Vendredi 3 janvier 2014 — Dernier ajout jeudi 3 avril 2014

« Cette communauté n’écoute rien, rabaisse et détruit »

Très attiré par l’idéal spirituel de saint Jean le fils bien aimé, séduit par la règle de vie de la communauté Saint-Jean, je fais un essai d’une semaine pour voir. Je ne suis absolument pas attiré par la personnalité du père Marie-Dominique-Philippe mais j’avais soif de la recherche de la sagesse.

Durant cette semaine, à l’oraison dans ma cellule, je reçu dans la prière une grâce spirituelle importante et inoubliable ou je pris conscience fortement de la présence « omniprésente » de l’existence de Dieu aimante et surabondante qui est l’« essence » de tout le créé « tout vient de LUI, tout va à LUI » après m’en être à confié au père M. Je suis accepté tout de suite. Le père M. est mon père directeur spirituel mon père « Maître ». Par la suite il n’a jamais essayé d’approfondir cette grâce pour que je puisse en vivre davantage alors qu’elle correspondait bien au prologue de saint Jean et aux termes étudiés par saint Jean. Je regrette.

Le père Marie-Dominique-Philippe est très attentif à la manière dont on écoute ses conférences très sensible et même susceptible car il est prêt à sauter sur les premiers distraits qui se passent des petits mots écrits en souriant, allant jusqu’à les menacer d’exclusion ou de péché grave s’ils recommencent.

Il ne veut aucun « murmures » et pourtant : lui-même se permet dans ces conférences de se moquer d’un tel ou d’une telle, en donnant suffisamment de détails pour qu’on reconnaisse les personnes. Il mélange le fors externe et le fors interne et commet des indiscrétions graves. Si on le contredit, il nous reprend violemment.

Il parle en privé du monde extérieur comme terrible et satanique, il dit que nous vivons les derniers temps et nous dit qu’on a bien de la chance d’être à Saint-Jean bien protégés à l’intérieur de la communauté.

À Rimont je suivis mon cursus théologique. Je suivais quelques conférences du père Marie-Dominique-Philippe ; je serrais les mains sur la chaise en attendant que ça passe car il était tellement incompréhensible, il suivait une idée en toute logique toute mathématicienne sans aucun lien avec la réalité. Il s’écoutait parler, il n’atteint aucunement l’universalisme de saint Thomas et du reste oubliait complètement le conseil de ce dernier : la soumission au réel. Complètement déconnecté du réel, il extrapole les textes de la bible et laisse courir son imagination, cela sans explication de la raison ou de la cause. Je ne peux m’intéresser au cours de philosophie incompréhensibles du père et j’attends beaucoup plus de la théologie. On avait des conférences toutes la journée et même parfois jusqu’à 9 heures 30 et même 10 heures du soir ; du reste quand j’ai eu des migraines ophtalmiques à cause du manque de sommeil je n’ai pas pu faire la lecture. On a été voir un rebouteux pour me soigner la tête.

Le péché de la communauté Saint-Jean est le péché d’omission. On oublie de dire et même d’enseigner les bases, on veut favoriser l’intellect et on plane dans un nuage flattant la vanité. Sans leur donner les bases de leur trois vœux de religieux : la pauvreté, la chasteté et l’obéissance, ça on peut le lire chacun de son côté, si on y pense. On peut comprendre que ces jeunes ne sont pas préparés à la vie religieuse et qu’il y ait tant de déviances sexuelles par un manque d’exigence pour l’explication de la chasteté et par manque d’exercice de la charité fraternelle.

Suite à des visites de ma mère qui s’apercevait que cela n’allait pas, un jour je décidais que dans ces conditions ce n’était plus possible et je partis. Cependant mon angoisse était telle que je voulais mourir, je désirais que l’Hadès vienne, j’appelais la mort. Ma mère me conseilla et je dus être interné en hôpital psychiatrique et rester trois jours en salle d’isolement. Je me voyais comme quelqu’un d’important avec un rôle (de sauveur du monde ???)… On me donna un traitement et je dus me débrouiller tout seul.

J’ai mis quatre ans à m’en sortir psychologiquement. Parce qu’en entrant j’avais un diplôme de construction mécanique, je pus petit à petit reprendre une vie normale, et trouver du travail en tant que dessinateur industriel. Mais je plains ceux qui entrent à 20 ans sans diplôme.

Je n’ai eu aucun contact avec la communauté une fois parti. Je ne peux en parler que depuis maintenant, treize ans après. Je me rends compte maintenant que j’étais simplement une victime d’une communauté oppressante et dirigiste qui écrase ses membres pour mieux assouvir un Dieu terrible qui a soif de la souffrance des moines. L’amour du Christ est bafoué par cette communauté.

Je suis entré sain d’esprit mais en recherche comme tout adolescent et j’en suis sorti avec un traitement psychiatrique.

Témoignage d’H.

Source : Golias magazine n° 105 novembre/décembre 2005