. Qu’on m’explique le bienfait de cette pratique m’aiderait sûrement à la percevoir autrement.

            • Chère autre madame,

              les prénoms masculins étant généralement portés par des hommes, j’en déduit bêtement que ceux qui signent avec sur Internet ne sont pas des femmes. Mais vous avez raison, de nos jours on ne peut jurer de rien.

              Autre point : Jésus ne séduit pas, dîtes-vous ? Alors il faut vite aller le dire au prophète Jérémie, qui répand cette fable depuis 2500 ans : « Tu m’as séduit Seigneur et je me suis laissé séduire ».

              Vous dîtes que ma comparaison avec le mariage est hors de propos, parce qu’une communauté religieuse n’est pas une fin en soi mais un moyen : le but c’est Dieu. Bien. J’ai un scoop à vous donner : une épouse, un époux n’est pas une fin en soi. Le but c’est Dieu.

              Je n’ai pas bien compris le coup des travailleurs sociaux ou de la prière dont je me déchargerais sur les contemplatifs tout en me moquant de leur sort. Je n’ai rien dit à ce sujet. Il se trouve que je connais pas mal de gens proches qui ont quitté une orientation religieuse, voire un engagement, pour diverses raisons. Mon beau-père était même prêtre. Leurs souffrances, néanmoins, ne m’aveuglent pas au point de jeter le bébé avec l’eau du bain.

              • Bethléem : le témoignage d’Aline 2 janvier 2015 21:52, par Pierrette ou Pierre

                Chère Madame remercie pour le scoop sur Jérémie. Un peu méprisant, tout de même, de parler de scoop. Disons alors qu’il y a une différence entre amour et séduction. Sinon, le docu à venir s’appellerait « la séduction absolue » et cela ne gênerait absolument personne, puisque Jérémie l’a dit.

                Votre vision du « choix de vie plus élevé » n’est pas la mienne. Et là dessus, plusieurs vous ont déjà interpellé. Vos réponses montrent que vous n’entendez toujours pas qu’il n’y a pas de « choix de vie plus élevé » qu’un autre.

                On ne peut jurer de rien ? Comme vous pensiez que ce sont des hommes qui sont les râleurs de service (chacun ses représentations !), j’ai signé Pierrette, pour montrer qu’on pouvait être aussi bien Pierrette que Pierre, et que cela n’avait aucune importance par rapport à ce qui nous occupe.

                Au moins pouvons-nous être d’accord sur le fait que ce site est ouvert à tous. N’est-ce pas remarquable ?

                Jeter le bébé avec l’eau du bain ? Alors là, pas du tout. Qu’est-ce qui vous fait être encore dans le jugement ? Bien au contraire, d’ailleurs. Cela va faire rire les amis. Je vous remercie sincèrement du fond du cœur.

                Sur l’amour humain authentique, oui, c’est divin. Bien d’accord.

                Le lien avec les travailleurs sociaux ? Très simple. On se moque pas mal de ce qu’ils vivent. Or, ils ont besoin de soutien. C’est pareil pour les religieux religieuses, surtout pour les religieuses d’ailleurs. Si des anciennes de Bethléem vous disent qu’il y a un vrai hic, qu’est-ce qui vous empêche de les croire ? C’est ça, ma question en profondeur : Qu’est-ce qui vous empêche donc de les croire, surtout si c’est pour en aider d’autres qui sont dedans ?

                Ne pas donner du crédit à quelqu’un qui exprime qu’il a été trompé et qu’il s’est trompé aussi, je ne me permettrais pas de dire que c’est médiocre. M’enfin, m’enfin, disons juste que c’est une gaffe. Et peut-être même une baffe dont ces personnes n’ont pas besoin.

                Pierrette les soutient. J’ai pensé à Pierrette à cause du pot au lait. Comme à Bethléem on fabrique des poteries (vous en parlez d’ailleurs) et que soeur Marie avait cassé volontairement celle réalisée par une sœur, comme raconté dans un témoignage, laquelle pleura, c’était un clin d’œil très amical. Un peu d’humour ne fait de mal à personne. Surtout quand un système est considéré comme à tendance paranoïaque. Et ça, c’est écrit par Camille qui a l’air de super bien savoir de quoi elle ou il parle.

          • Bethléem : le témoignage d’Aline 24 janvier 2015 10:32, par Manothe

            Bonjour M., je me demandais si vous connaissiez les confessions à la vierge ? En avez-vous déjà discuter avec votre parente ?

            Saviez-vous qu ’en ayant demandé la reconnaissance pontificale, la communauté de Bethleem se doit d’être décidée au niveau de toutes les sphères la constituant ? Exemple, sa liturgie. Passer du grégorien au byzantin et d’un peu plus de ceci et bientôt un peu moins de cela. Cela devrait être réglé. Au niveau alimentaire, passer de tel régime à tel régime et de tel jeûne à tel jeûne, cela devrait être fixé. Qu’une soeur puisse ouvrir son cœur en confession, avoir le droit de recevoir des conseils spirituels venant de l’extérieur du monastère, d’avoir le droit de pouvoir exprimer son désaccord lorsqu’on lui demande d’exécuter des actes qui peuvent être néfastes pour son être, sa pensée et voir même sa vie ? Cela m’est arrivée alors que je n’étais qu’une petite postulante et que la communauté se disait reconnue officiellement par l’Eglise.

            Ce ne sont pas des contes de fées qui sont racontés sur ce site, il ne faudrait pas essayer de les minimiser car je crois même personnellement que de la part des victimes il y a encore trop de douleur pour dévoiler des chose très graves qui se passent dans ces monastères.

            Pour ce qui est de la tendance sectaire, demandez à votre parente si elle a le droit de dire TOUT ce qu’elle veut dans ses lettres ou lorsqu’elle vous rencontre… De parler de sa propre personne. Avez-vous assisté aux coulpes de la communauté, avez-vous assisté à une rencontre fraternelle avec spaciement ?

            Si nous parlons que des confessions à la vierge, cela est déjà assez représentatif qu’on a pas le droit de forcer quel’qu’un à se livrer ainsi et laisser l’autre le rendre esclave à en devenir excessif dans ses actes. Je pense qu’une telle pratique ne se fait pas en mariage ni dans aucune autre communauté équilibrée. Vérifiez par vous-même. Sortez de l’univers de Bethleem monsieur.

            Je vous salue cordialement

            • Bethléem : le témoignage d’Aline 25 janvier 2015 10:41, par Anne

              Dans le même genre que la confession à la Vierge, plusieurs d’entre nous ont du être invités à écrire leur « Anamnèse ». Il s’agissait de mettre par écrit toute sa vie, tous ses souvenirs, qu’ils soient joyeux ou malheureux. Ce texte était remis à la prieure, voire à la prieure générale. Soi-disant pour qu’elle présente la petite sœur toute entière, avec toute son histoire, à Dieu (ou à la Vierge). Bref. Personnellement je n’ai pas réussi à aller jusqu’au bout de cet exercice, et bien m’en a pris sans doute. Car cet « anamnèse », sous des dehors toujours très « spirituels », n’était rien d’autre qu’un vol de conscience pour mieux nous manipuler.

              • Bethléem : le témoignage d’Aline 25 janvier 2015 18:54, par Manothe

                Vous venez de toucher une autre corde sensible Anne. Moi aussi on m’a demandé cela. Et à partir de ce moment-là, la vie monastique m’est devenue insoutenable. J’ai été le sujet de manipulations psychologiques que je considère graves. C’est une réelle blessure très profode que j’ai subie. Et je voudrais me faire à l’idée que j’ai réussi à m’en sortir oui mais le fait est que les sœurs que j’aimais m’ont fait subir cela.

                J’ai vécu des choses tres difficile à Bethleem. Mais la réalisation récente de cette dernière atteinte à ma personne est ce qui m’a déterminée à ne plus me taire, à être enfin cohérente avec moi-même et les autres personnes qui ont souffert de mon entrée au monastere… Et de ma sortie.

          • Bethléem : le témoignage d’Aline 11 janvier 2017 23:44, par de polignac

            Cette communauté devrait être régulièrement visiter par le corps médical, il est inadmissible de laisser ces sœurs sans soins….

      • Bethléem : le témoignage d’Aline 25 novembre 2014 09:32, par Ursule

        Faire l’analogie avec des unités d’élite ou la résistance dénote une méconnaissance abyssale de la vie religieuse.

        • Bethléem : le témoignage d’Aline 26 avril 2016 10:30, par Perrier

          Ce témoignage donne froid dans le dos. Et il est authentique. Je suis allée à Poligny et vraiment j’ai trouvé là une ambiance sectaire. Il faut écouter une personne qui s’est retrouvé dans une situation grave psychologiquement et physiquement. ! Le problème sectaire existe aussi au sein de l’Eglise. Il faut dénoncer ces dérives parce qu’elles sont bien réelles Utiliser la Foi et l’Eglise pour avoir de l’emprise sur les autres, c’est grave. Et il y a des communautés comme l’Emmanuel qui empoche des sommes colossales ! Tout ça, il faut tout de même revenir aux messages du Christ et son exemple d’Amour.