Vendredi 2 janvier 2015 — Dernier ajout samedi 3 janvier 2015

Bethléem : retour aux fondamentaux

Un religieux dominicain de la province de Toulouse, qui suit avec attention les discussions sur ce site internet, a apporté l’autre jour une réflexion que notre collectif a trouvée lumineuse. Nous sommes heureux et honorés de publier ici cette intervention, avec son aimable autorisation.

Dominicain de la province de Toulouse, cette province évoquée par le frère Silouane sur le témoignage duquel je reviendrai plus loin, je suis aussi depuis des dizaines d’années enseignant, conseiller spirituel et autres babioles. Je lis ce blog pratiquement depuis sa constitution, comme son concurrent Sans décor, et je voudrais revenir à quelques fondamentaux : parce que, pour prendre un exemple, la question du film diffusé sur le Jour du Seigneur, me paraît annexe, et générer en outre des jugements dans lesquels l’affectivité tient inévitablement beaucoup de place.

En premier lieu, il importe sans doute de rappeler que les débats sur la vérité ou non des témoignages ne sont pas limités au « cas Bethléem », mais ressemblent fort à ceux qui ont agité ou agitent encore les Légionnaires du Christ, les Béatitudes, les Frères et Sœurs de saint Jean etc. Il y a ceux pour qui de tels témoignages sont largement inventés, fruits de ressentiments divers, destinés uniquement à nuire à la communauté visée, et ceux pour qui la convergence de tels témoignages, venus de divers horizons, manifeste à l’évidence leur vérité.

Je suis, je ne le cache pas, de ceux qui font crédit aux témoins. Pour connaître certains d’entre eux d’une part, mais d’autre part et surtout parce je sais combien ce témoignage leur coûte, alors même qu’ils savent qu’ils risquent d’être rejetés, méprisés, pris à partie. Je parle volontiers à leur sujet de « double peine » : celle d’avoir souffert dans la communauté qu’ils ont quittée, celle de souffrir encore, et parfois plus, de n’être pas entendus, voire même bassement jugés. Il faut du courage pour témoigner dans de telles circonstances, même sous un pseudonyme ! Ceux qui pensent ou disent le contraire n’ont sans doute jamais rencontré de tels témoins.

En deuxième lieu, il est clair que, quoi qu’il en soit de leur convergence, tous les témoignages ne se valent pas pareillement : un discernement doit être opéré. Mais que l’on commence par leur faire crédit, et en particulier ce crédit-là : les témoins ne cherchent pas nécessairement à détruire cette congrégation qu’ils ont aimée, dans laquelle ils out souvent passé de très belles années, qu’ils considèrent souvent comme leur mère en termes de vie spirituelle. Non, ils veulent lui éviter de poursuivre dans les dérives qu’ils ont constatées, ils veulent éviter à d’autres d’en pâtir, ils veulent en fait très souvent sauver la dite congrégation. Comme ceux qui s’opposent à eux d’ailleurs : le salut est vu autrement !

J’invite les lecteurs à relire les très belles pages sur le Mal du théologien belge Adolphe Gesché, dont je précise (pour des questions d’orthodoxie) qu’il a longtemps fait partie de la Commission théologique internationale (1992-2002). Dans son livre intitulé Le Mal, Gesché montre bien qu’à trop vouloir mettre Dieu à l’écart du mal, on finit par ne considérer que Dieu et pas suffisamment, voire même jamais, les victimes, et j’ai l’impression qu’un phénomène du même genre se reproduit avec les congrégations religieuses mises en cause.

En troisième et dernier lieu, pour revenir à la congrégation de Bethléem, la lecture de tous les témoignages qu’il m’a été jusqu’ici donné de connaître, en particulier ceux de l’envers du décor, me montre à l’évidence l’existence de nombreux et souvent gros problèmes. A titre d’exemple, l’un d’eux me préoccupe beaucoup, et il a trait à la théologie mariale.

Quand j’apprends que plusieurs témoins ont été apostrophés sous le mode « la Vierge Marie a un grand projet pour toi », une apostrophe qui parfois vient du plus haut de la hiérarchie, je ne peux m’empêcher de me rappeler ce qui se disait souvent au début du Renouveau, à l’Emmanuel pour être précis : « L’Esprit-Saint me dit que.. ou te dit que ». Un jour, l’un mes frères dominicains m’a dit : « Dis ’je’ au lieu de l’Esprit-Saint’ », et j’ai subitement réalisé combien une volonté de puissance personnelle pouvait se cacher sous de telles apostrophes, quelque peu terrorisantes pour des esprits encore peu formés… Pour être clair, je ne crois aucunement à « un grand projet de la Vierge Marie » sur quiconque, et je crois que son évocation est un tour de passe passe manipulatoire qui permet à l’un(e) ou l’autre de faire passer ses désirs pour ceux de la Vierge, en leur donnant de la sorte plus de poids.

De la même manière, j’ai bien du mal à comprendre ce qu’il faut entendre par « obéissance à la Vierge » : là encore, je sens la manipulation. Dans les rares interventions de Marie qui nous sont données à connaître dans les évangiles, je pense à celle de Cana (« Faîtes tout ce qu’Il vous dira »), Marie renvoie à son Fils : c’est à lui que nous devons obéissance, une obéissance raisonnée, raisonnable, qui s’éduque, qui demande du temps. Les Dominicains dont je suis en savent quelque chose, eux qui ne prononcent publiquement que le voeu d’obéissance.

Je termine, comme annoncé, sur la réflexion du frère Silouane, invoquant une orthodoxie qu’attesteraient les frères dominicains de Toulouse. Je constate que l’intervenant(e ?) Dominique, apparemment bien informé (e ?), a déjà dit l’essentiel : comme enseignant de très longue date, j’ai vu défiler quelques centaines d’étudiants, et je suis bien incapable de me prononcer sur leur orthodoxie. Il en existe une, celle qui m’est reconnue, et elle est le fait des Institutions qui m’ont employé ou m’emploient.

J’ajoute que je me garderais bien d’évoquer les Dominicains de Toulouse, même si je suis de leur nombre. Je ne donnerai pas une telle caution même à cette longue intervention que je termine : personne ne m’a en effet mandaté pour le faire.

A titre personnel, j’apprécie le Mea Culpa de Mme Inès de Warren : je le trouve très courageux. J’espère seulement que Mme de Warren ira plus loin et voudra bien aussi un jour faire un film qui présente le témoignage des victimes. En soulignant leur volonté de construire, non de détruire.

Vos réactions

  • Annet 30 mars 2015 10:39

    ce vendredi saint à 23 h 15 arte diffuse le film : amour absolu. double réaction :

    • C’est le jour et l’heure du Grand Silence : l’église entière et à fortiori les monastères se recueillent dans la prière , contemplent et méditent l’amour absolu du Christ…pour nous.
    • Et elles ( les moniales de Bethléem) se donnent à voir, voir la beauté du lieu, l’esthétique chemin vers Dieu ( commentaires lus dans FC) . Amour Absolu, serait-ce le leur ? Leur visage ? leur cadre de vie privilégié ? leur liturgie ? leur bienheureuse solitude ?leur sourire, paroles passés au crible de la caméra pour édifier ?

    Quelle incongruité ? quel divorce ? Est-ce là l’enfouissement de saint Bruno ?

    Amour absolu . Seul celui du Christ et que nous recevons , auquel nous communions humblement, dans le quotidien, sans caméra.

    • Bethléem : retour aux fondamentaux 30 mars 2015 13:28, par Roselyne

      Annet, je signe des 4 mains ce que tu écris.. Tu exprimes parfaitement ce que j’avais dans le cœur en voyant à droite et à gauche la campagne de pub des grandes moniales silencieuses de Bethléem !!!

      Il n’y a pas de mots, vraiment..

      Dans la même veine, en décembre, elles se glorifiaient de ce que le nombre de ceux qui avaient visionné leur film était beaucoup plus important que celui de ceux qui avaient « regardé » la Messe… un comble non ? Et c’était le Cardinal de Lyon dont on sait les liens privilégiés avec la communauté,qui célébrait pour la TV ce jour là..

      Quelle incohérence …

  • Le 20 février 2015, @Guy a écrit : « Un gros souci est la négation totale de tout problème de la part des responsables de Bethléem".

    Les sœurs ne se remettent absolument pas en question. Elles y mettent une absolue persévérance dans une indéfectible fidélité. Elles ne voient pas que c’est ce qui risque de leur faire le plus de tort et, avec le temps, de se tourner gravement contre elles.

    Les meilleures persistent à défendre la communauté avec acharnement, même pour les choses les plus secondaires et/ou les moins défendables, dans l’absolu de la loyauté et de l’obéissance. Les responsables sont les plus fidèles et les plus loyales. C’est pourquoi, on est face à une forteresse inexpugnable.

    L’Anonyme parlait quelque part de l’assaut Porte de Vincennes : Cela arrivera peut-être un jour, et ce sont les sœurs elles-mêmes qui le provoqueront.

    Peut-être faudrait-t-il donc aborder le problème avec elles par le biais de la loyauté et de l’obéissance ? Comment comprennent-elles ces valeurs ? N’y aurait-il pas là quelque chose à reprendre, à repenser autrement ?

  • SOS à l’attention de Marie 18 mars 2015 10:21

    Chère Marie,

    J’ai lu avec attention votre commentaire du 11 mars dernier ; commentaire toujours touchant quand il s’agit d’une fratrie.

    Touchant, aussi, parce que j’ai eu l’impression d’entendre une jeune sœur rentrée à Bethléem il y a quelques années, et qui, avec beaucoup de candeur, pourrait s’exprimer un peu comme vous : « VRAIMENT »… « Le Seigneur donne une grâce à celles qu’il a VRAIMENT choisi ».

    Ce sont des propos qu’on entend souvent. Mais, en vous lisant, m’est venue une question : peut-être êtes vous la sœur « d’ O », devenue sœur « E-M » ?

    Si vous êtes bien sa sœur, sachez que je ne cherche pas à vous déstabiliser ni à vous faire peur. Mais c’est pour votre sœur, que je me décide à laisser ce commentaire. Car, en conscience, je ne peux pas me taire.

    Je vous adresse donc ce « sos », uniquement pour elle et pour l’aider : vous ne voyez votre sœur que quelques heures sur quelques jours par an.

    Alors, s’il-vous-plait, n’exaltez pas cette « vocation » à Bethléem. Elle aura besoin de quelqu’un comme cela dans 10 ans : quelqu’un qui puisse l’accueillir et la recueillir quand la soupape lâchera.

    Car précisément, et malgré toute la gentillesse des sœurs, de nombreuses erreurs de discernement ont été faites avec la vôtre.

    A commencer par son peu de maturité (dû à son âge) que personne n’a pris en compte pour voir si elle était apte à vivre cette vie prétendument « cénobitique » et de solitude où, justement, la solitude est vécue loin de toute sagesse rattachée à la tradition et sans le moindre bon sens élémentaire.

    Vous parlez de grâce… « la grâce ne détruit pas la nature, mais la parfait », nous dit St Thomas d’Aquin.

    Elle la parfait sans la violenter et en prenant le temps de la nature elle-même. C’est la nature qu’elle parfait, et non des idéaux éthérés de « sainteté ».

    « Les prieures d’aujourd’hui font très attention au discernement et à l’état psychologique des soeurs »…

    On a certainement dû vous le dire et vous y avez cru.

    Mais, Marie, pour qu’il en soit ainsi, il faudrait qu’il y ait, au minimum :

    • un tout petit peu (euphémisme) moins d’orgueil spirituel à l’intérieur de Bethléem,
    • un charisme clair et certain pour faire un discernement « ad hoc »,
    • une solide formation chez les prieures.

    Or ça n’est pas le cas.

    Quand je dis : « ne pas exalter cette vocation », cela ne veut pas dire renier le Christ.

    Au contraire : soyons bien incarnés pour toutes celles qui ne peuvent plus en prendre le chemin.

    Et prions pour que la lumière et la vérité se fassent enfin sur cette communauté lors de la visite, avec des personnes objectives, compétentes et courageuses, qui auront compris l’urgence de la situation, sans s’arrêter à un lifting de façade : à l’intérieur de Bethléem, il y a des « bombes à retardement » qui s’ignorent et qu’on ignore.

    Avec toute ma prière pour vous, et surtout pour elle.

    • Bethléem : retour aux fondamentaux 19 mars 2015 23:21, par colère

      J’ai beaucoup de mal à supporter la partialité d’un nombre important des interventions de ce blog. Son objectif : prévenir les dérives sectaires de l’Eglise ne peut être que louable…..La manière employée à mon sens l’est beaucoup moins. Vous avez une liste de communautés que vous considérez comme sectaires. Vous enquêtez à charge contre elles. Tous les témoignages qui les accusent sont retransmis et jugés comme véridiques. Les autres sont toujours accueillis avec condescendance. Ceux qui ont une expérience différente de la votre sont forcément des naïfs manipulés.Heureusement que vous êtes là pour nous engager à revoir « les fondamentaux ». Il y a une grande forme de mépris dans cette posture pour ceux qui ont une analyse de ces communautés différentes de la vôtre. Vous fustigez la « théorie du complot »devant certaines réactions qui ne reconnaissent pas la véracité de certains témoignages , mais vous la reprenez à votre compte lorsque vous accusez les auteurs du reportage sur les petites sœurs de Bethléem d’avoir voulu réaliser une publicité mensongère. Peut être le plus grave : votre obsession de charger ces différentes communautés et si grande, que vous occultez d’autres lieux où ces dérives sectaires, ces abus pourraient aussi être possibles. Jamais rien sur les jésuites, dominicains( en dehors du père PHILIPPE), franciscains, bref ces congrégations plus classiques de l’Eglise, rien non plus sur les prêtres diocésains…..Cela veut il dire que ceux ci sont indemnes de toutes dérives ? Lorsqu’on fait partie de ces institutions bien classiques , on n’est pas inquiété on est même caution de bonne moralité. Les « chouchous » de votre blog sont les dominicains surtout ceux de la Province de Toulouse( comme par hasard certains d’entre eux sont d’anciens frères de St Jean qui vouent une haine féroce au père Marie-Dominique PHILIPPE) Ceux là sont bien tranquilles ils savent que vous n’irez pas trop chercher de leurs côtés les sectaires et les prédateurs sexuels. Il y a aussi les jésuites..La spiritualité ignacienne est ainsi promue comme caution de tout discernement. Etes vous certain pourtant que ce courant religieux n’est pas aussi source de souffrance ? Je suis entrée à 21 ans dans une congrégation apostolique ( éducatrice) de spiritualité ignatienne. J’étais passionnée par le Christ mais en même temps torturée par une souffrance que je ne parvenais pas à exprimer. J’avais fait mienne une devise de St Ignace« Dans la désolation continue ton chemin’J’ai donc continué…J’avais confié mon mal être, à mes supérieures ma maîtresse des novices. Elles m’ont répondu »tu peux continuer« Comme quoi une mauvaise interprétation de cette spiritualité peut aussi avoir des effets néfastes autant que dans ces nouvelles communautés que vous détestez. J’ai fait une grave dépression qui m’a conduite en hôpital psychiatrique.Après un entretien avec un jésuite qui m’avait dit qu’il me jugeait trop fragile pour continuer à m’accompagner et qui me renvoyait sur les psys, je me suis dirigée vers la station de RER du Luxembourg avec une idée fixe : me jeter sous les rails. Grâce au ciel, j’ai rencontré un témoin de Dieu sur mon chemin qui a empêché de geste. J’ai du quitter ma communauté. Afin de »me laisser libre" un certain nombre de sœurs ne se manifestait plus auprès de moi. Pendant un temps j’avais beaucoup de colère contre elles. Mais par la suite, grâce à un travail sur moi même j’ai compris que ce mal être aurait explosé de toutes façon dans n’importe quel état de vie. Ces sœurs ne sont pas responsables de la fragilité qui m’a amenée à cette dépression. Ce temps passé avec elles m’a donné une force extraordinaire pour m’accepter telle que je suis. J’ai pu ensuite parler avec elles exprimer ce qui avait été douloureux. Donc ce témoignage n’est pas pour les accuser mais pour dire que cette spiritualité que vous érigez en modèle et en censeur ( surtout des nouvelles communautés) a aussi ses limites. Je sais aujourd’hui que cette spiritualité n’est pas pour moi. Si elle aide d’autres personnes tant mieux mais elle ne doit pas être la mesure des autres.’Il y a plusieurs demeures dans la Maison de Dieu"Laissons au Christ le soin de nous les préparer car c’est Lui qui fait l’Eglise !

      • Bethléem : retour aux fondamentaux 20 mars 2015 02:19, par Tatiana

        @ Colère :

        Et….?

      • Bethléem : Toujours les fondamentaux 20 mars 2015 09:24, par Dominicain_de_service

        Madame,

        Vous êtes en colère, contre les auteurs du site, contre ceux qui y écrivent, contre les jésuites qui vous ont laissée sur le bord du chemin, et, pour faire bonne mesure, contre les dominicains, les franciscains, les prêtres diocésains et j’en passe : je respecte profondément, croyez-le, la souffrance qui s’exprime à travers ces mises en cause multiples, tout en vous avouant que je me demande comment vous pouvez en savoir autant sur autant d’instituts. Il me semble que votre colère, dont l’expression est tout à fait légitime, surtout si elle est justifiée, pourrait se faire sans cette mise en cause universelle.

        Pour ma part, dominicain de la province de Toulouse comme je l’ai déjà fait savoir sur ce site, je ne dispose que d’informations limitées concernant ma province, et l’Ordre des Prêcheurs en général. Et je veux vous dire trois choses :

        1. Il est évident que les Ordres « anciens » n’échappent pas à certaines déviances. Mais à la différence des congrégations plus récentes, au moins de celle dont nous débattons, elles sont personnelles et ponctuelles, mais certainement pas structurelles comme les témoignages diversifiés et convergents le montrent à propos de Bethléem. Relisez tout ce qu’écrit sur ce site Dominique, qui a parcouru des centaines de documents internes à la Congrégation et vous comprendrez que les dérives sont systématiques. Jusqu’à preuve du contraire, je ne crois pas que vous puissiez aboutir à un résultat identique avec les Ordres anciens. Pas tant du fait de la vertu de leurs membres que de leur refus du secret comme aussi de leurs règles, us et coutumes qui ont connu la patine du temps.

        2. Vous écrivez encore, sur la foi d’informations précises que je n’ai pas, que « les « chouchous » de votre blog sont les dominicains surtout ceux de la Province de Toulouse (comme par hasard certains d’entre eux sont d’anciens frères de St Jean qui vouent une haine féroce au père Marie-Dominique PHILIPPE) Ceux là sont bien tranquilles ils savent que vous n’irez pas trop chercher de leurs côtés les sectaires et les prédateurs sexuels ». Vous trouvez donc que les Dominicains de Toulouse sont les chouchous de ce blog, mais j’aimerais que vous me montriez en quoi : je crois avoir été le seul à m’exprimer et à ne l’avoir fait qu’à deux reprises… Celle-ci est la troisième.

        J’ajoute que je connais bien sûr les frères qui nous ont rejoints, qu’ils ne vouent pas, pour autant que je sache, une « haine féroce » au frère Marie-Dominique Philippe, mais que de fait beaucoup d’entre eux ont une vision très critique de sa théologie et de son action. Et je pense que leur connaissance de la personne en question est bien plus complète que celle que vous pouvez en avoir, et bien plus terrible aussi que ce qui en a été dit sur la place publique : sans doute ne veulent-ils pas « tirer sur l’ambulance », mais il faut leur demander à eux leurs informations et leurs raisons.

        3. De manière beaucoup plus générale, je redis, comme je l’avais déjà fait lors de ma première intervention, que l’accueil et l’écoute des victimes, et je vous écoute puisque vous dîtes que vous en êtes, sont essentiels et c’est le très grand mérite de ce blog de le faire. Pour celui ou celle qui accepte d’aller au fond de cette écoute, le regard et le cœur changent, et il devient très vite évident qu’il n’y a aucun complot, mais bien des déviations graves, que l’on retrouve dans tous les instituts mis en cause.

        Peut-être aussi chez les Dominicains, les Jésuites, les Franciscains et les prêtres diocésains, mais il vous reste à le démontrer. Pour le moment, vous n’avez fait qu’exprimer un cas personnel douloureux, tout à fait respectable, dont je ne dis pas qu’il soit une exception : c’est votre généralisation qui me semble parfaitement abusive, du moins pour les Instituts que vous évoquez.

        • Bethléem : Toujours les fondamentaux 20 mars 2015 23:50, par colère

          au frère dominicain, Merci de votre réponse. Je ne me considère pas comme une victime. Je n’accuse aucun ordre religieux ou prêtre diocésain donc à ce niveau là je n’ai rien à prouver. Je ne partage pas votre point de vue : à mon sens les dérives sectaires, les prédations sexuelles ne sont pas tant les conséquences de « structures » mais de l’évolution des personnes. Le meilleur peut malheureusement se pervertir et dans ce cas peut devenir ce qu’il y a de pire. Le même ordre religieux peut soulever des montagnes de charité ou au contraire « écraser le roseau froissé »Et cela a été valable à toutes les époques et en toutes les cultures.) Il faut donc toujours être vigilant quelle que soit l’ampleur de la « patine du temps » qui est passée sur les us et coutumes de certains ordres.Je crains qu’en se polarisant seulement sur certains groupes on veille moins sur les dérives des autres. Car dans ce domaine aussi« la valeur des ordres ’bien nés » dans l’Esprit Saint n’attend pas le nombre des années« Je pense aussi que les »ordres classiques« ont du mal à accepter l’arrivée de nouvelles communautés surtout lorsque ces dernières accueillent de nombreux jeunes alors qu’elles peinent à attirer des vocations.Je ne dis pas que ces accusations ne sont que le fruit de jalousie, qu’il y aurait »un complot« contre ces nouvelles communautés, mais je pense qu’il faut se méfier d’un certain courant d’Eglise qui dévalorise systématiquement les »petits nouveaux". Et il faut dire qu’ils sont arrivés nombreux depuis les années 70 décoiffant un peu ceux qui étaient bien installés. Cela n’est pas nouveau dans l’Eglise : des ordres meurent d’autres naissent et ils ne sont qu’un moyen de sanctification….Je n’ai pas connu personnellement le père Marie-Dominique PHILIPPE. J’aime son œuvre, elle a bouleversé ma foi. Le reste m’importe peu.Je ne ferai pas de concours avec vos frères pour savoir qui le connait mieux cela ne m’intéresse pas. Je dis seulement que les témoignages convergents aussi nombreux soient ils ( ils sont d’ailleurs parfois trop nombreux pour ne pas être suspects) ne constituent pas une preuve. De nombreux exemples dans l’histoire l’ont montré je vous renvoie au film « les risques du métier » histoire vrai où toute une classe avait accusé un instituteur d’abus sexuels. Au bout de prés d’un an de martyr l’instituteur a été innocenté. Pourquoi ces mensonges ? « Il ne m’arrive jamais rien à moi » avait dit l’une des adolescentes expliquant ainsi pourquoi elle avait ainsi accuser avec plusieurs de ces camarades. Accuser quelqu’un sans preuve s’appelle de la diffamation. Le faire après le décès de quelqu’un qui ne peut pas apporter de propos contradictoire me semble encore plus grave. C’est parce que vous êtes vivant que vous avez répondu tout de suite à ma petite provocation de « chouchous », c’est une accusation bien moins grave que celle de prédateur sexuel et l’accusé dans le silence de sa tombe ne peut rien répondre..

          • Bethléem : Toujours les fondamentaux 21 mars 2015 09:11, par Luciole

            C’est de Dieu que vient le salut. Pas d’un homme, fut-il prédicateur talentueux, pas d’une spiritualité, pas d’un ordre ou d’une congrégation. Il peut arriver qu’une personne qui se soit mal comportée ait tout de même appris des choses bonnes et utiles à d’autres. Mais ça n’efface pas le fait qu’elle se soit mal comportée.

            Des témoignages convergents ont valeur de preuve et ils ne sont pas à comparer à des délires de pré-adolescentes rapportées dans un film tourné il y a 48 ans (et qui était tiré d’un roman). C’est la parole d’adultes que vous remettez systématiquement en doute parce qu’ils ne vont pas dans le sens de votre affect.

            Durant des décennies, des siècles, des personnes ont, comme vous, pris pour des délires, des calomnies, des divagations, des paroles de victimes. A quoi cela a-t-il mené ? D’une part l’institution en a perdu en crédibilité parce qu’elle n’a pas voulu voir la vérité en face. D’autre part, les victimes se sont retrouvées violées une seconde fois, écrasées parce qu’on leur déniait leur statut de victime. Comment se reconstruire quand on nie que vous avez été détruit ? C’est en vain que l’on chercherait, dans vos messages, un peu de compassion envers les personnes qui ont été écrasées par le système, abusées dans leur corps comme dans leur psychisme. Votre expérience et votre ressenti personnels semblent constituer votre unique référence. Les « Mais comment osez-vous accuser le Père Machin ou l’Abbé Untel ? » ont fait assez de dégâts comme ça, au cours des siècles. Des évêques et les papes eux-mêmes l’ont reconnu publiquement.

            Il y a une trentaine d’années, pas loin de chez moi, une dominicaine est allée s’étendre sur les rails de chemin de fer. Suite à cet incident, l’Ordre des prêcheurs a dépêché, de Rome, une moniale pour faire la visite du monastère. Le soir même la supérieure a du prendre ses cliques et ses claques pour se retirer dans une abbaye et y rester le reste de ses jours. La visite canonique avait relevé de graves dysfonctionnements.

            C’est un père de l’ordre multiséculaire auquel appartenait le monastère où je vivais qui est venu pour y faire une visite canonique et c’est un autre religieux du même ordre qui est venu pour la conclusion de cette même visite. Conclusion qui demandait à l’ancienne supérieure mise en cause de quitter le monastère à cause de l’emprise mentale qu’elle avait sur ses consœurs. J’ai, au moins à deux reprises, mentionné que j’avais vécu une histoire semblable à celle de la congrégation de Bethléem mais à l’intérieur de l’ordre ancien. Ne reprochez pas à ce blog de nier le fait que les dérives puissent se produire dans n’importe quel ordre ou congrégation.

            Oui, les dysfonctionnements sont dus à des personnes. Mais quand ces personnes se trouvent à la tête ou à des postes clés d’une structure pyramidale qu’ils ont eux-mêmes mis en place, que ces personnes en placent d’autres acquis à leur cause pour perpétuer leurs dysfonctionnements, le terme déviance structurelle s’applique bel et bien.

            Il ne faut pas confondre non plus erreurs de jugement et emprise mentale. Des supérieurs généraux ou locaux peuvent prendre de mauvaises décisions, des orientations très contestables ou bien manquer d’empathie, de bon sens, sous-estimer un problème ; seulement les choses finissent par revenir à la normale quand les chapitres jouent leur rôle. Là où règne la manipulation mentale, les subordonnés sont devenus des marionnettes et les chapitres ne sont plus que des séances de guignol qui entérinent les décisions du manipulateur. La déviance structurelle empêche les processus régulateurs de se mettre en place.

            Nos contrées connaissent une baisse considérable de vocations qui ne constitue jamais qu’un retour à la normale. Et ça, peu le savent. En effet, avant la fin dix-neuvième siècle et le début du vingtième, on n’avait jamais vu autant de monde dans les couvents. Avant la révolution française, dans les pays où le catholicisme était la religion d’état, il y avait beaucoup moins de religieux, proportionnellement à la population.

            Dans ce contexte, le fait de recruter actuellement à tour de bras dans les nouveaux mouvements n’est pas un motif de jalousie mais d’inquiétude : ce n’est tout simplement pas normal et ça DOIT poser question. Déjà dans les années quatre-vingts, des religieux s’inquiétaient de voir ces nouveaux mouvements accueillir des candidats bien trop jeunes et/ou trop fragiles. Les ordres anciens seraient jaloux des nouvelles familles ? Il faut pas mal d’inconscience et surtout d’orgueil larvé pour refuser de tenir compte des leçons que d’autres ont tiré avant soi d’une part, et de se croire jalousé, d’autre part.

            Là où on va ressusciter les « vieilles recettes » d’autrefois qui auraient fait « leurs preuves », c’est là où éclatent tôt ou tard des scandales. Que cela bouscule ou non votre ressenti n’empêchera les faits d’être avérés.

            • Bethléem : Toujours les fondamentaux 21 mars 2015 10:30, par Dominicain_de_service

              Si j’ai devancé de peu Xavier Léger dans mon commentaire d’hier en réponse à « colère », Luciole me devance dans une reprise qui contient à peu près tout ce que j’aurais pu dire, et bien mieux que je n’aurais pu le dire. Merci.

              Je le dis avec et à « colère », oui, les ordres religieux anciens ne sont pas indemnes de dérives, et Luciole le rappelle justement, mais, à propos des Instituts dont il est question sur ce blog, lire les dossiers de plus près, et rencontrer plusieurs des personnes concernées, devrait vous dispenser à l’avenir de vous en tenir à des affirmations, rapprochements et supputations sans aucun fondement.

            • Bethléem : Toujours les fondamentaux 21 mars 2015 10:38, par colère

              Luciole, Vous avez le droit de ne pas être d’accord avec moi, mais rien ne vous permet de dire que je manque de compassion. Vous m’accusez ainsi parce que je ne partage pas votre point de vue…et le mien serait seulement le fait de mes « ressentis » Le film dont je parle est peut être tiré d’un roman mais il raconte une histoire vraie , l’instituteur en question témoignait dans l’émission je crois que c’était dans ’les dossiers de l’écran". Evangile de ce jour« Nicodème l’un d’entre eux , celui qui était allé précédemment trouver Jésus , leur dit »Notre Loi permet t’elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait  Il lui répondirent : »Serais- tu toi aussi de Galilée ? Cherche bien et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée  Et oui la logique de Dieu, ne suit pas forcément ce que nous nous pensons être »la normalité"….

              • Bethléem : Toujours les fondamentaux 21 mars 2015 13:10, par Luciole

                Colère, jamais je n’ai écrit que vous n’aviez pas de compassion pour les victimes. J’ai écrit qu’on ne trouve aucune trace de compassion pour les victimes dans vos messages.

                Encore une fois, un groupe de pré-adolescentes d’une petite école de village dans les années cinquante ou soixante qui accusent à tort leur instituteur n’est pas à comparer à des personnes qui ne se connaissent pas forcément entre elles et qui, à l’âge adulte, témoignent de faits qui se sont parfois passés dans des lieux et à des époques différentes.

            • Bethléem : Toujours les fondamentaux 21 mars 2015 12:48, par colère

              J’ai oublié de vous demander, Luciole, donc pour vous les propos d’adolescentes seraient moins à prendre en compte que les propos d’adultes ?. Au nom de quoi cette distinction ? C’est ainsi que des adolescentes accusant des adultes d’attouchements sexuels se sont faites « rembarrées »on a préféré croire les adultes…….

              • Bethléem : Toujours les fondamentaux 21 mars 2015 15:01, par Luciole

                Libre à vous de donner dans l’escalade de propos excessifs et de déformer les propos de vos interlocuteurs en les retirant de leur contexte. Je ne vous suivrai pas sur ce terrain.

                • Bethléem : Toujours les fondamentaux 21 mars 2015 18:12, par Amf

                  @colère

                  Je viens d’une communauté pas encore épinglée. Pourtant je vois tout ce qui se dit ici, et ne peux que lire combien les dysfonctionnements sont, à la racine, les mêmes que ceux que j’ai expérimentés. Et là, oui, ’colère’, vous avez raison, c’est bien dans le péché de la personne que se situe la racine. MAIS. Les structures anciennes ont avec le temps et la sagesse que celui-ci donne, instauré des outils de contre-pouvoir permettant d’éviter des dérives dues à des personnes. Aujourd’hui que voit-on ? Dans les communautés nouvelles (peut-être par inquiétude quant au manque de vocations et à l’espoir que faisait naitre tout ce qui surgissait) l’Eglise n’a pas pris suffisament en considération le fait que le péché originel existe bel et bien dans les personnes, même celles qui se déclarent parfaits serviteurs de l’Eglise. Ne pas veiller à l’existence de contre-pouvoir dans les structures, (et c’est le cas dans les communautés nouvelles) ne pas mettre de garde-fou, c’est laisser à l’homme capable d’exercer son pouvoir déréglé sur d’autres hommes en position de le faire. Ainsi oui, le péché est dans le cœur de l’homme, mais oui aussi, des structures peuvent devenir des machines à broyer, si l’homme est laissé sans garde-fou à sa nature blessée, à son désir de toute-puissance. La structure sans contre-pouvoir est un amplificateur de la toute puissance de qui que ce soit, qui, consciemment ou non, sait s’en servir.

            • Bethléem : Toujours les fondamentaux 21 mars 2015 16:40, par colère

              « c’est la parole d’adulte que vous remettez systématiquement en cause parce qu’ils ne vont pas dans le sens de vos affects. » Je comprends si c’est vrai que cela puisse scandaliser , cela serait d’ailleurs aussi scandaleux pour la parole de préadolescentes….. Mais et je le dis sans chercher à créer des polémiques car ce qui se joue là est trop grave……Il s’agit de prendre en compte, respecter de telles paroles, tout en gardant une prudence tout en prenant les précautions nécessaires pour ne pas aussi faire des victimes d’erreurs judiciaires. Je ne peux pas vous empêcher de penser que ce questionnement est seulement produit par mes affects, mon désir de ne pas voir la vérité en face. Remarquez que je n’ai jamais dit que le père PHILIPPE est innocent et qu’il est scandaleux de porter de telles accusations contre lui. Je dis seulement qu’il faut manier avec beaucoup de précautions ces témoignages , qu’il faut tenter de les confronter avec d’autres contradictoires et si possible s’enquérir sans à priori du point de vue de l’accusé. Je ne trouve pas cette démarche sur ce site. Malheureusement je pense que le débat ne pourra pas se poursuivre.

              • Bethléem : Toujours les fondamentaux 21 mars 2015 23:26, par Dominique

                Petit retour aux textes.

                1/ Par une responsable des études, sur« le Ciel » : « Au Ciel, on ne fera plus de raisonnements qui impliquent un devenir. On ne fera que des jugements. Au Ciel, le Verbe sera mon concept, c’est-à-dire que mon intelligence ne pourra plus concevoir autre chose que le Verbe de Dieu, et avec Lui, le Père. Pour m’y préparer : concevoir le Verbe en gardant la Parole. »

                Je demande @colère une explication de texte.

                2/ Ou bien, pouvez-vous m’éclairer sur ces propos d’une prieure locale sur la conscience : « Je ne dois pas avoir moi-même comme référence de ma conscience, mais informer ma conscience par des vérités objectives : la Parole de Dieu et celle de mes responsables » ?

                Ce ne sont pas des « témoignages à manier avec beaucoup de précautions », ce sont des propos authentiques de responsables à Bethléem qui demandent moins de précautions et surtout pas de débat. C’est dans cet environnement de paroles que des frères ou des sœurs ont vécu ou vivent.

                « le Verbe sera mon concept » : reconnaissons ensemble que c’est particulier comme langage pour parler du Ciel. Je n’ai pas lu ailleurs de telles phrases. Quant à la parole de mes responsables comme « vérité objective », cela défie toutes les règles de l’humain qui est sujet, fût-il responsable. Quel baptisé,fût-il évêque ou ne le fût-il pas, aurait l’aplomb de dire que sa parole est une « vérité objective » ?

                Les propos tenus à Bethléem par des responsables sont encore trop méconnus. En les croisant avec divers témoignages, il est possible de percevoir où ces propos peuvent conduire. Le manque d’incarnation dans tout cela m’interroge constamment.

                • Dominique bonjour. Je ne comprends pas bien votre question. Les textes que vous me citez ne me choquent pas outre mesure mais il est vrai que je ne comprends pas tout vraiment clairement. Le mieux ne serait il pas de demander à leurs auteurs ou ( auteures) de s’en expliquer eux ou elles mêmes ?

      • Bethléem : retour aux fondamentaux 20 mars 2015 09:36, par Xavier Léger

        J’étais sur le point de vous répondre, quand le « dominicain de service » m’a devancé, pour dire sensiblement la même chose que ce que je m’apprêtais à écrire. Je le remercie.

  • Marie 11 mars 2015 16:11

    Bonjour,

    L’Eglise est faite d’hommes et de femmes pêcheurs et pardonnées.

    Les fruits de l’Esprit-Saint sont la paix, la joie, la longanimité, ect… A mes nombreuses retraites chez les moniales de Bethléem, je suis marquée par la beauté de la liturgie, l’accueil simple et généreux des moniales, le rayonnement des soeurs et la paix du silence. Ma soeur y est très heureuse et de plus en plus mûr et épanouïe. Quand je la vois aujourd’hui, l’ayant connu avant sa rencontre personnelle avec Jésus, je sais que Dieu existe. Les moniales de Bethléem sont des prophètes pour notre temps. C’est un appel particulier. Le Seigneur donne une grâce à celles qu’il a VRAIMENT choisi. Et les prieurs d’aujourd’hui font très attention au discernement et à l’état pyscologique des soeurs.

    Je vous invite à lire la réponse en toute transparence de Frère Silouane sur les accusations qui sont faites à la communauté.

    http://www.sansdecor.com/complement-de-reponse-au-texte-diffuse-par-fabio-barbero.html

    Merci

    • Bethléem : retour aux fondamentaux 11 mars 2015 22:56, par Luciole

      A deux endroits dans l’exposé que vous citez, la personne reconnaît que Bethléem contrevient au code de droit canonique, sur le point de la durée du noviciat et sur le point du respect du for interne. Qu’on justifie ces manquements par de belles paroles n’y changent rien : l’institut y contrevient de façon habituelle alors qu’il devrait s’y tenir.

    • Bethléem : retour aux fondamentaux 12 mars 2015 10:11, par Barbara

      « Le Seigneur donne une grâce à celles qu’il a VRAIMENT choisies. Et les prieurs d’aujourd’hui font très attention au discernement et à l’état psychologique des sœurs ».

      On a été bien contentes d’avoir celles que le Seigneur n’avait pas VRAIMENT choisies pour faire les fondations, travailler jour et nuit pour construire les maisons, puis les fermer et faire les déménagements, suivre fidèlement tous les changements d’orientation et de spiritualité, tous les ordres et contr-odres, obéir en tout et subir tous les errements dans la confiance et l’obéissance. Celles que le Seigneur n’avait pas VRAIMENT choisies ont servi de « lapins de laboratoire » comme dit un autre intervenant. C’est le sol sur lequel marche votre sœur. L’en a-t-on informée ?

      Quant au discernement des prieures, je vous invite à la plus grande prudence : Je n’en connais pas qui ait une quelconque formation psychologique. S’il y en a, ce n’est pas la majorité. Par contre, qu’elles disent faire très attention, tout savoir et tout faire parfaitement, j’en suis bien certaine. A Bethléem, on a toujours parlé de cette façon, on a toujours tout su sans avoir rien appris, c’est grâce à la Sainte-Vierge. Et que votre sœur croit sincèrement ce qui lui est sans cesse dit et répété, j’en suis également certaine.

      • Bethléem : retour aux fondamentaux 12 mars 2015 11:24, par Barbara

        En complément à ce qui précède, je précise que parmi celles que le Seigneur n’avait pas VRAIMENT choisies, il y a eu des sœurs prieures qui ont su gérer des fondations difficiles et gouverner diverses maisons pendant plus de dix ans. Elles ont également assuré la direction spirituelle de leurs subordonnées pendant le même temps, conformément à ce qui s’est toujours pratiqué à Bethléem.

  • Kathleen 24 février 2015 23:32

    Bonsoir,

    Je ne retrouve plus non plus les commentaires où il avait été fait mention du pendule. Si quelqu’un a des doutes sur le fait que le pendule fait partie des pratiques d’occultisme, il faut se tourner vers le Catéchisme de l’Eglise Catholique (du n° 2110 au n° 2128). On peut trouver un résumé de ces quelques pages dans le Youcat, n° 335 et 336.

    D’autre part, si quelqu’un a des doutes qu’il y a des personnes qui entrent à Bethléem pour chercher Dieu en silence et en solitude - oui, il y en a ! Mais le problème est le même pour tous : l’oppression spirituelle. Il y a en France, plusieurs ermites issus de Bethléem qui n’ont pu y vivre à cause de cela.

  • Charlotte 21 février 2015 12:17

    Il faudrait aussi parler de nos pochettes dans lesquelles, parfois, les cahier de transparence des sœurs se retrouvent dans la pochette d’une autre sœur.

    • Bethléem : retour aux fondamentaux 21 février 2015 19:32, par Suzanne

      À l’image de la confusion qui semble régner à Bethléem : cahiers de transparence interchangeables, car personnes interchangeables ? C’est pas joli, joli !

      Et pour reprendre l’image du fœtus utilisée par Roselyne, pour désigner le niveau de régression que vous aviez atteint, cela m’a rappelé que, dans l’approche de Bethléem, il vous fallait absolument « disparaître ». La transparence, c’est l’absence de couleur. On se fond mieux dans le paysage quand on est devenu un fœtus transparent. Manque de pot, c’est totalement contraire à la croissance et à l’incarnation.

      Si un artiste devait traduire cette réalité-là de Bethléem telle que décrite, ne dessinerait-il pas un cimetière de fœtus transparents, les uns à côté des autres, tenant des cahiers transparents aussi, avec des lettres transparentes aussi, car identiques ? Enfin bref, une forme de néant gluant.

      Car, en vous lisant tous, je me dis que c’est l’ossature qui manque vraiment. Il faut du solide pour sortir de la liquéfaction : celle des identités, celle des fugues, celle des assortiments spirituels, celle des isolements, qui ne sont pas de la solitude, et qui réduisent en bouillie. La liquéfaction du temps aussi avec ces professions perpétuelles annoncées qui n’ont pas lieu et ces noviciats sans noviciat, ces confessions à vitesse accélérée, ce Ciel avant le Ciel qui réduit le temps terrestre à ce qu’il n’a pas vocation d’être, ces anges qui n’en sont pas encore. Liquéfaction aussi de l’espace avec ses limites humaines ordinaires, quand il peut devenir exigible de sortir par n’importe quel niveau de neige et de froid sans aucune précaution. Liquéfaction de la distance également, quand la prieure peut être entendue de tous les monastères et que, du jour au lendemain, une va quitter l’un pour l’autre, comme si de rien n’était. Voire quitter tout court sans annonce de son départ.

      Et liquéfaction de l’Amour qui, à force d’être déclaré absolu, a perdu les contours que nous lui connaissons, pour devenir une sorte de matrice visqueuse qui ferait même oublier

      • que nous avons des limites,
      • que le Jésus de chair et d’os qui meurt ce n’est pas exactement nous, car il l’a accepté pour nous,
      • que l’Assomption ce n’est pas exactement la Vierge « entrinitisée »,
      • que Marie, enfin, n’est définitivement pas un fœtus transparent, sans odeur ni couleur ni parole,
      • que des vierges miniaturisées, au nom d’une humilité qui, elle, peut s’entendre, alors qu’il n’y a pourtant qu’une seule Marie, cela tient dans un mouchoir de poche et qu’on peut alors les trimballer comme on veut, ce que des « manipulateurs/trices manipulés/ées » savent Tb expliquer.

      @Guy, merci, évidemment, pour votre travail. Les évêques ne sont ni mieux ni pire que d’autres. Donc si nous pouvons lire ce que nous lisons, ne le peuvent-ils pas aussi ?

      • Bethléem : retour aux fondamentaux 25 février 2015 10:00, par Karole

        Au sujet des personnes interchangeables (et de la staretzie que j’ai toujours vu être confiée à la prieure) :

        Sœur Marie disait : « A Bethléem, on commence une phrase avec une prieure et on la termine avec une autre ».

  • Pascale 1er février 2015 08:35

    Pardonnez moi de changer de sujet … mais je suis tombée sur ce truc là, et je voudrais savoir si cela a un lien avec les soeurs, si elles pourraient s’en inspirer ? « les enseignements de Marie et les soeurs de Bethléem »

    http://www.sophieguedjmetthey.com/a...

    J’ai lu, en vitesse, des extraits de channeling….. on pourrait retrouver des choses du discours de sr Isabelle….

    • Bethléem : retour aux fondamentaux 5 février 2015 13:02

      Pascale, je découvre votre post et, vraiment, je ne peux pas croire qu’il s’agisse du même Bethléem que celui dont nous parlons. Mais je peux me tromper. Peut-être Hélène saurait-elle nous éclairer ?

      • Bethléem : retour aux fondamentaux 6 février 2015 08:41, par Pascale

        En fait, je ne sais pas trop non plus bien sûr.. mais je trouve ça surprenant… je me disais que sr Isabelle pouvait donc s’en inspirer pour ces homélies ou autres enseignements… Après tout, on parle d’elles dans ce livre….les soeurs de Bethléem.. Et comme sr Isabelle a l’air de beaucoup aimé les révélations privées… extraits du channeling : « Nous vous invitons à respirer profondément en imaginant que vous inspirez la lumière et que vous expirez la lumière. Permettez à votre expir d’emporter avec lui toutes les charges, les tensions qui peuvent êtres présents. imaginez votre expir qui emportent vos tensions tout comme le vent emporte vos nuages. »..

        Mais bon, je trouve ce truc là tellement nauséabond que j’ose à peine le parcourir… Je trouvais juste cette coïncidence un peu bizarre… mais les soeurs peuvent être parfois tellement new age qu’on peut se poser la question..

      • Vous m’avez demandé de répondre, donc je mets quelques lignes. Mais d’autres pourront le faire également.

        J’ai regardé très rapidement le lien que Pascale avait mis ; déjà ça m’a suffit… Mais j’ai quand même fouillé un peu plus sur cette auteure pour avoir d’autres éléments et mieux y répondre, au cas où… Je n’ai pas trouvé grand chose, mais la seule chose que je puisse dire c’est que ça n’est pas la « spiritualité » de Bethléem. Non, vraiment pas.

        Vous savez, il passe tout un tas de personnes dans les monastères… y compris des personnes branchées New Age. Et c’est le cas de Marguerite Contesse qui est bien là-dedans… Bethléem est certes, parfois borderline en plein d’aspects, mais ce que font les personnes après, ça n’est pas quand même pas Bethléem qui en est responsable.

        Pour répondre à votre interrogation où vous dites : « je me disais que sr Isabelle pouvait donc s’en inspirer pour ces homélies ou autres enseignements », je dirais que ça n’est pas tant Bethléem qui s’inspire du bouquin de cette personne (« les enseignements de Marie et les sœurs de Bethléem »), mais bien plutôt l’inverse. D’ailleurs ce livre date de 2010…

        Idem, pour la prière du souffle : elle existe en Orient. Elle est reprise à Bethléem. Mais là encore, que l’auteure en refasse son interprétation personnelle avec des « énergies d’amour cosmiques et réminiscentes » à expirer et à inspirer, c’est une autre affaire qui n’a aucun lien avec Bethléem.

        Si j’ai témoigné de mon passage chez les Néo-Chamanes, c’était pour ce manque de discernement, voire de désobéissance, de la part de la Communauté. D’autant qu’encore une fois, le diocèse était au courant de ce lieu de thérapies alternatives. Puis, je l’ai su tout récemment, l’évêque de l’époque, connaissant les liens qui existaient entre cette femme néo-chamane et Bethléem, avait demandé très explicitement à Bethléem de cesser toutes les « thérapies ». Mais il n’en a rien été fait !

        Je profite de ces quelques lignes pour répondre aussi à Dominique sur cette question posée : contempler la beauté de la création ou non ? Pour le coup, je n’ai pas eu l’expérience d’un tel interdit. Dans le monastère où j’étais, jamais il ne nous a été demandé de fermer les rideaux pour ne pas regarder la création. Nous étions, au contraire, fortement exhortées à cultiver notre jardin.

        Je me souviens de quelques mots d’une homélie de sœur Marie qui disait en substance ceci : « une âme contemplative sait s’émerveiller de la beauté et de la gratuité de la création : ici, une petite fleur qui pousse. Là, le chant d’un oiseau dans les arbres ».

        Il est cependant possible que cela diffère d’un monastère à un autre, d’une prieure à une autre en sa compréhension de l’ascétisme… Mais, en ce qui me concerne, cela n’a pas du tout fait partie de mon expérience.

    • Marguerite Contesse 6 février 2015 13:38, par guy

      Pascale,

      Marguerite Contesse n’est pas chrétienne, sa pensée est celle du New Age, elle le dit elle-même dans la première page de son site (c’est moi qui souligne) :

      Je suis frappée d’avoir entendu tous les axes que je présente ici dans la mouvance du Nouvel Âge. Il y a 2000 ans, le Christ a apporté avec force toutes les notions branchées de maintenant ! Notre civilisation chrétienne nous en a séparé en le divinisant lui seul, le Fils unique de Dieu ! Le Nouvel Âge nous le rend comme notre frère, à nous qui sommes tous enfants de Dieu.

      On est dans l’ésotérisme à l’état pur, aussi bien par les techniques que par le contenu (On va directement d’une Prêtresse égyptienne à Jésus sans la moindre mention de tout l’Ancien Testament). Les références gnostiques sont présentes, Évangile de Thomas par exemple.

      Je vous conseille de laisser tomber, cela n’a vraiment aucun rapport avec sœur Marie ou les sœurs de Bethléem et vous avez parfaitement raison de le trouver « nauséabond ».

  • Parmi les fondamentaux non évoqués dans ce document, il y a la manière dont la confession est présentée à Bethléem.

    • Tiré d’une catéchèse d’une prieure :

    « Dans ce sacrement, je viens à Jésus médecin, juste pour entendre sa voix : Je te pardonne. Je ne cherche pas d’autre consolation de la part du prêtre comme j’en avais l’habitude avant d’entrer au monastère. Je suis libérée de ma psychologie, c’est-à-dire mon péché, par les paroles du prêtre : Je te pardonne, et c’est cela l’essentiel. Je ne cherche pas à montrer au confesseur que je souffre pour obtenir une consolation de sa part ou pour qu’il me plaigne. Je ne mêle pas le prochain à ma confession. Par exemple : j’ai murmuré contre ma prieure parce qu’elle m’a fait une correction trop sèche. Non. Je ne dois pas dire tout cela mais juste : j’ai murmuré contre ma prieure. Je dis le mal sans dire la cause de ce qui m’a poussée à ce mal, car je ne dois pas découvrir le mal des autres à mon confesseur. Je ne dois pas donner à mon confesseur des soupçons, sur les sœurs ou sur la Règle de Vie. Je reste sobre par respect pour le prêtre, je n’énumère pas mes pensées ou mes fautes contre la pureté. Par exemple, si j’ai des combats de pensées pour quitter le monastère, mais que ma volonté n’adhère pas à cette tentation, je n’ai pas à le confesser, même si je sais que ces combats vont continuer à m’assaillir car le problème n’est pas encore résolu en moi.« -* Et cette prieure ajoute, dans la même catéchèse sur »le pardon dans nos vies«  : »La mise en transparence de notre vie est indispensable pour mener un combat spirituel réaliste et authentique. Nous nous ouvrons à notre staretz, notre prieure. »

    Transparence à deux vitesses ? Il est vraisemblable que des sœurs n’ont pas pu s’ouvrir à un confesseur.

    • Est-ce que la prieure est considérée automatiquement comme « staretz » de toutes les soeurs ? Cela semble le sens du texte que vous citez.

      • Oui, absolument. Je l’ai vécu.

      • Bethléem : fondamentaux et sacrement de réconciliation 30 janvier 2015 15:31, par l’Anonyme

        Oui, bien-sûr. Automatiquement de toutes.

        Il peut y avoir d’autres soeurs qui aident dans l’accompagnement, ce qu’on appelle « les anges », qui sont subordonnées à la prieure en l’aide qu’elles donnent aux soeurs. Les « anges » sont comme un prolongement du staretz universel qu’est la prieure

      • Bethléem : fondamentaux et sacrement de réconciliation 30 janvier 2015 18:15, par Marie-Bernadette

        Tout à fait !! et quand on a un ange, l’ange en question fait tout remonter à la prieure starets.. et du temps de Sœur Marie tout ce qu’on disait à la prieure remontait à sœur Marie, y compris un comportement « pas dans les clous » au spaciement, une attitude un peu rebelle…

      • On est en pleine confusion !

        On est élue ou nommée prieure, un starets n’est pas élu ou nommé, il est reconnu comme tel ou alors on crée une fonction de starets ce qui est une contradiction dans les termes. Un starets ne peut pas être imposé, on le choisit et quand on l’a choisi c’est pour la vie. Quand la prieure change on changerait de starets ? Cela n’a aucun sens. En vocabulaire occidental c’est un peu comme si on disait que la prieure est sainte, par fonction.

        Nous avons là un merveilleux exemple de ce dont parlait le père dominicain dans son message du 9 janvier :

        « Le recours à des usages dont on ne prend que l’enveloppe extérieure, sans tenir compte de leur enracinement. La première [manière] consiste à emprunter à des traditions « extérieures », par exemple au monde byzantin (…) sans se rendre compte, ou sans vouloir se rendre compte, que ces traditions particulières reposent sur des usages centenaires, et parfois millénaires, sur une histoire propre, un environnement que l’on délaisse. Pour le dire en une phrase, on prend le fruit mais on n’en garde que l’enveloppe, et le vrai suc échappe. A une époque où je les fréquentais assidûment, mes amis orthodoxes n’ont cessé de s’en affliger, pour nous catholiques plus que pour eux. »

        C’est exactement ce qui se produit. On prend le mot staretz avec toute son aura mais la réalité est complètement déformée. Il suffirait de demander à nos frères orthodoxes ce qu’ils en pensent, je suis pratiquement sûr de leur réponse.

        • Bethléem : fondamentaux et sacrement de réconciliation 1er février 2015 14:43, par l’Anonyme

          @Guy

          Merci de votre réel intérêt. Des soeurs dans les monastères attendent de l’aide car elles ne peuvent rien faire d’elles mêmes. Vos remarques et questions m’ont interpellé et vos sages suggestions aussi. Alors je me propose de vous partager ce qu’il me semble qui pourrait aider. Il faut avoir bien présent que la situation est très complexe et qu’il faudrait l’aborder sur plusieurs angles.

          Mes paroles veulent être un peu d’aide.

          Je commence par la conclusion à laquelle je suis arrivée et qui pourrait être une des solutions du problème. Il me semble que Bethléem n’a pas de force charismatique pour être un institut de vie contemplative de droit pontifical. Il me semble qu’elle n’a de charisme que pour être une Famille Monastique de droit diocesain et ceci sur certaines conditions.

          Il me semble que dans la recherche de bâtir une nouvelle fondation dans l’Eglise on s’est dispersé en des domaines dont on n’a pas la grâce, le charisme, pour cela. On a aussi voulu être trop indépendants et dans le souci de chercher ce trop d’indépendance on a cru être plus que ce qu’on est. D’où tous les problèmes qui sortent au grand jour en ce moment.

          Il me semble, malgré tout ce que j’y ai vécu, qu’il y a un charisme de Bethléem mais qu’il n’est pas tout ce que Bethléem est aujourd’hui. Un charisme beaucoup plus simple, modeste et autentique. Il faut aller le retrouver à Chamvres et demeurer à Chamvres. Il faut le chercher dans les commentaires si lumineux et simples que soeur Marie faisait de l’Évangile. Il faut le chercher là où la vie était simple sans trop de normes et qu’il y avait de la liberté et de vraie amitié entre les soeurs tout en ayant une vie de silence. Et c’était spontané, et c’était simple, et c’était beau. En cours de route on s’est chargé de trucs beaux bien sûr mais qu’on n’a pas la grâce pour les vivre et il faudrait y renoncer et s’établir dans ce qui est propre du charisme et auquel tant de filles se sentent identifiées. D’autres élements que sont apparus et accueillis dans la formation de la nouvelle fondation et qui peuvent être légitimes ne sont pas passés par le crisol d’un discernement convenable. L’incapacité à discerner ce qui était à prendre et ce qui était à lâcher a mené à la situation actuelle où, à nouveau, il faut lâcher certaines choses et on voit combien les supérieurs de Bethléem n’arrivent même pas à le voir.

          Être sorti du cadre de simplicité d’où Bethléem est né est s’être donné l’air de grand ordre dans l’Église a été un piège.

          Le Concile Vatican II a été un tournant que soeur Marie n’a pas pu bien vivre, comme tant d’autres, et désormais elle se méfient de l’Église et cela jusqu’à sa mort. Ses rapports avec la hierarchie vont être désormais marqués par manque de confiance et transparence. Elle se voit dans le droit et, peut-être, le devoir de sauver dans l’Église ce qu’elle croit être la vrai vie monastique.

          La fascination envers le monachisme d’Orient et l’essai de leur ressembler a apporté la Prière de Jésus ou l’Oraison du cœur mais sans profondeur, sans sérieux, sans souci de la rendre efficace. Parce qu’avec la Prière du Cœur il fallait avoir des maîtres de prière pour l’apprendre aux autres et il n’y avait pas car les soeurs qui sont allées là-bas étaient occupées déjà à être des prieures. Alors on a reçu une théorie qui ne donne pas des fruits même si on dit la Prière de Jésus toute la journée, parce qu’il lui manque un contexte humain libre afin qu’elle s’enracine. En orient on a découvert aussi le « Staretz » et on a vu là une chose intéressante : il était possible à la fois de dépendre moins des prêtres puisqu’il ne fallait pas être un prêtre pour être staretz et avoir plus de domination sur les soeurs, les controler. Car avec les remous du Concile il n’y eu pas mal de départs de Bethléem, parce que soeur Marie a refusé à s’adapter.

          Avec le monastère de Currière en Chartreuse et le devoir de s’attacher à un Ordre de l’Église il deviant très fascinant d’adopter la sagesse de vie de Saint Bruno, avoir cet ordre si vénéré dans l’Église comme référence à présenter devant la Hierarchie tout en gardant l’accueil qui venait déjà des temps de Mery-sur-Oise. On a découvert la Maison haute et la Maison basse, les cloitres, le bienheureux habit, les soeurs professes et données, soeurs de solitude et de la maison et un tas de règles et normes difficiles à concilier avec un accueil intense et continuel et les traditions monastiques de l’Orient. Sans parler d’une architecture trop formel et coûteuse. Mais il le faut car il y a une réconnaissance de droit diocésan à obtenir et il faut se montrer à la hauteur. Pour s’aider à cela le Saint Sacrement commence à être adoré en solitude pour aider les soeurs à y demeurer car elles ne sont pas des chartreux.

          Avec la réconnaissance de droit diocesan dont les Constitutions n’ont jamais été reconnues, il me semble, et quelques nouvelles fondations à l’étranger, avec l’inconvéniant d’être obligé de rendre compte à l’evêque de toutes les démarches, on apprend que les instituts de droit pontifical sont isents. Et c’est le prochain défis : Être reconnu de droit pontifical. D’abord fonder plus à l’étranger. Puis tout un travail de ressembler les divers aspects leur donner un air de solidité et demeurer ce qu’on est. Devant les consignes de Rome pour un institut de vie contemplative de clôture papal soeur Marie, n’arrivant pas à renoncer à certains aspects qu’elle tient à cœur, n’arrive pas non plus à s’incliner du fond du cœur. Elle se met à l’œuvre dans la rédaction des Constitutions en y mettant tout, c’est-à-dire : ce qu’elle croît être le vrai charisme et en même temps les normes que Rome impose. L’un y l’autre y sont, même si parfois l’un annule l’autre. Il s’agit d’un texte ambigu, du moins celui que j’ai connu. L’ambiguité présente dans les Constitutions qui semblent ne pas avoir été approuvées définitivement jusqu’à présent sont le miroir de l’ambiguité dont on vit à Bethléem. Soeur Marie a désiré être théologienne mais elle ne l’était pas. Les Constitutions étaient pour elle son doctorat en théologie comme elle même l’a dit. Elle ne s’est pas rendu compte qu’elle n’a jamais vécu ce qu’elle écrivait, ce qu’elle appelait « le project de la Vierge » et que cela n’était pas vivable

          Soeur Marie a trop cru en ses intuitions ne se rendant pas compte non plus que certains aspects ne s’incarnaient pas dans la vie, obligeant les soeurs, je parle des soeurs prieures, à prendre des détours pour s’en sortir, comme le mensonge, l’omission. Mais on ne s’en sort pas ainsi. Le but final de soeur Marie était que Bethléem soit reconnu par l’Église et que Marie y soit reconnue comme Fondatrice. Ceci non pas pour rendre à la Saint Mère de Dieu la première place mais parce que son travail serait reconnu comme venant de Marie elle même, ce qu’elle croyait vraiment .

          Soeur Marie part au Ciel. Soeur Isabelle prend le relais. En effet elle ne l’a pas prit complètement car elle n’est pas arrivée à lâcher, elle n’ont plus, son monastère de Bet Gemal, trouvant des raisons et les faisant accepter que serait mieux pour Bethléem si elle y restait. Un nouveau chapitre s’ouvre : Israel, Bet Gemal, et soeur Isabelle prenne de plus en plus importance même s’il n’y a pas de résultats concrets dans la vie des communautés. Ce n’est pas un chant en hébreux, une croix copte sur l’autel ou la connaissance des coutûmes juives qui renouvelle les communautés.

          Alors la solution pour soeur Isabelle c’est de faire appliquer ses idées à elle, qu’elle croit être nécéssaires et venir de la Vierge, pour améillorer la vie, car les soeurs se plaignent beaucoup. Et on invente des dizaines de coutûmes allant jusqu’au détail maladif que jusque là personne n’avait pas connu. Alors la coutûme inventée devient règle et on ne s’en sort plus. Le carcan sur les soeurs augmente. On a inventé tous ces coutûmes s’inspirant en ceux de Chanvres mais on a oublié que Chanvres n’était que cela : des soeurs qui priaient et qui avait quelques coutûmes pour gérir leur simple vie.

          Probablement je suis dans la nostalgie d’une vie que je n’ai connu que par ouï-dire mais j’ai bien l’impression qu’on s’est dévié de l’essentiel en cours de route car tous les mensonges et la situation que Bethléem est en train d’affronter ne sont que les conséquences des erreurs commits par leurs responsables.

          Il faudra venir à la simplicité que tous aspirent. Soeur Isabelle devrait avoir le courage, et frère Silouane aussi, de reconnaître que Bethléem doit rebrousser chemin et être pauvre, très pauvre. Être vrai.

          La situation dans laquelle Bethléem se retrouve aujourd’hui révèle plusieurs choses dont la première c’est qu’elle ne sait pas se gèrer toute seule. On ne peut pas lui faire confiance. Le Saint Siège n’a pas des raisons sûres et atéstées que Bethléem puisse marcher tout seul. Alors peut-être que la première mesure à prendre serait le remettre dans les mains des evêques et redevenir un institut de droit diocesain. On n’aurait pas besoin d’une visite apostolique puisque les evêques des diocèses où il y a une communauté se chargeraient de mettre les choses au point.

          Ce mettre au point pourrait être s’approcher des communautés des soeurs avec attention parce que les soeurs s’identifient à la prieure, elles croient que tout se fait comme l’Église le veut. Il faudrait qu’elles sentent d’abord l’appui et la présence de l’Église près d’elles pour après se confier à la hierarchie. Et cela on ne peut pas l’éviter. Bethléem doit passer de l’autosufisance à l’obéissance. Il doit e soumettre au magistère avec clarté. Si en chaque monastère l’evêque envoyait des personnes qui expliquent ce qu’est for interne et externe, conféssion et direction spirituel, autorité et liberté, constitutions et obéissance,etc, les soeurs recevraient d’abord la connaissance de ce que Dieu veut et comme Il le veut. Elles se rendraient compte qu’elles ont été mal conduites et seraient plus receptives à un changement.

          (Vous n’êtes pas sûr si l’élection des soeurs prieures que vient d’être faite est valable. Je ne le crois pas non plus. Au delà du fait que probablement on n’a pas eu beaucoup de temps à réfléchir à l’affaire car cela a été fait du jour au lundemain selon ce qu’il a été dit, il faut aussi penser au statut qu’une soeur prieure a dans un monastère et qui la sépare en beaucoup de la communauté. La plupart des monastères ont des soeurs prieures anciennes en leur fonction, pleines de savoir faire, pleine de connaissances, de rélations, d’expériences diverses qui donnent un sentiment de sécurité à la communauté. Au moment des eléctions les soeurs n’ont pas trouvé beaucoup d’autres soeurs qui puissent inspirer le sentiment de confiance que l’actuelle soeur prieure leur donne. Ce n’est pas facile imaginer ma soeur encore jeune et sans expérience être mon Staretz. C’est cela le but aussi. Cela permet toujours à la soeur supérieure générale de préparer qui elle veut à gouverner tel monastère.)

          Après, leur apprendre à confier dans l’Esprit Saint et en elles mêmes, élir une nouvelle prieure. Comme la prieure ne sera plus le staretz car les prêtres du diocèse s’en chargerait de la direction spirituelle il ne sera pas difficle de trouver des nouvelles prieures parmi les soeurs, il y en a tellement intelligentes et aimantes.

          Et puis continuer la nouvelle naissance en garatissant des études sérieuses, des horaires et des travaux avec du bon sens et la vie se mettrait sur les bons rails.

          Pour les Constitutions élaborer des nouvelles, simples, courtes mais d’abord vivre avec le moins de préceptes possible et s’inspirer plutôt de l’Amour, puis les écrire.

          Pour le rapport entre les frères et les soeurs il faut accepter prendre le risque, comme l’a fait Therèse d’Avila, et laisser les frères faire leur chemin à eux. Ils faut les laisser libres pour être des hommes. Je crains que la supérieure général actuelle ayant un tempérament un peu absorvant, controlateur et tentaculaire il se peut qu’elle ne permette pas aux frères d’être eux-mêmes. Cela ne rendra pas Bethléem plus pauvre, non, cela le rendra encore plus riche.

          Élir bien-sûr des nouveaux prieurs géneraux pour les soeurs et pour les frères. Des prieurs sous la houlette. Une peine quelconque pour les anciens prieurs ne seraient pas en trop. N’oubliant pas ses assistants.

          Et laisser libre l’Esprit et les soeurs. Laisser la vie passer, l’amour se manifester, l’amitié se révéler. Car les soeurs désirent beaucoup être libres d’aimer.

          Simplifier la Liturgie.

          On ne peut vouloir qu’un système monté pendant des décènies s’arrange d’un coup. Ça va demander beaucoup de travail. Surtout ne pas penser qu’on peut confier aux paroles des prieures actuelles. Elles ont des vices fort et bien encrés. Si on pense aux personnes jeunes et moins jeunes qui sont dans les monastères, qui ont mit leur confiance en l’Église et qui sont dans le désarroi on fera tout le nécéssaire pour les renvoyer à la vie et une vie en abondance.

          l’Anonyme

          • Merci mille fois pour votre message, l’Anonyme, vous m’avez parfaitement compris. Depuis que j’interviens sur ce site, je cherche à comprendre, mais cette phase se termine, j’ai l’impression d’avoir saisi l’essentiel du problème. Maintenant la phase suivante est de se demander ce qui peut être fait. Autrement dit, comment redresser Bethléem. Ce n’est pas nous qui le ferons, mais si chacun fait ce qu’il peut là où il est, le Seigneur nous aidera. Plus précisément : les évêques ou Rome, que voulez vous, c’est difficile pour eux et ils ne savent trop comment faire. Là où je pense que nous pouvons les aider c’est en offrant des suggestions concrètes et réalistes sur ce qui pourrait/devrait être fait et comment. Et là votre message, c’est de l’or d’un bout à l’autre. Tout comme le petit message de Fabio où il faisait trois suggestions concrètes, j’y reviendrai. Pour l’instant je dois réfléchir et prier sur tout ce que vous dites. Merci encore.

          • Bethléem : fondamentaux et sacrement de réconciliation 1er février 2015 20:46, par Luciole

            L’ennui, L’Anonyme, c’est que, quand on lit votre témoignage, et d’autres encore, on est en droit de se demander si ce charisme de départ a bel et bien existé.

            On a plutôt l’impression d’un mouvement qui a suivi les « inspirations » pour ne pas dire les caprices d’une forte personnalité qui a utilisé les personnes qui la suivaient, comme des lapins de laboratoire.

            Normalement, le charisme d’un institut est présent à sa fondation ; même si certaines modalités sont appelées à évoluer, l’axe central demeure. François d’Assise veut la pauvreté, Dominique de Guzman veut prêcher, Thérèse d’Avila veut un petit groupe et un esprit érémétique, etc. Dans le cas des soeurs de Bethléem, le charisme de l’institut présent à la fondation, je serais bien en peine de le décrire après avoir lu tous ces témoignages.

            La défiance que vous décrivez vis-à-vis des institutions ecclésiales est telle qu’elle semble avoir vicié l’édifice dès son point de départ. Qu’un fondateur puisse, une fois ou l’autre, contourner certaines lois trop rigides, cela peut arriver, mais là, vous décrivez un mode de fonctionnement. Rien de sain ne peut se bâtir dans ces conditions : mensonges, omissions, faux-semblants, double langage …

            Comme l’a très bien expliqué le Dominicain de service et comme vous le soulignez, on est allé, au fil du temps, picorer çà et là des éléments d’autres spiritualités pour justifier certaines pratiques, sans se mettre à l’écoute, sans s’ancrer dans ces spiritualités, sans vouloir en prendre la sagesse et la discrétion. Où est le charisme propre dans tout ça ? Les atermoiements du début devraient être derrière le dos depuis longtemps. Or on a l’impression que l’institut tout entier est à la merci d’une nouvelle « inspiration » de la prieure générale.

            Je ne pense pas qu’il soit possible de passer de l’état d’institut pontifical à celui d’institut diocésain. D’autre part, une visite apostolique, quand elle est bien menée, peut résoudre pas mal de problèmes. Par exemple en mettant un institut sous la surveillance, si pas la tutelle de religieux expérimentés.

            • « Normalement, le charisme d’un institut est présent à sa fondation ; même si certaines modalités sont appelées à évoluer, l’axe central demeure. François d’Assise veut la pauvreté, Dominique de Guzman veut prêcher, Thérèse d’Avila veut un petit groupe et un esprit érémétique, etc. » …

              A Bethléem, c’est la Sainte Vierge qui a un grand projet. Ce projet est son secret, il est appelé à se dévoiler et se développer progressivement.

              • Ça, ce n’est pas un charisme pour un institut. A la limite, ça relève de la révélation privée.

              • Bethléem : fondamentaux et « charisme » ? 3 février 2015 10:18, par Dominique

                Dans une homélie : « Je ne peux plus m’appuyer sur moi car on m’a enlevé tous mes appuis, alors j’ai dû m’appuyer sur Dieu. Et le Seigneur va faire des merveilles. »

                Que le Seigneur fasse des merveilles : entendu. Qui le contesterait ? En revanche, retenons l’expression préoccupante : « on m’a enlevé tous mes appuis. » Est-ce nécessaire de procéder ainsi en coupant délibérément la personne de ses « appuis » ?

                Puis vient le commentaire suivant : « Toutes mes mœurs sont celles du Royaume, celles du Ciel. Par exemple, le chapitre, la synaxe, c’est totalement la vie du Ciel. Les repas au réfectoire sont ressemblants à ceux du paradis. »

                En croisant ces propos avec le témoignage d’une anonyme qui a pensé se pendre dans le réfectoire, il semble évident qu’il est dangereux d’ « enlever à une personne tous ses appuis », sans garde-fou.

                Lorsque, sur un autre site, Francis Kohn témoigne des bienfaits de ses retraites à Bethléem pour lui et pour son action, -et pourquoi pas ?-, a-t-il conscience qu’il encourage en même temps un système qui s’auto-proclame comme paradisiaque ? A-t-il conscience qu’il répond à une demande qui lui a été faite à cause de ce que représente la communauté de l’Emmanuel dans le paysage catholique ? Et s’il témoigne de lui-même, réalise-t-il à quel point il n’entend pas le cri de victimes de ce paradis auto-proclamé ?

                • Bethléem : fondamentaux et « charisme » ? 3 février 2015 12:18, par josy

                  On se met dans une situation impossible et le Seigneur va faire des merveilles : Pas sûr …

                  « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas car il est écrit : Les anges te porteront sur leurs mains … »

                  • Bethléem : fondamentaux et « charisme » ? 3 février 2015 15:18, par Dominique

                    En effet, ce n’est pas sûr.

                    Je signale les problèmes avec autant de mesure que possible, pour répondre à la démesure qui est visible à l’œil nu.

                    Parfois, c’est le vocabulaire employé qui indique cette démesure. Par exemple, que signifie « se centrer sur l’ultimité de l’obéissance » (autre citation de catéchèse) ?

                    L’emploi de substantifs rares dans un contexte qui ne le justifie pas (on peut parler de « l’ultimité de la mort », par ex) et également la création de mots renforcent l’impression qu’il est fait feu de tout bois, ce qui nécessite un effort de traduction pour le commun des mortels, dont les sœurs font aussi partie.

                    Soit le langage est un moyen de faciliter la communication entre humains, soit c’est un moyen de se mettre à part ou de se distinguer, ce qui revient au même. Langue de bois d’une certaine langue de buis qui renforce le sentiment d’appartenance à un groupe, comme il a déjà été relevé par exemple qu’une accompagnatrice spirituelle s’appellait un « ange » ? Ceci n’est pas réservé à Bethléem.

                    Faisons donc @guy une autre suggestion :

                    • que la Règle de Vie, qui ne doit pas sortir des monastères de Bethléem, soit accessible au public. Au moins, pour les personnes souhaitant y entrer, avoir accès à cette Règle de Vie, avant leur entrée, leur permettrait de se familiariser avec un vocabulaire et donc un mode de vie et de relation à l’autre. La Règle des Chartreux est accessible, pourquoi celle de Bethléem ne le serait-elle pas ?
                  • Bethléem : fondamentaux et « charisme » ? 3 février 2015 21:47, par Luciole

                    Les règles (des ordres religieux) sont toujours accessibles au public. Mais les constitutions ne circulent généralement pas en dehors des ordres et congrégations religieuses.

                    Vous trouverez facilement la règles de saint Benoît, de saint Augustin, etc. en ligne ou dans le commerce. Mais il n’en va pas de mêmes des constitutions.

                    Je ne connais pas d’ordre ou de congrégation qui laisse lire ses constitutions à des personnes extérieures à leur institut.

                      • Bethléem : fondamentaux et « charisme » ? 4 février 2015 12:45, par Dominique

                        Pour citer un autre exemple,

                        Pour les Augustins de l’Assomption, la règle de vie est accessible : http://www.assomption.org/fr/spiritualite/notre-regle-de-vie/nos-regles-de-vie

                        La question était : pourquoi celle de Bethléem n’est-elle pas accessible ?

                        Et la suggestion : qu’elle soit accessible.

                      • Bethléem : fondamentaux et « charisme » ? 4 février 2015 13:00, par guy

                        Le texte français n’est pas intégral, mais la mise en place du texte complet est prévue pour bientôt. Le texte allemand est déjà complet.

                        • Bethléem : fondamentaux et « charisme » ? 5 février 2015 07:43, par Luciole

                          J’ai cherché sur la toile, mais en vain, les constitutions générales des clarisses, des visitandines et des carmélites. Je n’ai pas trouvé non plus la règle des annonciades. Par contre, j’ai trouvé celles des cisterciens de la stricte observance.

                          Les ordres masculins seraient-ils plus enclin à l’ouverture ?

                          • Bethléem : fondamentaux et « charisme » ? 5 février 2015 20:46, par Dominique

                            Sans doute. Surtout quand elles croient détenir des secrets.

                            Sur la page Bethléem de Wikipédia, le nom de la fondatrice ne figure pas, ou plus. J’espère que ce n’est pas pour faire croire que la fondation de Bethléem est surnaturelle et ne passe pas par le prisme de personnes humaines, en chair, en os, avec une parole, une action, une prière spécifiques. Pour répondre au « projet de la Vierge », il faut bien des personnes humaines. Et pour une communauté, un fondateur ou une fondatrice.

                            J’ai l’humeur taquine, ce soir. Veuillez m’en excuser.

                            Comme un des maîtres mots de Bethléem est « désinstaller », j’ai fait l’analogie avec d’autres qui ont pour maître-mot « déconstruire ». Et cela m’a fait éclater de rire de constater ainsi que, de fait, des extrêmes pouvaient se ressembler terriblement. D’où l’humeur taquine. Cette analogie serait à exploiter.

                            Exemple : en ouvrant la page du site officiel de Bethléem, à gauche, 1er onglet, des éléments sur toutes les religions ou spiritualités, présentées sur le même plan, ce qui peut gêner, et rien sur le christianisme. Pas une ligne. C’est désinstallant pour une communauté religieuse catholique. Il en est question dans d’autres onglets, mais je me demande ce qui justifie cette page-là. Je ne sais pas si c’est à l’image de l’entonnoir : prêt à absorber tout ce qu’il a sous la main pour faire son jus. Vous avez peut-être une autre réponse…

                            Plus j’y songe, à force, plus il m’apparaît que l’invitation de Bethléem à « disparaître » relève de la déconstruction de l’incarnation. C’est une ancienne de Bethléem qui m’a mis sur la piste, sans le savoir, en me racontant une anecdote. Je lui disais que, là où elle se trouvait à l’époque, le paysage devait être absolument magnifique. Et sa réponse fut :« on devait tirer nos rideaux en cellule pour ne pas le contempler ». Et elle a ajouté, d’une voix plus sourde : « une sœur vérifiait si nous avions obéi. » Sur le moment, j’ai entendu. Ensuite, j’ai fait le lien avec de belles photos sur le site officiel de Bethléem. Entre ce qui est montré et ce qui est demandé ou imposé, y avait-il donc un abîme ? Surtout, pour une communauté contemplative, je n’ai pas compris qu’en certains monastères, car je ne parviens pas à croire que cela puisse être vrai dans tous, même contempler la Création de son regard pouvait être considéré comme peccamineux pour une sœur. Ôtez-moi d’un doute, svp. Ou confirmez-moi ce que j’ai entendu une fois de la part d’une personne crédible.

                            • Dans le monastère où je me trouvais, les rencontres fraternelles des jours de fête se faisaient souvent à dix heures du matin. On fermait les fenêtres et on allumait des bougies pour éclairer l’obscurité. Dehors, le soleil brillait et il faisait très beau. Je m’en souviens à cause de l’absurdité de la situation. Je n’ai rien dit parce que je sentais bien, de manière intuitive, que cela touchait à quelque chose d’assez structurel pour la communauté.

                              Par ailleurs, au monastère, c’est le mystère de Dieu que l’on contemple et, oui, je crois qu’il y a un moment où, pour ce faire, on fermera les yeux sur les beautés de la création. Mais cela se fera librement, c’est très personnel en réalité.

                              Je crois aussi que nous ne fermerons définitivement les yeux qu’au jour de notre mort. Et c’est cela qui ne va pas : Cet esprit de système qui aboutit à un refus de la vie, dans ce qu’elle a de libre et d’imprévisible. On veut être déjà dans l’éternité en ce monde, et de force pour toutes les soeurs, et au même pas pour toutes. Si l’on regarde bien au fond des choses, je crois que c’est une désobéissance.

                              D’un point de vue peut-être plus psychologique, on pourra percevoir, là encore, le désir de tout maîtriser. Je pense qu’au départ, il y a eu un trait de caractère de Soeur Marie. C’était une grande inquiète. Or, la vie est toujours un risque …

                              • Bethléem : fondamentaux et « charisme » ? 6 février 2015 13:34, par Dominique

                                Merci +++.

                                Cette phrase de Paul Ricœur, que je viens de lire sur le site de l’Inavem, fédération nationale d’aide aux victimes, http://www.inavem.org/ (j’ignore la qualité de cette Fédération), traduit l’importance +++ qui mérite d’être donnée à tous vos récits :

                                « Derrière la clameur de la victime, se trouve une souffrance qui crie moins vengeance que récit. »

            • Bethléem : fondamentaux et sacrement de réconciliation 4 février 2015 21:14, par L’Anonyme

              Ce commentaire a subi quelques légères modérations.

              @Luciole

              J’aimerais vous dire que les propositions que j’ai fait c’était de simples idées venues de la réfléxion. Cela ne veut pas dire que ce soit certain. Moi-même je me pose la même question que vous : Est-ce qu’il y a là un vrai charisme ?

              En constatant qu’il y a des choses bonnes et belles aujourd’hui encore à Bethléem ; je pense à la fidélité à célébrer les offices au chœur, à l’artisanat qui touche les cœurs, à l’accueil aimant, je dois me forcer à donner une possibilité de récupération d’un charisme s’il est là. Car s’il est là il vient de Dieu.

              Tout comme vous je crois que seule une visite apostolique sera satisfaisante pour tous mais, comme il a été dit, c’est un gros coup. Ce grand coup m’a fait penser à la débilité dans laquelle ce trouvent tant de petites soeurs dans les monastères et auxquelles un grand coup n’aidera pas à trouver la paix. Une visite apostolique leur apparaîtra comme « l’assault à Porte de Vincennes ». Elles n’ont aucune idée qu’on parle d’elles depuis des mois. Elles vivent dans un monde artificiellement bâtit, elles ne vivent pas dans la réalité comme nous ne vivions pas non plus.

              En pensant à elles il m’est venu au cœur cela : qu’est-ce le mieux pour les aider ? Et de là est venue l’idée d’une approche plus douce, plus personalisée. Des visages déjà connus serait peut-être plus fructueux que des hautes individualités venues de Rome. On pourrait le voir comme « La préparation de la visite apostolique ». Nous savons, nous qui y avons vécu, que nous pouvions réagir bien différament de ce que nous pensions ou de ce que nous voulions en n’importe quelle situation n’ayant plus de maitrise sur nous mêmes. Nous n’arrivions plus à savoir par nous mêmes ce qui éatit bien et ce qui était mal car la soeur prieure était capable de faire un mal paraître un bien et un bien un mal et que nous ne savions plus ce qui était l’un ou l’autre.

              Il peut bien arriver que les soeurs, encore dans leur brouillard intérieur mentent aux visiteurs alors qu’em même temps elles veulent sortir d’où elles sont. L’enjeu se trouve là.

              L’approche par l’evêque aidé de personnes sérieuses, je pense à des psycologues, pas des « XXXXXX »(modéré) ou des « XXXXXX »(modéré) qui sont déjà bien trempées par le système mais des profissionaux garants du sigile profissionel, des théologiens, des canonistes, des confesseurs. Personnes qui aident à ouvrir les yeux à la vérité de Dieu et de l’Église. Les soeurs ont besoin d’être aidées à se retrouver elles-mêmes, à retrouver son intériorité libre et ce n’est pas les visiteurs qui vont faire cela.

              Il y a le problème des evêques car certains n’ont plus de recul. Ils baisent le sol que les prieures foulent aux pieds. Il se peut qu’ils y aillent désireux de rien voir par peur de se rendre compte du grand erreur qu’ils ont commit. À ceux-là quelques paroles du nonce apostolique pourraient aider à bien se placer.

              Nous avons demandé et continuons à demander de l’aide à l’Église mais peut-être que cette aide ne viendra pas ni des personnes que nous attendons ni de la façon qui nous semble la meilleure. Guy a été le premier à donner un petit signe sérieux. Pourquoi ne pas l’accepter ?

              Qui mieux que nous, qui y avons vécu et qui connaissons les rouages intérieurs, peut proposer des solutions valables ? Qui, mieux que les banquiers, peut voler le coffre-fort ?

              Quand nous étions au monastère à souffrir comme des condamnées quelle aide nous attendions ? Qu’est-ce que nous aurait été aidé à trouver un peu de paix pour donner des pas en confiance ? C’est peut-être cela qu’il faut faire pour elles.

              • Quand je lis une homélie de l’actuelle prieure générale lors d’un Carême qui demande aux sœurs d’ « inverser leur identité », il y a tout lieu de penser qu’on est dans quelque chose de déviant. Cette expression est dans le titre de l’homélie, et développée ensuite.

                Jésus est venu accomplir et non pas abolir, et pour le peu que je sache, il avait une identité juive et une culture juive qu’il n’a pas reniée et encore moins « inversée ».

                Il y a négation de la trajectoire humaine, du chemin spirituel, avec ses hauts et ses bas, pour gravir la montagne. En l’inscrivant dans une histoire donnée.

                J’ai lu les propositions de Guy. A-t-il en mains tous ces documents qui donnent à penser qu’il y a dans Bethléem quelque chose qui ne colle pas du tout sur le plan de la spiritualité ?

                Ce qui me surprend est aussi que sr Isabelle parle du Fils, « Lignage de la Femme », dans la même homélie sur l’ « inversion de l’identité ». Étrange vocabulaire, tout de même !

                Je pose donc à sr Isabelle cette question. Lorsqu’elle écrit avoir commis des erreurs, peut-elle enfin préciser ? Car il faudrait qu’au lieu de se justifier, qu’au lieu de s’en prendre à ceux qui témoignent, elle explique quelles erreurs précises elle a conscience d’avoir commises.

                La crédibilité est meilleure quand on explique ses erreurs, à partir de ce qu’on sait parfaitement avoir fait ou dit. Et qui a été vu ou entendu par bon nombre, dont certaines sont, de fait, réduites au silence.

                Ce qui me paraît le plus préoccupant avec Bethléem, au risque de surprendre, c’est le vocabulaire employé. Il traduit, presque plus que tout le reste, ce que je perçois comme une déviation du message chrétien.

                Les langues ont encore à se délier. Cela prend du temps. Et cela vaut la peine de les y aider pour les générations futures.

                • Dominique, vous demandez si j’ai en mains les documents que vous citez. La réponse est non. Plusieurs fois je me suis dit qu’il faudrait que je vous demande où on peut les trouver et je ne l’ai pas fait parce que j’ai très peur de n’avoir pas le courage de les lire. D’après ce que vous citez, je me dis que je ne tiendrai pas dix minutes… Amoureux comme je suis de la simplicité, vous imaginez si ça m’enthousiasme de lire des perles comme celles que vous citez : « il faut lâcher nos fausses idées de l’Immaculée Conception et ne plus séparer l’agnélité de l’immaculéité. » Comprenne qui pourra… Mais sans doute votre remarque est-elle l’occasion pour que je formule finalement la demande : Ces textes que vous citez, où est-il possible de les trouver ?

                  Je reconnais qu’actuellement la spiritualité de Bethléem est encore pour moi une énigme. Mais doit-on parler de spiritualité de Bethléem ou de spiritualité de quelques personnes qui marquent tout Bethléem ? N’y a-t-il pas contradiction à vouloir appartenir à une tradition monastique et à vouloir en même temps une spiritualité aussi typée ? Il n’y a pas une spiritualité bénédictine, ou une spiritualité cistercienne, ou une spiritualité cartusienne. Bien sûr il y a une note propre à chaque Ordre, mais chaque moine ou moniale est libre de puiser chez les auteurs spirituels qui lui conviennent, l’histoire de l’Église nous offre une moisson suffisamment large et les lectionnaires des chartreux s’en font largement l’écho, en particulier ceux du deuxième nocturne (http://www.chartreux.org/fr/textes/textes-liturgiques.php). Ce qui est commun à tous, c’est la Lectio Divina.

          • Bethléem : fondamentaux et sacrement de réconciliation 2 février 2015 09:15, par Claudine

            Merci l’Anonyme pour votre message qui respire la paix par une recherche de solutions et qui est juste à bien des égards.

            Merci aussi à vous, Guy, d’avoir pris, en effet, sérieusement, ce « dossier ».

            L’Anonyme, je ne peux que vous rejoindre dans la description que vous faites de Chamvres. Je n’ai pas connu cette période des débuts. Mais les quelques sœurs encore vivantes de cette époque-là sont les témoins authentiques de quelque chose qui était vraiment de Dieu : une petite « barque » de sœurs consacrées, données dans la joie de l’Évangile, dans l’accueil du pauvre, dans une vie de prière et de recueillement, pauvre, simple, vraie, silencieuse, authentique.

            A cette époque de Chamvres, Bethléem était constitué de religieuses dominicaines, qui vivaient une vie fraternelle joyeuse, qui étaient bien impliquées dans le service du prochain également ; dans les premiers villages ou villes ouvrières où elles se trouvaient. Elles étaient pauvres parmi les pauvres. Elles étaient authentiquement pauvres. Bethléem était « petit » (non en nombre, mais en esprit).

            D’ailleurs, Bethléem ne s’appelait pas encore ainsi. Et puis, Bethléem n’était ni « monastique », ni « chartreux », ni « oriental »…

            Comment va-t-il être possible de redresser Bethléem vers cette grâce du début (c’est là qu’est le cœur, en effet, et c’est là qu’il faudrait pouvoir revenir) sachant qu’il n’a pas perduré plus d’une petite dizaine d’années et qu’il s’est évaporé en 55 ans ?

            • Bethléem : fondamentaux et apologie de la souffrance 2 février 2015 12:04, par Dominique

              Ce qui s’est passé au tout début n’a pas perduré. Il faut entendre aussi que l’apologie de la souffrance par sr Marie se fait selon un mode particulier.

              Dit par sr Marie et donné en polycopié aux sœurs (c’était après la période Chamvres), je reprends tel quel son propos :

              • L’homme n’est plus innocent, c’est-à-dire qu’il n’est plus capable de se laisser consumer par l’amour qu’il reçoit de sa source en tous les actes de sa vie. Alors Dieu se fait bijoutier. Il prévoit de sculpter par la souffrance le cœur endurci de l’homme. Car la souffrance met le cœur dur de l’homme en vulnérabilité, elle le cisèle en des profondeurs de perceptions et de consentements libres, qui risqueraient, sans cette purification, de ne pas s’accomplir, de demeurer blindés, définitivement invulnérables et ignifugés à l’amour.

              « Dieu bijoutier prévoit de sculpter par la souffrance »…« des vierges en miniature », ai-je alors songé après toutes mes lectures.

              Attention à ne pas minimiser la portée de divers enseignements de la fondatrice. D’une part, le cœur dur de l’homme peut être mis en vulnérabilité par d’autres moyens que la souffrance. Par exemple, par la beauté de la création, la contemplation d’un paysage etc. D’autre part, ce Dieu qui « prévoit de sculpter par la souffrance… » me semble…

              Je n’ai pas de terme finalement pour terminer ma phrase. Cela me rappelle juste l’expression d’ « opération chirurgicale » déjà citée, ou encore la réflexion d’Hélène dans son témoignage : Dieu n’est pas sadique !!! On peut douter enfin que la souffrance permette, dans tous les cas, des profondeurs de perception et des consentements libres. N’est-ce pas avoir de la souffrance une vision pour le moins intellectuelle ? En ce sens que, face à la souffrance, il n’existe pas une manière identique d’y répondre corporellement déjà. N’importe quel soignant l’expérimente. La souffrance peut blinder comme elle peut ouvrir à sa vulnérabilité. C’est selon.

              Le discours de vérité générale de sr Marie, comme on dit en linguistique, ne fait pas dans la dentelle.

              A la la toute fin de sa vie, d’après un témoin de l’époque, sr Marie a demandé à ce qu’on la prenne en photo à l’hôpital, pour montrer aux sœurs qu’elle allait bien. Connaissez-vous des souffrants mourants qui ont eu une telle idée, à un tel moment ? Inspirée par la Vierge ?

              Apprenant à connaître ce personnage haut en couleurs, je nourris surtout de la perplexité.

            • Claudine, vous soulevez une question que je me pose depuis des années. Ces évolutions de Bethléem vers la vie monastique, puis vers les chartreux, comment ont-elles été vécues par celles qui n’étaient pas entrées pour cela ? La solitude est un choix très spécial que peu de personnes peuvent soutenir à vie parce qu’il faut des dispositions tout à fait spécifiques. Comment imaginer que ce soit importé en cours de route dans un institut déjà existant est resté pour moi une énigme.

              On lit dans le témoignage de Roselyne :

              J’étais à Bethléem depuis deux mois quand sœur Marie a annoncé soudain qu’on allait désormais se lever à 4 heures du matin. J’ai vu deux sœurs professes s’effondrer en larmes et dire en criant : « je ne pourrai jamais, si je pouvais tu sais où je serais ! »

              S’il en était ainsi pour l’heure du lever, comment les premières sœurs ont-elles pu supporter l’importation soudaine de la vie solitaire qu’elles n’étaient pas venues chercher ?

              • Fallait obéir ou être en état de péché mortel. Dieu le demandait. Les responsables savaient, vous vous ne saviez rien. Et puis, de toute façon, on n’avait pas le choix. Sauf à partir et, comme déjà dit, on ne partait pas comme ça.

                On renonce et on se décourage de tout. On végète. Je sais que beaucoup de soeurs végètent.

                D’autres s’en arrangent en elles-mêmes : Il y a aussi l’intériorité de chacune que Dieu seul connaît. Il y a des personnalités plus fortes que d’autres, qui savent résister et aménager l’adversité.

                Il y a aussi le bel idéal que représentent ces options monastiques et cartusiennes : L’idéal séduit toujours, surtout sur des personnes jeunes. Je crois que l’on a beaucoup joué là-dessus : Les jeunes qui arrivent, ont ce grand désir de Dieu. Et l’on dit aux plus anciennes qui connaissent les difficultés de la réalité vécue : « Elles, elles en veulent ». On me l’a dit, à moi …

                A Bethléem, on a toujours mis en avant et beaucoup valorisé celles qui arrivaient pleines d’ardeur mais sans rien savoir, en remisant les plus anciennes, pas si âgées en réalité mais déjà éteintes …

              • Il y avait aussi une phrase qui revenait souvent dans la bouche de Soeur Marie, les jours de pseudo-débats et de décisions déjà prises : « Qui ne dit mot, consent ». Quand on sait à quel point on était réduite au silence …

          • L’Anonyme, j’ai bien étudié votre texte et je suis tellement d’accord avec tout ce que vous dites (seule exception : je crois que Luciole a raison de penser qu’il n’est pas possible de passer de l’état d’institut pontifical à celui d’institut diocésain). Et d’abord je souligne ce sur quoi on va pouvoir s’appuyer. Vous écrivez :

            • Il ne sera pas difficle de trouver des nouvelles prieures parmi les soeurs, il y en a tellement intelligentes et aimantes.
            • Les soeurs désirent beaucoup être libres d’aimer.

            Voilà, c’est exactement cela qui me semble l’essentiel. J’avais posé la question déjà et Dominique m’avait répondu de façon un peu dubitative. Mais j’ai croisé il y a une semaine une sœur : Comme je l’ai dit je ne les connais pas, mais il y en a qui ont un si beau regard qu’on ne peut pas ne pas penser qu’il y a quelque chose derrière, cela ne peut pas être seulement une façade. Même s’il y a beaucoup de souffrance derrière, il y a une profondeur. Je veux donc continuer à espérer, comme d’autres ici.

            D’autant que Roselyne rapporte que sœur Marie a remis en cause une prieure qui avait « osé » dire « mais sœur X a une conscience ! » [Commentaire à « Bethléem m’a rendu ma liberté », 15 janvier] Je vois là une prieure qui est capable de penser par elle-même. Une fois éclairée, ne pourrait-on espérer qu’elle puisse remettre sa communauté dans les rails ?

            Mais le cœur de votre texte tient en un mot : simplicité :

            • Il y a un charisme de Bethléem mais il n’est pas tout ce que Bethléem est aujourd’hui. Un charisme beaucoup plus simple, modeste et autentique.
            • Il faut le chercher là où la vie était simple sans trop de normes et qu’il y avait de la liberté et de vraie amitié entre les soeurs tout en ayant une vie de silence. Et c’était spontané, et c’était simple, et c’était beau.
            • Être sorti du cadre de simplicité d’où Bethléem est né est s’être donné l’air de grand ordre dans l’Église a été un piège.
            • Il faudra venir à la simplicité que tous aspirent.
            • Pour les Constitutions élaborer des nouvelles, simples, courtes

            Je crois que vous avez raison et que Bethléem a succombé à la tentation de la grandeur, à vouloir être tout. Occidental et oriental à la fois, dominicaines et chartreuses. On ne peut pas être tout. Faire le tri sera difficile, mais je crois que vous mettez le doigt sur quelque chose d’essentiel.

            Ce que je vois comme travail à faire est donc un tri. Trier entre ce qui est vraiment le propre de Bethléem et ce qui est artificiellement surajouté. Au fond Bethléem doit faire aujourd’hui ce que tous les ordres religieux ont dû faire après Vatican II, revenir à leurs sources pour voir si cette source n’avait pas été déviée ou mélangée. C’est évidemment paradoxal pour une communanté qui a un peu plus de 50 ans.

            Mais ce travail de tri serait un travail de fond et de longue haleine, il ne pourrait être entrepris qu’après un premier assainissement. Et je voudrais maintenant proposer, en m’inspirant de ce qu’avait proposé Fabio, quelques mesures d’urgences que je mets dans un autre message.

            N.B. : A propos des constitutions : Elles ont été approuvées ad experimentum, mais cette approbation ne s’est pas transformée en approbation définitive. Rome considère qu’il y a beaucoup de choses qui ne sont pas conformes au droit canonique et a demandé à Bethléem de revoir le texte.

      • Relisant mon dernier message, je crains que le début ne soit pas bien rédigé et pas clair. Je voulais dire ceci :

        On est élue ou nommée prieure, un starets n’est pas élu ou nommé, il est reconnu comme tel. Ce que font les soeurs de Bethléem c’est créer une fonction de starets ce qui est une contradiction dans les termes.

    • Bethléem : fondamentaux et sacrement de réconciliation 30 janvier 2015 18:51, par Charlotte

      Oh ! Dominique,

      Relire tout cela me donne envie de vomir… C’est tellement la réalité de ce qu’on demande aux sœurs de vivre et de faire ! Exactement le même discours. Exactement la même « formation béthléémique » que reçoivent les prieures. C’est ça, Bethléem !

      Transparence à 2 vitesses…. Et puis aussi, belles dissimulations quand un évêque va dans le sens inverse devant toute la communauté parce qu’il se doute que quelque chose ne va pas. Tout le monde sourit béatement à ses paroles. Personne n’ose prendre la parole. Sauf la prieure : « mais bien sûr, Père ! les sœurs sont absolument libres ». Et puis 2 jours plus tard, en chapitre : « Mes petites soeurs, la confession n’est pas le lieu pour parler de ses petits problèmes. Le confesseur n’a pas la grâce. Vous ne rentrez pas dans les détails. Si vous avez un problème c’est avec votre prieure, votre staretz, que vous devez voir ça. »

      Oui, Guy : Staretz = Prieure Quant à l’ange, il s’agit d’une personne choisi selon les critères de cette parfaite transparence et qui fonctionne dans les rouages du système : tout, absolument tout doit être ensuite rapporté à la prieure. Mais tout le monde le sait.

      • Bethléem : fondamentaux et staretz ? 1er février 2015 18:44, par Dominique

        Dans une catéchèse sur « l’obéissance » faite par la prieure générale, voilà ce qui est dit sur « le staretz » :

        « Si la relation d’Amour avec Jésus ne nous objective pas suffisamment en Lui, je vais me servir du lien que je vais avoir avec mon staretz, non pas pour lui obéir mais pour qu’elle m’obéisse, et j’en ferai un chantage de Son Amour. Si elle m’obéit, ça veut dire qu’elle m’aime et si elle me résiste au fond, ça veut dire qu’elle ne m’aime pas. Dans la mesure où elle va me résister, pour moi, puisque je suis encore au niveau de mon activité psychique, cela voudra dire qu’elle ne m’aime pas. Si mon staretz me rencontre dans ma relation avec Jésus, au point de pouvoir exiger de moi quelque chose qui ne me plaît pas, cela veut dire au contraire qu’elle m’aime infiniment, à la manière de Jésus. Mais si, moi, je vis cette relation de staretz au niveau psychologique et affectif uniquement, et qu’elle me résiste, je vais en faire une preuve par mon affectivité qu’elle ne m’aime pas. Et je vais la forcer non pas à ce que je lui obéisse mais à ce qu’elle m’obéisse, et je veux la preuve qu’elle m’aime. Là, c’est un piège dans lequel les staretz ne doivent jamais tomber. »

        Il ne s’agit pas de donner envie de vomir aux lecteurs de ces documents, mais de croiser ces propos spécifiques à Bethléem avec vos témoignages, pour que vous soyiez véritablement prises en considération.

        Globalement, la prieure générale s’en prend à l’autonomie du sujet. On le perçoit dès le début de cette catéchèse : « Nous en sommes arrivés 2000 ans après (Jésus) à pouvoir dire avec fierté : je suis un homme parce que je suis autonome. Mais quelle misère ! Mais quelle honte !, 2000 ans après, d’en arriver là, vous ne trouvez pas ? »

        Ce regard, dont on peut estimer qu’il cherche à nier l’inscription dans le temps historique avec les évolutions culturelles qu’il comporte aussi, et l’inscription dans une histoire personnelle également, conduit la prieure à inviter à une obéissance dans laquelle le sujet « se dilue comme un sucre dans un verre d’eau », pour reprendre l’expression d’un post, image qui me semble résumer une partie de mes lectures.

        L’argument de fond est alors que « la seule qui a su obéir, c’est la Vierge », avec ce sous-argument : « Dieu sait si elle n’a pas été l’objet de la part de son Fils de ces va-et-vient psychiques de l’obéissance ; c’est même tout le contraire. »

        Dans cette négation de Marie comme sujet, c’est-à-dire être humain avec sa dimension physique, psychique et spirituelle, comme tout être humain, s’origine donc de la même manière la négation des sœurs comme sujets. Et quand on a compris ça, « on ne se pose plus de questions, parce que les questions qu’on se pose, c’est encore des évaluations qui prouvent qu’on est encore avec nous-même. Or le mystère de l’obéissance, c’est de nous arracher à nous-même pour nous mettre dans un autre. »

        Voilà la « cohérence » du système que vous dénoncez. Le principe de base est que le Père a « posé une élection éternelle sur vous en son Fils très obéissant. » Et « cela transcende les conséquences du mensonge et de l’orgueil qui m’habite. Car, je suis d’abord un élu obéissant, un fils élu obéissant dans le Fils par le Père, dès avant la création du monde. »

        Si « mon élection reste le signe ineffaçable de mon identité », comme l’affirme aussi la prieure dans cette catéchèse, vous pouvez donc être Roselyne, Sophie, Juliette, Camille, Hélène ou je ne sais qui encore, cela n’a absolument aucune espèce d’importance. Ce qui compte, c’est votre élection, dès avant la création du monde ! À chaque fois qu’une contestation se fera jour, si c’est le cas, il suffira en quelque sorte à la prieure d’attendre que ça passe, ou de vous convaincre que c’est votre psychisme qui parle. Bref, le psychisme = l’ennemi numéro un à Bethléem.

        Comment ne pas être inquiet avec de telles lectures qui parlent de l’Amour sans l’Incarnation ? Où on n’entend même pas la musique familière du « je pleurais et vous m’avez consolé », pour ne citer qu’un exemple ? Dans ce diktat de l’obéissance, où nous pouvons mentir et être orgueilleux sans problème, car pré-élues ou pré-sélectionnées (plaisantons car c’est difficilement tenable !) de toute éternité, s’inscrit sans doute le peu de cas fait du sacrement de réconciliation.

        Voilà comment je décrypte divers passages de cette catéchèse sur l’obéissance, avec la tristesse et la colère que procure une approche qui nie à chacun sa juste place, la sienne et celle de personne d’autre, pour gravir pas à pas la montagne. Gommer le temps de l’Histoire et chercher à gommer l’individu au nom de l’unité de Bethléem, c’est se prendre pour qui ?

  • Guy 18 janvier 2015 20:29

    Bonjour, Grand merci au père dominicain de nous offrir l’occasion d’une discussion plus sereine que d’autres qui m’avaient un peu effrayées et dissuader de poster à cause du ton de certains. Je n’ai aucun témoignage à apporter sur Bethleem, je n’y connais en gros personne. Par contre je connais bien la tradition cartusienne or on voit ici ou là citer les chartreux, parce que les soeurs de Bethleem se réfèrent à saint Bruno. Pour aujourd’hui, je voudrais simplement compléter l’information du dominicain.

    Voici les trois textes que j’ai trouvés concernant la confession dans les Statuts des chartreux (vous les trouvez dans l’édition allemande sur le site des chartreux, les autres langues sont moins complètes) :

    14.8 (les frères) ont assurément toute liberté de se rendre chez leur confesseur ou directeur ; mais ils ne parleront avec lui que dans la mesure nécessaire au bien de leur âme.

    21.14 La liturgie de la réconciliation est une perpétuelle Pâque du Seigneur ; pécheurs en quête de sa Face, nous la célébrons fréquemment afin d’être chaque fois renouvelés par Lui. La qualité de notre vie de prière, en effet, est étroitement liée à une pratique personnelle, assidue et consciente du sacrement de Pénitence.

    62.2 Le prieur est tenu de désigner quelques moines parmi les plus judicieux pour entendre les confessions des autres. En outre, toute personne de l’Ordre peut, pour la tranquillité de sa conscience, se confesser validement et licitement auprès de n’importe quel confesseur muni des pouvoirs nécessaires.

    Dans la pratique le Prieur (il n’y a pas d’Abbé chez les chartreux) ne saura qui est confesseur que si le pénitent prend la liberté de le lui dire, mais rien ne l’y oblige.

    Selon le Code de droit Canonique un supérieur n’a pas le droit de confesser ses sujets, sauf demande explicite de ces derniers. Dans la pratique c’est appliqué plus rigoureusement jusqu’à la profession solennelle (c’est à dire que même si le sujet demande, le supérieur refusera). Ensuite la tradition ancienne du monachisme permet l’application plus large du code : si le sujet demande.

    Il n’y a jamais d’obligation d’ouverture de conscience au Prieur, il y a une obligation du Prieur de prendre soin de ses moines. Je cite de nouveau :

    33.6 : Avec une bienveillance attentive (les Prieurs) se rendront compte de la vie en cellule et des dispositions de leurs moines, afin de pouvoir remédier à leurs tentations dès le début : car si elles prenaient de la force, le remède risquerait de venir trop tard.

    En ce qui concerne la Vierge Marie, la différence est qu’en chartreuse il y a une pratique mariale, c’est connu, tous les livres sur les chartreux le disent : Tous les moines récitent l’office de la Sainte Vierge en plus de l’office du jour et (presque) tous les jours un moine dit une messe de la Sainte Vierge. Par contre il n’y a pas, à ma connaissance, de spiritualité mariale. Dans un livre sur la Valsainte l’auteur cite en souriant un moine qui avait une « dévotion mariale tyrannique ». Mais l’auteur des livres parus aux presses de la Renaissance est très discret sur la Vierge Marie.

    Un chartreux peut avoir une spiritualité mariale, celle de saint Louis-Marie Grignion de Montfort par exemple, rien ne l’interdit mais rien ne l’y oblige. Dom Maurice Laporte avait coutume de dire que dans une chartreuse il y a autant de spiritualités que de cellules.

    Et il y a chez les chartreux une plaisanterie que je cite pour finir : Les chartreux sont comme les anges, chacun d’eux est une espèce à lui tout seul. Cela fait référence à la théologie de saint Thomas sur les Anges, donc notre frère dominicain l’expliquera mieux que moi. Mais je crois que cela répond assez bien à sa remarque sur le respect de la nature.

    • Bethléem : retour aux fondamentaux 18 janvier 2015 23:18, par Dominique

      Très intéressant pour percevoir la différence avec Bethléem.

      Comme vous le savez, aucun document en provenance de Bethléem n’est, en principe, accessible à quelqu’un qui n’est pas dedans. Si vous cherchez des éléments de charte ou de leur Règle de vie sur leur site, où sont-ils ?

      Quelqu’un qui voudrait entrer à Bethléem ne sait pas ce qu’il va y trouver.

      Enfin, pour lire actuellement diverses homélies de prieure, je suis dans l’obligation de signaler que le vocabulaire employé est particulièrement particulier. Deux exemples :

      • « il faut lâcher nos fausses idées de l’Immaculée Conception et ne plus séparer l’agnélité de l’immaculéité. »
      • « L’inconnaissance, c’est quand mon intelligence est dépassée, dans le silence où Dieu me rapte. »

      Comme vous souhaitez avancer, vous aussi, merci de traduire le sens de ce type de parole.

      Pour la deuxième phrase, je n’avais jamais entendu parler auparavant d’un « Dieu rapteur », je connaissais juste dans la mythologie le rapt de Perséphone ou Proserpine.

      Pour les personnes n’étant pas de langue française maternelle, la complication doit être plus grande encore.

      Ma perplexité augmente de jour en jour sur la formation à Bethléem.

      • Bethléem : retour aux fondamentaux 19 janvier 2015 10:24, par Roselyne

        Mais Dominique, à Bethléem on ne meurt pas on est rapté en Dieu …

        et on n’est pas inhumé ou enterré on est enciellé !!!

        Une fois, pendant une marche avec une ou deux sœurs on avait parlé pendant un petit temps uniquement avec le vocabulaire inventé à Bethléem… Bien sûr on se moquait ! Absolument incompréhensible pour le non initié !!

        • Bethléem : retour aux fondamentaux 19 janvier 2015 12:57, par guy

          Je présente d’abord mes excuses pour les fautes d’orthographe à la deuxième ligne de mon message : en général je dicte à l’ordinateur et j’ai dû oublier de corriger cela. Il faut évidemment lire : « … qui m’avaient un peu effrayé et dissuadé de poster … »

          Dans la tradition monastique (ce n’est pas propre aux chartreux) on dira la même chose mais par les faits : Le jour d’un enterrement a les caractéristiques d’un jour de fête : on ne se met pas à genoux pour la liturgie, si c’était normalement un jour de jeûne, on rompt le jeûne et il y aura repas au réfectoire (ce qui arrive seulement les dimanches et solennités en chartreuse).

          Pour autant cela ne veut pas dire que la « terre » ne soit pas présente : j’ai pu assister à des enterrements en chartreuse, cela impressionne toujours car le corps est mis en pleine terre, pas de cercueil, et une fois qu’il est descendu, le Prieur jette une pelletée de terre directement sur le corps. Ensuite il propose la même chose aux proches du défunt. Finalement la fosse est rebouchée en présence de la communauté qui chante pendant ce temps.

          Le message est à la fois fort et discret. Il marque plus que des mots, on n’oublie pas. C’est peut-être pareil à Bethleem, je n’en sais rien, et au fond ça ne me surprendrait pas mais ce que je voudrais dire est au fond ceci :

          Le fond commun me semble important. Est-ce qu’on n’en a pas un peu trop rajouté sur le particularisme à Bethleem ? Et si on ne cherche pas à détruire mais plutôt à essayer de sauver je me suis demandé (pensée ingénue sans doute) si les soeurs de Bethleem ne pourraient pas essayer de profiter de l’expérience de leurs soeurs de chartreuse.

          • Bethléem : retour aux fondamentaux 19 janvier 2015 16:54

            Oui, à Bethléem c’est pareil : On a repris la coutume cartusienne pour les enterrements. Je me souviens même de la discussion qu’il y a eu en communauté lorsque Sœur Marie a décidé que l’on ferait comme les chartreux. Il y avait des sœurs qui ressentaient très mal que l’on enterre sans cercueil, question de sensibilité sans doute. Mais cela s’est fait, c’était de toute façon décidé. Sœur Marie, elle-même, a été enterrée de la sorte.

            Je me souviens que cela posait quelques problèmes qu’il a fallu résoudre : Pour que ce soit possible, il faut un cimetière particulier au monastère car, dans les cimetières communaux, le cercueil est obligatoire (en tout cas, en France).

            Il me semble qu’il faut aussi considérer que les Chartreux ont été fondés au moyen-âge. A l’époque, pas de cercueil pour les pauvres … Cela reste encore vrai dans les pays du tiers-monde.

            Il y a encore autre chose : Les chartreux ne mettent pas de nom sur les tombes si bien qu’assez vite, on ne sait pas qui a été enterré là … C’est voulu. Juste des croix sans nom. Et jamais de canonisation non plus …

    • Bethléem : retour aux fondamentaux 19 janvier 2015 09:37

      Très intéressant pour une ancienne de Bethléem … J’ai enfin la réponse à plusieurs questions … Merci !

  • L’Anonyme 18 janvier 2015 14:51

    Je vous remercie de votre amitié.

    Craignant être injuste envers d’autres soeurs je voudrais dire que « l’obsession esthétique » que tiranise la Famille de Bethléem n’atteint pas seulement les soeurs non françaises. Elle atteint aussi les soeurs françaises qui n’entre pas dans un certain idéal de beauté, de comportement, de façon de s’exprimer, de niveau de soumission. J’ai vu des soeurs françaises devenir de plus en plus des êtres réduits. quelques unes ne trouvant de la paix que dans un mode de vie plus caché et croyant à cause de cela qu’elles avaient une vocation de solitude alors que ce n’était pas du tout le cas. Elles non été acceptées telles qu’elles étaient et on essayait de toujours les mettre dans le moule les abimant encore plus.

    • Bethléem : retour aux fondamentaux 18 janvier 2015 16:25, par Dominique

      Pas surprenant, quand une prieure dit en homélie : « Avoir confiance en soi, c’est mépriser les autres. »

      Depuis quand la confiance en soi, c’est à dire une image suffisamment bonne de soi, serait égale au mépris des autres ? Depuis que cela a été décrété à Bethléem ?

      Que l’anonyme se rassure, et d’autres avec elle !

      Vous revenez de très loin, et cela prend du temps de revenir de ce milieu où « la suppression du moi » - expression lue aussi dans une homélie- est préconisée.

      Si c’est pour ne pas penser qu’à soi, d’accord. Si c’est en vue d’une aliénation, vous comprenez pourquoi vous avez résisté en vue de… survivre.

  • alexandre 16 janvier 2015 23:27

    Chère Anonyme,

    Je ne sais pas pourquoi mais mon prénom n’est pas apparu sur le message que j’ai posté : c’était Alexandre qui vous l’a mis.

    Oui, on sent beaucoup dans vos paroles ce poids de la culpabilité et c’est très classique pour les personnes qui ont subies des dérives sectaires graves. .. Vous n’êtes pas la seule malheureusement et cela devrait vous tranquilliser aussi… C’est malheureusement très classique pour les victimes…

    MAIS, ce n’est jamais définitif et vous pouvez en sortir !

    Je ne saurai vous encourager à prendre les moyens de travailler sur vous-même, avec un professionnel compétent (peut-être voir avec Avref ou une autre association dont les liens sont sur ce site pour avoir des adresses de professionnels, là où vous vivez).

    Vous êtes une personne estimable, aussi valable que nous tous ici et que les personnes que vous avez côtoyé et que vous côtoyez…

    Un travail sur vous-mêmes, où l’on prendra soin de vous, en vous RESPECTANT, vous redonnera cette juste estime… Vous comprendrez comment ce prisme déformant de la culpabilité et de l’absence de confiance en vous n’a plus lieu d’être.

    Nous sommes ici je pense tous très respectueux de votre personne et je formule des vœux pour que vous puissiez vite retrouver cette équilibre intérieur nécessaire pour retrouver la joie de vivre et d’aimer… Bon courage et continuez à vous exprimez ici , vos interventions sont toujours tout à fait intéressantes, à bientôt !

  • 16 janvier 2015 22:42

    Bonjour,

    J’essaie de discerner l’état psychologique des personnes qui ont subi un préjudice. Il me semble que l’Eglise catholique doit approfondir la notion de « psychologie spirituelle » dont les lois peuvent être l’inverse de la psychologie habituelle (cf. « le discernement des esprits » - par un Chartreux - Presses de la Renaissance - l’auteur est psychologue et moine chartreux). Cette discipline s’enseigne à l’université catholique de Louvain mais qui s’en charge en France ?

    Les exercices de Saint Ignace tels qu’enseignés et pratiqués par la Fraternité Saint Pie X peuvent éviter nombre de problèmes décrits par les personnes souffrantes. Il faut un travail avec des spécialistes de la Fraternité Saint Pie X pour faire le tour de la question.

    Bruno

  • L’Anonyme 16 janvier 2015 16:59

    Merci Ami

    Vos paroles sont tout a fait justes et les avovir reçu d’un inconnu a déclanché une catarsis diluvienne. Le condicionement dans lequel je me trouve ne me permets pas ni de m’identifier ni de raconter mon témoignage car même si je ne suis plus au monastére je vis encore dans un milieu de personnes qui y sont ou qui y ont leurs enfants et qui me regardent déjà d’un regard méfiant ou réprobateur.

    Le rejet. Être rejetée. L’avoir été. Avoir toujours ce sentiment encrée en moi que je suis bien moins que les autres, surtout bien moins que les soeurs françaises car je n’avais pas leur finesse de language, leur intelligence pointue, leurs moeurs délicats. Être rejetée parce que je n’était pas d’accord et je croyais en mon immense naïveté qu’il y avait un désir de vérité et de vouloir obéir à Dieu et qu’il fallait le dire aux soeurs responsables qui semblaient ne pas le voir. Leurs silences, leurs mises à l’écart, leurs abandons et parfois même leurs trahisons méchantes ont abimé ce petit être chrétien qui voulait aimer en vérité et qui se trouvait devant des personnes qui représentait Dieu, qui avaient (commes elles l’ont toujours) l’appui des grands de l’Église. Qui je suis moi pour mettre en cause ce que d’autres applaudissent et encouragent ? Alors pour survivre il faut faire semblant que tout va bien car l’appel de Dieu demeure et que personne est là pour t’aider a faire les pas nécéssaires. Et on est en train de s’abimer et on le voit mais sans rien pouvoir faire. Tous les fondamentalismes d’ont on parle en ce moment nous empêchant de croire même à notre bon sens car même cela est un jugement personnel et qu’il nous est appris que l’obéissance est le choix « de renoncer à son propre jugement par plénitude de jugement ». Je pense que c’est Saint Jean Climaque qui l’a dit.

    Oui je me sens bien moins que n’importe qui. Comme j’ai vu des soeurs de l’extreme Orient ou de l’Amerique latine, ou d’Espagne ou des pays de l’Est n’être pas valorisées non plus en ce qu’elles étaient, parce que ce n’était pas selon la sensibilité française. Oui je porte l’estigmate de n’être pas française et de n’avoir été presque connue au monastère que pour « la soeur ………enne » et que mon opinion n’avait pas de poids donc inférieure. Avez vous remarquez combien de monastères il y en a en dehors de France et combiens de soeurs prieures non françaises ou de culture non française il y en a ? Zero, a ma connaissance.

    Avoir trouvé le témoignage de Fabio a été un cadeau, un reconfort dans ma détresse car pendant tant d’années je doutais de moi-même puisque des evêques me disaient que tout allait bien à Bethléem et qui pourtant c’étai de mon côté qu’il y avait l’erreur. La possibilité de pouvoir m’exprimer en français et avec des français en ce forum comme L’Anonyme est en train de m’aider énormement à retrouver mon dignité de personne égal aux autres même si je suis encore bien loin d’y croire pleinement.

    Alors oui vous avez raison quand vous dites que les paroles de Mr.Léger m’ont atteint. Oui elles m’ont atteint car je ne crois pas que je peux confier à moi-même et qui s’il y a quelque chose qui ne vas pas c’est que c’est ma faute et que je dois en demander pardon. Vous me dites d’être moi-même. Soyez sûr que j’aimerais beaucoup pouvoir l’être mais je ne le sais pas, depuis des nombreuses années, ayant perdu l’identité au monastère et craignant consciament et inconsciemant des nouveaux rejets.

    Je survis et j’essaye de trouver en cette survie le peu de paix qui me permet sourire quand je rencontre les autres qui n’ont aucune idée de ce que je vis et qui n’en croiraient pas d’ailleurs. Et cette survie est douce, très douce, comparée aux temps où je ne pensais qu’à mourrir et que je demandais la mort à Dieu comme d’autres demandent la vie de leurs enfants malades. Cette survie est bien douce comparée aux temps de la tentation aussi affreuse que séduisante d’aller me pendre avec une corde en une poutre du réféctoire.

    Alors je vous demande de continuer ce chemin qu’on fait à la fois si loin les uns des autres et en même temps si proches par le partage des expériences vécues.

    Pour finir j’éprouve le besoin de vous demander pardon et à M. Léger pour avoir sûrement été lourde par le poids de mes paroles mais je ne le fais pas en m’appuyant sur votre conseil que je remercie de tout cœur à nouveau.

    L’Anonyme

    • Bethléem : retour aux fondamentaux 17 janvier 2015 02:56, par Manothe

      Vous savez l’Anonyme je vous comprends tellement ! Lorsque je suis sortie du monastère, lorsque j’ai recommencé à parler quelques mois après je m’excusais pour tout. Mais courage, vous êtes sur la bonne voie. Vous avez le droit de la libre expression ! Jésus n’a jamais mis au silence personne, n’a jamais culpabilisé personne.

      Vous savez à Bethleem on s’intéresse beaucoup à la vie caché de Jesus à Nazareth, les 30 premières années et tout ce qui a trait au mystère eschatologique.Mais j’ai l’impression que l’on perd ce regard vrai que Jésus est venu nous montrer de lui-même comme Verbe incarné. pourquoi vouloir s’en éloigner ? Pourquoi vouloir absolument s’immerger dans autre chose que ce que Jésus est venu nous révéler concretement de lui-même ? Pour atteindre l’absolu ? L’absolu de quoi ? À Bethleem on chercher à atteindre la « perfection » en tout les domaines au niveau psychologique, spirituel, médicinal, apparence physique, nutritionnel, liturgique, … J’ai souvent entendu Sr Marie dire que nous étions là pour atteindre cette « perfection » mais que nous étions les plus pauvres en frais de personne…

      Jésus est venu nous montrer la perfection de l’amour. Comment cela se manifeste-t-il ? À trop vouloir être parfait en tous les domaines je pense qu’il est difficile de se concentrer sur l’amour, l’amour fraternel. Le vrai. Peut-être que je me trompe mais il me semble que dans cette recherche on en fini pas essayer de contrôler parfaitement les personnes, pas toujours avec des moyens charitables, croyez-moi. Et aussi on fini par perdre le gros bon sens qui ne s’acquiert pas avec une recherche de perfection. Mais avec une recherche de l’amour. Cette recherche de perfection devient lourde pour les pauvres personnes faisant partie de Bethleem… Et le gros bon sens que l’on pourrait appeler conscience morale disparaît peu à peu ?

    • Bethléem : retour aux fondamentaux 17 janvier 2015 09:35, par Roselyne

      Chère anonyme, votre dernier écrit m’a particulièrement touchée et je voudrais prendre le temps de répondre, vos lignes ont suscité souvenirs et réflexions..

      Pas de temps aujourd’hui mais je pense pendant ce weekend. Bon courage, à bientôt.

    • Bethléem : retour aux fondamentaux 17 janvier 2015 11:19, par Hélène

      Chère l’Anonyme,

      Votre message m’a particulièrement touchée. Et je voudrais, comme Roselyne, y revenir plus longuement. Mais, moi aussi, faute de temps, je n’y arrive pas pour le moment. Je voudrais aussi envoyer un message à Lancelot et j’y reviendrai donc plus tard.

      En attendant, sachez que j’ai reçu votre message comme un coup dans le cœur. Sachez aussi que vous n’êtes pas seule. Il est certain que nous avons deux écrans qui nous séparent. Mais mon message ne se situe pas dans le virtuel : je ne vous connais pas mais vous êtes dans mon cœur.

    • Bethléem : retour aux fondamentaux/ @l’anonyme 17 janvier 2015 20:01, par Paul

      Il est plus doux de survivre en dehors que de penser à se pendre à la corde du réfectoire d’un monastère de Bethléem.

      Voilà ce que vous dites principalement. C’est poignant.

      S’empêcher de penser, à la force du poignet, comme à Bethléem, peut donner des envies suicidaires. Vous n’avez pas été la seule.

      Le système de Bethléem est tordu car il est dit aux sœurs : « je me mens si j’ai des pensées ».

      Si des évêques vous ont dit que « tout allait bien à Bethléem », je finis par croire qu’ils ne savent pas de quoi ils parlent et qu’ils n’ont pas porté une attention suffisante à votre parole.

      Vous allez pouvoir les aider par votre témoignage, quand vous vous sentirez de poursuivre. D’autres que vous ont aussi besoin de s’assurer qu’elles ne sont pas seules dans cette aventure de la reconstruction qui peut prendre du temps. Il est important de parler de ce qui vous a choquée à Bethléem.

      Merci. Car pour une personne comme vous qui témoigne ainsi, il y en a dix qui ont vécu des choses similaires et qui ne peuvent pas en parler, elles.

      Ce qui est frappant aussi, c’est le nombre d’histoires de fugues de Bethléem comme si c’était le seul moyen qui restait à certaines. Avez-vous été dans ce cas ?

      • l’art de la fugue… 18 janvier 2015 18:16, par rénato

        Quand dans une secte, la pression psychologique devient insoutenable, la fugue est un moyen d’échapper… Ça m’est arrivé, avec une bonne bouffée délirante à la clé… c’était pas à Bethléem, mais ça ne change pas grand chose. Les mécanismes sont sensiblement les mêmes…

    • Bethléem : retour aux fondamentaux 30 janvier 2015 18:57, par Roselyne

      Chère l’Anonyme , voilà que je « réagis » enfin à votre post du 17 janvier.

      Vous parlez de votre souffrance en tant que non française, de votre sentiment de rejet. C’est vrai que Bethléem est très franco français, et était parfois même normand … du temps de sœur Marie.

      Des sœurs … et des frères non français en ont souffert et c’était une souffrance qui n’était reconnue que par peu de responsables .

      Sœur Marie , en outre, avait des idées très perso sur la nationalité des sœurs. Je me souviens d’une sœur belge, « pure » wallonne mais qui était toujours présentée comme flamande parce qu’elle était blonde et avait un teint clair. Une autre tout à fait française dont sœur marie avait décidé qu’elle était « juive grecque » Une autre encore qu’elle avait « baptisée » juive alors qu’elle ne l’était pas du tout..

      Vous parlez de votre sentiment de rejet, et j’ai réalisé qu’on dépensait beaucoup, beaucoup d’énergie pour être accepté, pour « plaire » .. Des sœurs qu’on a fait attendre des années pour faire profession perpétuelle, sont parties 3 ou 5 ans plus tard . L’une ou l’autre me l’a confié et sœur Marie le voyait aussi parfois.

      Et pour être accepté, il fallait renoncer à ce qu’on était pour « entrer dans le moule ».. Que d’énergie dépensée , pour parfois recevoir une pichenette de mépris de la prieure qui avait vu qu’on essayait mais cela nous était aussi reproché, que c’était compliqué !!

      Vous évoquez votre perte d’identité, cela aussi je l’ai vécu même si je suis française. Il me semblait être devenue un morceau de sucre dilué dans un verre d’eau. C’est vrai aussi qu’il y a très peu de prieures non françaises même bien des années après une fondation que ce soit en Amérique du sud en Europe de l’Est ou ailleurs encore.

      • Bethléem : retour aux fondamentaux 30 janvier 2015 21:36, par l’Anonyme

        Merci Roselyne de votre message.

        Votre solidarité me touche.

        Je trouve ces partages guérisseurs. La possibilité d’enfin partager en liberté ce qu’on a vécu toutes proches les unes des autres, mais que le systhème ne permattait pas de le faire, humanise un peu le passé noir.

      • Bethléem : retour aux fondamentaux 2 février 2015 12:40

        « Sœur Marie, en outre, avait des idées très perso sur la nationalité des sœurs ….. Une sœur tout à fait française dont Sœur marie avait décidé qu’elle était « juive grecque » Une autre encore qu’elle avait « baptisée » juive alors qu’elle ne l’était pas du tout. »

        Il y avait bien une sœur dont les grands-parents, juifs et même rabbin pour le grand-père, étaient venus de Grèce. La sœur était d’ailleurs assez typée. Il y avait d’autres sœurs d’origine juive au moins pour partie. Mais ce qui est remarquable, c’est que je le sais par Sœur Marie qui faisait grand cas de ces choses-là, et grand déballage en communauté ou en privé. Je ne l’ai jamais su par les personnes concernées …

        En fait, Sœur Marie était d’une autre génération, d’une époque où les communications, les déplacements, les brassages de population n’étaient pas ce qu’ils sont devenus. En outre, je crois qu’elle était issue d’un milieu très très confiné.

        Alors, tout ce qui était un peu différent l’impressionnait et, en plus, elle véhiculait des idées toutes faites, voire des stéréotypes désobligeants, sur les populations autres que françaises (surtout européennes en réalité, car c’est sur ces populations que les idées toutes faites se sont les plus développées depuis des siècles …).

        Je sais qu’il en reste quelque chose encore aujourd’hui dans la communauté.

  • 16 janvier 2015 00:02

    L’Anonyme : avez-vous vous aussi été victime de dérives sectaires ? Cela fait bizarre, dès que Xavier Léger vous avait dit qu’il n’était pas d’accord vous vous confondiez en excuses comme un petit enfant pris en faute au lieu d’expliquer mieux votre point de vue qui était d’ailleurs très compréhensible là, vous notez « Mr. Léger va me corriger » là encore un langage d’enfant pris en faute par « l’autorité » du site et qui semble le redouter… Soyez vous même, vous êtes adulte face aux autres adultes, et aussi valable que les autres :) !

  • L’Anonyme 15 janvier 2015 22:40

    Aujourd’hui je voudrais exprimer mon absolut étonnemnt devant le « Texte de référence 2 » au sujet du Très Saint Sacrement.

    Je ne sais pas ce qui se passe du côté des frères mais du côté des soeurs l’usage de confier le Très Saint Sacrement aux jeunes soeurs qui sont encore bien loin d’être soeurs professes est chose courrante, je veux dire banal. Même certaines filles avant de recevoir l’habit l’ont reçu.

    Et pour la qualité des oratoires… il y en plus dont les conditions ne sont pas selon les Constitutions que ceux qui sont en accord avec elles.

    Si la plupart des soeurs peut témoigner de cela comment peuvent-ils dire autre chose ?

    Et si cela aurait été changé depuis peu de temps ils auraient pu dire comme ils l’ont fait pour l’usage du pendule.« On l’a fait mais on ne le fait plus. » Mais non, on l’afirme comme si c’était l’usage de toujours.

    Pour la visite apostolique vont ils enlever des dizaines (ou même plus) de tabernacles des oratoires et les cacher ? Est-ceque tout le monde va faire sa profession réligieuse avant la visite apostolique ?

    Quand je pense qu’il s’agit du Très Saint Sacrement et qu’on ment là dessus, je vous avoue que j’ai des frissons.

    Prions pour qu’ils en aient aussi.

    Combien je désire que quelque sage comprenne et sache expliquer comment on peut user le Très Saint Screment comme moyen de manipulation affective, psycologique et emotionnel. Un facile moyen de culpabilisation aussi. C’est grave ce que je dis et peut-être Mr. Léger va me corriger mais c’est bien la vérité même si on ne peut pas le prouver.

    • Bethléem : retour aux fondamentaux 16 janvier 2015 15:21, par barbara

      « Mais non, on l’afirme comme si c’était l’usage de toujours. »

      J’étais présente lors de l’élaboration du « coutumier » et je me souviens de mon étonnement de voir que la plupart des « coutumes » que l’on écrivaient, étaient en fait des innovations que nous n’avions jamais pratiquées, ne pratiquions pas, et que les responsables voulaient seulement nous amener à pratiquer (ou rêvaient de ?) .

  • Camille 12 janvier 2015 11:33

    Bonjour Lancelot,

    Votre témoignage est très beau aussi. J’y retrouve tout ce que j’ai aimé à Bethléem et tout ce qui m’a fait passer une quinzaine d’années chez les laïcs.

    Mais bien des choses qui m’ont heurtées m’ont fait en partir. Et c’est cela que nous dénonçons. Tout n’est pas à rejeter. Il faut séparer le grain de l’ivraie. Et je connais des​ ​sœurs qui y sont très heureuses et qui font leur miel de cette vie monastique. Ce ne sont pas pour elles que j’ai témoigné car ce n’est pas la majorité. Ce sont pour les nombreuses, trop nombreuses personnes qui, sans ces pressions et manipulations, ne seraient déjà plus à Bethléem. Voici en quelques phrases les principaux dysfonctionnements que j’ai identifié à Bethléem. Si ça ne vous choque pas, moi si​, et avec moi, tous ceux qui sont soucieux des droits fondamentaux de chaque personne humaine. ​

    • chaque ​semaine la moniale ​soumet à sa prieure​ son journal intime à la Vierge​. Pensez-vous que cela aide la moniale à grandir en autonomie ?​​ J’appellerais plutôt cela un viol des consciences… ​
    • les prêtres qui viennent confesser ne voient la​ ​sœur que ​quelques m​i​n​utes. Faute de temps, ils ne donnent que les paroles rituelles et l’absolution​. En ce sens, elles n’entendent qu’une seule voix, celle de leur prieure.​​
    • ​On demande aux prêtres de ne pas prêcher sous prétexte qu’on dit une messe cartusienne. En réalité, c’est pour n’entendre que la spiritualité de Bethléem. ​

    ​- en plein discernement, on leur envoie des billets d’une voyante, non reconnue par l’Eglise, qui voit la Vierge. Super pour biaiser le discernement… ​

    • un très grand nombre de​ ​sœur​s​ sont dépressives, pas soignées et on leur dit qu’il s’agit d’un combat spirituel ?​ En fait, tellement ébranlées dans leur for interne, elles sont déboussolées… ​
    • les​ ​sœurs en crise sont mises au désert. Super, alors que c’est en parlant qu’elles prendront du recul et sortiront par le haut. ​
    • les​ ​sœurs qui veulent sortir n’arrivent pas à sortir ?​ Et celles qui sortent, sont obligées de préparer leur sortie en cachette ?​
    • des suicides ont eu lieu dans cette congrégation ​et pas seulement celui dont parle Fabio. ​

    ​- ​TOUTES​ les​ ​sœurs que j’ai​ entendues à leur​ sortie ​(sauf une) ​ont eu des envies suicidaires pendant qu’elles y étaient ?​ Tellement elles se sentaient dans une impasse. ​​Pour, tout ce qui faisait le relief de leur personnalité​, de leurs centres d’intérêts, de leurs talents, on leur demandait d’en être dépossédées. Alors, elles apprenaient à se sur-adapter pour devenir la parfaite petite sœur attendue et entrer dans le chemin de sainteté et de dépassement de soi auquel elles aspiraient. Mais, plus elles se conformaient, plus les doutes, les combats et la mauvaise image qu’elles avaient d’elles s’amplifiaient. La culpabilité augmentant, l’impression d’être possédée du Démon décuplait tant de souffrances, que seule la mort pourrait les libérer de ces souffrances. A quoi bon sortir ? Leur regard sur le monde était devenu si nocif, si dégradant, si oppressant. Leur vie au monastère si compliquée, leur soif de sainteté si différent de leur élan naturel. Seule la mort pouvait les libérer. Et je peux vous dire que les personnalités étaient bien différentes.

    ​- quand la​ ​sœur a dans sa famille quelqu’un de haut placé ou qu’elle est en crises, toutes les lettres​ la concernant​ qui rentrent et sortent du Monastère sont lues ? Les​ ​sœurs​ dont on lit les lettres​ le savent. J’ai déjà abordé le sujet ​avec ​celles que je connais. Et bien sûr,​ ​elles vivent avec. Alors elle trouvent ça normal… Et je reçois ​de différents monastères de différents pays des lettres pratiquement identiques.

    Peut-être que vous, vous trouvez ça normal. Et bien moi, tout ça, ça me choque.

    Mais ça, on ne le découvre qu’en ayant des confidences des unes ou des autres. La force de ce blog, c’est qu’on s’aperçoit que ce ne sont pas des cas isolés. C’est un processus qui se répète. Et c’est cela qui moi m’inquiète. Mais, vous avez parfaitement raison sur tout ce que vous dite​s.

    D’où l’impression, quand on creuse d’avoir été « trompée sur la marchandise ». D’où le nom de ce site, lenversdudecor et de quelques réflexions parlant de l’image marketing. Non, elles ne font pas de marketing à proprement parler. Mais, puisqu’on les a dépersonnalisées (certaines, celles qui n’ont pas leur place dans cette honorable institution), elles se mettent à jouer le personnage qu’on leur demande de jouer pour plaire à leur prieure (alias la Vierge). Et c’est cela que nous dénonçons.

    Cette spiritualité déviante. Nous prenons la précaution de parler de dérives sectaires et non de secte. Car une secte est une pompe à fric à tout prix pour satisfaire le pouvoir des dirigeants. Les dérives sectaires s’appuient sur des personnes de bonne volonté qui, souvent, par manque de formation humaine des fondateurs, et de leur garde rapprochée, a peu à peu grippé le système et aliéné la liberté des adeptes.

    Camille

    • Bethléem : retour aux fondamentaux 12 janvier 2015 15:36, par Brigitte

      Merci Camille pour votre réponse à Lancelot : paroles posées, réfléchies paroles d’une femme lucide, libre et vraie, sans parti-pris.

      Si nous parlons, dialoguons, dénonçons, Lancelot doit savoir que ce n’est ni pour nous, ni pour « casser » du Bethléem, mais pour les soeurs qui aujourd’hui encore sont enfermées dans une fausse spiritualité ou une spiritualité déviée qui loin de rendre gloire à Dieu assujettit la personne humaine, l’annihile.

      Par respect pour celles et ceux qui osent parler, je demande à Lancelot de croire en leur témoignage. Il y a des réalités qui ne s’inventent pas. Le silence contenu pendant des années a purifié et authentifie leurs paroles. Merci pour tous et toutes

    • Bethléem : retour aux fondamentaux 12 janvier 2015 17:15, par Dominique
      • On peut rajouter à ce que dit Camille un culte de la personnalité. Exemple, dans une homélie de prieure après la mort de sœur Marie : « Si on obéit à Marie, sœur Marie est là dans tous les détails. Et à l’inverse : Si on n’obéit pas à Marie, sœur Marie n’est pas là non plus. »

      Autre exemple :« st Thomas a parlé des relations entre les personnes divines, mais n’a pas parlé de la vie intime des personnes divines. Sœur Marie va plus loin. »

      • Ce culte de la personnalité va de pair avec une négation du moi. Exemple, dans l’homélie d’un frère :« je fais l’unité en regardant les blessures de ma sœur, pas les miennes. S’il y a une difficulté, je regarde en quoi cela a été difficile pour l’autre, pas pour moi. Alors je construis l’unité. Je donne le sang de mon cœur. Je me laisse crucifier et je ne crucifie pas. »

      Ou bien, dit par la prieure générale : « nos relations mutuelles sont l’expression des relations trinitaires où il n’y a plus de »moi« , où chacune se donne entièrement à l’autre, sans calcul. Nous essayons que nos relations soient tissées de ce Toi et que le Moi soit englouti, oublié. » Ou encore : « Nous vivons de la substitution à la Vierge Marie : ce n’est pas moi qui obéis à Marie, c’est Marie en moi, je suis une seule personne avec Marie au niveau de l’être. »

      Ou encore d’une autre prieure : « comment vivre notre charisme de substitution à Marie : si je mange la parole et deviens ce que je reçois, il n’y a plus de psychisme. »

      • Enfin, il y a un discours de mise à part de Bethléem. Exemple, dans l’homélie d’un frère :« je suis dans une communauté spéciale, à Bethléem, qui est normalisée par ce qui est incompréhensible à la raison humaine : je suis référé au mystère de Dieu, normalisé par la Gloire de la sainte Trinité. »

      Ce sont juste quelques exemples. Ils peuvent être multipliés, les enseignements se faisant en boucle dans cet esprit-là.

      • Un des membres de la « triade » a dit aussi que « frère X ne voulait pas guérir les consacrés qui venaient le voir car il leur disait : vous avez à souffrir pour l’Eglise et pour le Christ ». Ce genre de propos expliquerait-il aussi que des sœurs méritant des soins n’y ont pas (eu) droit ?

      Je ne peux pas dire que ce soit une secte, je peux estimer qu’il y a des dérives à caractère sectaire dans la mesure où c’est aussi un monde très clos sur lui-même.

  • Pour l’amour de l’Eglise 9 janvier 2015 15:43, par lancelot

    Les propos qui vont suivre ne suivent qu’un seul but : alimenter un débat sérieux, loin des passions, et au service de la vérité.

    Qu’il me soit permis en préliminaire, d’indiquer que ma rencontre avec la communauté de Bethléem remonte à l’entrée d’une de ma soeur il y a maintenant 7 ans…elle n’est désormais plus la seule de ma famille à y avoir trouvé son plein épanouissement…Je connais bon nombre de personnes extérieures qui y ont trouvé et continuent d’y trouver un espace de soutien, de réconfort, sans parler d’autres pour lesquelles Bethléem a été le lieu d’une conversion radicale au Christ. Je ne compte pas ici « démonter » un à un les arguments de ceux qui dénoncent une dérive sectaire au sein de cette communauté. Etant moi même extérieur à cette communauté, je me garderai bien, dans un soucis d’honnêteté intellectuelle, d’entrer dans un débat manichéen de type « pour ou contre » Bethléem, une telle posture me semblant pour le moins sinon puérile, en tout cas bien peu catholique du point de vue de la recherche de la vérité.Comment en effet une personne n’y ayant pas vécu de l’intérieur pourrait elle se permettre de juger cette communauté sur la seule base de ses sentiments, de son histoire ou même de témoignages, sans risquer contrevenir à l’objectivité et à la prudence les plus élémentaires ?! Je pense que la méthodologie doit ici reposer d’abord et avant tout sur un soucis « froid » et brut de la vérité, dégagé de tout sentimentalisme. Or, sur ce point, si les accusations portées méritent notre attention, il semble bien, à la lecture des commentaires et de certains (j’insiste sur le « certains »…) témoignages, que la préoccupation de quelques uns ici, loin de viser à une amélioration au sein de Bethléem, s’apparente davantage en une entreprise de démolition et de dénigrement public de la congrégation : la vengeance n’est jamais bonne conseillère et encore moins un gage de vérité ! Oups je risque là l’accusation d’« agressivité » ! Mais tant pis…

    Les arguments à charge de Bethléem ne me laissent pas indifférent car là où il y a blessure, il doit y avoir miséricorde, écoute et compassion.Ils ne me laissent pas indifférents non plus car comme indiqué précédemment, j’y ai des soeurs et des amies. Simplement, à partir de mon vécu avec ces personnes, voici ce que je peux affirmer :

    • si Bethléem est une secte, alors comment se fait il que mes soeurs aient toujours gardé leur personnalité, leur joie de vivre et leur bonne santé ? Je précise au passage que JAMAIS elles ne se précipitent sur un téléphone portable pour appeler. Tout au plus aiment elles se mettre à distance et converser de la sorte : est ce le signe qu’elles veulent s’enfuir ???Va t on me dire qu’elles sont sous emprises les pauvres et qu’elles ne se rendent plus compte ??? Mais dans quel monde vivent certains ?!
    • Oui la délicatesse est reine à Bethléem, mais jamais exessive et envahissante. Oui les soeurs sont souriantes et donnent envie. Ne faut il y voir là (comble du cynisme !) comme certains le disent, qu’un élément marketing visant à mieux emprisonner les filles par la suite ?Faut il donc des soeurs austères et repoussoirs ?
      - oui les soeurs donnent l’image d’une grande charité entre elle : là encore ce serait une technique de com pour mieux faire mordre le poisson ?
    • oui à Bethléem on fait du sur mesure pour les filles : est ce vraiment caractéristique d’une secte ? Je croyais qu’une secte anihilait les personnalités pour les fondre dans un moule englobant. Ou alors…éclairez ma lanterne !
    • les soeurs de Bethléem sont extrêmement arrangeantes avec les familles qu’elles accompagnent à merveille dans les moments difficiles qui peuvent accompagner une entrée : faut il y voir là encore une technique pour mieux s’attirer les faveurs des familles ?
    • oui à Bethléem il y a une forme d’esthétisme,notamment en liturgie : encore un moyen d’appâter le chaland ? il est interdit de prier sur du beau ? de se soigner ? d’être féminine ?
      - j’ai connu plusieurs cas de filles ayant dû quitter Bethléem : elles ont été parfaitement accompagnées après leurs sortie et ont vécu une belle expérience souvent fondatrice dans leur vie d’adulte : une secte laisse t elle filer en grand nombre ses adeptes ???Bethléem, on y rentre beaucoup, on y sort beaucoup c’est largement normal !Dieu merci !!!
    • oui l’ascèse est forte de même que le renoncement : va t on bruler Saint Louis Marie Grignon de Montfort et son « doux esclavage » ? Ces moines ont décidé de tout remettre entre les mains de Dieu par Marie y compris leur facultés propres : « me voici Seigneur je viens faire Ta volonté »- il ne s’agit plus de « ma » volonté. A qui n’est pas fait pour cette vie, cette feuille de route peut sembler insupportable et c’est normal !

    Je ne prétends pas que tout soit parfait à Bethléem mais à lire votre site, tout n’y serait qu’abomination, machination, asservissement et sectarisme. Je voulais simplement apporter cette contribution histoire de proposer un peu de contradiction dans les discussions. Je ne juge pas les personnes qui ont eu une expérience douloureuse de Bethléem. Je veux bien croire qu’il ait pu et puisse encore y avoir des dérèglements, parfois même des dérives. J’espère que le simple fait d’avoir émis des avis positifs sur Bethléem ne fera pas de moi je ne sais quel suppôt téléguidé par la communauté pour la défendre ni un monstre au cœur endurci insensible à la détresse de certain(e)s. Je compte également sur la bonne intelligence de mes lecteurs pour ne pas me ranger irrémédiablement dans le camps des « pros » contre les « anti » ; ce serait alors le comble de la sottise ! Maladie bien française : si tu n’es pas pour c’est que tu es contre ! J’espère qu’on fera mentir cette fâcheuse tendance !

    Seulement les propos englobants et « systématiques » n’ont jamais été pour moi un gage de vérité.Faire de Bethléem la nouvelle secte Moon, avec tout le respect que j’ai pour les victimes, je ne peux le laisser dire ! Laissons l’Eglise faire son travail avec ces communautés et gardons nous de tout cléricalisme (ça marche dans les deux sens du reste…), loin de tout exhibitionnisme malsain.

    • Pour l’amour de l’Eglise ? 9 janvier 2015 20:08, par Jacques

      @Lancelot Vous n’êtes pas agressif et il est bon que vous puissiez vous exprimer : sur ce site, c’est possible.

      Mais il y a des choses que vous ne savez pas et que vous n’avez pas vues.

      Si vous voulez « du débat sérieux », encore faut-il que vous accordiez un vrai crédit aux personnes qui témoignent. Et que vous vous demandiez aussi pourquoi des personnes ont menti à leurs propres familles sur ce qu’elles vivaient à Bethléem, et cela pendant longtemps.

      Pour l’amour de l’Eglise, la loi du silence est dangereuse à long terme. Cela fait longtemps que des prêtres ou des évêques ont entendu des témoins. Vous ne le saviez peut-être pas ?

      • Pour l’amour de l’Eglise ? 10 janvier 2015 14:48

        rassurez vous je ne suis acunement un partisan de la loi du silence que je déplore tout autant que vous. Mon propos était simplement d’apporter une perception différente de ce que je pouvais lire sur le site. Après tout, chacun peut ici témoigner et j’apprécie qu’on me laisse le faire. D’une manière générale je sais trop combien un témoignage est empreint de subjectivité. Pardonnez moi donc ma prudence,et de grâce n’en concluez pas un peu rapidement que je ne leur accorde aucune importance ! Qu’il me soit simplement permis aussi de les tempérer avec d’autres témoignages d’ancien(mes) Beth ou actuelles qui ne vont pas dans le même sens. C’est comme cela que je conçois la recherche de vérité. Pour le reste je l’avoue, je ne suis pas compétent pour juger de l’authenticité ou non d’un certain nombre d’accusations portée contre la congrégation. J’espère seulement que ceux qui, comme moi sont extérieur à cette communauté et a fortiori ceux qui n’ont aucun contact avec cette communauté, ne partent pas un peu trop vite en guerre à la lecture du moindre témoignage à charge contre cette communauté.Pardonnez moi mais c’est un peu le sentiment que j’ai parfois à la lecture de certains billets ou commentaires. Mon expérience personnelle m’a aussi enseigné que deux mêmes filles pouvaient avoir quitté un même monastère : l’une pleine de reconnaissance, l’autre pleine de ressentiment. Où est la vérité ? Les choses sont rarement binaires en ce monde et la recherche de la vérité nécessite simplement d’en avoir conscience.

        Bonne journée

    • Pour l’amour de l’Eglise 10 janvier 2015 12:37, par Luciole

      @Lancelot

      Ayant été victime d’une dérive sectaire au sein d’une communauté monastique qui n’était pas Bethléem, je peux vous dire que ma famille n’a jamais été au courant de ce qui se passait à l’intérieur de cette communauté. La supérieure a toujours été très souriante, etc. D’ailleurs, je ne leur ai jamais raconté le fin fond de l’histoire, même vingt ans plus tard. A quoi bon les inquiéter avec ça ?

      Beaucoup de personnes qui fréquentaient ce couvent ne se doutaient absolument de rien. Entre la façade vis à vis de l’extérieur et les dysfonctionnements à l’intérieur, il y avait un monde. Nous avions aussi de très beaux offices, de belles icônes, etc. Et il y avait des groupes au parloir avides d’entendre des témoignages édifiants sur notre vie telle qu’elle aurait dû être … mais qu’elle n’était pas. Et nous nous mentions à nous-mêmes avec une conviction naïve effarante. Il m’a fallu plusieurs mois après l’intervention des autorités ecclésiastiques pour réaliser sous quelle emprise j’avais vécu, c’est pour vous dire !

      Le noviciat aussi était rempli. Rempli de personnes qui n’avaient rien à faire là et qui n’ont pas persévéré au sein de l’ordre quand la communauté a été dissoute. Désolée d’être aussi crue, mais en matière de vie religieuse « faire du chiffre » aujourd’hui, ce n’est pas normal. Pourquoi y a-t-il si peu de moniales chartreuses et autant de soeurs de Bethléem alors qu’elles sont censées vivre le même charisme ? Autrefois on disait que les soeurs de Bethléem vivaient la vie des chartreux sans les austérités. Aujourd’hui, ce qui pose question, c’est notamment ces austérités.

      Tous les docteurs mystiques ont dénoncé l’ascèse pour elle-même. L’ascèse n’est jamais un but en soi. D’ailleurs, ce que les témoignages dénoncent, ce ne sont pas les exercices ascétiques, mais les excès. La discrétion, c’est à dire la mesure, est une règle intemporelle en matière d’ascèse. Quand les privations en viennent à gêner la prière, à l’empêcher, elles n’ont plus raison d’être.

      Laisser faire l’Eglise, dites-vous ? Mais l’Eglise ne se réduit pas à ses responsables ecclésiastiques, l’Eglise c’est chacun de ses membres. Il est normal que de simples fidèles s’expriment sur des dysfonctionnement au sein de leur Eglise. Quant aux responsables ecclésiastiques, ils restent des êtres humains avec leurs grandeurs et leurs faiblesses. Certains auront le courage de faire ce qu’il faut, et d’autres préféreront minimiser, crier aux « racontars ».

      Seulement quand des témoignages deviennent à ce point nombreux et concordants, quand, dans un justificatif, un institut admet contrevenir au code de droit canonique (durée du noviciat, sollicitation de confidences de la part des supérieurs) on est en droit de s’inquiéter sérieusement.

    • Pour l’amour de l’Eglise 13 janvier 2015 09:43, par Marie-Bernadette

      Bonjour Lancelot,

      c’est vrai vous n’êtes pas agressif , et j’ai souhaité reprendre quelques points avec vous..

      Vous dites vouloir alimenter un débat, mais est-ce d’un débat dont il s’agit ? Je pense que vous êtes jeune, ce n’est ni" un défaut ni une faute !!", et c’est peut-être ce qui vous pousse à « apporter un peu de contradiction » comme vous le dites.. Mais on a déjà eu notre lot non ? et il ne s’agit pas d’un exercice de joute oratoire..

      Je réponds, en premier, parce que une fois encore on est accusé de démolir, dénigrer en public , de vouloir nous venger… mais de qui ? de quoi ? L’un ou l’autre a explicité clairement me semble-t-il la raison de ces écrits..

      Je me réjouis que vos sœurs aient toujours gardé leur personnalité, leur joie de vivre et leur bonne santé. Je soulignerai juste qu’elles ne sont pas à Bethléem depuis longtemps, que si quelque chose clochait ce n’est peut-être pas à vous qu’elles se confieraient, enfin , qu’à moins de privilèges vous ne les voyez pas plus d’une ou deux fois par an. Se peut-il qu’elles aient un don, un métier utile à la communauté ? et qui leur permette une vie gratifiante ? Je pense à des sœurs qui dès le noviciat ont passé leur vie à voyager avec la prieure générale…

      Vous parlez des sœurs délicates, souriantes etc … c’est vrai pour la plupart , même s’il y a aussi des « ronchons ». ..! Dans le premier diocèse où elles ont été accueillies, dans les années 51, 54 donc , au Séminaire où certaines « gagnaient la croûte » de la fraternité naissante, on les appelait les « rayonnantes »..

      J’ai « laissé » à Bethléem de nombreuses sœurs que j’aimais beaucoup ,des filles, des femmes bien, intelligentes, généreuses, …. Je, nous n’avons RIEN contre ces personnes bien sûr, nous parlons pour celles qui ne le peuvent, nous dénonçons un système car c’est bien de cela qu’il s’agit.. Un système qui, certes, n’a pas été décidé mais n’en n’est pas moins réel.

      Vous nous invitez à laisser l’Église faire son travail mais si elle l’avait fait , ce blog n’existerait pas. Combien de rencontres, de dossiers déposés se sont soldés par la même réponse : « merci beaucoup, mais je n’ai rien appris, j’étais au courant… »

      Parfois je me demande si c’est nécessaire, utile de continuer à « dire ».. Il y a des témoignages si éloquents, mais sont-ils lus en diagonale ou à fond ? Avez-vous lu attentivement celui d’Hélène ? Peut-on inventer son histoire avec les Chamanes ? et les exorcismes auxquels on a eu droit ?? Oui il y avait de très belles choses à Bethléem, c’est ce qui parfois fait qu’on y est resté aussi longtemps, mais oui je pense que c’est une arnaque spirituelle comme l’a exprimé quelqu’un qui a vécu l’intérieur de nombreuses années.

  • Dominicain_de_service 9 janvier 2015 09:21

    Dans la réaction que j’ai proposée aux lecteurs en décembre, j’ai renvoyé à des références mariales excessives et clairement manipulatrices, qui ressortaient des témoignages ou dossiers que j’ai pu lire, à commencer bien sûr par celui de Fabio : il est clair que cette théologie mariale que j’estime dévoyée n’est pas l’apanage de la congrégation de Bethléem, comme le fait remarquer Georges. Elle y est seulement sans doute plus marquée qu’ailleurs comme le rappelle l’Anonyme.

    J’évoquais ce thème marial à titre d’exemple, mais j’aurais pu en proposer d’autres que plusieurs témoignages, pas tous publiés sur l’envers du décor, évoquent de manière convergente et qui, là encore, ne sont pas propres à la congrégation de Bethléem. Je vais en présenter trois, toujours dans l’idée de revenir aux fondamentaux.

    1. Il m’a été confié tout récemment que, dans certaines communautés, les sœurs étaient tenues de se confesser tous les samedis, et surtout qu’il était d’usage de venir le leur rappeler en frappant à leur porte… Cet exemple, que je n’ai aucune raison a priori de mettre en doute, et quelques autres, je pense au « cahier de transparence », me semblent typiques de la confusion, hélas classique et fort répandue, entre « for interne » et « for externe », entendez ce qui relève de la conscience personnelle et ce qui relève de la vie externe et objective. Dans ma tradition dominicaine, les supérieurs n’ont pas accès au for interne, qui n’est confié qu’au seul confesseur, dans une démarche sacramentelle : et c’est heureux, cela évite bien des manipulations. Dans les communautés que l’on continue de dire « nouvelles », la confusion a été ou est encore soigneusement entretenue. Même si je connais peu la place du père Abbé dans la tradition cartusienne, j’ai du mal à imaginer que celle-ci puisse vivre les choses autrement, sans au moins avoir institué des garde-fous.

    Qu’on me comprenne bien : en tant que prêtre quelque peu aguerri, je suis très favorable au sacrement de réconciliation auquel je ne trouve que des bénéfices, mais je ne comprends pas que l’on puisse l’imposer à qui que ce soit par quelque pression que ce soit. Et encore moins que, loin de tout sacrement, sans être aucunement tenus au secret, des supérieurs se permettent de plonger dans les profondeurs de l’âme de leurs ouailles.

    2. Un autre point qui me « chiffonne » à la lecture des témoignages est la place laissée, ou refusée plutôt, à la nature. Un vieil axiome de la théologie classique affirme que « la grâce ne supprime pas la nature, mais la suppose et la perfectionne ». Or, de multiples témoignages attestent que cette nature n’est pas seulement brimée, dans le jeûne, la veille et autres pratiques, ce qui pourrait encore se comprendre dans la mesure du moins où l’excès n’y a pas de place, mais en fait niée : or, si je vais au bout de l’axiome que je viens de rappeler, il faut dire que sans cette nature, la grâce n’a plus de place où se poser… Qu’il faille transformer cette nature, c’est évident, mais à vouloir le faire trop vite et sans mesure, et pire encore « à la force du poignet » comme il semble que ce soit aussi le cas d’après certains témoignages (je pense ici en particulier à tout ce qui s’est écrit au sujet des soins ou de la nourriture), alors on court à l’échec et et à l’anéantissement des personnes qui n’auront plus que la sublimation pour survivre. Jusqu’au jour où elles rencontreront cet autre axiome, qui pour n’être pas théologique n’en est pas moins pertinent : « chassez le naturel, il revient au galop ».

    Cette mauvaise compréhension de la nature humaine, si elle est avérée comme il le semble, est à mes yeux d’autant plus surprenante que la tradition de Bethléem prétend trouver une partie de ses sources dans le monde oriental où la Transfiguration tient une place éminente : ce mystère nous dit ce qu’est le Christ et ce à quoi il nous appelle, mais dans une perspective eschatologique. En redescendant de la montagne, « les disciples ne virent plus rien, que Jésus seul » (Mt 17,8) : c’est au bas de la montagne que nous vivons, et pour l’heure, nous devons patiemment, en tenant le plus grand compte de ce qu’est chacun, de ses avancées comme de ses retours en arrière, en bref de sa nature, transfigurer nos vies.

    3. Ce qui me conduit pour terminer à évoquer un troisième point, peut-être moins secondaire qu’il ne paraît, en tout cas une fois de plus commun à plusieurs communautés : le recours à des usages dont on ne prend que l’enveloppe extérieure, sans tenir compte de leur enracinement. Il existe deux manières de faire cela.

    La première consiste à emprunter à des traditions « extérieures », par exemple au monde byzantin, au monde juif, au monde copte, en particulier mais pas seulement au plan liturgique, sans se rendre compte, ou sans vouloir se rendre compte, que ces traditions particulières reposent sur des usages centenaires, et parfois millénaires, sur une histoire propre, un environnement que l’on délaisse. Pour le dire en une phrase, on prend le fruit mais on n’en garde que l’enveloppe, et le vrai suc échappe. A une époque où je les fréquentais assidûment, mes amis orthodoxes n’ont cessé de s’en affliger, pour nous catholiques plus que pour eux.

    La deuxième manière, qui revient finalement au même, consiste à pêcher dans sa propre tradition religieuse, celle des Pères (du Désert, de l’Église, de l’époque médiévale etc.) par exemple, et à reprendre leurs usages tels quels sans tenir aucun compte de l’histoire, de l’environnement, du passage du temps etc. On « fait de l’ancien » au lieu de travailler à son appropriation et à son actualisation…

    Voilà. Que l’on me pardonne, j’ai été encore une fois beaucoup trop long. Mais les fondamentaux ne sont pas seulement ceux qui ont trait à la Vierge Marie, et il me semblait important de le rappeler.

    • Bethléem : retour aux fondamentaux 9 janvier 2015 19:40, par Dominique

      Je confirme pour le mélange de traditions différentes : il peut donner une impression de macédoine. Cela pourrait être d’intérêt. Mais ce mélange a des tendances malheureusement fondamentalistes, sans conversion du langage d’une époque à la nôtre.

      Dominicain de service parle du rejet de la nature. On pourra regretter à ce sujet un positionnement dans la toute-puissance par rapport à la nature. Parce que la vie vaut peu de chose, puisqu’il s’agit d’être « au Ciel » déjà sur terre, des prises de risque majeures ont mis des sœurs en grave danger. Par manque de bon sens aussi, ou par manque d’humilité ?

      Comme le laisse entendre « dominicain de service », plusieurs en ont la preuve par des témoignages non publiés sur ce site.

      Pour la théologie mariale que dominicain de service questionne, les sœurs de Bethléem ont été baignées aussi dans « La vie mariale » du père Jacquier (1906-1942). Lorsque sa sœur entre après lui au noviciat, un prêtre lui fait remarquer ceci : « Vous semblez ravi de voir boucler votre sœur. » Par analogie, demandons-nous si des prieures n’ont pas été ravies de « voir boucler d’autres femmes » :) :)

      Le père Jacquier, initié à la doctrine de Pie X et à la spiritualité de Louis Marie Grignion de Montfort, se disait lui-même traditionaliste.

      Il écrivait notamment : « Tout désir de se rendre compte consciemment des opérations mystérieuses de Marie en nous et avec nous, est de la recherche d’amour-propre et un manque de Confiance en notre Mère. » Il envisage aussi toute action catholique comme une « croisade mariale », en disant « nous sommes croisés, c’est pour porter la Croix. »

      Le rattachement de Bethléem à cette spiritualité-là peut expliquer largement les non réponses de prieures lorsque des sœurs leur ont exprimé des désaccords sur des pratiques qui allaient totalement contre leur conscience morale. Sans doute ces prieures croient-elles, en toute bonne foi ou dans la mauvaise foi, par une compréhension détournée de la pensée de ce prêtre, que l’inconscience vaut mieux que la conscience ???

      Cela peut expliquer également des incompréhensions entre ceux qui défendent la communauté de Bethléem comme des « croisés » et les personnes qui ont souffert ou souffrent dans cette communauté.

      Lorsque quelqu’un se croit dans la vérité au point d’exclure tous ceux qui la cherchent aussi, l’affrontement est inévitable. Il se fait au détriment de victimes. Cela reste non acceptable, car Marie est aussi leur Mère. Bethléem n’a pas le monopole exclusif de Marie qu’il serait très prétentieux de croire agissante uniquement dans leurs monastères.

      On observera donc, pour conclure, que le mieux est l’ennemi du bien.

    • Bethléem : retour aux fondamentaux 9 janvier 2015 19:49, par Luciole

      Vous n’avez pas été trop long. Vous avez été précis et pertinent. J’apprécie beaucoup que vous ayez mis en forme les réflexions que je me fais en lisant les différents témoignages mais que je ne serais pas parvenue à exprimer avec autant d’à-propos.

    • Bethléem : retour aux fondamentaux 10 janvier 2015 18:02, par Victoire

      Au sujet de la confession à Bethléem.

      La confession fréquente a toujours été très recommandée à Bethléem, et toujours en lien avec un discours très culpabilisant et infantilisant. Finalement, la confession JOURNALIÈRE a été instituée. Dans le monastère où j’étais il y avait un prêtre diocésain qui venait pour la messe tous les soirs avant Vêpres. Evidemment, j’ai d’abord pensé que c’était juste une « possibilité » qui était donnée, mais en fait il était vivement recommandé d’aller se confesser chaque soir. Recommandé par un discours ad hoc de la prieure au Chapitre du samedi. Je vous avoue qu’au début j’ai essayé. Pourquoi ? pour être bien perçue, être une « vraie sœur de Bethléem ». Pour la confession, on attendait son tour dans la chapelle. Du coup toutes les sœurs qui arrivaient pour la messe pouvaient voir « qui » attendait … Apres quelques temps j’ai cessé de me forcer d’aller à cette confession, car je constatais que c’était source de trouble et non de paix intérieure (cf. St Ignace). Mais j’ai été témoin du comportement hallucinant d’une sœur qui était complètement malade à l’idée de manquer sa confession journalière. Sur le moment, j’avais déjà la conviction que cette sœur développait un problème psychique et non spirituel. Maintenant que je suis sortie j’en suis encore plus persuadée. Quelle tristesse ! Cette sœur devenait malade psychique (pleurs, comportement angoissé -comme se ronger les ongles de manière compulsive- , regard fuyant, auto-accusation sur un ton dramatique au cours du Chapitre de coulpe), sous mes yeux, et en plus le contexte la poussait dans ce sens.

    • Bethléem : retour aux fondamentaux 12 janvier 2015 15:38, par Brigitte

      merci au dominicain de service pour la clarté et la profondeur de ses paroles, tant sur le plan humain que sur le plan spirituel. Le temps de Noël s’achève, nous venons de célébrer le mystère de l’incarnation : notre Dieu qui se fait homme pour nous sauver et Bethléem (dont je suis une ancienne y ayant vécue 8 ans) m’est toujours apparue comme niant la personne humaine jusque dans son être profond pour la structurer, la« formater », la comptabiliser,« l’angéliser…. » Marie, je l’aime et l’ai toujours aimée ; mais dans les années 70-80, prier le chapelet était ignoré, pas de rosaire à la ceinture des soeurs, seul était prôné le chapelet de prière à Jésus comme chez les orientaux.J’avais le bonheur de travailler avec une soeur qui priait le rosaire et il nous arrivait souvent de prier ensemble.Merci Hosannah

    • Bethléem : des fondamentaux face aux excès. 14 janvier 2015 13:22, par Dominique

      « Cela pourrait se comprendre si l’excès n’y a pas de place », écrit dominicain de service….

      En réponse, pour expliquer l’excès affirmé et voulu à Bethléem, ces passages d’un même document remis aux sœurs :

      • « Dieu choisit certains baptisés. Il les appelle à accomplir de manière maximaliste et totalitaire ce don d’une vie entièrement ressemblante à la Vie du Fils Unique. » Règle de Vie, 312
      • soeur Isabelle, le 6 août 2000, dans le même document : « C’est l’économie du trop, du saint maximalisme de l’Amour qui est délivré en moi par le Saint Esprit. Ainsi je vais tendre à être filiale à l’excès parce que j’aurai été épousée à l’excès par l’Epoux, l’Epoux qui a donné sa vie pour moi, l’Epoux qui a troué les cieux pour moi et qui m’a unie définitivement à lui en un seul corps mystique, en un seul être avec lui. Et si, épousée par le Fils et devenue un seul fils avec Lui, je suis fils à l’excès, alors je vais aussi entrer avec lui dans une ressemblance à l’excès avec le Père. Je vais apprendre à aimer dans son regard de Lumière et d’Amour au-delà de tout. En chacune de mes relations avec mes frères, je vais avoir le souci prioritaire d’être transmettrice de la Vie de Dieu, sans rien me réserver pour moi-même selon le caractère du Père qui m’est révélé dans l’Evangile et que Jésus a vécu lui-même jusqu’à mourir d’amour. »
      • Suit une question dans le même document : "Comment demeurer et durer dans cette économie du trop, du saint maximalisme de l’Amour ?

      Ne perçoit-on pas dans ce document une apologie avérée de l’excès ? On la retrouve dans une autre invitation à « ne plus coller avec la terre ». Comment s’étonner alors que certains décollent et perdent pied avec leur vie ?

  • L’Anonyme 8 janvier 2015 16:41

    Je vous remercie de vos paroles paisibles et pacifiantes.

    Je ne suis pas théologienne du tout.

    Mais je suis toujours interrogée par les paroles du « texte de référence 2 » au sujet de « l’hérésie de Fabio ». Il parle effectivement de « in persona » mais il me semble que pas au sens du sacrement mais au sens de la pseudo-spiritualité. On accentue tellement la présence de Marie en la prieure, en ses décisions, ses pensées, jusqu’à ses manières de faire, qu’on n’arrive plus à séparer la prieure de Marie, tout en se heurtant à ses failles continuelles. Mettre en cause la prieure est, dans la pratique quotidienne, mettre en cause Marie. D’où qu’on ne puisse jamais la contredire. Par mon expérience il me semble que la pratique de « l’hérésie » elle est bien présente et actuelle à Bethléem et que Fabio n’a fait qu’expliciter la gravité de l’affaire. Quand il a parlé de « in persona » alors on s’est justement choqué mais on se rend pas compte que c’est comme cela « in concreto » qu’on aplique la pseudo-spiritualité de la Vierge à Bethléem, même si on n’a jamais utilisé l’expression.

    D’ailleurs personne (soit Fabio, soit quelqu’un à bethléem) est si ignorant ou fou, pour donner aux paroles « in persona » se référant à Marie la même valeur qu’on donne à celles qu’on attribue aux prêtres quand ils agissent « in persona Christi ». Je trouve ridicule qu’on arrive jusque là et que les responsables de bethléem descendent si bas dans leurs efforts de se défendre du bain de vérité que leur tombe dessus.

    • Bethléem : retour aux fondamentaux 11 janvier 2015 00:40, par Dominique

      De ce que j’ai pu lire jusqu’à maintenant d’homélies de prieure, il s’agit de se substituer à la Vierge. Il est clairement question d’une théorie de la substitution dans plusieurs homélies.

      J’ai même lu dans l’homélie d’une prieure qui devait sans doute être un peu fatiguée ce jour là que « sœur Marie c’est Marie, et Marie c’est sœur Marie. »

      Le retour aux fondamentaux va nécessiter du travail.

  • Isabelle 5 janvier 2015 23:48

    Etant ancienne victime d’un autre mouvement d’Eglise, je reconnais ma situation dans la description que vous faites de la double souffrance. La plupart des personnes bien intentionnées à qui l’on fait part de notre mauvaise expérience n’ont rien de plus pressé que de minimiser ce qui a été vécu de négatif et d’en faire une cause particulière. « C’est à cause d’untel… c’est toi qui…c’est un problème très localisé. Mais, surtout, touche pas à mon institution ! »

    • Bethléem : retour aux fondamentaux 6 janvier 2015 09:04, par Rénato

      Etant ancienne victime d’un autre mouvement d’Eglise, je reconnais ma situation dans la description que vous faites de la double souffrance. La plupart des personnes bien intentionnées à qui l’on fait part de notre mauvaise expérience n’ont rien de plus pressé que de minimiser ce qui a été vécu de négatif et d’en faire une cause particulière. « C’est à cause d’untel… c’est toi qui…c’est un problème très localisé. Mais, surtout, touche pas à mon institution ! »

      + 1 comme il est d’usage sur les forums ! surtout ne pas avoir l’air de vouloir éclabousser l’institution mais plutôt panser ses plaies, sans aucune aide, seul et attendre que la souffrance passe.. j’ai connu ça aussi…

  • Magda 3 janvier 2015 22:27

    Je voudrais aussi remercier du fond du cœur le Dominicain de service pour ces paroles réconfortantes. On aimerait parfois que nos prêtres et nos évêques en fassent autant.

    L’ironie de l’histoire, c’est que c’est précisément en attaquant violemment ses anciens membres que les dirigeants de Bethléem manifestent toute leur crapulerie.

    Et au final, à cause de leur déni, ce sont eux qui vont détruire leur communauté. Pas Fabio, ni les autres.

  • Suzanne 2 janvier 2015 21:56

    Merci pour ce retour aux fondamentaux. Un bol d’air frais en ce début d’année.

  • Luciole 2 janvier 2015 20:29

    Je voudrais remercier le Frère Prêcheur qui a écrit ce billet pour cette rafraichissante mise au point.

    • Bethléem : retour aux fondamentaux 6 janvier 2015 23:47, par George

      Le frère prêcheur, avec raison, fait référence à la façon dont la théologie mariale est traitée et comprise chez Bethléem. Le type de phrase « la Vierge Marie a un projet pour toi » est aussi très souvent proféré avec ses multiples variantes dans de nombreuses communautés déviantes. D’une façon générale il manque une synthèse sur la façon dont la Vierge Marie est utilisée (i.e. instrumentalisée) dans les Communautés connues pour leurs abus. Cela ne se limite pas - loin de là - à Bethléem même si Bethléem a vraiment « poussé loin le bouchon » en ce domaine.