Mardi 28 octobre 2014 — Dernier ajout dimanche 1er février 2015

Communauté de Bethléem : les révélations accablantes d’un ancien supérieur

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Après avoir passé 24 ans dans la communauté de Bethléem, et y avoir occupé les plus hautes fonctions, un ancien supérieur a décidé d’exposer ses analyses sur les pratiques sectaires et les mécanismes d’emprise au sein de son ancienne congrégation. Il s’agit d’un document d’une extrême gravité, qui a été relu et corroboré par six autres anciens membres de cette communauté. [ADDENDUM : Nous publions à la suite de cet article le droit de réponse du frère Silouane, prieur actuel des frères de Bethléem]

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LA FAMILLE MONASTIQUE DE BETHLEEM, DE L’ASSOMPTION DE LA VIERGE ET DE SAINT BRUNO.

Témoignage personnel et analyse critique

Quelle est la signification exacte du titre de votre livre le plus connu Si c’est un homme ?
Primo Levi : Ce titre fait allusion non seulement au prisonnier mais aussi à son gardien. Je dirais que mon expérience fondamentale, spécifique, est celle-ci : ce système-là détruit l’humanité en qui l’exerce et en qui le subit, en mesure égale. La même déshumanisation que nous subissions parce qu’imposée, nous la voyons survenir en qui nous gardait, en toute la hiérarchie nazie.
Primo Levi, qu’est-ce la mémoire ?
P.L. : La mémoire est un devoir, elle l’est pour tous les hommes en tant que tels et l’est particulièrement pour nous qui avons eu la malchance mais d’une certaine façon la chance aussi de vivre des expériences fondamentales. Il me semble qu’il serait vraiment manquer à un devoir que de ne pas transmettre la mémoire de ce que nous avons vu.
(Primo Levi, interview avec Lucia Borgia, Rai edu, 1984)

Je m’appelle Fabio, je suis né en 1965 en Italie. J’ai connu la Famille monastique de Bethléem à l’âge de 19 ans et j’y suis rentré à 20. Je voulais donner un sens à ma vie autre que celui qui avait la faveur dans les débuts des années ’80, c’est-à-dire gagner de l’argent, faire carrière et s’amuser autant que possible. Voilà pourquoi le style apparemment très évangélique de cette communauté avait rejoint immédiatement le désir qui hantait mon cœur, celui de me donner à Dieu et aux autres avec générosité. J’étais un jeune idéaliste à la recherche d’un idéal digne d’y consacrer entièrement ma vie.

Je fréquentais l’Université, j’aimais étudier, je réussissais bien. Les responsables de la communauté m’ont dit d’arrêter les études car le Christ ne pouvait attendre. Je ne demandais pas mieux. Si l’éclat d’un geste aussi tranchant me donnait le vertige, je dois reconnaitre qu’encore plus il me fascinait.

Ils m’ont demandé de ne rien dire à personne de mon choix, sauf à ma famille. Je suis parti sans saluer aucun de mes amis et amies, un beau jour d’octobre 1985. Ils m’ont dit que la Vierge m’avait choisi de toute éternité pour que je fasse partie de sa famille en renonçant à toute autre famille sur la terre.

A l’époque, jamais ils n’ont utilisé devant moi le mot « discernement ». Ils ne m’ont jamais dit d’aller voir ailleurs avant de m’engager (je venais quand même d’avoir tout juste 20 ans, je ne connaissais rien à la vie, et de plus il me fallait quitter ma terre natale, « émigrer » en France). Ils ne m’ont jamais demandé si il y avait des choses qui me contrariaient dans la communauté. Ils ne m’ont m’a jamais proposé d’attendre. Ils m’ont dit : la Vierge et le Christ t’appellent et t’attendent sans tarder.

Ce n’est que 24 ans après que j’ai pu m’apercevoir qu’il y avait « un autre côté » par où regarder les choses, un autre point de vue pour relire ce qui s’était passé dans ma vie et ce qui se passait dans la vie quotidienne de la famille monastique de Bethléem. Au cours de l’été 2009, j’ai quitté la communauté après y avoir passé 24 ans de vie monastique dont 9 de vie sacerdotale. C’est cet autre regard que j’ai voulu mettre par écrit dans mon témoignage.

Les paroles de Primo Levi, et d’autres encore de ce même auteur, m’ont servi de phare pour mettre en forme ces pages. Je ne les ai pas rédigées dans une optique d’auto-thérapie ni de vengeance. Le travail de réécriture de mon expérience à Bethléem je l’ai fait quand je venais de sortir de la communauté, il y a un peu plus de 5 ans, le 10 juillet 2009. À l’époque cela m’avait énormément aidé. La rédaction de ce témoignage a une autre visée : aider, dans la mesure du possible, certaines catégories de personnes. Je sais parfaitement qu’aucun frère ou sœur de Bethléem ne lira jamais ces pages. Les responsables, et même pas tous, les liront certainement. Mais cela s’arrêtera là. Ce n’est donc pas à eux que j’ai pensé en écrivant ces pages.

J’ai pensé plutôt et principalement aux ex-frères et ex-sœurs de Bethléem, aux familles qui ont actuellement un fils, une fille, un neveu, une nièce, une cousine, un cousin dans la communauté, aux jeunes gens qui s’interrogent sur leur vocation et à toute personne, prêtre, évêque, religieux, religieuse, simple laïc qui veut les aider. J’espère que ces personnes pourront tirer profit de cette lecture.

Une petite introduction s’impose aux pages que vous allez lire.

En novembre 2009 je franchissais les portes de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi au Vatican apportant sous mon bras un dossier d’une quarantaine de pages sur ce que j’avais vécu pendant 24 ans, de 1985 à 2009, dans la Famille monastique de Bethléem, de l’Assomption de la Vierge et de Saint Bruno, mieux connue en France comme la communauté de Bethléem tout court. Je les franchissais une deuxième fois, un mois et demi plus tard, en compagnie d’un autre frère qui venait de quitter pareillement la communauté, et qui apportait lui aussi un dossier de la même teneur.

Ce frère avait rempli la fonction de prieur général du temps de la fondatrice de la communauté, sœur Marie Dupont. Depuis 1979 il l’avait accompagnée dans toutes ses démarches. Il connaissait énormément de choses. Moi, j’avais été de 2001 à 2009 le premier assistant du nouveau prieur général. J’avais rempli la fonction de prieur du monastère des frères en Israël, à quelques centaines de mètres du monastère de celle qui avait succédé à la fondatrice, morte en septembre 1999. Nous nous complétions donc dans nos témoignages et nous tombions parfaitement d’accord sur une grave constatation : la communauté de Bethléem avait présenté dès ses origines de dangereuses déviances d’ordre sectaire. Celles-ci n’avaient pas cessé avec la mort de la fondatrice, au contraire.

Les pages que vous allez lire sont tirées de ces dossiers présentés au Vatican. Avec le recul que donne le temps, j’ai épuré ces textes des éléments trop subjectifs ou moralisants, qui pourraient gêner le lecteur. J’ai essayé de m’astreindre à un registre le plus descriptif et objectif possible. Je me suis efforcé d’éviter les jugements de valeur. J’ai voulu laisser le lecteur ou la lectrice se forger eux-mêmes une opinion à partir du témoignage de quelqu’un qui a vécu longtemps dans la communauté et a pu connaître de près l’actuelle prieure générale des sœurs.

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Préambule

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Sentiment de supériorité

Avant de commencer, j’aimerais dire qu’à Bethléem règne une atmosphère d’élitisme exacerbé. On aimait évoquer une phrase que Mgr Renard, alors Evêque de Versailles et supérieur canonique de la communauté, avait dite à sœur Marie, la fondatrice [1], dans les années cinquante : « Ma sœur, vous ferez toujours mieux que les autres et c’est pourquoi on vous en voudra toujours ».

Cette phrase symbolisait pour nous le destin mystérieux et inéluctable de Bethléem : une supériorité incomprise et jalousée.

Cette supériorité se manifestait à l’égard de la plupart des autres institutions religieuses :

D’abord, les autres ordres monastiques « vieillots » dont on critiquait l’affadissement de l’observance religieuse. Sœur Marie, dans un fameux texte de 1975, qualifiait ces derniers de « monachisme lévitique ». En public, il fallait bien sûr manifester toute notre estime quand on évoquait telle ou telle communauté, mais en réalité, entre nous, à l’intérieur des monastères nous mettions facilement en avant ce qui n’allait pas dans ces communautés face à la réussite de Bethléem.

Puis les institutions apostoliques de l’Église : prêtres de paroisses, communautés apostoliques, évêques ou toute autre forme de réalités ecclésiales, jugées trop pastorales, trop modelées sur le monde, trop pauvres en spiritualité.

La tradition théologique enfin. Sur les traces du père Marie-Dominique Philippe [2] nous étions convaincus d’être restés presque les seuls à maintenir intacte la pure doctrine grâce à notre référence à saint Thomas et à la philosophie réaliste conçue d’une façon vivante par le bénéfice, entre autres, de l’apport de l’Orient. Tout le reste n’était qu’une théologie soit cérébrale, soit psychologique ou sociologique : en deux mots « trop humaine ».

À cause de cette supériorité convoitée par la jalousie de beaucoup, toutes les critiques, fussent-elle d’un prélat, nous semblaient d’emblée injustifiées et irrecevables. Et bien sûr, ces critiques étaient occultées à la communauté à laquelle on ne rapportait que les appréciations positives et élogieuses, surtout celles du Pape ou de son entourage.

En apparence, on parlait beaucoup de l’Église à Bethléem, on nous invitait à l’aimer, à la chérir. On vénérait le Pape. Quand des évêques venaient nous rendre visite, nous leur manifestions toujours un accueil très chaleureux, leur témoignant beaucoup de vénération et de communion. Il n’était pas rare que nous leur fassions plein de cadeaux [3]. Il fallait donner l’impression d’une communauté très attachée à l’Église, très ecclésiale et orthodoxe.

En réalité, on ne connaissait pas, ou très peu et de très loin, l’Église dans ses manifestations et ses membres vivants. Les publications ecclésiales n’ont jamais franchi les murs des monastères sauf quelques rares exceptions telle La Documentation Catholique. On nous déconseillait fortement ce genre de lectures qui, nous disait-on, n’avaient rien à nous apporter et risquaient de nous faire perdre notre temps. Bien sûr, nous n’aurions jamais dit cela en public. C’était une règle tacite, imposée à tous.

Bethléem était la seule et véritable Église, bénie par Dieu : nous étions l’Église des derniers temps de l’humanité ! Notre congrégation était jeune par ses nombreuses vocations qui ne cessaient d’affluer, solide dans sa théologie, orante dans sa prière toute de profondeur et de qualité, évangélique dans sa formation centrée presque exclusivement sur une lecture au raz du texte des Évangiles, œcuménique dans ses ouvertures prophétiques sur l’Orient et depuis quelques années sur Israël et nos frères juifs, belle dans ses liturgies fascinantes, ses architectures et ses artisanats, debout dans sa formation qui se voulait théologale et non psychologique, ouverte à la rencontre profonde et non superficielle avec les hommes et les femmes de notre temps assoiffés d’absolu, prophétique et eschatologique dans son attente toute tournée vers le retour prochain du Christ.

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Défiance à l’égard de l’Église

À côté de cette supériorité dissimulée envers l’Église et ses princes, il y a toujours eu à leur égard une certaine défiance mêlée de peur. On nous apprenait à être circonspects et prudents avec les gens de l’extérieur, y compris dans les lettres à nos propres parents. On nous disait que l’Église en général, et les évêques en particulier – ne pouvaient pas comprendre ce que nous vivions… Et donc qu’il valait mieux ne pas trop en parler. Notamment, si un moine ou une moniale avait dans sa parenté un prélat ou une religieuse, on passait au crible les lettres qui leur étaient adressées. Personnellement, en tant que prieur, il m’est arrivé de faire corriger les lettres d’un jeune moine à l’une de ses tantes religieuse ou à son ancien père spirituel. Quand il s’agissait d’un moine ou une moniale qui avait un frère, un oncle ou un cousin évêque, on redoublait d’attention.

Le plus important c’était que, grâce à l’appui de certaines personnalités ecclésiales – évêques, cardinaux, membres des dicastères, théologiens – Bethléem puisse toujours parvenir à ses fins et continuer d’exister à l’abri des critiques et des remises en question qui pourraient lui venir de l’Église elle-même, tout en dorant sans cesse son blason et en soignant son image de marque sur ce même plan ecclésial.

À Bethléem, nous vivions dans l’angoisse que les représentants officiels de l’Église ne fassent une enquête approfondie sur ce qui faisait la spécificité de notre vie. En particulier, on craignait que tel ou tel frère, encore présent dans la communauté ou sorti d’elle, n’aille « dénoncer » Bethléem. Même si nous ne l’aurions pas formulé ainsi, nous avions tous conscience de notre propre vulnérabilité à l’égard d’une telle éventualité. Nous avions peur de venir à la lumière, comme si on savait que certains aspects de notre vie religieuse n’étaient pas complètement orthodoxes, conformes aux normes ecclésiales.

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Une discipline du secret

Le mélange entre ce sentiment de supériorité et cette défiance compulsive à l’égard de l’Église produisait une véritable « discipline du secret ». Ainsi, les textes spirituels qui nous nourrissaient étaient différents de ceux offerts par le discernement de l’Église ; nos méthodes de formation et de gouvernement, voire notre spiritualité, n’étaient pas les mêmes que celles que l’on présentait à l’Église pour obtenir son approbation. On vivait ainsi à deux niveaux, deux registres, deux vitesses : un niveau apparent, en conformité avec l’Église et un niveau secret, caché.

Dans ce témoignage, je voudrais distinguer les principaux secrets (ou « secrets majeurs ») que j’analyserai en détail plus loin, des autres secrets (ou « secrets mineurs »), que je ne ferai qu’évoquer.

J’ai dénombré six « secrets majeurs » :

  1. Le secret marial de Bethléem : pierre angulaire de sa spiritualité.
  2. L’accueil des jeunes et leur accompagnement personnel et spirituel tout au long de leur vie monastique.
  3. Le mode de gouvernement de la communauté, qui contredit les normes canoniques les plus élémentaires.
  4. Le statut des frères, avec l’ingérence flagrante des sœurs dans leur gouvernement et leur formation.
  5. La formation théologique et spirituelle.
  6. Les mécanismes d’aliénation et de manipulation.

Et du côté des « secrets mineurs » :

  1. Un manque presque total d’information sur ce qui se passe dans le monde et dans l’Église .
  2. Un régime alimentaire « donné par la Vierge » directement, sous couvert d’une pseudo-sagesse culinaire naturelle et monastique, ce qui n’empêche pas que beaucoup de membres de cette communauté soient atteints des maladies les plus diverses, souvent auto-immunes.
  3. Les textes de la fondatrice, gardés soigneusement et cachés aux yeux de toute personne de l’extérieur, surtout aux gens d’Église.
  4. Les départs des frères et des sœurs. Leur départ n’est jamais annoncé à la communauté. Si on demande de leurs nouvelles, on nous dit qu’ils sont partis se faire soigner, ou qu’ils ont reçu une mission particulière, ou d’autres fausses excuses. On supprime petit à petit toutes les photos et autres enregistrements où ils apparaissaient, comme s’ils n’avaient jamais existé. Toute communication avec eux est considérée suspecte et donc à bannir.
  5. Le pendule. Le pendule a été introduit à Bethléem par la fondatrice. Cette dernière l’a toujours utilisé, à titre personnel, pour se soigner. Son utilisation s’est ensuite répandue à toute la communauté, au point de devenir une véritable coutume « monastique » ! La Prieure Générale transmet un pendule à la prieure de chaque monastère, dès sa nomination. Celle-ci l’utilise chaque fois qu’elle le croit nécessaire pour détecter, pour elle-même ou pour ses subalternes, si les aliments sont frais, si un médicament est convenable, de quelle nature est une maladie, un virus ou un malaise etc. L’infirmière peut être habilitée par la prieure à utiliser le pendule. Certains membres de Bethléem se saisissent en secret du pendule et l’appliquent à l’ensemble de leur vie dans une divination sans fin.
  6. La consultation de pseudo-voyants. La fondatrice a partagé et induit chez ses disciples sa grande crédulité à l’égard des phénomènes d’apparitions privées non suivis ni discernés par l’Église. Ainsi une dame du nom de Saroueh, habitant Nazareth a été durant 13 ou 14 ans une véritable source d’inspiration pour beaucoup de membres de Bethléem. Lorsqu’un membre doutait de sa vocation, il pouvait consulter Saroueh qui lui donnait des messages de la part de la Vierge. C’est ainsi que nombre de frères ou de sœurs ont été « confirmés » dans leur vocation par la « Vierge de Saroueh [4] ». La « Vierge » était couramment « consultée », notamment pour confirmer des aspirants dans leur vocation. Ces derniers recevaient d’ailleurs les « messages » sans même les avoir demandés. Après le décès de cette dame, Bethléem a eu recours à d’autres voyants ou voyantes.
  7. La présence de castes à l’intérieur de la communauté. Depuis les débuts de la fondation, certaines personnes ont joui de privilèges dus à leurs origines familiales, à leur prestance physique (en particulier, les religieux et religieuses grands, minces, blonds et aux yeux bleus), à leur patrimoine financier, à leurs réseaux de connaissances (surtout de gens d’Église influents), à leurs capacités intellectuelles ou artistiques (arts plastiques ou figuratifs notamment), bref, toutes les personnes susceptibles d’apporter quelque chose à Bethléem. Ces derniers sont généralement dispensés de toutes les tâches fatigantes comme les travaux ménagers. Ils accèdent assez rapidement à des postes de responsabilité ce qui leur donne le droit de faire des entorses à la règle (régimes alimentaires moins austères, visites des parents plus fréquentes, traitements de faveur vis-à-vis de leurs familles, etc.).
  8. La présence eucharistique permanente dans les oratoires des cellules des novices, des postulants et même, assez souvent, des jeunes gens effectuant une retraite dans la communauté. Il faut savoir que cette pratique est en pleine contradiction avec la Règle de Vie canonique de la communauté et les textes pontificaux de référence.
  9. Les innovations liturgiques : L’ensemble des liturgies célébrées à Bethléem sont uniquement ad experimentum et ceci depuis 60 ans, sans aucune approbation du Saint-Siège. Aussi, une vague bénédiction ecclésiale suffit pour justifier n’importe quelle innovation liturgique. Ces innovations concernent la manière de célébrer la Messe (pendant un certain temps, il s’agissait surtout d’innovations relatives au rite cartusien, mais ensuite Bethléem a élaboré son propre rite, en mêlant le rite romain avec différents apports de traditions orientales) et la composition hétéroclite de la liturgie (mélodies venant de plusieurs sortes de traditions, parfois mal assimilées, avec des innovations et des créations de qualité mitigée).

Et tant d’autres gros problèmes dont je ne parlerai pas ici, tels que :

  • Une gestion financière opaque .
  • Des « magouilles » pour obtenir des traitements de faveur auprès de certains ministères de l’État français, en particulier celui de la Santé, (afin, notamment, d’obtenir que les membres de la communauté puissent jouir du régime de pauvreté) .
  • Des dépenses faramineuses pour construire des monastères gigantesques et luxueux à travers le monde .
  • La non-déclaration aux administrations publiques des jeunes travaillant dans les monastères .
  • La manière désinvolte de tromper le Fisc quant à la production et à la vente des produits artisanaux .
  • Le transport illégal de grosses sommes d’argent d’un pays à l’autre (Les religieuses passent notamment les douanes en cachant des liasses de billets dans leurs soutien-gorge ou dans leurs chaussettes) .
  • L’absence de cotisations pour la retraite. C’est ainsi que les sœurs et les frères qui sortent après 10, 20 ou 30 ans de vie monastique se retrouvent dans des situations économiques plus que précaires et pour certains/certaines, dramatiques.
  • Les constructions abusives faisant fi de tout permis de construire, les constructions hors-la-loi.
  • Etc. etc. etc.

Je ne pourrai pas tout évoquer dans ce témoignage. Il y faudrait un énorme ouvrage pour exposer dans le détail tous les méfaits et les malversations opérés dans et par cette communauté. J’espère de tout mon cœur qu’un jour un homme ou une femme de bonne volonté osera le faire. Je sais néanmoins que pour y arriver, il lui faudra affronter la résistance obstinée de tous les responsables de la congrégation et d’une partie de la hiérarchie de l’Église.

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1. Le secret marial de Bethléem

La spiritualité fondamentale de Bethléem jalousement gardée secrète, est transmise de manière initiatique et vécue en cachette de l’Église. Elle repose sur une substitution excluant la personne du moine et de la moniale par la Vierge.

« À Bethléem il n’y a pas de méthodes, il y a quelqu’un, il y a la Vierge ». Cette phrase, tirée de l’un des tout derniers textes composés par sœur Marie peu avant de mourir, intitulé : La théologie surnaturelle, pourrait être une première voie d’accès à ce domaine si « étrange » et en même temps si essentiel et constitutif pour Bethléem qu’est la vie avec Marie.

L’aventure mariale à Bethléem commence à partir de la première rencontre du futur moine ou de la future moniale avec cette « vie en, avec, par Marie ». Cela se passe normalement pendant le mois évangélique [5], qui plus qu’une retraite vocationnelle est une première initiation à la spiritualité de Bethléem. Les textes des catéchèses et des moments de prière sont ceux-là même qui seront utilisés pour la formation des recrues durant leur première année (et souvent aussi dans les années suivantes) à Bethléem.

Pendant ce mois évangélique il y a le moment du « pacte avec la Vierge », qu’on a toujours appelé un "tournant". Nous attendions tous la conférence clé où la prieure générale explique et délivre quelque chose du secret de cette vie avec la Vierge, où elle spécifie qu’il y a deux niveaux dans notre relation avec Marie.

Le premier niveau est celui de la dévotion, qualifié, selon une expression de la fondatrice, de « saupoudrage » de sa propre vie spirituelle. C’est quelque chose de beau mais qui reste extérieur à notre vie profonde avec le Christ.

Le deuxième niveau est celui de la vraie relation à Marie. On y accède quand on a compris que par nos seules forces notre vie avec le Christ n’ira pas très loin, qu’elle restera toujours entachée de faiblesses, de péchés, de blessures.

Pour sortir de cette impasse spirituelle désespérante, il y a un secret : il s’agit de poser un acte qui s’appelle le RENONCEMENT. Il s’agit de renoncer à sa propre vie spirituelle pour recevoir celle de la Vierge. Il s’agit de faire silence sur soi-même, autre concept clé très important, pour adhérer à la présence actuelle et simultanée de Marie dans La Trinité et au plus profond de mon cœur. Tout ce qu’Elle reçoit actuellement de la Très Sainte Trinité, Elle me le donne, comme une Mère. Suis-je devant une incapacité à vivre telle ou telle parole de l’Évangile ? Il me faut commencer par faire silence sur tous mes remous, peurs, angoisses et y renoncer en les déposant entre les mains de Marie. Je lui donne mes incapacités et Elle me donne en retour ses capacités à Elle. En cela consiste précisément le pacte avec Marie.

C’est donc durant le mois évangélique que la prieure générale invite tous les participants à faire ce pacte qui suit une formule type dont chacun peut s’inspirer. Le texte proposé dit ceci :

Très sainte Vierge Marie, Je te promets de toujours essayer de recommencer à me dire non à moi-même pour recevoir :
  • En ma pensée, ta pensée illuminée par la pensée de Jésus qui reçoit tout du Père,
  • En ma volonté, ton vouloir transformé par le vouloir de Jésus qui se tient en présence du Père et qui accomplit toujours ce qui plaît au Père,
  • En mon cœur, et en mes actes, ta manière d’aimer et d’agir à la ressemblance de Jésus Amen du Père, qui demeure sans interruption en la profondeur du Cœur du Père.

Et, dans la même mouvance on a aussi coutume de proposer aux jeunes de prier Marie avec la formule suivante : « Je te donne ma vocation pour que tu me la dises et que tu la réalises. Je suis absolument sûr(e) de toi. »

Cette formule semble très anodine, en réalité elle fonde, dès le commencement, dans le cœur du jeune homme ou de la jeune femme, la conviction profonde que sa vocation d’entrer à Bethléem leur vient tout droit de la Vierge en personne qui les accompagnera tout au long de leur chemin et jusqu’à la fin pour l’accomplir.

Si Marie a un si grand rôle dans le mois évangélique c’est parce qu’elle est TOUT pour un membre de Bethléem. Elle est la FONDATRICE de sa communauté qui ne peut donc qu’avoir une origine céleste. Elle est sa PRIEURE qui, à travers et parfois au-delà de son prieur visible, lui manifeste d’une manière infaillible la Volonté divine. Elle est son STARETS qui, plus profondément que tout accompagnateur humain, a la clé de sa vie spirituelle.

Ces trois termes, fondatrice, prieure et starets, sont les trois qualificatifs traditionnels utilisés pour caractériser le rôle de Marie dans Bethléem.

Jusqu’ici, semble-t-il, il n’y a rien apparemment d’hétérodoxe, puisque l’Église elle-même a consacré ces termes dans un document officiel. Où se situe donc le problème ?

Ce n’est pas la place maternelle qu’occupe traditionnellement la Vierge Marie dans la spiritualité monastique classique (elle est Higoumène du Mont Athos, Mère et Reine du Carmel etc.) qui est en cause, ni la tradition de la « consécration » filiale à Jésus par Marie telle qu’enseignée par Saint Louis-Marie Grignon-Marie de Montfort que l’Église approuve. Je vais essayer de vous expliquer ce qui est complètement déviant à l’aide de mon témoignage personnel.

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La réalité de la substitution mariale dans ma vie personnelle à Bethléem

« Ce n’est plus moi qui vis c’est Marie qui vit, qui pense, qui aime, qui veut, qui est… en moi ». J’ai été formé et j’ai moi-même formé mes frères à cette vie spirituelle-là. Il n’y en a pas d’autres possibles à Bethléem. Ce que j’ai vécu va peut-être vous donner une idée de la puissance aliénante et profondément déviante de cette substitution « mariale » dans la vie d’un membre de Bethléem.

Dans les premières années de ma vie monastique, j’avais une vie psychique très mouvementée (émotions, sensations, sentiments, blessures, inhibitions, peurs, etc.). C’était normal, j’étais rentré à 20 ans, j’étais immature, je ne me connaissais pas, personne ne m’avait jamais aidé dans une découverte de ma personnalité ou de ma psychologie. J’étais tout simplement jeune !

Autour de moi, dans la communauté, on parlait souvent de cette vie avec la Vierge l’indiquant comme la solution « instantanée » (on utilisait le mot latin « illico » — tout de suite — pour signifier l’immédiateté de la substitution dans notre esprit de Marie qui prenait donc le relais à la seconde).

Je ne comprenais pas grand chose à mes états psychiques, qui prenaient par moments des formes de « raz de marée ».

On me disait : nul ne peut te l’apprendre si la Vierge ne t’en instruit pas « en direct ». J’attendais donc le moment de cette révélation qui me permettrait d’entrer dans ce qui faisait le cœur du cœur du charisme de Bethléem, c’est-à-dire le moment où tous ces remous psychiques feraient silence et où la Vierge prendrait possession de mon cœur, sans m’enlever mes faiblesses mais comme en les cachant en elle, ce qui serait, pour ces faiblesses, une manière de disparaître et donc de me laisser tranquille…

Or, je me souviens encore aujourd’hui de la minute et de l’heure précises où cela s’est produit. J’étais en proie à mes difficultés affectives et psychologiques habituelles quand, en priant avec la prière quotidienne de Bethléem, et en récitant : « que je sois fidèle en ta foi, inébranlable en ton espérance, ardent de charité en ton amour sans limites », j’ai senti que j’étais « dans » la foi, l’espérance et l’amour de la Vierge. Frère Séraphim [6] n’existait plus, ce qu’il éprouvait n’existait plus, le seul réel était la vie spirituelle de la Vierge versée à l’instant par la Sainte Trinité dans mon cœur.

J’étais passé de l’autre côté de la réalité, j’avais résolu à jamais tous mes problèmes spirituels (une des maximes de Bethléem est de « considérer le problème résolu »). Il s’agissait de poser un acte de foi en la « présence agissante » (autre expression très chère à Bethléem) de Marie à l’intérieur de mon cœur. Elle me donnait à l’instant ce que je n’avais pas. Il s’agissait pour moi désormais de m’arrêter plusieurs fois par jour : ce que la fondatrice appelait « les minutes de Marie ». Soixante secondes où je me « mettais » à la place de Marie, ou mieux, où je laissais Marie prendre ma place, dans un anéantissement de tout ce qui pouvait vivre en moi, à tous les niveaux de mon être pour conscientiser en moi cette substitution jusqu’à ce que cela me devienne comme une seconde nature, une habitude très enracinée [7].

Si j’ai tenu de longues années à Bethléem malgré tant de facteurs que je pouvais très difficilement tolérer, car ils étaient profondément contraires à ma conscience et à ma liberté personnelles, c’est parce que je n’avais plus de vie psychologique et spirituelle propre. Ma vie s’était réduite à un continuel plongeon pseudo-spirituel dans le sein de "Marie" où je croyais trouver une lumière et une réponse à tous mes problèmes. Je sais maintenant qu’elles étaient fausses car en réalité il s’agissait d’une dissolution et d’une négation de mon « moi » profond. Il me semblait même entendre sa voix dans mon cœur qui me disait d’aller de l’avant, de continuer le chemin, qu’Elle savait à ma place et que cela devait me suffire. Et je sais, pour avoir accompagné un grand nombre de mes frères que ces voix, ces « certitudes » que la Vierge nous dit ceci ou cela, sont monnaie courante à Bethléem. En effet, cette vie d’obéissance à la Vierge suppose qu’on arrive à entendre sa voix. Il est usuel d’affirmer : « quand on la prie, Marie répond toujours ».

Tel est vraiment le secret, le grand secret de Bethléem. Beaucoup de réalités constituent Bethléem et caractérisent cette communauté mais cette vie mariale de substitution en est vraiment le pilier. Ce secret reste enveloppé d’un halo mystérieux, il y a ceux qui l’ont découvert et ceux qui en attendent encore la révélation. De toute façon, elle ne se fera pas attendre longtemps puisque, si je suis à Bethléem, c’est parce que la Vierge m’a choisi de toute éternité et m’y a conduit…

Il est donc difficile d’en parler et cela n’est réservé qu’à des témoins privilégiés, en particulier à la prieure générale et à tel frère ou telle sœur qui, d’après ce qu’on dit d’eux, auraient reçu ce secret et en vivraient.

On entoure cette spiritualité d’une montagne de garanties : les saints qui l’ont pratiquée, jusqu’au Pape Jean Paul II, l’enracinement dans l’Évangile – Jésus Lui-même a obéi à Marie (comme Marthe Robin l’avait dit à la fondatrice au début de la fondation des frères). On explique les avantages indéniables qu’elle a pour notre croissance spirituelle et les différences qui l’opposent à une sorte de magie pseudo-spirituelle, etc.

En réalité, si l’on regarde les fruits d’une telle pratique (le seul critère de discernement présent dans l’Évangile), on s’aperçoit que les personnes ont disparu, englouties dans le gouffre mystérieux de la vie avec Marie. La première et terrible constatation est la disparition de toute forme de vie personnelle. Le sujet n’existe plus. Tout est réduit au silence de soi et sur soi.

On a aussi l’impression étrange d’avoir trouvé la formule magique capable d’acheter le surnaturel à très bas prix. Il suffit d’un tout petit acte de croyance mariale pour que le ciel se fasse entendre, pour que la Vierge manifeste sa volonté. À Bethléem on est facilement convaincu que la Vierge veut ceci ou veut cela, qu’elle nous dit ceci ou qu’elle nous dit cela. La Vierge nous parle donc « en direct ».

Je sais parfaitement que celui ou celle qui a disparu dans cet abîme ne peut pas voir, ne peut pas comprendre des paroles de critique et de mise en garde. Moi-même, je ne pouvais pas les recevoir quand j’étais au fond du gouffre. J’avais l’impression qu’en critiquant cette vie avec la Vierge on m’arrachait mon âme, on m’anéantissait, on m’enlevait toute vie spirituelle.

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Conséquences de la « staretzie » de la Vierge au niveau personnel et communautaire : une nouvelle « gnose »

À Bethléem, Marie est la seule "starets [8]". Peu de place est laissée aux accompagnateurs en chair et en os. Dans la communauté telle qu’elle est bâtie à Bethléem, il n’y a pas et il ne peut pas y avoir une latitude pour une confrontation adulte et responsable avec soi-même, avec Dieu ou avec les autres ou tout simplement avec la vie. C’est d’une manière inhumaine et aliénante que le mystère de l’obéissance évangélique est compris et transmis comme une substitution quasi occulte de la personne par la Vierge Marie. Une captation totale de sa liberté et de sa responsabilité par la volonté de Marie. Tout est comme enveloppé d’une épaisseur infranchissable, d’une chape de silence.

On retrouve dans ce portrait les caractéristiques d’un phénomène connu dès l’Église des premiers temps et condamné dès lors : le phénomène de la « gnose », en voilà les traits saillants :

  1. La doctrine mariale est le fruit d’une révélation personnelle, gratuite. Dans la communauté ecclésiale, ceux qui sont appelés à la recevoir sont mis à part des autres. Il y a donc deux catégories de chrétiens, les baptisés « courants » et les baptisés « favorisés de ce don tout gratuit », sans aucun mérite de leur part.
  2. Cette connaissance est entourée d’un secret qu’on ne révèle qu’aux initiés, car « les autres », y compris les prélats catholiques, ne pourraient pas le comprendre.
  3. Elle donne infailliblement le sens d’une supériorité spirituelle. Elle se nourrit de textes différents des textes communautaires officiels approuvés par l’Église. Ces textes ne circulent qu’entre les membres de Bethléem et il est interdit de les montrer à ceux « du dehors », même et surtout à la hiérarchie.
  4. Mise entre parenthèses de la morale. C’est là où je pense que la concordance avec les déviances gnostiques est la plus marquée et de façon inquiétante. En effet, puisqu’il suffit de s’ouvrir à la présence mariale qui est censée me donner par elle-même une vie nouvelle, qu’on qualifiera d’évangélique, je n’ai plus à me préoccuper de ma vie spirituelle et a fortiori je ne ferai plus attention à ma vie morale. Ici intervient le concept de "petitesse" au sens d’accepter et de consentir à mon état de pécheur incapable de me convertir, c’est-à-dire au sens d’accepter de subir cet état, parce que je suis "petit". Par fausse confiance et par démission volontaire, on renonce à s’en inquiéter et à travailler sur soi-même d’une manière adulte et responsable.
  5. Le mépris de tout élément personnel, humain et particulièrement affectif, ce qui ne manque évidemment pas d’avoir des répercussions dangereuses sur la maturité et l’affectivité des personnes.

Cette vie « avec, en et par la Vierge » s’étend de la vie personnelle de chacun à la vie de toute la communauté. C’est ce qui distingue Bethléem de toute autre famille religieuse dans l’Église, du moins c’est ainsi qu’on nous la présentait. Il y a une obéissance communautaire de tous au gouvernement de la Vierge, car Elle est non seulement le guide, le starets de chacun, mais aussi la Prieure de tous.

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2. L’accompagnement spirituel

Tout cet univers parallèle de la vie « avec la Vierge » resterait impossible s’il n’y avait pas à Bethléem un énorme travail de persuasion et de manipulation accompli par des personnes en chair et os qui se chargent d’accueillir le jeune homme ou la jeune femme dès leur tout premier contact avec la communauté.

C’est de cet accompagnement constant, obsessif parfois, discrètement envahissant, faussement respectueux, que je voudrais parler maintenant. Pour des raisons de simplicité je ne m’exprimerai qu’au masculin mais il en est de même pour les sœurs. Donc, tout en gardant à l’esprit certaines différences qui vont de soi entre une fille ou un garçon qui frappent à la porte d’un monastère de Bethléem, les démarches fondamentales sont exactement les mêmes.

Je peux parler de ce sujet en connaissance de cause, ayant exercé ce métier d’accompagnateur presque tout au long de mes 24 ans passés au monastère. J’ai fait partie de ces tout jeunes novices auxquels était confié l’accompagnement d’autres jeunes venus en retraite au monastère. Nous étions évidemment complètement inexpérimentés. J’ai été ensuite responsable de communauté et en tant que tel , « père spirituel » de tous les frères qui y vivaient. J’ai été en première ligne dans l’accueil des jeunes qui sont passés par Bethléem en recherche de leur vocation, surtout entre 2001 et 2008. De 2005 à 2009 environ, je me suis occupé de presque tous les jeunes frères présents à Bethléem et d’un certain nombre de frères plus anciens.

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Les premiers contacts d’un jeune avec la communauté

Commençons par le commencement, le moment où un jeune homme entre en contact avec la communauté. Ceci peut se faire de différentes manières, la plus commune étant par lettre. Ainsi un jeune peut plus facilement expliquer ses motivations et son parcours de vie [9].

Cette lettre est alors examinée par plusieurs personnes. Si c’est un prieur local qui la reçoit, il en parle aussitôt au prieur général ou, à défaut de celui-ci, à son premier assistant. Il reçoit de ceux-ci les instructions sur la manière dont il faut lui répondre et celle-ci tient à plusieurs paramètres dont les plus importants sont :

  • L’âge du jeune homme : au-delà de la trentaine on évalue cas par cas.
  • Son parcours de vie : on est très réticent à accueillir quelqu’un qui a déjà été membre d’autres communautés.
  • Son milieu d’origine : bien évidemment, plus ce jeune proviendra d’une famille aisée et influente plus la réponse sera positive et rapide.
  • Ses connaissances (par qui nous a-t-il connus ? Si c’est par un prêtre ami ou encore mieux par un évêque on ouvrira plus facilement les portes, si c’est par un ancien frère ou sœur, on rechignera un peu, ceux-ci ayant pu lui avoir parlé de la communauté en de termes pas très encourageants, sa demande d’un séjour devenant alors quelque part suspecte).
  • Sa façon de s’exprimer et d’écrire : il n’est pas rare que des personnes déséquilibrées se déclarent appelées à une vie monastique, la calligraphie de la lettre en ce cas peut retenir une attention particulière.
  • Le pays de provenance : à Bethléem, il existe des a priori, positifs ou négatifs, sur certains pays…).

Selon le cas de figure on décide donc dans quelles conditions accueillir ce jeune, dans quelle cellule du monastère le mettre, à quel frère le confier.

Si c’est un « cas particulier » ou « intéressant » on demandera au prieur local de s’en occuper personnellement, autrement on le confiera à un autre frère chargé de dialoguer avec les hôtes. Ce jeune ne connaît pas encore la communauté mais celle-ci le connaît déjà fort bien. Ils sont plusieurs à être au courant de sa venue, très souvent la prieure générale des sœurs et ses assistantes sont également mises au courant.

Si « la proie » est intéressante on mettra tout en œuvre pour qu’elle tombe dans les filets de la communauté. Il aime tel artisanat ? On lui permettra d’y travailler avec un frère. Il aime prier devant le Saint Sacrement, ou même il n’aime prier que devant le Saint Sacrement ? Aucun problème, comme j’ai déjà dit, et contrairement à toutes les règles de l’Église, un frère prêtre le lui amènera dans sa cellule d’accueil. On sera attentif de même à ce que les repas qu’on lui sert soient très bons et bellement présentés. Il aimerait rencontrer une sœur ? (dans le cas de monastères de frères proches des sœurs), on lui organisera une rencontre. Il est l’ami d’un frère ? Le prieur organisera l’accueil de ce jeune avec le frère en question, il le lui confiera personnellement.

Que ce jeune homme sache que tout ce qu’il va raconter au frère délégué pour l’écouter sera immédiatement (au plus tard le soir même) répercuté plus haut. Le prieur sait chaque jour ce que ce garçon a raconté au frère, comment il vit sa retraite, s’il est content, malheureux, anxieux… Ce prieur a appris à reconnaître les signes de quelqu’un qui, comme on dit, « commence à craquer ». Il sait très bien le combat qu’une vocation monastique suscite dans le cœur d’un jeune. Si celui-ci commence à manifester des signes de peur, s’il exprime le désir de repartir, tout cela est de très bon augure. Mais il faut y savoir répondre de façon appropriée. Il y a mille et une façons de tranquilliser un esprit inquiet, de rassurer une personne qui a peur, de retenir quelqu’un qui veut partir [10].

À la fin du séjour on invite le garçon à participer à la retraite du « mois évangélique », dont j’ai déjà parlée plus haut. Un prieur local ne peut pas inviter quelqu’un à cette retraite sans l’accord explicite du prieur général. Du temps où les mois évangéliques se faisaient avec les sœurs (2001-2008) on demandait aussi l’accord de la prieure générale.

Il faut dire maintenant un mot de la préparation de cette retraite annuelle. Plus les dates approchent, plus on s’inquiète du nombre de jeunes hommes qui y participeront. Chaque nouvelle recrue qui s’annonce et dont le prieur communique le nom, l’âge et le pays d’origine à la communauté, est accueillie par celle-ci lors des assemblées fraternelles avec un alléluia de joie. Quand on est un simple frère on attache beaucoup d’importance à ce nombre. Plus il y en a et plus le frère a l’impression d’appartenir à une communauté puissante, le mois évangélique étant quasiment le seul grand événement annuel à faire un peu diversion dans la routine de son quotidien. Et quand la retraite commencera, il n’est pas rare que ces noms soient transmis pour que les frères puissent prier quotidiennement pour chacun d’eux.

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La retraite du « mois évangélique »

Lorsque ces jeunes arrivent au monastère où se déroulera le mois évangélique, leur séjour a été préparé bien à l’avance et dans les moindres détails. On a fixé pour chacun dans quelle cellule il va habiter et par quel frère il sera accompagné. Ici encore, tous les moyens sont mis en œuvre pour que le jeune tombe sous la séduction de la communauté. Tout est organisé dans les moindres détails pour les proies intéressantes. Très vite après l’arrivée d’un retraitant, un frère est chargé de le prendre en photo. Il dira faire un album de la retraite mais en réalité ce qu’il cherche c’est le portrait de chaque jeune, en particulier son visage. Ce frère s’adonnera à tout un travail de montage et transmettra le plus rapidement possible au prieur général un document imprimé avec les photos de chaque retraitant.

Le prieur général ou son premier assistant a choisi pour chaque garçon un frère ou plusieurs qui vont s’occuper de lui [11]. Le frère délégué pour recueillir ses confidences joue le rôle le plus important. Comme j’ai déjà dit cette fonction n’est pas confiée à n’importe qui.

Un prieur connaît ses frères, sait qui sera le plus adapté pour accompagner un garçon ayant telle ou telle caractéristique. Ce frère passe une ou plusieurs fois par jour voir le jeune et rend compte au prieur général ou à son assistant de tout ce que le jeune lui a confié. Le responsable va donc passer son temps à se concerter avec ses frères qu’on appelle « anges », envoyés auprès des jeunes appelés « voyageurs ». Au bon moment et si c’est opportun, il rencontrera lui-même personnellement le jeune. Si de plus ce responsable parle plusieurs langues, il pourra plus facilement se passer d’un frère traducteur, normalement le frère ange lui-même, lors de ces entretiens.

Régulièrement, deux ou trois fois par semaine, tous les frères « anges » font le point avec le frère responsable. Dans ces réunions toutes les confidences recueillies lors des entretiens personnels sont mises en commun (sauf si le responsable demande expressément au frère ange de taire certains détails). On suit de la sorte à la trace, à plusieurs, le parcours intérieur accompli par chaque participant. Quand le mois évangélique des frères et des sœurs se faisait ensemble, la prieure générale réunissait une fois par semaine tous les frères et les sœurs anges. Parfois il y avait une dizaine de frères et une quarantaine de sœurs. Il n’y avait pas le temps pour tout raconter, bien évidemment. On faisait plutôt le point de la situation, ou mieux, c’était la prieure générale qui le faisait. Elle donnait des indications pour être encore plus persuasifs. Elle citait ou demandait à une sœur ou à un frère de dire à tous ce qu’ils venaient de faire vivre à telle fille ou tel garçon, la manière dont ils s’étaient pris pour l’aider, de sorte que cela puisse servir d’exemple à tous.

Il y avait d’autres réunions encore, plus restreintes, où seulement quelques frères étaient convoqués chez la prieure générale entourée de son conseil. Normalement cela concernait le frère responsable et trois ou quatre autres frères, les plus engagés dans l’accompagnement. Dans ces réunions la chose la plus importante qui intéressait la prieure générale était de savoir combien de garçons étaient en train de « craquer ». On faisait le compte. Et si la moisson était décevante, la prieure générale n’était pas contente et elle proposait ou demandait carrément au frère responsable qu’on change d’ange pour tel et tel jeune et qu’en plus on le confie à une sœur désignée par elle.

Je pourrais continuer. Les stratégies utilisées lors du mois évangélique pour « attraper » un jeune homme ou une jeune femme relèvent tout simplement de la pure manipulation. Le marché des vocations est en crise depuis longtemps. L’offre est bien supérieure à la demande. Pour un jeune qui cherche une vocation il y a désormais plusieurs communautés qui s’offrent à lui. À Bethléem on est parfaitement conscient de la concurrence effrénée qui sévit sur le marché des vocations religieuses, d’autant plus qu’aujourd’hui l’Église se présente comme un immense supermarché, les produits mis en vente sont de plus en plus nombreux, les communautés nouvelles ne se comptent presque plus, et les différences d’un produit à l’autre sont parfois insignifiantes. En ce qui concerne le produit Bethléem il y a un certain nombre de communautés qui aujourd’hui proposent elles aussi de la solitude, de la prière, de l’évangile, de la vie fraternelle, de la liturgie orientale, du chapelet, de la prière du cœur et ainsi de suite. C’est donc devenu un métier difficile que de vendre une vocation. Il y faut du tact, de la connaissance de l’être humain, de l’audace parfois, et surtout il y faut un sens inné de la supériorité de son propre produit, il faut être convaincu qu’il n’a pas d’égal, il faut que cette conviction transpire de tous ses pores. C’est cela, de manière ultime, qui convaincra le jeune client. Comme je dirais plus loin, on ne choisit pas d’entrer à Bethléem, on tombe dedans. Tout l’apparat de la séduction n’a de raison d’être que de provoquer et d’accélérer ce moment où le jeune homme où la jeune fille sentira dans son cœur que « la Vierge l’appelle à Bethléem » et que cet appel est trop pressant pour pouvoir lui résister. Ce jour-là le frère ange viendra tout joyeux annoncer la bonne nouvelle au frère responsable.

Au lieu d’éprouver et de discerner si le Seigneur appelle vraiment le postulant à la vie monastique, c’est l’inverse qui se produit : on le manipule pour qu’il reste.

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Du mois évangélique au monastère

Qu’est-ce qui se passe quand un garçon décide, pendant la retraite du mois évangélique, qui normalement se déroule en été, de rentrer dans la communauté ? Voilà une période bien délicate que les responsables doivent savoir gérer avec finesse. Car on prévoit aisément les résistances que le jeune rencontrera en rentrant chez lui de la part de parents, proches amis ou prêtres. Il s’agit d’une décision radicale, voilà un fils, un ami, un frère qui était parti faire une retraite spirituelle et qui en revenant chez lui annonce qu’il va interrompre ses études, quitter son travail (parfois même sa fiancée.), renoncer pour toujours à une vie « normale » et disparaître quelque part derrière les murs d’un monastère. Il y a de quoi rester douloureusement et/ou furieusement perplexe.

Le jeune souvent n’a pas conscience de tous les remous qu’il va provoquer par son annonce de rentrer à Bethléem. Il est tellement pris dans son élan de donation, dans une telle joie de rejoindre au plus vite la communauté, que c’est au responsable de le mettre en garde.

Et il n’est pas rare que celui-ci lui suggère même de ne pas retourner chez lui… Surtout si ce jeune vient d’un pays lointain (je pense en particulier à un certain nombre de jeunes gens entrés à Bethléem ces dernières années en provenance de l’Amérique latine ou de pays de l’est européen). Il n’a pas terminé ses études universitaires ? Il n’a aucun diplôme qui lui permette, dût-il retourner dans le monde un jour, d’entrer dans le monde du travail ? Ce n’est pas grave.

Vite, vite, il faut faire vite ! Combien de fois je me suis retrouvé à répéter à des jeunes que leur vocation ressemblait à un tout petit bébé qui venait de naître et qu’il fallait donc la protéger. Je citais l’exemple évangélique de l’enfant Jésus transporté en Égypte par ses parents à la hâte. Il fallait le sauver de la colère du roi Hérode, et combien de rois Hérode allaient maintenant surgir devant lui ! Je le lui répétais les yeux dans les yeux.

Moi-même je suis entré à l’âge de 20 ans interrompant mes études universitaires, quittant une fiancée et dépourvu de tout diplôme. Ce n’est qu’une fois retourné dans le monde que j’ai mesuré l’absurdité et la violence d’une telle hâte. J’ai dû retourner à l’Université à 45 ans passés et reprendre mon cursus d’étude à côté de jeunes tout juste sortis de leur Bac.

Sans parler de cet arrachement brutal opéré par le biais de cette hâte, mon choix d’entrer à Bethléem était bien loin d’être le fruit d’une véritable et raisonnable décision, d’une décision LIBRE. Mais, justement, telle est la raison stratégique de cette rapidité : empêcher non seulement que d’autres ne viennent se mettre de travers sur le chemin qui mène le jeune à Bethléem, mais que le garçon lui-même ne se pose aucune question d’ordre vocationnel qui pourrait lui faire douter d’un tel appel. Un responsable sait pertinemment que lors de cette première étape la partie n’est pas encore gagnée et que ce nouveau client pourrait encore faire marche arrière. Il faut donc à tout prix non seulement le retirer du monde extérieur mais aussi le soustraire au jugement critique de sa propre conscience.

C’est de ce second embrigadement, tout intérieur, que je voudrais parler maintenant, car c’est là que rentrent en jeu toutes les différentes stratégies qui, si elles sont bien menées, porteront ce jeune peut-être encore hésitant sur bien des aspects de la communauté de Bethléem, à devenir l’un de ses membres les plus convaincus de sa sainteté et prêt à tout sacrifier pour elle. Je ne m’attarderai donc pas à expliquer les différentes étapes monastiques que va parcourir ce jeune qui vient de tout quitter pour rentrer à Bethléem. Ce qui m’intéresse c’est la manière dont il va être accompagné personnellement.

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Les premiers mois en communauté : la transparence des pensées

Le jeune est immédiatement confié à un frère qui va être son « ange », c’est-à-dire qui va l’introduire progressivement à la vie des frères et, surtout, qui va passer pas mal de temps avec lui. Chaque jour au début, deux ou trois fois par semaine progressivement (mais il n’y a pas de règle, cela dépend de chacun), ce frère, souvent un tout jeune frère, passe visiter le jeune homme dans sa cellule. Comme de coutume, tout ce qu’ils se disent fait l’objet de comptes rendus détaillés, oralement ou par écrit, faits au prieur de la part du frère « ange ». Le prieur lui-même passe le voir. Quand il juge que les temps sont mûrs, il commence à parler au jeune d’une pratique très ancienne que les pères du désert ont léguée à toute l’Église et dont il faudra se munir s’il ne veut pas succomber aux tentations : la pratique de la transparence du cœur. Cela a pu se faire dès le mois évangélique, mais en principe on attend que le garçon soit au monastère de façon stable pour l’initier à cette pratique.

Il faut faire extrêmement attention à la manière dont on la présente, car il s’agit de rien de moins que d’inviter le jeune à vider le sac de ses pensées devant le prieur. Normalement toute la stratégie consiste à arriver à faire désirer cette pratique par le jeune lui-même, au lieu de la lui imposer.

D’ailleurs, rien, absolument rien, ne doit avoir l’air de lui être imposé. Le prieur et le frère « ange » ne cessent de lui répéter, à tout bout de champs, qu’il est rentré librement, qu’au monastère il va apprendre à libérer sa vraie liberté que le monde et ses péchés ont rendue captive.

Donc, pour qu’il souhaite spontanément ouvrir son cœur au prieur, celui-ci, supporté par le frère « ange », insistera sur un malaise nouveau et assez fastidieux que le jeune expérimente de plus en plus depuis qu’il est arrivé au monastère. Avant, quand il était dans le monde, il pensait bien sûr au sexe ou à la nourriture, mais pas 24 heures sur 24 heures comme maintenant. Avant, il pouvait éprouver des jalousies, des envies, des rancunes, mais il n’y faisait presque aucun cas.

Maintenant son âme est prise d’assaut par tous ces sentiments et ces passions qui l’empêchent de se recueillir et de prier. Et ainsi de suite. Le jeune est pris au dépourvu par ce tout ce brouhaha intérieur. Il remet en question sa vocation. Il s’imaginait la vie au désert comme une vie de paix et tranquillité, de prière et d’harmonie. Or, c’est exactement tout le contraire qu’il ressent.

C’est par cette fissure que le prieur va rentrer pour petit à petit lui parler de la transparence des pensées. Il n’est pas à court d’arguments et d’exemples tirés de la tradition des pères du désert pour arriver à le convaincre que c’est le démon qui s’agite derrière tous ces mouvements désordonnés qui ne le laissent pas tranquille jour et nuit. En citant les Évangiles, il lui prouve que le démon n’a peur que d’une chose : de venir à la lumière.

Et il lui dit : « Essaie, quand tu te sentiras prêt, prends une feuille de papier et jour après jour écris quelques pensées qui te tracassent. Mais, n’écris pas : J’ai pensé que… Écris plutôt : Ma pensée m’a dit que… Le samedi tu vas mettre cette feuille dans ma boîte à lettre devant ma porte. Ce n’est pas à moi que tu vas les livrer. Je ne me permettrais jamais. Dieu seul sonde les reins et les cœurs. À Bethléem nous avons un respect infini de tout ce qui se passe à l’intérieur de toi. Ce n’est pas à moi que tu vas les donner, ces pensées, c’est à la sainte Vierge. Et d’ailleurs, tu vois, je ne vais pas la garder, ta feuille. Je vais prêter mes yeux à la Vierge et après l’avoir lue je vais la déchirer. Essaie et tu verras, tu ne tarderas pas à t’apercevoir que les pensées vont se volatiliser comme de la fumée. »

Normalement le jeune finit par essayer. Pourrait-il faire autrement ? Il n’a pas d’autres voies pour fuir la tempête de son psychisme. Et quel bonheur pour un prieur quand le jeune, les yeux rayonnants, vient lui dire que cette pratique commence à lui faire beaucoup de bien ! Le prieur sait que ce jeune est train de franchir une étape irréversible vers le plein abandon de tout lui-même à son emprise.

Mais tout n’est pas encore joué. Au bout de quelque mois, normalement pas plus que trois ou quatre, le jeune commence à se plaindre que cette pratique ne l’aide plus comme avant. Le prieur attendait ce moment. Il passe à une nouvelle phase de la transparence des pensées, qui est bien résumée dans ces paroles ou d’autres semblables qu’un responsable a coutume de dire à un jeune qui s’est adonné à cette pratique : « Il est tout à fait normal que tu ne tires plus autant de profit comme avant de cette transparence. Ce n’était qu’un travail de dégrossissage que tu as fait jusqu’ici. Il faut y aller plus en finesse maintenant. Il faut arrêter de tout livrer, autrement tu vas finir par t’identifier avec tes propres pensées négatives. Or, ensemble on va faire un travail de triage. Cette semaine tu vas arrêter de tout donner sans discernement. Tu vas te rendre attentif aux différents genres de pensées qui surgissent en toi. Tu ne vas noter que les plus fréquentes. Tu vas voir, elles ne seront pas nombreuses, trois ou quatre tout au plus. Une fois que tu auras fait ce travail on va en reparler et je vais t’expliquer comment avancer. »

Ici encore, le jeune se prête volontiers à ce jeu, surtout parce qu’il est content, il ne va plus à avoir à livrer tout genre de pensées, car, soyons clairs, quand le prieur lui dit qu’il faut écrire toutes les pensées, il entend bien toutes, les plus intimes en particulier, les plus inavouables, telles que les fantaisies sexuelles les plus disparates, les critiques les plus violentes contre son propre prieur et ainsi de suite.

Ce sont surtout ces pensées de critique qu’il faut arriver à lui faire sortir, car, ce faisant, le jeune aura l’impression qu’à Bethléem il peut vraiment tout dire, tout exprimer, même d’énumérer tous les défauts de son prieur. En réalité, c’est du grand art de manipulation que cette illusion de liberté, car ces pensées exprimées n’auront aucun retour, elles seront déchirées autant que les autres. C’est une manière de s’en défaire sans les affronter, ce qui équivaut ni plus ni moins à les nier tout en les exprimant.

Le prieur et le jeune homme vont donc établir une liste de ces trois-quatre pensées négatives dominantes. Le responsable lui explique que telle une chaîne montagneuse son psychisme aussi a ses propres failles, des espèces de crevasses où les avalanches peuvent s’engouffrer, avalanches de critique, de luxure, de jalousie, de manque de confiance, de peur de l’inconnu, de revendications enfantines… Et derrière ces avalanches il y a le prince du mal. « Il ne peut rien contre ton cœur, mais il a ses entrées dans ton psychisme, tes fissures. Maintenant que tu les connais mieux il te faut monter une garde sainte et vigilante pour ne pas laisser rentrer le négatif dans ton cœur. Ce sera par là qu’il va rentrer. Dès qu’une pensée de ces trois ou quatre genres va surgir dans ton cœur, attention ! Tu peux être sûr que le démon n’est pas loin. »

Le jeu est fait. Si le prieur est vraiment habile, en quelques mois il a réussi à entrer en possession des points cruciaux du psychisme du jeune homme, telle une armée qui a su conquérir les places fortes de l’ennemi. Maintenant quoique celui-ci dise ou fasse, le prieur a entre ses mains les clefs pour tout interpréter et il trouvera le jeune acquiesçant [12].

Je vais donner quelques exemples.

Mettons qu’une des fissures (présumées, bien évidemment, tout ceci n’est que de la psychologie la plus fruste qu’elle soit) cernée par le jeune homme et son prieur soit la tendance à critiquer.

Désormais, ce jeune ne pourra plus se donner le droit d’en avoir. Et si parfois il persiste dans sa visée critique, ce ne sera qu’un jeu d’enfant pour le prieur que de lui prouver que derrière cette pensée il n’y pas son vrai moi mais quelqu’un d’autre, le prince du mensonge. L’habitude d’écrire « Ma pensée me dit que » a porté ses fruits. Si le jeune a une pensée critique sur la communauté, par exemple, il est certain que ce n’est pas lui qui l’a engendrée cette pensée, mais le prince du mal.

Mettons un autre genre de pensée : le manque de confiance en l’autorité. Ce sera pareil. Le jeune s’interdira à jamais d’avoir de telles pensées vis-à-vis de ses responsables. Il devient de plus en plus certain que ce genre de pensées ne vient pas de son cœur.

Il est bien évident qu’on n’arrache pas du jour au lendemain ce genre de pensée du cœur de quelqu’un, surtout si, à vrai dire, elles ont un fondement dans le réel. Ce sera donc le travail du prieur de savoir si bien manier le psychisme de l’autre qu’il finira toujours par convaincre celui-ci que c’est lui qui a tort.

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Méfiants de son propre psychisme

Je laisse imaginer ce que peut devenir la vie psychique d’une telle personne. Elle ne se fie plus à elle-même, elle se renonce jusqu’aux racines les plus intimes de sa conscience. Elle est profondément convaincue que celle-ci est malade, fissurée, le démon est toujours là à guetter l’occasion de rentrer.

Une telle personne, pour pouvoir survivre et ne pas devenir folle, n’a plus qu’un chemin : se remettre pieds et mains liés à ses responsables, qui, eux, savent où est la vérité, alors qu’elle doute toujours de ce qui surgit de son psychisme. Et les responsables sauront user alternativement du bâton et de la carotte. Du bâton quand la personne ne voudra pas leur faire confiance ; il leur sera aisé de la convaincre que son âme est en proie aux pires influences du démon et qu’elle est en train de frôler des abîmes du mal très dangereux. De la carotte, quand la personne, toute repentante, revenant les yeux mouillés par la douleur d’avoir offensé Dieu, se montrera à nouveau pleinement docile à ses responsables. Ceux-ci alors la submergeront de manifestations de tendresse et de confiance.

Une telle personne est à proprement parler un être enchaîné, des liens tout intérieurs. De par ma propre expérience, je peux témoigner que tant que ce travail de manipulation n’atteint pas un certain seuil de remise de soi de la part du jeune homme, on ne l’invitera pas à prononcer les vœux monastiques, premier engagement officiel dans la communauté.

Je ne peux que faire allusion ici à une grave question, sans pouvoir l’approfondir : celle de l’allègre désinvolture avec laquelle la communauté de Bethléem se rapporte aux règles canoniques de l’Église quant aux temps de probation d’un novice. Le Droit canon prévoit, et c’est une mesure de grande sagesse, que si au bout de deux ans de noviciat, tout au plus deux ans et demi, le novice n’a pas manifesté son intention de s’engager dans la communauté par les vœux de religion, il doit partir.

C’est une mesure de grande sagesse car cela empêche qu’un jeune homme ou une jeune fille traîne longtemps dans un chemin qui ne lui convient pas. Or, Bethléem est truffé de moines et moniales qui ont prolongé leur noviciat jusqu’à plus de 10 ans. La raison principale qui explique cela n’est pas celle qui est donnée par la communauté, à savoir qu’elle s’inspire du monachisme oriental, beaucoup plus attentif aux voies de l’Esprit Saint, différentes pour chacun, qu’au Droit Canon, égal pour tout le monde et typique de l’Église d’Occident. C’est très beau mais malheureusement cela n’a rien à voir avec la réalité. La question est autre : Bethléem ne peut se permettre de garder dans son sein quelqu’un qui n’a pas encore franchi un seuil minimal de pleine remise de soi aux responsables. En d’autres termes, et de façon plus parlante, on ne peut garder quelqu’un qui n’est pas encore pleinement rentré dans le système. Non, Bethléem ne le peut pas, la communauté ne peut pas se permettre de laisser pénétrer un virus capable de s’attaquer aux piliers fondamentaux de son système [13].

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3. Le gouvernement de la communauté

Le gouvernement de Bethléem, contrairement aux normes approuvées par l’Église dans les Constitutions de la communauté, est centralisé administrativement et spirituellement. La prieure générale s’attribue tous les pouvoirs et centralise les décisions en contrevenant aux normes élémentaires des Constitutions.
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Centralisation administrative et spirituelle

« La perle précieuse de l’unité ». Ainsi la Règle de Vie de Bethléem nomme celle qu’elle définit comme sa plus grande richesse, le trésor à défendre contre vents et marées. L’unité de la Famille est une méga valeur à Bethléem, pour elle on est disposé à tout perdre, à tout sacrifier. La personne dans sa singularité est sacrifiée sur l’autel de la communauté et sur l’autel de la « garante » de cette unité qu’est la prieure de Bethléem (bien plus encore que le prieur de Bethléem).

En quoi consiste cette unité si magnifiée et défendue avec tant d’acharnement ? Le point de départ, une fois de plus, est la vie des Trois Personnes Divines, mystère de solitude et de communion, d’unité dans la diversité et la pluralité. Ceci est très beau et on ne cesse d’en parler et de le présenter comme le mystère source de l’unité que Bethléem est appelé à vivre dans l’Église et pour l’Église.

En réalité, dans le concret de la vie, on est très loin de cela, presque aux antipodes. Dans les faits, l’unité de la Famille monastique de Bethléem ressemble plus à une uniformisation forcée et totalitaire qu’à un mystère de libre communion. Le mot qui vient spontanément à l’esprit est celle de centralisation. À Bethléem tout est fortement centralisé. Une seule personne dirige tout.

Bien sûr, on s’évertuera à tenter d’expliquer que toute décision est prise ensemble, en collégialité, par les membres des différents conseils, à l’image de La Trinité. Telle est l’image de façade. La réalité est toute autre. Je parle ici de faits vécus et dont j’ai été témoin avec d’autres qui pourraient témoigner eux aussi, de faits que tout le monde connaît à Bethléem mais dont personne n’ose parler par peur de pécher contre la sacro-sainte unité.

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Concentration des pouvoirs

À l’époque où j’ai quitté la communauté, la prieure générale des moniales concentrait en elle tous les pouvoirs décisionnaires des sœurs et des frères. Contrairement aux normes canoniques, elle était et reste la seule et unique autorité qui tire toutes les ficelles d’une communauté aux proportions toujours plus vastes.

C’était ce mécanisme centralisateur qui explique pourquoi on était si lent à prendre des décisions. On est lent parce qu’il faut interroger sans cesse et pour la moindre chose souvent. Rejoindre à tout bout de champs la prieure générale qui se trouve à des milliers de kilomètres de distance, souvent malade et donc injoignable, représente un effort colossal et une perte d’énergie conséquente.

La Prieure générale s’en défendait prétextant que la faute revenait aux responsables locales des monastères qui compliquent inutilement la vie et qui, au lieu d’apprendre à mener une vie dans l’essentiel de l’Unique Nécessaire, se dispersent dans le multiple en l’accablant de questions « inutiles », elle ou son assistante.

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Monopole spirituel

La centralisation administrative est doublée d’un monopole spirituel. Depuis la mort de la fondatrice, tous les monastères (frères compris) reçoivent par fax ou par mail le texte des conférences spirituelles (homélies) que la prieure générale prononce dans les monastères où elle se trouve de vivre ou de passer. Ces textes sont les références essentielles dont les prieures et les prieurs s’inspirent pour leurs propres conférences. Le style, une certaine façon de parler propre à la prieure générale, est donc devenu patrimoine commun à Bethléem.

Il faut y ajouter le mois évangélique où chaque jour, pendant un mois, une soixantaine de filles et une vingtaine de garçons, ainsi que tous les membres de Bethléem dans le monde entier (grâce à un système de mise en réseau téléphonique), écoutent la voix de la prieure générale qui leur arrive en direct à l’intérieur de leur cellule [14].

Un frère ou une sœur de Bethléem ne dispose d’aucune retraite personnelle annuelle où il/elle puisse se nourrir spirituellement puisant où il/elle veut. Au cours de la seule retraite annuelle prévue par les Constitutions, celle du Cénacle (du jeudi de l’Ascension au dimanche de Pentecôte), on écoute encore et uniquement la voix de la prieure générale présenter des méditations ou des introductions à la prière. Aucune autre voix « spirituelle » n’a droit de cité à Bethléem. La communauté ne sait pas ce que c’est que d’écouter une retraite spirituelle prêchée par une personne extérieure à elle.

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L’emprise d’une seule personne sur toutes les autres

À Bethléem une seule personne dirige tout et tout le monde sans passer par son conseil ou par toute autre structure subsidiaire prévue par l’Église. Sa plus petite volonté personnelle exprimée ou seulement suggérée acquiert la force morale d’un commandement divin et d’un « précepte formel » à accomplir à n’importe quel prix, sans discernement ni référence aux normes ecclésiales. Cette manière d’évacuer toute discussion, raisonnement et même dialogue responsable est appelée « obéissance ».

Pourquoi cette persuasion morale aux allures presque invincibles ? Parce qu’entre la volonté de la prieure générale, celle de la Vierge et celle de Dieu il y a identification parfaite. Il s’agit d’une adaptation de tous aux goûts personnels, décisions, idées d’une seule personne, et ceci dans tous les domaines, de la vie spirituelle à la gastronomie, de la liturgie aux domaines de l’esthétique, de la santé jusqu’au choix d’une voiture, etc. [15] Ce conformisme se manifeste au grand jour lorsque, pour plaire à la prieure générale, on arrive à enfreindre les constitutions ou, même, les commandements de Dieu (en particulier le commandement de ne pas mentir).

Un tel asservissement arrive à aveugler la conscience du moine ou de la moniale lesquels, pour s’aligner à la prieure générale, ne reculent aucunement devant le mensonge, la dissimulation ou l’injustice.

Cette identification des trois volontés, de la prieure générale, de la Vierge et de Dieu, est le « liant » qui donne à Bethléem une apparence d’unité et d’une unité incassable. La volonté de Dieu, règle unique du comportement chrétien, est réduite à « ce que veut la Vierge » et ce que veut la Vierge est « réduit » aux intuitions ou illuminations, assez changeantes et imprévues, voire capricieuses, de la prieure générale.

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Le « Gouvernement à vue »

Le « gouvernement à vue » procède de cette vision fausse, qui considère que, en la prieure générale, la Vierge est présente « in persona », personnellement. À ce « gouvernement à vue » deux expressions sont consacrées : « naviguer à vue » ou bien « avancer à la bougie ». Cela veut dire que tant que « la Vierge » n’aura pas indiqué sa volonté (par quels signes ? ce sont les fameuses intuitions ou motions de la prieure générale) tout est bloqué, on n’avance pas, ou mieux on avance pas à pas, les quelques pas qu’une lumière de bougie peut éclairer. Cela explique qu’on puisse remettre en question avec désinvolture décisions et engagements pris depuis longtemps. On fait cela sans aucun scrupule car, dit-on, « c’est la manière propre de faire de la Vierge », manière toute féminine et donc souple, qui sait lâcher prise sous le souffle inspirateur de l’Esprit, contrairement à la manière masculine rigide et fermée aux nouveautés de l’Esprit.

À Bethléem, par principe on ne fait pas de programmes, on change avec grande facilité les dates de rencontres ou d’événements, ce qui entraîne, par exemple, la perte ou le changement de billets d’avions et pas mal d’argent.

On tient assez peu en considération les règles mêmes de gouvernement dictées par les Constitutions. Fixer une date de Chapitre général dépend plus de l’état (spirituel ? psychique ? physique ? les trois ensemble ? voire des motions intérieures sur « les moments et les temps ») de la prieure générale plutôt que des échéances bien définies dans les Constitutions. De cela on ne s’embarrasse point et on a l’habitude de demander les dispenses canoniques nécessaires autant qu’on le voudra, car au Vatican on sait qui toucher pour avoir la permission attendue.

Ce « gouvernement à vue » explique l’implacable logique de l’irrationnel qui, mêlé au passionnel dans l’administration quotidienne, déstabilise des existences entières, qui ne savent jamais ce qui va arriver la minute d’après. Cela provoque des questions lancinantes qui ne trouvent aucune explication durant des années voire des décennies, laisse dans la solitude et la détresse des personnes livrées à elles-mêmes, ouvre la voie à des complications sans fin et aboutit souvent à de véritables injustices, usurpations de pouvoir, confusions entre le for interne et le for externe et, somme toute, à un « enténèbrement » qui, comble de l’errance, est compté pour une réelle illumination intérieure mariale.

On a vraiment l’impression de se trouver face à une « coque vide ». Deux vacuités se font face :

  • D’un côté celle des responsables, qui ne sont pas impliqués personnellement puisqu’en eux la Vierge agit ‘in persona’ (déresponsabilisation vis-à-vis des décisions prises).
  • De l’autre côté, la vacuité de celui ou de celle qui obéit et qui n’est pas impliqué personnellement non plus puisque, en eux, c’est la Vierge qui obéit (déresponsabilisation vis-à-vis des actes posés dans l’obéissance) [16]

Souvent cette obéissance psychique et forcée provoque bien des murmures dans les coulisses du système. Mais il est presque impossible d’arriver à exprimer ouvertement son dissentiment ou à formuler une quelconque critique par rapport à la prieure générale [17].

J’ai été témoin bien des fois du fait que la personne qui osait une telle entorse à l’obéissance passait assez rapidement dans la liste des personae non gratae. Car il y a des personae non gratae, moines et moniales, à Bethléem. Cela saute aux yeux. Tout le monde tôt ou tard se rend compte que la prieure générale a ses préférences et qu’elle ne dédaigne pas de le montrer au grand jour. Cette remarque m’a été souvent faite par des jeunes frères à qui rien n’échappait et qui observaient tout. Mais le favori ou la favorite eux-mêmes risquaient immanquablement un jour ou l’autre de tomber eux aussi en disgrâce. Ils étaient alors limogés de tout office, fonction ou mission et relégués aux oubliettes [18].

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Abus de pouvoir

Tout ce qui précède explique aisément pourquoi la prieure générale peut impunément faire de sérieuses entorses aux Constitutions et aux usages monastiques les plus communs. Ces abus de pouvoirs passent pour être des nécessités que nul n’a le droit de remettre en question.

Je signalerai, sans que cette liste soit exhaustive :

  • Le favoritisme et l’acception des personnes
  • Le népotisme
  • Une manière de vivre qui n’a que très peu à voir avec les exigences contenues dans la Règle de vie et qu’elle-même impose aux autres membres de la communauté.
  • Le manque de pauvreté voire le luxe dont elle s’entoure
  • L’usage personnel des biens communautaires sans en référer à qui que soit, contrairement aux normes canoniques.
  • La dilapidation des biens communautaires
  • Les caisses noires (encore appelées « chaussettes »)
  • Aucun organe de vigilance prévu dans les Constitutions pour superviser la prieure générale

Il y aurait aussi beaucoup à dire sur la personnalité de la prieure générale et sa capacité de manipuler les personnes sous des dehors trompeurs. Mais que cela n’induise pas en erreur. Le problème à Bethléem ce n’est pas la perversion d’une personne. Le problème, c’est la perversion d’un système (dont certaines personnes, plus portées à la prévarication et à la manipulation que d’autres se servent pour leurs propres avantages personnels, ceci aussi est indéniablement vrai).

Après l’actuelle prieure générale il y en aura une autre [19], et puis encore une autre et ainsi de suite, d’autres femmes, avec chacune sa personnalité et sa manière de faire. Mais le pouvoir illimité dont elles jouiront leur permettra d’agir en despotes autoritaires, en actrices acclamées, en gourelles illuminées. Et je n’ai connu encore personne qui sache garder ne fût-ce que quelques miettes de bon sens à l’intérieur d’une telle ambiance. Quand tout le monde vous dit à longueur de journée que vous êtes le représentant de Dieu et que vos paroles valent de l’or, quand vous vous sentez désirée, admirée, adulée, excusée à propos de tout et devant tout le monde, un sentiment de toute-puissance s’empare petit à petit de vous et vous vous sentez légitimée à tout faire, à tout entreprendre, plus rien ni personne, ni loi ni hommes d’Église, ne pourront vous arrêter. Ce n’est qu’une banalité que de remarquer ce lien de cause à effet, l’histoire nous en donne plein d’exemple, dans l’Église elle-même, et Bethléem n’est pas une exception à la règle.

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4. Le gouvernement des frères

À Bethléem les sœurs se sentent dépositaires du charisme de la fondation à titre exclusif et cherchent à le transmettre d’une telle manière aux frères que ceux-ci s’en trouvent sérieusement inhibés dans leur nature masculine, sans oublier les retombées canoniques de cette mainmise.

Deux ans avant que je quitte la communauté, nous avions reçu un jeune américain qui venait de la communauté saint Jean. Après quelques mois d’essai il avait demandé à rentrer chez les frères de Bethléem. Il était prévu qu’avant de s’engager dans la première étape de formation ce garçon aille rendre visite à ses parents aux États-Unis. Durant son absence, j’ai reçu une lettre de lui. Il m’explique que petit à petit il avait été pris par une grande angoisse à la simple idée de devoir revenir chez les frères. Il avait mieux cerné les raisons de cette angoisse. Voici ses paroles textuelles : « à Bethléem, ce sont les sœurs qui commandent, même en ce qui concerne la vie intellectuelle. Il n’y a pas de place pour les hommes et les hommes eux-mêmes sont des femmes ». Il avait donc décidé de ne plus revenir, il remerciait pour toute l’aide reçue mais il affirmait son incapacité à vivre dans une communauté pareille.

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Relations entre frères et sœurs

J’ai pris cet exemple pour parler du thème délicat entre tous à Bethléem, celui des relations entre frères et sœurs. Bien évidemment, je ne suis pas dupe au point de penser que la motivation qu’il donnait était la seule qui ait joué dans sa décision de ne plus revenir. Mais, le connaissant, je sais qu’il s’exprimait sur ce point avec sa candeur habituelle, si américaine. Il pouvait le faire parce qu’il n’était pas encore rentré dans le « système » et sur ce point il pouvait manifester encore une grande liberté d’expression.

Tous les frères découvrent, un jour ou l’autre, que la manière de vivre la vie monastique des sœurs est différente de la leur. Un choix, plus ou moins explicite selon les cas, se présente. Il y en a qui sont décidément pro-sœurs. Ils voudraient que tout le mode de vie des frères ressemble bien davantage à celui des membres féminins de la communauté. Il s’agit surtout de frères qui sont très sensibles aux valeurs féminines de l’amour, de la tendresse, de l’attention à l’autre. Ils se plaignent de ne pas retrouver ces attitudes chez les frères. Mais il y en a aussi qui sont décidément anti-sœurs. Ils trouvent qu’elles ne permettent pas aux frères d’être eux-mêmes, qu’elles sont envahissantes, qu’elles décident à leur place, qu’elles imposent aux frères une manière de vie monastique conçue pour des femmes. Entre ces deux positions extrêmes, il y a la place pour toutes les nuances.

Ce n’est pas le lieu ici de creuser une question qui depuis toujours, mais surtout d’une façon presque excessive depuis la mort de la fondatrice, est au centre des relations entre frères et sœurs de Bethléem. Cela a donné lieu à beaucoup de souffrances et de malentendus de part et d’autre, un peu comme entre une femme et son mari, tous les deux avec cette découverte, déterminante et souvent douloureuse, de se voir différents, à la limite parfois de l’incommunicabilité. Seul un approfondissement souvent onéreux de leur amour réciproque peut les aider à surmonter cette épreuve.

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Ambiguïté d’un moule féminin pour des hommes

Mais dans cette découverte de l’autre il y a une sérieuse différence d’avec un couple. C’est que dans le couple, normalement, si cet amour vrai existe ou veut exister, l’ouverture à l’unicité de l’autre se réalise de part et d’autre. À Bethléem, malgré une rhétorique qui pourrait faire penser le contraire, cette ouverture est et ne peut être qu’unilatérale. Ce sont les frères qui doivent s’ouvrir à l’être féminin car le charisme vient des sœurs et c’est à l’image d’une femme, la Vierge Marie élevée dans la gloire de La Trinité, que tous sont appelés, sœurs et frères, à se ressembler. Il y a là un problème majeur. Frères et sœurs ont la même Règle de vie, identique. On n’a fait que mettre au masculin ce que sœur Marie avait écrit pour ses sœurs. Cela veut tout simplement dire qu’on n’a même pris en compte l’éventualité qu’il puisse y avoir des modalités de vie différentes du simple fait de la différence de sexe !

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La proximité dominante des sœurs crée un problème dans la formation affective des frères

Ce que je vais dire semblera évident pour la majorité des lecteurs. Je me donne tout de même la peine de l’écrire car, contrairement au plus élémentaire bon sens, cela ne l’est pas du tout pour un membre de la communauté de Bethléem.

Sans vouloir décharger toute la responsabilité sur les moniales, on peut paisiblement affirmer que les frères n’ont jamais reçu une tradition d’affectivité masculine bien assumée et mise au service du Seigneur dans la vie monastique. Grandir affectivement, mûrir affectivement, sont des buts actuellement inatteignables à cause de la proximité affective des sœurs (un même déficit de maturation humaine et affective est le lot bien évidemment aussi des membres féminins de la communauté). Et cela vaut surtout aujourd’hui où la plupart des jeunes qui entrent ont de moins en moins connu une vraie figure de père. Les dernières années j’avais noté que sur la vingtaine de jeunes qui étaient en formation seulement deux d’entre eux avait connu un père qui les avait accompagnés dans leur croissance. Pour tous les autres (sauf rares exceptions) la figure importante et présente avait été la mère.

On est loin des normes ecclésiales concernant la formation des séminaristes :

« Certaines de ces qualités (du futur prêtre) méritent une attention particulière : une appropriation positive et stable de son identité masculine ; la capacité d’entrer en relation de manière mûre avec d’autres personnes ou des groupes de personnes […] la liberté de s’enthousiasmer pour de grands idéaux et la cohérence dans la réalisation du travail quotidien ; le courage de prendre des décisions et d’y rester fidèle ; la connaissance de soi, de ses dons et de ses limites, les intégrant dans une estime de soi devant Dieu ; la capacité de se corriger, etc… » Orientation du Saint-Siège sur la psychologie dans la formation des séminaristes, I,2

Il y a une peur constante chez les sœurs, et surtout chez les responsables, que les frères prétendent à une autonomie plus grande. Elles ont peur de les perdre et que les perdant ils deviennent dangereux pour l’ensemble de la famille, qu’ils essayent de s’éloigner des directives de la fondatrice, etc. [20]. Cette peur est tangible et tant qu’elle existera elle freinera toute possible innovation chez les frères qui correspondrait davantage à leur être masculin.

Cette emprise féminine sur les frères qui veut les modeler à son image a été bien des fois un obstacle majeur pour qu’un jeune garçon rejoigne la communauté des moines, à l’exemple de notre jeune américain. Cela explique également qu’aujourd’hui les frères de Bethléem ne soient même pas une cinquantaine, alors que les sœurs de Bethléem sont plusieurs centaines. Cette peur explique bien également pourquoi les préférences de la prieure générale vont vers les plus jeunes. Le jeune frère est seul susceptible d’entrer de plein pied dans une relation filiale maternelle vis-à-vis d’elle. Un frère ancien s’y prêtera beaucoup moins. Ceci est une des raisons et je crois la principale qui explique pourquoi, au moment où j’ai quitté la communauté, il n’y avait plus de place pour les moines anciens dont on ne savait plus très bien quoi en faire.

On a l’impression qu’une fois de plus la question humaine, anthropologique, est laissée de côté, jugée trop peu spirituelle devant « l’ampleur prophétique de ce projet de la Vierge qui est prioritaire pour toute l’Église des derniers temps où il n’y aura plus ni hommes ni femmes ».

En effet, cet esprit de prophétisme est une des fiertés de Bethléem : la communauté est appelée à anticiper ce que sera l’Église de demain et tout cela grâce à une lecture assez particulière du chapitre XII de l’Apocalypse. Bethléem est la Femme, sœurs et frères mélangés, qui fuit au désert pour affronter la lutte eschatologique de l’Église contre la tentation des derniers temps. C’est pourquoi elle est si persécutée et si incomprise, même et parfois surtout par ses propres membres masculins qui oublient la noblesse d’une telle vocation eschatologique.

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Les sœurs en sont venues à gouverner les frères

Depuis que sœur Isabelle a été élue prieure (1999) jusqu’à mon départ de la communauté (2009), aucune décision importante chez les frères n’a été prise sans son accord ou son conseil explicite ou implicite. Si on devait savoir, ne fût-ce que par pressentiment, qu’une décision serait désagréable pour elle, on ne la prenait pas. J’ai été pendant environ 7 ans prieur du monastère contigu à celui de sœur Isabelle en Israël et je sais très bien ce que je dis. Je n’ai jamais pris une seule décision d’une certaine importance sans avoir le nihil obstat de Sœur Isabelle et bien des fois j’ai changé ce que j’avais moi-même décidé, parfois même après avoir eu l’accord de mon prieur général.

Ceci a culminé entre 2005 et 2008. Pendant ce laps de temps toute la structure de gouvernement des frères a été transformée sans aucune permission canonique. On a « déposé » des prieurs (des frères anciens) et on a mis à leur place des vicaires (des jeunes frères) sans du tout passer par les structures de gouvernement prévues par les Constitutions.

Depuis la mort de la fondatrice en 1999, le prieur général des frères, son Conseil, les prieurs des monastères et leurs conseils, ont été choisis suivant le bon plaisir de la Prieure Générale. Le Prieur Général a été totalement dirigé dans les grandes choses comme dans les petites par la Prieure Générale ou par son assistante [21]. Il en a été réduit à être comme la prieure d’un monastère qui en réfère constamment à la Prieure Générale pour recevoir d’elle toutes les orientations nécessaires à la bonne marche de la communauté dont elle est responsable.

Inutile de dire que tout ceci est contraire aux lois canoniques de la communauté approuvées par le Saint-Siège, qui distinguent deux entités distinctes et indépendantes, l’une masculine et l’autre féminine. Comment ne pas repenser alors à ce que la fondatrice ne cessait de répéter devant ses sœurs dès les années soixante-dix, avant la naissance de la branche masculine de Bethléem ? Elle leur disait qu’il fallait des frères prêtres pour être une communauté reconnue par le Vatican parce que dans l’Église des femmes ne comptent pas pour grand-chose, mais que ces frères prêtres ne devraient pas s’occuper de l’accompagnement spirituel de leurs sœurs. Ce qu’elle voulait s’est pleinement accompli.

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5. La formation : chemins obligés et voies interdites

Cette partie, en prenant comme sujet la formation théologique et spirituelle impartie dans la communauté, je l’adresse particulièrement aux représentants de l’Église, pour qu’ils se rendent mieux compte du double registre de langage tenu par la communauté vis-à-vis de l’Église. Ce n’est qu’un exemple, mais il est des plus révélateurs.
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La « théologie surnaturelle », confusion et chaos dans la formation

Je suis devenu prêtre sans avoir jamais ouvert un manuel de Liturgie ou de Droit Canon. Je n’ai jamais soutenu d’examens vérifiant mes connaissances. Je n’ai jamais reçu de cours d’Histoire de l’Église, et ainsi de suite. Tout ce que j’ai pu savoir sur ces différents domaines a été le fruit de mes lectures personnelles, sur des livres qui souvent étaient interdits aux autres frères – mais pouvoir lire certains ouvrages était l’un des privilèges, et non des moindres, d’un frère responsable.

Il existe un texte fondamental à Bethléem sur ce qu’on pourrait appeler la « formation » des moines et des moniales. Il s’intitule « la théologie surnaturelle » : ce fut l’un des derniers textes écrits par sœur Marie avant de mourir et on le vénère comme son testament spirituel en quelque sorte.

En quoi consiste cette « théologie surnaturelle » ? Il s’agit de rentrer dans la formation même que le Christ a donnée à la Vierge pendant trente-trois ans et aux apôtres pendant trois ans. Il s’agit de l’unique pédagogie vraiment formatrice car mise en acte par le Fils de Dieu en personne. Mais concrètement ? Dans ce texte on a de la peine à retrouver la moindre indication d’une structure, d’un ensemble d’éléments clairs et concrets. On y parle de la lecture de l’Évangile à laquelle les jeunes s’adonnent exclusivement au cours des deux premières années de leur vie monastique, et de tout un tas d’autres choses, comme la vie liturgique, fraternelle et même l’architecture des espaces et des lieux…

L’intuition d’une formation unifiant tous les aspects de la vie est fascinante. Toujours est-il que ce texte a produit une petite catastrophe dans la formation à l’intérieur de la communauté. Par peur d’une excessive cérébralisation due à un apport purement intellectuel, nous avions arrêté de suivre les cours donnés par des professeurs venant de l’extérieur. On cherchait dans d’autres directions, vers une approche plus globale, moins livresque. Il reste que, les dernières années avant mon départ, régnait la confusion la plus totale. Quand je suis parti il n’y avait pas de cursus d’études un peu structuré pour un frère ou pour une sœur et les études philosophiques étaient au point mort.

Au fond il y a un problème structural. Bethléem ne réussit pas à trouver dans toute la flore des études philosophiques et théologiques que l’Église propose la fleur qui lui convienne en propre. La sève thomiste, élément traditionnel au temps de sœur Marie, ne satisfait plus l’exigence des jeunes qui arrivent et qui ont soif d’une théologie plus vécue et existentielle. Se tourner vers ce que le père Garrigou-Lagrange avait nommée « la théologie nouvelle » autour de 1950 a toujours été un tabou et interdit dans Bethléem. Les grands théologiens qui ont fait Vatican II sont toujours restés des auteurs inconnus et même suspects pour la communauté. Pour donner un exemple, les livres de Urs Von Balthasar sont interdits dans les bibliothèques des monastères. À cause de l’enseignement extrêmement étroit du P. Marie Dominique Philippe, même des auteurs traditionnels comme Journet et Maritain sont considérés comme deux sous-intellectuels. Et non sans humour, il faut reconnaître que même Ratzinger a mis bien du temps à sortir de l’anathème dont il était frappé depuis les années conciliaires et sa participation à l’équipe de « Communio »

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Une Christologie défectueuse

La Christologie, telle qu’on l’étudie ou qu’on la « vit » à Bethléem, présente bien des déviances par rapport aux premiers Conciles Œcuméniques, patrimoine commun à toutes les Églises chrétiennes. Prévaut dans la communauté une nette tendance au monophysisme et au monothélisme. Dans la christologie exprimée lors des rencontres communautaires autour de l’Évangile, nous avions énormément de mal à situer l’humanité du Sauveur. On disait : puisqu’Il est la Parole, le Logos incréé, quel besoin a-t-il de développer, par exemple, tout aussi bien une vie intellectuelle humaine ? Ses contours humains étaient évanescents, privés de pesanteur.

Quant aux retombées spirituelles de cette Christologie, on déconseillait très vivement de référer sa propre vie spirituelle aux écoles ou aux ouvrages où l’humanité du Christ serait davantage mise en valeur, comme par exemple la doctrine de Sainte Thérèse d’Avila ou de la petite Thérèse ou d’autres docteurs de l’Église, doctrines jugées « compliquées » et étrangères à une vie de vrai dépouillement spirituel propre aux habitants du désert.

Pour nourrir le cœur et l’intelligence d’un moine ou d’une moniale de Bethléem, il y avait l’ineffable Trinité, les Trois Personnes Divines, qui sont vraiment au centre de tout, depuis les conférences spirituelles jusqu’aux icônes omniprésentes. Et puis… On passait immédiatement à la Vierge présente en son corps et en son âme au cœur de cette même Trinité. Quant au Christ en son humanité de chair on ne savait pas très bien où Le mettre. Au fond il était presque complètement résorbé dans le Verbe éternel et c’était la Vierge qui avait pris sa place de Médiateur.

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Une spiritualité et une formation déshumanisantes

Une conséquence de cette spiritualité aussi redoutable que commune à Bethléem est que le « moi humain » du moine est lentement mis à mort d’après le présupposé que « humain = vieil homme ». L’humain c’est ce à quoi il faut constamment renoncer si on veut vivre de la seule vie spirituelle digne d’un moine ou d’une moniale.

Il faudrait ouvrir ici une grande parenthèse pour parler de l’éducation de l’humain dans une perspective de liberté adulte et responsable et, en particulier, de l’affect à Bethléem. Elle est presque inexistante. L’humain en tant que « moi personnel », n’a pas de place dans la synthèse spirituelle de Bethléem. Ce qui se comprend fort bien si toute la vocation d’un membre de Bethléem consiste à recevoir hic et nunc la vie glorifiée de Marie au sein de la Très Sainte Trinité. S’il vit grâce à Marie de la vie de lumière et d’amour des Trois Personnes divines, quel besoin a-t-il encore de cette humanité si lourde pour lui et pour les autres ?

De tout cela découlent néanmoins des conséquences assez fâcheuses :

  • Réduction du principe de la liberté responsable. La liberté, en tant que positionnement responsable et souverain de la volonté face à la vie, n’est pas favorisée à Bethléem. On en parle beaucoup mais en pratique on la tue jour après jour. Tout dépend d’une certaine manière d’interpréter l’Évangile et en particulier les humanités du Christ et de sa Mère. Du Christ j’ai déjà parlé, je présente ici deux exemples se référant à la Vierge :
  • Le questionnement de Marie à la parole de l’ange à l’Annonciation, exemple majeur de sa libre consistance humaine que le Créateur respecte et même suscite, est réduit dans le jargon de Bethléem à la fameuse catégorie du « quomodo » [22]. D’après le point de vue de la communauté, Marie n’interroge que pour mieux obéir. Elle ne pose aucune question de fond. Elle s’enquiert pour mieux correspondre à la Volonté divine. Elle a commencé par obéir dans le silence et sur ce fond du silence de toutes ses facultés elle s’ouvre maintenant au « concret », au « comment » de la Volonté divine. Ce concept d’obéir dans le silence – c’est-à-dire le non-questionnement « choisi par amour » — est un des piliers porteurs de tout Bethléem. Pour une sœur ou un frère c’est la mesure de sa sainteté, sans équivoque.
  • Douze ans plus tard, un autre questionnement revient sur les lèvres de Marie. Cette fois-ci elle l’adresse à son Fils lui-même dans le Temple à Jérusalem. Ce questionnement, qui ne porte plus uniquement sur le « comment » mais sur le « pourquoi », au lieu d’être le signe d’une humanité pleinement présente et « bien en sa peau », pleinement en confiance devant Dieu, devient dans la langue de Bethléem le cri déchirant de son amour de mère appelé à mourir pour se transcender dans un autre amour et une autre relation, toute divine, envers son jeune enfant. Et ainsi de suite.

La vie humaine bien réelle du Christ et celle de sa Mère sont atténuées, ce qui a pour conséquence une réduction de l’engagement de notre humanité à l’intérieur de l’expérience chrétienne.

  • Incapacité de se prendre en charge. À Bethléem on « préserve » les personnes, on les chouchoute. Leur humanité n’a pas l’espace de grandir dans une responsabilité personnelle fondamentale. Toutes les questions qu’on peut porter, mises par écrit à longueur de vie dans l’exagoreusis (l’ouverture du cœur), et laissées toujours sans réponse, puisque le silence est de mise, ne sont pas assumées, voire elles sont refoulées. On considère comme un signe d’une authentique croissance spirituelle, le fait que petit à petit les questions tombent d’elles-mêmes toutes seules. On peut se demander très sérieusement ce qu’il peut en être alors d’une responsabilité spirituelle qui n’a pas le soubassement d’une liberté consciente et active.
  • Gestion défectueuse de la sexualité. C’est une question qu’on a toujours eue du mal à regarder en face chez les frères. La formation en ce domaine est quasiment inexistante. Jusqu’à il y a quelques années elle se limitait aux avis péremptoires des pères du désert avec une moralisation très culpabilisante. Le frère est laissé à son savoir-faire tout autant qu’à son ignorance, à son angoisse et à sa honte, pour essayer de gérer des pulsions de tous ordres, souvent contradictoires et auxquelles il ne comprend rien et dont personne ne lui apprend à appréhender l’origine ou le sens. Le sacrement de Réconciliation (vécu selon la tradition cartusienne, c’est-à-dire en l’absence complète de tout conseil spirituel donné au pénitent) est bien souvent son seul exutoire pour gérer ce domaine. Les actes d’autoérotisme, si fréquents chez les frères, sont examinés avec un regard inquisiteur et fort culpabilisant, produisant souvent des sentiments de désespoir.
  • Les racines et les ressources humaines sont tout simplement annulées. On regarde avec suspicion les possibles dons humains d’un moine. Leur valorisation ne pourra qu’être accidentelle. On aura toujours peur d’aller trop « dans le sens » de son humanité.
  • Les responsabilités matérielles. À Bethléem on n’est pas formé à la responsabilité face à la vie et à ses difficultés matérielles. On en arrive souvent à 45-50 ans avec l’immaturité d’un adolescent qui n’a jamais mis les mains à la pâte.
  • Entorses morales fréquentes. Elles sont dues au fait que la « fin » justifie les moyens. Un des exemples les plus percutants est celui des artisanats. Bethléem a volé au cours de son histoire plusieurs secrets de fabrication à des artisans, sans aucun scrupule.
  • Atmosphère de "Bulle stérilisée". Tout est soigneusement mis en œuvre pour ne pas déstabiliser les sœurs ou les frères et les « affermir » artificiellement dans leur vocation. Or, le candidat qu’on a réussi à « garder » par une persuasion dissuasive lorsqu’il avait vingt ou trente ans, risque fortement de tout remettre en question une fois arrivé à quarante ou cinquante ans. C’était le cas quand je suis parti pour toute une série de frères.
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Formation spirituelle standardisée

Si la formation théologique laisse à désirer, la formation qu’on pourrait appeler « spirituelle » présente elle aussi de graves lacunes. Avec les livres de Von Balthasar et de bien d’autres théologiens estimés trop modernes (Y. Congar et les frères Rahner entre autres), sont exclus des bibliothèques les livres de saint Jean de la Croix, ainsi que tous les ouvrages qui, à partir du maître castillan, ont essayé de fournir une doctrine complète et systématique des voies qui mènent à Dieu. À eux surtout s’applique la phrase de Sœur Marie : « à Bethléem il n’y a pas de méthodes ». Ceci a toujours été un leitmotiv affirmé à temps et à contretemps.

Il n’y a pas de place à Bethléem pour une spiritualité par étapes. Avec la Vierge tout est donné dès le commencement. Se concentrer sur des étapes, des phases, dans la vie avec Dieu est considéré un excès de psychologisme. D’où la maxime : « à Bethléem il n’y a pas de spiritualité, il y a uniquement l’Évangile reçu et vécu à la manière de la Vierge ».

Contrairement à cette affirmation, en réalité il existe dans la communauté une standardisation des voies spirituelles. Tous suivent la même voie, on est en face d’une « méga-spiritualité », tellement « méga » qu’elle efface toutes les autres en voulant s’affirmer comme l’unique.

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6. Un système d’aliénation puissant

J’ai parlé à plusieurs reprises, de manipulation et d’aliénation des personnes à l’intérieur de Bethléem. Je voudrais, ici, et en guise de conclusion, envisager directement cette thématique, car il me semble qu’il s’agit là de l’élément le plus inquiétant.

Après avoir vécu 24 ans à Bethléem, un beau matin d’avril de l’année 2009, tout d’un coup, comme jaillissant d’une évidence intérieure qui montait de je ne sais quelle profondeur enfouie et soudainement retrouvée, j’ai entendu monter une question, lancinante, presque enragée et sûrement remplie d’une stupeur étonnée : « mais qu’est-ce que je fais dans cette communauté ? Mais comment est-il possible que je sois entré dans un tel monde qui correspond si peu à ce que je suis et à ce que je porte et surtout que j’y suis resté aveuglément pendant tant d’années ? »

J’étais dans l’état de quelqu’un qui se réveille après un très long sommeil peuplé de cauchemars et d’insomnies.

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Phénomène d’aliénation profonde

Encore aujourd’hui cette même question me revient de temps en temps : Comment expliquer que je sois resté si longtemps dans la communauté et que j’en sois devenu un des membres les plus intérieurement convaincus de son « idéologie » ? Je ne trouve pas d’autre explication sensée que celle d’un « phénomène » d’aliénation profonde, de manipulation, voire de lavage de cerveau. Où étais-je durant toutes ces années ? Je ne saurais le dire. Quand quelqu’un, à mon avis, se trouve prisonnier d’un phénomène d’aliénation mentale et spirituelle d’un calibre aussi pernicieux, son identité profonde est insidieusement manipulée. Non seulement la personne elle-même est incapable de se rendre compte de son état mais elle se prête elle-même à ce jeu car la pression morale à laquelle elle est soumise est une des plus fortes qui puissent exister.

Durant toutes ces années, je pouvais bien entrevoir tout ce que j’essaie de coucher ici noir sur blanc, mais je ne pouvais pas m’accorder la permission de le penser. Cela aurait été signé mon acte de condamnation à mort et à une mort spirituelle. Attaquer la communauté aurait voulu dire m’attaquer moi-même, tellement mon moi n’existait plus et qu’il était entièrement identifié à celui de la communauté.

Je crois qu’une telle manipulation est bien le problème principal qui existe à Bethléem et qu’il concerne tout le monde. Il arrive un jour, en effet, où le moine sent bien que, s’il veut vraiment être membre à part entière de la communauté, il lui faut « vendre son âme » et renoncer à tant de choses, non seulement légitimes mais sacrées, qu’il porte. Ce renoncement est fait dans un état intérieur semblable à un univers carcéral. J’ai vécu dans cette prison et dans ce renoncement pendant de longues années, et je sais fort bien dans quelle espèce de torture intérieure on se retrouve à vivre.

Mais il est quasiment impossible, quand on vit là-dedans, d’avoir le recul nécessaire pour s’apercevoir de la gravité de son état, de son véritable état. La dissimulation règne en maîtresse souveraine à Bethléem. Ce qui est esclavage pur et dur est appelé « liberté des enfants de Dieu ». Ce qui est anéantissement de son humanité est appelé « naissance à une vie nouvelle ». Ce qui est le culte d’une personne humaine, est appelé « obéissance ». Et ainsi de suite. Quand les mots perdent de leur signification naturelle il devient impossible de les agencer ensemble dans une pensée libre et respectueuse du réel.

Dans la Règle de vie de la communauté de Bethléem la parole qui revient le plus, après Dieu, est le mot « liberté », avec tout son cortège d’adverbes et d’adjectifs. Le moine choisit « librement » de vivre cette vie, il est « libre » de s’y engager, il est interrogé et respecté en sa « liberté » profonde. En réalité, il n’en est rien. Il s’agit d’une immense illusion et d’une formidable aliénation, comme je voudrais essayer maintenant de le montrer.

Ce faisant, je voudrais répondre à un questionnement que ces pages ont pu soulever chez certaines personnes d’Église qui les ont lues. Ces personnes me demandaient : mais comment est-il possible que des jeunes, libres, souvent assez cultivés, jouissant de grandes capacités humaines se soient livrés sans résistance à une telle aliénation de leur personnalité la plus profonde et durant tant d’années ? N’y aurait-il pas une certaine exagération, du reste compréhensible, due en partie à l’expérience personnelle douloureuse de l’intéressé, qui en un mouvement de balancier rejetterait soudain tout ce qu’il a adulé ?

Je comprends parfaitement cette objection. Je sais aussi que quelqu’un qui n’a pas connu Bethléem de l’intérieur aura beaucoup de mal à s’imaginer que tout ce que je raconte puisse exister. Malheureusement, c’est non seulement possible mais c’est d’une logique impitoyable. Je vais essayer d’en décortiquer les engrenages, autant que je peux.

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Un mécanisme d’aliénation morale

Je crois avoir suffisamment souligné l’importance de l’obéissance à la Vierge dans Bethléem. Ce principe « éthique » est le premier à être transmis quand quelqu’un arrive au monastère. Il est de l’ordre de la finalité primordiale et essentielle d’un moine ou d’une moniale. On nous apprend que si nous sommes entrés au monastère c’est pour réaliser le « Projet » de la Vierge. Tout le reste, même l’union avec le Christ, motivation traditionnelle de l’entrée dans la vie religieuse, a une importance secondaire.

Dans la conscience du futur moine ou de la future moniale ce principe assume donc une place prépondérante. On lui rapporte tout, à tel point que « l’ordre des moyens », c’est-à-dire l’ordre des actes moraux concrets, quotidiens, en vient à perdre petit à petit toute consistance. Le paysage de la conscience morale d’un frère ou d’une sœur de Bethléem est d’une pauvreté désolante. Un seul genre de végétation y pousse, un seul arbre y porte des fruits : l’arbre de l’obéissance à la Vierge. En cet arbre est concentré tout le capital de bien moral ou spirituel dont est capable un moine ou une moniale. Tout le reste est mauvais et inutile. On aura beau être vrai, honnête, généreux, fort, prudent, même chaste et obéissant, si nos vertus ne poussent pas sur l’arbre de l’obéissance à la Vierge on ne les considérera pas comme un bien mais comme un mal (moral ou spirituel, peu importe).

Pour donner une quelque idée de ce que je viens de dire, je vais donner quelques exemples. Je vais, pour ce faire, révéler certains aspects de la vie privée (et le plus possible cachée aux autres) de l’actuelle prieure de Bethléem. Qu’on n’y voie pas une espèce malsaine de voyeurisme. Cette moniale, comme celle qui l’a précédée d’ailleurs, mène une vie qui a peu à voir avec celle de la plupart des autres membres, hommes ou femmes, de la communauté de Bethléem. Ses journées sont une suite d’exceptions faites à la Règle. Qu’est-ce qui donc va se passer quand un frère ou une sœur sont amenés, souvent par hasard, à entrevoir cette vie parallèle, ces privilèges continuels ? C’est cela qui m’intéresse, ce moment où quelque chose dans la conscience morale d’un frère ou d’une sœur connaît une sorte de scandale : voilà que le modèle de vie à qui tout le monde devrait se référer se révèle au contraire transgresser continuellement la Règle. Ce moment est un passage très délicat. Choquée par la violence de la découverte, la personne risque de tout envoyer balancer. Qu’est-ce qu’on va mettre en œuvre à Bethléem pour que cela n’arrive pas et que tout rentre dans l’ordre ?

Commençons donc par quelques faits.

La prieure générale, quand je l’ai connue, dépensait des milliers de dollars pour l’achat de tissus précieux chez un marchand syrien de la vieille ville de Jérusalem. Elle en faisait faire des ornements liturgiques ou toute autre chose venant agrémenter une pièce du monastère. Il suffit d’aller visiter l’Église de saint Honoré d’Eylau, seul monastère citadin des moniales de Bethléem, place Victor Hugo à Paris et de voir l’argent qui y est passé pour financer les tapis syriens qui recouvrent la dalle et le chatoyant et énorme ostensoir qui trône sur l’autel.

De 2004 jusqu’à mon départ en 2009 (et sûrement après), la prieure générale louait deux appartements dans le Vieille Ville de Jérusalem, payant un loyer mensuel d’environ 1000 dollars. Dans ces logements (magnifiquement ornés, justement par ces fameux tissus et d’autres bibelots genre lampes et ustensiles en métal tournés par les artisans arabes des souks), vivaient à l’époque 5-6 filles, toutes européennes. À ceux et celles qui étaient au courant, la prieure générale disait que ces filles avaient la vocation de Bethléem mais qu’elles n’étaient pas prêtes, qu’il leur fallait tourner un peu « autour de la montagne » avant de se décider à monter sur le sommet. Quoi qu’il en soit, le fait est que ces filles menaient la « belle vie », dans le sens qu’elles pouvaient choisir ce qui leur convenait le plus en fait de passe-temps ou de volontariat ou d’expérience formatrice. Certaines travaillaient à l’Hôpital français de Jérusalem, d’autres fréquentaient des cours à l’Institut Biblique tenu par les Dominicains, d’autres encore participaient à des actions en faveur de la paix entre Israéliens et Palestiniens. Jusqu’ici rien à redire, sinon que seulement une élite de filles « privilégiées » (elles étaient bien évidemment triées sur le volet) pouvait ambitionner un tel séjour en Israël avec logement gratis. Mais ce qui vient noircir le tableau est le fait que la prieure générale passait le meilleur de son temps à rendre visite à ces filles, à les promener dans le pays, à sortir avec elles dans des restaurants typiques. Ceci se passait surtout le lundi, jour de désert de la communauté, où tout le monde était censé vivre dans le plus grand recueillement et la plus parfaite solitude de son monastère (inutile de dire que ce même jour interdiction était faite même aux sœurs prieures d’essayer de joindre sœur Isabelle par téléphone, elle se reposait dans la solitude de ce jour de désert, nous disait-on).

Outre les appartements à Jérusalem, la prieure générale avait loué une magnifique petite villa à Jéricho. Elle avait acheté le terrain environnant et y avait fait construire une succursale de son monastère. Dans cette villa, luxueusement décorée, la prieure générale se retirait de temps en temps pour des temps de détente (qu’elle appelait de « retraite »). Les fois où j’y suis allé pour célébrer la messe pour elle [23] et son assistante, j’ai pu remarquer qu’en fait de nourriture, par exemple, elle ne se privait de rien.

Toujours dans ces mêmes années, la prieure générale avait l’habitude d’aller se détendre et prendre du bon temps sur les rives de la Mer Rouge, auprès d’une localité balnéaire où elle jouissait d’un traitement de faveur grâce à l’amitié d’un certain homme d’affaires égyptien.

La liste pourrait continuer, il suffit de noter qu’à partir de 2007 ou 2008, un des frères de sang de la prieure générale était venu s’installer avec sa femme et leur fille à l’intérieur de la clôture des moniales en Israël. La prieure générale avait fait bâtir pour eux une belle maison, prétextant que désormais ce serait son frère qui s’occuperait de la gestion matérielle de certaines affaires du monastère. Quoi qu’il en soit ici encore, la prieure générale allait souvent, sinon tous les jours, prendre au moins un repas avec la famille de son frère. Du reste, depuis longtemps, elle avait une cuisinière particulière, une moniale qui lui était extrêmement dévouée et qui, même en temps de carême, lui préparait des mets délicieux. Il faut savoir que dans les mêmes années, la prieure générale venait de lancer des nouvelles règles pour le jeûne, beaucoup plus strictes qu’auparavant…

Si j’ai donné ces quelques exemples, tirés parmi bien d’autres, c’est pour essayer d’expliquer ce que je disais plus haut, à savoir qu’« on aura beau être vrai, honnête, généreux, fort, prudent, même chaste et obéissant, si nos vertus ne poussent pas sur l’arbre de l’obéissance à la Vierge on ne les considérera pas comme un bien mais comme un mal (moral ou spirituel, peu importe) ».

Qu’est-ce que ça veut dire exactement ? C’est tout simple. Mettons le cas, comme je le disais plus haut, qu’un moine s’enquière de l’un des comportements de la prieure générale dont je viens de parler (elle faisait tout pour essayer de les cacher à la plupart des frères ou sœurs, bien évidemment). Mettons aussi qu’il ose en parler à son responsable. Eh bien, on lui faisait comprendre que s’il en éprouvait du scandale c’était parce qu’il n’avait pas encore découvert la vie avec la Vierge, s’il jugeait ces comportements contraires à la pauvreté ou à la chasteté ou à toute autre vertu, c’est qu’il en était encore à un niveau « moral » faute d’avoir accédé à un niveau plus profond, « théologal ». Et derrière ce niveau « moral », se cachait son vieil homme, avec son orgueil qui juge de tout et de tous. Bref, le frère s’en retournait contrit, se jurant à soi-même qu’il ne jugerait jamais plus ce genre de comportement de la prieure [24].

La déviation de la conscience morale d’un membre de Bethléem est donc une déviation fondamentale, de l’ordre des fins. C’est la finalité qui est faussée car elle n’est plus l’union au Christ, votre perfectionnement spirituel, le bien de l’Église ou le salut de l’humanité, toutes finalités traditionnelles dans la vie religieuse, mais bien plutôt l’obéissance au « Projet de la Vierge » (qui dans le concret est bel et bien le projet d’une personne humaine en chair et en os)

Et du coup les moyens le sont aussi. A l’intérieur de la communauté on appellera force la résistance à toute opposition au Projet de la Vierge. Prudence, la circonspection et la ruse nécessaires pour faire avancer ce Projet coûte que coûte. Tempérance, la mesure avec laquelle on agira. Justice, le fait de rendre à la communauté ce qu’elle me prodigue avec tant de libéralité. Et ainsi de suite. On en arrive aux pires aberrations : obéir à la Vierge pourra même, en certaines circonstances, signifier désobéir à l’Église ou même à Dieu.

Cette destruction morale des consciences est affolante. Comment est-il possible qu’en ce début du XXI siècle des jeunes, en provenance de notre monde émancipé et sécularisé, puissent tomber dans un tel piège ? Et ce dans la France laïque et adepte de la libre pensée ?

Pour comprendre un petit peu comment cela est possible je vais dire un mot des stratégies que Bethléem met savamment en œuvre pour attirer ces jeunes, tels des oiseaux innocents dans des pièges. En effet, rien de cela ne serait possible sans un mécanisme formidable de séduction.

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Une séduction qui conduit à une « héroïcité » amorale

On ne choisit pas Bethléem, on tombe dedans, on est séduit. J’ai reçu pas mal de jeunes en recherche de leur vocation. Je peux affirmer que les seules vocations qui restent à Bethléem sont celles « fascinées » dès la première minute. Il n’existe pas de processus vocationnel, un discernement opéré en pleine connaissance de cause. Quand cela existe, les chances que le jeune rentre à Bethléem se réduisent de beaucoup. Il y a un véritable phénomène d’engouement. On est subjugué ou alors ça ne marchera pas. À quoi est-elle due cette séduction irrésistible ? Il est difficile de localiser en une seule facette de Bethléem cette puissance d’attraction. Il s’agit de tout un ensemble.

Il y a un véritable « esthétisme de séduction » à Bethléem, un culte de la beauté qui fascine. Le jeune homme ou la jeune femme choisit la communauté souvent « malgré » eux.

Nous étions tous entrés sans savoir vraiment pourquoi et souvent en expérimentant une réelle résistance ou répugnance vis-à-vis de certains aspects qu’on ne pouvait éviter de remarquer. Mais il y avait un je-ne-sais-quoi… Et puis cette marée d’affectivité qui montait et vous submergeait. On était bien là-dedans. On était flattés d’appartenir à une communauté si belle et florissante, si puissante en définitive.

C’était la Vierge qui nous avait choisis, nous disait-on. Et ce coup de foudre restait longtemps en nous, on nous invitait à longueur de vie à y revenir. C’était le « premier amour ». Amour de qui ou de quoi ? Il est difficile de discerner si c’était l’amour du Christ ou la fascination de Bethléem. En principe les deux étaient inextricablement mêlés, mais la fascination de Bethléem ajoutait un je ne sais quoi de contraignant qui irait en grandissant tandis que la profonde liberté suscitée par l’amour du Christ s’amenuiserait.

Si on ajoute à cela le fait qu’aujourd’hui l’humanité, et en particulier la jeunesse, traverse une phase de profonde insécurité due à la déception laissée par le vide des idéologies et à la pénurie flagrante de figures de références surtout paternelles, on comprendra encore plus aisément ce phénomène d’aliénation des personnes et des consciences.

Aujourd’hui on cherche des références identitaires fortes, des communautés de prestige qui sachent nous donner la sécurité et la valorisation que nos humanités n’ont pas su trouver dans notre vie familiale, sociale et affective. Du reste, ceux et celles qui ont déjà en eux cette sécurité et qui ne sont pas disposés à la « vendre » en raison d’une prétendue mort à soi-même, ceux et celles qui ne se laissent pas faire, ceux-là n’ont pas de place à Bethléem, ou du moins une place « prépondérante ». Et il est clair qu’ils « n’y feront jamais carrière ».

Bethléem se charge de sécuriser « faussement » ces consciences gravées d’insécurité et de leur donner une allure d’assurance, leur infusant une illusion de force intérieure. Car la conscience morale que Bethléem forme, ou mieux déforme, à son image et ressemblance, devient peu à peu tout le contraire d’une conscience laxiste ou hésitante.

Pour l’idole de la communauté on est prêt à tout sacrifier, et je peux assurer qu’il y a de véritables martyrs de cette conscience-là à Bethléem. Il y a des frères et des sœurs qui vivent un effectif et héroïque renoncement à soi-même pour obéir à « ce que veut Marie », jour après jour.

Du reste, le système Bethléem ne pourrait pas fonctionner aussi bien sans cette « héroïcité ». Je peux dire ici sans fausse humilité que j’ai vécu moi-même de longues années dans une telle « héroïcité ». Dieu seul sait les renoncements « vertueux » que j’ai opérés sur ce que ma conscience, malgré tout, pouvait encore percevoir d’erroné dans la vie de Bethléem. Il fallait dire non à ce moi-là, à cette conscience-là qui devenait amorphe et amorale par soumission au système.

À la fin, on ne sait même plus où est le bien et où est le mal, ou mieux, cette distinction se réduit à une seule question parfois angoissante : obéir ou désobéir à la Vierge, ce qui équivaut quelque part dans l’inconscient à vivre ou mourir, être sauvé ou être damné. Et si on pense lui avoir obéi, fut-ce en contrecarrant sa propre conscience – au prix de combien de tourments et d’atermoiements ? - On parviendra à se suggérer à soi-même que notre conscience, malgré ses tiraillements, est irréprochable devant Dieu.

Arrivés à ce point, plus rien ni personne ne pourra nous ébranler dans notre conscience « déformée et aliénée ». Nous devenons invulnérables à toute critique ou remise en question. Nous avons obéi à la Vierge, nous avons obéi au précepte évangélique et monastique de mettre à mort notre moi autonome et pécheur, et nous savons la peine et les larmes que cela nous a coûté.

C’est cette obéissance et ce renoncement « héroïques » qui nous justifieront devant Dieu, lorsque la Reine des cieux nous reconnaîtra comme ses fidèles serviteurs. Nous en arrivons ainsi à avoir des consciences « blindées », ou pour le moins aveuglées, conséquence logique et tragique d’une habitude constante et fidèle de piétiner sa conscience naturelle.

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Formes d’appartenance au système aliénant de Bethléem

Il m’est bien évidemment impossible de lire dans le secret des cœurs et donc de dire si tous à Bethléem ont des consciences aussi blindées. Je ne peux qu’exprimer une opinion fondée sur ma propre expérience communautaire. Cependant, je peux généraliser sans grand risque d’erreur en affirmant que tout le monde à Bethléem ressent tôt ou tard un climat de manque de liberté, tout le monde sans exception finit par percevoir une atmosphère de peur. Plus on entre dans les rouages de Bethléem, par une charge ou une mission [25], plus on est confronté aux manœuvres dissimulatrices à travers des choses qu’on ne devrait ni voir ni entendre, plus on pénètre dans les arcanes du fonctionnement communautaire, et plus on reste perplexe.

Qu’est-ce qui se passe alors ? Si on a confiance en ceux qui nous accompagnent, on osera interroger. On commencera alors à connaître les justifications habituelles et traditionnelles qu’on donne à Bethléem vis-à-vis de comportements qui peuvent choquer, scandaliser même (comme certains comportements de la prieure générale dont j’ai parlé tout à l’heure).

On acceptera ces justifications naïvement car elles nous viennent de personnes que nous aimons et dans lesquelles nous avons une absolue confiance. On les acceptera si bien que non seulement on les répétera à notre tour à ceux qui nous en demanderont raison (souvent nos familles), mais qu’aussi on reproduira ensuite à notre tour ces mêmes comportements avec une conscience « tranquille ». On aura pris par là le chemin qui nous portera, plus ou moins infailliblement, vers une conscience parfaitement blindée, aveuglée et assimilée.

Si au contraire on n’ose pas interroger, on gardera ces perplexités pour soi-même et alors nos jours à Bethléem commencent à être comptés. Au lieu de blinder notre conscience et notre liberté, on ne fait que les « ensabler ». Par une sorte d’instinct de survie on se refuse à les faire taire en gardant pour nous les questionnements et les doutes. Désormais, ils referont surface comme un fleuve aux rebondissements imprévus, le fleuve de la conscience libre qui se réveille. Au jour et à l’heure où on s’y attendra le moins, elle refera surface sous forme de questions, de révoltes, de crises, de souffrances, de pleurs ou tout simplement de maladies physiques (par exemple de maladies auto-immunes, très fréquentes à Bethléem).

Voilà les moments, tragiques pour un responsable chargé du bon fonctionnement du système, où un dysfonctionnement apparaît chez un moine ou une moniale. Ils entrent en crise car certains comportements les choquent. Ils n’arrivent plus à concilier dans leurs consciences ce qu’ils voient avec ce qu’on leur fait croire. Ce sont ces passages délicats dont je parlais et qui souvent arrivent à inquiéter pour de vrai les hauts responsables (derrière il y a toujours cette peur ancestrale que quelqu’un, un jour, puisse parler, raconter, ce qu’il a vu et entendu à l’intérieur de Bethléem).

Cette moniale ou ce moine en crise n’arrivent plus à feindre un sourire sur ses lèvres, leur regard s’obscurcit. Ils voudraient en parler à quelqu’un mais ils n’ont qu’une possibilité : en parler à leur prieur(e) [26] . Ceux-ci essayent de les calmer avec les moyens du bord : c’est ton œil qui est malade, ce que tu vois ne correspond pas à la réalité, la prieure générale est tellement débordée de travail que ces moments de détente sont le minimum que nous pouvons lui offrir, on devrait avoir honte même de penser certaines choses, elle a été si bonne envers toi, au fond elle est trop sainte pour toi et tu ne peux la comprendre…

Il n’est pas rare qu’on dise ensemble une prière de délivrance pour chasser ces pensées qui ne peuvent venir que du démon. On peut même infliger une pénitence ou au contraire, selon les cas, on va redoubler d’amour et d’attention vis-à-vis de ce frère ou de cette sœur qui sont tombés, d’après la grille de lecture de Bethléem, sous l’influence du « Prince du mensonge ».

Que ces remèdes aient servi ou non à faire disparaître ce début de pensée critique, de toute façon, dès la fin de l’entretien on fait remonter au plus vite l’information dans les hautes sphères, du moins jusqu’à la première assistante de la prieure générale, surtout s’il s’agit d’un frère ou d’une sœur potentiellement dangereux (des prélats ou des religieuses dans leur famille, des Évêques dans leur entourage, des contacts menaçants).

Il n’est pas rare que le/la prieur(e) reçoive immédiatement des conseils sur la manière de traiter la question. Il n’est pas rare non plus que la prieure générale en personne, surtout si c’est elle et ses comportements qui sont en cause, appelle au téléphone le frère ou la sœur en question, ou, coutume encore plus récurrente, les invite à venir passer quelques jours dans son monastère en Terre Sainte.

Bref, tout est mis en œuvre, tel un apparat de défense hautement et stratégiquement prêt à réagir face à toute menace qui se présente. En général on ne répond pas à la critique par la critique mais par l’amour, ou du moins par ce qui rassemble davantage à un love-bombing.

Le procédé de défense de Bethléem n’a jamais été la violence. Pour se protéger la communauté a bien mieux, elle a un potentiel inouï d’affectivité. Tout d’un coup, la sœur ou le frère rebelle se retrouvent entourés par un filet d’attentions adressées à sa personne.

On exauce tous leurs désirs (« monastiquement » compatibles bien évidemment) Ils aiment travailler à tel ou tel artisanat ? Et bien, on leur permettra de suivre une session de formation en dehors du monastère.

Ils aiment étudier tel ou tel auteur ? Et bien on leur permettra de consacrer aux études tout le temps qu’ils voudront. Et ainsi de suite. Bethléem est truffé de moines et moniales qui font un peu ce qu’ils veulent. Il suffit de se montrer rebelle et d’être considéré potentiellement comme dangereux pour satisfaire certains désirs qui pour les autres resteront perpétuellement inaccessibles.

Mais… et si, au contraire, les doutes persistent et les questionnements déchirants resurgissent ? Et si toutes ces pelletées de « love-bombing » ou d’activités compensatrices n’arrivent pas à étouffer une inquiétude qui serpente au plus profond du cœur et de la conscience ?

Il existe alors un dernier recours et Bethléem n’y fait appel que quand elle a épuisé toutes ses cartouches : une personne de l’extérieur, qu’il s’agisse d’un(e) psychologue, psychothérapeute, gourou ou gourelle. Cette personne sera choisie avec le plus grand soin, il ne faut surtout pas qu’elle puisse donner l’impression d’appuyer les doutes ou les critiques du moine ou de la moniale.

Le jour où elle commencera à aller dans ce sens, ses jours d’intervention pour Bethléem commenceront à être comptés, ce qui explique bien que la communauté soit obligée de faire régulièrement un turn-over incessant de ces aides extérieures.

Bethléem est plein de personnes « en crise », qu’on s’évertue à garder et pour lesquelles on dépense un quota fou d’énergie et parfois même d’argent. Le bon sens suggérerait qu’elles n’ont rien à faire là-dedans et qu’il serait urgent de les aider à trouver une autre orientation pour leur vie. Bethléem semble n’avoir pas ce bon sens élémentaire. Elle garde de nombreuses personnes en état de simple survie. Souvent elle fait cela tout simplement parce que ça lui coûterait trop, en termes d’argent, de faire partir tous ces gens [27].

Sans dire que ce serait un désaveu complet de son système d’emprise. Bethléem a une telle haute idée de soi-même, un tel orgueil… Nous tous, ceux et celles qui sont partis, nous savons parfaitement qu’on nous a répété à l’envie qu’on retournerait, que nous ne pourrions pas vivre sans Bethléem. On nous a dit, en fait, sans vergogne, que sans la communauté nous sommes des ratés voués à l’échec, car pour nous en aller, il faut sûrement qu’on ait un problème…

J’ai oublié de citer, parmi les moyens de « faire taire les consciences », les antidépresseurs dont on fait un large usage à Bethléem et qu’on demande de prendre dans l’obéissance sans prescription médicale, bien évidemment (ou, au contraire, si le médecin les a prescrits, on nous demande de ne pas les assumer).

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Une libération miraculeuse

Mais le miracle peut aussi se réaliser. La personnalité, bien que blessée et diminuée, même chloroformée depuis tant d’années, se réveille miraculeusement de son sommeil aliénant.

Elle commence à ouvrir péniblement les yeux et à voir tout d’un œil entièrement neuf. Surtout elle commence à mettre un nom différent sur des faits qu’elle connaît. Elle fait des connexions entre des événements, des comportements, des manières d’agir et de réagir dont elle a été témoin. Tout cela était dans sa mémoire mais c’était comme si elle le regardait pour la première fois.

Au début elle n’en croit pas ses yeux. Elle ne peut pas y croire, à la limite elle ne veut pas y croire. Elle se sent trop coupable de penser de telles mauvaises choses sur sa communauté. Elle se demande si elle n’est pas sous l’emprise du démon. Et d’ailleurs on le lui dit ! Autour d’elle, en effet, dans la communauté, on commence à la regarder d’un œil méfiant comme si réellement le démon avait pris possession d’elle.

Mais si elle persévère sans peur dans ce réveil qui ne fait que commencer alors elle éprouve des sentiments oubliés depuis longtemps. Le sentiment de se percevoir comme quelqu’un d’unique, une personne humaine libre, responsable de sa propre vie devant Dieu, devant elle-même et devant les autres.

Elle revient à la vie et elle ne veut plus à aucun prix pour aucun motif au monde retourner dans les « ténèbres et à l’ombre de la mort ». Elle n’en garde pas moins une douloureuse compassion pour ceux et celles de ses frères et sœurs qui y gisent encore et elle se demande avec anxiété ce qu’elle peut faire pour les aider.

Telle a été mon expérience, telle est ma démarche. Je reviens de loin, d’un mirage ou, mieux, d’un paradis artificiel pour lequel j’ai dû sacrifier mon « unique » : ma conscience, ma liberté, mon âme.

Et tout ceci parce qu’à 20 ans je faisais partie de ces jeunes gens qui ressentent dans leur cœur une soif d’absolu. Car c’est de ces cœurs assoiffés qu’une communauté comme Bethléem se nourrit. Il se peut que parmi ces jeunes gens il y en ait qui présentent des faiblesses et des carences psychologiques plus marquées.

Mais, loin de s’appuyer sur ces faiblesses pour établir leur œuvre de manipulation, les responsables s’appuient sur ce qu’il y a de meilleur dans ces jeunes, leur désir d’une vie intègre et entièrement donnée à Dieu et aux autres.

Le mythe que le lavage de cerveau ne s’adresse qu’à des gens faibles, ce n’est qu’un mythe. La réalité est tout autre. Il faut avoir un cerveau pour qu’on le lave, il faut avoir un cœur pour qu’on le manipule. Et d’ailleurs, à Bethléem, on a toujours regardé d’un mauvais œil les proies sans éclat. Ce qu’on a toujours ambitionné et qu’on continuera toujours de poursuivre ce sont des gens brillants qui puissent apporter du lustre à cette communauté déjà si chargée de paillettes.

Avant de clore ce témoignage, ma dernière pensée va à tant de frères avec qui j’ai passé ce qu’on appelle les plus belles années de ma vie. Ils ont été vraiment mes frères. La plupart de ces jeunes, de ces hommes, n’auraient jamais dû rentrer dans la communauté. Moi j’ai contribué à les y garder. J’ai dépensé des heures et des heures d’écoute et de dialogue pour les convaincre d’y rester. Si je pouvais ne fût-ce que leur envoyer un petit mot aujourd’hui, je leur demanderais bien volontiers pardon d’avoir abusé de la confiance qu’ils ont posée en ma propre personne. Malheureusement cela n’est pas possible, et pour le grand nombre d’eux, cela ne le sera jamais.

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Appendice n°1 : le suicide de sœur Myriah

Les événements ont lieu en juin 1998, au monastère de Camporeggiano, en Italie.

Dans un champ à l’intérieur du monastère, Sœur Miryah, jeune polonaise de 27 ans, s’est emparée d’un bidon de gas-oil destiné au tracteur, elle s’en est entièrement arrosée, a craqué une allumette, et a pris feu en une seconde, d’autant que son habit était en nylon. C’est un frère moine (le chapelain du monastère des sœurs) qui l’a découverte en train de brûler. Il n’y avait plus rien à faire. Elle était calcinée. Il a couru chercher un extincteur, une couverture, prévenir la prieure, mais tout était fini.

C’était pendant les vêpres. Le frère est allé appeler la prieure et celle-ci plus trois autres sœurs l’ont aidé à envelopper le corps complètement calciné de sœur Miryah dans une couverture et à le ramener au monastère. Ils l’ont déposé sur un drap, sur une table, au rez de chaussée de la cellule de sœur Marie, présente dans la communauté ces jours-là, mais absente au moment où se sont déroulés les événements.

Un grand ami de la communauté, avocat de la ville voisine et très connu par tout le monde là-bas, contacté par le monastère, s’est entendu directement avec la gendarmerie. Il a tout pris sur lui pour que les choses se fassent le plus discrètement possible. Les gendarmes, dans une voiture banalisée, sont montés au monastère dans l’anonymat complet. Le médecin légiste suivait. Les voisins n’ont rien deviné ni vu.

Le corps de soeur Myriah était noir, calciné, rétracté, exprimant par son attitude même une extrême douleur et une extrême souffrance, les extrémités des membres étaient consumées, les cheveux brûlés, la bouche ouverte en un cri inaudible.

Le médecin légiste a pris son temps pour dicter un long rapport détaillé que notait l’un des gendarmes. Puis ces derniers ont commencé à interroger le prieur général des frères à l’époque, appelé par sœur Marie sur les lieux, et la prieure du monastère de Camporeggiano, qui se sont déclarés comme les deux répondants principaux vis-à-vis des forces de l’ordre.

Celles-ci les ont « cuisinés » presque toute la nuit. En fait, l’intention des gendarmes était « bonne » : ils voulaient que leur rapport soit inattaquable et de fait ils ont obtenu pour les sœurs le permis d’inhumer.

Les pompes funèbres de Gubbio (la ville voisine) ont apporté un cercueil. Myriah était si rétractée en chacun de ses muscles calcinés, si recroquevillée en tous ses ligaments raidis qu’un frère et une sœur ont dû tout « briser » pour forcer son corps à entrer dans le cercueil, articulation par articulation, jusqu’à parvenir à remettre par-dessus le couvercle et le visser presque de force.

La mère de Miryah a été prévenue. Elle a aussitôt dit qu’elle ne voulait pas qu’on enterre sa fille sans la revoir avant. Elle désirait venir avant la fermeture du cercueil (déjà fermé) et être présente à l’enterrement.

Puis elle a dit qu’elle allait envoyer un avocat par l’ambassade de Pologne… C’était son droit le plus strict. Finalement, pour quelle raison j’ignore, non seulement elle n’est pas venue, elle n’a pas envoyé d’avocat et l’ambassade de Pologne n’a pas posé de questions.

Elle n’est venue au monastère que quelque temps après, accompagnée de deux amies, dont l’une parlait parfaitement le français et servait de traductrice. La mère ne pouvait pas croire que sa fille, jeune, qui n’avait jamais présenté de signes de maladie jusque là, était morte comme cela, à l’improviste. Les sœurs responsables lui ont menti sur toute la ligne.

Ensuite, il a fallu affronter les sœurs du monastère. Certaines sœurs flairaient ce qui s’était passé et n’admettaient pas qu’on le leur cache. Mais rien n’a transparu. Elles n’ont rien obtenu. La chose était douteuse car cela n’était jamais arrivé qu’on mette une sœur défunte dans un cercueil.

Normalement, on dépose la sœur qui vient de mourir sur une planche au centre de l’Église. On célèbre les Offices autour de son corps et on prie les psaumes tout le temps jusqu’à la cérémonie de l’enterrement. La sœur est enterrée sur la même planche, sans cercueil.

La vérité de ces événements a été toujours jalousement cachée et encore aujourd’hui, tous les membres de Bethléem ignorent ce qui s’est vraiment passé.

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Appendice n°2 : le décret d’érection pontificale de la communauté

Un des objectifs prioritaires des fondateurs ou fondatrices d’ordres nouveaux dans l’Église a toujours été celui d’obtenir la reconnaissance officielle des autorités ecclésiastiques.

Je ne vais pas nommer ici les personnes, les cardinaux éminents, qui ont joué le rôle de complices internes au Vatican pour obtenir la reconnaissance pontificale de la communauté de Bethléem.

Je ne parlerai pas non plus des difficultés rencontrées au cours de plus de trente années de la part de la fondatrice pour avoir cette reconnaissance et des stratégies, souvent douteuses, pour obtenir la protection de tel ou tel Évêque ou Cardinal.

Ici, je ne veux raconter que l’épilogue de toutes ces manigances. Je me base sur le récit qui m’a été fait par celui qui à l’époque était le prieur général des frères et qui a quitté la communauté quelques mois après moi, en décembre 2009.

« Je me trouvais moi-même avec la fondatrice quand celle-ci, aux débuts d’octobre 1998, a reçu du Saint-Siège, par téléphone, la nouvelle que le décret d’érection pontificale de la communauté était prêt et qu’elle pouvait venir le chercher. Je me rappelle de sa joie irréfrénable. Toutefois, elle n’alla pas à Rome chercher le document, elle envoya le prieur général des frères. Celui-ci se rendit à Rome et ramena à sœur Marie le document officiel du Vatican statuant la reconnaissance pontificale de la communauté. Un document assez laconique, dans le style de la brévité et concision vaticanes. La fondatrice, en la lisant, se montra très irritée. En moins de trois jours, elle réécrivit ce décret et elle renvoya à Rome le prieur des frères, avec la requête que ce fût son texte à elle que devait être approuvé et non celui fourni par le Vatican. »

Le frère en question se souvient encore de l’étonnement manifesté par les fonctionnaires du Saint-Siège. C’était du jamais vu pour eux. Néanmoins ils accédèrent à une telle requête.

Mais la désinvolture de la fondatrice ne se limita pas à cet acte. L’approbation de la communauté impliquait également celle de ses Constitutions, un gros tome de plus de 900 pages. Dans le temps qui s’écoula entre l’approbation de ce texte et sa remise définitive au Vatican, sœur Marie et ses assistantes modifièrent plusieurs passages à l’intérieur de ce texte, elles en rajoutèrent et en supprimèrent d’autres. L’important, aux yeux de l’Église, était que le nombre total des chapitres demeure inchangé ! Et ces corrections ont continué même après la mort de la fondatrice.

Or, le décret d’Érection, aménagé sur mesure par sœur Marie elle-même, est le texte par excellence qu’on continue de montrer devant quiconque ose remettre en question le charisme de Bethléem. Il est montré en particulier aux jeunes novices ou postulants ou tout simplement regardants qui ont encore des doutes sur la conformité à l’Église de certains aspects de la communauté.

On leur dit : « C’est le Pape qui l’a dit, regarde ici, c’est écrit noir sur blanc ! » Et ces jeunes gens se tranquillisent, confortés par ce fait irrévocable. En réalité, le Pape n’a rien dit de tel et l’Église encore moins…

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Appendice n°3 : les messages de « la Vierge de Saroueh »

Le 15 février 2001 sortait dans les colonnes de l’hebdomadaire La Vie un article intitulé « Des gourous dans les couvents », signé GRZYBOWSKI LAURENT/MERCIER JEAN/SAUVAGET BERNADETTE/PETIT JEAN-CLAUDE . Il y était question notamment des moniales de Bethléem. Voilà ce qu’on pouvait y lire à propos de pseudo messages que la Vierge aurait adressés à une moniale dans les années quatre-vingt-dix :

« La prieure générale des Petites Sœurs de Bethléem, sœur Isabelle, nommée il y a deux ans, après le décès de sœur Marie (la fondatrice), réside à Jérusalem. La Vie a pu la joindre par téléphone. "Nous avons commis une grave erreur, reconnaît la sœur, qui avoue que c’est elle-même qui a traduit, à l’époque, ces prétendus messages de la Vierge, donnés en arabe par une voyante palestinienne. Sœur Françoise était quelqu’un de très mystique, explique sœur Isabelle. Nous avons voulu l’aider en lui adressant ces messages qui utilisaient un langage qu’elle pouvait entendre parce que c’était le sien." Jurant « devant Dieu » que ce procédé n’était pas du tout habituel, sœur Isabelle avoue avoir commis « une grande faute » pour laquelle elle affirme être allée demander pardon, il y a quelques années, à madame T. et même à Rome, l’affaire étant remontée jusqu’au Vatican. »

Sœur Isabelle a juré devant Dieu que le procédé de faire parvenir aux sœurs et aux frères n’était pas du tout habituel. Or, cela est un pur mensonge. L’ancien prieur général des frères peut témoigner qu’entre environ 1985 et 1997, année de la mort de la voyante, une femme palestinienne, ces messages étaient quotidiens. Lui-même en recevait quotidiennement pour lui-même ou pour la plupart de ses frères. Moi-même j’en ai reçu. Je retranscris ici le premier de ces messages qui me furent adressés. Il a eu un poids particulier dans ma vie. Dans les années 1992-1994 je traversais une période de forts doutes sur ma vocation et ma permanence à Bethléem. Je me posais sérieusement la question de partir. C’est alors qu’il m’a été proposé « d’écrire à la Vierge ». Deux jours après je recevais, sous le pas de ma porte, une enveloppé fermée avec dedans l’écriture de mon prieur qui avait recopié sur une feuille ce que sœur Isabelle, à l’époque prieure de la communauté de Bethléem en Israël et traductrice de la voyante arabe, lui avait dicté au téléphone.

« J’ai vu ma mère la Vierge dans l’église en Italie. C’était une petite église. Elle était habillé en bleu. Elle tenait dans sa main le saint livre des Évangiles. Elle était avec Séraphim.

Séraphim semblait attendre quelque chose d’elle.

La Vierge a dit : que Séraphim prie beaucoup, car c’est moi qui l’ai conduit au monastère. La famille où je l’ai conduit est ma famille. L’Évangile éclaire ma famille dans le secret. Que Séraphim ne s’inquiète de rien. Ma famille dans l’Eglise attend beaucoup des moines. De plus en plus ils deviendront fidèles à leur appel à la solitude, et en même temps ils ne seront pas empêchés d’accueillir les pauvres spirituels. Que Séraphim prie beaucoup et ne s’inquiète de rien. Paix

17 février 1994 »

C’est à cause de ce message que je me suis décidé à rester jusqu’à la fin de mes jours dans la communauté de Bethléem et à y faire profession perpétuelle deux ans après, malgré la mort dans l’âme. Ce n’est que 15 plus tard, une fois sorti, que j’ai découvert un article du Droit Canon de l’Église qui rend nuls et non advenus des vœux religieux émis sous l’effet d’une supercherie ou d’une tromperie morale.

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DROIT DEPONSE

Notre collectif publie très volontiers la réponse du frère Silouane, actuel prieur des frères de Bethléem, au document de M. Fabio B. intitulé « Communauté de Bethléem : les révélations accablantes d’un ancien supérieur ». Nous ne pouvons cependant taire notre stupéfaction devant la pauvreté affligeante et l’agressivité de sa réponse.

Nous sommes en effet surpris tant par la vacuité de ce « droit de réponse » (qui ne répond en rien aux graves points soulevés dans le document) que par son ton agressif et violent. Nous aurions pourtant été heureux d’instaurer un dialogue avec la communauté et de mettre éventuellement des nuances sur telle ou telle allégation.

Nous relevons que, pour disculper sa communauté, l’auteur met gravement en faute et sans preuve une tierce personne parfaitement identifiable : nous lui en laissons la responsabilité.

Nous avons demandé à Monsieur Fabio B. de répondre à l’une des accusations du frère Silouane : pourquoi ne pas avoir cité le résultat de l’enquête canonique dans son témoignage ?

Ce dernier nous a affirmé avoir découvert l’information en lisant le droit de réponse (sic).

Autre point, qui en dit long sur le déroulement de l’enquête : Ni M. Fabio B., ni l’autre ancien supérieur cité dans le document - qui sont les principaux accusateurs - n’ont été auditionnés lors de cette fameuse enquête canonique.

Nous continuons à nous étonner qu’une congrégation religieuse, qui prétend vivre à la suite du Christ, et donc dans la lumière de la vérité (Jn 3, 21), dissimule ses propres Constitutions (de 900 pages !).

Depuis la publication du document de Monsieur B., ce dernier a reçu un grand nombre de messages de soutien et de remerciement. Sa prise de parole courageuse a ainsi libéré la parole d’autres victimes, dont nous publierons bientôt les témoignages.

Le collectif de lenversdudecor.org

CONGRÉGATION DES MOINES DE BETHLEEM ET DE L’ASSOMPTION DE LA VIERGE
sise à Currière-en-Chartreuse
38380 Saint-Laurent-du-Pont
Paris, le 18 novembre 2014

Réponse à Fabio B., auteur du texte : « Révélations accablantes d’un ancien supérieur », paru sur le site L’envers du décor le 28 octobre 2014, écrite par Frère Silouane, prieur actuel des frères de Bethléem

Le dossier de 48 pages diffusé par Fabio B. sous le titre « Les révélations accablantes d’un ancien supérieur » porte un nom trompeur, car il occulte et manipule plus de choses qu’il ne prétend en révéler. Fabio B. se présente comme une victime courageuse et désintéressée révélant les secrets d’une dérive sectaire. Ce pseudo statut de victime et de lanceur d’alerte est censé garantir la vérité de ses « révélations ». La gravité des accusations nous oblige à répondre pour rétablir les faits, questionner la lucidité et l’objectivité de l’auteur et pour contester radicalement ses affirmations qui relèvent d’un mélange de manipulation et de théorie du complot, qu’elles prétendent par ailleurs dénoncer.

Fabio B. prétend dénoncer une dérive sectaire, reposant sur un système d’emprise sur les consciences encouragé par la Communauté des sœurs et leur prieure générale. Il se plaint d’avoir été manipulé dès son arrivée à Bethléem, durant sa formation, avant de faire ses vœux et avant d’être ordonné prêtre. Mais comment peut-il, sciemment et en conscience, taire que son responsable direct pour toutes ces étapes a été l’ancien prieur de Bethléem (de 1978 à 2001), qui a quitté juste après lui notre communauté ? Lequel ancien prieur a exercé une sorte de tyrannie à l’intérieur de la communauté, l’a fait dévier dans un idéal humain étranger à l’Évangile et s’est ingéré dans le gouvernement des sœurs. Oui, quelle crédibilité accorder à ce texte quand la vérité sur l’accompagnateur principal de Fabio B. est ainsi occultée, pour rejeter la responsabilité sur la communauté des sœurs et sur un charisme approuvé par l’Église ?

Fabio B. présente son texte comme une tentative de briser la loi du silence, imposée par la Communauté des sœurs, mais lui-même occulte les innombrables éléments qui s’opposeraient à sa pseudo démonstration.

Il indique que son texte est une reprise d’un dossier qu’il a déposé en 2009 à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, parallèlement à un dossier déposé par l’ancien prieur, mais il se garde bien de dire que ces dossiers ont donné lieu à une enquête de la part de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, enquête qui s’est conclue par un non-lieu, les propos de Fabio B. et de l’ancien prieur ayant été reconnus comme une interprétation personnelle et déformante de leur propre histoire. Une autre conséquence de la conclusion de cette enquête a été l’exclaustration de l’ancien prieur, imposée par le Saint-Siège le 23 septembre 2013. Quant à Fabio B., il a été, à sa demande, réduit à l’état laïc.

A supposer qu’il y ait eu des erreurs dans l’accueil et la formation de Fabio B., qui en est le premier responsable ? Faut-il généraliser et faire la théorie de ses problèmes et de ses difficultés personnelles pour affirmer des faits qui sortent complètement de la réalité ou qui la déforment gravement ? L’affirmation que ce texte est écrit sans passion, pour l’utilité de plusieurs, est toujours démentie par l’amalgame malhonnête de faits et de pure fiction déformés par une interprétation tendancieuse et par une confusion qui paraît calculée. Qui plus est, on a scrupule à rappeler cette simple évidence : Fabio B. ne connaît plus la vie des monastères depuis plus de cinq ans.

Je peux attester personnellement que la réalité actuelle de Bethléem ne correspond pas à ce qui est dit et affirmé dans ce dossier mensonger et à charge.

Il ne s’agit pas de dire que la communauté de Bethléem est une réalité parfaite. Certes non.

Mais la stigmatiser bassement comme il est fait dans ce texte est honteux et malhonnête.

La communauté des frères existe de façon autonome par rapport aux sœurs, elle ne correspond en rien à ce qui est dit dans ce texte, elle a son identité propre, et le respect des personnes et de la vraie liberté est au cœur de notre recherche continuelle, pour les frères et pour les sœurs. Ce que Fabio B. décrit comme le « marché des vocations » à Bethléem est ignoble et blessant pour ceux qui ont trouvé leur vocation. En outre cela est démenti par les faits car un nombre significatif de postulants choisissent une autre voie à la suite d’un processus de discernement respectueux. Le texte de Fabio B. profane de façon perfide et habile ce qui concerne une communauté entière, frères et sœurs, pour y jeter un discrédit total et lui faire le plus de mal possible, en occultant les éléments cités au début, ce qui est inadmissible.

C’est dire si ce texte infamant est mensonger. C’est dire si son auteur occulte sciemment une partie des faits pour porter ses accusations infondées. Je ne pouvais, en conscience, les laisser sans réponse.

Qui souhaiterait mieux connaître notre Famille monastique peut visiter notre site internet ou l’un de nos monastères. Qui souhaiterait un complément de réponse au texte publié par Fabio B. peut écrire à l’adresse suivante :

Frère Silouane - complément de réponse
Currière-en-Chartreuse
38380 Saint Laurent du Pont

Pour la Congrégation des Moines de Bethléem et de l’Assomption de la Vierge
Frère Silouane

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Une version PDF imprimable de ce document peut être téléchargée sur le site de l’AVREF : http://www.avref.fr/n25-bethleem.html

[1Sœur Marie Dupont, née en juin 1922, morte en septembre 1999.

[2Fondateur de la communauté Saint Jean

[3Souvent les évêques repartaient en emportant icônes, bas-reliefs, statues, gravures… tout ce que nos artisanats pouvaient compter de mieux et qui avait un prix pouvant aller de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros.

[4Cf. Annexe 3 avec le texte d’un des messages reçus par moi-même reçu de “la Vierge” en 1993.

[5Retraite d’un mois de « discernement » des vocations (en réalité ces deux mots, « discernement » et « vocations », ne sont jamais prononcé pendant la retraite, ce sont des mots tabou à ne jamais évoquer devant un/e retraitant/e) organisée chaque année pour des jeunes du monde entier dans le monastère des Monts Voirons, en Haute-Savoie. De 2001 à 2008 l’assemblée a été mixte : frères et sœurs accompagnaient des dizaines de filles et garçons venus des quatre coins du monde. L’apparat était des plus imposants. Plus de 200 personnes rassemblées sur « la montagne » pour vivre dans un grand silence et une solitude réelle, la prière et l’écoute de catéchèses très denses et spirituelles prêchées par la seule prieure générale.

[6J’ai reçu le nom de Séraphim au moment de ma prise d’habit en 1986

[7Telle a été ma « spiritualité » pendant une vingtaine d’année, jusqu’au jour où, étant encore à l’intérieur de la communauté, des écailles me sont tombées des yeux et tout cela s’est dissout comme une nuée de rosée dans mon cœur et d’une manière dont je reste encore profondément étonné moi-même. Ce jour-là, la Vierge avait tout simplement et bonnement disparu. J’étais comme « sorti du moule » et le chemin de ma libération a commencé (enfin, pour la communauté bien sûr c’était un chemin de perdition…)

[8Maître ou père spirituel, terme des Eglises d’Orient

[9La communauté n’ayant pas de site internet donnant une ou des adresses mails à qui pouvoir écrire, ce canal n’est pas utilisé, du moins tant que j’étais encore dans la communauté, et je n’ai pas l’impression que sur ce point les choses aient beaucoup changé.

[10Chaque moine qui a accompagné des jeunes finit par connaître à merveille ces stratégies. Et du reste, c’est à sa capacité de persuasion qu’on juge si un frère pourra faire carrière en tant que responsable. Plus il remporte de succès plus le frère sait parfaitement que sa route à Bethléem sera large et spacieuse.

[11De 2005 à 2008 je me suis occupé personnellement de cette répartition et de tout ce qu’elle comporte de suivi, en remplacement du prieur général, empêché d’être présent au mois évangélique.

[12Le jeune frère n’écrira plus dés lors des listes de pensées négatives mais on l’invitera à n’en écrire plus que quelques unes, tout en faisant un chemin de « mise en lumière » progressif. 1er jour et 1re colonne : la pensée. 2e jour et 2e colonne : que dit l’Évangile de ma pensée. 3e jour et 3e colonne : que dit le réel de cette pensée. Etc. etc., jusqu’à une dernière colonne où le frère décidera une résolution pratique allant dans le sens contraire de sa mauvaise pensée.

[13Je ne parle pas ici, car ce serait trop long, d’autres feuilles ou cahiers de transparence auxquels un moine est tenu tout au long de sa vie, mais surtout dans ses premières années au monastère et qu’il doit remettre chaque samedi à son prieur : cahier des confessions à la Vierge – genre d’examens de conscience quotidiens ou au lieu de s’adresser à Dieu on s’adresse à la Vierge ; cahier de vie, où on rend compte de l’emploi du temps de chaque journée ; cahier de travail, où on rend compte de ce qu’on a fait dans son secteur de travail ; et d’autres, facultatifs, cahier d’étude, cahier d’Évangile… Tout doit être mis en transparence.

[14Toute cellule d’un frère ou d’une sœur de Bethléem est dotée d’un haut-parleur à travers lequel peuvent être retransmis des cours ou des conférences, qui sont donc écoutés par tous en même temps mais chacun séparément. C’est ainsi que la voix de la prieure générale rejoint chacun et chacune dans son intimité.

[15Il y a à cet égard une uniformisation de tous les aspects de la vie qui est quelque chose de presque surréel à Bethléem. Dans n’importe quel monastère que vous alliez, toujours les mêmes architectures, les mêmes couleurs, les mêmes chants, les mêmes meubles, les mêmes repas, les mêmes vêtements… il y a quelque chose de lassant et en même temps d’effrayant, comme dans certains films de science-fiction, où les hommes ne sont plus que des clones reproduits en série. A Bethléem cette sensation de clonage investit même l’environnement, les lieux et les espaces.

[16Une expression courante sur les lèvres d’un/e responsable à Bethléem explique bien ce que je veux dire : « Moi je peux me tromper en te commandant quelque chose, mais toi tu ne tromperas jamais en m’obéissant ».

[17Il faudrait ici ouvrir tout un chapitre sur le phénomène de la délation tellement présent à Bethléem. Pendant les années où j’ai été prieur, j’avais plusieurs voies pour savoir tout ce qui se passait ou se disait à l’intérieur de la communauté, une de celle-ci étant celle des frères « délateurs ». Il ne faut pas se les représenter comme des êtres perfides. Il s’agissait de frères dont la conscience n’arrivait pas à porter le poids de certaines paroles ou certains faits vus ou entendus. Je n’avais aucunement à les solliciter, ils venaient spontanément me voir ou m’écrivaient un petit mot.

[18Pour ce faire, il y avait la technique de l’année sabbatique ou encore mieux du voyage en Israël, au monastère de la prieure générale. Avec l’excuse d’un temps de repos ou de prière, ou même de visite aux Lieux Saints, un prieur ou une prieure étaient invités auprès de la prieure générale pour… ne plus en repartir ! Entre temps on avait nommé quelqu’un d’autre aux postes de responsable dans leurs monastères.

[19Tout en n’étant pas prévu dans les Constitutions, le priorat général à vie (je parle des moniales non des moines) est une coutume qui va de soi à Bethléem.

[20Les exemples seraient innombrables. Cela va de questions de tenue vestimentaire ou corporelle – ce sont les sœurs qui ont toujours freiné pour le port de la barbe de la part des frères, par exemple – à des questions plus centrales comme la manière d’exercer le sacerdoce sacramentel de la part des moines – le fait qu’il leur soit interdit de baptiser ou de bénir des mariages par exemples, ou qu’ils ne puissent pas prêcher pendant la messe, même pas le dimanche. Cela en fait recouvre presque tous les domaines de la vie au monastère.

[21J’ai été le premier assistant du prieur général de 2001 à 2009, ici aussi je parle de faits dont j’ai été témoin.

[22Quomodo (latin) = Comment, il s’agit de la question de Marie à l’Ange, au premier chapitre de saint Luc : « Comment cela se fera-t-il ? »

[23Depuis mon arrivée en Terre Sainte, à la fin de l’an 2000, jusqu’à mon départ en 2009, j’ai souvent dit des messes « privées » pour la prieure générale. Elle vous faisait venir à tout moment et assistait à la messe la plupart du temps allongée dans son lit. Tout en n’étant pas gravement malade, elle ne participait que très très rarement aux liturgies de sa propre communauté.

[24Voir venir chez soi un frère qui accuse et le voir repartir comme quelqu’un qui s’accuse. C’était l’une des qualités les plus appréciées chez un responsable.

[25Charge ou mission un peu particulière et qui nous font rentrer pendant quelques années, quelques jours ou quelques instants seulement dans le cercle des intimes de la prieure générale. Il suffit que lors d’un passage de celle-ci dans un monastère il soit demandé à une sœur de s’occuper de ses repas… cette sœur se rendra vite compte du régime alimentaire d’exception de sœur Isabelle. Mais parfois on est introduit de but en blanc dans des zones d’ombre encore plus choquantes. Je me souviens que, encore tout jeune frère, j’avais été pressenti pour devenir le frère comptable de la communauté. Cela n’avait duré qu’un jour – à Bethléem on vous met ici et là et on vous en déplace quelques temps après, même un seul jour après, sans vous donner d’explications -. J’avais donc eu droit à un après-midi de travail avec la grande sœur comptable de tous les monastères des sœurs. Elle était censée me former à cette nouvelle charge. Or, à un certain moment, on en vint à parler de la production et de la vente des artisanats des monastères. Je me rappelle encore comme si c’était hier ces paroles qu’elle me dit d’un air très désinvolte : « Depuis la fondation à Bethléem on suit cette règle : tant que rien ne nous arrive on travaille et on vend sans rien déclarer au fisc et à l’Etat. Si un jour, il devait y avoir un contrôle on verrait comment faire pour s’en sortir. La Vierge nous a toujours protégés, c’est incroyable ! »

[26Ce serait tellement plus simple s’ils pouvaient s’en ouvrir à un autre frère ou à un autre sœur. Ils verraient alors qu’ils ne sont pas les seuls à vivre cela et cela les encouragerait à aller de l’avant dans leur désir de mettre les choses au clair. Cela leur éviterait de se sentir étranges, bizarres, à la limite de la folie, car il n’est pas rare du tout qu’un frère ou une sœur se demandent s’ils ne sont pas en train de devenir fous, surtout s’ils commencent à avoir des doutes sur les fondements mêmes de leur propre vie. Tout ceci explique parfaitement pourquoi à Bethléem on regarde comme la pire des choses que deux frères ou deux sœurs puissent parler entre eux. Ces entretiens sont considérés comme des péchés gravissimes.

[27Et si cet état de survie n’arrive pas à entraver le réveil d’une conscience piétinée ? Une personnalité supprimée prend ses revanches. Une humanité aliénée devient un terrain d’élection pour les pires dérèglements moraux ou psychiques, jusqu’à l’envie de quitter la vie. Malheureusement Bethléem a connu cela aussi. Je renvoie le lecteur à l’appendice n°1 pour en savoir davantage sur l’histoire d’une jeune sœur polonaise qui s’est suicidée en l’été 1998 au monastère de Camporeggiano en Italie.

Vos réactions

  • MARIA 6 septembre 2016 04:13

    Fabio j’aurais besoin de me contacter avec toi, je suis etonne vraiment !

  • Communauté de Bethléem 23 juillet 2016 20:20

    Je vous remercie pour ce témoignage, Fabio. J’ai récemment été abordé par une personne qui souhaitait me recruter dans la communauté. Votre temoignage m’a permit d’y voir plus clair, et m’a évité de prendre une très mauvaise décision. Merci encore !

  • 31 mai 2016 11:25

    je reconnais parfaitement là les manœuvres de Bethléhem. Aussi, en Israël, elles ont filé les monastères « vieillissants » et se les ont appropriés en magouillant. Les jeunes sont souvent des jeunes « excités » ou « illuminés ». Quand une moniale ne va pas bien, on la change dans un autre monastère « tout nouveau tout beau » jusqu’à la prochaine crise. C’est une secte qui est très intelligente et sait très bien « bluffé » les gens d’Eglise. Une fille qui faisait sa profession solennelle a dit à l’évêque « Je ferai tout ce que vous voudrez »….lequel lui a répondu « Suivez plutôt le Christ !!! » Entendre cela d’une fille qui fait sa profession solennelle pose question…..

  • Interview d’un moine chartreux 28 juin 2015 13:55, par charles

    Le prieur general de la grande chartreuse vient d’accorder une interview au journal La Croix. A un moment il dit « nous sommes des moines, avec une énorme part commune avec les bénédictins et les cisterciens ». On aurait pu s’attendre à ce que ce moine chartreux fasse mention des moines de Bethleem (rythme de vie semblable, habit identique et même père spirituel St Bruno). A l’inverse on voit mal le prieur général de Bethleem invoquer une ressemblance avec les benedictins et les cisterciens….

    http://www.la-croix.com/Religion/Spiritualite/Rencontre-avec-le-prieur-general-de-la-Grande-Chartreuse-2015-06-26-1328364

    • Interview d’un moine chartreux 29 juin 2015 12:19, par alexandre

      Merci beaucoup pour ce lien : je me demande pourquoi les chartreux ont « parrainé » Bethléem en leur accordant de se réclamer de St Bruno (enfin, je ne sais pas ce qui s’est passé du tout mais j’imagine qu’il y a eu des contacts surtout que Currière et en chartreuse ???) Ils ont du voir tout de suite le côté complètement non équilibrée de cette com et pourtant ils ne disent rien ? enfin, je n’ai aucune info mais j’aimerai en savoir plus… les chartreux doivent quand même avoir un pouvoir d’alerte au sein de l’Eglise ? ont-ils laissé coulé laissant des moines et moniales se perdent dans ce magma érémitique et sectaire ? ou bien n’ont-ils pas été écouté comme toutes les victimes ?

      • Interview d’un moine chartreux 30 juin 2015 00:21, par anonymous

        Ils ont du voir tout de suite le côté complètement non équilibrée de cette communauté et pourtant ils ne disent rien ?

        Le silence du moine chartreux est légendaire…

        • Interview d’un moine chartreux 11 juin 2017 21:18, par r. deboer

          je trouve que pas mal de personnes réagissent seulement sur une lecture du texte d’une personne déçue sans bien écouter les autres personnes qui sont sans doute très heureuses parce que c’est bien leur vocation.La personne qui se plaint a eu des responsabilités et n’a pas agi elle-m6eme comme il aurait fallu. On ne reste pas si longtemps sans améliorer les choses . On ne participe pas si longtemps si on juge que ce n’est pas bien car alors one st soi même coupable. Je ne veux pas croire que l’Eglise serait incapable d’un discernement ou n’aurait imposé un modérateur, c’est trop grave si c’est vrai ce qui est dit. Dire que les chartreux ne prennent pas leurs responsabilités va pour moi trop loin. Je n’ai aucun jugement à porter dans cette affaire. Je lis de la malveillance et des frustrations mais je ne les connais pas. Tout simplement je me crois pas qu’on puisse croire facilement tout ce qui est dit et ne pas voir dans le texte accusateur des signes de responsabilité personnelle éventuelle.

      • Interview d’un moine chartreux 1er juillet 2015 11:45

        Dans les années 80, les Sœurs de Bethléem ont voulu intégrer l’Ordre cartusien et cela leur a été refusé. Il y a eu une rencontre avec le Père Général de l’époque et la supérieure des moniales. Rencontre très cordiale mais enfin, c’était non.

        L’une des raisons de ce refus, en tout cas celle que Sœur Marie nous avait rapportée, était que la Règle de Vie de Bethléem - qu’on avait dû donner à lire aux personnes concernées dans sa version de l’époque - paraissait plagier celle des chartreux : Ainsi, la moniale chartreuse avait-elle évoqué l’expression « prendre veniam » qui était reprise textuellement dans la Règle de Vie de Bethléem pour « faire la vénia » (expression en usage à Bethléem depuis toujours, à l’exclusion de toute autre).

        Je ne dirais pas qu’au retour de cette rencontre, Sœur Marie était déçue. Il me semble même que le refus essuyé ne l’avait pas surprise, qu’elle s’y attendait. Mais, après cela, il n’y avait plus qu’à trouver sa propre spécificité.

        « Plus qu’à » … Je crois que, dès la séparation d’avec l’Ordre dominicain, Sœur Marie a voulu s’adosser à un grand ordre monastique. J’ai été témoin de deux tentatives en ce sens. Il y en a peut-être eu d’autres. Sœur Marie avait un fond de bon sens qui lui avait fait ressentir la difficulté, voire le danger, qu’il y avait à rester seuls.

        • Interview d’un moine chartreux 5 juillet 2015 10:49, par Dorothée

          « Sœur Marie avait un fond de bon sens qui lui avait fait ressentir la difficulté, voire le danger, qu’il y avait à rester seuls. »

          Si vous me permettez de reprendre principalement cette phrase, sœur Marie avait un fond de bon sens. C’est vrai. Et précisément pour la finalité qu’elle recherchait quant à Bethléem : fonder un grand ordre. C’était sans doute pour l’amour de Dieu. Mais aussi pour la vitrine, comme cela a été dit ailleurs : re-connaissance, pouvoir et folie des grandeurs qui ne se sont jamais démentis dans le développement de Bethléem.

          Si on pense à l’étape ultime, à savoir le décret d’érection pontifical, il est d’ailleurs étonnant et paradoxal de lire dans le droit de réponse, en guise de justification - et entre autres choses - que « Bethléem n’est pas tombé comme un fruit mûr ».

          Car cette motivation se retrouve jusque dans la séduction auprès d’évêques et de cardinaux pour obtenir cette reconnaissance. Cela a permis à Bethléem, non pas d’éviter de tomber dans le danger d’être seul (sinon, on n’en serait pas là !), mais bel et bien d’être toujours plus autonome vis-à-vis de l’Eglise… tout en fabriquant, par de beaux discours, une image extérieure et apparemment ecclésiale des plus solides.

          • Interview d’un moine chartreux 6 juillet 2015 12:33

            « … la finalité qu’elle recherchait quant à Bethléem : fonder un grand ordre ».

            Personnellement, je ne pense pas que Sœur Marie ait voulu, au départ, fonder un grand ordre. Je pense qu’elle a été acculée en ce sens, du fait qu’elle n’a pas pu s’adosser à un grand ordre existant déjà.

            C’est à ce moment-là qu’a commencé la folie des grandeurs. C’est à ce moment-là qu’on a même parlé de l’ « Ordre de Bethléem » ( !) que Rome allait reconnaître ( !).

            Sœur Marie croyait extrêmement que la Sainte-Vierge était à l’origine de son aventure. Et donc, il y avait un chemin, il fallait seulement le trouver. C’est à ce moment-là qu’a commencé son extraordinaire crédulité à l’égard des révélations privées. Elle-même s’en étonnait, disant qu’ « autrefois, elle n’était pas comme cela et que, même, elle avait horreur des histoires d’apparitions » …

            C’est ainsi qu’on en est venu à penser que Bethléem avait un grand destin et un appel très particulier, très différent, très spécial, très inédit, … Espérons que la visite canonique saura éclaircir ce qu’il en est vraiment.

            • Interview d’un moine chartreux 10 juillet 2015 13:24, par Dorothée

              « Personnellement, je ne pense pas que Sœur Marie ait voulu, au départ, fonder un grand ordre. Je pense qu’elle a été acculée en ce sens »

              Quid du Père Minguet qu’elle a « charitablement » évincé au bout de 4 ans de fondation ?

              « du fait qu’elle n’a pas pu s’adosser à un grand ordre existant déjà. »

              Quid des dominicains pendant 23 ans ?

              « C’est à ce moment-là qu’a commencé son extraordinaire crédulité à l’égard des révélations privées.  »

              La pente existait déjà depuis bien longtemps, par sa pratique du pendule.

              « Sœur Marie croyait extrêmement que la Sainte-Vierge était à l’origine de son aventure. »

              Possible. Mais elle a quand même fini par prendre ses désirs pour des réalités.

              • Interview d’un moine chartreux 11 juillet 2015 18:38

                Les dominicains pendant 23 ans, oui, et c’est long. En fait, Soeur Marie était liée aux dominicains depuis sa jeunesse, son enfance même (école, famille, …).

                A ma connaissance, elle a voulu cette séparation parce que les dominicains ne poussaient pas vraiment la communauté dans le sens d’une vie contemplative. En tout cas, c’est ce qu’elle en disait, et cela suintait de tout ce qu’elle racontait de la période dominicaine de la communauté.

                Aussitôt après la séparation, elle a cherché à s’adosser à un ordre monastique : C’est à ce moment-là que je suis arrivée, et j’ai été témoin de différentes démarches en ce sens.

                Quant au pendule, c’est sûr, il signale une tournure d’esprit. Mais, à mon avis, dans les histoires d’apparitions, il y a quelque choses de plus : Mon sentiment, c’est qu’à un moment donné, Soeur Marie s’est tournée vers le ciel pour recevoir en direct les orientations et les indications, même bien concrètes, que l’on attend d’ordinaire des supérieurs …

        • Interview d’un moine chartreux 5 juillet 2015 11:59

          Je voudrais revenir sur des commentaires récents… Les liens de Bethléem avec la Chartreuse remontent à 1960 , à l’arrivée d’une sœur dont un frère était chartreux. A partir de là, sœur Marie accompagnait cette sœur lors de la visite annuelle en Chartreuse, avec ses deux assistantes. En ce sens, les liens sont donc anciens…

          En revanche, “profonds” , je ne dis pas, mais il faut s’entendre : les chartreux ont été très généreux, financièrement parlant, mais aussi en partageant des documents d’étude, des homélies, etc. Ils donnaient, Bethléem très en demande recevait…

          Il se trouve que j’ai rencontré un certain nombre de religieux (euses ), moines, prêtres, laïcs qui, eux aussi, ont donné très généreusement de leurs compétences, de leur savoir faire, de leur portefeuille etc…

          Pour certains, on a “ tiré ” d’eux tout ce qu’on pouvait , et quand ils ont osé une pensée, un jugement non orthodoxe selon les critères de sœur Marie, ils ont été rejetés. Il en a été ainsi avec les Dominicains, l’École de la Foi, l’institut de Montréal etc.

          Je ne dis pas que sœur Marie ou Bethléem ont agi ainsi volontairement et/ou consciemment. Mais c’est un fait : c’est ainsi que cela a toujours fonctionné.

          J’ai vu arriver pour un premier séjour la sœur du Père général dont Barbara parle . Peut-on affirmer pour autant qu’il l’ait envoyée à Bethléem ? F. n’était plus une petite fille. Elle avait 42 ans, de la personnalité, une expérience de vie religieuse derrière elle, et… son franc parler. Je sais, d’ailleurs, qu’elle l’a parfois payé.

          Quelqu’un dit que sœur Marie n’était pas dénuée de bon sens. C’est exact : elle n’ignorait pas qu’une communauté de femmes sans frères prêtres et sans tronc ancien où s’appuyer n’avait pas grand avenir dans l’Église : peu importe la finalité, ça donnait à Bethléem de la crédibilité.

          Avant que les Chartreux ne donnent Currière, à Bethléem, on avait étudié la Règle de St Benoit, on s’était rapprochés des Cisterciens et… on a accueilli les premiers frères…Le don de Currière a été une opportunité à laquelle sœur Marie n’avait sans doute jamais osé penser d’ailleurs .

          Enfin il semble évident que Fabio ne vous accuse pas de n’être pas vraie.. Oui d’une part nous n’avons jamais pu poser une seule question aux Chartreux. D’autre part ce que vous avez pu entendre de la bouche même de sœur Marie quant à un évènement, une rencontre avec telle ou telle personne dans l’Église, moi, X ou Y avons pu entendre une autre version : sœur Marie brodait toujours et la recension qu’elle en faisait n’avait pas grand chose à voir avec la réalité. J’en ai été témoin moi-même…

          C’est très difficile d’arriver à tirer les choses au clair, du fait d’un manque d’objectivité et de ce mélange entre le bon grain et l’ivraie. Sœur Marie avait un véritable tempérament d’artiste, la rigueur scientifique ne lui était pas familière , il ne faut pas l’oublier et ceci explique les multi versions de l’histoire de Bethléem .

          Enfin puisque ces commentaires font suite à l’interview du moine chartreux, je dirai que ces pages , claires , que tout le monde peut comprendre m’ont fait l’effet d’un grand bol d’oxygène si loin du "charabia bethléémitain ".

          • Interview d’un moine chartreux 6 juillet 2015 14:50

            Enfin puisque ces commentaires font suite à l’interview du moine chartreux, je dirai que ces pages, claires , que tout le monde peut comprendre m’ont fait l’effet d’un grand bol d’oxygène si loin du « charabia bethléémitain ».

            « Un grand bol d’oxygène » … Et tellement dur, et tellement hors de notre portée, et tellement étranger à nos véritables aspirations à nous les anciennes …

          • Interview d’un moine chartreux 7 juillet 2015 16:40, par Barbara

            « Pour certains, on a “ tiré ” d’eux tout ce qu’on pouvait, et quand ils ont osé une pensée, un jugement non orthodoxe …, ils ont été rejetés ».

            C’est exact et je ne dirais pas « pour certains », je dirais « pour à peu près tous ». Et cependant, et pour ma part, je n’ai pas observé ce phénomène à l’égard des chartreux. En tout cas, je n’ai rien vu ou entendu allant en ce sens lorsque j’étais dans la maison. Au contraire.

            « J’ai vu arriver pour un premier séjour la sœur du Père Général dont Barbara parle. Peut-on affirmer pour autant qu’il l’ait envoyée à Bethléem ? »

            Oui, je l’affirme. J’ai longtemps vécu avec elle et je le tiens de sa bouche. (Et bien sûr, elle est aussi venue librement, elle n’était pas sous contrainte …).

            « Sœur Marie brodait toujours et la recension qu’elle … faisait n’avait pas grand’ chose à voir avec la réalité. »

            Sœur Marie construisait beaucoup. Je ne dirais cependant pas que sa construction n’avait rien à voir avec la réalité. Ce n’était ni un délire ni des inventions gratuites. C’était plutôt une interprétation hyper-spirituelle ou hyper-spiritualisante d’évènements ou de circonstances parfois tout simples. En fait, c’était un effort de compréhension spirituelle du cours des choses.

            L’élément de départ restait toujours présent ; Sœur Marie ne cherchait d’ailleurs pas à l’occulter et il était généralement très visible et facile à retrouver, surtout pour qui la côtoyait fréquemment et connaissait le cheminement habituel de sa pensée.

            Par ailleurs, l’élaboration se faisait progressivement, sur la durée et au fil de la réflexion. Dans un premier temps, Sœur Marie lâchait « tout cru » les choses qui l’avaient frappée ou désarçonnée ; Au point que j’ai parfois entendu l’une ou l’autre prieure lui reprocher de trop en dire à la communauté …

            Sœur Marie ne cherchait absolument pas à se mettre en valeur en pensant les choses de cette façon. Il ne s’agissait pas d’elle : C’était l’œuvre de Dieu qu’elle cherchait à discerner. Et comme l’œuvre de Dieu ne peut être que merveilleuse …

        • Interview d’un moine chartreux 5 juillet 2015 17:45, par Kathleen

          A propos de soeur Marie qui avait du bon sens…

          Il est vraiment difficile de reconnaître à travers ces tatillonnements qui se sont faits dans tous les sens et sans lien entre eux (et pas beaucoup avec les désirs des soeurs), « un fond de bon sens ».

          « Dieu n’est pas une girouette. Le vent de Dieu souffle toujours dans le même sens. » P. Jérôme, de Sept Fons.

          On ne choisit pas une vocation comme une paire de chaussures sur l’étalage. On répond à l’appel de Quelqu’Un. Et celui-ci est toujours cohérent.

          Quant au « bon sens », heureusement Dom André l’a eu, quand il a refusé d’affilier Bethléem à la Chartreuse. Car malgré sa bienveillance envers les soeurs, il était assez intelligent pour voir que la plupart d’elles (la fondatrice en tête), n’avaient été ni formées pour une vie en solitude… les pieuses explications mises à part, je pense que la vraie raison de ce refus était là. Dieu merci !

          Quant à l’esprit qui anime cette communauté et les Chartreux, il est bon de comparer l’entretien avec le Prieur Général de la Grande Chartreuse et les bisounours des Montvoirons… la différence est évidente (peu importe le contexte).

      • Interview d’un moine chartreux 2 juillet 2015 12:43, par Barbara

        « Je ne sais pas ce qui s’est passé du tout mais j’imagine qu’il y a eu des contacts surtout que Currière est en chartreuse »

        Ce sont les chartreux qui ont fait venir les sœurs de Bethléem à Currière. Ils leur ont également donné la maison de Mougères. Plus tard, ils leur ont donné la maison de Jerez en Espagne, lorsque les moines qui y vivaient sont partis fonder en Corée …

        Les liens sont anciens et profonds.

        « Ils ont dû voir tout de suite le côté complètement non équilibré de cette communauté »

        Il me semble que si les chartreux avaient eu des doutes, ils n’auraient pas fait venir les sœurs à Currière puisque tout a commencé par là ; Ou bien, elles n’auraient pu y rester car la maison appartenait aux chartreux.

        Le Père Général de l’époque a même envoyé sa propre sœur (de sang) à Bethléem. Je ne pense pas qu’il l’aurait fait s’il avait eu un doute quelconque.

        « Les chartreux ont « parrainé » Bethléem en leur accordant de se réclamer de St Bruno »

        Il faut édulcorer la notion de parrainage par l’expression suivante que j’ai maintes fois entendue : « Saint-Bruno est à tous et la chartreuse est aux chartreux ».

        Il est vrai que la nuance peut paraître ténue, et, à la lecture de certains témoignages d’il y a quelques mois, on a le sentiment que ce n’est peut-être pas aussi simple dans l’esprit de toutes les sœurs.

        • Interview d’un moine chartreux 2 juillet 2015 17:46, par Fabio

          Pour Barbara et d’autres anciennes :

          Il faut être vrai et reconnaître qu’aucune soeur ou aucun frère n’a jamais eu la possibilité de poser certaines questions aux chartreux. A leur sujet on ne peut que s’exprimer comme vous faites : « il me semble » « je ne pense pas que »… Mais, en fait, on ne sait rien de précis et à la limite, à ce que j’ai pu en savoir par des témoins privilégiés, les relations entre les chartreux et Bethléem ont été beaucoup moins idilliques qu’on ne peut penser. Un jour, ce serait à eux de parler et peut-être que ce jour est beaucoup plus proche qu’on ne croit.

          • Interview d’un moine chartreux 2 juillet 2015 19:23

            ce serait à eux de parler et peut-être que ce jour est beaucoup plus proche qu’on ne croit.

            Oui et sur ce qu’il auraient à dire on risquerait de tomber de haut. Un proche, pour avoir côtoyer les chartreux de près m’a révélé que leur avis sur Bethleem est très loin être idyllique. Il est vrai qu’ils ont poussé au début avec la donation de plusieurs chartreuse mais se sont vite rendu compte du sacré mic mac qui couvait à 2 pas de la grande Chartreuse. Oui st Bruno appartient à tout le monde, mais n’est pas fils de st Bruno qui veut.

          • Interview d’un moine chartreux 3 juillet 2015 10:36, par Barbara

            Fabio, Je pense être vraie en énonçant des faits dont j’ai été personnellement témoin ou qui sont du domaine publique. Ce n’est rien de plus (et rien de moins). Ce que j’ai pu y ajouter, avec les précautions d’usage, me paraît relever du simple bon sens.

          • Interview d’un moine chartreux 4 juillet 2015 23:33

            Il faut être vrai et reconnaître qu’aucune soeur ou aucun frère n’a jamais eu la possibilité de poser certaines questions aux chartreux.

            Comme il est vrai que poser une question ou évoquer un sujet sur les chartreux en rencontre fraternelle était immédiatement censuré (mise à part les lettres de Raoul le Verd dont les passages sont lus et relus chaque 6 octobre fête de st Bruno) Pourquoi ce Black out sur le sujet chartreux au sein même de Bethlem ? Si quelqu’un aurait un éclairage là dessus cela serait le bienvenu…

          • Interview d’un moine chartreux 21 février 2016 02:49

            Si moi. Ana ancienne novice de la chartreuse D’Espagne. Dom André m’ envoyé à carrières voir les soeurs de bethleem. Je n’avais aucune idée de rentrer chez elles,mais juste faire un temps de retraite. On m’a reçu à Mougeres. C’est là que j’ai rencontré sr Marie et elle m’a poussé à prendre l’habit carrément. Elle s’est servi de moi pour demander des livres, homélies du R.P Dom André. Elle, soeur Marie s’est servi de moi et on m’a lâché lorsqu’elles ont eu L’habit blac des chartreux. Lorsque je leur ai dit qu’elles mettaient en disant aux gens qu’elles étaient chartreuses. J’ai bien souffert !!! Ana

            • Interview d’un moine chartreux 21 février 2016 19:01

              Je ne sais pas si j’ai un éclairage à donner mais en tant qu’ancienne école de vie je peux confirmer que toutes les fois ou je posais une question sur les chartreux on me posait illico un baillon sur la bouche. Comme je suis quelqu’un de tétue plus on me faisait taire plus je posais de question et cela a fini par devenir une obsession à tel point que je ne suis pas restée à Bethleem.

        • Interview d’un moine chartreux 2 juillet 2015 19:22, par alexandre

          Donc Barbara, vous sous-entendez que, au courant de ce qui se passe à Bethléem, les Chartreux sont d’accord et soutiennent cette communauté ?

          Pour moi, la vie des chartreux et des chartreusines (?) est à l’opposé de ce qui se vit à Bethléem dans ce que l’on glane dans tous ces témoignages… Je crois que c’est une personne sur cent qui reste pour entrer dans la communauté par rapport à ceux qui font un essai !!! il n’y a pas de mois évangélique du tout !! , Marie et Jésus ne pensent pas à la place des moines, pas de cahier de Marie etc etc…

          Par quel mystère les chartreux soutiennent-ils (et elles) une communauté qui a des aspects sectaires tout à fait évident et objectifs… ? si même eux sont complices alors là c’est à désespérer complètement de l’Eglise… à moins que vos informations ne soient pas justes….

    • « on voit mal le prieur général de Bethleem invoquer une ressemblance avec les benedictins et les cisterciens…. »

      Exact, ô combien !

    • Interview d’un moine chartreux 31 août 2015 12:49, par Barbara

      Je voudrais revenir sur quelques éléments qui m’ont frappée dans les différents interviews du prieur de la Grande Chartreuse, parus dans « La Croix ».

      " … Le tabernacle, c’est nous. C’est cela qui est à développer. Je n’ai pas besoin du Saint Sacrement en cellule car le Seigneur est là de toutes façons. Le point central est la messe quotidienne. Un moyen peut devenir un obstacle. Un moyen, il faut pouvoir le lâcher, sauf les moyens fondamentaux : l’Écriture, l’Eucharistie. »

      Je suis très sensible à cette remarque. Et d’après ma propre expérience, je peux dire que c’est aussi et beaucoup pour cette raison que l’Eucharistie en cellule peut devenir un fardeau.

      Quand je suis entrée à Bethléem, il n’était pas question de Saint-Sacrement en cellule. Nous avions 45 minutes d’adoration communautaire en fin de journée et Sœur Marie disait que ce temps ensemble était très important car c’est là que se nouait la communauté. Par ailleurs, l’heure d’oraison du matin se faisait normalement en cellule, il n’était pas question d’y mettre le Saint-Sacrement, personne ne s’en plaignait et, à mon avis, personne n’y pensait.

      La messe était en fin de matinée, juste avant le déjeuner pris en commun au réfectoire avec les hôtes (en silence et avec lecture). Cet enchaînement messe / repas au réfectoire était très important : Sœur Marie nous parlait longuement des « deux tables », celle de l’eucharistie et celle du pain partagé. La notion de communion était constante, omniprésente, très importante. « Es-tu en communion ? » Question sans cesse répétée, voire rabâchée …

      Et puis, du jour au lendemain, on a abandonné tout cela pour tendre à une vie toujours plus solitaire. Et j’entends encore une sœur murmurer d’une toute petite voix (je l’ai entendue parce que j’étais juste à côté d’elle) : « Mais alors, les deux tables … » Mais, bien sûr, sa voix s’est perdue dans le nouveau vacarme …

      Je ne cherche pas à mettre ici une opposition entre la vie solitaire et la communion fraternelle. Je veux seulement manifester la brutalité du virage et du changement de discours auxquels il a fallu souscrire dans l’obéissance et sans mot dire. Puisque Dieu le voulait, …

      Dans les débats qui se sont échelonnés sur ce forum pendant des mois, il a été question à un moment des rencontres fraternelles où l’on devait toujours marcher à trois. Or, cette exigence est apparue en même temps que le virage indiqué ci-dessus … Je pense que ce n’est pas par hasard : Combien de questions, combien de désaccords, combien de réelles difficultés … auraient pu émerger et prendre consistance dans une vraie conversation à deux !

      Dans un autre passage des interviews du prieur de Chartreuse, il est question du lever de nuit, et il est dit, en substance, que si quelqu’un n’est pas à Matines, on va normalement le chercher.

      Je n’ai vu que très exceptionnellement que l’on aille chercher une sœur absente à Matines mais, par contre, j’ai toujours vu qu’il fallait une permission pour ne pas y aller. Seulement, Sœur Marie était très large pour ces permissions, et même elle imposait fréquemment des absences à Matines à qui ne demandait rien. Les autres prieures ont agi de même à sa suite.

      Derrière cela, il y avait que le lever de nuit, ou très matinal, était un impossible pour Sœur Marie depuis sa jeunesse. Pour elle, c’était le label inaccessible d’une vie monastique sérieuse. Donc, elle remontait l’horaire (un peu dans un état second, j’y étais), puis elle entrait dans des complications sans fin et accordait, voire imposait, toutes les dispenses possibles. A mon sens, tout cela a fini par avoir des effets délétères sur beaucoup de soeurs …

    • AU PRIEUR DES MOINES DE BETHLEEM Ne me faites pas parler ! Vous Moines de B. n’êtes pas ni Dominicains, ni bénedictins, et mois encore Chartreux. En 1981 vous etiez habilles en bleu jeen. Vous chantiez, treès beau la polifonie dans les offices. Puis… une idée de Sr Marie !!! En fin on a une qui connais chartreuse !!!! Navidad ! Et oui, j’avais passé par chartreuse de femmes. Alors, je les ai même montré le salve Regina car elles chantaient celui des Bénectins !!! Je ne veux pas remouer le passé. Mais Je vois votre façon de defendre la Cté. Vous ne voulez reconnaître que des Frères sont partis dont un a du quitter sa femme sans lui donner des nouvelles durant deux ans !!! Emmanuel . Il a du se soigner. Vous avez changé la polyfonie pour le chant bizantin. Des génuflexions etc. J’aimais ! mais ne me dites pas que vous étiez comme les chartreux. MENSONGE. Vous avez eu l’idée par Sr Marie d’avoir le même habit des chartreux vers 1994… ? et j’ai été témoin à la Verne avec Sr Marie à qui je lui ai dit : Vous n’êtes pas des chartreuses. Et j’ai reçu une réponse comme elle savait donner bien salé. Soyez humble et lorsque on est simple disciple de Jésus on demande pardon et on se tait en reconnaissant les derives. J’ai fait deux tentives de suicide une en Corse et une autre à Paris. Pour le témoignage « si beau » d’Elwira…. elle me parlait mal de bethléem. Elle me disait qu’ele pouvait parler à propos du suicide de son amie . Alors elle venait cercher des enveloppes au Monastère de Paris. Elle n’est pas très claire…c’est vrai on lui a payé son silence et elle a fait ses études. Moi on m’a deformé et blessé et on m’a laché dans la nature. J’ai travaillé pour elles en faissant des chapelets… des faux buletins de paye à l’urssaf. Merci pour tout ce que j’ai appris de la vie et me deguter de la vie religieuse et même de l’Eglise. MAIS DANS CE MELI MELO IL Y A DES SAINTES FEMMES MONIALES QUI NE SON PAS CONSCIENTES DE CE QUE LES AUTRES ON VECU.

  • Anonymous 19 juin 2015 22:03

    Petite analyse trouvée sur le web de la célèbre série culte « le prisonnier » datant de 1967. Toute analogie avec avec des faits ayants cours sur ce forum serait tout a fait fortuite…

    Pour une raison inconnue, un agent, interprété par Patrick McGoohan, démissionne des services secrets britanniques. De retour dans son appartement, à Londres, alors qu’il fait sa valise, un jet de gaz à travers la serrure le plonge dans l’inconscience. A son réveil il se retrouve dans un ravissant petit village au style architectural bigarré et à l’ambiance de villégiature.

    Il s’aperçoit rapidement qu’il est dans un endroit des plus étranges ; il est impossible de passer des appels téléphoniques vers l’extérieur, les taxis n’assurent que la desserte locale, les cartes de l’endroit ne portent aucune indication géographique… Un personnage étrange, le Numéro 2,semble commander le Village et lui dira bientôt que son maître, le mystérieux N°1, veut connaître les raisons de sa démission, qu’il restera ici le temps qu’il faudra, et qu’il est le « N°6 ». Mais le Prisonnier n’est pas un numéro, il est un Homme Libre !

    Ce petit village fleuri et bariolé aurait tout d’un coin de paradis si ses habitants n’étaient pas des numéros dont les moindres faits et gestes sont épiés par des caméras de surveillance. Refusant toute intégration, toute soumission, le N°6 n’aura de cesse de chercher à s’échapper, luttant pour cela contre une communauté étouffante et entièrement sous la coupe du tout puissant et omniprésent pouvoir des dirigeants du Village.

    L’individu (ou plutôt le « mouton ») est contraint au conformisme : contraint de sourire en même temps que les autres, d’écouter les niaiseries de la radio qu’il est impossible d’éteindre ("Good morning all, it’s another beautiful day…"), d’applaudir et rire au signal convenu (comme dans les sitcom TV). Le Village a donc un régime totalitaire ? Non, et c’est là toute l’horreur.

    Tout comme les habitants de Brave New World (Le Meilleur des mondes) ou, dans une moindre mesure, les ouvriers de Metropolis, chacun est soumis, chacun est heureux de vivre dans cette joie artificielle, mécanique, aseptisée, où la vie ne se valorise plus par ses tourments et ses joies, puisque la lutte est annihilée et que le bonheur est forcé, chacun étant fondu dans une masse homogène, chacun n’étant plus qu’un numéro… Même le chef du Village, le N°2, ne semble être qu’un fantoche devant son supérieur, le N°1, qui reste invisible. Le N°2, d’ailleurs, n’est pas le même d’un épisode à l’autre, car ce n’est pas lui, l’ennemi. L’ennemi ce n’est pas un homme, c’est la société elle même : l’Administration, la technocratie, la paperasserie, comme dirait Harry Tuttle dans Brazil. Le N°6 va se rebeller, et le clamera violemment : « I will not be pushed, filed, stamped, indexed, briefed, debriefed or numbered. My life is my own… » Outre celui de partir, dès le premier épisode, il réclamera le droit de s’isoler, de s’exprimer, surtout d’avoir un comportement personnel et d’être un individualiste.

    le premier épisode campe parfaitement tous les protagonistes : le Prisonnier rebelle et opiniâtre, la grosse boule blanche du Rover, les N°2 sadiques et serviles, le superviseur, le maître d’hôtel et surtout… le Village. Celui-ci est omnipotent et contrôle tout depuis les souterrains par caméra, microphones, ordinateurs… Le N°6 en fera l’amère expérience, et se retrouvera à la case départ pour avoir sous-estimé les capacités de manipulation des dirigeants du Village. La grille qui se referme sur son visage à la fin de l’épisode fait froid dans le dos.

    On trouve dans ce Village des Allemands, des Russes, des Anglais, des Français… Tous sont là pour des raisons différentes.

    • Communauté de Bethléem : attention ! 22 juin 2015 00:06, par Dominique *

      « Tous sont là pour des raisons différentes », écrivez-vous à la fin de l’histoire. Et aucun n’est donc semblable quand il arrive. Devenir semblable est-il un but à poursuivre à Bethléem ?

      A relier avec ce propos tenu en homélie de pré-Carême :

      • Attention au démon qui nous distingue « tu n’es pas comme les autres, tu es différente » et qui nous isole de la communauté.

      Les responsables de Bethléem sont-elles donc favorables au clonage spirituel ?

      On repère, au fil des lectures de propos tenus à Bethléem, une volonté excessive d’uniformisation qui ne contribue pas à l’unité tant prônée. L’invitation à « être défigurée » ou à « perdre la face » pour « se configurer au Christ » pourrait s’entendre à un certain niveau. Mais elle perd toute sa valeur spirituelle quand on lit aussi qu’ « il ne faut pas chercher à amoindrir la parole de Dieu et la parole des responsables ou à les changer, car ce sont les envoyés de Dieu qui me les disent pour ma sanctification. »

      Envoyés de Dieu, ces responsables ? Quand elles invitent à « recevoir le Christ Total », comment ne pas se demander si leur vision ne frise pas le totalitarisme évoqué dans l’histoire précédente ?

      D’autres que moi étudieront, je l’espère, ce qui peut s’apparenter à des méthodes d’aliénation. Il me semble en avoir trouvé une clef dans un propos d’une responsable disant à ses sœurs ceci, lors d’une rencontre fraternelle : « Jésus n’a pas eu de vie propre. » On retrouve d’ailleurs le même discours tenu par une responsable des études, à propos de Marie : « Marie n’a pas eu de vie spirituelle propre. C’est cela être vierge. »

      Enfin, la mort de saint Pierre, la tête en bas, est justifiée ainsi : comme saint Pierre, je dois « avoir mes idées retournées. Si saint Pierre a été crucifié la tête en bas, c’est pour attester qu’il y a un changement de mentalité, un renversement de ma sensibilité, de mes pensées, pour que mon cœur profond soit vraiment mon axe et mette mes pensées en silence, sinon on ne peut pas avancer bien loin. »

      Pourquoi des responsables se permettent-elles de dire des choses pareilles ? Jésus sans vie propre, Marie sans vie spirituelle propre ? Et ignorent-elles le pourquoi historique du crucifiement de Pierre la tête en bas ? Une personne à qui je demandais ce qu’elle en comprenait, m’a répondu immédiatement : « c’est du bourrage de crâne inversé ».

      Cela ne déménage-t-il pas sérieusement dans cette communauté ? Je n’invente pas le terme de « déménager » puisqu’il est dit par une responsable à propos de Marie qu’ « elle est déménageable. » Cela explique-t-il que des sœurs soient déménagées, du jour au lendemain, d’un monastère à l’autre, puisqu’il faut être « déménageable » comme Marie ? Que d’autres se mettent à fuir, par des dérèglements psychologiques graves, leur identité propre, et donc à déménager ? Ou cherchent, dans le meilleur des cas, à s’enfuir concrètement pour retrouver de la santé spirituelle ?

      • Communauté de Bethléem : attention ! 23 juin 2015 09:14, par Barbara

        Je n’invente pas le terme de « déménager » puisqu’il est dit par une responsable à propos de Marie qu’ « elle est déménageable. » Cela explique-t-il que des sœurs soient déménagées, du jour au lendemain, d’un monastère à l’autre, puisqu’il faut être « déménageable » comme Marie ?

        Oui, Marie est « déménageable ». C’était un classique à Bethléem lorsque je m’y trouvais. C’était le commentaire le plus habituel de la Visitation : « En ces jours-là, Marie partit en toute hâte … ». Elle venait de recevoir l’annonce de l’Incarnation et, au lieu de rester en repos à méditer l’énormité de ce qui lui arrivait, elle a pensé à la vieille cousine dont elle avait appris au passage la grossesse, et elle est partie en toute hâte.

        Oui, il fallait être déménageable comme Marie. Oui, à Bethléem, il fallait avoir le pied léger. Et, c’est sûr, on ne restait pas à Bethléem si on avait du mal avec les changements et si on avait un peu trop tendance à s’empêtrer dans les choses matérielles. J’en ai vu partir un certain nombre à cause de cela.

        Après, mes souvenirs datent un peu, et peut-être la coloration des choses s’est-elle modifiée depuis.

        Par ailleurs, il y a aussi la question de la stabilité qui, classiquement, est un élément important de la vie contemplative. Et je crois qu’il y a toujours eu un tiraillement à ce niveau : L’enfouissement ou le pied léger. Comment concilier les deux ? La Sainte-Vierge a su le faire …

        • Communauté de Bethléem : attention ! 23 juin 2015 22:47, par Dominique *

          Et vous disait-on aussi que « Jésus n’a pas eu de vie propre », comme je l’ai lu ? Et Marie « pas de vie spirituelle propre », comme je l’ai lu également ?

          N’est-ce pas choquant par rapport aux fondements de la foi chrétienne ?

          Je ne cesse pas de me demander pourquoi les responsables de cette communauté semblent avoir un si grave problème avec l’Incarnation. Et à quoi cela peut leur servir.

          • Communauté de Bethléem : attention ! 23 juin 2015 23:45, par Fabio

            Pour Dominique :

            « Jésus n’a pas eu de vie propre » « Marie n’a pas eu de vie spirituelle propre ».

            Ces deux phrases sont les fondements de la vie spirituelle à Bethléem, elles en sont le pivot incontournable. Cela vous choque, mais cela ne choque aucunement tant de personnes qui vivent dans l’univers « Bethléem ». Et c’est là, j’en suis de plus en plus convaincu, que se joue la vraie question d’un discernement théologique à propos de la communauté de Bethléem. Mais ce discernement est rude à réaliser, car tant d’autres gens, que l’Eglise regarde comme « spirituels », ont parlé de cet anéantissement du Christ et de la Vierge.

            L’Eglise est incapable d’avoir une position commune sur ces sujets théologiques ; on peut dire tout et le contraire de tout sur ce point précis de la vie personnelle du Christ et de la Vierge. Le dogme ne touche qu’à leurs êtres, pour le Christ une seule personne divine en deux natures, divine et humaine ; pour la Vierge une personne humaine en une seule nature humaine. Mais pour ce qui est de leur vie, de leur psychologie, on a dit plein de choses et on en dira encore beaucoup, et l’Eglise n’interviendra jamais dans ces discussions, il n’y a pas de dogme là-dessus. A Bethléem on épouse plutôt une théologie thomiste « à l’ancienne », avec la personne divine qui domine tout dans le Christ, d’où la doctrine de la vision béatifique, que Bethléem défendra toujours quoi qu’il arrive. Est-ce que l’Eglise peut dire que ce n’est pas orthodoxe ? Je ne crois pas, Bethléem aura toujours beau jeu à dire que tant d’autres l’ont affirmé avant elle.

            Comment faire alors pour que les personnes de l’univers Bethléem soient choquées autant que vous de l’absurdité de tels propos ? Je ne sais pas… Il y a là un mur, à Bethléem on vous dira que c’est humain, trop humain ce que vous dites, humain et donc peccamineux, ou du moins, réducteur par rapport au grand dessein divin de diviniser l’homme.

            J’ai nagé dans cette eau pendant 24 ans, on n’en sort pas comme ça, par une pure reflexion de l’esprit…

            • Identité des personnes de la Trinité et des autres 24 juin 2015 11:51, par Bertrand

              Bonjour Fabio, De fait ce point est important. Il me semble cependant que la tradition catholique peut répondre à cette dissolution du moi à laquelle la spiritualité de Bethléem invite ses membres, par l’approfondissement de la notion de personne. Or il n’existe pas de personne sans une identité singulière. Si je suis que par un autre, je n’existe que par appropriation personnelle : autonomie et hétéronomie s’articulent. Par ailleurs, les trois personnes trinitaires sont qualifiées de relations subsistantes selon la théologie thomiste classique. Une personne humaine a un être (esse in) qui a des relations (esse ad). Certes toute l’identité de la personne divine est d’être relation (esse ad). Le père est la paternité. Le fils est la filiation. Mais justement parce que les personnes trinitaires ne sont que relation à l’autre, leur identité est encore plus grande que l’identité d’une personne humaine. Le Père n’est pas le Fils. La paternité n’est pas la filiation. Donc pour la Trinité chaque personne est tout à fais unique, singulière et totalement ouverte à l’autre. Bref, parce qu’elles sont des personnes, chaque personne de la Trinité a une « vie » propre. Il faudrait ajouter l’analogie (ce qui suppose différence et identité) entre personne trinitaire et personnes humaines, ne pas trop immédiatement fondre la nature humaine dans la nature divine, selon la tendance monophysite de Bethléem. En tout cas, une juste philosophie et théologie de la personne pourrait à mon sens permettre de dépasser ces dérives anthropologiques.

              Bertrand

              • Identité des personnes de la Trinité et des autres 25 juin 2015 09:35, par L’Anonyme

                Merci Bertrand pour votre réponse qui nourrit l’espoir.

              • Je suis tout à fait d’accord avec vous, Bertrand. En vous lisant, je me disais que Bethléem connaît parfaitement la théorie que vous expliquez - inutile de vous dire que les mots personne et liberté sont les mots qui reviennent le plus dans les Constitutions - et que donc, les raisons profondes de ce « matraquage », comme dit Barbara, sont à chercher ailleurs.

                J’essaie de me remémorer quand j’étais prieur et qu’un frère présentait des attitudes, des comportements, des propos, qui étaient autres par rapport au discours unique de la communauté. Je crois que le premier sentiment d’un/e responsable à Bethléem devant un cas pareil est la peur, la peur de ne plus pouvoir gérer l’incontrôlable, et surtout, la peur d’être accusé, à son tour, par les responsables suprêmes, de ne pas avoir su apprivoiser, former, « formatter », cet individu.

                Est-ce que cela vous rappelle quelque chose ? Ce système d’enchaînement « hiérarchique » de peurs est le mode de fonctionnement normal de tout système tyrannique. A Bethléem, quand on est responsable, on a souvent peur que le frère, la soeur, de sa communauté, n’aille se plaindre auprès des hauts responsables. En ce qui me concerne, j’ai connu plusieurs fois ce genre de « délations », et je vous assure que c’est extrêmement pénible à vivre. Sans vous douter de rien, vous êtes convoqué par les grands responsables et vous devez leur rendre compte des accusations qu’on a portées contre vous. Je crois que vous pouvez imaginer dans quel stress vit un responsable qui se rend compte de ne plus jouir des grâces de ses hauts responsables.

                Je crois donc que l’anthropologie peut et doit aider à faire la lumière sur ce qui se passe à Bethléem, mais la sociologie, peut-être, encore plus. Il s’agit en effet d’un mode de fonctionnement propre à un groupe déviant celui qui tisse la vie et les relations à l’intérieur de Bethléem. Je n’insisterai jamais trop là-dessus, ce n’est pas une affaire de personnes déviantes, c’est une affaire de groupement déviant. Et la peur est le ciment déviant de ce groupement.

                • Identité des personnes de la Trinité et des autres 27 juin 2015 12:10, par Bertrand

                  Encore quelques brèves réflexions sur la vie propre de toute personne :
                  - Du fait qu’une personne de la Trinité se définit pas une relation d’opposition, il n’y a pas plus ouvert à l’autre et plus propre qu’une personne divine, car la filiation n’est absolument pas la paternité (ce sont deux relations en sens opposés) et en même temps la filiation est orientation vers le Père. Il faudrait ajouter que dans la Trinité l’égalité des personnes s’accompagnent d’un ordre. Orient et Occident sont d’accord pour dire que le Père est numéro 1, Le Fils-logos est numéro 2, l’Esprit Saint est numéro 3. Cet ordre n’est pas une subordination et une inégalité. Mais jamais l’Esprit ne sera 1 ou 2. Les trois ne sont donc pas interchangeables. Ce n’est pas les « trois mousquetaires », un pour tous et tous pour un, chacun pouvant remplacer l’autre dans sa mission. Les trois ne sont pas trois clones identiques que l’on pourrait intervertir. Ils ont chacun une identité, une place unique.
                  - Parce que la Trinité est une mystère où les personnes sont uniques, avec une individualité, ouverte à l’autre, ayant une égalité « consubstantielle » entre les trois, nous avons un idéal de vie communautaire. Tout communauté qui tend à uniformiser les comportements, et en même temps à distinguer les chefs responsables et les membres lambda, dans une profonde inégalité agit en fait à l’encontre de la vie trinitaire …
                  - Par ailleurs, le Christ et Marie sont des personnes uniques. Recevoir tout d’un autre n’indique pas que l’on a pas de vie propre. Le Christ est l’unique Verbe incarné. Il a eu une vie très singulière en Palestine. Il est l’unique sauveur, ressuscité. Marie est l’unique femme, lieu de l’incarnation. En chacun le « je » ne disparait pas, mais au contraire, il n’ y a pas plus propre que les vies du Christ et de Marie.
                  - Le vie des saints est chaque fois unique. Le péché est commun, universel (voir les 7 péchés capitaux), mais la sainteté est singulière. En un sens la vie des saints est inimitable. Le saint est celui qui a réussi par la grâce de Dieu à être pleinement lui-même. Le pécheur est « à côté de ses pompes ». Et on peut se rassurer en faisant comme tout le monde. Mais le saint reçoit de Dieu, l’unique qui est en lui. Dieu nous appel chacun par notre nom, pour un appel singulier, que nous pouvons découvrir peu à peu. Bref, chaque saint au une vie propre. Je vous mets au défit de trouver deux vies de saints identiques. Au contraire chaque situation, chaque appel n’a qu’une existence unique.
                  - Certes, on peut comprendre que toute personne (divine, sainte) n’a pas de vie propre au sens où elle doit tout recevoir d’un autre. Mais comme souvent dans la foi catholique, ce n’est que la moitié de la vérité qui doit tenir aussi l’union paradoxale avec son contraire, la personne est unique et a une vie propre. Un de mes maîtres parlait de la triple loi du don : recevoir, s’approprier, donner. Si l’on fait l’économie du second moment, alors en effet la personne n’a plus de vie propre et les comportements tyranniques ne sont pas loin. Toute hérésie est un choix entre entre deux propositions apparemment paradoxales que l’on refusent de tenir ensemble « sans confusion ni séparation ». Il faut dés lors que la mystique s’appuie sur la théologie et la grande tradition de l’Eglise pour éviter les dérapages. Quelles ont été les formations théologiques effectives de soeur Marie et soeur Isabelle autres que les nécessaires mais insuffisantes lectio divina et liturgie ?

                • Fabio,

                  Dans votre commentaire vous dites vous remémorer quand vous étiez prieur. Pourtant fr Silouane dans sa réponse sur l’autre site affirme que vous n’étiez que vicaire. Pouvez vous nous apporter quelques précisions sur cette divergence de point de vue pour savoir ou se situe la vérité ? Si vous étiez prieur, pourquoi vous rabaisser au rang de vicaire ? Merci de votre réponse.

                  • Vicaire ou Prieur ? 28 juin 2015 00:20, par Fabio

                    Pour Charles :

                    En 2009, il y avait 4 monastères de frères (je crois qu’actuellement il n’y en a plus que trois) : Currière en Chartreuse (France), Monte Corona (Italie), Tel Gamaliel et Lavra Netofa (Israel). Administrativement parlant, le prieur général, frère Silouane à l’époque, était le prieur de trois de ces monastères, Currière et les deux d’Israël. Currière, parce que dans la Règle de vie il est écrit que le prieur général est aussi prieur du monastère de Currière-en-Chartreuse (la même chose vaut pour aussi les moniales), les deux monastères d’Israël parce qu’ils étaient considérés alors comme des « monastères en fondation » (quand la communauté s’installe quelque part, d’après les Constitutions, le Chapitre Général attend quelques années avant d’ériger canoniquement cette nouvelle communauté « en fondation » en « monastère » tout court).

                    Les 2 frères qui, administrativement parlant, étaient les « vicaires » de frère Silouane pour Currière et Tel Gamaliel (je laisse de côté la Lavra Netofa, qui était un cas à part et qui n’a eu qu’une très courte durée), dans les faits, ils étaient les vrais responsables des deux communautés, surtout entre 2006 et 2009, période où frère Silouane a vécu en retrait de la communauté des frères à cause d’une grave maladie et ne gérait donc plus les affaires de la communauté masculine. Ces deux frères étaient du reste appelés du nom de « prieur » par leurs frères et considérés en tout et pour tout, par les frères, les soeurs et les gens de l’extérieur, comme tels.

                    Au Chapitre général de février 2009, le monastère de tel Gamaliel est passé du rang de « monastère en fondation » au rang de « monastère » tout court, prévoyant donc non plus un « vicaire » mais un « prieur ».

                    Quant à la raison pour laquelle frère Silouane a insisté sur ce point, il faudrait lui poser la question.

          • Communauté de Bethléem : attention ! 25 juin 2015 08:20, par Barbara

            Et vous disait-on aussi que « Jésus n’a pas eu de vie propre », comme je l’ai lu ? Et Marie « pas de vie spirituelle propre », comme je l’ai lu également ?

            Je crois que ceci est venu plus tard. Comme le dit Fabio, c’est devenu fondamental mais plus tard.

            Les sœurs les plus anciennes qui, pour la plupart, ne sont plus de ce monde mais que j’ai connues, n’étaient pas des clones, tant s’en faut. Il y avait parmi elles de fortes personnalités et des caractères certains. Elles étaient très différentes les unes des autres. Je me souviens en avoir fait la réflexion à ma prieure qui m’avait répondu que c’était l’avancée dans la vie spirituelle qui faisait que les gens s’affirmaient ainsi dans leur spécificité …

            Le matraquage relatif à l’absence de vie propre est venu plus tard. Et je pèse mes mots lorsque je parle de matraquage : Le discours en ce sens était incessant. En outre, il identifiait ce renoncement extrême à l’obéissance monastique.

            Les choses ont tourné de cette façon à partir du moment où l’on a décidé d’orienter la communauté vers une vie toujours plus solitaire.

            • Communauté de Bethléem : attention ! 5 juillet 2015 16:53, par Ana

              Exactement ! Les soeurs de Bethléem ont commencé à devenir ce que n’étais pas sa vocation, au moment où elles on voulu imiter les Chartreux, vouloir être mieux que les Chartreuses Femmes. Mais De tout cela c’est Sr Marie la responsable. Il y avait des changement tout le temps. Aucun equilibre qui puisse aider aux jeunes de connaître quel était en vrai l’appel de Bethléem. Tou ce que dit Fabio c’est d’une VERITE lampide. Je le remercie, je comprend bien des choses vecues. Merci à la VERITE qui nous rend libres. Mais le noyau -autre mais similaire au ancien…toujours Sr Hallel je crois- ne sera pas VRAI, ni humble. A quoi cela sert il d’avoir le Seigneur dans leur oratoire sans être vrais. Il faut que l’Eglise fasse son devoir. Que l’Eglise fasse ce qu’elle n’a pas fait, car beaucoup des Evêques on été curtisés et alors on a fait le silence. C’est grave, très grave que le Christ soit ainsi maltraité. Là je defend le Christ et pas toutes les paroles en accord ou desacord. Que faitons nous du Christ notre Seigneur ? ana

        • Communauté de Bethléem : attention ! 26 juin 2015 21:18, par Kathleen

          Il serait cependant très erroné d’attribuer cette « dépersonnalisation » à la vie de silence et de solitude (que Bethléem n’a d’ailleurs touché qu’en surface, pour ne pas dire en apparence). Cette caricature est malheureusement une des grandes illusions de Bethléem. A ce sujet, il suffit de relire les propos de Guy qui datent du début de l’année.

          Le véritable esprit de solitude produit des fruits tout à fait contraires à ceux que produit l’endoctrinement de Bethléem.

          Je pense que l’avancée dans le sens de la solitude a fait craindre aux dirigeants de Bethléem que les sœurs allaient devenir trop « personnelles » ; d’où ce matraquage… Par ailleurs, sœur Marie avait une notion de la personne très confuse et disait que le Christ était une personne « humano-divine », ce qui est, en soi, une hérésie (cf. CEC 466). Et cela est dit non seulement dans ses homélies, mais aussi dans les Constitutions (ce qui prouve qu’aucun théologien sérieux ne les a lues). Un étudiant en théologie qui dit cela est collé à son examen…

          Du reste, il ne faut jamais oublier que Bethléem est un système où tous les éléments se tiennent… et que le but de cette pseudo-mystique est l’asservissement des membres envers leurs chefs sous prétexte de « l’obéissance sanglante » et la « disponibilité inconditionnelle à tout » (sic. sœur Marie) - l’univers ou la personne ne compte pas autant que tel, mais autant que la pièce d’engrenage dans un « projet » que, seuls, les « privilégiés » peuvent en saisir les contours…

          • Communauté de Bethléem : attention ! 27 juin 2015 16:37, par Barbara

            Les choses ont tourné de cette façon à partir du moment où l’on a décidé d’orienter la communauté vers une vie toujours plus solitaire.

            Je pense qu’il fallait obtenir des soeurs qu’elles entrent dans une vocation qu’elles n’auraient peut-être pas choisie spontanément. C’est en tout cas ce à quoi je pensais en écrivant cette phrase.

          • Communauté de Bethléem : attention ! 27 juin 2015 16:41, par Barbara

            Les choses ont tourné de cette façon à partir du moment où l’on a décidé d’orienter la communauté vers une vie toujours plus solitaire.

            Je pense qu’il fallait obtenir des soeurs qu’elles entrent dans une vocation qu’elles n’auraient peut-être pas choisie spontanément. C’est en tout cas ce à quoi je pensais en écrivant cette phrase.

            Il est également vrai qu’avec le temps et l’accroissement de la communauté, Soeur Marie a de plus en plus eu cette crainte de « perdre le contrôle ».

            • Communauté de Bethléem : attention ! 2 juillet 2015 10:39, par Dominique*

              « Je pense qu’il fallait obtenir des sœurs qu’elles entrent dans une vocation qu’elles n’auraient pas choisie spontanément », dites-vous.

              En relisant un témoignage qui m’est parvenu, je trouve ceci qui corrobore vos propos :

              « Nous vivions des moments extrêmement, anormalement difficiles à nous occuper pendant des heures et des heures, et des nuits et des jours, de personnes qui n’avaient rien à faire dans la vie religieuse, et encore moins à Bethléem. Mais sœur Marie »avait discerné qu’il y avait une chance« et nous n’avions pas le droit de nous opposer. »

              Et ceci également : « Voir les problèmes ? Cela paraît si simple pour qui est libre. Mais nous avions appris à ne plus voir et à ne plus vouloir. »

          • Communauté de Bethléem : attention ! 30 juin 2015 12:48, par André

            Donc Jésus n’est pas l’Homme-Dieu ? (deux natures en une seule personne ) … Je cherche à comprendre votre sens de l’hérésie :) Il est vrai que la Nature Divine du Christ est infiniment plus importante, si bien que c’est Elle qui assume la nature humaine du Christ, sans la faire disparaître (union sans division ni confusion). Il n’y a pas de commune mesure entre la Nature Divine et la nature humaine… Et pourtant, le Christ ne peut être pleinement et seulement définit comme une Personne Divine (bien qu’Il soit vraiment Dieu) puisqu’Il s’est fait Homme : Personne Humano-Divine est , avec l’expression « Homme-Dieu » , ce qui exprime le mieux qui est le Christ … Il faut bien des mots pour exprimer le mystère de l’Incarnation, sans pouvoir l’épuiser… Jésus est l’Homme- Dieu, la seule Personne Humano-Divine qui soit dans toute l’histoire du monde, SANS CESSER d’être ce qu’Il est de toute éternité : le Fils, l’Un de la Sainte Trinité, le Verbe du Père ….(donc une Personne Divine)… Mystère qui défit l’intelligence la plus haute : le Christ Jésus, l’Homme-Dieu, est totalement UN AVEC LUI MEME, cad UN avec le VERBE coéternel au Père et au Saint Esprit ! (personnellement, sans la foi, je n’y comprendrais rien, avec la foi, j’adore le mystère qui me dépasse, ce mystère que j’ai à peine effleuré) On peut donc sans commettre d’hérésie dire du Christ Jésus qu’Il est Dieu (en temps que le Fils, Il est une Personne Divine égale au Père et au St Esprit) et tout aussi véridiquement, qu’Il est l’Homme-Dieu, la seule Personne Humano-Divine (ou Divino-Humaine, si vous préférez ! ) qui soit dans le temps et l’éternité. C’est Lui le grand prêtre qu’il nous fallait, à la fois Dieu, capable de tout nous obtenir de son Père, et cela grâce à son Sang répandu pour nous sur la croix, car Il est pleinement Homme, né de la Vierge Marie …. (mais on pourrait continuer à l’infini de parler du mystère du Christ, je m’arrête là …) Bien à vous +

  • Évêques et gestion des abus sexuels 12 juin 2015 15:43, par Dominique *

    L’annonce que les évêques allaient devoir rendre des comptes sur leur gestion des abus sexuels dans leurs diocèses respectifs me conduit à signaler que nombre d’entre eux ont isolé des victimes ou familles de victimes qui sont venus les trouver, leur faisant ainsi croire qu’ils pouvaient être des cas isolés. N’ont-ils pas pris ces gens pour des imbéciles, avec mépris pour leur peuple et méconnaissance complète des conséquences d’abus sexuels non seulement sur les personnes et leurs proches, mais aussi sur la fréquentation de l’Eglise, bien évidemment, pour ces croyants abusés finalement par eux, une deuxième fois ?

    Cet article et tous ceux qui vont avec (dont celui publié en Belgique, pays dans lequel la sexualité n’est pas aussi tabou qu’en France) me conduisent à signaler que certains évêques ont été parfaitement mis au courant, parfois depuis au moins une quinzaine d’années, voire davantage, de faits délictueux qu’ils n’ont pas dénoncés et/ou pour lesquels ils n’ont mené aucune espèce d’enquête.

    Quand certains osent encore dire que dénoncer ces faits salirait l’Eglise, ont-ils conscience qu’ils sont responsables, eux, de l’avoir salie d’abord, quand ils étaient au courant et qu’ils n’ont rien dit ni fait ?

    Le premier scandale, c’est l’abus. On ne le dira jamais assez. On ne le dira jamais assez dans l’Eglise en répétant, ou en hurlant s’il le faut, « qu’as tu fait de ton frère ? »

    Le deuxième scandale, c’est le silence de responsables. On ne le dira jamais assez non plus. En hurlant aussi, s’il le faut : « qu’as-tu fait de ton frère ? » Car on sait parfaitement que certains suicides s’expliquent ainsi, à la suite d’abus et du silence de responsables.

    Il y a un troisième scandale qui sera peut-être plus long à traiter, c’est la manière dont la sexualité est encore envisagée ou présentée dans certains lieux d’Eglise, de sorte que des personnes qui ne seraient pas forcément devenues des abuseurs le sont devenues, parfois à une grande échelle, et parfois parce qu’abusées elles-mêmes. Les humains n’ont pas le sexe des anges et ce n’est pas du tout une tare d’être un être humain avec un corps et des pulsions. Cette Église qui croit en un Dieu incarné serait-elle aussi un des espaces où serait prônée, on se demande vraiment pourquoi, la désincarnation ? Quel invraisemblable paradoxe qui peut conduire au pire !

    Certes, comme partout ailleurs, il y a des pervers dans l’Eglise ; mais tous les abuseurs dans l’Eglise n’étaient pas nécessairement des pervers au départ. On sait parfaitement que certains ont été pervertis dans leur milieu de vie et/ou par manque de formation ou d’accompagnement sain.

    A ce troisième scandale, s’ajoute le scandale ter-bis qui va avec : le rapport à l’autorité qu’ont des croyants et qu’entretiennent volontiers des responsables. Dans certaines communautés ou groupes d’Eglise, on a pu voir des croyants devenir petit à petit des « imbéciles heureux », presque des « niais », - excusez-moi mais c’est vraiment cela-, ce qu’ils ne sont pas nécessairement dans leur vie professionnelle (ils sont même parfois tout le contraire) et cela a pu faire d’eux, et donc de leurs enfants, des proies potentielles pour des prédateurs. A trop distinguer l’Eglise et le monde, par commodité dichotomique servant à se mettre comme croyant au dessus des contingences, beaucoup y ont laissé des plumes. « Sois prudent vis à vis des profs mais pas des prêtres, religieux ou religieuses, avec eux tu ne crains rien », c’est quoi ça ? ??, sinon les considérer honteusement comme asexués. J’ai trouvé un jour, grâce à une personne que je remercie beaucoup, leur nom. Ils s’appellent les « Sourire Consensus ». Autrefois, on les appelait les grenouilles de bénitier.

    Il y a un quatrième scandale, et celui-là ne sera pas simple à traiter non plus, c’est la collusion entre des médecins, psychiatres et autres, et certains responsables d’Eglise ou de communautés, qui se sont tus en restant dans un « entre soi » de personnes au courant, se serrant les coudes, parce que membres du même groupement de « sachant ».

    Tous ces corporatismes ont joué et jouent encore aujourd’hui. Et maintenant, on va encore demander à des victimes ou familles de victimes de monter des dossiers ou de rechercher dans leurs placards des dossiers déjà connus ? Pourquoi pas, bien sûr ? C’est toujours aux victimes de faire le boulot.

    Il serait tellement plus rapide cependant que des évêques, eux mêmes, qui ne cherchent évidemment ni la gloire ni même à garder leur pouvoir, parce qu’ils sont des serviteurs, disent enfin : « Oui, je savais. Oui, je suis donc responsable aussi. »

    Alors seulement , on pourra dire que l’Eglise a su contribuer au travail réalisé pour les droits des hommes, des femmes et des enfants au respect de leur dignité corporelle, psychique et spirituelle qu’elle prône si énergiquement pour ceux qui n’en font pas forcément partie. Et on pourra dire aussi qu’elle a vraiment su en tirer des leçons pour que la miséricorde ne gomme pas la justice. Les appels à la miséricorde de certains prélats pourront alors être entendus autrement. Non plus comme la tentation de facilité, à savoir « faire comme si de rien n’était », mais comme un appel à la miséricorde pour eux mêmes, quand ils auront reconnu les injustices auxquelles ils ont largement contribué, jusqu’à faire pression, hélas, sur des victimes pour qu’elles se taisent.

    Me vient cette image qui traduit, à mes yeux, la responsabilité de certains : celle de corps détruits, à qui la parole pouvait rester encore, dans le meilleur des cas, et qu’ils ont muselée. Quelle très stratégique erreur ! Un des nids de l’anticléricalisme ou des églises se vidant, il est aussi là, tout de même. Et cela m’énerve que ce ne soit pas dit.

    Ont enfin étrangement muselé la parole, des « spécialistes ». Du haut de leur chaire, une autre, mais qui ressemble passablement à la première, parce qu’ils vivent encore entre eux, ils ont décrit certains phénomènes, contribuant ainsi à les rendre banals, parfois malgré eux, tout simplement parce qu’ils ont expliqué ce qu’était un pervers narcissique par exemple, oubliant d’abord de donner la parole à des victimes et la prenant à leur place pour intellectualiser quand d’autres ont spiritualisé.

    Cette prise de distance par l’intellect ou la spiritualité revient au même : elle peut nier le droit de victimes à leur propre parole, puisqu’on se penche principalement sur le fonctionnement des abuseurs, ce qui doit les réjouir hautement -disons le au passage-, et cela peut donc faire traumatisme à nouveau pour des victimes que de voir des abuseurs avoir encore la première place.

    Or, ces phénomènes d’abus sexuels d’une personne à l’égard d’une autre, banalisés de la sorte, par excès de spiritualisme - et masqués même parfois par des exorcismes douteux sur des victimes, comme si c’était d’elles qu’un démon s’était emparé !!!!"- ou par excès d’intellectualisme, ne seront jamais banals, particulièrement quand il s’agit d’une personne ayant autorité spirituelle sur une autre.

    Et je rajoute : prétendûment autorité spirituelle. Parce que c’est prétendûment, à mon avis, de l’autorité spirituelle car entre baptisés, même si on n’est pas sortis encore, à cause de certains, des salamalecs, on est dans la même barcasse parce qu’on meurt tous, un jour.

    J’aurais volontiers écrit cela dans un journal catholique ou autre. Mais nous vivons à une époque d’intelligence collective. Seule, cette intelligence-là saura montrer aux financeurs - et c’est le dernier scandale- qu’ils ne savent guère parfois ce qu’ils financent et pourquoi ils le financent. Pour se donner bonne conscience à bon compte, -d’autres prient pour moi comme ça ?- , tandis qu’ils font des affaires ailleurs ? Quand on coupe les cordons de la bourse aux groupements douteux, ils finissent en général par comprendre, bien plus vite que tout discours, qu’il est dans leur intérêt de rentrer dans les clous de l’intelligence collective de Mr et Mme tout le monde, ni mieux ni pire que d’autres.

    Je pense que les évêques, qui parlent entre eux, n’ont pas encore bien réalisé que cela nous arrive aussi de partager dans le Peuple de Dieu, sans toujours passer par eux. Quand on n’a rien à défendre, en général c’est le bon sens qui parle. On m’a dit qu’ils appelaient ça parfois le « sensus fidei ».

    Si je parle de « sensus fidei » à la gardienne qui fréquente la même église que moi, balaie d’abord devant sa porte et m’inspire nombre de ces lignes, je pense qu’elle va me dire : ils pourraient pas parler normalement ??? C’est d’ailleurs grâce à elle que je n’ai pas besoin d’Aristote et consorts ni pour penser ni pour prier, Madame Colère.

    C’était assez décevant que vous n’acceptiez pas de changer de pseudo, madame Colère. Mais bon, vous servez aussi à quelque chose. Le jour où vous serez un peu plus Humour, cela ira sûrement bien mieux entre nous.

    • Évêques et gestion des abus sexuels 12 juin 2015 19:45, par colère au miel

      A Dominique. Après tout ce que vous venez d’aborder : tous ces scandales et toutes ces vies brisées , c’est vraiment mon pseudo qui vous gène..? C’est vraiment ce que vous nommez « mon manque d’humour » le problème ? Il y a peut être plus grave vous ne trouvez pas ? Appelez moi sucre d’orge, gorgée de miel ou bonbon à la menthe si vous préférez….

  • 10 juin 2015 12:47

    Merci Barbara pour votre commentaire et qui ne dévie pas de sujet.

    Sur ce point : « Bethléem a du reste beaucoup changé ces dernières années ». Cherche-t-on à faire croire que le Bethléem actuel n’a subitement plus rien à voir avec l’ancien, celui que les ancien(ne)s critiquent ?

    Eh oui, comme on peut le lire dans l’article du journal La Croix, le paragraphe d’avant, Bethléem aurait donc beaucoup changé depuis ces dernières années = 2 ans.

    Sur un délai si court, c’est plus magique que miraculeux…

  • alexandre 10 juin 2015 10:20

    Ma foi, Voilà une nouveau détournement du sujet qui nous occupe : on s’attaque à Marthe Robin… et oui, pour justifier les turpitudes de Bethléem et d’autres il faut bien une grande responsable : c’est Marthe !! et on donc tous ses fondateurs déviants n’ont fait que lui obéir dans leurs déséquilibres et leurs turpitudes….

    ces accusations contre Marthe circule depuis le début : c’est vrai que sa vie si extraordinaire est une sujet d’interrogation où l’on projette ce que l’on souhaite transmettre…

    Comme Xavier j’ai lu avec profit le livre « Vénérable Marthe Robin » au éditions un seul cœur.

    En tout cas, rien ne m’empêchera de louer son bon sens, sa gaieté malgré sa souffrance et son attention aux autres : tous ceux qui l’ont connu garde d’elle un souvenir si humain, si aimant et si simple…

    • « pour justifier les turpitudes de Bethléem et d’autres il faut bien une grande responsable : c’est Marthe !! et on donc tous ses fondateurs déviants n’ont fait que lui obéir dans leurs déséquilibres et leurs turpitudes…. »

      Et non ! je n’ai pas dit cela, cher Alexandre, vous extrapolez. Ai-je fait dévier le sujet qui nous préoccupe ? J’en demande bien pardon, mais il me semble qu’au contraire, cela l’a étaillé. J’apporte ce témoignage. Point. Bien sûr que chacun est libre d’y adhérer ou non, de continuer à voir en Marthe la grande sainte qu’elle n’est pas. Passons à la suite, et continuons sur le sujet principal, celui des frères et soeurs de Bethléem. Et pardon à ceux que cela a choqué…L’incident est clos.

      • A l’un d’entre nous : trop facile !

      • Je ne trouve pas qu’on s’éloigne du sujet. C’est très intéressant de voir comment on essaye de se dépatouiller entre sainteté et déséquilibre psychologique. Je lance une hypothèse : Et si le problème n’était pas de savoir faire la différence (entre sainteté et déséquilibre) mais de ne pas parvenir à les concilier ? Qu’est-ce que le déséquilibre et qu’est-ce que la sainteté ? Et si Marthe était effectivement une femme malade, hystérique, névrosée ou autres problèmes (qu’on rencontre du reste souvent dans les personnalités de saints analysées d’un point de vue psychologique) et une sainte aussi ? Et si la folie humaine laissait la place autant à la Grâce de s’infiltrer dans les blessures qu’à l’action du Démon et que ces gens étaient plus que d’autres le lieu d’une bataille entre ténèbres et lumière ? Et si le problème venait d’avantage encore du regard que les autres ont sur ces gens : ils entrent dans leur jeu narcissique et mégalomane, voient ces gens comme des saints (en confondant sainteté et perfection), occultent volontairement le côté malade et, se faisant, enfoncent ces saints dans leur maladie ou leur folie, jusqu’à en faire parfois des monstres et plus du tout des saints ? Parce que nous sommes immature et avons besoin de figures sans failles qui nous guident, comme l’enfant qui idéalise ses parents et vit dans un monde dichotomique entre les gentils et les méchants…Arrêtons tout d’abords de croire que la sainteté équivaut à la perfection, n’est-ce pas ? Elle est l’Esprit Saint qui passe à travers les blessures ET cela ne doit pas empêcher la recherche de clairvoyance des jeux inconscients pour aller vers la guérison et devenir de sains saints. Mais sur ce plan là, l’Église a une grande et grave longueur de retard. Qu’en pensez-vous ? (Macha Chmakoff dans « le divin et le divan » ouvre la voie)

        • Merci Sérénité, je trouve votre point de vue extrèmement interressant, à méditer, j’essaierai de lire ce livre….. je n’ai jamais cru à l’équilibre spirituel et effectivement on peut etre en malsanté psychlogique et un saint.

          • A l’un d’entre nous : C’est vrai que j’avais promis de ne plus intervenir, , promesse bien inconsidérée car je n’y parviens pas J’ai donc eu tort de dire cela, cela fait partie de mes contradictions et faiblesses, je vous l’accorde…..c’est un peu ridicule et si cela peut faire rire tant mieux…. Ce qui est trop facile c’est de jeter des boules puantes et de dire ensuite « l’incident est clos », mais bon passons, tout cela après tout n’a pas d’importance, là où elle est Marthe est au dessus de tout cela et elle intercède pour vous., pour nous tous. Je ne sais pas si je choisis la difficulté il se trouve que je suis souvent minoritaire ici , est ce pour cela qu’il faut se taire je ne le pense pas.

          • Merci. Vous me direz ce que vous pensez de ce livre lumineux à mon sens !

        • A colère : et qui vous disait que c’était difficile ? Ce n’est pas parce que vous vous mettez souvent en difficulté que l’on doit forcément vous imiter… Et votre résolution de ne plus intervenir sur ce site, où est-elle passée ? :)

          A sérénité : pardon de vous répondre sans détour, chère amie. Mais si l’on vous présente deux personnes qui toutes les deux prétendent faussement vivre dans l’inédie, être paralysées, être aveugle etc… et que l’une d’entre elle dise des merveilles sur l’Immaculée Conception, cela vous suffirait-il pour la suivre ? Il vaudrait mieux pour vous de n’apporter de crédit ni à l’une ni à l’autre, pour ne pas cautionner leurs mensonges. C’est pourquoi l’Eglise est tellement prudente avec le surnaturel et la sainteté. C’est pourquoi il est très nécessaire d’être prudent avec le cas de Marthe Robin. Il me semble avec frère Philippe de la Face de Dieu que le père Finet, mis devant l’évidence du mensonge de Marthe, aurait du « jeter le manteau de Noé » sur toute cette affaire (cf son article), et conduire Marthe dans une maison de santé, ce qu’il n’a pas fait par fierté. Et peut être effectivement que dans un lit d’hôpital, loin de ses admirateurs, Marthe avec toutes ses névroses, hystéries que sais-je, aurait mené une vie sainte, comme vous le soulignez … C’est possible, avec la grâce de Dieu, avec l’aide des sacrements… mais dans la VERITE !

          Et voilà ce qui nous occupe au sujet de soeur Marie (Odile Dupont-Caillard) : quand les conséquences pour autrui sont si douloureuses, alors évitons de parler de sa sainteté trop vite, et prenons soin des victimes ! C’est quand même cela, le bon sens. Bien à vous+

          • Vous ne dites pas autre chose que moi, « l’un d’entre eux ». Mais j’essaye de ne pas verser dans une dichotomie trop facile grâce/fragilité, comme si l’un ne pouvait vivre avec l’autre. Je ne connais pas Marthe et je suis incapable de juger de sa vie. Mais je ne vois pas d’incompatibilité entre le fait qu’elle ait été névrosée et hystérique et particulièrement visitée par la grâce, par Marie, authentiquement, justement pour survivre. Pour moi, dans ce cas, le problème est de ne pas avoir fait la part des choses entre sa maladie et la grâce et de n’avoir fait que tout voir au travers de la grâce. Ainsi, son comportement qui aurait pu être un délire de sacrifice, de victimisation, ce comportement qui aurait pu être un cri du corps disant « regardez comme j’ai été maltraitée, j’ai tellement besoin de le crier que je le vis dans mon corps pour avoir une reconnaissance », ce comportement qui aurait nécessité des soins psychiatriques, ont été interprétés comme de la sainteté, enfonçant Marthe dans son délire. Je peux l’imaginer pour moi-même lorsque j’expérimentais particulièrement la grâce de Dieu au cœur de ma dépression : mais j’avais envie de me cloîtrer dans un couvent ce qui n’aurait fait que renforcer mon côté « autiste » et m’empêcher d’évoluer humainement et psychologiquement. Je peux l’imaginer pour ces personnes fragiles dans leur narcissisme, qui ne versent pas dans la victimisation mais plutôt dans la mégalomanie, et qui sont néanmoins habités par la grâce. Si on ne les voit que comme des saints parfaits, on entre dans leur jeux au point de les laisser partir dans leur délire, devenir par exemple des fondateurs, continuer d’être adulés au point de les laisser partir dans les pires des perversités, parce qu’on a nié leur fragilité de départ et, se faisant, on la rendue toute puissante. Oui, c’est la clairvoyances des troubles inconscients qui manque à l’Église. Mais il n’y pas je crois d’un côté des saints parfait et de l’autre des monstres de mensonge qui n’ont jamais été que tels. On a tous, autant que nous sommes, notre part à jouer dans le déni des fragilités humaines. Pour aller plus loin, je me pose des questions sur ce que l’Église appelle « saint » et l’image qu’on en a… Peut-on aduler qui que ce soit ?

          • « C’est pourquoi l’Eglise est prudente en matière de surnaturel et de sainteté » Si vous pensez l’Eglise prudente d’agir ainsi pourquoi ne faites pas de même …..?….je ne vous sens pas très prudent dans vos accusations……

    • « Si je le pouvais, je demanderais pardon à chacune des anciennes ». Je pense que cette parole, qui ne coûte rien, s’apparente à de la tartufferie. Je pense que la sœur aurait mieux fait de se taire. Je pense que lorsque les torts causés sont irrémédiables, on a la décence de se taire.

      « Bethléem a du reste beaucoup changé ces dernières années ». Cherche-t-on à faire croire que le Bethléem actuel n’a subitement plus rien à voir avec l’ancien, celui que les ancien(ne)s critiquent ?

      « Jamais je ne dirai à une sœur si elle a ou non la vocation » … Pour pouvoir discerner ou aider au discernement, il faut y avoir été formé et/ou avoir fait soi-même le chemin dont on parle (souvent si bien ! …).

      « Vous avez vu comme on s’aime ! » lance-t-elle … » Douée pour la pub ! Compétence acquise « à l’école des chartreux » ?

  • Kathleen 1er juin 2015 17:14

    @ Laure et sans décor,

    Si nous sommes des vautours, qui est alors la charogne ? (le mot corps est un euphémisme).

    Les vautours sont des oiseaux qui, par leur travail apparemment abject, nettoient la nature. Une véritable station d’épuration. C’est à contempler : un travail lent, quasi monastique, sans faire de bruit.

  • 29 mai 2015 15:39

    @sansdecor

    car contrairement à tous les faux témoignages nous étions toujours informées des principales nouvelles

    ….Grâce à l’axe du bien la vérité est enfin rétablie ! La force obscure ne passera pas.

    Corps autour duquel se rassemblent aujourd’hui les vautours.

    Savez vous pauvres victimes qu’en plus d’être des menteurs vous ressemblez aussi à des vautours ?

  • Anonymous 16 mai 2015 22:39

    @sansdecor

    En réponse à Mr thierry savy, magistrat à la cour des comptes (on voit la qu’il sait bien compter) qui égrene les 10 critères de risque de dérive sectaire et qui interroge ou sont-elles ces dérives ?

    Sans trop se torturer les neurones on peux facilement en voir au moins 3 : destabilisation mentale, rupture avec l’environnement d’origine, existence d’atteintes à l’intégrité physique (manque de soins etc…). C ne sont pas des moindres….

    Mais la destabilisation mentale s’arrete t-elle aux portes du monastère ? Quid des laics de Bethleem ? l’auto hypnose collective a t’elle gagnés leurs esprits à ce point pour qu’ils ne voient plus les choses qu’au travers des lunettes que les dirigeants de Bethléem mettent sur leur nez ?

  • Comme le dialogue est décidément impossible avec les amis de Bethléem sur sans décor, voilà pour aller jusqu’au bout ce que dit la Miviludes : (Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires) :

    Source : http://www.derives-sectes.gouv.fr

    Un seul critère ne suffit pas pour établir l’existence d’une dérive sectaire et tous les critères n’ont pas la même valeur. Le premier critère (déstabilisation mentale) est toutefois toujours présent dans les cas de dérives sectaires.

    Sur la base des signalements reçus depuis une dizaine d’année, la MIVILUDES a précisé le contenu de ces critères de manière à déterminer des signaux d’alerte. Ces signaux d’alerte sont indiqués ci-après à titre d’information. Ils n’ont aucun caractère impératif ou exhaustif et découlent de l’analyse des situations de dérives sectaires transmises à la MIVILUDES. Ils peuvent toutefois aider des victimes, des proches de victimes, des acteurs institutionnels, professionnels ou associatifs, à déceler un risque de dérive sectaire. Plusieurs d’entre eux sont nécessaires pour caractériser une telle situation.

    Dérives concernant les personnes

    Comment déceler l’influence sectaire dans le comportement d’un proche  :

    adoption d’un langage propre au groupe modification des habitudes alimentaires ou vestimentaires refus de soins ou arrêt des traitements médicaux régulièrement prescrits situation de rupture avec la famille ou le milieu social et professionnel engagement exclusif pour le groupe soumission absolue, dévouement total aux dirigeants perte d’esprit critique réponse stéréotypée à toutes les interrogations existentielles. embrigadement des enfants existence d’atteintes à l’intégrité physique ou psychique manque de sommeil

  • colère 11 mai 2015 21:15

    Réponse à une ancienne de Bethléem, Je m’étais promis de ne plus écrire sur ce site, mais en vous lisant , en découvrant ce qu’on vous répond je ne peux m’empêcher de trahir ma promesse : Merci pour votre témoignage. Vous avez beaucoup de choses à dire car effectivement il faudrait reprendre toutes les interprétations des écrits de Bethléem, qui sont données sur ce site, les replacer dans leur contexte et redonner du sens……..Ce serait un travail immense à réaliser….. Ne doutons pas qu’un certain nombre des lecteurs de ce site vont reprendre ce que vous avez écrit, le détricoter pour bien se convaincre qu’ils ont raison. Dans l’Evangile il nous est fait part de la manière dont certains écoutaient, questionnaient, regardaient les gestes de Jésus.Souvent on lit ainsi la mention « ils le regardait pour le mettre à l’épreuve… »C’est d’ailleurs après l’un de ces épisodes que Jésus reprend ceux qui le considèrent ainsi « pour le mettre à l’épreuve » et les avertir des dangers du péché contre l’Esprit Saint, le péché qui n’est pas pardonné. Forcément, car c’est une attitude de refus ultime de la Vérité. Comme je ne l’ai jamais caché, j’aime beaucoup Marie-Dominique PHILIPPE qui disait que notre société confond souvent la sincérité avec la recherche de la Vérité………Je pense à cela en vous lisant. Vous avez choisi la vie, votre chemin d’enfant de Dieu est passé par les soeurs de Bethléem, j’imagine la dimension douloureuse de votre parcours…..mais vous choisissez de ne pas vous enfermer dans un statut de victime et de continuer à marcher humblement avec notre Dieu..sans renier ce qu’il y a de beau de bon et de bien dans cette expérience On vous en tiendra rigueur ici………Je vous dis mon amitié et ma prière !En publiant ces écrits ce site m’a quand même rendu service. J’ai découvert le trésor de Bethléem, je crois vraiment que le dogme de l’Assomption est ce qu’il y a de plus prophétique avec Vatican II au 20 em siècle. Je me sens très proche de vous par cette manière de comprendre le mystère de Marie, aussi j’ai lu il y a quelques jours le très beau livre« Cet amour que l’on oublie » ce qui a confirmé mon désir de connaître Bethléem même si je n’ai absolument pas la vocation de moniale. Vous voyez, le Seigneur se sert de tout. Bonne route….et que Marie vous garde !

  • Une ancienne de Bethléem 10 mai 2015 02:39

    J’ai découvert ce site il y a quelques temps. Etant moi-même une ancienne de Bethléem j’ai lu le témoignage ainsi que plusieurs commentaires. Je ne peux témoigner de tous les faits énoncés sur ce site. En revanche, je crois que le faux est mêlé au vrai comme souvent. Je m’explique : chacun essaye de défendre sa part du gâteau en citant à tord et travers diverses autorités de l’Eglise.

    Il y a ici deux problèmes. Le premier est le fait que citer des autorités est bon et même nécessaire. La plupart cite Thomas d’Aquin mais combien le connaissent réellement ? Je n’en ai pas la prétention et pourtant je vois bien des confusions quant à ce qu’il a pu dire. Par exemple oui notre intelligence est faite pour connaître la vérité c’est même sa finalité. Saint Thomas le dit en effet, et dit que nous pouvons connaître Dieu, en métaphysique ou en théologie naturelle. En revanche il opère une distinction et précise bien qu’en théologie révélée nous pouvons aussi saisir la vérité mais le point de départ de notre recherche est la Révélation (qui est un ACTE DE FOI). De fait, il ne m’est pas choquant d’entendre dire que nous ne comprenons pas tout, ne savons pas tout et que parfois il faut « croire sans voir ». Et bien d’autres erreurs de cette espèce sont faites sur ce forum. On a fait passé Pascal pour un Jésuite, d’un écrit ou peut tout dire et ne rien dire. Mon prof de théologie nous mettait en garde il y a peu sur l’association de phrases comme beaucoup le font ici et il a pris cet exemple « Judas alla se pendre » / « allez et faites de même ». Peut-être est-il donc nécessaire de chercher la vérité au lieu de prendre quelques phrases tirées d’un peu partout (il en va de même pour les citations d’homélies de sr Isabelle ou de sr Marie). Tous parlent de conscience, qui a lu veritatis splendor de Jean Paul II ? Qui a passé des nuits entières à étudier saint Thomas ? Certains citent « un théologien », est-il seulement accord avec le Magistère de l’Eglise ? Alors oui la finalité de notre intelligence est la vérité, cherchez donc la vérité au lieu de débattre si oui ou non c’est sœur Isabelle ou frère Silouane qui a répondu et j’en passe. Etudiez avant de critiquer ! Saint Thomas ayant bien appris d’Aristote ne critiquait jamais une thèse avant de l’avoir étudié A FOND (ses parties dialectiques sont grandes dans ses œuvres !). Mais pour que ce soit de la vraie dialectique il faut que les opinions déjà soient probables mais en plus qu’elles soient constructives. J’en viens ici au deuxième problème.

    L’autre problème que je vois sur ce site et qui me pousse à intervenir est le manque total de remarques constructives dans beaucoup de cas. Je ne nie pas la souffrance de certains et le besoin de l’exprimer. Néanmoins je ne crois pas que ce soit le fait de parler des heures durant de tel ou tel aspect de Bethléem en se confortant dans l’idée que « qu’est-ce que nous avons souffert à Bethléem » qui fera avancer les choses. Et ce qui m’attriste le plus est le fait que beaucoup osent porter des jugements de valeurs sur des personnes à partir d’à peine quelques actes : qui peut réduire une personne à ses actes ? Si ce n’est pas chrétien ce n’est pas non plus conforme à la nature. Avez vous essayé de voir le bien qu’est l’autre, le bien qu’est sœur Isabelle par exemple (puisqu’elle est terriblement critiquée ici) avant de la réduire à ses actes ? (dont on ne sait même pas s’ils sont vrais). Vous n’aimeriez pas que l’on vous réduise à vos actes parce que comme tout le monde, vous pêchez. Alors ne le faites pas aux autres. Cessez ces vains bavardages qui ne feront avancer personne : ni vous ni Bethléem. Et cessez de critiquer avant d’être sûr que ce que vous dîtes est conforme à la réalité, à l’enseignement de l’Eglise. Etudiez mais n’étudiez pas qu’une phrase sortie de son contexte : il arrive à saint Thomas de dire une chose et son contraire et que les deux soient vraies parce qu’elles sont prises sous deux rapports différents. Ne vous prétendez pas maîtres de la vérité avant d’être sûrs.

    Je termine donc en précisant que je ne suis pas une « fanatique de Bethléem » qui vient défendre cette communauté à tout prix. J’en suis sortie il n’y a pas si longtemps que cela, j’y ai reçu beaucoup d’amour, j’y ai grandi, j’en garde aussi des blessures (pas nécessairement liées au gouvernement ou je ne sais quoi d’autre). Pour ceux qui ont été blessé par leurs responsables, je crois que c’est comme avec nos parents, ils nous aiment nous font grandir nous blessent parfois sans le vouloir. Delà à les discréditer c’est aller un peu loin, il ne faut pas attendre des hommes ce que l’on ne peut attendre que de Dieu, les hommes sont pêcheurs. Pour ma part je crois profondément que chaque sœur que j’ai eu comme « responsable » a toujours cherché mon bien, l’a toujours voulu, que c’était toujours dans l’amour et pour me montrer toujours plus le Père. Se tromper de bien est une chose ne pas vouloir le bien de l’autre en est une autre, distinguez donc les deux avant de jeter la pierre. Pour ma part, dans toutes les sœurs que j’ai connu je n’en ai pas connu une seule qui ne voulait pas mon bien.

    Enfin voici un minuscule témoignage pour manifester que l’on ne peut pas faire de généralisation de ce qu’il se passe à Bethléem : Après mon mois évangélique j’ai voulu attendre avant d’entrer, prendre le temps de poser ma décision (et pourtant je pensais à la vocation depuis mon enfance !) sœur Isabelle ne m’a ABSOLUMENT PAS empêché de prendre ce temps bien au contraire elle m’a confirmé dans mon choix ! Quand j’ai voulu partir de Bethléem cela a été facile ma prieur locale a accepté parce qu’il s’agissait de ma liberté. Sœur Isabelle m’a accompagné dans ce départ, je ne suis absolument pas devenur "personna non grata à ses yeux. Pour ce qui est de toutes le problématiques soulevées quand au gouvernement et à la conscience je ne me prononcerai pas, les frontières sont fines (je ne suis pas d’accord avec tout ce que dit Fabio, il part de certains faits réels mais je crois qu’il y a aussi de l’interprétation subjective) et je cherche moi-même la vérité en étudiant la place de la conscience faite pour la vérité (et dans quelle mesure notre conscience doit être formée) tout cela en lien avec l’obéissance. Je ne me permettrai donc pas de critiquer quelque communauté avant de savoir. C’est ce que ceux qui sont interrogés par ces questions sur le gouvernement des communautés religieuses etc… peuvent faire : chercher la vérité. Sœur Isabelle l’a fait en premier en demandant à Rome qu’une visite apostolique soit faite ! Bethléem aussi cherche la vérité, cessons donc de salir cette famille qui est je le crois un bien.

    N’oublions pas que bien que l’Eglise est peuplée d’humain pécheurs elle n’en demeure pas moins sainte ! Quand bien même des erreurs ont été faites à Bethléem, respectons les personnes et aimons les en elles-même et pour elles-même, dénonçons les erreurs si jamais il y en a mais à condition d’avoir fait une vraie recherche de la vérité. Mais ne les dénonçons pas sur internet, cela n’a pas de sens, acceptez que l’Eglise prenne le temps elle aussi de chercher la vérité dans tout cela car comme souvent la vérité est souvent mêlée à l’erreur.

    Dans le Christ Lui qui est le Chemin, la VERITE et la Vie,

    Une ancienne de Bethléem.

    • Vous écrivez beaucoup de choses sans évoquer pourquoi vous avez quitté Bethléem. Cela enlève du poids à vos propos.

      Vous croyez que ceux qui ont écrit sur Bethléem n’ont pas étudié à fond les discours de ses responsables. Qu’en savez-vous et souhaitez-vous encore des éléments ?

      De fait, les responsables peuvent dire tout et son contraire puisqu’il y a l’invitation à « me recevoir unique de la main du Père et de celles qui me guident » et, en même temps, comme déjà très amplement souligné, l’invitation à gommer tout ce qui fait de moi une personne unique, mon histoire, mes sens, mon intelligence, ma raison et ma psychologie, termes honnis dans cette communauté.

      Sur les cinq sens, il est notoire, par exemple, que l’ancienne prieure générale invitait à les spiritualiser, comme si tout de la nature créée par Dieu était détestable. À l’opposition constante entre le divin et l’humain qui apparaît à longueur d’homélies vient se joindre une confusion constante entre Dieu et moi. Un exemple : « la naissance de Jésus, c’est ma naissance », dit une prieure. C’est ce qu’on peut appeler de la distorsion dans le discours. Étrange pour une communauté invitant ses membres à être « des martyrs de la cohérence ».

      Quand on recherche toutes les apparitions du terme « cohérence » dans les homélies, on s’aperçoit qu’il s’agit principalement d’être soumis à la prieure. Car il faut « demander d’avoir une tête libre, en silence, une terre vierge pour écouter et devenir cohérente à ce que nous entendrons de sœur Isabelle. » Ou bien tout simplement de « se mettre au diapason des saints ». Cela revient-il au même ?

      Pour avoir longuement pris le temps de lire les productions dans cette communauté, ce qui apparaît principalement est que la négation de l’humanité peut donner l’impression d’une négation de la divinité. « Je suis fatiguée mais je ne me regarde pas, je vis le mystère d’union avec Jésus avec moins de forces extérieures, c’est tout ! » soulignait sœur Marie. Ou encore : « si je pense à ma santé, je n’ai plus de forces. » Peut-être. Jusqu’au moment où ça pète, parce que l’humain n’est pas surhumain.

      Même si les prieures successives croient à la « surélévation » des sœurs de Bethléem et que la dernière considéra aussi par écrit que les raisons pour lesquelles elle allait à Rome s’étaient « inversées ». Il sera possible de revenir là-dessus car il est symptomatique que sœur Isabelle demande, comme vous y faites référence, une visite apostolique, juste après qu’elle se soit positionnée auprès de ses sœurs comme venant réconforter le pape Benoît 16 plutôt qu’ayant besoin du réconfort de l’Eglise.

      Enfin, vous regrettez qu’Internet soit utilisé pour questionner. Si ceux qui sont en charge vis-à-vis de cette communauté comme d’autres communautés avaient fait leur travail de régulation, il y a des années, croyez-vous qu’il aurait fallu passer des heures entières à s’intéresser à Bethléem (je dis bien : s’y intéresser) ?

      L’art consommé du tout et son contraire a un nom : injonction contradictoire. On sait dans une famille que cela n’aide pas à grandir un enfant.

      • Comment une prieure peut-elle, par exemple, enjoindre au silence en étant aussi bavarde ? N’est-ce pas que le silence lui était, à elle, chose quasi impossible ? Même des personnes qui aiment Bethléem peuvent attester de ce rapport élastique au temps pour soi quand pour d’autres, les confesseurs, il était minuté. Même des personnes qui aiment Bethléem peuvent attester que cette communauté a également gommé le rapport monastique au calendrier, du noviciat aux vœux perpétuels.
      • Si ne pas être dans l’obéissance par rapport à l’Eglise, c’est cela « être une flèche » (image courante chez sœur Marie), pourquoi pas ? Encore faut-il être clair sur ses prétentions à « être de petits christs dans le Christ » sans passer par l’Eglise qu’Il a fondée.
      • Il faut entendre aussi ces propos d’une autre prieure pour saisir : « À Bethléem, on ne vieillit pas et on n’a pas de passé ». Jésus s’est pourtant inscrit dans l’Histoire et dans une histoire, avec un passé dont nous sommes les héritiers. Il est né, il a vécu, il est mort, et il est ressuscité. Mais Il n’est pas ressuscité « illico », sans vivre sa vie. Celle d’aucun autre. Voilà pourquoi je crains qu’en niant l’humain de l’inscription dans une histoire, Bethléem nie le divin aussi, croyant avoir tout fait du chemin avant même qu’il ne soit parcouru.
      • Dominique, (et Anonymous)

        Je répondrai à votre message mais ce sera ma deuxième et dernière intervention sur ce site. Tout d’abord je ne mentionne pas les raisons de mon départ de la communauté parce que cela relève de ma vie intime avec le Christ et je n’ai nullement envie de déballer ma vie sur internet et encore moins de ce qui relève de ce que j’ai de plus cher : ma relation avec Dieu. Toutefois je vais juste vous dire, sans doute suis-je partie parce que ce n’était pas sous cette modalité là que j’étais appelée à me donner (car quel que soit la vie que nous choisissons il s’agit toujours de plusieurs facettes d’une même réalité qui est le don). Je n’en sais rien moi-même et je continue de discerner dans l’humble quotidien. Ce qui est sûr c’est que je suis partie car j’avais besoin de temps pour savoir ce pour quoi je suis faite.

        Ensuite, pour ce qui est de la visite apostolique je l’ai su par un évêque et sur ce forum et non par les sœurs puisque je suis sortie de la communauté. Je me permettrai une remarque quant à vos réactions à ce sujet : cette visite aurait été demandée à des fins pernicieuses ? Vous ne cessez de vous revendiquez de l’Evangile, de vouloir prêcher l’Amour, le vrai et c’est bien. Mais alors cessez donc les interprétations, vous ne savez pas quelles sont les motivations de Bethléem. Vous voulez chercher le Christ, la Vérité ? Cessez donc de voir le pêché et le satan partout. Vous dites chercher la vérité en étudiant des textes ? Est-ce le signe d’une recherche de la vérité que de juger de façon aussi catégorique sur un fait qui peut être expliqué de mille manières ? Vous préférez y voir le mal et le péché et c’est votre problème mais alors ne tenez pas ce que vous dites pour parole d’Evangile. L’humilité et la bienveillance sont les premières vertus nécessaires pour entamer une recherche de la vérité. Mon interprétation est celle-ci : regardez par exemple lorsque vous étiez enfant si vous aviez peur de faire une erreur vous alliez demander à votre maman si cela en était une ou non. Et bien je crois que c’est la même chose pour Bethléem, connaissant l’amour des sœurs pour l’Eglise (oui je dis bien l’amour) je pense très sincèrement qu’elles se sont dit « eh bien si il y a un problème on va demander à notre sainte mère l’Eglise de nous aider » parce que Bethléem est une communauté nouvelle qui grandit encore et qui demande conseil à l’Eglise et c’est très juste je crois.

        Ensuite vous dîtes qu’à Bethléem nous n’avons plus de passé ? Beaucoup soulignent le fait qu’il faut soi-disant rompre les liens avec sa famille ? J’ai rarement vu une communauté où ils faisaient autant d’efforts pour permettre à la famille d’accueillir le choix de leur enfant. Et je parle d’expérience ! D’autre part il est normal que les liens changent, que la nature de la relation change avec les proches puisque le choix de la personne qui se consacre est de se donner CORPS ET ÂME à Dieu SEUL. J’ai un ami moine (pas à Bethléem) qui n’a le droit d’écrire que 3 lettres par an ! On en est loin à Bethléem !

        Aussi je reviendrai sur cet aspect « surhumain » que vous soulevez. C’est en rapport aussi avec les liens extérieurs (les proches etc) peut-être est-ce juste la vie monastique qui vous gêne ? Croyez-vous qu’humainement cette vie à un sens ? Honnêtement ? S’offrir à Dieu seul pour porter le monde ? Vous arriveriez à l’expliquer sans préalablement poser un acte de foi ? Bien sûr que non ! « L’homme est un animal politique » comme vous le savez d’après la définition d’Aristote (puisque j’espère qu’avant d’étudier les homélies de sr Isabelle ou de sr Marie vous avez fait beaucoup de philo et beaucoup de théologie). Alors quel sens donner à la vie solitaire si l’homme est par nature un animal sociable ? Pire, les ermites ? Sont-ils des anges ? Nullement, ils sont pleinement hommes ! Cet appel est un appel de Dieu qui les dépasse et qui sans regard de foi est une folie ! Je précise afin que vous ne fassiez pas de confusion : je ne dis pas qu’ils ne sont plus humains bien au contraire ! Mais comme vous le savez « la grâce ne supprime pas la nature elle la perfectionne ». Vous êtes-vous demandé ce qu’était la perfection de la nature humaine ? Peut-être est-ce le fait de nous rendre semblable à Dieu de la façon dont nous l’étions avant le péché originel ? Je vous laisserai y réfléchir. Mais dans ce cas il est vrai de dire qu’il y a quelque chose doit être dépassé. Vous dîtes l’humain n’est pas surhumain, vous avez entièrement raison mais entendons bien sur le sens des mots : surhumain ne s’oppose pas à humain. Ce qui s’oppose à l’humain c’est l’inhumain. Est-il inhumain de dire de prendre sur soi lorsque nous sommes fatigués et de ne pas nous écouter tout le temps ? Non ce n’est pas inhumain. Est-ce surhumain ? Peut-être. Peut-être en effet qu’il faut une grâce SURnaturelle pour que ce genre d’acte soit posé. Je vous laisse y réfléchir. Ne sommes-nous pas censés vivre aussi de la vie surnaturelle ? Attention ce qui n’est pas naturel n’est pas nécessairement contre-nature (mais j’imagine que vous le savez aussi parce que vous avez étudiez). Il suffit de montrer que la fin de l’homme est surnaturelle pour montrer par exemple qu’il y a des souffrances qui ne sont pas naturelles. Sont-elles pour autant contre-nature ? Pas nécessairement. Un moine d’une communauté tout autre et dans laquelle il n’y a jamais eu de problème m’avait dit « la vie ici n’est pas une vie de bonheur humain, c’est une vie selon la béatitude » (je vous laisse relire les béatitudes). Est-ce inhumain ? Non. Est-ce surhumain ? Sans doute. Le surhumain n’est pas une négation de l’humain c’est l’inhumain qui l’est.

        Enfin vous reprenez encore des phrases éparses tirées d’homélie de sœur Isabelle ou de sœur Marie. Je l’ai dit précédemment mais je le répète : savez-vous que l’on a fait passer Pascal qui était Janséniste pour un Jésuite en lisant ses Pensées ? Si nous ne sommes pas formés dans notre intelligence, comment lire ces choses sans en tirer mille interprétations possibles ? Prenons juste un exemple parce que je n’ai pas envie d’y passer la soirée mais on peut le faire avec chaque phrase que vous citez « la naissance de Jésus c’est ma naissance » : le Christ n’a-t-il pas dit de renaître d’en haut ? Que personne ne peut entrer dans le royaume des cieux s’il ne renaît pas d’en haut ? Vous êtes-vous intéressé aux trois degrés d’interprétations possibles de la Bible donnés par l’Eglise pour oser remettre en question cela ? Ne voici qu’un exemple en plus de l’exemple sur le sommeil. Votre honnêteté intellectuelle vous fera admettre aisément que ce que vous citez ne suffit absolument pas.

        La dernière chose que je tiens à préciser est que si comme vous dîtes la prieure parle plus que les autres n’est-ce pas normal à cause de son statut justement de prieur ? C’est comme cela dans tous les ordres ! Parler plus d’autre part ne signifie pas être moins silencieuse (sur ce point je vous invite à lire Silence cartusien d’un Chartreux). Vous vous intéressez à Bethléem vous dîtes ? Pardonnez le mot que je vais employez et soyez certain de toute ma bienveillance mais l’impression que cela donne est que c’est plutôt de l’obsession. Vous êtes chrétien ? Faites confiance à l’Eglise, elle est votre Mère, elle est sainte et elle a à sa tête le Christ Lui-même. Je m’arrêterai ici donc. Non pas que je n’ai plus rien à dire je pourrai continuer longtemps mais je crois que j’en ai dit assez pour vous montrer l’importance de se former véritablement avant de tirer quelque conclusion et que si problème il y a il est bien plus complexe et les frontières bien plus fines que ce que vous montrez : rien n’est jamais binaire. Les conclusions hâtives font souvent bien plus de mal que de bien. Mais pour se faire il faut commencer par faire comme faisait Socrate le père de la philosophie, en admettant au départ notre ignorance « je sais que je ne sais rien ».

        Je vous souhaite donc une bonne recherche de la vérité.

      • Dominique, merci pour votre message. Hélas, c’est la centième fois qu’on répond à ce genre de personnes, et je ne suis pas sûr qu’on réussira un jour à les convaincre.

        Le déni est une maladie et tout l’eau des océans ne suffirait pas pour réussir à baptiser ceux qui en souffrent.

        • Marie-Bernadette et Jérome H,

          Jamais deux sans trois. Je vous remercie et m’attriste. Vous manifestez chacun votre manque total de recherche de vérité. Quel dommage !

          Marie-Bernadette, vous tenez pour acquis que j’ai été poussée vers la sortie : est-ce une vérité ? Nullement ! Mais cela vous ne pouvez le savoir. Pourtant vous le tenez pour une vérité. D’autre part, est-ce un jugement que vous portez sur ma personne ? C’est grave, votre conscience approuve t-il ce jugement ?

          Jérome, vous dîtes vous-même que votre but est de convaincre. Nous ne sommes pas en train de parler de la même chose donc puisque je vous parle de chercher la vérité. Pour commencer une recherche de la vérité il faut commencer par être docile, bienveillant et attentif (sur ce point je vous renvoie au mode de procédé de st Thomas d’Aquin). « Ce genre de personnes » ? Tous écrivent des témoignages. Qu’ai-je fait si ce n’est vous donner des arguments pour vous montrer que dans ce genre des problèmes les frontières sont fines et pas aussi marquées que vous souhaitez le montrer ? Qu’ai-je fait sinon vous exhorter à chercher la vérité ? Qu’ai-je fait sinon vous montrer que pour faire cette démarche de la vérité il faut commencer par beaucoup étudier ? On ne peut pas penser seul. C’est ce qu’a voulu faire Descartes, voyez où cela nous a mené. Chercher à convaincre pour convaincre sans recherche de la vérité cela a un nom : cela s’appelle de la sophistique. C’est tout sauf évangélique, en sophistique on ne fera que s’éloigner de Dieu d’autre part.

          Alors donc si à votre combat pour « convaincre » les personnes que Bethléem est néphaste, vous préférez la Vérité ; je vous souhaite donc une bonne recherche de la Vérité. Vous n’en serez que plus unifié puisque je le rappelle c’est la finalité de notre intelligence, soyez en sûr !

          • Mais quel discours pompeux ! Vous nous sortez toute la prose st Jean, apparemment vous avez bien appris votre leçon, bravo !

          • @ancienne de Bethléem, laissons un instant de côté les témoignages qui ont paru sur ce site.

            Avez-vous vu prendre congé de vos consœurs lors de votre sortie ? Vos anciennes consoeurs étaient-elles averties que vous vous en alliez pour de bon ? Trouvez-vous normal que lorsque certaines quittent la congrégation l’on fait croire à la communauté qu’elles vont rejoindre un autre monastère ? Autrement dit, trouvez-vous normal que des supérieures mentent ?

            Vous connaissez certainement l’autre site.

            La supérieure générale y reconnaît explicitement ne pas tenir compte du code de droit canonique, concernant les délais du noviciat et concernant le respect du for interne.

            Trouvez-vous normal qu’une supérieure générale enfreignent les droits de l’Eglise à laquelle elle appartient ?

            Qu’elle s’autorise de la règle de Saint Benoît pour ce faire, alors que les Bénédictins et les autres religieux qui suivent cette règle ne le font pas et respectent le code de droit canonique ?

            Sur ce même site, on peut lire un témoignage où les parents d’une jeune fille raconte que celle-ci a interrompu ses études pour entrer à Bethléem. Le noviciat est une période de probation, cela induit qu’on puisse quitter l’institut à la fin de cette période ou être renvoyé dans le monde.

            Accepter qu’une candidate interrompe ses études pour commencer sa formation, c’est supposer implicitement qu’elle va persévérer. Or la période du noviciat est un temps de discernement. Ne trouvez-vous pas cette attitude imprudente, inconséquente et peu respectueuse, en fin de compte, de la candidate ?

            • Luciole,

              Tout d’abord je répondrai au commentaire précédent qui n’est pas de vous Luciole et qui me dit que je fais de la « prose st Jean ». Alors je suis ravie de vous annoncer que je ne connais que très peu la communauté st Jean j’ai discuté seulement une fois avec un frère 10 minutes il y a plusieurs années. Encore une fois vous tenez pour acquis et pour vérité ce que vous ne savez pas. Et vous vous trompez complètement. C’est dommage. Si c’est mes références à St Thomas qui vont font dire ça, je vous rappelle simplement qu’il est un grand docteur de l’Eglise.

              Je vous réponds à vous Luciole désormais. Je ne ferai pas d’exposé de mon départ puisque comme dit précédemment je n’ai pas envie de raconter ma vie sur internet. Je vais vous dire juste ce que vous avez besoin de savoir : mon départ s’est très bien passé et il s’est passé comme je l’avais souhaité. Donc j’avoue n’avoir rien à redire sur ce plan là, tout a été très juste. Que l’on mente en disant que la petite sœur part ailleurs. Personnellement je ne l’ai jamais vu. Là encore il faut distinguer entre le fait de ne rien dire et le fait de mentir. Ne pas tout dire n’est pas nécessairement un mensonge ! En revanche peut-être est-il arrivé une fois si vous le dites qu’un mensonge soit commis (je le redis : je n’ai jamais entendu cela). Dans ce cas en effet c’est un péché. Ai-je dit que Bethléem était parfait ? N’ai-je pas rappelé que cette communauté était composé d’humains, pécheurs ? Vous-même n’avez-vous jamais menti pensant que ce serait mieux ? Oui le mensonge est un péché et je ne suis absolument pas en train de le relativiser au contraire il est à condamner mais j’essaye juste de manifester combien parfois nous sommes faibles et qu’il nous arrive de faire le mal. Sur ce plan j’en appelle à la miséricorde infinie de Dieu qui nous pardonne toujours lorsque notre repenti est sincère. Donc bien que je n’aie jamais entendu parler de ce cas il peut arriver en effet que parfois des responsables se trompent. Sont-ils vicieux comme beaucoup semblent le dire ici pour autant ? Absolument pas, ils sont juste humains capables de se tromper quand bien même leurs intentions sont bonnes. La seule qui n’a jamais péché est la Sainte Vierge et à ce que je sache il n’y en a qu’une.

              Ensuite j’ai pris connaissance de l’autre site il y a peu. Reconnaître que les délais du noviciat ne respectent pas toujours le droit canon ? Que préférez-vous ? Très honnêtement. Vous préférez que la sœur soit renvoyée parce qu’elle n’est pas prête et qu’elle a encore besoin d’un an ? Ou vous préférez que la sœur soit forcée à faire profession pour respecter à la lettre le droit canon ? Les délais du noviciat sont une prudence de l’Eglise mais à cela s’ajoute le principe d’équité qui est la vertu qui adapte la règle à la situation (je vous renvoie sur ce point à st Thomas d’Aquin qui savait bien que la règle était faite pour l’homme et non l’homme pour la règle contrairement à ce qu’essaye de nous faire croire la société moderne depuis Rousseau et son contrat social). Cela se fait dans beaucoup de communautés même anciennes. N’oubliez pas qu’il s’agit de personnes humaines qui donnent leur vie à Dieu. Dans le domaine de l’éthique nous ne pouvons pas résoudre les problèmes avec des impératifs catégoriques ; ce serait devenir kantien selon qui le devoir est le principe de la moralité et non plus le bien comme chez Thomas d’Aquin. Or le bien peut être choisi par la volonté que si préalablement la raison a fait un travail de discernement (et encore faut-il ne pas confondre bien apparent et bien réel).

              Quant au respect du for interne et aux bénédictins. Vous avez de la chance je connais pas mal de communautés religieuses et Bethléem dedans est la seule qui soit une communauté nouvelle. Le respect du for interne ? Croyez-vous très sincèrement que si un supérieur dans une communauté s’appelle père ou mère cela n’a pas de sens ? C’est bien qu’ils exercent une paternité ou une maternité. Déjà sachez que cette distinction n’existe pas depuis si longtemps que cela (les ordres ne s’en portaient pas si mal et ont bien survécu). Soit, cette distinction ne fait ne fait pas parti du droit canon (sur ce point j’avoue ne pas être certaine). Quoiqu’il en soit, dans tous les monastères contemplatifs où vous irez l’on vous dira que les sœurs racontent leurs pensées etc à leur supérieur. Parce qu’elles en ont besoin parce que c’est une mère pour elles. Là où cela devient gênant c’est lorsque le supérieur ordonne au nom du for interne, sa place est plutôt de conseiller. (Et encore la distinction même chez les prêtres n’est pas toujours faite entre directeur spirituel et accompagnateur spirituel et ce n’est pas un mal en soi, cela peut le devenir si les intentions du prêtre sont mauvaises encore faut-il qu’elles le soient). Néanmoins pour ce qui est de Bethléem il y a une ouverture des pensées de la novice à la supérieur comme dans beaucoup beaucoup de monastère et ce n’est absolument pas un mal en soi. En revanche, un petit rappel : le supérieur ordonne au nom du for externe et il en va là de l’obéissance. L’intelligence de la personne qui obéit n’est pas forcée d’adhérer mais la volonté doit être le fait d’obéir. Sauf évidemment si c’est un péché mais cela va de soi je ne vous apprends rien.

              Aussi vous me demandez pour une jeune fille qui arrête ses études pour rentrer au monastère. C’est pareil même si évidemment en soi le mieux est de terminer ses études parce que l’on ne sait pas de quoi l’avenir est fait ; il s’agit de personnes avec leurs histoires et si la sœur s’était engagé dans des études de 10 ans, qu’elle était rentrée au bout de 7 ans ayant quand même un diplôme et ayant discerné depuis longtemps et ayant le vif désir de se consacrer ne voyant pas l’intérêt d’attendre, étant suffisamment mûre ? C’est une supposition. Personnellement cela ne me choque pas même si en soi il est mieux de terminer ses études je le concède aisément ; il n’est pas dramatique de rentrer sans les avoir fini. Encore une fois cela se fait dans beaucoup de communautés même très anciennes, même traditionalistes etc ! Vous dîtes « c’est supposer implicitement qu’elle va persévérer ». Croyez-vous que beaucoup de jeunes filles ou jeunes garçons rentrent dans un monastère sans supposer même implicitement qu’ils vont y rester ? Croyez-vous que nous sommes sûrs avant de poser ce genre de choix ? C’est la même chose pour le mariage, allez dire à un de vos amis la veille de son mariage « t’es sûr de ce que tu fais là » ? S’il vous dit oui empêchez-le de se marier ! Nous ne sommes pas dans le domaine du spéculatif là ! Comme le mariage, la vie consacrée suppose un choix réitéré de chaque jour. (Sur ce point je vous invite à lire l’Amour Carnivore de Denis La Balme qui parle dans la fin de l’œuvre du mariage et du choix de la volonté).

              Enfin je terminerai en vous rappelant une chose : je ne suis pas venue discuter sur ce site pour vous vous convaincre. Je me répète mais j’ai l’impression que l’on a du mal à me comprendre : je suis venue vous exhorter à chercher la vérité à voir que tout n’est pas binaire, qu’il faut beaucoup de temps et d’études pour trouver la vérité et encore plus dans ce genre de débat qui manie des concepts qui déjà ont du mal à passer du confus au distinct dans notre intellect mais qui en plus impliquent beaucoup plus que vous ne semblez le voir. La recherche de la vérité dans quelque domaine que ce soit est longue et fastidieuse mais ô combien nécessaire à notre intelligence et il faut pour cela accepter que ce n’est pas si simple que cela n’y parait et que l’on ne peut pas être catégoriques comme beaucoup le sont ici quand les réalités dont on parle sont sujettes à mille interprétations possibles.

              Désormais je n’interviendrai plus donc, puisque comme je l’ai dit mon but n’est pas de vous convaincre que Bethléem est un bien mais simplement de vous dire d’étudiez, de chercher, de ne pas vous satisfaire de si peu pour connaître la vérité ; soyez sûr que vous ne la connaîtrez pas comme cela et que les jugements hâtifs qui découleront de ce vrai manque de recherche feront plus de mal que de bien à vous (à votre intelligence), à Bethléem, à l’Eglise aussi puisque nous sommes un seul corps. Néanmoins si quelqu’un ou si vous Luciole vous avez des questions précises, je veux bien, dans la mesure de mes quelques compétences vous y répondre mais je vous demande juste de me contacter par email.

              • * Pardon sur le choix à réitéré je vous invite surtout à lire Amour et responsabilité de Karol Wojtyla. Si vous n’avez pas de formation philosophique pour en comprendre toutes les implications, je vous invite à lire ce qu’a écrit Yves Semen sur « la sexualité selon JP2 » et « la spiritualité conjugale selon JP2 ».

                • Je me permets d’intervenir car plusieurs personnes m’ont exprimé leurs mécontentements sur le fait que nous publions les commentaires de « Colère » et d’« Une ancienne de Bethléem ».

                  Notre collectif s’oppose à toute forme de censure (contrairement, soit dit en passant, à toutes les communautés que nous critiquons sur ce site, lesquelles refusent systématiquement le dialogue et ne se défendent qu’en faisant des simagrées pour se faire passer pour des maleureuses victimes, tout en répandant des calomnies sur ceux qui les critiquent).

                  Ce site se veut être un lieu de liberté d’expression, et nous n’avons jamais prétendu avoir une parole incontestable sur les déviances que nous dénonçons.

                  Les deux intervenantes ont des vécus et des expériences différentes, et elles ont aussi le droit de s’exprimer.

                  J’aimerais juste leur demander d’être un peu plus à l’écoute des autres témoignages, et moins « donneuse de leçons » : il y a un certain nombre de faits, graves, qui, accumulés les uns avec les autres, montrent qu’il y a des problèmes très préoccupants dans cette communauté :

                  • des techniques de recrutement que la simple morale réprouve (discours affectifs, séduction, utilisation de fausses voyantes, etc)
                  • un non-respect récurrent du droit canonique sur un certain nombre de points, notamment les temps de noviciat, etc.
                  • des exigences disproportionnées dans la vie contemplative,
                  • des accompagnants mal formés,
                  • une spiritualité brouillonne, exprimée dans un langage abscons et emphatique,
                  • le comportement odieux de la fondatrice et des actuels dirigeantes
                  • le goût du secret, le délire de persécution, le mensonge, les doubles discours, etc, etc, etc.

                  Tous ses éléments, séparément, peuvent paraitre anodins. Le problème, c’est que mis ensemble, ils produisent des effets dévastateurs. S’il n’y a eu - pour l’heure - qu’un suicide à Bethléem, beaucoup d’anciens nous ont confié avoir traversé de longues périodes de dépression et avoir éventuellement eu des velléités suicidaires. C’est un phénomène qui est très préoccupant, et qu’on ne peut balayer d’un revers de la main par quelques références à St Thomas d’Aquin.

                  Si vous n’avez pas vécu les choses de cette manière, tant mieux. Mais de grâce, essayez d’être un peu plus circonstanciées dans vos réactions, et moins dans les grands discours.

                  • C’est une bonne chose que des témoignages comme ceux de colère et d’ancienne de Bethléem soient publiés et pas seulement parce que cela démontre que ce site est ouvert au dialogue.

                    Les interventions de ces deux personnes montrent clairement comment quelqu’un sous emprise peut raisonner, si je puis dire, à mille lieux de toute logique et de toute cohérence. Le discours du groupe de référence a remplacé le bon sens le plus élémentaire.

                    Le fait que l’enseignement du Père Marie-Dominique Philippe lui convienne suffit à Colère pour décréter qu’il n’a pas commis les actes peccamineux dont on l’accuse.

                    Quant à Une ancienne de Bethléem, elle minimise la portée d’un canon, comme il s’agissait d’une vague indication, un règle générale qu’on peut contourner comme on veut, parce que Saint Thomas d’Aquin a dit … ou aurait dit. Imaginons qu’un ancien employé défende l’entreprise qui l’avait embauché alors que le contrat passé avec son employeur contrevenait au droit du travail. On est dans le même cas de figure.

                    • Xavier Léger,

                      Vos réactions me forcent à réagir. « Donneuse de leçon » ? Je vous ai donné des leçons ? Je vous ai justement dit de ne pas de porter de jugement hâtifs avant d’avoir cherché la vérité JUSTEMENT parce que la réalité est circonstanciée (tout le domaine du pratique est circonstancié) et que tout n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît ! Pardonnez-moi jusque ici j’avais beaucoup de bienveillance mais je reste bouche béate devant tant de mauvaise foi. Si il y a bien quelqu’un qui dit « attention aux jugements péremptoires » c’est bien moi ! Je ne sais pas si vous avez remarqué mais je passe mon temps à faire des distinctions : les distinctions dans notre intelligence manifestent que la réalité est plus complexe qu’elle n’y parait. Je ne vais donc pas encore une fois répondre à tout ce que vous dîtes, je vous invite à relire en VERITE ce que j’ai écrit précédemment. Et comme dit précédemment si vous avez des questions particulières je vous invite à me joindre en message privé. Mon seul but sur ce forum était justement de vous montrer la complexité des réalités que vous cherchez à manier et vous exhorter à chercher.

                      Luciole,

                      Je ne peux pas laisser mes propos se transformer : le droit canon une « vague indication », « une règle générale que l’on peut détourner comme on le veut » ??? Sérieusement ? Avez-vous si peu d’honnêteté pour déformer ainsi mes propos ? En pratique on est dans le domaine du CONTINGENT ! Et il peut arriver à une novice d’avoir besoin d’un an de plus ! Dîtes moi ce que vous préférez dans ce cas : on vire la novice ou on la force ? Cela arrive dans tellement de communauté ! Vous ne trouvez pas que le principe d’équité est juste dans le domaine pratique ? C’est une VERTU qui adapte la règle à la situation JUSTEMENT parce que le réel est CIRCONSTANCIE. Ce que vous refusez d’admettre manifestement parce que ceux qui font des « règles générales » c’est vous et non moi. « Parce que st Thomas a dit que… » ?? Ne vous ai-je pas donné des arguments ? Beaucoup d’arguments ? Je vous renvoie à st Thomas déjà parce qu’il est une AUTORITE dans l’Eglise mais j’aurais pu ne pas le citer je l’ai fait pour vous exhorter à chercher par vous-même ! Enfin, le plus grave : votre vision du droit canon et de la profession. Vous comparez la profession à un contrat entre un employé et son employeur ? Vous n’êtes donc pas chrétienne j’imagine pour comparer l’acte d’une personne qui se consacre entièrement à Dieu par des vœux à un contrat tel que vous le décrivez ! La religion chrétienne est une religion de la GRATUITE, nous ne sommes pas dans le domaine du dû mais dans le domaine du DON ! Ne confondons pas tout s’il vous plait. Et le droit canon vous le comparez au droit actuel en France ? C’est à dire au droit positif ? Le droit qui n’est que le fruit de la volonté et qui ne s’appuie plus sur la nature ? Le droit qui n’est plus le fruit de la raison ? Vous comparez ce droit au droit canon ? Je comprends mieux toutes vos erreurs ! Le droit canon est le fruit de la raison et il s’appuie sur la nature ! Ce n’est plus le cas dans notre société actuelle ! Ne confondez pas tout, distinguez s’il vous plait.

                      J’en profite pour dire que je ne connais nullement le père Marie-Dominique Philippe j’en ai juste entendu parler quand il y a eu des histoires, je n’ai même jamais lu aucun écrit de lui. (Au cas où bientôt on me dise que je parle pour lui) Je souhaitais m’arrêter de discuter sur ce site dernièrement parce que le seul message que j’avais à faire passer était « cherchez », il n’y avait aucune leçon donnée, je vous montrais juste la difficulté et les enjeux de ces problèmes. J’étais prête pourtant à vous répondre en message privé pour des questions que chacun avait dans la mesure de mes compétences. Je m’arrêterai désormais puisqu’aucune discussion ne peut avoir lieu puisque vous rester dans votre « idée générale » qui ne peut pas être plus complexe qu’elle ne vous l’apparait. Donc puisque beaucoup manquent d’honnêteté intellectuelle en transformant mes propos et même en me faisant dire le contraire de ce que je peux dire je préfère me retirer et vous laissez à vos consciences : faites pour la vérité. Au moins si des gens honnêtes intellectuellement (qui ne cherchent pas à voir le réel à travers une haine féroce mais simplement qui cherchent à le voir tel qu’il est en lui-même : bien plus complexe que vous ne souhaitez le montrer) me lisent ; ils mettront très très certainement bien plus de distances avec vos propos. Il en va de même pour les personnes formées (mais eux savent déjà cela).

                      Je vous souhaite donc une très bonne continuation et j’espère vraiment que vous prendrez le temps de chercher la vérité ; indépendamment de vos sentiments envers Bethléem.

                      • @ une ancienne de Bethléem

                        Bonjour,

                        deux choses :

                        1) Une internaute nous a demandé, de façon privée, à être mise en contact avec vous. Vous invitez les gens à vous contacter, mais vous n’avez pas laissé d’adresse email… Merci de m’écrire à l’adresse lenversdudecor7 chez gmail.com pour que je puisse lui transmettre vos coordonnées.

                        2) Nous avons reçu quantité de messages provenant de prêtres, d’universitaires, et de personnes concernées… et tous sont d’accord pour reconnaitre que les témoignages publiés sur ce site sont précisément mesurés, équilibrés, et qu’ils ne tombent pas dans la facilité ou la caricature (en particulier le témoignage de M. Barbero). Et si ces témoins ont écrit ces récits, ce n’est que par un douloureux devoir de conscience, avec le souci - je peux en témoigner - de ne pas détruire ou blesser, mais de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité, afin que l’Eglise puisse enfin sortir des faux-semblants et des manipulations, et puisse enfin porter un regard objectif sur les dérives de cette congrégation.

                        C’est pourquoi vos interventions dans lesquelles vous nous invitez à nuancer nos propos ont quelque chose de déplacées… d’autant plus que vous ne répondez pas aux problèmes les plus graves, ou parfois par un déni qui frise l’insolence et la mauvaise foi.

                        J’avoue partager le point de vue de Luciole (et de plusieurs internautes, d’ailleurs) : j’ai la nette impression que vous êtes dans une relation tellement affective avec cette communauté que vous cherchez à justifier l’injustifiable. C’est pourquoi vos argumentations ne me semblent ni rationnelles, ni pertinentes, et cela malgré vos mille références à Saint Thomas d’Aquin.

                        • Xavier Léger

                          Il serait donc déplacé de « nuancer » ses propos , c’est à dire de les circonstancier et de les articuler tout en distinguant les différents niveaux de certitudes des affirmations pour éviter glissements et amalgames .

                          Pour faire court , n’ayant pas que ça à faire ….., , certaines critiques de toutes les communautés récentes souvent dissidentes ou réservées par rapport aux « évolutions » de l’église officielle et « bon teint » , ne sont pas dénuées d’arrières pensées .

                          Je m’interroge personnellement sur votre « subjectivité » et votre rigueur intellectuelle qui s’éloigne , de toute évidence , de celle du « docteur angélique » aussi appelé le « bœuf muet » …..car il réfléchissait avant de parler

                      • @Une ancienne de Bethléem

                        De saint Pâcome (IVe siècle), que l’on tient pour le fondateur du cénobitisme, jusqu’à nos jours, l’Eglise catholique romaine compte seize siècles d’expérience en matière de vie religieuse.

                        En 1917 le premier code de droit canonique impose une période de voeux temporaires à tous les instituts religieux. Il fixe le délai du noviciat à un an pour que celui-ci soit valide.

                        Vous pourrez y lire que certaines constitutions prévoyaient un délai plus long. Mais jamais vous n’y lirez que ce délai dépendait de la volonté des supérieurs. Ce délai dépendaient des constitutions et de rien d’autre.

                        Le code de droit canonique de 1983 dit ceci : Can. 648 - § 1. Pour être valide, le noviciat doit comprendre douze mois à passer dans la communauté même du noviciat, restant sauves les dispositions du can. 647, § 3.

                        § 3. La durée du noviciat ne dépassera pas deux ans.

                        Can. 653 - § 2. Son noviciat achevé, le novice, s’il est jugé idoine, sera admis à la profession ; sinon il sera renvoyé ; s’il subsiste un doute sur son idonéité, le Supérieur majeur pourra prolonger le temps de probation selon le droit propre, mais non au-delà de six mois.

                        Six mois et pas davantage. Nulle part, le code de droit canonique ne donne le droit au supérieur majeur de prolonger au-delà de ce délai.

                        Un canon, c’est une loi ; le fait d’être supérieur général ne met personne au dessus des lois. Que je sois un pilier d’église ou la dernière des mécréantes n’y change rien. On ne s’accorde pas à soi-même, ou à autrui des dérogations au code de droit canonique. On les demande à qui revient le droit de les accorder.

                        L’Eglise catholique établit ces canons après seize siècles d’expérience et une congrégation vieille de cinquante se permet d’y déroger. Les chartreux le font-ils ? Les dominicains qui comptaient Thomas d’Aquin parmi les leurs le font-ils ?

                        S’il est jugé idoine, sera admis à la profession ; sinon il sera renvoyé ; C’est clair et il n’y a pas à tergiverser, pour le bien du candidat comme pour celui de l’institut.

                        Sérieusement, si un novice n’est pas prêt, après deux ans (et demi), à s’engager à dans des vœux d’obéissance, de pauvreté et de chasteté pour une période de trois ans, il ne le sera jamais. Mieux vaut pour lui qu’il s’en aille plutôt que de perdre son temps.

                        On ne demande pas au novice d’être parfait pour faire profession, il a toute la période des vœux temporaires (le code de droit canonique prévoit jusqu’à neuf ans) pour progresser.

                        Reste la question de savoir si le noviciat à Bethléem prépare réellement et efficacement à la profession.

                        Dans ce premier code de droit canonique, paru il y a près de cent ans, on peut lire : 493 p.3 Que les supérieurs se gardent, par eux mêmes ou par d’autres de pousser aucun sujet, par violence, peur, exhortations importunes, ou d’autre manière, pour qu’ils se confient à eux.

                        Dans le code de droit canonique de 1983, on peut lire : Can. 630 § 5. Les membres iront avec confiance à leurs Supérieurs auxquels ils pourront s’ouvrir librement et spontanément. Cependant il est interdit aux Supérieurs de les induire de quelque manière que ce soit à leur faire l’ouverture de leur conscience.

                        Donc un institut ne peut pas imposer à ses membres d’écrire toutes leurs pensées dans un cahier pour que les supérieurs puissent les lire. C’est interdit quelle que soit la tradition spirituelle à laquelle se rattache l’institut. Il en est ainsi depuis 1917, c’est à dire bien avant la fondation de la congrégation.

                        Une fondatrice, une supérieure majeure ou locale n’est pas au-dessus du droit canon. Elle a à s’y tenir, en vertu même de son vœu d’obéissance, et elle n’a pas le droit de s’accorder la permission d’y déroger.

                        L’entrée au postulat ou au noviciat n’est en rien comparable à un mariage. Certes le candidat qui se présente dans un institut le fait avec la ferme intention d’y persévérer, mais il ne s’y engagera pas définitivement avant une période qui peut aller de cinq à treize ans.

                        Ce laps de temps est consacré au discernement, discernement de la part du candidat comme de la part de l’institut. Pour rappel, le mariage est un sacrement et il est indissoluble. Les vœux de religions ne sont pas un sacrement et l’on peut être relevé de ses vœux.

                        Accepter un candidat en n’envisageant pas la possibilité qu’il puisse quitter l’institut ou qu’on puisse l’en renvoyer c’est nier de manière implicite le caractère probatoire du délai de formation.

                        Nous ne vivons plus à l’époque où la subsistance d’une femme dépendait de sa dot ni au temps où il suffisait de chercher du travail pour en trouver. Veiller à ce qu’un candidat n’entre pas sans avoir un certain bagage qui lui permettra, le cas échéant, à se réinsérer dans le monde, relève autant du bon sens commun que de la charité chrétienne.

                        • Un Droit Canon trop terrestre pour Bethléem ? 14 mai 2015 00:21, par Dominique

                          @Luciole

                          Votre explication me renvoie à une autre invention de terme par une prieure de Bethléem : « Marie nous surnaturalise », dit-elle.

                          « surnaturel », « surnaturalisme » : ces termes existent mais pas le verbe « surnaturaliser ».

                          D’où la question : n’est-ce pas à cause de cette croyance d’être elles-mêmes « surnaturalisées » (= « au-dessus du naturel » ?) que les prieures successives de Bethléem ne se sont pas pliées à des règles trop naturelles pour elles, au sens de bonnes pour l’équilibre de la vie religieuse, qui font partie du Droit Canon ?

                          Luciole rappelle à juste titre ces règles qui sont un garde-fou tant pour les membres d’une communauté que pour la communauté elle même.

                          Pour revenir sur l’invention du verbe « altériser » (comprendre : « devenir autre » ?) par la prieure, sans doute qu’un évêque, licencié en Droit canonique (!!!) avait perçu un certain nombre de choses sur Bethléem, lorsqu’il a dit ceci aux sœurs en se rendant dans un monastère : « Lorsqu’on a les mêmes goûts, quand on pense pareil que les autres, on peut se demander : Lequel a mangé l’autre ? Les différences entre les sœurs sont bonnes, il faut les accueillir. » Je n’avais pas encore pris connaissance de ces propos lorsque je m’interrogeais sur la tentation du clonage à Bethléem.

                          Ce n’est pas tous les jours dimanche, grand merci à cet évêque avisé.

                    • Luciole : « Les interventions de ces deux personnes montrent clairement comment quelqu’un sous emprise peut raisonner, si je puis dire, à mille lieux de toute logique et de toute cohérence. Le discours du groupe de référence a remplacé le bon sens le plus élémentaire. »

                      vous me faites rire !!!!!!!!!!!!! prennez conscience, regardez-vous !!!!!!!!!!!

                • Bethléem in extenso ? 13 mai 2015 09:19, par Dominique

                  @une ancienne de Bethléem

                  Vous aimez lire et invitez à lire. Vous ne pouvez donc pas reprocher à d’autres d’avoir lu beaucoup d’écrits en provenance de Bethléem pour « se former dans leur intelligence » selon votre expression. D’après mes lectures, Karol Wojtyla ou les encycliques papales, ou la vie d’un chartreux, auxquels vous vous référez, ne sont pas cités par les prieures. Le père MD Philippe n’est plus cité depuis un bon moment à Bethléem, même si on peut repérer ici ou là des « restes » de l’influence qu’il a exercée pendant un temps sur sœur Marie. Comme vous le savez, sœur Marie changeait de maîtres à penser, mais elle avait gardé une vision pour le moins binaire, qui a d’ailleurs entretenu chez des sœurs des angoisses majeures, comme celle d’être sous l’emprise du Démon, si elles demandaient à quitter la communauté. Êtes-vous, vous aussi, passée par cette angoisse-là ? C’est ma première question.

                  Pour les très nombreux écrits de Bethléem, qui ont nécessairement contribué à votre formation, n’êtes-vous pas en mesure de citer in extenso, vous même, les plus remarquables à vos yeux, au lieu de les réclamer à d’autres ou de leur reprocher de les étudier - ce qui est différent de l’obsession- et de les évoquer, seulement après des heures de lecture ?

                  Si vous n’êtes pas en mesure de citer ces documents in extenso et que vous les demandez à d’autres, est-ce parce que vous avez quitté Bethléem, comme d’autres personnes, en devant laisser à votre prieure des polycopiés même anciens, parce qu’on l’a exigé de vous ? C’est ma deuxième question.

                  Je ne cite pas les documents in extenso parce qu’ils sont, comme vous le savez nécessairement en tant qu’ancienne de cette communauté, très litaniques, au sens de répétitifs. Des sœurs ont été amenées à recopier des passages entiers de la Règle de vie ou des écrits de Louis Chardon, dans une activité répétitive, comme vous le savez aussi comme ancienne. Je suis en droit de m’interroger sur ce qu’il est demandé d’ingurgiter à des membres de cette communauté, y compris par haut-parleur interposé, dans une cellule. Cela, à ma connaissance - mais je ne sais pas tout- ne se fait pas chez les Chartreux dont Bethléem se réclame.

                  Nous avons en commun de ne pas avoir, si je vous ai bien lue, le souci de convaincre. Si vous invitez d’autres à être dans « la bonne recherche de la vérité », c’est que vous l’êtes aussi. Vous allez donc pouvoir m’aider et je vous en remercie par avance.

                  Troisième question donc : Que signifie pour vous cette parole de sœur Isabelle : « Marie est altérisée : elle n’a pas de pensée propre » ? Je suis juste en mesure de signaler que le verbe « altériser » n’existe pas dans la langue française. Et en mesure de me demander si considérer que Marie n’a pas de pensée propre ne revient pas à dire que « Je est un Autre », ce qui est la définition même de l’aliénation, à la Rimbaud, ainsi définie dans le dictionnaire Larousse : « état de quelqu’un qui est aliéné, qui a perdu son libre arbitre » ou « situation de quelqu’un qui est dépossédé de ce qui constitue son être essentiel, sa raison d’être, de vivre. » Croyez-vous vraiment que le « oui » de Marie est le « oui » de quelqu’un devenu « étranger à soi-même », de « dépossédé de sa raison d’être et de vivre », ou comme le dit sœur Isabelle, d’une femme « altérisée » ?

                  @colère qui revient,

                  Accordez au moins que vous pouvez vous exprimer, comme tout un chacun, sur ce site.

    • @une ancienne soeur

      Sœur Isabelle l’a fait en premier en demandant à Rome qu’une visite apostolique soit faite ! Bethléem aussi cherche la vérité, cessons donc de salir cette famille qui est je le crois un bien. Mais ne les dénonçons pas sur internet, cela n’a pas de sens

      L’aurait-elle fait si justement il n’y avait pas eu tout ce déballage sur Internet ? Probablement non. Les témoignages n’ont jamais reçus d’écoute de Rome, a la place on a étouffé. Voilà pourquoi tout a été mis sur la place publique.

    • à l’attention du modérateur et à ne pas publier sur votre site : Bonjour monsieur Léger, J’aimerai pouvoir entrer en contact personnel avec « l’ancienne de B » qui a déposé 2 commentaires sur votre site en réponse aux « révélations accablantes d’un ancien supérieur.. » le 10/05 à 2h39 et 19h46. Voici mon adresse mail si vous voulez bien la lui communiquer : anasth.mankisch chez yahoo.fr En vous remerciant et avec mes meilleures salutations. Anasthasia.

  • « De Bethléem j’ai tout reçu » 6 mai 2015 09:54, par Barbara

    « Aux sœurs … je dis : Merci pour l’intuition géniale reçue Place Saint-Pierre » : Si j’ai bien compris ce que l’on peut lire par ailleurs, ce ne sont pas les Sœurs de Bethléem qui ont eu cette intuition mais des anonymes assez humbles, qu’à ce jour, Dieu seul connaît.

    « Rien ne peut justifier la campagne sordide » : Derrière cette campagne, il y a des personnes, des personnes qui sont entrées à Bethléem, des personnes qui souffrent ou ont souffert de Bethléem, des vies malmenées, voire gâchées, à Bethléem (d’où une compréhensible violence).

    Si on lit bien ce qui est écrit ici ou là, il semblerait que les «  ajustements à opérer » soient, au moins pour partie, depuis longtemps connues des autorités de l’Eglise. Malheureusement, si les choses n’avaient pas fait l’objet d’un déballage public (la «  campagne  »), il est probable que rien ne bougerait encore à ce jour, sauf peut-être l’encensoir …

  • Jean Paul 4 mai 2015 12:38

    sur le site sansdecor tenu par la team « relationnel de Bethléem », un témoignage de bonne foi dit : « En revanche, rien ne peut justifier la campagne sordide visant à tordre la réalité de ces vies données jusqu’au bout…pour rien d’autre que parce que « Dieu seul suffit ». ».

    Soit, mais ne faut-il pas recevoir tout les témoignages qui sont authentiques et aussi de bonne foi au lieu de tomber dans le rejet et la négation. Le dialogue ne peut se faire que dans l’écoute de l’autre. Pourquoi taxer ces témoignages de sordides ? On peut peut être le comprendre dans le sens ou il y a un tel cloisonnement à Bethléem que les dysfonctionnements et les souffrances ne sont pas perceptibles à qui se trouve en dehors de la cloture. Pour cela cette personne qui témoigne n’est pas à blamer, elle ne connait pas la réalité de Bethléem.

  • Félicitations 28 avril 2015 12:40, par Maria

    Cher Fabio

    En ce jour je veux vous féliciter pour votre naissance.

    Je vous admire et je vous remercie pour votre courage, pour ce témoignage qui a donné déjà tant de fruits de libération et de vérité. Pour avoir mit de l’espérance en mon existance. Que Dieu vous bénisse

    Maria

  • Daphnee 18 avril 2015 21:01

    Merci pour votre témoignage que j ai lu avec attention ainsi que les autres témoignages . J ai vécu 5 ans a Bethleem . Je retrouve beaucoup de points communs avec ces témoignages . Les messages de Saroué disant que c est ma vocation … Puis la décision par moi même comme Juliette de réfléchir par moi meme en demandant à Dieu et la decision claire de sortir : ma conscience s est manifestée quand j ai décidé de discerner seule avec Dieu : sortir était ce que ma conscience m indiquait devant Dieu . Sinon j aurai perdu la paix . Alors que les sœurs voulaient que je reste car c etait la volonté de Dieu sur moi d après elles . Merci Fabio , merci à chacun pour votre temoignage . Moi qui y ai vecu , je sais que c est vrai ! Ce ne sont ni des calomnies , ni des mensonges mais c est la réalité a Bethleem . Il y a une déviance ( comme une déviation ) par rapport au but qui est de devenir saint en vivant l évangile ou Amour et VÉRITÉ se rencontrent , justice et Paix s embrassent . J espere que la lumière va se faire : qui fait la vérité vient a la lumiere . Bye

  • Merci pour la franchise de vos réponses à certaines des questions que je vous posais dans un précédent commentaire.

    Dans votre dernier post, vous avez écrit : « Ma décision est tombée comme un fruit mur et parfaitement discernée et ratifiée par sr Isabelle qui a été remarquable d’écoute et de discernement. Je ne comprends la déflagration sur elle qui justement permet une plus grande liberté que du temps de sr Marie ».

    Si je puis me permettre de vous apporter un élément de réponse, je crois que vous la trouverez en considérant le « Priorat de Marie ».

    Puisque c’est la Vierge Marie qui est la Fondatrice, la Prieure et la Staretz de Bethléem (c’est écrit dans les constitutions), la prieure générale de Bethléem n’en est donc que son « humble instrument » pour tout le gouvernement de la communauté.

    Qui dit « gouvernement », dit qu’elle est ipso facto au courant de tout ce qui se passe à Bethléem, pour pouvoir prendre toutes les décisions qui s’imposent en conséquence. Les prieures locales ne sont, à leur tour, que les « humbles instruments » pour faire fonctionner ce système.

    La transparence dont on vous a demandé de faire preuve pendant vos années à Bethléem, les prieures locales la doivent tout autant à la prieure générale (que ce fut la première, que ce soit l’actuelle ou que ce soient celles qui suivront).

    C’est même en fonction de leur excellence dans cette transparence et dans cette obéissance, qu’elles sont à cette place. Et c’est aussi pour ça que presqu’aucune d’elles n’a changé depuis le début de Bethléem.

    Alors, le dialogue vrai et en liberté, « discerné et ratifié » par la prieure générale, il pourra se résumer ainsi :

    • Je ne savais pas.
    • Je te demande pardon pour toutes nos erreurs, qui ont été des malentendus.
    • Bethléem est en train de changer et tu fais bien de me dire tout ce que tu me dis.
    • Oui, tu as raison, toi qui es une enfant de la Vierge et de Saint Bruno
    • Aujourd’hui, nous sommes beaucoup plus vigilantes sur le discernement.
    • Bethléem sera toujours ta famille et tu peux venir à Bet Gemal quand tu veux.
    • Je reconnais que nous avons fait des erreurs et je t’en demande pardon. Mais je ne savais rien de tout ce que tu me dis.
      - …

    Comment ne pas vouloir pardonner devant quelqu’un qui semble si sincère ?

    En réalité, c’est toute cette comédie qu’il faut arriver à pardonner et qui se retrouve parfaitement dans le complément de droit des réponses des soeurs : « on demande pardon pour nos erreurs commises, car nous reconnaissons que nous ne sommes pas parfaites »…

    Les paroles sont de toute beauté, oui ! Mais dans les actes… pffff !

  • Saroueh 10 mars 2015 23:02

    Message de Saroueh

    J’ai vu ma mère la Vierge sur la colline de Bet Gemal. Elle était assise, la tête dans ses mains, les larmes coulaient de ses yeux. Elle m’a dit :

    Je pleure sur cette famille de Bethléem. Non ce n’est pas ma famille comme elles disent, car elles n’obéissent pas à mon Fils qui est la VERITE. Depuis longtemps les responsables vivent dans le mensonge, apprennent à se sortir des difficultés par toutes sortes de mensonges et d’omissions, à tricher même auprès de certains princes de l’Eglise. Elles parlent de pauvreté, mais vivent dans le confort et le gaspillage qui scandalise les vrais pauvres. Elles enseignent la totale transparence, mais vivent dans les faux-semblants et l’hypocrisie, comme des sépulcres blanchis. Elles magnifient la pureté du cœur, mais elles séduisent les jeunes par des apparences trompeuses et affectives, par un esthétisme creux qui brille aux yeux extérieurs, et aveugle ceux du cœur. Elles se délectent de belles paroles sur le maximalisme de l’Amour, et piétinent 1000 fois par jour le plus élémentaire respect de l’autre et de sa liberté intérieure. Elles dissertent sur le saint silence, surtout celui de mon Fils durant sa passion, mais cherchent à se défendre lamentablement, et à coups de menaces, quand enfin leurs pratiques déviantes et subtilement perverses sont mises au grand jour.

    Au jour du jugement, il leur sera demandé compte, non seulement de la vie et de l’âme de soeur Mirjah, mais de tant d’autres qu’elles auront trompées, abimées, violées dans leur conscience la plus intime, les privant de leur belle et précieuse liberté d’enfant de Dieu, les incarcérant dans leur mode de pensée unique et tyranique, dans leurs coutumes humaines, totalement étrangères à l’Evangile de mon Fils. Et elles en ont écrit 1000 pages ! comme soit- disant « résumé concret » d’un Evangile si clair et si simple, transparent comme une source !

    Pour tout cela elles seront jugées plus sévèrement que d’autres, parce qu’elles le font en se couvrant de mon nom, en m’attribuant leurs méfaits, en proclamant que c’est moi qui veut et dirige tout cela ! Malheur aux faux prophètes aveuglés par l’orgueil, Paix aux humbles de cœur qui n’écoutent que la Parole de mon Fils, et la vivent non de mots et de langue, mais en actes et en vérité. Paix aux humbles qui se taisent avec JESUS , parce que LUI-MEME est leur seul Défenseur. OUI, PAIX AUX HUMBLES !

    • Oui, mais êtes-vous cette même Saroueh qui a induit en erreur de nombreux membres de la communauté ? Car si c’est oui, comment auriez-vous encore l’audace de parler sur ce site ou n’importe où ailleurs ??? Ne mélangeons pas la lumière et les ténèbres, if you please … Personne ici ne veut se venger, juger sans miséricorde. Si il y a quelqu’un d’Eglise qui doit se prononcer, il le fera lui seul. Ce site est pour ceux qui ont un témoignage à donner, pas pour ceux qui sont en communication avec… avec je ne sais qui !!! Merci !

    • Cher André,

      Ce « message » est une plaisanterie, je pense, de l’humour au premier degré. Il veut montrer que n’importe qui peut écrire des « messages » venues du ciel. De même que Bethléem instrumentalise des supposés messages de Saroueh pour son propre compte, de même il serait possible de le faire dans l’autre sens. Avec de la crédulité et de la manipulation on peut faire gober n’importe quoi. Le contenu de ce « message » me parait tout aussi évangélique que ceux que l’on donne à Bethléem (que je ne connais pas). Voilà ce qu’a voulu montrer le plaisantin qui a écrit ce pseudo-message, me semble-t-il.

      Bertrand

  • Nicolas 10 mars 2015 15:51

    On trouve sur Internet le témoignage d’un certain Fabio qui évoque un « secret » de Bethléem qui est « La présence de castes à l’intérieur de la communauté. Depuis les débuts de la fondation, certaines personnes ont joui de privilèges dus à leurs origines familiales, à leur prestance physique (grands, minces, blonds et aux yeux bleus), à leur patrimoine financier… »

    Mon témoignage est le suivant :

    J’ai été élevé dans une famille déchirée (mes parents étaient séparés) qui vivait dans l’indigence (les patates et les nouilles tous les jours, je connais). Si j’ai fait des études, ce n’est que grâce aux bourses et emprunts patiemment remboursés dont j’ai bénéficié, en aucun cas grâce à des relations ou à ma famille. Je suis de taille moyenne, brun et aux yeux noirs.

    Il se trouve que je connaissais bien Bethléem et sœur Marie.

    Je l’ai souvent et longuement rencontrée. Je peux dire que je n’ai jamais trouvé que de l’amour, une absence totale de jugement et de contrainte. C’est grâce à elle et c’est dans Bethléem que ma foi a grandi.

    Dans les différents monastères que j’ai visités, j’ai rencontré une multitude de gens souvent très simples, j’ai rencontré des sans-abris, des illettrés, des enfants abandonnés, des prostitué(e)s, des sortis de prisons, des sortis d’asiles psychiatriques, des sans-papiers…

    J’ai pu observer avec quel amour, arrivés à l’improviste ou déjà connus, ils étaient accueillis à Bethléem, et comment Bethléem les aidaient à s’en sortir, parfois en les gardant pour de très longues périodes.

    Je m’inscris en faux contre l’esprit qui anime Fabio en apportant son témoignage.

    J’affirme avec la plus grande fermeté que le « secret » qu’il évoque relève de la calomnie pure et simple.

    Un parmi les sans-dents, grands privilégiés à Bethléem

    • Mais ce témoignage est déjà sur l’autre site !

    • Nicolas Vous avez trouvé un véritable accueil à Bethléem et c’est tant mieux pour vous. Peut être vous y ai-je moi-même accueilli ? et comme la plupart des sœurs et des frères nous avons tous eu à cœur d’accueillir chacun comme le Christ lui-même. Ce qui est dénoncé par Fabio, par d’autres et par moi-même, c’est ce qui se passe à « l’intérieur » de la communauté, et ça apparemment vous ne l’avez pas connu…. Les deux sont vrais : toute personne quelque soit son chemin est bien accueillie à Bethléem, mais quand on y vit pendant de nombreuses années, on fini par s’apercevoir que la charité fraternelle n’y est pas exactement « universelle ». Selon ce qu’on peut apporter à la communauté en terme de travail effectif ou d’image valorisante vis à vis de l’extérieur, les frères et les sœurs ne sont effectivement pas traités de la même manière. C’est un fait avéré. Votre désaccord n’y changera rien.

  • @ Colère - Bethléem 3 mars 2015 09:25, par Tatiana

    Votre message était de la pure provocation ?…

    Ne faites pas croire que vous avez besoin d’un « pacte à la Vierge » pour être attiré(e) par Bethléem. D’autant que, si vous connaissez si bien les écrits du Père MD Philippe, vous savez tout aussi bien combien il a été proche de soeur Marie et l’a « inspirée » pendant toute une période de la vie de Bethléem.

    Mais remarquez, si ça vous fait plaisir d’aller fréquenter les petites soeurs, ça vous regarde.

    Je vous conseillerais juste avant toute démarche en ce sens et vue la teneur de vos commentaires, d’être bien au clair sur les fondamentaux de l’Eglise.

    Ce sera une démarche objective et non plus affective qui vous évitera de vous laisser prendre au piège de la façade séductrice de certains personnages… « charismatiques ».

    Avoir une dévotion mariale personnelle est une chose. Et elle est bonne. La transformer en une spiritualité permanente et sous-jacente pour l’existence d’une communauté, en est une autre !

  • colère 3 mars 2015 00:00

    Je remercie Fabio, car grâce à son témoignage, je viens de découvrir le pacte avec Marie dimension importante de la spiritualité des petites soeurs de Bethléem. Ce chemin avec Marie m’attire….. Je connaissais très peu ces soeurs mais ce que vous avez écrit me donne envie de me rapprocher d’elles. Depuis je dis régulièrement la prière mariale qui est citée et j’irai certainement faire une retraite chez elles. Alors merci !

    • Vous n’êtes donc pas « colère » mais plutôt en charge de défendre des communautés considérées comme déviantes depuis longtemps.

      La France a ratifié la Convention d’Istanbul en août 2014. Y sont définies des violences faites aux femmes, que subissent aussi des hommes même si leur nombre est moins important dans les statistiques : violences sexuelles et violences psychologiques. C’est dans ce contexte d’orientation mondiale, qui ne concerne pas que les lointains, que l’Eglise s’est penchée, et se penche, sur le premier type de violences par rapport à la communauté st Jean et sur le deuxième type de violences par rapport à la communauté de Bethléem, avec dans les deux cas une spiritualité qui pose question.

      Lorsque le père Auzenet suggère d’enfermer des malfaisants dans un prieuré, avez-vous saisi que l’humour peut permettre d’aider à supporter ce qu’on entend en termes de « cas lourds » ?

      Le petit peuple de Dieu n’a pas toujours les moyens d’aller à Rome se faire entendre. Cependant, ayant l’habitude dans la vie courante de protéger ses enfants ou de contester une amende injustifiée, il trouve qu’il paie bien cher le silence de prélats.

      S’il y a parfois prescription sur le plan juridique, l’ajustement à la vérité ne connaît pas de limite temporelle.

      Merci à ce site de permettre à ceux qui savent d’avoir le courage de mettre en garde.

      La différence symbolique entre St Jean et Bethléem, en termes d’images qu’elles produisent, est que pour la première communauté on y voit les personnes de face et que pour la deuxième on y voit les personnes de dos. Envers de la même médaille, car les fondateurs étaient proches ? Il y a donc deux manières différentes d’approcher et de traiter les problèmes internes à ces communautés, mais avec la nécessité de lire ce qu’elles ont pu produire pour comprendre dans quel type de spiritualité elles s’inscrivent. À bon entendeur !

    • Colère, la colère est de mauvais conseil et, devant D.ieu, de peu de poids. Pour Bethléem, tout a été dit, il faut maintenant faire confiance à l’Eglise et lui laisser faire son travail. Bonne retraite et bon carême.

    • C’est bien. Personnellement, je vous encourage sur cette voie mariale, pour peu que ma parole est un poids quelconque… Et surtout parce que dans ce chemin, vous rencontrerez la blessure du cœur, cette blessure profonde et intime devant sa propre misère, et qui conduit à l’humilité, face à Dieu, face aux autres…. Encore faut-il le vivre en vérité, et non pas dans un sentiment de défit ! Mais ce n’est pas votre cas, j’en suis bien sûr. Et aussi, vous penserez à nous qui sommes tous sur ce chemin, sans l’avoir renié. Et de plus en plus, comme Marie, vous saurez accueillir et écouter avec amour ceux qui ont été blessés comme son Fils. Dieu vous bénisse en ce carême.

  • Kathleen 24 février 2015 23:45

    Pour ce qui est des pratiques malades sur un fond sain, imposées par des personnes honnêtes… ???

    Oui, on peut se tromper !

    Mais à partir du moment où on le sait et où l’on persiste dedans coûte que coûte, ça devient pervers.

    Et à Bethléem, on le sait, car les lois dans l’Eglise sont très claires pour tous.

    Quant à Fabio - dès qu’il s’en est rendu compte ? il s’est dit : « stop ! » et je vous laisse deviner ce que cela lui a coûté de reconstruire sa vie « ex nihilo », alors qu’il était si bien « placé ».

  • Xavier Léger 19 février 2015 11:05

    Bonjour monsieur ?,

    je vous remercie de nous partager votre témoignage, et donner par l’occasion un regard contradictoire sur la problématique que nous soulevons sur ce site à l’égard de la communauté de Bethléem.

    Sur l’attitude de « Seraphim », alias Fabio, je pense que lui-même ne nierait pas vos accusations. Dans son témoignage, il reconnaît avoir fait des erreurs. Je pense qu’il a du vivre comme un véritable drame le fait de devoir assumer les responsabilités de supérieur, dans le cadre si particulier de cette communauté. Peut-être que votre impression traduit ce malaise que lui-même vivait à cette époque ?

    Concernant soeur Agnès Mariam de la Croix… en raison de la crise dans laquelle elle s’est retrouvée, nous avons du supprimer toutes ses interventions du site. Apparemment, nous avions oublié d’en retirer une. C’est maintenant chose faite.

    Si vous avez des informations graves la concernant, alors vous pouvez constituer un dossier et l’envoyer à l’AVREF.

    Xavier Léger

    • Merci Monsieur Xavier ;

      Je crois qu’on touche le noyau de ce problème. Je souligne encore, je continue a aimer beaucoup Fabio. Il a eu des actes extraordinaires, il a fait une fête d’anniversaire pour mon papa malade mental, jusqu’à aujourd’hui il en garde le souvenir. Il a toujours cru dans mes aptitudes intellectuelles et m’a vraiment aidé pour mes études, il m’a beaucoup encouragé dans mon étude de l’arabe, aujourd’hui c’est ma passion et mon gagne-pain. Il à été mon responsable pendant des années et je lui garde l’affection qu’on a pour quelqu’un qui se soucie pour vous TOUS LES JOURS (d’une façon correcte, pas correcte, ça c’est comme nos parents, Dieu sait…). Après il y a eu des ombres, elles sont tellement fortes pour effacer tout le reste ? Pour moi, NON. Il y a eu des erreurs humains, bien sûr ! je n’ai pas trouvé encore d’institution, partenaire, famille, qui n’en fasse pas. Je ne méprise pas du tout la souffrance des gens qui se sont exprimés ici. Mais on peut rester dans le moment, et regarder les choses comme elles se sont passés, ou on peut prendre du recul et avoir une perspective plus large et voir ce qu’il y a derrière. Que tel, ou tel frère, surtout jeune, a été un peu trop insistant pour que un jeune entre au Monastère ? Oui, surement. Frère Silouane n’était, PAS DU TOUT comme cela. Que le départ des personnes ne s’est pas fait de la façon la plus correcte ? Surement, Frère Silouane l’a reconnu dans une lettre. Mais la plupart des fois on ne dit pas « Je m’en vais pour toujours ! » Bah, non, on prends un temps ailleurs, et puis on verra. Et personnellement, quand je suis sorti j’étais plutôt content que tout le monde ne le sache pas, parce que ça aurais fortement influencé mon cheminement « Qu’est ce qu’ils vont penser les frères s’ils me voient revenir bla, bla, bla ? » Le pendule, le régime, la vie avec la Vierge, bon en soi ce sont des choses pas mauvaises, tu trouveras pourtant toujours quelqu’un qui fait un mauvais usage. Le secret ! Bon écoutez, c’est une vie solitaire, de silence… et puis pas tout le monde doit être au courant de tout. Par respect aux personnes surtout. Je ne crois pas qu’on puisse accuser Bethléem d’être une organisation sectaire et malveillante. Je suis sur que des erreurs ont été faits et cela a eu un impacte sur les personnes, cela a mon avis entre aussi dans les risques a encourir quand on rentre au Monastère, et que l’on prend aussi choisissant un partenaire ou un travail. Bien sûr, il faut dénoncer si en conscience on croit que des faits graves se sont déroulés. C’est mon cas avec Agnes… il y a un fond de perversité. Mais avec Bethléem, en conscience, je ne l’ai pas vu, il y a surement des pratiques malades, mais pas un fond pervers qui cherche a manipuler les gens. C’est vrai aussi que j’ai un fond rebelle, qui a fait qu’a la fin : avoir ou non la complaisance de Soeur Isabelle m’était égale (et je pense qu’a elle aussi) que j’étais conscient qu’en personne adulte une fois sorti du monastère c’était a moi de refaire ma vie, que je sais accepter quand une chose est finie. Je crois que le rapport est vrai en tant que expérience personnelle de Fabio, son interprétation si en conscience il parle avec le cœur dans la main. Puis je ne crois pas qu’il parle de la vérité de Bethléem. Je n’ai pas un attachement existentiel a l’Eglise, donc je pense que cela me donne une certaine liberté pour parler et ne pas me sentir blessé qu’elle ne m’ait pas pris en charge, parce que je ne l’attends pas d’elle non plus.

    • Mais mon message ne cherchais pas du tout blesser Fabio, je m’en excuse si le j’ai fait. Je parle de ce qu’en conscience je crois avoir vécu. Pour ce qui ne sont pas d’accord avec moi et qu’en conscience pensent que j’ai loupé un truc, j’espère que ils seront écoutes par le mec en charge de ces histoires. Je ne dis pas mon nom, mais par mon message Fabio doit bien savoir qui je suis, et je lui desire, vraiment de tout mon cœur, toute la chance du monde, c’est un gars très intelligent et sensible, je suis sur qu’il va avoir une vie extraordinaire. Oui je vais très bien mon cher Fabio, et je te dis MERCI ! de tout cœur.

  • 19 février 2015 00:41

    J’ai été aussi pendant un certain temps Frère de Bethleem. Je ne suis plus en contacte avec les frères, bon de temps en temps une lettre pour Noël… Mais je ne garde aucune rancune ou mauvais gout de mon passage au Monastère. Seraphim raconte des choses dont certaines sont vraies, des autres pas fausses mais racontés d’une façon qui mène a une interprétation fausse.

    Comme frère je n’étais pas du tout facile, j’étais plutôt rebelle j’ai pu toujours exprimer ma pensée sans problème, d’ailleurs des autres frères le faisaient aussi au Chapitre, j’ai vu même des discussions assez chaleureuses au Chapitre Général… Je vais pas m’attarder dans le détails cela me semble sordide, d’ailleurs cela me semble déplacé de psychanalyser l’ancien prieur général dans les commentaires, alors qu’il n’a pas fait acte de présence (au moins claire) et ne peut pas se défendre.

    En tout cas, tout s’est passé dans la norme lors de ma rentrée, lors de ma sortie, et puis après, sans besoin des psys ou quoi que ce soit et en prenant une décision aux antipodes de ce que les frères m’avaient conseillé. Décision qu’après ils sont respecté comme mienne et même soutenu.

    Ce qui me blesse et vous ne savez pas jusqu’à quelle point, c’est que les bourreaux soit présenté comme victimes. Seraphim, ou Fabio, se présente ici comme une victime alors qu’il était un être dictatorial et assez manipulateur. Les choses les plus difficiles que j’ai vécu a Bethléem ce sont du temps ou Fabio était prieur ! C’était Fabio qui faisait une troupe des jeunes moines a sa pensée, il était impitoyable envers celui qui ne pensait pas comme lui. Je ne vais pas raconter des histoires qui relèvent de SA vie privée et de la mienne aussi…

    Ceci dit, je peux dire, j’aime Seraphim beaucoup, avec ses gros erreurs (que j’accepte parce que j’étais entré dans une communauté humaine donc il faut être prêt a qu’on fasse des erreurs avec nous) parce qu’il était un moine avec un grand cœur après tout.

    Ce que je n’accepte pas c’est de voir un article, dans cette site contre les dérives sectaires, par Sœur Agnes Mariam ! Mais c’est une blague ?? Soeur Agnes pour moi a été un cauchemar, c’est une des personnes qui m’ont fait les plus de mal de ma vie, quand elle faisait de guide spirituel des certains moines. Elle m’accusait d’en avoir le démon c’est pour cela que je voulais partir de Bethlèem, chaque fois que j’ouvrais la bouche pour dire une chose contraire a ce qu’elle disait elle me coupait court « Tu es un novice ! Qui est tu pour décider ou vas tu ou ne vas tu ? », elle était emboutante au degré que je pensais que Sœur Agnes avait sorti de moi le démon donc qu’elle était mon sauveur… C’est une offense qu’elle parle de dérives sectaires. Voulez vous des témoignages des gens qui sont passés par sa communauté en Syrie et sont finis totalement barrés ?? Des vies détruites ! Êtes vous jamais allez en Syrie ?! Avez vous parlé avec ses sœurs, avait vous vu l’état d’esprit dans lequel ils sont ? C’est pour cela que je ne sais même pas pourquoi j’écris ce témoignage parce que j’ai compris tout de suite que, peut être pas le directeur, mais ici il y a des gens qui sont maîtres en manier le vrai et le faux pour modeler la réalité a leur guise. Pour les gens qui ont été blessés par Bethléem, ça me fais du mal a moi aussi, je ne peux pas vous comprendre parce que je n’ai pas eu la même expérience, et donc je ne sais pas dont vous parlez, mais je vous respecte énormément et je crois que si en conscience vous pensez il y a quelque chose qui ne va pas vous avez le devoir de le dire. Mais avec Agnes et Seraphim en tête ? Moi je ne serais pas a ce rendez vous.

    • Cher Ami et ancien frère,

      en ce qui concerne ma personne et ses manières de faire je ne peux que reconnaître la vérité de tes paroles et t’en demander pardon sincèrement. Comme le dit mr Léger, j’étais manipulateur manipulé.

      Je suis heureux que tu aies pu reconstruire ta vie.

      Fabio

    • Cher Ami et ancien frère,

      j’aimerais beaucoup reprendre contact avec toi via mail. Si tu le désires aussi, il suffirait de transmettre ton adresse mail à Mr Léger.

      Je t’en remercie d’avance.

      Fabio

      • Ce message est adressé à Fabio,qui m’a bien connu à Currière. Cher Fabio, Je suis ton ancien frère PIERRE. Je me permets de prendre contact avec toi après avoir lu ton long et complet témoignage. De toué évidence, je me suis très bien senti en communion de réflexion, de souffrances avec toi.Bien que je sois sorti fin2001,au moment où se mettait en place un nouveau priorat général, je reste abasourdi par ce qui s’est passé par la suite.Il me semble que nous avons raison de partir. Voilà, si tu le veux, bien sûr,j’aimerais dialoguer par e-mail avec toi. En tous cas, sois assuré de ma discrétion et de ma prière. Ton frère Pierre Huant

  • Hélène 17 février 2015 01:41

    Merci André, pour ces chants de louange ! Ils sont en Polonais et sans doute pour Cora, mais même si je ne comprends pas un mot, ça donne de la joie… Vive la liberté ! :-)

  • mon cœur est dans la joie …en fin la verite sorte …cher Fabio j espere que tu te souvient de moi et de mon papa qui a construit le monastere en Pologne….ca va faire 19 ans que je quite cette enfer mais le marque reste dans mon cœur ….apres la mort de soeur Miryah j esseye me battre pour la verite mais j affrente le mur …j aurais beaucoup des choses a dire et a partage ….j esspere d avoir un repense de ta part …que Dieu te benisse et garde dans son amour….cora

  • Moi aussi je suis partie 30 janvier 2015 10:35, par Tatiana

    @ Bélanger, je souscris à votre remarque : beaucoup d’aspect de cette histoire tourne autour de sa personne. (l’ancien prieur général)

    Je rajouterais que ça n’est pourtant pas le plus important. Cette « histoire » regarde les déviances tous azimuts de Bethléem et pas autre chose.

    @ Elisabeth, personnellement, je n’ai pas compris l’enchaînement de vos idées, ni ce que venait faire une accusation gratuite de l’ancien prieur général, juste après une dénonciation aussi grave d’antisémitisme à l’intérieur de Bethléem !

    Cela dit, vue votre conclusion, c’était pour montrer que tout n’est pas rose et tout n’est pas noir, n’est-ce pas ?

    Cela dit aussi, je suppose que vous avez dû quitter la Cté très peu de temps après l’arrivée de l’actuelle prieure générale ? Vous n’avez donc sans doute pas dû avoir beaucoup l’occasion de fréquenter l’ancien prieur général des frères après la mort de sœur Marie ? D’ailleurs avez-vous vécu à ses côtés ? A priori non, puisque vous n’êtes pas allée à Beth Gemal quand soeur Isabelle vous y a invitée.

    Si bien que je me demande quels sont les éléments factuels et chronologiques que vous avez en main pour dire : Je précise que l’ancien prieur des frères a mal accepté, très mal accepté sa non réélection persuadé qu’en dehors de lui personne ne pouvait faire face à la charge : ce dont l’humilité de Frère Silouane que je connais, démontre parfaitement le contraire. Humilié par sa non réélection, il a très mal vécu son « retour » à un statut de simple moine !!!

    Mais encore :

    • Etiez-vous présente au moment des votes ?
    • Etiez-vous même encore à Bethléem lors de l’arrivée de l’actuel prieur général ?
    • Savez-vous comment ce sont passés les votes ?
    • Savez-vous s’il y a eu vote ?

    Vous-même, pendant ces 23 années…

    • Avez-vous voté pour la réélection (ou non) d’une prieure locale ?
    • Avez-vous voté pour la réélection (ou non) d’une prieure générale ?

    Avant de terminer, je dirais juste qu’aujourd’hui, comme l’a dit quelqu’un d’autre, les temps ont changé et l’actuelle prieure générale n’a jamais eu dans ses homélies ou dans ses discours un seul propos antisémite. Il y a bien d’autres choses à son actif, mais certainement pas celui-là. Je parle d’elle parce que, bien sûr, ça découlerait inévitablement sur le reste de la Cté. Non, l’antisémitisme n’est pas du tout l’état d’esprit actuel de Bethléem. Mais je ne pense pas que cela soit lié à vos courriers de l’époque auprès du Conseil.

    Et pour conclure, à titre informatif : l’arrivée de l’actuel prieur général s’est faite en 2001 et non en 1999, année de la mort de sœur Marie. sœur Isabelle, ayant repris le flambeau, et aidée de « l’éternelle mémoire vive de Bethléem » qu’est son assistante (et qui fut aussi celle de sœur Marie), il lui a semblé absolument préférable que l’ancien prieur général fasse un bon temps de « désert ». Sans consultation, sans vote, sans rien. Sur sa seule décision totalement arbitraire.

    A partir de là, et pendant les 2 années qui ont suivi, tout s’enchaine facilement pour continuer à s’immiscer dans la vie des frères puisqu’il n’y a pas vraiment de prieur général… ça va devenir plus simple pour bouger des « pions » (ils ne sont pas nombreux, les frères !) comme sur un échiquier afin de désigner et placer tel ou tel en tant que prieur général, par de simples jeux de manigances.

  • alexandre 29 janvier 2015 16:17

    Mercipour votre témoignage, Pouvez-vous Elisabeth, nous dire aussi votre réaction en lisant tous les autres témoignages des ex sœurs sur ce site ? (et non seulement celui de Fabio)

    Les cahiers de la vierge, les lettres ouvertes et lu, manger, boire et rester 10 jours devant le saint sacrement en marchant le moins possible… Etre forcée à restée pendant des années (c’est le démon qui tee dit que tu n’as pas la vocation…)

    s’entendre dire « la Vierge veut pour toi, ou m’a dit pour toi…. » ne pas avoir le droit de parler aux autres sœurs, être mentalement complètement isolée sauf de sa supérieur qui réclame que vous lui disiez vos pensées totalement ….

    Comment êtes-vous sortie indemne de tout cela ? où alors aviez-vous un statut hyper privilégié et vous faisiez ce que vous vouliez ? Admettez vous que toutes ses pratiques sont sectaires et dangereuses : ne parlons pas que d’un supérieur qui aurait été jaloux etc.. mais des pratiques : objectivement, pouvez-vous dire que ce n’est pas une communauté déviante ?

    Pouvez-vous dire que les sœurs sont épanouies et heureuses là dedans ? qu’elles sont libres ? Bon, alors par contre l’antisémitisme, c’est nouveau ça… cela n’apparait pas dans les autres témoignages mais bon c’est encore un élément très très problématique…

    En vous remerciant par avance pour votre éclairage….

    • Oui j’ai assisté et participé à des votes pour la prieuré générale : je n’avais pas voté pour sur Marié en souhaitant qu’une de sœurs du conseil la remplace mais visiblement cela n’a pu aboutir (je vous parle des années 80 !!!) pour la prieuré locale, non jamais de vote en 23 ans !!! Je m’en suis sortie en prenant mes distances bien avant ma sortie, en refusant cette transparence absolue qui me pompait l’air !! Bien sur quelqu’un de Bethleem y verrait là la cause de ma sortie !! Ma décision est tombée comme un fruit mur et parfaitement discernée et ratifiée par sr Isabelle qui a été remarquable d’écoute et de discernement. Je ne comprends la déflagration sur elle qui justement permet une plus grande liberté que du temps de sr Marie. Je ne comprends pas non plus les critiques sur la formation philosophique et théologique qui y était excellente de mon temps quoique sur Marié revenait bcp avec son idée de n’étudiera QUE l’Evangile pdt au moins une année voire plus !!! Je suis partie à temps visiblement, une année après la mort de sr Marie. Sans m’en rendre compte tout de suite, cela a été une véritable libération et c’est avec plaisir que j’ai repris des études d’infirmière à 44 ans métier que j’exerce désormais depuis 10 ans. Je ne supportais pas les immenses ateliers de prière de plus de trois heures et j’avais demande à sr Marie d’en être dispensée ce qui me fut accordée après dialogue paisible toute jeune professe que j’étais. Je suis d’accord que les prieurés devraient plus vivre comme les autres sœurs et j’en avais fait la remarque plusieurs fois. Mais comme l’accompagnement spirituel des sœurs prend bcp de temps l’ex pauvres prieurés sont souvent éreintées !!! Depuis 15 ans maintenant que je suis sortie, je n’ai plus trop suivi l’évolution de Bethleem et c’est avec stupeur que je découvre ce site. Je suis disponible pour donner mon témoignage à toute autorité de l’église qui me le demandera bien que lorsque je le propose à Bethleem, mes anciennes responsables me répondent un peu gênées que « ce n’est pas nécessaire » j’ai appris les effroyables accusations sur le Père Marie Dominique Philippe que je n’arrive pas a croire et ai appris avec effarement la condamnation du Père Gouttière par Rome ! Cela a été très dure d’objecti er tout cela. Suis disponible pour discuter paisiblement mais non pour charger à tout va

      • @Elisabeth,

        Il faut te rendre compte qu’il y en a qui ont vraiment « morflé » à Bethléem. Ton expérience est réelle, celle des autres aussi.

        Je crois que c’est une question de génération et aussi de personnalité : Tout le monde n’a pas ta facilité pour parler, discuter, dire ce que tu penses. Sœur Marie appréciait les personnes comme toi. Les autres l’impatientaient : Elles n’avaient qu’à parler. Mais, lorsqu’on ne comprend plus rien, on n’a plus grand-chose à dire. Beaucoup ont été écrasées sur le bord du chemin par l’évolution et les incessantes recherches de Bethléem, sans qu’on s’en aperçoive. Il est normal que tu ne l’aies pas vu parce que lorsque tu es arrivée, le tournant Saint-Bruno était déjà pris et parce que nous ne faisions que nous côtoyer.

        C’est à la sortie, lorsqu’on se retrouve soi-même (lentement) et que l’on en retrouve quelques autres, que l’on se rend compte des dégâts. Et pour la sortie, crois-moi, c’est la même chose, tu as vraiment eu de la chance, probablement parce que tu as su gérer les choses, t’expliquer, discuter, dire ce que tu voulais. Tout le monde n’a pas eu la capacité de faire cela. Tu avais beaucoup de personnalité mais il y a des gens moins doués, ou moins solides, ou d’un autre tempérament. Il y a eu des gens totalement noyés depuis des années, accablés de culpabilité et qui ne pouvaient plus que se taire (je parle d’expérience), je crains qu’il y en ait encore à l’intérieur. Pour eux, ce site a été une opportunité, l’opportunité de se rendre compte qu’ils n’étaient pas seuls dans leur genre.

        Quant aux discussions, elles durent depuis des mois maintenant … Que pourrait-on encore ajouter ? Et puis, il y a aussi l’autre site qui donne des témoignages très élogieux.

  • Moi aussi je suis partie… 29 janvier 2015 12:39, par Elisabeth

    Après 23 ans passés dans différents monastères, j’ai appris le départ de l’ancien supérieur des frères récemment et j’en ai été stupéfaite. J’ai lu le texte de Fabio et je peux y souscrire ds les grandes lignes en effet. A ceci près que des que j’ai demandé à sortir de Bethleem, on m’a proposé d’être suivie par un neuropsy pdt 2ans et cela m.a fait le plus grand bien. J’ai redémarré une vie laïque sans aucun problème et Bethleem m’y a aidé. Je tiens à signaler que plusieurs fois j’ai fait un courrier aux sœurs du conseil sur des dérives en paroles entendues ici ou là particulièrement antisémite d’un niveau tel que je n’ai pas pu me taire et souffrir en silence. Je sais que ma lettre a été lue. Qd j’ai voulu partir, en effet Isabelle m’a proposé de venir en Israël mais avant même d.entendre mon refus, elle avait senti que j’étais trop lasse… De tout !!! Je précise que l’ancien prieur des frères a mal accepté, très mal accepté sa non réélection persuadé qu’en dehors de lui personne ne pouvait faire face à la charge : ce dont l’humilité de Frère Silouane que je connais, démontre parfaitement le contraire. Humilié par sa non réélection, il a très mal vécu son « retour » à un statut de simple moine !!! Il y a à boire et à manger ds tout cela mais comme toujours ds ce genre d’histoire, tout n’est pas noir d’un seul côté et blanc de l’autre. Plusieurs fois des choses m’ont choqué à Bethleem, je ne m’en suis jamais tu et ai toujours été entendue.

    • Moi aussi je suis partie… 29 janvier 2015 15:02
      • « Je précise que l’ancien prieur des frères a mal accepté, très mal accepté sa non réélection » …

      C’est mot pour mot ce que m’a répondu la sœur responsable que j’ai récemment questionné au sujet du départ de l’ancien prieur. En effet, tout comme @Elisabeth, je n’étais pas présente lors de ce départ et, comme elle, j’en ai été très surprise.

      • « persuadé qu’en dehors de lui personne ne pouvait faire face à la charge ».

      Pour cela, Dieu seul connaît le secret des cœurs … et, en réalité, seul l’ancien prieur pourrait dire ce qu’il a alors vécu. Mais apparemment, il préfère garder le silence, conformément à la réserve que je lui ai toujours connue …

      Cependant, je ne me souviens vraiment pas de lui comme d’une personne imbue d’elle-même … J’ai même tendance à penser, d’après mes observations, que lorsqu’on lui a demandé d’être prieur (et j’étais présente), il aurait préféré rester simple moine et faire son noviciat.

      Mais je peux me tromper : Nous ne nous faisions aucune confidence et je ne peux m’avancer sur ce dont les personnes côtoyées à Bethléem ont pu être persuadées ou non … A–t-il eu des paroles d’amertume lorsqu’il a vu qu’il n’était pas réélu, a-t-il exprimé du ressentiment ? Là, je n’y étais pas …

    • Moi aussi je suis partie… 29 janvier 2015 15:07, par Bélanger

      @Elisabeth Je précise que l’ancien prieur des frères a mal accepté, très mal accepté sa non réélection persuadé qu’en dehors de lui personne ne pouvait faire face à la charge : ce dont l’humilité de Frère Silouane que je connais, démontre parfaitement le contraire. Humilié par sa non réélection, il a très mal vécu son « retour » à un statut de simple moine !!!

      Si on cherche une présentations des qualités de l’ex prieur général, ce n’est pas sur ce blog que l’on va les trouver, c’est le moins que l’on puisse dire. Pour ma part quand quelqu’un est diabolisé à ce point aux yeux de tous, je suis toujours méfiant. Il y a toujours une raison à celà. Elisabeth, vous dites que vous validez le document de Fabio B., mais celui-ci dédouane complètement l’ex prieur général. En fait de non réelection il parle au contraire d’une mise sur la touche selon la volonté de sr Isabelle sans consultation aucune chez les frêres.

      Vous n’avez eu accès qu’a la version officielle et vous n’y pouvez rien. On aimerait un jour que l’ex prieur général tant décrié sorte de son silence pour nous donner les détails de cet escamotage massif de la vérité (c’est mon opinion personnel). Cela démelerait pas mal de choses car beaucoup d’aspect de cette histoire tourne autour de sa personne.

      • Moi aussi je suis partie… 30 janvier 2015 23:26, par Anonymous

        @Bélanger

        Vous n’avez eu accès qu’a la version officielle et vous n’y pouvez rien.

        toute la problématique de la version officielle repose sur le fait qu’elle masque une autre version, appelons-la subtilement vérité, souvent beaucoup plus substantielle. Cette vérité, perdue dans les méandres de la version officielle superposée à nos yeux hypnotisés par le charisme intrépide d’une prieure générale coupeuse de tête et élue à vie, jamais n’atteint notre oreille ou notre rétine. Et comme disait le poète : « on nou di pa tous ».

        Cette version officielle à Bethléem est souvent accompagné d’une diatribe négationiste. On nie les accusations, les plaintes, les faits… Ce relent négationiste, Autrement appelée technique du pet buccal, tend à prendre les gens pour des jambons. C’est la technique de cour d’école par excellence. Nier une chose fermement, surtout devant l’évidence, ou proclamer dans une excrétion jubilatoire une chose dont on sait pertinent qu’elle est fausse.

        La funeste vocation de la version officielle de la mise au placard de l’ancien prieur, est avant tout d’enterrer la vérité et tout les moyens sont exploitables. En théorie donc, on voit mal comment la version officielle bien ingérée et digérée puisqu’imposée, criée, hurlée, et bientôt peut être chantée à la liturgie pourrait se fissurer devant nos yeux. La seule solution à mes yeux est d’avoir accès à la véritable information. C’est peut être ce que propose ce blog à travers les divers témoignages même si tous ne se valent pas.

        Conclusion lapidaire sur la version officielle : ne prenez jamais une version officielle pour argent comptant.

    • Moi aussi je suis partie… 29 janvier 2015 16:43
      • « Dès que j’ai demandé à sortir de Bethléem, on m’a proposé d’être suivie par un neuropsy. pendant deux ans et cela m’a fait le plus grand bien. J’ai redémarré une vie laïque sans aucun problème et Bethleem m’y a aidé ».

      Moi, j’ai eu de grosses difficultés pour reprendre une vie laïque et j’ai dû en faire mon affaire. Le monastère ne m’a pas aidée. Je ne me suis pas certaine qu’il aurait pu le faire d’ailleurs : Les temps sont difficiles et il est certain que les sœurs ne sont pas en situation de s’en rendre compte. Je n’ai eu que de pieuses et vertueuses paroles, totalement décalées de ma réalité quotidienne, voire offensantes (mais c’était involontaire, je crois).

      Moi aussi, on m’a adressée à un neuro-psychiatre mais je n’ai pas poursuivi ces conversations parfois surréalistes au regard de la lutte quotidienne que je devais mener pour ma survie … C’était au moins démoralisant ; Et puis, je n’avais pas vraiment le temps, ni l’énergie, ni les moyens …

      • « Je tiens à signaler que plusieurs fois j’ai fait un courrier aux sœurs du conseil sur des dérives en paroles entendues ici ou là particulièrement antisémite d’un niveau tel que je n’ai pas pu me taire et souffrir en silence. Je sais que ma lettre a été lue ».

      Cela ne m’étonne pas. Du temps de Sœur Marie, l’antisémitisme de type traditionnel et préconciliaire était à peu près général dans la communauté. L’insensibilité aux évènements de la deuxième guerre mondiale, semblait totale et sans complexe. J’ai même entendu Sœur Marie parler de « païen de juif ».

      Il est possible et même probable qu’avec le temps et l’arrivée des nouvelles générations, disons plus « ventilées », ce travers se soit un peu dissipé … Mais les anciennes n’étant pas toutes mortes, on comprend qu’il ait pu y avoir quelques fausses notes. Pour ma part, je ne crois pas que j’aurais pu faire des remarques à ce sujet lorsque j’étais en communauté. J’aurais été considérée avec suspicion.

      J’ai cependant cru comprendre que, depuis quelques temps, on était devenu très attentif voire admiratif des juifs à Bethléem, prenant ainsi le contrepied de l’état d’esprit en vigueur du temps de Sœur Marie. Des remarques sur ce point ne pouvaient donc qu’être très bienvenues.

      • « Plusieurs fois des choses m’ont choquée à Bethleem, je ne m’en suis jamais tue et ai toujours été entendue ».

      Quelle chance de n’avoir pas été traitée comme un jeune enfant … !

    • Moi aussi je suis partie… 29 janvier 2015 20:30, par Anonymous

      @Elisabeth

      Je tiens à signaler que plusieurs fois j’ai fait un courrier aux sœurs du conseil sur des dérives en paroles entendues ici ou là particulièrement antisémite d’un niveau tel que je n’ai pas pu me taire et souffrir en silence.

      Si ces fait sont avérés il y a tout lieu de s’en inquitéter et de faire une enquête. On ne peut pas laisser passer celà à l’heure ou nos amis juifs de France sont victimes de discriminations et de haine. Que cela se passe dans une communauté religieuse est encore plus intolérable. Pouvez vous Elizabeth nous donner plus de précisions sur cet antisémitisme dont vous avez été témoin ?

    • Moi aussi je suis partie… 29 janvier 2015 21:58, par Anne

      Elisabeth

      Voici plusieurs questions. Si vous voulez bien y répondre.

      • Pour quelles raisons avez vous quitté la communauté ? Apres 23 ans ce n’est pas banal tout de même.
      • Avoir besoin d’aller voir un neuropsychiatre après vos années à Bethléem, cela ne semble pas vous étonner. Cela vous parait-il normal ? logique ? vous n’étiez donc pas en grande forme psychique ? vous n’avez jamais pensé que cela pouvait être dû à ce que vous aviez vécu dans cette communauté ?
      • Vous avez été aidée. Tant mieux pour vous. Je crains que vous n’ayez fait partie de quelques sœurs privilégiées ….Car pour beaucoup d’entre nous cette aide a été refusée. Aviez vous remarqué que toutes les sœurs n’étaient pas traitées de la même manière ? Avez vous été responsable de l’hôtellerie ? Chantre ? Avez vous accompagné sr Marie ou sr Isabelle au cours de leurs déplacements ? Je vous remercie si vous acceptez de répondre.
    • Moi aussi je suis partie… 29 janvier 2015 22:30

      @ Elisabeth,

      moi aussi j’ai une question :

      Durant ces 23 années passées à Bethléem, suite aux courriers adressés au Conseil, mais aussi tout ce que vous n’avez jamais tû à la prieure générale qui vous a entendue, écoutée, et certainement comprise… … avez-vous constaté des changements en acte ?

    • Moi aussi je suis partie… 30 janvier 2015 16:57, par Marie-Bernadette

      Elisabeth, vos lignes suscitent en moi questions et réactions.. Vous avez de la chance d’avoir repris sans problème une vie laïque, c’est loin d’être le cas de tous.. Il faut réapprendre les codes du dehors, évoluer dans des milieux si différents de ceux que l’on a connus.

      Bethléem vous a aidée dites vous , là aussi vous avez eu de la chance et sincèrement je suis contente pour vous.

      Bethléem aide , excusez moi , « à la tête du client » . Je connais des sœurs qui ont connu de véritables galères après leur départ. Je pense à X qui a vécu dehors avec des SDF et qui a été sauvée par un homme qui lui a dit « Madame, une femme ne doit pas rester là, c’est trop dangereux. » Je pense à Y qui a vécu plusieurs mois dans un CHS (pour les non initiés, un centre d’hébergement social ) ,avec donc une population qui ne faisait pas forcément dans le raffinement . Je connais des sœurs qui ont eu faim, des sœurs qui continuent de travailler à un âge où on devrait se reposer, des soeurs qui vivent extrêmement pauvrement et qui aimeraient bien recevoir tout ce qu’on met au « trou » parce que « c’est pas régime ».

      Il y a des sœurs à qui on a payé des études, à qui on a donné des allocations pour vivre, et celles à qui on n’a pas accordé l’ordinateur d’occasion qu’elles demandaient . Les critères à Bethléem sont eux aussi, souvent impénétrables ..

      Comment savez-vous que l’ancien prieur a très mal accepté sa non réélection ? A Bethléem, vous en avez vu beaucoup d’élections ?

      Je me souviens d’un vote pour une profession perpétuelle . Le résultat était négatif et sœur Marie bien ennuyée .. Pourquoi ? La famille, l’évêque tout était prévu. Hé bien la profession a eu lieu.

      Une sœur avait été élue par sa communauté pour participer au chapitre général. Elle ne convenait pas à sœur Marie qui l’a remplacée par une autre.

      Une année, a eu lieu le vote pour la prieure générale : on pouvait choisir entre 4 noms. Une convalescente était restée dans la chapelle où avait lieu le dépouillement , elle a donc entendu les noms qui sortaient. Quand tout le monde est revenu, on a fait chanter un grand alléluia pour « sœur Marie réélue à l’unanimité » et ….c’était faux.

      Je connais une soeur pour qui la communauté votait en vue de la profession perpétuelle, alors qu’elle était déjà arrivée là où elle faisait profession le lendemain.

      Je n’ai jamais vu de prieure élue à Bethléem, elles étaient nommées ou dégommées selon.. Donc, pour revenir à l’ancien prieur il a été dégommé, mis au placard, et c’est écrit à diverses reprises clairement sur ce blog, ce sont des faits . Quant à la manière dont il a vécu cela ? Je ne me souviens pas de lui comme de quelqu’un qui extériorisait ses états d’âme, comme le dit quelqu’un il était plutôt réservé non ? Ne savez-vous pas qu’à Bethléem on écrit facilement des fables ?

      Mais si j’ai bien compris vous venez seulement de découvrir l’envers du décor et vous n’avez pu prendre connaissances des faits rapportés.

      Vous avez été 23 ans à Bethléem , et je me demande « aviez-vous fait profession perpétuelle ? ou faisiez-vous partie de toutes ces soeurs » en attente".. A moins qu’on ne vous ait proposé la donation ? A une époque de nombreuses sœurs ont « seulement » été admises à la donation « parce que c’est plus facile quand elles partent, on n’a pas besoin d’en parler à l’évêque », c’est une prieure qui m’a dit cela. Quant aux lettres adressées au conseil, là encore vous avez eu bien de la chance..

      Dès le noviciat, j’ai dit mes questions … on me disait alors que j’aurais droit au chapitre une fois professe. Sauf qu’à Bethléem on n’a jamais droit au chapitre, seulement le droit de se taire et d’obéir . J’étais déjà professe depuis un certain temps quand j’ai écrit une très longue lettre à sœur Marie, avec de vraies questions et aussi un leitmotiv « qui es-tu sœur Marie ? » Ce que j’avais écrit était si « fort » que je pensais que je serais mise à la porte le soir même. Sœur Marie m’a convoquée le jour même, elle m’a dit texto : « depuis 40 ans que Bethléem existe, personne ne m’a jamais écrit une lettre aussi intelligente et aussi vraie ». J’ai mon petit ego, j’ai été fière 5" le temps que sœur Marie relise les 2 premières lignes,fourre la missive dans sa poche et pendant 2 heures elle m’a parlé d’elle …

      Élisabeth je ne suis pas sûre à 100 % mais je me demande si ce n’est pas vous qui avez écrit sur un autre blog, que ce soit vous ou une autre , j’avais trouvé bien dure la manière de parler de certaines sœurs immatures, fragiles psychologiquement ou sans vocation… C’est vrai que cela existe à Bethléem mais la faute à qui ? Il n’y a pas de discernement…

    • Moi aussi je suis partie… @Elisabeth 6 mars 2015 08:46, par Dominique

      Vous dites que sr Isabelle vous a proposé d’aller en Israël, et que vous ne l’avez pas fait car vous étiez trop lasse. Une telle proposition, c’est ce qu’on appelle un caramel à Bethléem. Vous étiez « trop lasse de tout », dites-vous. Tiens donc, pourquoi ? Et si vous étiez lue ou entendue, lorsque vous signaliez des dérives en paroles, notamment des propos antisémites, comment se fait-il que pourtant vous étiez trop lasse ? Quels étaient vos besoins auxquels il n’était pas répondu ?

      Vous dites avoir été suivie par un neuropsy pendant deux ans. Était-il indépendant de la communauté de Bethléem ?

      Vous parlez du départ de l’ancien prieur général que vous avez appris récemment et qui vous a « stupéfaite ». Savez-vous ce qui s’est passé avant l’histoire d’élection ou de non réélection que vous évoquez ? La version que vous donnez est celle de Bethléem.

      Rien n’est jamais tout blanc ou tout noir, c’est évident. Mais vous n’êtes pas assez précise sur ce qui vous a choquée. Pour que la communauté se réforme, ce qui lui a déjà été demandé, vous pouvez aider en disant ce qui, à vos yeux, ne collait pas. Ce ne sont pas les personnes à l’intérieur qui peuvent le faire.

      Visiblement, ne faut-il pas partir de Bethléem pour pouvoir être davantage entendu, au moins par l’Eglise ? Et si vous aviez été véritablement entendue en interne, seriez-vous restée à Bethléem ?

      C’est tout de même assez violent quand André parle, dans un post, de personnes qui ont « renié », alors que ce sont en général des personnes qui ont, comme vous, cherché d’abord à faire bouger les choses, avant d’être « trop lasses ». Comment avez-vous reçu ce jugement ?

      Vous souscrivez aux propos de Fabio « dans les grandes lignes », dites-vous. Par delà les bémols que vous apportez, c’est ce qui mériterait d’être retenu et développé pour aider Bethléem à se réformer, en pensant non pas à vous qui vous en êtes sortie, mais aux autres.

      • Moi aussi je suis partie… @Elisabeth 9 mars 2015 15:45, par André

        C’est tout de même assez violent quand André parle, dans un post, de personnes qui ont « renié »…

        Pardon, Dominique, mais êtes-vous inconscient du complet contre-sens que vous avez fait en lisant mon commentaire ? Je ne voudrais justement pas être violent avec vous, mais…………. : assurez-vous d’avoir compris ce que la personne a voulu dire avant de la citer !!! Ici, en l’occurrence, nul question d’un reniement de qui que ce soit dans mes propos !!! relisez avec moi : « Et aussi, vous penserez à nous qui sommes tous sur ce chemin, sans l’avoir renié. » Je n’ai prononcé qu’une fois le mot « renié » et c’est ici. J’essaie de m’exprimer le plus clairement possible, afin que tout le monde me comprennent. Permettez-moi de vous dire Dominique, que par contre, en lisant votre message, je n’ai pas forcément compris ce que vous vouliez dire à Elisabeth. Faites donc un effort de clarté ! Les autres en font pour vous … Et sur ce, bonne montée vers Pâques. Bien cordialement.

        • Moi aussi je suis partie… @Elisabeth 9 mars 2015 19:00, par André

          Cher Dominique, je n’ai rien contre vous, désolé si je vous ai répondu sur ce ton, mais c’est lié à la gravité de votre erreur quand vous m’avez cité… D’ailleurs, je suppose que vous ne l’avez pas fait exprès pour me discréditer (j’espère ! ). Pour ceux qui se poserait des questions, il faut simplement lire les posts récents (mars 2015) : je répondais à Colère, qui maniait l’ironie à l’égard de Fabio, moi-même avec une pointe d’ironie, mais sans méchanceté, en toute sincérité. Et je n’ai nul part parler de « ceux qui ont renié »….????????? Bref : Dominique s’est trompé, tout le monde peut se tromper. Bien à vous !

        • Moi aussi je suis partie… @André 9 mars 2015 20:18, par Dominique

          « Nous qui sommes tous sur ce chemin sans l’avoir renié » laisse entendre que d’autres pourraient l’avoir renié. Je vous remercie profondément de faire savoir que ce n’est pas le cas et vous prie de m’excuser pour ma lecture hâtive.

          Malgré mon âge avancé, si vous êtes le même André que celui qui fait des posts en latin, je ne comprends pas le latin comme la très majeure partie de la population. Merci alors de traduire votre post pour faciliter la compréhension de tous.

          • Moi aussi je suis partie… @André 9 mars 2015 22:10, par André

            Oui, encore pardon, cher Dominique. En réalité, comme Colère semblait laisser sous entendre que nous critiquions tous sur ce site la consécration à Marie, et que lui par contre était attiré par cette spiritualité, je me suis permis de lui rappeler que nous n’avions pas renié cette voie qui est celle de l’Evangile, la voie de l’enfance spirituelle … J’espère que vous m’excusez. Et c’est tout à fait légitime de me demander la traduction du texte en latin … Une négligence de ma part :

            LAMENT (Lamentations de Jérémie)

            ’Jerusalem convertere ad Dominum Deum tuum Defecerunt prae lacrimis oculi mei conturbata sunt visera mea

            Lamentione Magna est enim velut mars contritio tua quiis mendebitur tui

            Effesum est in terra ie cur meum super contritione filiae populi mei cum deficeret parvulus et lactens in plateis oppidi

            Traduction : Jérusalem, Jérusalem, retourne au Seigneur, ton Dieu, Mes yeux sont rougis de larmes Mes entrailles sont arrachées et tordues dans les lamentations Car ta destruction est aussi grande que l’océan Qui va te guérir ? Jérusalem, Jérusalem, retourne au Seigneur, ton Dieu, dans les lamentations Ma bile s’est répandu sur le sol à cause de la destruction de la fille de mon peuple car les enfants et les nourrissons défaillent dans les rues de la ville. Jérusalem, Jérusalem, retourne au Seigneur, ton Dieu. dans les lamentations.

    • Moi aussi je suis partie… 12 mars 2015 10:16, par Barbara

      « Je m’en suis sortie en prenant mes distances bien avant ma sortie, en refusant cette transparence absolue qui me pompait l’air !! Bien sur quelqu’un de Bethleem y verrait là la cause de ma sortie !! »

      Pour ma part, je pense en effet que c’est grâce à ce recul que vous vous en êtes sortie. La transparence n’était pas facultative, et beaucoup sont allées au bout de la fidélité à ce qui était demandé, au bout de la confiance et de l’obéissance. C’est ce qui les a détruites. Lors de leur sortie, la plupart n’ont pas reçu d’aide. Peut-être n’étaient-elles plus capables d’en recevoir, et en tout cas certainement pas d’en demander.

  • Julienne 19 janvier 2015 13:29

    Au sujet de l’obéissance et des messages délivrés par Saroué :

    On peut s’interroger sur le discernement de Sœur Isabelle qui, lorsqu’on a fait venir en France la « voyante », a constamment servi d’interprète. En effet, Saroué ne parlait que l’arabe. Soeur Isabelle était seule à pouvoir communiquer avec elle car elle avait commencé à apprendre l’arabe en vue de la fondation de Terre Sainte.

    Sœur Isabelle a énormément travaillé pour obtenir et traduire un grand nombre de messages destinés à un grand nombre de sœurs (sinon toutes).

    Elle a aussi essayé de faire dessiner par Saroué le futur monastère de Terre Sainte dont la Sainte Vierge était censé lui avoir donné les plans : Je me souviens qu’elle nous avait parlé de la maladresse de Saroué qui était bien incapable de tenir un crayon (elle ne savait ni lire ni écrire). Sœur Marie nous avait dit avoir appris que la Sainte Vierge avait donné les plans de son monastère (un carmel de Terre Sainte) à « Myriam, la petite arabe » : Hé bien, nous c’était pareil …

    Sœur Isabelle ne s’est-elle posé aucune question, à aucun moment ? N’a-t-elle jamais rien dit à Sœur Marie ? Et les autres sœurs prieures, elles n’ont rien vu, rien dit non plus ? Je crois que de telles choses disent tout de l’obéissance à Bethléem !

    Frère Silouane dit quelque part que l’entrée et la persévérance dans la communauté suppose que l’on soit « progressivement responsable et activement solidaire ». On pourrait s’interroger sur la qualité de certaines solidarités. Quant à la responsabilité …

  • 16 janvier 2015 00:18

    Alors, cette visite apostolique ? ça avance ? cela fait plusieurs semaines que l’on a ses témoignages accablants.

    Des mesures sont-elles prises ? l’Eglise prendrait-elle ENFIN ses responsabilités ?

    Que l’on ne nous dise pas cela va prendre 5 ou 10 ans : il y des personnes victimes à l’intérieur qu’il convient de sauver…

    Nous attendons tous des mesures concrètes et de bon sens et pas dans X mois…

    Fabio explique très bien ce qu’il ressent en mettant en perspective ce « martyre blanc » et les extrémistes qui s’en prenne aux autres qu’à eux mêmes…

    C’est aussi URGENT de stopper ses dérives sectaires graves.

    L’Eglise va-t-elle se réveiller un peu ? qui fait la visite apostolique ? que visitent-ils ? (car je suppose que ce sont tous des ecclésiastiques) quelles méthodes ? Nous avons vraiment besoin d’en savoir plus pour être surs que cela avance.

    Messieurs vous le devez aux victimes qui non seulement doivent être reconnues comme telles mais doivent aussi pouvoir se dire que d’autres seront sauvées de cette « mort psychique » qu’elles décrivent bien.

    Témoigner pour en sauver d’autres, pour que cela s’arrête, tel est bien le but… c’est pas pour faire bien sur internet, c’est pas pour embêter, c’est pour SAUVER !!

    question subsidiaire : le Saint Sacrement a-t-il été remis dans les Eglises comme partout ailleurs ? ou bien on continue cette instrumentalisation tout à fait déplacée ?

  • Brandon 10 décembre 2014 19:09

    Je reprend ici l’article du journal La croix paru le 24 octobre dernier et qui décrypte si bien le cas exposé dans le document de Fabio B.

    Diverses affaires ont mis en lumière, ces dernières années, la notion de « dérives sectaires » qui concerne aussi des communautés catholiques et sera évoquée à l’Assemblée des évêques à Lourdes, début novembre. Explication.

    Comment les définir ?

    Pour la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), il s’agit d’un « dévoiement de la liberté de pensée, d’opinion ou de religion » qui se caractérise par « la mise en œuvre, par un groupe organisé ou par un individu isolé (…) de pressions ou de techniques ayant pour but de créer, de maintenir ou d’exploiter chez une personne un état de sujétion psychologique ou physique, la privant d’une partie de son libre arbitre ».

    L’emploi du terme de « dérives sectaires » a permis d’éviter les ambiguïtés autour du mot secte, qui pouvait donner le soupçon d’une atteinte à la liberté religieuse. Repérer des dérives sectaires, c’est donc, sans s’en prendre aux convictions religieuses, évaluer des actes et des comportements déviants. Ainsi, les dérives sectaires ne concernent pas uniquement des groupes qui se sont séparés de l’Église – les sectes – mais elles peuvent aussi toucher des communautés catholiques.

    C’est ce qu’a reconnu la Conférence des évêques de France (CEF) il y a un an : dans une lettre adressée à un collectif de victimes (La Croix du 15 novembre 2013), Mgr Georges Pontier, président de la CEF, prenait alors acte de pratiques qui « nous heurtent et nous choquent ». Il rappelait que l’Évangile est « une école de liberté spirituelle » et que « celui qui ne sert pas cette liberté ne peut se réclamer de l’Évangile ». Concrètement, il invitait ces personnes à « porter plainte devant la justice lorsqu’il y a matière », assurant que l’épiscopat, de son côté, entend « continuer à agir pour que des situations se clarifient, pour que la vérité puisse apparaître lorsque c’est nécessaire ».

    À quoi les reconnaît-on ?

    Les dérives sectaires sont d’autant plus difficiles à repérer pour des chrétiens engagés dans une communauté qu’elles se présentent sous des apparences de bien. À partir des nombreux témoignages reçus, Sœur Chantal-Marie Sorlin, juge à l’officialité de Dijon et responsable du bureau des dérives sectaires de la CEF, a établi une grille de quatre grands critères.

    Le culte de la personnalité d’abord. Bien souvent le fondateur prend la place du Christ. « Ses écrits en arrivent à supplanter les Écritures, seul lui est à même de les expliquer avec justesse, note Sœur Sorlin. Toute révélation de conduite scandaleuse est accueillie par le déni, la dénonciation de complot et de persécution. »

    La coupure avec l’extérieur, ensuite : avec la famille, avec les informations du monde extérieur (considéré comme mauvais). « On conseille de se confesser seulement aux prêtres du groupe, les autres étant ”incapables de comprendre le charisme” de la communauté », précise Sœur Sorlin. Mais aussi rupture économique, médicale ; des conditions de vie parfois inhumaines (carences alimentaires, de sommeil…) qui conduisent certains à la dépression, voire au suicide.

    Troisième critère, la manipulation : un recrutement rapide, des pressions, de la culpabilisation (« le doute, c’est le diable »), une confusion du for interne et du for externe, l’interdiction de critiquer ses responsables au nom de la sainte obéissance… Enfin, dernier critère, l’incohérence de la vie (l’argent, les mœurs…). « Un seul de ces critères ne peut suffire à accuser un groupe de dérive sectaire, conclut Sœur Sorlin, mais quand on aboutit à ce faisceau, on peut parler d’un groupe à caractère pathologique. »

    Est-ce nouveau ?

    Le phénomène n’est pas nouveau. « Depuis les débuts de l’Église, il y a eu des personnes qui se sont crues investies d’une autorité spirituelle et qui l’ont détournée pour entrer dans des dérives de ce type. Par exemple les mouvements qui annonçaient le retour du Christ, les illuminati… », souligne le P. Nicolas de Boccard, official du diocèse de Lyon.

    Toutefois, un tel type de dérives se rencontre plus fréquemment aujourd’hui dans des communautés nouvelles, ou anciennes mais refondées récemment par un supérieur doté d’un grand charisme humain et/ou spirituel.

    « À la suitedu concile Vatican II et du renouveau spirituel qui l’a accompagné, analyse le P. de Boccard, certaines communautés n’ont pas été suffisamment encadrées et ont pu connaître des débordements. Dans les ordres anciens, dotés d’une règle éprouvée par des siècles de pratiques de régulation interne, de contre-pouvoirs, le phénomène gourou est plus rare. »

    Quelles en sont les causes ?

    Il est difficile d’expliquer toutes les raisons pour lesquelles un système d’emprise s’est mis en place. Cela peut relever dès le début du profil psychologique du ou des responsables. Mais bien souvent aussi, la dérive sectaire se déploie lentement : « Au départ, beaucoup étaient très sincères, remarque Sœur Sorlin. Puis quand arrivent le succès, l’afflux des vocations, l’adulation des frères, l’argent, les voyages… » À cela s’ajoute le fait que les membres, souvent jeunes, entrent dans la communauté sans expérience ni recul, avec une grande idéalisation de la figure du prêtre ou de la religieuse, et ne reçoivent pas une formation solide, en particulier au droit de l’Église.

    Plus largement, ce type de dérives a pu trouver prise, ces dernières décennies, auprès de chrétiens en grande quête spirituelle (cherchant des maîtres spirituels) ; chrétiens en attente de réassurance et de repères forts dans une société sécularisée ; et, enfin, en recherche de figures d’autorité charismatiques, dans un contexte de crise des institutions, de l’autorité et de la paternité.

    Pourquoi en parle-t-on plus aujourd’hui ?

    D’abord parce que les victimes, anciens membres de communautés, se sont constituées en associations et, pour se faire entendre, ont médiatisé les affaires.

    Ensuite, la politique de tolérance zéro, adoptée par le pape Benoît XVI puis par son successeur François à l’égard de la pédophilie, a eu des répercussions plus larges : de plus en plus de chrétiens sont convaincus qu’au lieu de faire du bien à l’Église en la protégeant du scandale, le silence et l’omerta minent la sainteté et la crédibilité de l’Église. « Ce sont des bombes à retardement, prévient le P. de Boccard. Il peut y avoir une apparente fécondité, avec des vocations, mais cela génère des catastrophes et dix ou quinze ans plus tard, les problèmes de tous ordres éclatent. À l’inverse, quand ces réalités nouvelles acceptent avec bienveillance le regard extérieur de l’autorité épiscopale, les régulations se mettent en place, elles ont alors une vraie fécondité. »

    Quelles mesures l’Église prend-elle ?

    Il faut souvent un long travail avant que les plaintes soient entendues. L’évêque référent lance alors une enquête canonique. À son terme, il prend des mesures : destitution des responsables problématiques (en cas de crime ou de délit grave, un procès pénal est ouvert, des sanctions canoniques prises) ; la communauté est placée sous la direction d’un commissaire (évêque, prêtre…) ; les statuts et la formation sont revus ; un accompagnement psychologique peut aussi être proposé ; enfin quand la communauté est mûre, elle peut procéder à de nouvelles élections, mais il faut souvent attendre… Sortir d’un système d’emprise prend souvent plusieurs années.

    Brando

  • Brandon 10 décembre 2014 17:42

    La dynamique d’emprise et de contrôle sectaire est apparue dès le début du priorat de sr Marie et s’est prolongé de manière plus subtile sous celui de sr Isabelle. Une des composante majeure de cette emprise est l’utilisation stratégique de pressions socio-psychologiques pour empécher les membres de discuter entre eux ou même de pouvoir simplement reconnaitre combien la prieure générale les avait exploité allant jusqu’a remodeler leurs propres identités dans son intérêt personnel.

    Cela, le document de Fabio B. le démontre très bien. La prieure générale a utilisé son emprise sur ses disciples pour fabriquer un système clos qui lui a permis d’étouffer ses dérives pendant des années.

    Ce phénomène n’est pas étonnant compte tenu de la taille de l’église catholique. Il n’est pas surprenant que certaines communautés catholiques aient développés des dynamiques sectaires. Le problème central est de savoir ce que fait l’institution pour s’intéresser aux dommages et pour réduire l’occurrence de ce type de déviance.

    Brandon

    • Du viol des consciences au vol : un système pervers 10 décembre 2014 20:50, par Paul

      J’ajoute que, d’après d’autres témoignages ne figurant pas sur ce site, le viol des consciences (par la « transparence » absolue), qui contribue à cadenasser le système, a abouti pour beaucoup au vol.

      Afin de trouver un peu de liberté par rapport à cette obéissance absolue, s’apparentant à de la surveillance absolue, tant à la « dépense » (nourriture), comme l’a raconté Juliette, que pour la bibliothèque, comme l’a raconté Hélène, que pour l’accès au monde extérieur, des personnes totalement infantilisées ont été capables d’entrer en quelque sorte dans l’âge adolescent par des passages à l’acte, dont le vol.

      Instinct de survie manifeste pour sortir de l’enfermement. On pourrait dire que, lorsque tout de sa vie est violé ou volé, au nom de la Vierge, ou est donné à la prieure, il ne reste plus que le vol. Le vol conduit à la culpabilisation, et le cercle infernal de la mésestime de soi, qui fait partie de l’organisation du système, reprend de plus belle.

      Pour peu que, sortant de sa solitude, une sœur confie ses misères à une autre, l’autre sort de sa solitude et peut aussi se confier. Mais alors, après ce moment passager de mieux-être pour chacune, l’une des deux va craquer, au nom de la sacro-sainte mais démoniaque transparence absolue.

      Exactement comme Hélène l’a fait en exprimant son désir de portable à des proches de passage, en s’excusant aussitôt de son moment d’ « égarement », la sœur confidente se trouve dans la situation de confier à sa prieure ce qu’elle vient d’entendre de la part d’une autre. Éventuellement même pour se faire bien voir.

      Le cercle infernal, dans lequel peuvent être prises des sœurs et qui est totalement maîtrisé par la prieure qui rapporte à son tour à la prieure générale, n’est pas un cercle vertueux.

      « Dieu n’est ni sadique ni pervers », écrivait si justement Hélène. Or, un système de mensonge et de dénonciation réciproque s’est mis en place à Bethléem.

      Ainsi peut-on s’expliquer la difficulté que des personnes sorties de Bethléem peuvent avoir :

      • soit pour ne pas raconter à quelqu’un d’autre tout ce qui vient de leur être dit, car l’habitude peut en avoir été prise,
      • soit pour faire confiance avec discernement à des interlocuteurs.

      Ainsi peut-on s’expliquer également qu’une des règles du système Bethléem - garder secret pour l’extérieur ce qui se passe en interne -puisse être respectée. Ce silence contraint et souvent non choisi peut avoir encore des effets coercitifs, une fois les personnes sorties. On retrouve là encore la problématique du viol, en ce sens que la personne se trouve coincée dans le « surtout ne pas dire », malgré les souffrances endurées.

      Ces personnes sorties de Bethléem sont le symptôme d’un système déviant. Elles ne sont pas malades du tout.

      Elles sont présentées à l’intérieur du système comme des personnes parties en mission, éventuellement « très spéciale » - ce que Madeleine a cru pour Aline - ou bien comme des personnes « ayant failli », ce qui sert à maintenir le système, qui devient une fin en soi.

      A l’extérieur du système, ces personnes qui l’ont quitté découvrent le prix de la liberté. Pour celles qui étouffaient, respirer l’air peut donner le vertige. Mais leur permettre aussi de sentir que cet air n’est pas aussi vicié qu’elles le croyaient quand elles se trouvaient à l’intérieur.

      Car un système enfermant - ce qui n’est évidemment pas vrai pour toutes les communautés religieuses- se donne comme règle de faire croire que l’herbe ne peut pas être plus verte ailleurs.

      Or, les femmes qui ont témoigné sur ce site n’ont pas pour autant quitté l’Eglise. Signe qu’il y a dans l’Eglise des espaces de respect de la personne humaine dans sa relation aux autres et à Dieu, qui n’ont rien à voir avec ce système, tel que décrit.

      On peut s’étonner qu’un système pervers puisse à ce point perdurer. En cherchant bien la clef d’une porte ou le numéro d’un cadenas, on peut finir par les trouver, quand c’est nécessaire. De même peut-on envisager que la clef de compréhension de la durée de ce système sera trouvée, elle aussi. Encore faut-il être bien certain que chacun est prêt à cette tâche de déverrouillage qu’ont entamée des personnes dans l’échange, pour comprendre.

      En lisant et entendant à plusieurs reprises qu’il n’y avait surtout pas à chercher à comprendre, en tous cas pour les sœurs, ce qui est typique d’une attitude de supériorité de parent normatif avec qui rien n’est discutable, et signe d’une fragilité majeure chez un responsable, j’ai trouvé une autre faille du système Bethléem, dite par un évêque à Juliette :« elles n’écoutent rien ».

      Eh bien, cela aussi, j’aimerais le comprendre sans tarder. Il y a parfois des RV à ne pas manquer au lieu de renvoyer à l’autre qu’il est « en crise » parce qu’il s’interroge dans le souci de servir Dieu et accessoirement, puisqu’elle est considérée comme accessoire à Bethléem, sa conscience.

      Aidez-moi à continuer de chercher.

      • Du viol des consciences au vol : un système pervers 16 janvier 2015 12:26, par barbara

        Et ceci encore : Je me souviens d’une soeur prieure qui disait de sa grand-mère qu’elle « aimait le monde », parce que cette personne, très âgée, s’intéressait beaucoup à ses petits-enfants et arrière-petits-enfants …

        Et je m’en souviens parce que cela m’avait frappée : Je m’étais dit que cela n’avait rien à voir avec l’amour du monde tel qu’en parle Saint-Jean : « N’aimez ni le monde ni rien de ce qu’il y a dans le monde … ». Je m’étais dit qu’il y avait confusion des plans.

  • Dernier message de Frère Silouane 6 décembre 2014 20:07, par Frère Silouane

    Dans son message à frère Longin du 4 décembre, Fabio B. réhabilite entièrement l’ancien prieur pour crédibiliser son document de 50 pages et accuser les sœurs d’une main mise sur les frères et démontrer que Bethléem est en plein dans les dérives sectaires.

    • Je dois démentir ces affirmations et redire que malheureusement l’ancien prieur a fait dévier la communauté des frères dans un idéal humain coupé de l’Évangile et qu’il s’est ingéré dans le gouvernement des sœurs.
    • La période qui a suivi, à partir de 2001, a été difficile pour les frères, après le monarchisme quasi absolu de l’ancien prieur, et par le fait que les relations entre frères et dans le Christ étaient devenues quasi inexistantes à cause de ce contrôle qui avait stérilisé les relations. Je regrette beaucoup de devoir dire tout cela, mais je dois rétablir la vérité.
    • Il n’est pas possible de parler de tout cela (ni du texte de Fabio B. avec toutes ses accusations, ni de répondre aux différents intervenants) sur la “place publique” d’internet, on ne peut discuter ainsi, de plus dans l’anonymat de beaucoup qui se cachent sous des pseudonymes, mais que l’on reconnaît bien en général. La relation de personne à personne est faussée. Les faits discutés sont souvent déformés, tordus, mal interprétés et manquent de références solides. Souvent ce n’est pas un débat, mais un étalage de convictions acharnées. En conséquence, ceci sera ma dernière prise de parole sur ce site, et quelques soient les réactions qui pourront suivre ce message, je ne compte plus intervenir sur internet.
    • Pour ceux qui veulent sincèrement avoir des réponses aux questions soulevées par le texte de Fabio B. sur la Communauté de Bethléem, frères et sœurs, je renouvelle la proposition faite à la fin de ma première réponse. Vous pouvez écrire à l’adresse suivante : Frère Silouane - complément de réponse Currière-en-Chartreuse 38380 Saint Laurent du Pont.
    • Je me permets aussi de rappeler que la Conférence des Évêques de France a récemment créé un bureau spécial dédié à la question des dérives sectaires, auquel tous ceux qui pensent avoir été victimes de tels agissements peuvent s’adresser. Il est toujours possible également de s’adresser à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, qui a déjà traité les dossiers de Fabio B. et de l’ancien prieur et qu’il est difficile de soupçonner de corruption, quoi qu’on puisse en dire sur ce site.
    • Faire la vérité ne peut pas se faire dans l’anonymat – les masques doivent tomber –, mais dans une rencontre de personne à personne, à visage découvert sous le regard du Christ, avec des faits objectifs. Car il ne s’agit pas de défendre des thèses ou des opinions, mais de faire la vérité à partir de faits réels. C’est pourquoi une confrontation devra avoir lieu et nous allons bien en trouver la modalité. La meilleure ne serait-elle pas celle de l’Évangile : « Si ton frère a quelque chose contre toi, va d’abord te réconcilier avec ton frère… » « S’il ne t’écoute pas, prends avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins… » (Mt 5, 23 et 18, 16)
    • Mon souhait dans tout cela est que le Christ grandisse en nous tous, Lui qui est la Vérité et dont nous voulons être les disciples en nous détachant de ce qui Lui est contraire.
    • Dernier message de Frère Silouane 7 décembre 2014 00:31, par Maria

      Frère Silouane il est bon de vous voir là à nouveau.

      Avez-vous compris que l’objectif c’était de rendre publique une situation qui a été tenue cachée et que certains silences ont permit qu’elle en demeure ?

      Le message de Fabio était adressé surtout aux parents et amis des frères et soeurs afin de les éveiller à des situations graves dans la communauté de Béthléem. Il me semble que vous vous êtes compliqué la vie quand vous avez essayé de tenir le torrent des faits qui vous avaient échapaient de la main.

      Aurait été si simple de résoudre votre problème. Je donne un exemple :

      « Soeur Marie disait : Bethléem c’est la seule et véritable Église. » Et vous n’aviez qu’à dire : « Ceci c’est faux ! »

      « Soeur Myriah s’est suicidé au monastère. » Et vous n’aviez qu’à dire : « Ceci c’est faux ! »

      « Des soeurs sont venues vivre avec les frères dans leurs monastères. » Et vous n’aviez qu’à dire : « Ceci c’est faux ! »

      « Soeur Isabelle a une villa à elle seule près de Jéricho. » Et vous n’aviez qu’à dire : « Ceci c’est faux ! »

      « Les grandes sommes qui vont d’ici là. » Et vous n’aviez qu’à dire : « Ceci c’est faux ! »

      « Des soeurs sans aucune préparation qui deviennent »anjes« des autres. » Et vous n’aviez qu’à dire : « Ceci c’est faux ! »

      « Le viol dans La confession à la Vierge. » Et vous n’aviez qu’à dire : « Ceci c’est faux ! »

      « La formation au sacerdoce des frères est presque inexistante. » Et vous n’aviez qu’à dire : « Ceci c’est faux ! »

      Et ainsi de suite, point par point

      Aurait été si simple Frère Silouane. Mais cette simplicité des vrais vous ne pouvez pas l’assumer car vous n’auriez qu’à dire : "Ceci c’est vrai !

      Alors vous voyez que vous aussi vous êtes pris par un système qui ne vous permet plus de reconnaître la vérité des faits connus et témoignés par d’autres.

      Lâché tout ce monde de mensonge et apparence. Venez à la simplicité des enfants qui reconnaissent leur impuissance et demandent de l’aide.


      Par rapport à votre dernier message avec ses exigences me il paraîtt plutôt comme une évidence de votre incapacité au dialogue ouvert et transparent.

      Vous dites : « Il est difficile de soupçonner de corruption dans la Congrégation des Réligieux. » Oui, bien dificille, et plus encore, bien triste, mais cela ne demeure pas moins vrai vous savez. Où il y a des hommes il y a du péché.

      Pour finir je vous demande pardon car j’ai était une de ceux qui ont soupçonné que vos paroles étaient écrites par soeur Isabelle. Cependant vous vême vous vous rendez compte que vos êtes devenu bien semblale à elle en vos expressions. Et quand vous êtes venu défendre soeur Isabelle, tel un chevalier épée à la main défendre l’honneur de la dame outragée, cela m’a touché.

      Bon retour à votre solitude et puisque c’est votre dernier message on se trouvera au ciel. Et priez pour moi, moi priant pour vous aussi.

      Maria

      • Dernier message de Frère Silouane 7 décembre 2014 08:00, par jean peplus

        Je reprend la communication vu que le forum est maintenant modéré et que les sbires de la communauté sont muselés (jusqu’a quand ?).

        fr Silouane dit :

        Il est toujours possible également de s’adresser à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, qui a déjà traité les dossiers de Fabio B. et de l’ancien prieur et qu’il est difficile de soupçonner de corruption, quoi qu’on puisse en dire sur ce site.

        Que disait le Pape François il y a tout juste un an ? Je le cite :

        Dans la curie romaine, il y a de saintes personnes, c’est vrai, il y a des saints. Mais il y a aussi un courant de corruption. Il y a cela aussi, c’est la vérité…

        C’est bien lui qui a prononcé ces mots, au cours de l’audience privée accordée aux responsables de la Confédération latino-américaine et des Caraïbes des religieux et religieuses. Et de même au cours d’une de ces homélies matinales le cardinal Bergoglio a dénoncé le 18 mai 2013 trois maux qui minent l’Eglise et le Vatican : la « désinformation », la « diffamation » et la « calomnie » Au cours de l’audience avec les représentants du Clar, le pape François a reconnu l’existence de la corruption au sein de la Curie Romaine. Lorsque début 2011, Mgr Carlo Maria Viganò, secrétaire du gouvernorat depuis 2009, avait dénoncé la corruption rampante au Vatican en citant des dérives de certains prélats et fonctionnaires, il avait été écarté et envoyé à la nonciature de Washington.

        Mais si le pape argentin se montre bavard sur les sujets sensibles - en rupture avec la culture du secret enracinée au Vatican - pour l’instant, pas de trace de réformes concrètes. « Il va falloir voir ce qu’on peut faire » dit-il simplement.

    • Dernier message de Frère Silouane 7 décembre 2014 09:39, par Xavier Léger

      Frère Silouane, allez jusqu’au bout de la citation, s’il vous plait :

      « S’il refuse de les écouter, dis-le à la communauté. Et s’il refuse d’écouter même la communauté, qu’il soit pour toi comme le païen et le publicain. En vérité je vous le dis : Tout ce que vous lierez sur la terre, sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. » Mt 18, 17-18

      Vous voyez, nous ne faisons rien d’autre que d’obéir à l’Évangile.

    • Dernier message de Frère Silouane 10 décembre 2014 23:53

      Fr Silouane, vous dites :

      Je me permets aussi de rappeler que la Conférence des Évêques de France a récemment créé un bureau spécial dédié à la question des dérives sectaires, auquel tous ceux qui pensent avoir été victimes de tels agissements peuvent s’adresser.

      Cher Fr Silouane, mais que fait ce bureau spécial ? Ecouter les victimes, voilà ce que propose Mgr Pontier et ce bureau spécial dédié à la question des dérives sectaires.

      Cela suppose des personnes en état de parler ; les victimes de la manipulation mentale, celles qui se sont suicidées, celles qui ont parlé à des représentants de l’Eglise et qui s’en mordent les doigts, etc. sont donc mises d’emblée de côté ; sans oublier celles qui sont ruinées, dans une situation de grande précarité et ne peuvent même pas recourir à un avocat pour ouvrir un procès civil ou canonique.

      La solution proposée montre que l’Eglise a baissé les bras devant les communautés déviantes dont fait partie Bethleem et ne songe nullement à user de procédures canoniques à leur égard. Une solution serait pourtant très simple : leur faire respecter le Code de Droit Canonique. Quand un groupe ou une communauté a une reconnaissance ecclésiale, il est du devoir de celui qui l’a approuvé d’être vigilant pour le respect du Code de Droit canonique. Cela, les victimes n’en ont souvent pas conscience : ce serait aux évêques à s’en préoccuper. Mais les dérives sont camouflées, si ce n’est approuvées. Chacun y trouve son avantage… Aussi quand Mgr Pontier écrit : « L’Évangile du Christ que nous voulons servir est une école de liberté spirituelle et celui qui ne sert pas cette liberté ne peut se réclamer de l’Évangile », il ne saurait être crédible.

      Spolier des personnes au mépris du Code de Droit Canonique — sans parler du droit civil —, avec le soutien d’un évêque, est-ce la liberté évangélique ? Comment Mgr Pontier définirait-il la liberté des ex-communautaires sans retraite faute de cotisations sociales versées pour eux ?

      Le mot d’ordre de cette pastorale pourrait se résumer en quelques mots : laisser prospérer et même engraisser les déviances, et écouter les pauvres victimes ! Un individu isolé est un cas isolé qui ne risque pas de remettre en cause le système établi.

      L’expérience a déjà montré aux victimes qu’il ne faut rien attendre de ce côté…

      En conclusion, tout cela pour faire croire que l’Eglise est - enfin ! - attentive aux victimes alors qu’elle continue de protéger les dérives et les évêques qui les couvrent. Ne serait-ce pas un enfumage bien structuré et bien médiatisé pour faire oublier, derrière ce rideau de fumée, toutes les victimes aux dossiers trop brûlants, rejetées par l’Eglise depuis plus de dix ans ?

      Alors Fr Silouane, quand vous conseillez à « tous ceux qui pensent avoir été victimes de tels agissements », comme vous le dites irrespectueusement dans votre 2e et dernier droit de réponse, d’aller voir ce fameux bureau spécial qui n’est en réalité qu’un simple pare-feu, vous savez très bien que vous les envoyez dans une impasse.

      Oui comme vous dites frère Silouane, les masques doivent tomber. Sinon les pierres vont continuer de hurler.

      • Dernier message de Frère Silouane 11 décembre 2014 07:43, par Jérôme G.

        Cher « ? »,

        S’imagine-t-il que la communauté bénéficie encore des mêmes réseaux de protection qui lui ont assuré pendant des décennies une totale impunité ? Peut-être…

        Peut-être veut-il surtout éviter qu’on règle cette affaire de façon publique.

        Il y a quelques années, le SAV ressemblait assez bien à votre description. C’était un punching-ball. On y avait mis une religieuse qui pleurnichait avec les victimes, et dont la tâche consistait en fait à étouffer les scandales.

        Mais les choses ont changé depuis.

  • frère longin 3 décembre 2014 09:19

    j’ai passé 3 ans chez les frères de Béthléem, il y a 20 ans du temps de l’ancien prieur (je ne sais pas pourquoi personne ne le cite …). Selon mon expérience personnelle, je serais plutôt de l’avis du frère Silouane dans son droit de réponse, qui ne me semble pas du tout agressif, mais plutôt mesuré, par rapport aux accusations de frère Séraphim dignes d’un Dan Brown !

    faut-il dire : « il n’y a pas de fumée sans feu » ? peut-être, je n’étais pas dans les hautes sphères, mais le sentiment qu’il me reste après la lecture de ce document à charge, c’est une impression de rancœur de la part de l’auteur. il y a d’autres moyens pour vivre que d’aller chercher dans les poubelles (sauf pour ceux qui sont dans la rue et qui n’ont que cela …) le web cherche toujours du grain à moudre pour continuer à faire le buzz.

    on pourrais faire tout un dossier à charge contre nos évêques, même s’ils sont « propres » aux yeux des bien-pensants de notre Eglise. à tous les niveaux de la hierarchie, dans l’Eglise, comme dans le monde laïc, des entreprises, etc. si vous regardez bien, seul deux faits sont objectifs (sans pour cela qu’ils soient fondés) : la voyante palestinienne et le suicide d’une soeur et a-t-on tous les élements sur ces deux faits ? seulement ceux que frère Séraphim a bien voulu nous donner. pourquoi lui accorder notre confiance absolue (une obéissance aveugle à sa vérité …) alors même qu’il le reproche à son ancienne communauté comme une dérive … ? la vérité, les faits … on met en avant ce qui nous arrange et on cache ce qui va à l’encontre comme tout bon procureur ou avocat.

    frère Longin (j’aimerais bien avoir l’avis de frère Dysmas sur le rapport de frère Séraphim)

  • pipo 2 décembre 2014 17:41

    Pour comprendre la mansuétude de Rome à l’égard de la famille monastique de Bethléem concernant ses multiples dérives, il faut regarder vers les nombreux appuis dont bénéficie la prieure générale au vatican. Pour cela elle exerce un lobbying soutenu auprès des prélats de manière discrète et très efficace.

    Pour exemple les nombreux voyages à Rome soit en comité restreint soit en masse, où l’on déroule le tapis rouge à la communauté entière pour une bénédiction papale avec photos de groupe. Sans compter les cadeaux généreusement accordés.

    A l’époque ou Fabio B. et l’ex prieur général ont déposé leurs dossiers de plainte au vatican (dossiers qui dénonçaient une pseudo obéissance à la Vierge pour permettre le pouvoir de la prieure générale), la prieure générale, accompagné de son assistante et de Ines de Warren (auteur de « cet amour que le monde oublie ») n’on t-elle pas sollicité une visite auprès d’un prélat très influent en parallèle du rendez vous auprès de la congrégation pour la doctrine de la foi. Cela pour faire barrage aux accusations des 2 frères. Ces graves accusations allaient se briser sur le socle d’une amitié fort bien entretenue et les dérives allaient pouvoir se perpétuer au gré des changements d’humeur imprévisible de la Sainte Vierge.

  • Maria 1er décembre 2014 20:16

    (Je remets ce post ici car il était un peu perdu là-bas)

    Maurizio,

    Le fait que Rome n’ait pas dit « oui » ne permet pas, en aucun cas, que quelqu’un le dise à sa place. On peut dire « La Famille de Béthléem n’as pas encore été reconnue. » Personne peut dire : « La Famille de Béthléem a été reconnue. » Car le temps après les dix ans est encore un temps d’expérience pas un temps de consentement, comme vous essayez de nous faire croire.

    Cordialement Maria

    • Maria,

      N’ayez crainte, je vous lis, quelle que soit la position de votre commentaire sur ce site….alimenté en fait par une petite dizaine d’ultras qui me font penser de plus en plus à ce que dans un autre genre les Femen peuvent être !

      Puis je vous demander, du fin fond de la pointe de l’Europe qui vous abrite (vous voyez que je suis), trois choses :

      1/ Quand, ou comment, la Communauté de B aurait t’elle dit autre chose que ce que le Décret d’Erection Canonique de 1998 indique (il est publié in extenso sur le web) ?

      2/ Est ce la faute de la Communauté de B si la période « expérimentale » (pour une partie de sa constitution seulement) est dépassée ?

      3/ Est ce que ce dépassement, et donc le « retard » des institutions de l’Eglise, veut dire de facto que tout à coup c’est NON, la Communauté de B n’est plus de droit Pontifical ???

      Décidemment ma chère Maria vous faites de cruels et désolants raccourcis….

      Je le dis et je le répète : « qui ne dit mot consent ».

      Quant à cet Alexandre, qui s’excite de plus en plus tout seul dans son coin, j’ai envie de lui dire, très fraternellement : Pètes un bon coup mon vieux.

      Votre bien-aimé Maurizio

      • la grossièreté vous va mal Maurizio… si vous voulez être crédible, il va falloir trouver autre chose … Et en tout cas vous préoccuper vraiment de ce que vivent vos « prochains » (sœurs et frères) de Bethléem…

      • Je le dis et je le répète : « qui ne dit mot consent ».}}}

        Dans ce cas, est ce à dire que Rome sur l’affaire des légionnaires du Christ et du cas Maciel a consenti ?

        Vous nous faite bien rire Maurizio…

      • Maurizio, s’il vous plait, pourriez-vous me dire si :

        • Saint Augustin ressemble aux Femen, lorsqu’il dénonce les pasteurs qui « conduisent les brebis du Christ pour les soumettre à eux-mêmes plutôt qu’au Christ » ?
        • Saint Bernard de Clairvaux ressemble aux Femen lorsqu’il se lamente de ne pas trouver de pasteur digne dans l’Eglise : « Qui trouverez-vous, parmi ceux qui sont préposés au gouvernement de l’Église, qui ne songe pas plutôt à vider la bourse, qu’à extirper les vices de ceux qui lui sont soumis ? »
        • Saint Pierre est-il un ultra lorsqu’il dénonce les faux-prophètes à l’intérieur de l’Eglise, en disant que : « Ces gens-là sont comme des bêtes sans raison, que la nature a mises au monde pour être capturées et pourrir ; ils outragent ce qu’ils ignorent, ils pourriront donc avec les animaux. »
        • Sainte Catherine de Sienne ressemble-t-elle au Femen quand elle écrit dans ses Dialogues, à propos de la réforme des pasteurs : « Je t’ai donné un rapide aperçu de la vie de ceux qui appartiennent à la sainte Religion, et je t’ai dit comment, misérablement, ils demeurent dans l’Ordre, sous le vêtement des brebis, tout en n’étant que des loups ravisseurs. Je reviens maintenant aux clercs et aux ministres de la sainte Église, pour déplorer avec toi leurs péchés (…) Quelques-uns d’entre eux, sont tellement devenus démons, tellement possédés par l’amour de certaines créatures, qu’ils en sont comme hors d’eux-mêmes. Ce n’est pas assez, pour eux, de n’avoir plus aucun respect pour mon Sacrement, et de n’attacher plus aucun prix à la dignité dont les a revêtus ma Bonté. »
        • Saint Thomas More est-il un ultra lorsqu’il imagine un monde idéal d’où sont exclus les prêtres et les religieux qui « ronflent à leur place » et sont « inutiles à la société » ?
      • Maurizio,

        J’ai les réponses pour vous mais je ne peux pas parler avec quelqu’un qui em même temps me gifle. Si vous regretez vos propos grossiers dits à tous je vous poste les réponses.

        Les abus et manques de respect que j’ei reçu des soeurs à Béthléem suffisent. Je ne me permet pas recevoir ceux de leurs grands amis.

        Toujours cordialement

        Maria

        • Maria,

          Si je m’emporte et si je suis grossier c’est uniquement à l’encontre de ceux, comme Alexandre par exemple, qui soufflent sur vos braises et utilisent vos témoignages et vos souffrances pour jeter l’anathème sur Bethleem.

          Pour tous ceux là, motivés par une volonté malsaine et destructrice, je n’ai que du mépris.

          Pour vous, et pour celles et ceux qui ont pu souffrir et qui souffrent encore, je ne peux que prier et espérer la Paix dans vos cœurs et dans vos vies.

          Veuillez donc m’excuser Maria.

          Maurizio.

          • Merci pour votre mépris Maurizio… Que vous ne vouliez pas voir les problèmes et les solutionner c’est une chose que vous méprisiez d’autres personnes c’est une autre .. C’est très chrétien d’ailleurs…..

            Croyiez-vous que l’on peut sauver des personnes en souffrance en en méprisant d’autres ?

            Qui vous dit que je n’ai pas été victime ? : personne…

            Seulement le respect des personnes ne fait pas partie de votre manière d’être, c’est pour cela que vous refusez obstinément de voir combien les déviances font souffrir… à l’intérieur de Bethléem…

            Vous n’avez surtout apparemment jamais souffert de ce genre d’abus, ni vos proches…. vous semblez dur et insensible et j’en fais les frais : cela n’a rien d’agréable…

          • Cher Mr Maurizio au sang chaud, vous m’avez envoyé un mail personnel (Vrai menace ou tentative maladroite d’intimidation ?) qui se termine comme ceci :

            Ces analogies allusives sont infondées et tout simplement dégueulasses. Elles devraient même pouvoir motiver une plainte en justice compte tenu de tout ce que cela sous entend (enrichissement, abus sexuel, vol etc….)

            un peu avant vous me dites :

            Vous avez réussi à mobiliser la demi-douzaine d’anciennes petites sœurs sorties et elles parlent enfin. Quel scoop. Quelle révélation….

            Vous m’apprenez que je suis à la tête d’une coalition de 6 ex soeurs. Il faudra m’apporter la preuve de cela mon cher Hercule Poirot. Vos talent d’enqueteur ne m’ont pas convaincu jusque là et cette affirmation me fait pouffer de rire autant qu’est est fausse bien sur.

            Sachez que je serai vraiment ravi que la communauté de Bethléem (puisqu’il semble que vous êtes piloté par elle) joigne l’acte à la parole et me traine devant les tribunaux. A vrai dire je n’attend que ça. Que les autorités judiciaires viennent mettre leur nez là- dedans. De plus ce que vous dites est faux. Je n’ai jamais porté d’accusations d’abus sexuel. Vous délirez mon cher Maurizio. Il serait temps peut être pour vous de vous aérer les neurones quelque temps dans le sud puisque vous me dites être originaire de cette région. Ce forum a l’air de rendre tendu.

            Et puis j’imagine que vous avez du faire ce même genre de menaces à d’autre intervenant de ce forum, mais cela ne m’étonne pas. L’intimidation a toujours été un trait de cette communauté pour que les gens ne parlent pas.

            Jean Peplus

            • Monsieur Jean, ….ou Pierre, Patrick, Jacques ou … que sais je….

              L’anonymat vous va si bien.

              Je ne suis pas commandé par les Sœurs.

              Je n’ai pas l’intention de vous attaquer en justice.

              J’ai eu votre email par une réponse automatique du site suite à une réponse à un de mes commentaires.

              Je pensais vous parler « entre homme », car sur ce site peuplé de personnes sous pseudos c’est assez compliqué.

              Je maintiens que je n’accepte pas que l’on puisse comparer Maciel à Bethleem. Ce rapprochement est dégueulasse. Vous le savez vous même.

              C’est tout.

              Je pense que le jour ou vous oserez apparaitre sous votre vrai nom il n’y aura même pas à vous attaquer en justice, vous ne serez plus crédible…. et le Chapitre Bethleem de ce site sera globalement décrédibilisé.

              Car seul votre anonymat vous donne de la crédibilité sur ce site.

              Votre Maurizio préféré.

              • Maurizio : un peu de lucidité 4 décembre 2014 19:53, par Pierre Paul Jacques

                Je crois que vous vous trompez, Monsieur ou Madame.

                Il n’y a aucun anonymat, en tous cas, ni pour moi ni pour les personnalités qui ont rencontré, il y a longtemps ou moins longtemps ces personnes.

                Vous saurez, en tous temps utiles.

                Vous même, vous êtes anonyme.

                On ne peut pas comparer les Légionnaires du Christ avec Bethléem sur différents plans. Vous avez raison.

                En revanche, il y a des points communs dans la loi du silence, en particulier.

                Et une victime reste une victime. C’est ce que disait à une réunion publique récente où je me trouvais une parlementaire : « on s’en fiche que la victime soit victime d’une communauté religieuse, d’un coach, de je ne sais quel organisme. La loi est la même pour tous. Il y a un procureur de la République pour cela. »

                Peut-être réduisez vous l’abus à l’abus sexuel.

                Vous oubliez alors d’autres points du droit français.

                et c’est la raison pour laquelle je m’étonne énormément que des évêques au courant aient pu dire, à « Hélène » par exemple, « ne divulguez pas votre témoignage ». C’est comme s’ils avaient oublié qu’il n’y a pas que le droit pontifical, avec le Droit Canon, lequel n’est d’ailleurs pas respecté.

                Et c’est tout aussi étonnant de la part de responsables de communautés. Il y a des discours spirituels qu’on n’est pas en droit de tenir, tout simplement si, manipulatoires, ils mènent à la dépression, aux nuits blanches et à cet attirail si connu de tous les mal êtres que procurent chez ceux qui les subissent des comportements totalitaires.

                On va le reprocher à des radicaux extrémistes d’autres religions. Mais il est des violences très insidieuses qui sont aussi destructrices de la personnalité.

                le juriste de service, Pierre, Paul, Jacques.

              • Cher Maurizio pas du tout préféré,

                Vous dites :

                L’anonymat vous va si bien.

                Car seul votre anonymat vous donne de la crédibilité sur ce site.

                Question anonymat, vous n’avez rien à envier aux autres !! J’ai tracé votre adresse IP avec le mail que vous m’avez envoyé et je tombe sur un proxy ou VPN domicilié à San Diego en Californie sur la cote ouest des Etats Unis. Q’avez vous donc à cacher pour masquer ainsi votre adresse internet ? Et qui me garantie que Maurizio est votre vrai nom ? Envoyez moi donc vos papiers d’identité pour verification. Je ne doute pas non plus que vous esperiez me localiser par mon adresse IP en m’incitant à vous répondre. Ce sont des procedés bien tordu et vous êtes le digne représentant d’une communauté aux méthodes plus que troubles. Sur ce site je n’ai fait que réagir à des témoignages qui sont authentiques et vrai (n’en déplaise à frêre longin) et de plus je n’ai jamais comparé bethléem au père Maciel comme vous l’affirmez.

                Prenez vos lunettes et relisez avant de raconter n’importe quoi..

                • Si je vous donne mon nom il risque de vous arriver de gros problèmes.

                  Et comme je suis pour la paix !!!!

                  j’ai la confirmation que vous êtes un Gros mytho. Ça ne m’étonne pas de vous voir prendre tous ces témoignages au pied de la lettre.

                  MauriziOSS 117

                  • Maurizio la MENACE 4 décembre 2014 21:19, par jean peplus

                    Brrrrr….. j’ai peur.

                    conclusion : vous aussi vous utilisez un pseudo anonyme

                    Bienvenu au club !

                    • Maurizio la MENACE 4 décembre 2014 23:37, par jean peplus

                      Si je vous donne mon nom il risque de vous arriver de gros problèmes.

                      Et comme je suis pour la paix !!!!

                      Proferer des menaces et se dire pour la paix…. Cela s’appelle avoir de la suite dans les idées !

                      • Maurizio la MENACE 4 décembre 2014 23:56, par jean peplus

                        Il me semble que le message d’avertissement de Xavier Leger a disparu, non ?

                        • Maurizio la MENACE 5 décembre 2014 01:27, par Xavier Léger

                          Oui, je l’ai retiré. J’avais réagi à chaud… mais après réflexion, je me suis rendu compte qu’il s’agissait sans doute d’un trait d’humour mal-placé…

                          bref, qu’il n’était pas nécessaire de le recadrer.

          • Maurizio,

            J’accepte bien votre demande de pardon. Cependant il faudra que vous essayez de voir comment vous allez pour le sens moral, car la rancune et le mépris ne sont pas évangeliques… Et puis, est-ce qu’Alexandre ne souffre-t-il pas aussi, soit pour lui-même, soit pour des prochains ?

            Votre demande de pardon dit que vous êtes capable du mieux et je reprends le dialogue en toute confiance. Merci.

            Question 1/ Quand, ou comment, la Communauté de B aurait t’elle dit autre chose que ce que le Décret d’Erection Canonique de 1998 indique (il est publié in extenso sur le web) ?

            • Elle l’a fait quand elle n’a pas precisé que la famille de B avait les constitutions approuvées « ad experimentum » que c’est ce que le Décret indique. Les responsables ont induit en erreur en parlant d’être reconnues tout court. On a pris une partie comme si c’était le tout. Ça s’appelle manque d’honnêteté. Être érigé canoniquement ne veut pas dire être reconnu, ça veut dire tout simplement passer à la juridiction Vaticane. Le texte lui-même sépare l’érection canonique de l’aprovation des Constitutions

            Question 2/ Est ce la faute de la Communauté de B si la période « expérimentale » (pour une partie de sa constitution seulement) est dépassée ?

            • Et bien, j’ai le plaisir de vous dire : Oui, c’est à elle que revient le manque car par plusieures fois, dès le temps de la soeur fondatrice, que les Constitutions vont à Rome et ne sont pas approuvées. L’exemplaire qui était à Rome au moment du décret n’a pas été approuvé et il est revenu en arrière pour correction. En ce moment même il se trouvent encore du côté de la famille de B. et non de Rome.

            3/ Est ce que ce dépassement, et donc le « retard » des institutions de l’Eglise, veut dire de facto que tout à coup c’est NON, la Communauté de B n’est plus de droit Pontifical ???

            • Le retard, comme on l’a vu, n’est pas des institutions. Cependant il ne s’agit pas que la famille de B. ne soit plus de droit pontifical il s’agit que ce droit(Constitutions) n’a pas encore été reconnu. Ce sont les deux parties rassemblées (juridiction du Vatican et Constitutions reconnues) qui font le tout. En tant que l’une d’elles n’est pas en ordre l’autre est fragilisée et le tout imparfait, tout en demeurant ce qu’elle est. Oui la communauté est de Droit Pontifical mais… sans le Droit. C’est bien inconfortable, non ?

            Cela vous aide à commencer à accepter qu’il y a là, peut-être, quelque chose qui cloche ?

            Cordialement

            Maria

  • Bruno 30 novembre 2014 14:13

    Bonjour c’est Bruno,

    Je voudrai vous partager un extrait d’une analyse du Père Thierry-Dominique Humbrecht (religieux dominicain, écrivain, théologien, philosophe, lauréat de l’Académie des sciences morales et politiques) : Comment expliquer les crises et même les scandales qui affectent périodiquement des communautés nouvelles et leurs fondateurs ? Quelles leçons en tirer ?

    Pourquoi l’Église n’est-elle pas intervenue ? Il eût sans doute suffi de quelques réglages pour éviter les distorsions (ce qu’on appelle notamment des visites canoniques). Certes, mais Rome n’a pas à se mêler à tout propos de la vie de ses membres, elle n’est pas une police de la pensée. En outre, pour de nombreux témoins, ces communautés connaissaient une telle vitalité qu’une tolérance a pu s’exercer longtemps. On ne voyait pas ou l’on ne voulait pas voir. Les qualités l’emportaient sur ce que l’on percevait des défauts. Fallait-il s’inquiéter de ceux qui proclamaient fidélité au siège de Pierre ? Fallait-il chercher des poux dans ces institutions jeunes et enthousiastes, alors qu’on fermait les yeux sur celles, plus établies, qui se sabordaient ? Des mauvais plis ont pu être pris, et ne parlons pas ici des cas exceptionnels où le mal fut systématiquement couvert et caché. Il y eut sans doute des occasions manquées, des mollesses, des opacités, le respect excessif de charismes qui s’annonçaient novateurs, le désir trop répandu de ne pas faire de vagues, peut-être aussi un sentiment d’impuissance. En outre, tout travail d’accompagnement ecclésial est à croissance lente, il cherche à construire et non à dénoncer, à faire progresser et non à jeter le moindre manquement aux pourceaux de la presse à scandale. Que resterait-il des couples, des familles, des entreprises, des écoles, des partis politiques, des institutions républicaines et finalement des critiques eux-mêmes, si leur meilleur manquement hebdomadaire était rendu public ? Le pharisaïsme guette tout assoiffé de justice.

    Un peu plus loin :

    Pour vivre l’obéissance, trois éléments paraissent essentiels. a) Il faut expliquer les raisons d’obéir. Rien n’est plus contraire à la vertu d’obéissance que le commandement à l’aveugle, jusqu’à la perversion. b) Un brin de collégialité assouplit le cuir des communautés. Nul n’est détenteur des lumières de l’Esprit Saint, qu’il impose sa volonté de façon autoritaire ou par une emprise affective. c) Ce qui sauve les communautés et leur donne leur respiration, ce sont les élections régulières et le remplacement normal de leurs cadres. La vie sourd à nouveau, dès que le charisme s’incarne dans et par l’institution. La règle rend libre. Ce qui revient à prendre de définitives distances avec le soixante-huitisme ecclésial autant que sociétal.

    Bruno

  • Tanguy 28 novembre 2014 13:19

    Ce qu’il y a de plus inacceptable dans la démarche de Fabio B., c’est qu’il prétende faire preuve de salubrité publique alors que l’on perçoit qu’il déballe sa rancœur. C’est qu’il impose en permanence au lecteur son jugement comme étant celui de l’autorité ultime, alors qu’il n’apporte aucune garantie factuelle, vérifiable, que son jugement n’est pas irrémédiablement faussé. Il prétend avoir mis en évidence qu’il y avait une forme d’emprise, un système d’aliénation puissant, une séduction irrésistible, une pensée gnostique, une christologie défectueuse… rien que ça. Il va jusqu’à présenter l’obtention de la reconnaissance pontificale comme le résultat d’une manœuvre illicite de la fondatrice…. On ne peut que conclure qu’au Vatican, ils ne sont vraiment pas sérieux ! Et le lecteur doit faire foi au point de vue de Fabio B. ? Certainement, du point de vue de l’auteur. D’ailleurs ne nous dit-il pas en préambule que bien qu’il ait déposé en 2009 un dossier à charge de Bethléem à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, il fait maintenant le choix de le proposer sur internet, probablement parce qu’il juge que la Congrégation pour la Doctrine de la Foi n’était pas assez compétente… C’est donc qu’il s’attribue l’autorité suprême. Le début du préambule nous donne une clé de lecture. Il commence par ces mots : « un sentiment de supériorité ». Oui, mais un sentiment de supériorité qui se dégage de façon nauséabonde du document tout entier, et qui semble être la cause originelle de son acharnement à accuser les autres.

    Tanguy

    • Tanguy : il y a des dizaines de témoignages qui vont dans le même sens !!arrêtez de vous fixer sur Fabio B (vous avez l’air très remonté contre lui… !) mais lisez les autres. Oui, l’Eglise a toujours raison c’est bien cela pour vous ? elle a couvert Maciel pendant des décennies laissant violer des dizaines d’enfants, spoliées des personnes riches etc… : elle a été super clairvoyante…

      Arrêtez de prendre l’Eglise pour complètement infaillible et revenez au bon sens, ce qui se passe n’est tout bonnement pas acceptable : vous n’accepteriez pas que vos proches soient traités de la sorte non ? et vous mêmes ? (cf témoignages des sœurs et commentaires des anciennes sœurs) Toujours pareil : quand c’est pas à moi que ça arrive ou à ma famille, je veux bien que l’Eglise ait toujours raison …

      • " Arrêtez de prendre l’Église pour complètement infaïble."

        Alexandre,

        Ce site informe qu’il s’inscrit dans la fidélité au Magistère de L’Église catholique et c’est confiant à cela que j’y participe.

        Or, selon la foi catholique le Pape est infaïble, et par lui l’Église parce qu’elle s’appuye sur les paroles du Christ Seigneur.

        L’infaïbilité touche seulement aux questions de la foi et de la morale(les moeurs) quand le Pape les prononce “ex-catedra” C’est-à-dire : avec toute l’autorité de sa charge. En ceci elle est complètement infaïble.

        Cette infaïbilité ne touche pas à toutes les démarches et paroles du pape, des evêques ou des prêtres. Malheureusement on l’expérimente souvent. Le Pape nomme un êveque et peu d’années après le même pape est obligé en conscience de le remettre de sa charge parce qu’il s’est dévié de la foi droite. Il met un cardinal à présider une importante institution et puis on apprend qu’il s’est laissé corrompre et il faut l’envoyer ailleurs.

        Quand le Pape, par le moyen de la Congrégation des Réligieux, ratifie un institut il donne à toute l’Église la certitude que ceux qui vivent selon les constituitions aprouvées vivent selon l’Esprit de Jésus car elles expriment un charisme fondé sur l’Évangile que bénéficie toute l’Église. Le pape ne nous assure pas du tout que les responsables ou tout les membres de l’institut sont des saints ou vont être des saints.

        Comme vous je suis abasourdie que l’Église ne prenne aucune mesure drastique par rapport aux supérieurs de Béthléem. Mais à Rome ils se règlent par le bien relativisant toujours le mal, et puisqu’il y a des choses bonnes à Béthléem, ils n’arrivent pas à déchifrer l’affaire.

        Nous écrivons des lettres en demandant qu’ils viennent au dedans des communautés voir ce qui se passe, parlons avec un ou autre evêque (qui remet tout au discernement de Rome) et restons seuls et livrés à nous mêmes. À cause de "la bombe de Fabio” les supérieurs de Bethléem sûrement se préparent déjà pour aller à Rome afin d’amortir le coup et afirmer leurs bonnes intentions.

        Que pouvons-nous faire ?

        L’Esprit est là, en nous qui disons la vérité, et je suis sûre qu’Il ne va pas permettre que les ténèbres aient la dérnière parole en cet affaire parce que, malgré tout, je crois en l’Église..

        Cordialement,

        Maria

    • Je relis ce document et je suis sidéré de constater la réalité de la vie spirituelle proposée à Bethléem. C’est une imposture totale. Comment l’Église peut ne pas voir ça ? J’ai éprouvé une surprise lorsque vous parlez du produit Bethléem qui faut vendre sur le marché. On vous sent très désabusé, et on le serait à moins. Fabio et toutes celles qui ont témoigné, les lecteurs de ce site vous porteront, je l’espère, dans leur prière ainsi que tous ceux et celles qui souffrent, ont souffert dans et par cette communauté.

    • Tanguy, concernant votre réponse à Fabio B. :

      alors qu’il n’apporte aucune garantie factuelle, vérifiable

      concernant le suicide par immolation de sr Myrhia, il doit exister un rapport de gendarmerie, vous pouvez toujours essayer de les contacter. Voilà un fait vérifiable.

      Il prétend avoir mis en évidence qu’il y avait une forme d’emprise, un système d’aliénation puissant, une séduction irrésistible, une pensée gnostique, une christologie défectueuse… rien que ça

      Il ne prétend pas, il l’a vécu de l’intérieur pendant 24 ans.Votre rien que ça laisse entendre que vous le soupçonnez d’être un théoricien du complot. Par les temps qui courent c’est l’accusation à la mode quand on est a court d’argument.

      bien qu’il ait déposé en 2009 un dossier à charge de Bethléem à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, il fait maintenant le choix de le proposer sur internet, probablement parce qu’il juge que la Congrégation pour la Doctrine de la Foi n’était pas assez compétente…

      Non… qu’elle ne veut pas entendre plutôt.

      C’est donc qu’il s’attribue l’autorité suprême

      Un vrai despote ce Fabio… il devient ce qu’il dénonce ! Ben voyons…

    • Madeleine, le psychisme, c’est grosso modo, votre personnalité et son mode de fonctionnement. Dieu vous l’a donné quand vous êtes née, de même qu’il vous a doté de membres et d’organes. Vous ne pouvez pas passer du « psychisme au spirituel » comme vous le dites sans vous mutiler.

      Ce sont deux domaines différents, le psychisme est une constituante humaine de base comme vos quatre membres et vos cinq sens. A moins d’être décérébrée vous aurez toujours un psychisme. Le spirituel, c’est votre vie avec Dieu. Je vois mal comment avoir une vie avec Dieu sans intelligence ou affectivité.

      Vous faisiez allusion à l’orthodoxie des enseignements reçus un peu plus haut. Savez-vous que nier l’existence ou le droit à l’existence du psychisme est contraire à l’enseignement de l’Eglise ? Et que prétendre soigner le psychisme par le spirituel est une doctrine hétérodoxe, dénoncée par maints responsables ecclésiastiques comme dangereuse et cause de perte de la liberté de conscience ?

      Si Dieu avait voulu que vous soyez un pantin, il vous aurait créé telle.

      • Merci Luciole. Je confirme.

        Il y a un grand risque dans le mélange des genres. Si on peut passer, comme Madeleine le dit, du psychique au spirituel alors que représentent ces prêtres ou religieux formés à la psychologie. Nous en connaissons tous. Ils sont psychologues, psychiatres, psychanalystes. Mais alors comment font-ils ? Ils sont passsés du psychisme au spirituel comme on passe de la terre au ciel ? Je confirme combien il est dangereux de laisser croire aux personnes qui souffrent que l’on peut guérir une maladie psychique par l’unique voix de l’accompagnememnt spirituel.

        D’ailleurs dans le domaine psychologique, guérir ce n’est pas voir complètement disparaître ses difficultés à coup de « Résurrection illico et de vie mariale » mais c’est un long travail pour apprendre à les assumer, les comprendre, les intégrer dans notre dynamisme propre afin qu’elles ne soient plus un frein.

        La grâce est aussi agissante. Des difficultés psychologiques peuvent faire grandir la vie spirituelle cad notre relation à Dieu mais on ne passe pas de l’un à l’autre !!

        D’ailleurs ne vaut-il mieux pas qu’une soeur formée et qui ne se déforme pas complètement ne sorte de Bethléem ? (cf témoignage de Sophie)

        Sophie

  • Maria 27 novembre 2014 15:19

    Á vous tous que lisez ces pages, grâce et paix.

    Beaucoup de personnes en ces commentaires allèguent que la Communauté de Béthléem a été aprouvée et reconnue par l’Église.

    Je vous dis un secret : Cela n’est pas arrivé. La Famille de Béthléem s’est donné a soi-même un statut qu’elle n’as pas, en trompant tout le monde.

    En Mars de 1998 le Pape Jean Paul II reçu à Rome les soeurs de Bethléem et leur a dit quelques mots où il annonçait que le passage du niveau diocesan au niveau pontifical était proche. Il invitait aussi les soeurs à faire un chemin de confiance avec la Congrégation des Réligieux au sujet des Constituitions.

    En Octobre de la même année la même Congrégation publie le Décret d’érection pontifical, ce que veut dire tout simplement que désormais la Communauté de Béthléem va résoudre ses questions à Rome et non plus avec l’êveque de Grenoble.

    En ce même décret il est référé que les Constitutions du moment sont « reconnues pour 10 ans ad experimentum » c’est à dire en expérience, en essai. Normalment au bout de ce période les constitutions sont reconnues définitivement et comme elles sont le fondement juridique (le droit) de l’institut, il est aussi reconnu et aprouvé définitivement.

    En 2008 ou 2009 rien a été reconnu comme il serait normal d’arriver et jusqu’aujourd’hui c’est en cette situation que la Famille de Béthléem se trouve.

    Elle n’as pas été ni aprouvée ni reconnue définitivement par le Saint Père jusqu’à présent malgré tout ce que les soeurs ont pu dire à ce sujet.

    J’invite toutes ces personnes qui allègue la reconnaissance de la Famille de Béthléem à accepter la vérité des faits et à être prudentes. Si la hierarchie de L’Église, après 64 ans, n’as pas trouvé des motifs suffisants pour dire : « C’est bon, allez-y ! » pourquoi donner à Béthléem une crédibilité que le Saint Siège n’as pas donné ?

    Et qu’est-ce qu’a mené tant de personnes à croire que Béthléem a été reconnue ? Les demi vérités, les vérités modifiées des responsables de Béthléem.

    Ceci est un tout petit, ou très grand exemple (par la gravité des institutions qui touche) de comment on peut être manipulé et trompé à Béthléem.

    Je prie pour vous tous.

    (Pardonnez-moi les fautes mais je ne suis pas française et la traduction du google c’est encore pire.)

    Maria

    • Merci Maria. Post très éclairant.

    • Ce que vous dites est éclairant, mais alors expliquez nous pourquoi les évêques n’ont jamais contredit les responsables de Bethléem lorsqu’elles affirment que leur communauté est reconnue par Rome ? Cette présomption devrait les choquer ! Ne devraient ils pas dénoncer cette déclaration abusive ?

      • Ce que vous dites est éclairant, mais alors expliquez nous pourquoi les évêques n’ont jamais contredit les responsables de Bethléem lorsqu’elles affirment que leur communauté est reconnue par Rome ? Cette présomption devrait les choquer ! Ne devraient ils pas dénoncer cette déclaration abusive ?

        Ne pas mésestimer le pouvoir d’influence des soeurs… Elles ont leurs quartier à Rome avec suite royale et petits fours.

      • Anne,

        Je ne peux pas vous dire pourquoi un évêque fais ceci ou fais pas cela parce que je n’en sais rien.

        Il me semble que la pluspart d’entre eux ne savent même pas cela. Ils confient tout simplement à ceux que les uns et les autres disent.

        Pourquoi ne leur demander pas dès que vous en trouvez un ?

        Bon Dimanche

    • Brava ! Oui Maria ce que vous dites est la pure et froide vérité. Voici six ans que le soeurs de Bethélem auraient du apporter leurs constitutions au Saint Siège pour leur approbation définitive et elles ne l’ont pas fait. Elles ne l’ont pas fait parce qu’elles savent bien que telles qu’elles sont rédigées aujourd’hui ces constituions ne seront plus acceptées. Elle ne l’ont pas fait parce que Bethléem c’est les sables mouvants et que ça ne fonctionne que par l’improvisation continuelle en suivant les intuitions de la Vierge… « si imprévisible… ! ». Alors une règle de vie, ça contraint beaucoup trop. Quant aux soit disant consitiutions des frères, il faudra encore qu’ils attendent celles des soeurs pour en faire la traduction au masculin… comme la première fois… De l’eau va couler sous les ponts du Tibre… Bison futé

    • Bonjour c’est Bruno,

      A propos de la reconnaissance par Rome, Maria a écrit :

      En 2008 ou 2009 rien a été reconnu comme il serait normal d’arriver et jusqu’aujourd’hui c’est en cette situation que la Famille de Béthléem se trouve. Elle n’as pas été ni aprouvée ni reconnue définitivement par le Saint Père jusqu’à présent malgré tout ce que les soeurs ont pu dire à ce sujet.

      Cette affirmation est-elle vrai ? Quelqu’un est-il en mesure d’apporter un démenti ?

      Merci, Bruno.

      • Mon cher Bruno,

        Vous trouverez ci-après la retranscription du décret dont une photo de l’original est disponible sur le web en cherchant un tout petit peu :


        La “Famille monastique de Bethléem, de l’Assomption de la Vierge et de Saint Bruno” est composée d’une branche de moines et d’une branche de moniales. Les deux maisons généralices se trouvent respectivement dans l’archidiocèse de Pérouse et dans le diocèse de Gubbio, et les deux maisons-mères se trouvent à Currière-en-Chartreuse, dans le diocèse de Grenoble. Cette Famille monastique est née le 1er Novembre 1950 de l’écoute spirituelle attentive offerte par quelques pèlerins à la voix du Pape Pie XII à l’heure où il proclamait la Foi de l’Eglise en l’élévation de la Mère de Dieu, en son corps et en son âme, dans la Communion de Lumière et d’Amour infinis de la Très Sainte Trinité.

        Les membres de cette Famille monastique reçoivent l’appel à se laisser attirer en toute leur vie par le Christ élevé de terre dans la gloire du Père. Avec Marie enfantant l’Emmanuel à Bethléem, se tenant auprès de la Croix, puis glorifiée à jamais, ces moines et ces moniales sont appelés à demeurer “cachés avec le Christ en Dieu”. Selon la tradition du monachisme, ils s’efforcent de se tenir, sous l’ombre de l’Esprit-Saint, avec Jésus crucifié glorifié, en présence du Père, “saints et immaculés dans l’Amour”. À l’exemple de la Vierge Marie qui est progressivement attirée par son Fils dans la Gloire d’Amour du Père, ils veulent, selon l’humble condition des hommes, vivre en accomplissant jour après jour la Volonté du Père sur la terre comme au ciel.

        En recevant cette vocation, les membres de la communauté naissante se sont engagés dès l’origine à toujours réserver à la Vierge Marie glorifiée le titre et la fonction de Prieure et de Fondatrice de leur Famille monastique, et à n’exercer le gouvernement qu’en humble mendicité et accomplissement, avec le Christ et avec elle, de toute Volonté du Père.

        Ils s’adonnent à l’écoute assidue de la Parole de Dieu et à l’oraison du cœur en une vie de solitude, de silence, de communion liturgique et fraternelle, d’obéissance et d’humble travail. Pour être fidèles à cet appel, ils reçoivent la double tradition du monachisme oriental et occidental. Ils sont disciples de saint Bruno. Ils reçoivent sa paternité et sa sagesse de vie. Avec lui ils sont à l’école de la “Divine Philosophie”, c’est-à-dire de Jésus, Sagesse éternelle du Père. Ils montent une garde sainte en attente du retour du Seigneur.

        Leur vie est donc entièrement ordonnée à la divine contemplation, dans le plus grand amour des Personnes Divines et des personnes humaines. De toutes leurs forces ils coopèrent à l’accomplissement du Projet de Dieu posé sur chaque personne humaine libre : Que chacune soit image de Dieu. Que sa vie soit ressemblante à la Vie de Lumière et d’Amour infinis des Personnes Divines.

        La branche des moniales fut érigée de droit diocesain le 24 juin 1986 et celle des moines le 25 mars 1992.

        Cette Famille monastique s’étant aujourd’hui beaucoup agrandie et repandue dans plusieurs diocèses, sa Sainteté Jean-Paul II, après avis favorable de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Societés de vie apostolique, a bien voulu donner son assentiment à la demande du Prieur des moines et de la Prieure des moniales : Sœur Marie Dupont, pour que cette Famille monastique soit reconnue de droit pontifical.

        Par le présent Décret, cette même Congrégation déclare donc que la Famille monastique de Bethleém, de l’Assomption de la Vierge et de Saint Bruno est un Institut religieux de droit pontifical en ses deux branches de moines et de moniales, et qu’elle doit être reconnue ainsi par tous. La branche des moines est cléricale.

        Le Dicastère, en outre, approuve en forme spécifique et confirme “pour dix ans, ad experimentum”, les articles du texte français des Constitutions rédigés “en grosses lettres”, dont un exemplaire est conservé dans ses archives. Les autres articles du texte sont approuvés en forme générique.

        Nonobstant toutes choses contraires.

        Du Vatican, le 6 octobre 1998, fête de Saint Bruno

        Le Cardinal Eduardo Martínez Somalo

        Piergiorio Silvano Nesti


        Est ce que cela vous suffit ?

        Ceci est issu d’un vrai document signé contrairement à la plupart des propos jusqu’à présent se basent sur des "on m’a dit que…", "j’ai eu une confidence d’un grand théologien…"

        Maurizio

        • Merci Maurizio,

          Effectivement c’est bien un document authentique. Mais à la fin de ce document il est dit :

          Le Dicastère, en outre, approuve en forme spécifique et confirme “pour dix ans, ad experimentum”, les articles du texte français des Constitutions rédigés “en grosses lettres”, dont un exemplaire est conservé dans ses archives

          Maria se référait à ce passage, affirmant que le décret au bout de 10 n’avait pas été reconduit. Ma question portait plus particulierement sur ce passage.

          Bruno

          • @ Maurizio

            En effet, Maria avait précisément cité ce problème, en citant ce passage (le 27 novembre, à 15h19, dans ce fil de discussion, c’est-à-dire 7 messages au dessus du vôtre.)

            Que vous ne ratiez pas une occasion pour faire de la dérision et envoyer des sarcasmes sur vos interlocuteurs, c’est une chose. Mais de grâce, apprenez à lire, ou achetez-vous des lunettes.

            • “pour dix ans, ad experimentum”

              Donc personne n’est en mesure d’apporter un démenti au fait que les constitutions de la familles monastique de Béthleem n’ont pas reçu d’approbation définitive depuis 2008 de la part du Vatican. Pourquoi donc les soeurs disent-elles qu’elles sont reconnu par le Saint Siège puisqu’il s’avère que c’est faux.

              Maurizio… vous avez une piste ?

              • Je tiens une confidence d’un des plus anciens officiers du corps des gardes Suisses : le Vatican est très tres en retard sur le traitement de certains dossiers.

                Ceci ne signifie en rien que la Famille de B est hors la loi, bien au contraire, la balle est dans le camps des romains mais rien ne vient.

                Et comme partout, même à Rome, qui ne dit mot consent non ?

                Je vous avoue que vous êtes tous de plus en plus incohérents.

                La seule cohérence me semble t’il que je lis sur ce blog c’est votre farouche volonté à détruire une Famille sous prétexte de parcours mal vécus et de témoignages calomnieux : je lis ici souvent que Rome de toute façon ferme les yeux et couvre les dérives de cette Famille, puis je vous entend gémir et pérorer que, nanananere, les 10 ans d’expérimentation sont passés, depuis belle lurette, et que donc….et que donc….et que donc quoi ????

                vous êtes vriament des charlatans !

                Maurizio

                • Mon cher Maurizio, Pas très convaincant tout ça. Un garde suisse contre un théologien de grande renommé… Bof…Bof…

                  la balle est dans le camps des romains mais rien ne vient.

                  Heu… là faudra nous expliquer plus en détail…

                  • Une partie de calcio florentin peut-être… si je puis me permettre un peu d’humour au milieu de la gravité.

                    • et que donc….et que donc….et que donc quoi ????

                      Et que donc…. vous n’avez aucun arguments à nous opposer (à part une confidence d’un des plus anciens officiers du corps des gardes Suisses). Bref on se demande qui sont les charlatans ?

                      • Il me semble que ce ne soit pas de Dieu que l’on se répondent en s’insultant de la sorte. Bethléem a la plus belle règle de vie que je n’ai jamais lue. Le problème, c’est qu’elle est unique en son genre et qu’elle s’écrit avec la vie. Une règle de vie contient un directoire et des constitutions. Les constitutions donnent le sens spirituel et le directoire le cadre de vie dans lequel cela est vécu. La règle de vie de Bethléem a fait l’admiration de Benoît XVI et de Jean-Paul II. Mais elle ne cadre pas dans le schéma habituel. Je n’ai rien lu dans ces 900 pages qui puissent être contraire à la foi. La difficulté, c’est qu’il y a 900 pages. Mais ces 900 pages se répètent et creusent une théologie qui n’a pas son égal. Elle est originale, mais cette règle de vie peut passer au peigne fin sans trouver de failles. Ce que reproche Fabio, ce n’est pas ce qui est écrit, mais la façon dont il perçoit qu’elle est vécue. Bethléem est une communauté de droit pontifical. Le problème évoqué par Fabio n’est pas celui de la reconnaissance pontifical. Mais celui de la toute puissance de la prieure générale. Ceci dit, j’ai vécu 12 ans à Bethléem, je ne partage pas tout ce que dit Fabio, bien que je ne rejette pas tout non plus. J’ai été consacrée à la Vierge bien avant de connaître Bethléem. J’ai été consacrée par ma mère aussitôt baptisée et cela a eu une forte incidence dans ma vie. La Vierge m’a toujours été très présente et a toujours exaucé mes prières bien avant que je connaisse ce que signifiait 1+1=2. Je me suis sentie chez moi, chez Marie à Bethléem. Le caractère marial y est distinctif. Ce qui concerne la théologie de Bethléem, rien y est reprochable. C’est Jésus qui dit :« Qui veut me suivre, qu’il se renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. » Ces paroles sont dures et Jésus a été crucifié.

                        Moi, j’ai été en crise bien avant d’entrer à Bethléem. J’ai expérimenté la peur et l’angoisse bien avant d’entrer à Bethléem. Bethléem m’a fait passer du psychisme au spirituel et je peux vous garantir que je n’ai besoin ni de psychanalyse, ni de rien. Je vais vous raconter quel fut le premier jour où j’ai compris que les soeurs n’étaient pas parfaites. C’est le jour où j’ai revêtu un habit religieux. Ce jour-là, j’ai examiné ma conscience et j’ai vu que j’étais pécheresse. Je n’ai attendu de personne d’être parfait.

                        Un chose dont je suis certaine, à Bethléem, au moins, tous essaient. S’il y a des points sur lesquels ont peu faire des reproches, il n’y en a pas moins sur lesquels on peut s’appuyer. Une chose dont je suis vraiment certaine, c’est qu’elles ont vraiment essayé de m’aider et n’ont rien épargné pour le faire. La liste serait longue.

                        Ma vie n’est plus la même depuis que je suis passée par Bethléem. Les enseignements de soeurs Marie me restent gravés dans le cœur, c’est ma sainte préférée. Personne n’a rempli mon cœur d’une théologie aussi profonde et jamais rien, depuis mon retour dans le monde sécularisé, jamais rien que je n’aie appris là-bas n’a été compris par mes pairs comme une hérésie, mais au contraire, cela leur a été édifiant.

                        Je prie pour que Bethléem se remette en cause sur ses erreurs, j’ai souvent reçu des demandes de pardon de mes prieures, je suis certaine que soeur Isabelle est la première à battre sa culpe.

                        Bon Avent !

                        L’Évangile est un Évangile de joie !!! La bonne nouvelle est que Jésus a pris sur lui tout nos péchés pour que nous soyons revêtus de sa divinité (Saint-Athanase) Alors en ce temps de préparation de Noël, cherchons plus ce que nous avons fait pour blesser Bethléem que ce que Bethléem a fait pour nous blesser. Je peux vous garantir que j’ai de quoi battre ma culpe moi aussi.

                        Les textes de la liturgie de ce premier dimanche de l’Avent sont particulièrement beau… Ah ! si le Ciel se déchirait ! Et oui, le Ciel s’est déchiré !!! Jésus est venu, c’est Lui et c’est TOUT !!!

                        C’est mon TOUT !

                        Dieu premier servi. Et je n’ai manqué de rien ! Merci mon Dieu, Merci mon Dieu pour tout ce que j’ai reçu à Bethléem, je ne pourrai jamais rendre le millième du quart.

                        • 30/11/14

                          Une règle de vie, en deux versions, ai-je souvent entendu. C’est cette dissociation qui explique sûrement en grande partie ce qui ne va pas à Bethléem. Vous savez ce que c’est que la « dissociation » ? Blanc d’un côté, noir de l’autre. Docteur Jekyll and Mr Hyde.

                          Votre « sainte préférée », sœur Marie ? Le témoignage de Roselyne montre pourtant qu’elle humiliait très souvent les sœurs. Nous n’avons pas le même goût.

                        • Chère Madeleine, pourquoi as-tu décidé de quitter la communauté si elle était aussi extraordinaire que ce que tu décris ? ou bien t ’es-tu fais « remercier » ? Aline. Si tu veux correspondre avec moi de manière privée, c’est possible, sans que tes réponses soient publiées sur ce site des dérives sectaires dans l’Eglise. J’essaye de comprendre ton histoire et ton point de vue.

                  • Pour l’avoir vécu dans un ordre multiséculaire, je dois sur ce point donner raison à Maurizio : des constitutions ad experimentum qui se prolongent d’une dizaine d’ années après la date de péremption ;) ce n’est pas significatif, ça arrive. Tout comme Rome peut mettre trois à quatre mois pour traiter un dossier urgent … ben oui, c’est comme ça.

                    Par contre, Maurizio, des dérives sectaires à l’intérieur de l’Eglise catholique, cela aussi je l’ai vécu, cela aussi ça existe. Et si ces situations perdurent et se répètent sur plusieurs décennies, justement, c’est parce que des prélats ont la même réaction que vous en ce moment : ces personnes exagèrent, elles n’étaient pas à leur place, cette vie ne leur convenait pas, ce sont des médisances, etc.

                    Des pervers narcissiques manipulateurs, on en rencontre dans tous les milieux, y compris les milieux religieux. Et il suffit d’avoir une personnalité comme celle-là à la tête d’un mouvement pour qu’il dérive. Au lieu de parler à un garde suisse, parlez plutôt à des religieux de tous les ordres et congrégations, à des supérieurs majeurs. Si vous êtes de la boutique, ils vous déssilleront les yeux. Désolée de vous décevoir, mais le Père Noël, la petite souris et la cloche de Pâques, eh ben, c’était pas vrai ! Nous ne vivons pas dans un monde de bisounours.

                • Maurizio,

                  Le fait que Rome n’est pas dit « oui » ne permet pas, en aucun cas, que quelqu’un le dise à leur place. On peut dire « La Famille de Béthléem n’as pas encore été reconnue. » Personne peut dire : « La Famille de Béthléem a été reconnue. » Car le temps après les dix ans est encore un temps d’expérience pas un temps de consentement, comme vous essayez de nous faire croire

                  Cordialement Maria

  • 27 novembre 2014 07:48

    Je vais avoir 80 ans, l’âge où on vous écoute avec politesse et … compassion. Tant pis, je ne peux pas rester sans réaction devant le réquisitoire sans appel de Fabio B. et les torrents de boue que charrie « lenversdudecor » sur la famille de Bethléem.

    Je peux comprendre que l’abandon d’une vocation, la remise en cause d’un engagement définitif puissent constituer un traumatisme difficile à assumer mais la résilience passe-t-elle nécessairement par la mise au bûcher de ce qu’on a abandonné ?

    D’abord le réquisitoire. Je ne suis qu’un ami de Bethléem et ne connais évidemment pas tous les rouages de son fonctionnement interne analysé par Fabio B. avec la précision du scanner. Et qu’il traite au laser dans ses moindres replis. Ce que je sais d’expérience, en revanche, c’est qu’il est toujours possible de transformer, au yeux d’un public acquis à ses idées, les choses et les personnes les plus vertueuses en objet de scandale. La méthode est simple, il suffit de ne pas accorder à chacun des éléments de l’objet analysé le poids relatif qui est effectivement le sien. C’est ainsi que Mère Teresa, l’Abbé Pierre ou Jean Paul II peuvent être présentés comme des imposteurs, il suffit d’accuser certains traits et en minimiser d’autres. Certains régimes ont excellé dans de telles pratiques !

    On l’aura compris, j’aime la famille de Bethléem. Je la connais depuis très longtemps. Je l’ai vu grandir, évoluer, s’épanouir. Sans affirmer que tout ce que j’y ai constaté provoque mon admiration, je me sens bien dans leurs monastères. J’y trouve une atmosphère de prière bien sûr, mais aussi d’accueil inconditionnel, d’écoute, de partage. Les religieuses que j’y rencontre sont tout sauf contraintes, « coincées », infantiles. Au contraire, j’ai pu aborder avec elles des sujets pas toujours simples et j’ai pu constater leur culture et leur capacité de réflexion. Souvent elles ont eu une vie avant Bethléem et on le constate très vite. En un mot comme en cent, je m’y sent entouré d’Amour.

    Je connais moins les frères mais j’ai pu rencontrer frère Seraphim il y a quelques années, alors qu’il était prieur en Israël. J’avais été séduit par son autorité bienveillante et joyeuse sur son petite troupeau. Le moins qu’on puisse dire est qu’il paraissait « bien dans ses baskets » comme disent mes petits enfants. Sa connivence avec ses voisines du monastère des sœurs était évidente

    Aussi le témoignage qu’il livre ici me terrifie. Il m’interroge. Cela pourrait-il m’arriver ? Marié depuis tant d’années, pourrais-je, par dépit, traîner ma femme devant les tribunaux puis l’exhiber comme misérable dans les réseaux sociaux ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit, un amour blessé. Sans jouer au donneur de leçons j’espère qu’un minimum de dignité me l’interdirait en dernier ressort.

    Quant aux personnes qui manifestent à Fabio leur admiration je les plains de tout mon cœur et prie pour elles. La conscience d’avoir rater sa vie doit être un vrai calvaire. Devoir repartir vers autre chose de grand et beau alors que l’on est fragilisé par une expérience d’échec est une gageure. Mais pourquoi tant de violence dans les critiques. Venant d’anciens religieux(ses) cette apparence de haine fait froid dans le dos. Car ils (ou elles) font partie de ceux (celles) qui ont affermi ma propre foi. Le don sans retour de leur vie à Dieu a été et reste pour moi le gage que cette foi n’est pas infondée, il témoigne d’une Présence, il est annonce de résurrection.

    Bref ces débordements de fiel sont pour moi une blessure. Ils sont aussi une injure pour toutes celles qui, fidèles à leurs vœux, continuent à prier au sein de leurs communautés.

    En conclusion, quelle que soit les développements de cette opération, chacun pourra se souvenir que ceux qui rapportaient aux grands prêtres que certain rabbi était ivrogne, qu’il mangeait avec les putes et les voleurs, qu’il guérissait le jour de shabbat ont conduit le Christ sur la croix. Mais aussi à la Résurrection. Non vraiment dans l’Évangile les dénonciateurs n’ont pas le beau rôle.

    Lemèche

    • Aie toujours devant les yeux le Jugement Divin et toutes les passions se calmeront.

      Saint Basile le Grand

    • Cher Monsieur Lemèche,

      votre réaction illustre parfaitement la raison pour laquelle l’Eglise s’est fourvoyée pendant des décennies (et se fourvoie encore et encore, il suffit de suivre l’actualité) quand elle traite d’affaires criminelles en son sein (qu’il s’agisse d’abus sexuels, psychologiques ou spirituels). Parce que quantité de gens, dans l’Eglise, raisonnent comme vous : à savoir qu’ils croient savoir, alors qu’ils ne savent pas.

      Regardez l’histoire du père Maciel (le paradigme, c’est vrai, mais il y en a tant d’autres). Vous savez pourquoi il n’a jamais été inquiété pendant toute sa vie, et a pu violer en toute impunité (et même avec la protection du Vatican !!) des dizaines (centaines ?) d’enfants, détrousser des dizaines de vieilles veuves, corrompre plusieurs générations de religieux et détruire la réputation de toutes ses anciennes victimes ?

      Parce qu’il y avait des gens qui tenaient des raisonnements comme le vôtre au Vatican. Des gens qui n’avaient pas besoin d’écouter les récits des victimes, puisqu’ils avaient la vérité, eux ! Des gens qui faisaient, comme vous, des jugements à l’emporte pièce, sans un minimum de prudence ! Des gens qui avaient beau recevoir des rapports alarmants provenant d’évêques, de supérieurs religieux, de professeurs… ces dossiers étaient à leurs yeux forcément faux, puisqu’eux, avec leur petit jugement infaillible, savaient que toutes ces accusations étaient fausses (parce qu’ils avaient rencontré la communauté et son fondateur, et que tout le monde avait l’air tellement gentil et tellement heureux !)

      Mais avez-vous seulement conscience des dégâts qu’un tel aveuglement a pu produire ? Savez vous combien de gens ont quitté l’Eglise, écœurés, parce qu’ils s’étaient faits escroqués ou violés et que quand ils écrivaient à la Congrégation pour les Religieux… ils n’obtenaient jamais la moindre réponse ?

      Je crois, cher monsieur, que votre problème, c’est que vous présumez des conclusions d’un procès sans avoir pris le soin d’écouter vraiment ce que l’autre partie a à dire. Dans votre cerveau, il n’y a que deux cases : les gentils (qui sont forcément les religieux) et les méchants (ceux qui osent critiquer). Vous vous auto-instituez juge, et selon votre façon de penser, ceux qui se plaignent ont PAR PRINCIPE tort. Excusez moi, cher monsieur, de vous le dire ainsi, malgré le respect qu’on devrait avoir pour votre grand âge : ce genre de raisonnement a fait trop de mal à l’Eglise !

    • Total soutien à Fabio concernant l’ingérence des soeurs chez les frêres. Personnellement j’ai toujours vécu assez mal cet état de fait. Pour un homme, entrer en religion pour se faire diriger par des femmes cela peut destabiliser. C’était en tout les cas ce que j’ai vécu. Mais je comprend très bien que cela puisse convenir à certaines personnes. Ce n’était pas mon cas.

    • Bethléem : droit canon 630 27 novembre 2014 15:13, par Paul

      « La conscience d’avoir raté sa vie doit être un vrai calvaire », écrivez-vous. Parole extrêmement surprenante pour un croyant !!!!

      Pas une seule vie n’est « ratée ».

      N’est pas ratée donc la vie de celui ou de celle qui a quitté une communauté comme Bethléem.

      Oser penser que la vie d’une personne puisse être « ratée » pour ce genre de raison ? Bethléem est un moyen et non une fin.

      Il peut y avoir des « ratés dans la vie ». Nous sommes interdépendants et co-responsables de ces « ratés ».

      Mais une « vie ratée », cela n’existe pas. Une personne peut juste en avoir l’impression. Tout dépend du regard que les autres portent sur elle.

      Pour revenir au sujet, les questions posées dans les témoignages (je ne parle pas des libres commentaires) touchent au respect du droit, canon notamment, et des personnes.

      Pour le DROIT CANON , voir l’article 630 par exemple.

      Pour le respect des personnes, la liberté de conscience est un droit fondamental.

      Vous parlez de votre blessure. Cela vous blesserait tout autant de savoir que des personnes aimant l’Eglise puissent être blessées par le fait que celle-ci a laissé faire des choses contraires à ses enseignements. Nous sommes co-responsables de ces « ratés ». Certains en sont plus responsables que d’autres, mais certainement pas ceux ou celles dont vous dites hâtivement que « leur vie est ratée ».

      Et vous pouvez certainement les porter dans la prière, tandis que d’autres agissent.

      • Bethléem : droit canon 630 27 novembre 2014 17:29, par alexandre

        Bon, je veux bien que l’Eglise (la hiérarchie qui est RESPONSABLE des dérives sectaires, c’est très claire) ait inventé un article de droit « canon » 610 pour consoler les personnes qui ont été abusées pendant des années par l’Eglise elle-même dans des communautés qui ressemblent plus à des sectes qu’autres choses mais qu’elle cautionne et protège….

        droit canon =droit de l’Eglise qu’elle s’est inventée elle -même mais qu’elle applique quand cela la chante (cf le respect du droit canon dans la com de Bethléem… !!!)

        Mais cela ne console personne… et il y a bien des responsables très clairement identifiés qui protègent Bethléem, non , « tout le monde » n’est pas responsable…

        il faut arrêter les vœux pieux, et que les personnes en charge de cette communauté prennent leurs responsabilités : Il existe un canon 610 : et bien demandez aux évêques et cardinaux de le faire appliquer à Bethléem : on verra très vite que c’est impossible à part démanteler toute cette organisation déviante…

    • Cher vénérable lemêche, Vous dites :

      Venant d’anciens religieux(ses) cette apparence de haine fait froid dans le dos. Car ils (ou elles) font partie de ceux (celles) qui ont affermi ma propre foi.

      Demandez vous pourquoi justement celle et ceux qui ont affermi votre foi ont cette apparence de haine (pour ma part je parlerai plutôt d’un sentiment de révolte). N’est ce pas parce qu’ils se sont sentie les victimes d’une immense illusion, d’une manipulation hors pair. Leur réaction est proportionnée à l’action qu’ils ont du subir dans ce cas. Un viol de l’esprit.

    • Monsieur Lemèche,

      Vous dites avoir bientôt 80 ans. Ce n’est pas seulement « l’âge où l’on vous écoute avec compassion et politesse », c’est aussi, et surtout l’âge de la sagesse et de la bonté. Je le vois car je travaille en gériatrie.

      D’une part, vous employez des termes qui semblent « absolutistes », comme peuvent le faire des adolescents. Vous ne semblez pas « sage » avec des termes tels que torrents de boue, terrifie, etc .. Et cela, alors que Fabio B. énonce des faits et pas seulement du ressenti. Je ne parviens pas à vous voir comme « bon », lorsque vous parlez de nos vies soit disant ratées.

      Nous qui avons eu la chance de pouvoir quitter cette communauté, nous ne vivons pas un calvaire, c’est même tout le contraire. Savez-vous ce que cela signifie de vivre, de respirer, de pouvoir penser librement, de goûter aux petits bonheurs de la vie après des années de non vie ?

      Un jour, je disais avec tristesse à un prêtre : « j’ai gâché ma vie, et je n’aurai pas d’enfants. » Il m’a répondu : « mais c’est une vie ! » Et je l’ai vérifié, c’est une vie, c’est vrai. Quand je regarde ma vie, c’est sûr qu’elle n’est pas celle dont je pouvais rêver, car il ne faut pas oublier que la plupart de ceux qui entrent en communauté sont généreux et veulent réussir leur vie. Mais oui, c’est une vie que d’avoir franchi les Mer Rouge que l’on a traversées et de n’être pas mort.

      A diverses reprises, des personnes m’ont dit « je ne sais pas ce que vous avez vécu, je n’ai pas besoin de le savoir, mais cela vous rend capable de comprendre des situations de souffrance. » Et c’est vrai également.

      Monsieur Lemèche, comment auriez-vous réagi si votre dernière fille était sortie de Bethléem après y être entrée ? Savez–vous qu’elle était pressentie par soeur Marie pour devenir prieure générale, qu’elle lui avait réservé un nom, de sorte qu’aucune fille recevant l’habit ne pouvait le porter ?

      Monsieur Lemèche, il faut réfléchir avant d’écrire, sinon on risque de donner des bâtons pour se faire battre. Vous connaissez Bethléem depuis longtemps mais vous ne savez pas de quoi vous parlez. Lisez attentivement les témoignages, Fabio n’est pas le seul à écrire. Vous n’avez pas d’obligation à défendre cette communauté, elle a toujours su très bien le faire.

      Nous n’écrivons vraiment pas pour nous « venger », comme vous semblez le prétendre mais pour alerter des familles, et pour ceux qui sont partis. Les départs sont toujours cachés, et une fois dehors on peut avoir besoin de rencontrer des ex. Expérience unique d’ailleurs, on ne s’était jamais parlé et on ne se connaissait pas. Que nous soyons entrées en 70, 80, 90 ou 2005, nous avons a vécu la même chose.

      Marie-Bernadette

      • Merci Marie Bernadette pour ses précisions à monsieur Lemeche :

        j’espère bien que les témoignages permettront aussi de FAIRE CESSER rapidement les agissements sectaires de cette communauté afin que les personnes qui sont « dedans » puissent être délivrées de tout ce fatrat mystico-mariolo-spirituel et de ces « emprisonnements » intérieurs désastreux tels qu’on les lit dans tous les témoignages : cela n’a que trop duré, il y a non assistance à personne en danger de la part des responsables hiérarchiques d’ Eglise..

  • veronica 26 novembre 2014 21:01

    La fonction du déni est d’amortir le choc. Dans l’annonce de la maladie, ce qui fait trauma, c’est la soudaineté : d’un seul coup on apprend que l’on est malade, que l’on va subir des traitement lourds, voir une amputation, avec en toile de fond, l’angoisse de la mort. Le déni donne le temps de métaboliser ces informations, de les intégrer dans son histoire.

    le psychiatre anonyme.

    • Bon, cela fait quand même des dizaines d’années que l’Eglise est dans le déni des dérives sectaires graves des communautés…. Alors je veux bien mais les évêques, les prêtres, les cardinaux qui dénient tout problème à Bethléem alors que les preuves s’entassent… là on peut dire vraiment que c’est volontaire, assumé : On laisse des gens se perdent complètement, des victimes bousillés leur jeunesse, leur vie en connaissance de cause…. Comment peuvent-ils se regarder dans la glace ? comment osent-ils se dire « disciple de Jésus » ? leur carrière le justifie peut-être ? Pas UN seul qui ne réagisse , qui dénonce…. raz le bol de cette Eglise « de façade », qui ne s’occupe pas des victimes et qui ne fait rien pour stopper les dérives…

  • Une ex petite Soeur de Bethleem 24 novembre 2014 20:58

    Étant moi-même une ex-petite sœur de Bethléem, je viens ajouter un grain de sel à la place d’un grain de poivre. Je n’ai rien à dire contre cette communauté qui fut un temps la mienne, tout simplement, parce que, regardant en arrière, j’y ai reçu Jésus, Marie, l’Église et de l’amour. Et si j’avais du négatif à en dire, je ne suivrais sûrement pas vos démarches obscures. Par contre, j’ai beaucoup à dire sur votre manière de faire. J’ai été contactée à mon domicile par une ancienne de Bethléem qui, très visiblement, détenait la liste des noms de celles qui sont sorties de la communauté. Mais, s’il vous plaît, de quel droit avez-vous mon nom et mon téléphone ? Qui se permet parmi vous de divulguer ces noms et de s’arroger le droit de contacter celles qui ont vécu dans la communauté de Bethléem ? Qui vous arroge le droit de solliciter des personnes qui ne vous demandent rien ? Au regard de la justice, cela s’appelle une atteinte à la vie privée. Et quelle étrange manière de faire quand, non seulement on me demande si je veux bien témoigner contre mon ancienne communauté, mais qu’à la fin du fin, on me suggère également ce qu’il faudrait que je dise ? Cela porte un nom : la manipulation. Du coup, ayant eu la curiosité de visiter certains sites sur lesquels vous déversez vos témoignages nauséabonds et impudiques, en conscience, interloquée que je suis de votre manière de procéder, je m’interroge même sérieusement sur la vérité de vos allégations. Nous n’avons pas dû fréquenter les mêmes monastères, car j’y trouve peu de chose de ce que j’y ai vécu moi-même. J’espère que d’autres anciennes auront le courage d’être vigilantes et réactives à vos démarches de « rabatteurs ». Je me dois de dénoncer sur ce site même des pratiques qui ne vous font pas honneur, et le respect dû à votre douleur ne vous donne pas le droit de perturber la vie privée des gens. Mais en vous lisant, je me demande simplement si vous avez respect de vous-même ?

    Une ancienne petite sœur de Bethléem

    • Bonjour madame,

      tout d’abord, sachez que nous sommes tout à fait ouverts au dialogue, y compris sur les sujets les plus douloureux. Le Christ nous a dit de ne pas avoir peur de la vérité, alors pourquoi toutes ces choses devraient restées cachées ? Après tout, si vous jugez que les articles et les témoignages sont faux ou diffamants, il ne doit pas être difficile de les contredire, ou d’y opposer d’autres témoignages ?

      Cependant, je dois ajouter quelque chose : votre message me trouble. Il me trouble parce qu’il est pratiquement un copier-coller de la stratégie qu’avait employée la Légion du Christ au début des années 2000 pour répondre aux accusations contre son fondateur. La Légion avait en effet demandé à des anciens légionnaires (restés sous son emprise ou sa dépendance) de prétendre qu’ils avaient été contactés par d’autres anciens légionnaires pour porter des faux témoignages contre le père Maciel. La ruse est d’une perversité redoutable : porter un faux témoignage en accusant les victimes de faire des faux témoignages contre le fondateur et la congrégation… Mon Dieu !

      Cela pourrait faire rire si ce n’était la triste vérité… et c’est notamment grâce à ce genre d’arguments que le père Maciel a pu échapper à toute justice jusqu’à sa mort en 2008.

      Voilà pourquoi votre message, madame, me laisse perplexe. Si vous avez vraiment été contactée par des anciens ou anciennes de Bethléem qui ont essayé de vous convaincre de faire des faux témoignages, c’est très grave. Mais connaissant la plupart des personnes qui ont donné leurs témoignages, je dois vous avouer que… j’ai beaucoup de mal à vous croire. (Allez, je vous l’avoue : j’ai même mon petit doigt qui me dit que vous agissez ainsi juste parce qu’on vous a demandé de le faire… )

      C’est pourquoi, puisque vous portez une accusation extrêmement grave à l’égard des anciens qui se battent pour qu’éclatent la justice et la vérité dans cette sombre histoire, je vous demande d’étayer vos propos, d’écrire au collectif avec des informations circonstanciées sur vous-même, et sur vos accusations (avec votre identité, les noms des personnes que vous accusez, quand ils vous ont contacté, ce qu’ils vous ont demandé exactement).

      Xavier Léger

      • Communauté de Bethléem : les révélations accablantes d’un ancien supérieur 24 novembre 2014 21:57, par Une ex petite Soeur de Bethleem

        Bonjour Xavier

        Ce nouveau commentaire pour vous communiquer l’adresse email que j’ai créée pour communiquer avec vous et que j’avais mal orthographié dans mon témoignage.

        Si je comprends bien le fonctionnement de votre site, ceux qui « attaquent » peuvent rester anonymes alors que ceux comme moi qui essaient d’apporter un éclairage different sont obligés de décliner leur identité ?

        Je communiquerai mon identité à celles ou ceux qui ont témoigné ici par retour d’email quand ils m’auront donné la leur : expetitesoeurdebethleem chez gmail.com

        • Merci Fabio de votre éclairage.

          Je me permets quand même de répondre aux questions posées par cette personne qui écrit avec le pseudo « une ex petite soeur de Bethléem »

          Donner un témoignage à visage découvert est parfois compliqué pour de multiples raisons (professionnelles, familiales… Cf l’article suivant Mais pourquoi les anciennes victimes ne se font pas entendre ?).

          Certains témoignent à visage découvert, comme Fabio B., ou moi-même, et nous savons ce qu’il en coûte (en ce qui me concerne, j’ai dû subir harcèlement, menaces, appels malveillants, etc…)

          Si nous permettons à certains de témoigner en utilisant un pseudo, c’est parce que nous, les membres du collectif, connaissons la véritable identité de ces personnes, leur bonne volonté, leur droiture morale… et nous donnons ainsi notre caution à l’authenticité de leurs témoignages.

          Puisque Fabio confirme qu’une ancienne, croyant bien faire, a contacté différentes anciennes religieuse de la congrégation, je ne vous demande pas plus d’informations, et vous prie de nous excuser pour ce malentendu.

          Devant la gravité de ces faits, vous comprenez que nous devons nous assurer de l’authenticité de tous les messages. Le vôtre était particulièrement grave. Je devais l’authentifier. C’est le gage de notre sérieux.

    • Chère Madame et ancienne soeur, je peux témoigner que vous avez raison quand vous dites qu’une ancienne soeur vous a contactée. Et vous avez raison à vous en dire choquée. Cette ancienne soeur l’a fait sans prévenir personne, après avoir lu mon témoignage sur ce site. Je crois pouvoir dire qu’elle a manqué de prudence prise par la peur que je sois attaqué et par le désir de m’aider et de me soutenir. Je sais qu’elle l’a fait une fois et que cela ne s’est plus réproduit. Je ne pense pas toutefois que cette ancienne soeur soit capable de manipulation, Comme dit Xavier Léger je crois qu’un simple échange entre vous et cette ancienne soeur pourrait lever tant de malentendus. En ce qui me concerne, je respecte profondément votre vision des choses. Il reste vrai que tout le monde à Bethléem ne vit pas la même chose ni n’est témoin des mêmes choses. Ce sont ces « choses », ces « faits » que les témoignages publiées sur ce site veulent montrer.

    • Bonjour,

      Il serait important que vous donniez votre témoignage. Ce que vous aimez tant dans la communauté, comment vous voyiez la spiritualité mariale de la communauté etc.. et les raisons qui finalement vous ont éloigné d’elle. Vous pouvez très bien rester anonyme si vous le souhaitez mais il est important en effet, que si une personne c’est vraiment sentie bien et heureuse à Bethléem qu’elle témoigne aussi.

      Pour l’instant, nous n’avons que des témoignages de personnes gravement affectées par les comportements et les déviances sectaires. Ces personnes sont de « bonne foi » pourquoi inventeraient-elles ? qu’ont -elles à y gagner ?

      Mais vous pouvez très bien ne pas avoir envie et cela se respecte aussi. Je comprends le désagrément de cette personne qui vous a contacté, il faut en reparler avec elle, lui exprimer ce que vous avez ressenti et non régler ici le souci que vous avez avec elle, c’est le mieux non ? le plus simple et le plus productif ?

      à bientôt peut-être,

      • Communauté de Bethléem : les révélations accablantes d’un ancien supérieur 27 novembre 2014 18:21, par Ex Petite Sœur de Bethleem

        Réponse aux messagex du 24 novembre concernant « une ancienne petite sœur de Bethléem ».

        Je tiens beaucoup à remercier Monsieur Fabio B. pour son honnêteté dans cette contreverse. Cela a permis à Monsieur Xavier Léger de rectifier et de réajuster les paroles gratuites et désobligeantes sur le « copier coller » des Légionnaires du Christ. Le courage de votre mise au point, Fabio B., prouvant à tout le moins l’honnêteté de mon accusation et la réalité de mon désagrément.

        Texte rectificatif de Monsieur Léger : « Puisque Fabio confirme qu’une ancienne, craoyant bien faire, a contacté différentes anciennes de la Congrégation… etc. etc. je vous prie de nous excuser pour ce malentendu ».

        Merci donc d’avoir permis que cette vérité ne soit pas occultée, bien que je comprenne vos précautions pour que n’importe qui ne dise pas n’importe quoi.

        Pourtant, Monsieur Léger, je vous renvoie à vos propres paroles précédentes : « Si vous avez vraiment été contactée… etc. etc. vous portez une accusation extrêmement grave à l’égard des anciens » « devant la gravité de ces faits etc. etc.… vôtre accusation étant particulièrement grave, je devais l’authentifier. »

        Je retiens donc, que l’« extrêmement grave » qualifiant cette manière de procéder, c’est vous-même, Monsieur, qui l’exprimez, et ce n’est pas seulement une affaie de malentendu.

        Je me permets pour finir une dernière remarque. Vous usez, il me semble dans votre « collectif », d’une échelle de mesure quelque peu démesurée. Pour oser mettre en équivalence les sordides affaires de mœurs du Père Maciel chez les Légionnaires du Christ et les faits reprochés à mon ancienne Congrégation, les camps de concentrations Nazis avec la vie dans les monastères de Bethléem, excusez-moi de vous le dire, vous dérapez gravissimement.

        L’envers du décor n’est finalement pas si lumineux que cela.

        Une ancienne petite sœur de Bethléem

        • Que dire ?

          Monsieur Léger a voulu s’assurer que vous n’étiez pas en train d’utiliser des mensonges pour casser la crédibilité des témoins. Ne pas le faire n’aurait pas été, je pense, très prudent. Peut-être aurait-il du cependant faire une enquête du côté de M. Barbero avant de réagir, c’est vrai.

          Mais je n’ai pas le sentiment qu’il ait manqué de respect. Dans tous les cas, il a eu la délicatesse de vous présenter ses excuses.

          C’est pourquoi, je suis très choqué par la violence de votre réaction.

          Pourquoi nourrissez une telle haine à l’égard de ce site ? Qu’est-ce qui vous trouble autant ?

          Je vais vous faire une confidence : je suis amie d’un grand théologien qui avait suivi de près toutes ces affaires de dérives dans l’Eglise. Un jour, je lui ai demandé quelle était, à ses yeux, la plus grave.

          Je m’attendais à ce qu’il me réponde « la Légion du Christ », mais il m’a regardé avec un regard très triste, et m’a répondu : « la communauté de Bethléem ».

          Et d’ajouter : à la Légion du Christ, le problème est surtout d’ordre sexuel. C’est une communauté qui génère des frustrations. (je sais qu’il m’a parlé aussi d’une « spiritualité tradi-gay », mais je ne suis pas sûr que c’était dans cette conversation là)

          Ensuite, il y a la communauté St Jean, car la perversité touche l’intelligence.

          Mais le degré ultime, le plus pervers, c’est Bethléem, car le mal, là bas, touche à l’esprit. A Bethléem, m’a-t-il précisé, la spiritualité fumeuse de la fondatrice et ses règles de vie complètement inhumaines, conduisent les moines à l’auto-destruction. C’est terrible… On les pousse presque au suicide.

          Je sais qu’un tel jugement peut paraitre exagéré, mais je crois qu’il avait raison. On arrive à guérir d’un abus sexuel, avec le temps et une bonne psychothérapie. Mais d’un abus spirituel, c’est beaucoup plus compliqué, car on ne peut s’appuyer sur rien de tangible pour sortir de sa prison mentale.

          • Le siècle dernier un très bon ami de mon Grand Pere, expert en placements financiers, lui fit une confidence en lui indiquant que le meilleur placement financier serait sans aucun doute les Emprunts Russes…..

            Il a tout perdu, et nous avec !!!!

            Serieusement Magda, s’il vous plait, de Grâce : comment s’appelle votre tres grand théologien ??? Un nom, pour une fois, qu’on le contacte, un expert c’est fait pour ça non ??? J’aurais quelques questions à lui poser moi.

            Il y a vraiment des rois de la manipulation sur ce site !!!

            Et à çe jeu Magda je vous décerne pour cette contribution la Palme d’or.

            • Je suis très honorée de recevoir votre Palme d’Or, Rafa.

              Si je ne cite pas le nom de ce théologien, c’est parce qu’il est lui-même menacé. Je suis désolée de vous l’apprendre, mais dans l’Eglise, la liberté d’expression est un concept très relatif.

              Il n’est pas impossible qu’il prenne la parole un jour. Ce serait merveilleux. Mais je ne peux pas le faire à sa place.

              Il m’a dit connaitre également la plupart des membres de ce collectif. J’imagine qu’ils pourront confirmer ses propos.

              • Vous m’avez compris. Quand je dis que je ne peux pas le faire à sa place, je veux dire que je ne peux révéler son identité et risquer de lui porter préjudice.

                • Chère Magda,

                  C’est décidément bien facile cet anonymat sous couvert « des menaces » de l’Eglise !!!!

                  Les Petites Soeurs de Bethleem ne feraient pas de mal à une mouche. Elles ne sont qu’amour et sont bien embarassées pour se défendre face à un tel déversement de haine et de mensonges.

                  Alors s’il vous plait, un peu de vrai courage, levez vos voiles et osez affirmer à visage découvert tout çe que vous dites.

                  Qui est est ce fameux Théologien ?

                  • Je me permets d’intervenir.

                    Je pense en effet savoir à qui Magda fait référence.

                    Et en effet, ce théologien est dans une situation personnelle trop délicate pour se lancer en guerre contre les communautés nouvelles. Et je vous demande de respecter sa décision de rester dans l’anonymat.

                    En ce qui me concerne, je suis assez d’accord avec lui. J’ai longtemps cru que la Légion du Christ, c’était ce qu’il y avait de pire comme déviance dans l’Eglise… jusqu’à ce que j’entende des témoignages d’anciens membres de Bethléem et de Saint Jean.

                    A la Légion, on vivait dans un univers aseptisé, avec cette culture de l’apparence et de la séduction et une spiritualité d’une pauvreté affligeante… mais assez curieusement, qui restait dans les rails de la tradition catholique.

                    Les témoignages des anciens et anciennes de Bethléem me font penser à une spiritualité de la désincarnation. Un spiritualité qui nie l’humanité des religieux, et induit l’idée d’une quête spirituelle absurde, prométhéenne.

                  • « Les Petites Soeurs de Bethleem ne feraient pas de mal à une mouche. Elles ne sont qu’amour et sont bien embarassées pour se défendre face à un tel déversement de haine et de mensonges. »

                    On ne s’inquiète pas pour elles. Elles prêchent l’amour et le pardon la larme a l’œil mais à la vue du danger elle n’hésitent pas a sortir le couteaux. Pour cela elles sont entourées de personnes très très compétentes.

          • Je suis une ancienne soeur de Bethleem et je me laisse interroger sérieusement sur ce que vous venez d’écrire. Je cherche la vérité sérieusement, je n’ai pas de partie pris mais par sincérité j’ai décidé de revenir sur le passé. Pour moi c’était affaire classée.

            J’aimerais avoir plus d’explication sur ce qui pourrait être la déviance au niveau de l’esprit à Bethleem.

            Mon passage à Bethleem à marqué ma vie je ne dirai pas tout de suite dans ce message de quelle façon mais j’ai l’impression d’être en train de faire la lumière sur ces années de vie que je n’arrive pas à m’expliquer à moi-même. Cela me stupéfie !

            • Merci Magda de votre message. En effet, à Bethléem on parle sans cesse de divinisation, mais c’est au prix du sacrifice de notre humanité. Et notre corps en pâtit. J’ai vu tant de sœurs atteintes d’un cancer, ou simplement boulimiques, anorexiques, dépressives, insomniaques, fugueuses, avec le désir de mourir, … Je me voyais moi-même comme un arbre auquel on avait coupé les branches et les feuilles de son humanité. Je ne désirais qu’une chose, faire la volonté de Dieu, obéir jusqu’à la mort, et j’étais devenue une morte- vivante. Quand je suis sortie, j’ai suivi deux ans la formation des responsables aux Bernardins, et ma prof d’écriture sainte a fait plusieurs colères contre moi en disant que j’étais hérétique, monophysite, que je niais l’humanité de Jésus à cause de la formation reçue à Bethléem. J’ai fait une psychothérapie aussi avec une psychologue chrétienne, pour refaire pousser lentement les branches de mon humanité, « qui suis-je » « quelles sont mes envies, mes aptitudes » « comment vivre de manière autonome, en adulte, » au lieu d’attendre sans cesse que l’on me dise ce que je dois faire (sans savoir m’écouter moi-même). Aline, SOS lancé à l’Eglise, limitez les dégâts de la famille monastique de Bethléem.

        • Il ne faut pas exagérer, je suis celle qui a contacté la dite « ex-sœur de bethléem », je l’ai contactée par mail, en quoi est-ce une atteinte à sa vie privée ? De plus j’avais son mail car elle me l’avait donné, l’an dernier, pour m’inviter à son mariage !, donc si l’on n’a plus le droit d’envoyer un mail à une personne qui est déjà enregistrée sur notre ordinateur…on marche sur la tête ! Je crois que je n’aurais pas dû écrire à cette ex petite sœur de Bethléem, je l’ai fait en prenant des risques car je sais qu’elle est très compliquée, je le regrette bien, en tous cas je ne lui ai pas demandé d’écrire un faux témoignage, je l’ai informé de tout ce qu’il y avait sur le site et lui ai dit de prendre position, et que si jamais elle avait un témoignage à donner, il fallait restituer des faits et des paroles, plutôt que des impressions et analyses sur Bethléem.Voilà

    • Je ne suis pas surprise qu’une voix discordante s’élève dans ce forum pour se plaindre de démarches ressenties comme intrusives. Moi-même, j’ai été gênée ces derniers temps, lors des contacts que j’ai pu avoir avec l’une ou l’autre ancienne sœur, par le caractère emporté et passionnel de certains propos. Pourtant, je me retrouve bien dans le témoignage de Fabio, et la plupart des éléments contenus dans les autres témoignages correspondent à des situations que j’ai pu observer lorsque j’étais au monastère, ou bien connaître pour moi-même. Le malaise était immense. Je suis, pour ma part, certaines de l’authenticité de ces témoignages. Bien sûr, chaque témoignage comporte aussi sa part subjective. Cette part aussi est respectable : Chaque personne a sa sensibilité, sa vulnérabilité et/ou sa capacité de défense. Mais on ne peut pas prendre appui, comme je l’ai souvent vu faire au monastère, sur les failles dont aucune personnalité n’est exempte, pour justifier que certaines situations aient si mal tourné (jusqu’au suicide), et que des existences aient été, et sont probablement encore, ruinées parce qu’on a laissé et laisse pourrir, sous prétexte de mûrissement, un grand nombre d’autres situations. En réalité, tout cela me paraît masquer difficilement une réelle incompétence et une dangereuse irresponsabilité.

      • Qu’est-ce qu’une dérive sectaire ?

        La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) définit la dérive sectaire comme « un dévoiement de la liberté de pensée, d’opinion ou de religion, qui porte atteinte aux droits fondamentaux, à la sécurité ou à l’intégrité des personnes, à l’ordre public, aux lois ou aux règlements. Elle se caractérise par la mise en œuvre, par un groupe organisé ou un individu isolé, quelle que soit sa nature ou son activité, de pressions ou de techniques ayant pour but d’exercer une sujétion psychologique sur une personne, au point de la priver de son libre arbitre, et de l’amener à commettre des actes dommageables pour elle-même, son entourage ou pour la société ».

        « au point de la priver de son libre arbitre, et de l’amener à commettre des actes dommageables pour elle-même »

        Quand je pense au suicide de Sr Myriah en 1998, cela colle atrocement à cette définition. Sans parler que l’on a trompé la famille en laissant croire à une mort naturelle. Je pense sincèrement que tout ce déballage que certain accusent d’être diffamatoire ne devait servir qu’a une chose, ce serait d’honorer la mémoire de cette soeur.

    • Madame,

      « Les messages sont nauséabonds et impudiques. » C’est tout a fait juste.

      Ce que vous gêne c’est qu’ils soient tristement laids, non pas qu’ils soientt affreusement vrais.

      Il y a des personnes qui préférent la beauté du language à la laideur de la vérité.

      Je suis heureuse que vous n’ayez trouvé que de l’amour à Béthléem.

      C’est peut-être cela qui vous a fait sortir…

      Paix à vous.

  • Maria 24 novembre 2014 15:51

    Frère Silouane, paix à vous.

    Je vous connais et je peux témoigner de votre bonté, bienveillance, intelligence, sens de responsabilité et authentique désir de servir Dieu. De votre capacité d’amitié aussi.

    Je ne vous reconnais pas dans ce que vous écrivez.

    Vous avez aimé frére Séraphim, choisit leur compagnie et conseil tant de fois et je suis sûre que vous avez souffert de son départ. Comment pouvez-vous maintenant haïr tellement Fabio B. seulement parce qu’il a exprimé la vérité de son expérience ?

    Je ne vous reconnais pas mais je reconnais la façon de parler de soeur I lors des chapitres ou elle deversait sa colère et ressenti. Tous les mots typiques de son discours sont dans votre texte. Elle est bien prolixe.

    Si ce que je dis est vrai, seulement votre conscience le confirmera, alors il faudra reconnaître que Fabio a bien raison quand il dénonce la manipulation que la prieure genérale exerce sur les frères.

    Alors c’est mieux pour vous d’aller devant Dieu et Lui demander pardon. Et écrivez un nouveau message, celui-ci sorti de votre propre cœur plein de tendresse et des sentiments chrétiens.

    Maria

  • domnin 23 novembre 2014 22:06

    Perso, je ne me suis pas tapé les 60 pages. J’ai lu l’introduction et la conclusion de Fabio, le suicide de soeur Myriam, la réponse de Silouane, le commentaire du collectif lenversdudecor à la réponse de Silouane, et quelques commentaires. Ce qui m’étonne c’est la couleur rouge gras du commentaire de lenversdudecor sur la réponse de Silouane placé avant même le texte dudit Silouane…

    • Bonjour monsieur,

      Le « rouge gras », c’était juste pour bien distinguer notre commentaire des deux autre documents (le témoignage de Fabio B. et le droit de réponse du frère Silouane).

      On désirait surtout montrer à nos lecteurs que cette partie là (y compris le droit de réponse) était nouvelle par rapport à l’article de Fabio B., lequel était déjà en ligne depuis plusieurs semaines.

      Sur le choix de la couleur rouge… on avait le choix entre ça… ou du bleu. Mais si cela vous empêche de dormir, on peut le mettre en bleu.

      Cela ne nous pose aucun problème et nous sommes tout à fait désireux de diffuser le droit de réponse du frère Silouane. Nous considérons que sa réponse (même si, d’après plusieurs commentaires, le frère Silouane n’aurait fait que donner sa signature à un document qu’il n’aurait pas écrit) est tellement agressive qu’elle montre bien que cette communauté n’est pas au clair avec les points soulevés par Fabio B.

      Quant au caractère « gras », cela ne dépend pas de nous (sur le logiciel que nous utilisons, quand on écrit en rouge, cela met automatiquement le texte en gras…).

      Le collectif

      • Merci de votre réponse. Mais non, le rouge-gras ne m’empêche pas de dormir, au contraire il me fait rire. Certes trop rire peut empêcher de dormir, mais je ne ris pas jusque là.

        Le commentaire d’une rédaction à un droit de réponse doit toujours venir après ce dernier, peut-être avec une typologie un peu différente, mais sûrement pas devant et en rouge-gras. Votre présentation fait penser à un Roi qui recevrait d’autres rois ou empereurs en les faisant assoir sur des chaises plus basses que la sienne pour bien affirmer sa propre supériorité. Votre rouge-gras illustre crument l’objectif général du site et la méthode choisie pour y aboutir. Alors même vous essayez des le cacher par tous les moyens. C’est ce dévoilement involontaire qui me fait rire.

        Votre objectif est seulement de casser du curé, et au final de faire passer toute l’Église pour une secte. La méthode est le surf sur les dérives sectaires, très à la mode dans les médias de notre pays. 2h de feuilletage du site m’ont suffit pour voir ça. Plus malignement anticlérical, je meurs ! Le rouge-gras, c’est la cerise sur le gâteau qui m’a fait éclater de rire ! Cordialement.

        PS : je précise que je connais rien à la communauté de Bethléem, hors ce que j’ai lu ici. Je ne rentre donc pas dans le débat qui y affère. Mon propos porte uniquement sur la tonalité générale du site.

        • Heureusement que vous êtes totalement inconscient des énormités que vous dites…

        • "Votre objectif est seulement de casser du curé, et au final de faire passer toute l’Église pour une secte."

          Voilà ce qu’on appelle un “jugement téméraire”, autrement appelé “procès d’intention”.

          C’est justement à cause de ce genre de raisonnements pervers que l’on prive l’Eglise de sa capacité d’auto-critique générant de ce fait en son sein des structures d’impunité.

          Si tous ceux qui critiquent les dérives et les crimes commis au sein de l’Eglise, sont disqualifiés par principe "parce qu’ils osent critiquer l’Eglise", alors cela signifie que l’Eglise devient le meilleur allié des pervers, des criminels, des violeurs et des gourous. « Venez gourous de tous poils, fonder votre propre communauté dans l’Eglise. Vous pourrez abuser, manipuler, exploiter autant que vous voudrez : rien ni personne ne vous en empêchera ! Car il vous suffira d’accuser vos accusateurs d’être des "ennemis de l’Eglise" qui veulent "casser du curé" pour être au delà de tous soupçons ».

          Ben voyons !

          C’est exactement le même problème que le scandale des abus sexuels sur mineur par des prêtres. Si on ne les traite pas "parce qu’on considère que les victimes sont des salauds revanchards qui cherchent la vengeance", on commet une atroce injustice, on laisse des prédateurs en liberté et on décrédibilise complètement l’Eglise.

          • "Voilà ce qu’on appelle un “jugement téméraire”, autrement appelé “procès d’intention”."

            En tout cas c’est mon opinion, il n’y a aucune raison pour que je la cache. Comme toutes les organisations humaines l’Église est critiquable, et je la critique moi-même sur de nombreux points. Mais il y a l’objectif et la manière. Ici je les trouve "obscurs", comme dit l’ex-soeur. Je ressens de la globalité de ce site, un malaise, qui me fait irrésistiblement penser à une manipulation anticléricale. Peut-être que je me trompe. Démontrez-le. Cela vous changera un peu de vous défendre, au lieu de toujours attaquer. Bonne soirée à vous.

            • Manipulation « anti-cléricale » dites-vous ? donc contre les « prêtres » : apparemment ces témoignages dénoncent les déviances sectaires d’une communauté : cela n’a rien a voir avec les prêtres ?

              Qu’entendez vous par Eglise ? si l’on dénonçait un père ou une mère de famille par exemple qui infligent des mauvais traitements à ses enfants (hypothèse) et que celui -ci était « catholique » vous diriez : c’est un témoignage anti-clérical ? (et bien oui, ce père ou cette mère de famille est catho !) on veut détruire l’Eglise en l’accusant ?

              Qu’est-ce qu’attaquer l’Eglise pour vous ? qui en fait partie ? tous les baptisés ou seulement les prêtres ?

              Une opinion se fonde sur des faits sinon c’est une impression : une opinion peut se réfuter, se démontrer, s’étayer… que sais-je…

              Que vous ayez l’impression que sur ce site que votre vision « idéale » de l’Eglise (= apparemment les prêtres et les religieux et religieuses ) s’écroule : Oui, Mille fois OUI

              Cela ébranle complètement la vision commune de ce que devrait être une personne consacrée et son lieu de vie (libre, aimant, ouvert, etc..)

              C’est effectivement hyper-choquant pour nous tous ces témoignages qui tombent les unes après les autres, c’est violent… On ne pouvait imaginer cela…

              Alors comme vous, on peut se réfugier dans le « déni » (c’est très courant) et dans l’accusation : ce n’est pas vrai, ce sont des mensonges…. Votre réaction est psychologiquement très très compréhensible… Comme si l’image idéale de « l’Eglise » (les sœurs, les frères…) sur laquelle on s’appuie ne tenait plus… c’est tellement difficile : je comprends votre réaction, vraiment.

              Après, malheureusement, je sais aussi que toutes les personnes qui témoignent disent la vérité de ce qu’elles ont vécu…

              Vous y réfléchissez ? on en reparle ?

              • Salut Alex, Si je te comprends bien et que je te résume, mon opinion s’explique uniquement et aisément par ma faiblesse d’esprit et par mon manque de sens critique. Certes, c’est une hypothèse. Mais je crains de rencontrer quelques difficultés pour y adhérer.

                J’ai été frappé dans les cas que j’ai regardés par l’extrême rareté des individus mécontents proportionnellement au nombre de gens concernés. De quelques cas qui se comptent sur les doigts d’une main, on en tire de graves conclusions générales sans jamais se soucier de la majorité des satisfaits. Et bien sûr il faut accorder une confiance aveugle aux témoignages qui sont montés en épingle, même les plus invraisemblables. Seulement dans toute communauté humaine il y a des mécontents, des mésententes, des vengeances. Les communauté ecclésiales n’y échappent pas, et ne peuvent pas y échapper, car, tous, nous ne sommes que humains avec nos qualités et nos défauts.

                Le grave problème ce ce site est qu’il a besoin des mécontents pour exister. Si c’était uniquement pour défendre quelques individus, ok ça m’irait. Mais ça va bien au delà, on en tire des conclusions générales très négatives sur toute l’Église qui ne sont pas objectives du tout. Franchement, ça ne va pas.

                • Ce qui m’ennuie beaucoup dans votre réaction, Domnin, c’est la superficialité de votre jugement. Vous attaquez les intentions des auteurs de ce site et des témoins, en vous appuyant sur quelques ressentis, mais vous n’argumentez rien. Et vous concluez en les accusant de manquer d’objectivité. C’est un peu fort de café !

                  Il y a pourtant des faits, graves…

                  Cela ne vous choque pas qu’une supérieure religieuse utilise n’importe quel argument, y compris les mensonges les plus fumeux, pourvu de faire entrer une jeune au noviciat ?

                  Cela ne vous choque pas qu’on fasse appel à des pseudo-voyants pour contraindre des religieux malheureux à rester dans la congrégation ?

                  Cela ne vous choque pas de voir qu’on laisse pourrir un jeune qui est extrêmement malheureux pendant plusieurs années, au lieu de l’aider à sortir de la communauté et pouvoir reconstruire sa vie ailleurs ?

                  Cela ne vous choque pas qu’une communauté n’apporte aucune aide à ses anciens membres pour se réinsérer, les laissant dans le dénuement le plus complet ?

                  Cela ne vous choque pas qu’une communauté refuse de cotiser pour les retraites de ses anciens membres (alors que ces membres ont vécu, travaillé et souffert pendant 10, 20 ou 30 ans dans cette communauté) ?

                  De fait, vous avez raison sur un point : « on en tire des conclusions générales très négatives sur toute l’Eglise ». Oui, c’est vrai. La question, ici, c’est : alors, que faut-il faire ?

                  Cacher tous les problèmes et essayer de faire croire que tout va bien (madame la marquise) ?

                  Ou bien reconnaitre qu’il y a un gros gros problème et se battre pour essayer de le résoudre ?

                  A votre avis, quelle est la solution la plus chrétienne, la plus juste et la plus responsable ?

                  • 26/11/14 : @ Xavier,

                    Merci de votre réponse. Merci aussi de confirmer mon opinion :

                    De fait, vous avez raison sur un point : « on en tire des conclusions générales très négatives sur toute l’Église ». Oui, c’est vrai.

                    Mon propos, je l’ai déjà écrit, c’est la tonalité générale du site. Elle seule peut dévoiler votre véritable objectif, qui apparait clairement comme la condamnation de toute l’Église. Pour ma part je pense 1) que vos conclusions ne sont pas fondées, et 2) que vos actions visent la destruction de l’Église. J’argumente :

                    1) Vos conclusions générales très négatives sur toute l’Église ne sont pas fondées, d’abord parce que quelques cas particuliers ne font jamais une généralité. Ensuite parce que toute organisation humaine porte son lot d’échecs, de souffrances, de jalousies, de méchancetés, de vengeances. Nulle part vous ne démontrez que le taux d’échec dans les communautés ecclésiales dépasserait largement la moyenne des autres communautés humaines. Enfin, le fait même que votre site vive du mécontentement des gens obère son objectivité à tout jugement général. Le débat plus haut sur le « recrutement » des femmes qui ont quitté Bethléem illustre très bien ce problème.

                    2) Votre principale action est ce site internet lui-même qui permet de toucher une multitude de gens. Avec le très médiatique appât des dérives sectaires, on lance une multitude d’accusations non prouvées, mais impossible à mettre en doute sans passer pour un sans-cœur membre du complot. Tout ça pour corriger les « erreurs » de l’Église. Si vos actions essayaient d’aider concrètement des personnes ou des communautés à trouver des solutions à leurs inévitables difficultés humaines ou matérielles (dont la reconversion), j’applaudirai des deux mains. Mais pour ce genre d’aide humaine et charitable il n’y a pas besoin de tout l’étalage du site, bien au contraire. Donc je n’y crois pas. Reste l’inévitable conclusion : votre objectif, conscient ou inconscient, est la condamnation du système, voire la destruction de toute l’Église.

                    Cordialement.

                    • Bizarre, le Xavier de ce matin s’est changé en Jean-Philippe… Pas grave, le msg précédent devient donc @ Jean-Philippe. Il vaut aussi pour @ Alex.

                      domnin

                    • Domnin,

                      Vous n’argumentez pas, vous assénez des certitudes. Vous restez au niveau de votre ressenti, et n’évoquez aucun des problèmes qui sont soulevés dans ce site.

                      Votre seule ligne argumentative, c’est de faire des procès d’intention répugnants.

                      Vos affirmations démontrent une méconnaissance totale du travail fait par ce collectif, puisque précisément ses membres ont tous oeuvré pendant des années pour se faire entendre par ces fameuses communautés, et malgré des centaines et des centaines de tentatives, elles n’ont jamais reçu que des marques de mépris, quand il ne s’agissait pas d’affreuses calomnies répandues à leur égard.

                      Savez vous seulement que ces personnes que vous accusez injustement, ont du se battre, parfois pendant des années, contre leur propres peur « de faire du mal à l’Eglise » ? Savez-vous que la plupart d’entre nous sommes torturées par l’angoisse de faire une mauvaise publicité à l’Eglise ? Savez-vous seulement ce qu’est le devoir de conscience ? Avez-vous la moindre idée de ce que signifie la mission prophétique qui est attachée à notre baptême ?

                      Il y a des communautés qui ont développé des stratégies d’une violence extrême à l’égard des anciens membres. Et cela, nous pouvons en témoigner et le prouver. Alors, vous croyez quoi ? Qu’on est dans le monde des bisounours et qu’il suffit d’écrire à son ancien supérieur pour qu’une communauté accepte tout d’un coup de se corriger, d’être en règle avec ses anciens membres et de reconnaître les vicissitudes de son fondateur ou sa fondatrice ? Dans quel monde vivez vous ?

                      Nous parlons de communautés déviantes, de suicides, de personnes complètement détruites, qui ont tout perdu dans la vie… et vous les piétinez et leur crachez encore dessus en les accusant de vouloir se venger ? Vous les accusez de ne pas accepter d’être de bonnes victimes, c’est-à-dire de souffrir en silence pour ne pas risquer de « critiquer l’Eglise » ?

                      Et voilà, on en revient toujours là : salauds de victimes ! Salauds de victimes qui osez vous plaindre ! Salauds de victimes qui piétinez nos rêves !

                      Mais à ce compte là, Jésus, qui n’a pas cessé de critiquer ouvertement les dirigeants religieux de son temps (et on sait comment ça s’est terminé), aurait-il seulement trouvé grâce à vos yeux ?

                      • @ Jean-Philippe

                        Salauds de victimes, c’est vous qui le dites. Pas moi. Jamais. Je dis seulement qu’il n’y a pas besoin de tout détruire pour aider les gens en difficulté. Vous refusez cette évidence parce que ça dérange vos plans.

                        • Domnin, ayez au moins l’honnêteté d’être cohérent avec vous-même Vous vomissez votre haine à longueur de message contre les personnes qui tiennent ce site, parce qu’elles dénoncent publiquement les abus, arnaques, délits, voire les crimes qu’elles ont subis au sein de l’Eglise.

                          Que ces personnes se soient battus pendant 5 ou 10 ans contre une administration sourde qui n’a de cesse d’étouffer les scandales sans le moindre discernement… apparemment, cela vous laisse complètement indifférent.

                          Au fond, que nous expliquez-vous ? Que si vous avez été victime d’une escroquerie dans l’Eglise, et bien vous devez fermer votre gueule.

                          D’ailleurs le simple fait qu’on se dise « victimes » vous est insupportable. Peut-être parce que cela remet en cause trop de choses en vous ?

                          Les prophètes n’ont jamais eu un rôle facile. Il y a des vérités que les hommes ne sont pas prêts à entendre. C’est toujours plus simple de taper sur les prophètes que de chercher à se convertir.

                        • En fait, si j’ai bien suivi (en même temps, c’est pas très compliqué) :

                          • l’argument du frère Silouane c’est : « Même pas vrai ! »
                          • l’argument de Domnin c’est « Vous êtes tous méchants ! »

                          On va aller loin dans la discussion avec ça.

                        • En admettant même que ce soit « leur plan » comme vous dites, ce serait donner aux hommes et femmes de cette organisation une toute puissance qu’ils n’ont pas. Ceux qui ont la foi doivent se souvenir qu’ils auront à rendre compte devant Dieu de chacune de leurs paroles, de chacune de leurs pensées.

                          Détendez-vous un peu.

                • Domin, lisez la réponse de Jean Philippe : que pensez-vous des ses questions « objectives » ? avez-vous des réponses ?

                  Le déni n’est pas une faiblesse de l’esprit c’est un mécanisme de protection, cela n’a rien à voir…

                  Le sens critique : il s’appuie toujours sur des faits réels sinon cela s’appelle l’esprit de contradiction. Je pense surtout que vous manquez d’objectivité, pourquoi ? vous seul avez la réponse…

                  Ce serait une personne de votre famille, un ou une proche qui aurait souffert disons comme « Aline » … : continueriez vous à dire que « ce n’est rien » ?

                  Vous voyez bien que vos tentatives de nier les évidences sont vaines… et qu’il va bien falloir s’attaquer à résoudre les gros soucis dans cette communauté pour que l’on arrête d’avoir des personnes complètement démolies et en grande souffrance.

                  Vous croyez franchement que c’est le message de l’Evangile ? : faites souffrir, maintenez des personnes dans des vies qui ne leur conviennent pas, forcez les personnes en leur disant que c’est leur vocation et c’est le démon qui leur dit le contraire, maintenez les personnes en régression par l’affectif, mélangez le for interne et externe etc. etc…

                  c’est ce que veut le Christ vous le pensez vraiment ?

                  on aurait là un Dieu bien sadique….

          • Bonsoir, je m’appelle Bruno.

            Je ne vois rien de suspect dans cette présentation. C’est un charisme approuvé par l’église.

            Dans la vie quotidienne d’un monastère de Béthleem, tout est enveloppé d’un grand silence. Chaque jour, tous les jours de sa vie, la moniale demeure dans la solitude de son ermitage en présence de Dieu. Elle célèbre les petites heures de la liturgie de l’Église, étudie, travaille, prend ses repas et dort. Toutes les religieuses accomplissent leur travail en solitude. Le samedi, la communauté se réunit au chapitre. Le dimanche, un repas communautaire, une longue marche et une rencontre évangélique se déroulent dans un esprit de fraternelle communion. Le lundi est une journée de désert vécue en totale solitude. Ce jour-là, seule l’eucharistie réunit la communauté à l’église du monastère.

            • Bonjour Bruno, je lis vos lignes et je ne peux pas ne pas réagir.. Vos lignes ce sont un copié collé de la présentation de Bethléem, la théorie en quelque sorte. Vous ne devez pas connaitre de l’intérieur .. A l’intérieur il y a les sœurs sous antidépresseurs, les sœurs qui travaillent beaucoup, celles qui sont oisives, celles qui sont satisfaites car elles ont une place au soleil, celles qui crèvent de solitude etc .. etc . A Bethléem on pratique beaucoup l’idiorythme.. Je ne veux pas vous faire de la peine, vous faire perdre des illusions mais je vous assure que, par exemple la journée en totale solitude c’est sur le papier pour certaines. Je m’abstiens de développer avec des exemples.. C’est à peine croyable que des témoins, des personnes qui savent de quoi elles parlent soient soupçonnées, pas entendues. De quoi avez-vous si peur ?

              • C’est peut-être dommage que vous ne développiez pas davantage. Ça permettrait de déconstruire les fictions auxquelles le monde est habitué et qui ne font qu’éloigner ce même monde de la vérité faite chair : le Christ.

                • Développer davantage ? donner des exemples concrets ? Je réfléchis, je ne sais pas encore … Est-ce utile ? Quand je lis certaines réactions comme celles de Domnin je pense que non . Je tiens à préciser que je peux entendre ce qu’il dit, ça ne me gêne pas mais je vois quelqu’un qui s’accroche à ..quoi d’ailleurs ? On nous accuse de vouloir détruire l’Église mais parfois on pourrait se demander si elle ne le fait pas toute seule. Quand on s’insurge ainsi , s’agit-il de foi et si oui laquelle, ou de religion ? Qu’est-ce que cela a à voir avec l’évangile ? J’avoue être un peu perdue alors qu’on essaie de dénoncer des choses si graves, si douloureuses et qui, non, ne sont pas des cas particuliers , d’être renvoyé dans les barres. Oui comme demande Alexandre je crois « s’il s’agissait de quelqu’un de vos proches ? » mais il est vrai que certaines familles refusent de recevoir celui qui a rompu ses engagements.

                  Oui Bruno ,les sœurs reçoivent avec beaucoup de ..tout, gentillesse, sourire, petite fleur pour décorer le plat..mais savez-vous ce qu’elles vivent ? A Bethléem il est de très bon ton de dire qu’on désire la solitude, tout le monde le dit, y compris les sœurs qui, une fois dégommées dépriment.. La solitude 3 jours, une semaine en sachant qu’on va retourner chez soi c’est super . Mais savez-vous ce qu’est le VRAI désert, celui où il n’y a rien, rien, avec toujours les mêmes textes, encore et toujours sans exégèse.. : la lettre de St Bruno à Raoul Le Vert et la phrase de St Bruno que vous citez « ce que la solitude et le silence du désert apportent…. » j’ai eu comme le cerveau lavé par ces paroles qu’on ressortait à tout bout de champ.. Une intelligence non arrosée , il faut le vivre ..!!!

                  Paix à tous comme dit Maria .

                  • Maria,

                    Je comprends très bien ce que vous dites… Ayant été moi-même manipulé (pour la petite histoire : mon « gourou » était diplômé de l’ISL, psychologue praticien, et de temps à autre aidait les moniales en détresse, avait de bons contacts avec les monastères français - il était aussi pervers paranoïaque et satisfaisait ses appétits homosexuels…). Dossier épais chez feu le père Trouslard à Soissons… La position de Domnin est facile. Il n’a jamais vu et ne sait pas. Encore une fois, la vie la plus connue se nourrit de fictions, de fables … Chacun doit agir selon sa conscience, je crois que c’est une bonne règle.

                  • En même temps Chantal, si St Bruno a écrit cette lettre à Raoul le verde, c’est qu’il a bien vécu cette expérience et gouté à la vie au désert (et bien plus que 3 jours ou une semaine). Cette expérience érémitique au désert les chartreux l’ont vécu à travers les siècles jusqu’à nos jours et avant eux les pères du désert. Vous semblez remettre en cause l’essence même du monachisme avec des arguments que je n’arrive pas bien à comprendre. Vous dites qu’on ne trouve rien au désert, mais n’y a t’il pas que Dieu au désert ? Est-il possible de s’ennuyer avec Dieu et de s’en lasser ? Je ne doute pas que ce soit un mode de vie très rude, Jésus n’a t-il pas été tenté 40 jours comme le relate les Evangiles. En même temps je reçois vos remarques ainsi que celles de Fabio.

                    • Pardon Bruno je me suis mal exprimée.. Je n’ai jamais eu l’idée de remette en cause l’expérience de St Bruno.. .ni l’essence du monachisme, vraiment !

                      Ce que je remets en cause, c’est la solitude à Bethléem où le discernement est quasi nul , où vivotent et souffrent et s’abiment des personnes qui ne sont pas appelées à cette vie là . Quelqu’un l’a redit sur le forum , les Chartreux , c’est connu ,gardent un postulant sur 100. Eux ils pratiquent le discernement. J’ai connu un homme , entré chez les Chartreux et qui s’y trouvait bien, sans s’ennuyer semble-t-il !!! IL a fait profession, mais au moment de ses vœux perpétuels il y avait des haricots noirs au milieu des haricots blancs !! cf mode de vote en Chartreuse. Il a redemandé l’année suivante, niet de nouveau. Il ne comprenait pas, c’était un bon moine, un moine « réglo » , heureux. En fait les moines avaient vu qu’il ne pourrait pas durer toute une vie à la Chartreuse car il était dans l’incapacité de chanter et au monastère on passe de longues heures au chœur. Cela c’est du discernement.. Il est resté en bons termes avec ses frères, s’est marié…

                      Sans doute qu’il n’y a que Dieu au désert mais que je sache on n’est pas de purs esprits, et à Bethléem faute souvent de vrai cursus d’études on rame dans le vide. Dieu on ne le voit pas, on ne le touche pas et notre être de chair, de pensées, d’instinct, de toute sorte, est toujours là.. Je pense que les vocations de solitude sont rares et particulières.. Dans les monastères bénédictins un moine peut accéder à la solitude, après des années et des années de service fraternel.

                      A Bethléem il y a des « bébés »de 20 ans en ermitage.. comment voulez-vous que ça ne finisse pas mal un jour ? Mais à Bethléem on est au dessus des autres ; on ne profite pas de l’expérience des autres « Nous, on n’attend pas d’avoir 60 ans pour aller en solitude » !!! Peut-être que je m’exprime de façon un peu confuse, mais je parle d’expérience. Bon, d’accord ,je ne serai pas canonisée mais qu’est ce que j’ai pu m’ennuyer, vous ne pouvez pas savoir !!

                    • Habile rhéteur ? pourquoi dire ces choses ? pour noyer le poisson ?

              • Bonjour c’est bruno,

                Chère Chantal, merci de vos remarques. J’ai coutume de faire des retraites dans les monastères. Ce sont toujours des moments merveilleux pour moi et indispensables pour échapper au rythme de ce monde. Je n’y ai rencontré que paix et joie dans le regard de chaque moine et moniale et un repos pour mon âme.

                • Saint Bruno † 1101 Ce que la solitude et le silence du désert apportent d’utilité et de joie divine à ceux qui les aiment, ceux-là seuls le savent qui en ont fait l’expérience.

                • Bonjour,

                  Comme vous je suis allé en retraite, à plusieurs reprises, chez les moniales et j’ai beaucoup apprécié mes séjours. Mais, ce n’est pas l’accueil des retraitants qui fait problème. Ce qui fait problème, c’est la souffrance des personnes et leur prise en charge, l’utilisation de méthodes propres aux sectes pour les maintenir… plus tout le reste.

                • Cher Bruno, si ces temps de retraite vous aident, continuez à les faire, pouvoir se poser, se reposer, lire, descendre en soi-même, échanger avec quelqu’un qui vous écoute avec bienveillance sont une chance souvent inconnue à qui est immergé dans une vie frénetique, telle du moins qu’on peut la mener aujourd’hui en plusieurs parties monde, surtout dans les grandes villes. Mais dites-vous bien que les moniales que vous ne voyez vivre sous vos yeux que quelques moments par jour, ne sont pas là comme des hôtes, Dites-vous bien aussi une autre chose : si la moniale ou le moine qui vous accueillent et qui viennent vous écouter sont si souriants, c’est aussi parce que parler avec vous leur permet de faire comme une pause, de prendre une bouchée d’air dans leur routine de tous les jours. La tâche de parler avec les hôtes est une tâche des plus convoitées dans les monastères. Qui est en chargé, surtout si il/elle est encore jeune, le ressent comme un avancement,une marque d’estime que le prieur/la prieur lui fait. Bien à vous

                  • Merci Fabio de votre réponse. Oui je vais continuer ces retraites, ce sont des temps de bénédiction pour moi. Il est important d’avoir ces poumons spirituel hors des grandes villes qui nous plonge dans la tradition monastique à l’école des pères du désert. mais je me questionne… Si toute cette joie et paix n’était qu’une façade, comment cela pourrait-il tenir. Il faut bien qu’il y ait quelque chose d’authentique, de profond, sinon cela s’écroulerait comme un chateaux de carte. On parle de plus de 800 moines et moniales répartis en 31 monastères. Si tous étaient retenu sous la contrainte cela serait impossible à mon avis. Je reste dubitatif sur certains propos qui me viennent aux oreilles.

                    • Cher Bruno, Vous avez tout à fait raison, « si tous étaient retenus sous la contrainte cela serait impossible ». Si je pense à mes 24 ans, je ne me souviens pas d’un seul instant où j’aies été retenu par la contrainte. Il y a eu des moments, des heures, des jours entiers où je me sentais heureux, très heureux. Je pourrais même dire que les années jusqu’à mes premiers voeux (5 ans environ) ont été merveilleuses de ce point de vue. Mes malaises n’ont commencé qu’après. Je ne parlerai pas de contrainte comme communément on l’entend. Je parlerai plutôt d’endormissement, de la conscience d’abord et puis de l’affectivité, de la raison, du bon sens, bref petit à petit de ce qui fait le noyau de notre humanité. On peut tout à fait tenir de nombreuses années de cette manière là, on croit vivre une vie au delà de la vie humaine tout court, une vie supérieure, « divine », « évangélique » et se sentir heureux là dedans. Je crois que ceux ou celles qui n’éprouvent pas ce bonheur dés le départ sont assez rares à Bethléem, du moins ils ou elles ne resteront pas très longtemps. Vous voyez, le bonheur, même si il est ressenti comme profond et authentique, peut très bien exister dans un état second, endormi. Je crois que l’expérience spécifique de tous ceux et toutes celles qui un jour sont partis de Betbléem, a été celle d’un réveil, d’un retour à la vie et à la conscience. On a du coup peut-être aussi perdu le bonheur de ce « beau » rêve, mais on a appris à apprécier davantage l’éveil souvent douloureux d’une conscience libre que l’endormissement pafois heureux de notre humanité. Voilà ce que je peux répondre à votre question, qui me paraît tout à fait normale et logique pour quelqu’un qui n’a connu Bethléem que de l’extérieur.

                      • Bonjour, c’est Bruno.

                        Fabio je voudrais vous poser une question. Quelle est la finalité de votre démarche ? En publiant sur internet ce dossier (je ne prend pas position sur la véracité de son contenu car il est vrai que je ne connais pas Béthleem de l’intérieur et vous semblez dire qu’il faut être à l’intérieur pour comprendre), quelles sont les effets que vous comptez produire et ne craignez vous pas des risques quant à la perennité de la congrégation suite à ce déballage que certains accusent d’être diffamatoire (ou est la vérité dans tout cela). Dans l’hypothèse ou tout cela serait vrai, la position des dirigeants de béthleem serait assez limité. Ou bien le déni, ce qui semble être la position adoptée ou bien une remise en cause mais telle que vous présentez le shéma structurel de commandement (si cela est bien réel) cela voudrait dire faire table rase avec le risque que cela comporte. En quelque sorte avouer ne serait-il pas une auto destruction ? Ce n’est pas banal de diffuser un dosssier qui touche aux affaires internes d’une congrégation. En mesurez vous les conséquences ? Bruno

                        • Je pense aussi aux familles qui ont leur enfants à Béthleem. Cela parviendra t’il à leurs oreilles (je ne connai pas la visibilité de ce site ni la teneur du bouche à oreille) ? Quels effets cela peut-il produire et en avez vous mesuré les conséquences ?

                        • Cher Bruno,

                          Vos messages me font toujours plaisir, vous posez des vraies questions et ça me donne envie de répondre, cela change un peu avec les procès d’intention qu’on peut lire parfois, de part et d’autre d’ailleurs. Vous ne posez pas une question, vous en posez plusieurs, je vais essayer d’aller dans l’ordre.

                          - 1.Quelle est la finalité de votre démarche ?

                          La finalité de ma démarche je l’ai expliquée dans les premières pages de mon témoignage, je vais les récopier ici : « La rédaction de ce témoignage a une autre visée : aider, dans la mesure du possible, certaines catégories de personnes. Je sais parfaitement qu’aucun frère ou sœur de Bethléem ne lira jamais ces pages. Les responsables, et même pas tous, les liront certainement . Mais cela s’arrêtera là. Ce n’est donc pas à eux que j’ai pensé en écrivant ces pages. J’ai pensé plutôt et principalement aux ex-frères et ex-sœurs de Bethléem, aux familles qui ont actuellement un fils, une fille, un neveu, une nièce, une cousine, un cousin dans la communauté, aux jeunes gens qui s’interrogent sur leur vocation et à toute personne, prêtre, évêque, religieux, religieuse, simple laïc qui veut les aider. J’espère que ces personnes pourront tirer profit de cette lecture. »

                          Il y a cinq ans, quand je suis allé déposer ce témoignage à Rome, j’avais une autre visée : solliciter l’action de l’Eglise en vue d’une visite canonique, en vue d’aider la communauté à se redresser sur certains points. J’avais été très bien accueilli par les prélats rencontrés, je pensais donc que mon action et celle d’autres personnes, notamment de l’ancien prieur général, auraient abouti. Ces prélats nous avaient même demandé de leur faire des propositions de changements, ce que nous avions fait. Après, contrairement à nos attentes, cela n’a pas abouti. La visite canonique n’a pas eu lieu, malgré ce que frère Silouane ait écrit, car la visite canonique est un évènement publique et rien de tel ne s’est vérifié depuis 5 ans. Voilà pourquoi aujourd’hui mon objectif n’est plus directement celui d’une action ecclésiale mais tout simplement d’une action de renseignement.

                          - 2. En mesurez vous les conséquences ?

                          En posant cette question vous voulez dire que, malgré les visées poursuivies, il peut y avoir des effets non prévus. Oui, certainement, mais c’est quelque chose auquel je ne pensais pas en publiant mon témoignage. Vous voyez, lenversdudecor a publié depuis deux ans toute une série de documents accablants sur d’autres communautés d’Eglise. Les responsables du site m’avaient dit qu’ils avaient reçu assez peu de commentaires à leurs publications d’articles. Ce qui est en train de se passer actuellement, à savoir ce foisonnement de commentaires provoqués par la publication de témoignages sur Bethléem, est quelque chose de nouveau pour le site. Je ne sais pas comment interpréter la donne, mais cela veut dire en tout cas que Bethléem intéresse un certain nombre de personnes en France, plus que d’autres communautés critiquée sur ce site.

                          Cela dit, je ne crois pas que mon document, ainsi que ceux des autres témoins, aura vraiment des effets « dévastateurs » pour la communauté. Aucun membre de la communauté ne les lira, sauf certains responsables désignés par les prieurs généraux. Un bon nombre de personnes, extérieures à la communauté, à ce qu’on m’a rapporté, refusent de le lire, contestant le ton soi-disant anti-clérical du texte. D’autres encore ne peuvent estimer crédible quelqu’un qui a renoncé à son sacerdoce et qui a jeté, comme on le dit, « le bébé avec l’eau du bain ».

                          - 3. En quelque sorte avouer ne serait-il pas une auto destruction ?

                          Je ne pense pas, du moins dans le sens que vous semblez donner à ce terme. Reconnaître ses fautes est un élément constitutif du chemin monastique, comme d’ailleurs de tout chemin humain. Reconnaître d’avoir dévié, de s’être trompé, d’avoir à demander pardon, à réparer, ce sont toutes des attitudes profondément chrétiennes et qui ne peuvent que redonner de la santé à une personne et à une communauté qui en fait l’expérience. Je trouve que des témoignages comme ceux qui ont paru sur lenversdudecor sont une chance pour Bethléem, la possibilité d’un nouveau départ, d’un chemin merveilleux qui s’ouvre pour chacun et chacune.

                          Mais je mesure aussi les difficultés, bien évidemment. Et ces difficultés ne sont en réalité qu’une seule : reconnaître que c’est la communauté prise en son ensemble qui se trompe. Vous savez, j’avais été formé depuis les débuts de ma vie au monastère à reconnaître mes fautes, la demande de pardon tient une place essentielle dans la vie de chaque monastère. Je suis convaincu que sœur Isabelle et frère Silouane sont tout à fait disposés à demander pardon pour leurs propres fautes s’il en était le cas. Le problème n’est pas là, même si sur ce site parfois on a l’impression qu’on fasse retomber toute la responsabilité sur une seule personne. Je n’ai jamais pensé cela et il suffit d’aller regarder dans mon témoignage ce que je dis de l’actuelle prieure générale pour s’en rendre compte. A Bethléem le problème n’est pas une personne c’est un système, je l’ai dit et je continuerai à le dire autant de fois qu’on me le demandera. Or, et c’est ici tout le problème, ces moines et ces moniales prêts à se mettre à genoux et à demander pardon quand il s’agit de leurs propres fautes personnelles, ne le sont plus quand il s’agit de reconnaître les fautes de la communauté prise dans son ensemble. C’est quand même curieux… c’est pourquoi j’ai parlé d’idôlatrie de la communauté. Il y a là un problème, difficile à cerner pour quelqu’un de l’extérieur, mais tout à fait réel et central. On n’attaque pas Bethléem, c’est cela que frère Silouane nous reproche avec le plus de force.

      • Dans les messages envoyés sur le site, nombreux sont ceux qui cherchent à cibler la prieure de Bethléem. Il y en a même quelques uns qui disent que ce n’est pas Frère Silouane qui a écrit le “Droit de réponse”, mais Sœur Isabelle. C’est entièrement faux ! C’est bien moi qui ait écrit ce texte et en suis responsable. J’ai du respect et de l’amour pour les personnes de Fabio B. et de l’ancien prieur, mais je ne peux en aucune manière accepter les mensonges et les choses infamantes écrites dans le texte de Fabio B., qui met la suspicion et le discrédit sur toute une communauté et sur la prieure de Bethléem.

        • Bonsoir Silouane,

          Merci pour votre réponse, vous voyez, on commence un dialogue ! j’espère que vous continuerez soit à intervenir, soit pourquoi pas à demander à rencontrer tel ou tel pour dialoguer et échanger vraiment : ce serait le mieux, vraiment.

          Nous avons vraiment soif de savoir comment vous vous débrouillez tous avec cette spiritualité mariale, cette solitude même pour des personnes qui sortent de l’adolescence et qui n’ont rien vécu… Cette manière « d’avoir des vocations » si contraire à ce que font tous les autres « anciens » (qui découragent plutôt qu’il n’encourage de rentrer…)

          il y a tellement de questions …

          S’il vous plait continuez à parler avec nous ! les témoignages qui se succèdent sont tellement durs…. On veut comprendre : vous pouvez l’entendre ?

          Nous voulons que plus personnes ne souffrent à cause de Bethléem, cela suffit, il y en a trop …(car il n’y a pas du tout que Fabio malheureusement….) Et cela depuis tant d’années…

          Nous n’entendons pas cela dans les Carmels, chez les Charteux, chez les bénédictines, les cistercienes(nes) etc…

          Etes-vous pleinement heureux, vous, Silouane ? êtes-vous rentré très jeune ? votre témoignage serait intéressant… Nous expliquer ce que vous vivez et non juste dire « ce n’est pas vrai » voyez ?

          à bientôt, Silouane et merci par avance,

        • Bonjour Frère Silouane,

          Je suis une ancienne soeur. Je n’ai pas eu la joie de vous connaître pendant mes années à Bethléem. Cependant j’ai du mal à vous entrendre nous accuser de mensonge. Ce serait peut être constructif si vous pouviez préciser les points qui vous semblent faux plutôt que de généraliser ?

          Comme chrétienne et avec tout le respect que je vous dois, j’aimerais vous demander :

          - Soeur Myriah se serait suicidée en Juin 98.(je l’ai appris par le témoignage de Fabio) Je suis entrée en Octobre 1999 et ma famille était alors inquiète par rapport à la radicalité de la solitude et avait demandé à ma prieur si personne ne s’était suicidé. Cette dernière a répondu non. Cela s’appelle comment ?

          • Après ma sortie, je suis passée à Bet Gemal au cours d’un pélerinage. L’assistante de soeur Isabelle, pour ne pas la nommer, m’a confondue avec soeur X pour m’affirmer ensuite que “non non soeur X n’est pas sortie”. Alors qu’elle l’était. Cela s’appelle comment ? Fallait-il éviter que des anciennes ne se retrouvent ?

          - Devoir sortir de la communauté pendant que les soeurs sont à la liturgie, sans leur dire au revoir. Cela s’appelle comment ?

          - Nous demander de dire à nos familles qu’elles ne peuvent pas lire les homélies de soeur Isabelle (on les reçoit pourtant imprimées en clôture et mes parents voulaient les lire) parce que cela ne sort pas de clôture et que l’on nous dit ensuite qu’en fait nos familles ne peuvent pas lire les homélies car « Elles ne pourraient pas comprendre ». Cela s’appelle comment ? Il y a d’ailleurs beaucoup de choses que l’on nous demande de taire car l’extérieur ne peut pas comprendre. Cela s’appelle comment ?

          J’ai vécu de belles choses pendant ces 6 années à Bethléem et j’ai donné à l’Eglise mes belles années de jeunesse (28/34 ans). Plutôt que se faire accuser de dire des mensonges, j’aurais personnellement préféré qu’on me demande pardon pour certaines choses. Je ne dois pas être la seule. Oser se remettre en cause est important et signe de bonne santé psychologique. Je l’ai fait moi même à ma sortie, aidée par des prêtres. Et vous ?

          Très respectueusement,

          Sophie

        • Cher frère Silouane,

          je n’aurais jamais pensé qu’un jour on aurait eu l’occasion d’échanger au su et au vu de tout le monde sur un site internet. Personnellement je l’estime une chance pour tous les deux.

          Au nom de cet amour et de ce respect que tu me portes, et crois sincèrement que c’est réciproque, je te pose une question, ou mieux, je te repose une question que je t’ai déjà posée dans nos échanges de courrier. Je voudrais te la poser entre hommes, et donc que les femmes qui lisent ces lignes ne m’en veuillent pas. Dans tout ce va-et-vient de témoignages et Droit de réponse, il y a une chose qui me paraît bizarre. Je vais essayer de m’expliquer.

          Dans mon témoignage, que toi et soeur Isabelle connaissez depuis janvier 2010 (sauf quelques aménagements opérés dans la dernière version), je ne fais jamais la moindre critique portant sur la communauté des frères. Au contraire, si je parle des frères c’est surtout pour évoquer l’ingérence des soeurs dans leur gouvernement.

          Or, voilà ma question : si vraiment les soeurs et les frères sont deux communautés entièrement distinctes, pourquoi depuis 5 ans c’est un frère qui répond à des critiques portant sur la communauté des soeurs ? J’imagine une autre communauté religieuse faite d’hommes et de femmes et qui vivent en deux branches séparées. Si les femmes sont « attaquées », je pourrais très bien comprendre que la branche masculine fasse tout pour les soutenir, les conforter, les rassurer. Mais ce serait bien à la branche féminine de répondre aux attaques. Pourquoi c’est si différent à Bethléem ? C’est noble de ta part de te faire le bouclier des soeurs et de soeur Isabelle en particulier, mais il faudra bien que tôt ou tard les personnes remises en cause se défendent par elles-mêmes.

          C’est quand même curieux, quand on regarde les choses de l’extérieur. Voilà un frère qui quitte la communauté des moines de Bethléem. Ce frère se rend à la Congrégation de la Foi à Rome et confie ses inquiétudes à certains membres de ce Dicastère. Ces inquiétudes portent sur toute la communauté de Bethléem et en particulier sur la communauté des frères. Il demande plus d’autonomie pour la branche masculine. Il dénonce une ingérence des soeurs dans la vie et le gouvernement des frères. Or, on s’attendrait à ce que ce soit les soeurs qui insurgent et dénoncent cette tentative de discrédit. Or, il n’en est rien. Les soeurs ne bougent pas. C’est le frère prieur des frères de Bethléem qui est censé défendre toute la communauté frères-soeurs et surtout la réputation de la prieure générale des soeurs. Et pour ce faire, le prieur général fait retomber toute la faute sur un autre frère, l’ancien prieur général.

          L’étonnant est que ce soient toujours des frères, actuellement présents dans la communauté ou partis, qui prennent des coups dans cette aventure. Toi, en te faisant le bouclier des soeurs et t’exposant aux critiques parfois cinglantes du public d’internet. L’ancien prieur général, en devenant l’unique bouc émissaire de tous les déréglements en acte à Bethléem. Moi, étant désigné comme le grand architecte de cette œuvre de dénonciation capable d’une ruse et une habileté dignes des plus grands manipulateurs.

          C’est quand même drôle tout cela, il manque quelqu’un dans cette histoire. Si je peux oser un petit conseil ce serait que tout simplement, fraternellement, tu puisses demander à soeur Isabelle de répondre elle-même aux faits graves qui apparaissent non seulement dans mon témoignage mais aussi, et avec la même gravité, dans le témoignage d’anciennes soeurs.

          Je t’embrasse fraternellement

          Fabio

          • Mon pauvre Fabio, Quelle confusion dans votre logorrhée !!! Le témoignage initial, que j’ai lu, et Dieu sait qu’il est long, ne cesse de mélanger les genres … On démarre sur les frères, on passe chez les soeurs, on revient sur du iĺ puis du elle, puis tout converge sur Isabelle….

            Je ne suis pas un ancien frère, je suis un homme marié, père de 3 enfants, et à vous lire je pense tout simplement que vous avez un grave problème avec les femmes mon pauvre ami.

            On le sait bien, dans votre famille çe sont les filles qui sont en bien plus grand nombre et qui ont le leadership. N’est çe pas le cas dans toutes les familles en fait !!! The little sisters got the power !!! Hé oui, c’est ainsi, et c’est tellement génial d’avoir enfin une organisation ou le féminin l’emporte sur le masculin.

            Et vous avez passé 25 ans dans cette famille ou l’on vous avait indiqué dès le debut que c’était la Vierge Marie qui allait guider votre existence !?!?! Mais mon pauvre Fabio, c’était couru d’avançe votre malaise…..

            En vérité, je vous le dis, je pense que vous avez un problème personnel et tres intime avec la Prieure Générale de Bethleem….un gros gros problème meme ! Ca saute au yeux. Mais rassurez vous je suis sûre qu’elle vous aime aussi….

            • Et donc ? Au final, vous voulez dire quoi ?

              • Faire cesser les dérives sectaires avérées dans cette communauté. Arrêtez ce « magma spirituel » dangereux où le moi doit se dissoudre dans le moi de « La Vierge » et où les supérieurs vous parlent en direct de ce qu’elle veut et de ce qu’elle dit. Arrêtez ce délire collectif, revenir à la réalité.

                Arrêtez les recrutements abusifs (tu as la vocation, tu restes, c’est le démon qui te dit que tu n’as pas la vocation, « ressuscite ellico »….etc.)

                Enfin, bref, un tissu d’âneries qui conduit à la souffrance énorme de la plus part des personnes rentrées (souvent hyper jeunes : une ABERRATION) , les libérer de leur emprisonnement mentale..

                Bethléem, c’est la négation totale de la personnalité (qui doit se dissoudre dans celle de la Vierge), c’est l’anéantissement de la personne qui, pour tenir, régresse souvent à un stade infantile

                Sans compter l’absence d’activités intellectuelles, de formation, d’exégèse …, affectif exacerbé, absence du respect du for interne, du droit canon (vœux etc.), coupure des familles, secrets etc.. (les homélies des chartreux ont été publié, rien n’est « secret ») Le « secret » est un bon indicateur du degré de sectarisme dans les communautés. les constitutions, les homélies de Sr marie ou Isabelle : secret !! ils ne pourraient pas comprendre….

                Enfin il y a vraiment tous les ingrédients pour comprendre que Bethléem est une secte dangereuse et qu’il faut que cela s’arrête !!

                Le but est de prévenir aussi les personnes qui se laisseraient séduire par cette communauté afin de les empêcher de rentrer dans un système qui va les broyer à plus ou moins long terme…

                c’est de tirer la sonnette d’alarme et de dire « CELA SUFFIT » l’Eglise doit prendre ses responsabilités… et arrêter ces dérives

          • La communauté des frères 16 février 2015 20:25, par guy

            Fabio,

            dans votre message du 26 novembre, vous écrivez :

            Dans mon témoignage je ne fais jamais la moindre critique portant sur la communauté des frères. Au contraire, si je parle des frères c’est surtout pour évoquer l’ingérence des soeurs dans leur gouvernement.

            Je l’avais remarqué, en effet. Est-ce que je peux en conclure que la situation est différente et plus saine chez les frères ? J’ai une impression générale dans ce sens, mais je ne peux pas la garantir.

            • La communauté des frères 16 février 2015 21:03, par Fabio

              Guy,

              vous évoquez là une question difficile.

              Il est vrai que la situation est différente, nul doute. N’oubliez pas toutefois que dans la Règle de vie il est écrit que la dépositaire du charisme de Bethléem est la prieure générale des soeurs. « Le charisme vient des soeurs », cette phrase est sculptée dans la conscience de chaque frère. Aucune dérogation à ce principe n’a jamais été possible, les soeurs faisant toujours barrage. Ce serait trop long d’évoquer à nouveau ici le rapport homme-femme à l’intérieur de Bethléem, tant d’un point de vue historique que théorique. J’en ai parlé dans mon texte et d’autres en ont largement parlé aussi dans leurs commentaires.

              Séparer davantage la branche masculine de la branche féminine : c’était ce que nous avions demandé au Vatican lors de la remise de nos dossiers en 2009-2010. Mais ce n’est pas du tout aussi simple. Juste pour vous donner un exemple, je peux vous dire qu’en 2009, parmi les frères qui étaient entrés depuis 2001, c’est-à-dire depuis que les frères s’étaient à nouveau rapprochés étroitement des soeurs, je ne comptais qu’un seul frère, sur une vingtaine ou plus, qui était arrivé chez les frères sans passer par les soeurs. Les autres, tous les autres, avaient été « séduit » d’abord par le Bethléem soeurs.

              Maintenant vous allez dire à ces frères qu’ils doivent chercher ailleurs leur charisme ? Qu’ils doivent tourner leur regard vers d’autres formes de vie monastique ? Mais nous avons grandi dans le complexe de supériorité vis-à-vis de toute forme de vie monastique occidentale ! La seule forme pourrait venir de l’Orient. En effet, le monastère de Matthieu le Pauvre, moine copte mort en 2005, a joué un peu ce rôle de 2006 à 2008. Plusieurs d’entre nous y avions été passer quelques semaines de retraite. Mais là encore, ce lieu est devenu suspect le jour que les responsables ont compris que c’est pendant cette retraite que mes yeux avaient commencé à s’ouvrir. Du jour au lendemain ces retraites ont été stoppées, c’était en l’automne 2008. Et puis, le moine copte qui était censé nous transmettre la tradition des pères du désert n’hésitait pas à critiquer toute cette spiritualité tirée de l’Assomption de la Vierge dont nous lui parlions, sans parler du rôle de la femme dans l’Eglise, sur lequel il avait manifestément un autre point de vue…

              Cette question est beaucoup plus complexe que vous ne pourriez penser.

        • La fonction du déni est d’amortir le choc. Dans l’annonce de la maladie, ce qui fait trauma, c’est la soudaineté : d’un seul coup, on apprend que l’on est malade, que l’on va subir des traitements lourds, voire une amputation, avec en toile de fond, l’angoisse de la mort. Le déni donne le temps de métaboliser ces informations, de les intégrer dans son histoire.

          Le psychiatre anonyme

        • Bon , si vous le dites Frère Silouane, je vous crois, vous avez donc rédigé ce droit de réponse . Mais en l’occurrence, vous ne répondez pas à des questions déjà posées.

          Dans votre message on a du mal à voir un moine censé dire la prière de Jésus à longueur de temps. Je ne parle pas de mes seules réactions, mais de celles également de personnes qui sont loin d’être des piliers d’église.

          Et, une fois encore, vous évoquez les mensonges et choses infamantes dites par Fabio B. Lesquels ? Juste histoire de savoir de quoi on parle. Quand on accuse il faut être clair, précis, concret.

          Comme d’autres vous l’ont suggéré j’ai envie de vous dire "rentrez en vous-même, loin, là où se trouve votre conscience, votre noyau, votre vraie personne, Essayez de vous interpeller par votre nom de baptême … Vous n’êtes pas né « frère Silouane ».

          Paix à vous .

  • alexandre 23 novembre 2014 16:44

    Apparemment les « victimes » ont peur de parler « seules » la parole de Fabio B et le travail de l’avref et d’autres associations libèrent tout le monde. Il y a des victimes qui parlaient mais uniquement dans leur sphère privée. Les tentatives pour le dire à l’Eglise, (Fabio et d’autres qui ont écrit aux évêques et à Rome) se sont soldées par une fin de non recevoir :comme pour les autres sectes (légion du Christ etc..) il faut que ce soit les révélations « dans le civil » qui soit faites pour que cela avance…. c’est malheureux mais c’est la seule solution : L’Eglise n’est pas capable par elle-même de faire cesser les dérives sectaires en son sein, elle les protège….

  • Muarizio 23 novembre 2014 15:53

    Comment ne pas s’interroger sur cette brutale attaque après plus de vingt ans d’engagement ?

    Ne serait ce pas une justification agressive d’une fausse route en s’abritant derrière une charge violente contre la prieure et l’organisation ?

    Peut-on écrire avoir « passé ce qu’on appelle les plus belles années de la vie », cela pendant de longs temps et, simultanément , dire finalement sa haine ( à peine voilée) d’un système ?

    N’y a-t-il pas là un dérèglement psychologique ou un règlement de compte qui évite d’avoir à s’expliquer sur sa faiblesse, tout simplement humaine, mais néanmoins très intransigeante ?

    • Il y a des faits objectifs qui n’ont rien à voir avec une quelconque faiblesse et esprit de vengeance. L’utilisation du pendule, le « contrôle des pensées », les révélations privées pour confirmer les vocations, le gouvernement centralisé sur une seule personne, les privilèges de certain(es), etc. Tout cela révèle complètement un esprit sectaire et dévoyé.

    • Il n’y a pas de fragilité psychologique chez celui ou celle qui sent un jour que sa conscience est plus forte que tout. C’est même une preuve de bonne santé.

      Dans cette communauté où il pouvait être demandé aux personnes de « mentir pour la Vierge », comme je l’ai entendu, il peut être fort courageux de cesser de le faire au nom de sa conscience.

      Et n’est-ce pas parce que le Vatican n’a rien fait depuis 15,10, ou 5 ans que les témoignages arrivent maintenant sur la Toile ?

      Attention aux qualificatifs qui servent à disqualifier. Ils ne sont pas à l’honneur de ceux qui les utilisent.

    • Quand Fabio parle des « plus belles années », cela signifie, je crois ,les années de jeunesse, ce qu’on appelle communément « les plus belles années » . Par ailleurs on ne peut effectivement témoigner qu’au bout de 20 ans, voire plus si on est resté 20,25 ans dans la communauté..

  • jean peplus 22 novembre 2014 12:51

    On parle aussi en ce moment des petites soeurs de Béthleem sur un forum Chrétien : http://www.cite-catholique.org/viewforum.php?f=130

    Une discussion est en cours à propos du document de Fabio B

  • veronica 22 novembre 2014 11:10

    Je ne pense pas qu’il faille accabler Fr Silouane qui est une personne adorable, pour le contenu de son droit de réponse même s’il en porte une certaine part de responsabilité. La lettre est datée à Paris, ce qui laisse entendre que le frêre est venu au monastère Parisien place Victor Hugo, probablement ainsi que sr Isabelle et sa garde rapprochée (C’est elle qui est principalement attaquée dans le document). Une cellule de crise a du être montée en urgence pour élaborer une réponse. Ma main à couper que cette lettre n’est pas le fait de fr Silouane mais de Sr Isabelle qui n’a pas voulu se mettre en avant et s’est servie du frêre comme paratonnerre. C’est une stratégie que l’on retrouve dans les plus hautes sphères de l’état ou les repésentants politiques ne sont que les marionnettes d’un état profond et invisible qui tire les ficelles. Oui ce sont bien les soeurs qui gouvernent à Béthéem et sr Isabelle s’est débarrassé de l’ancien prieur général à la mort de sr Marie pour mettre à la place une personne facilement manipulable. Et je ne suis pas sûr qu’un jour les choses puissent changer à moins d’une intervention divine de la VRAI vierge Marie.

  • veronica 22 novembre 2014 00:03

    Comment vous remercier Fabio d’avoir liberer la parole de tant de victimes livrés à la plus totale des aliénations spirituelles. Vous êtes l’ange libérateur de tant d’âmes bléssés et détruites par une communauté dont la prieure est la vierge. Mais je suis persuadé que la vierge a un tout autre visage et on le saura au ciel dans la vrai liberté des enfants de Dieu et non dans celle diffusée sur Radio Paradis dans une cellule ou la voix du maitre retenti comme la plus hypnotisante des « mélodies ». Le BéthléemGate est enfin arrivé !

  • Ex-soeur de Bethleem 21 novembre 2014 22:53

    Bonjour, je m’appelle xxx, j’ai vécu pendant 15 ans à Bethléem. Je m’appelais « sœur xxx ». S’il n’en tenait qu’à moi, je donnerais volontiers mon identité.

    Cher Fabio,

    MERCI, MERCI. Que la lumière soit, et la Lumière fut, enfin ! Que la vérité sorte à la lumière ! En premier lieu, je suis extrêmement étonnée de la réponse de Frère Silouane. Comme un lecteur dit dans les commentaires : « Face aux attaques, la meilleure réponse n’est-elle pas de garder le silence dans la droite ligne de la tradition monastique ? » C’est ça le vrai moine. Au lieu de se justifier et de justifier Bethléem avec tant de mots, comme le fait frère Silouane. A moins d’avoir peur de découvrir que tout ce que Fabio a mentionné est la « pure vérité ».

    Frère Silouane,

    Je suis presque scandalisée de la façon dont vous parlez de l’ancien prieur de Bethléem qui d’ailleurs a été aussi le vôtre. J’ai entendu sœur Marie dire des nombreuses fois qu’il était UN SAINT ! Comment se fait-il donc qu’un saint quitte la communauté ? Les propos de sœur Marie ont toujours été enregistrés sur cassettes. Vous les avez toujours, n’est-ce pas ?

    « Et si sœur Marie, pour qui Bethléem a introduit une démarche de Béatification auprès de l’Eglise à Rome, était vraiment une sainte, pourquoi criait-elle sur tous les toits que l’ancien prieur de Bethléem était un « saint » ? Pourquoi le disait-elle sans arrêt si elle pensait tout le contraire ? Et qui êtes vous pour affirmer qu’elle ne le pensait pas ? »

    Vous dites que « l’ancien prieur a exercé une sorte de tyrannie à l’intérieur de la communauté, l’a fait dévier dans un idéal humain étranger à l’Évangile et s’est ingéré dans le gouvernement des sœurs ». Vous écrivez également : « Quelle crédibilité accorder à ce texte quand la vérité sur l’accompagnateur principal de Fabio B. est ainsi occultée, pour rejeter la responsabilité sur la communauté des sœurs et sur un charisme approuvé par l’Église ? ».J’aurais honte de faire partie de Bethléem en vous entendant parler de la sorte car vous occultez, vous, ce que sœur Marie disait de l’ancien prieur. Heureusement, je ne fais plus partie de Bethléem.

    Concernant Fabio, vous dites : « Ce que Fabio B. décrit comme le « marché des vocations » à Bethléem est ignoble et blessant pour ceux qui ont trouvé leur vocation. » Je dirais plutôt : pour ceux qui « ont cru » trouver leur vocation ! Pendant 15 ans, on m’a fait croire que j’avais une vocation à Bethléem. Et non seulement à moi, mais à tant de dizaines et de dizaines de sœurs qui ont quitté ou qui n’ont toujours pas le courage de quitter à cause de leur âge ou pour d’autres raisons. Moi, j’ai osé partir…

    Sœur Isabelle, ainsi que tout le conseil permanent qui me connaissent fort bien, savent que je n’ai jamais eu les yeux dans mes poches, que j’ai toujours crié la vérité : j’ai toujours souligné les scandales qui me révoltaient à Bethléem. Mais y avait-il quelqu’un pour m’écouter ou m’entendre, là-dedans ? Maintenant, avec Fabio, je le crierai à l’Eglise entière. Avec des dizaines et des dizaines d’ex sœurs et d’ex frères, nous le crierons ensemble à l’Eglise. Car Bethléem ne peut plus continuer à détruire autant de vies.

    Comme Sœur Isabelle, Veronica et tout le conseil permanent le savent très bien, quand je commence à dire la Vérité, je ne peux plus m’arrêter. Ce n’est pas 48 pages qu’il faut écrire comme Fabio l’a fait, mais des centaines de pages. Alors que j’écris un livre de plus de 200 pages, je sais déjà qu’elles ne suffiront pas à raconter en vérité tout ce que j’ai vu, entendu et vécu à Bethléem. Merci à chacun !

  • Anne de la Verdière 20 novembre 2014 18:29

    Anciennes sœurs et anciens frères de la communauté de Bethléem : Levez-vous !

    Osez dire tout haut ce que vous pensez tout bas !

    Parlez ! Dites vos années d’abnégation et de destruction spirituelle, physique et psychique !

    Ne cachez plus la réalité de cette communauté sous le boisseau de la peur !

  • isabelle 20 novembre 2014 17:33

    On peut aussi, au lieu d’accabler le frère Silouane lire sa réponse autrement : en faisant l’hypothèse (vérifiée malheureusement par tant de témoignages de personnes -hommes ou femmes - qui ont réussi à sortir) que Bethlehem est une communauté sectaire, que frère Silouane est aussi une victime, qui comme Fabio durant plus de 2 décennies, cherche à défendre le système déviant qui l’emprisonne mentalement. De victime, il estdevenu « perpétuateur » zélé du système qui a « capté » sa liberté de penser.

    Fabio aurait peut-être fait la même chose si on n’avait cherché à démonter son système et sa communauté lorsque lui-même cherchait de tout cœur à correspondre à ce qu’on lui demandait, lorsqu’il formait les nouveaux recrutés.

    Enfin, c’est une hypothèse que j’émets évidemment en lisant le témoignage de Fabio (qui décrit très clairement par où il est passé). Ce serait d’ailleurs logique…

    Un prieur d’une communauté « équilibrée » se remettrait en cause évidemment et chercherait, toutes affaires cessantes, à rectifier les travers, à mener l’enquête avec diligence. Il aurait demandé à rencontrer les personnes remettant en cause sa communauté pour dialoguer et faire en sorte de faire éclater la vérité afin que les personnes sous sa responsabilité ne dévient pas du chemin évangélique de la liberté et de l’amour véritable.

    Là, on a une réaction épidermique, accusatrice visant à faire taire au plus vite le contradicteur, celui qui remet en cause la communauté, cela se comprends bien dans un schéma de pensées enchainées par un système mentale emprisonnant où tout est noir ou blanc, où ce qui sont à l’intérieur sont les « bons » et les autres les « méchants » ou les « mauvais ».

    Pas de possibilité de pluralité de vues, pas de confrontation à la différence, au dialogue, on verrouille tout….

    Silouane, pourquoi n’accepteriez-vous pas de dialoguer ? Qu’avez-vous à perdre si vous êtes vraiment « libre » ? rien strictement RIEN. Et sinon essayez de comprendre que vous aussi, vous vous êtes fait « avoir » et que c’est bien malheureux mais qu’il n’est jamais trop tard pour vous et vos frères de sortir de cela.

    Le Christ vous veut LIBRE, il n’a jamais, au grand jamais, déployer des stratégies toutes les plus tordues les unes que les autres pour que les personnes se « consacrent à Lui ». Il laisse SOUVERAINEMENT libre et mendie seulement notre Amour.

    Et si le Christ vous faisait signe à travers tous ces témoignages ? cet hypothèse vous horrifie ? je peux le comprendre…

    Une suggestion :allez à la Chapelle, dépouillez-vous de tout ce qu’on vous a dit et prenez simplement l’Evangile, regardez Jésus vivre : il ne « capte » pas, il ne « force » personne, il ne dit pas qu’il faut absolument être « moine de Bethehem » pour le suivre vraiment…

    Déstressez-vous, j’ai l’impression que malgré les apparences, les intervenants de ce site vous veulent du bien… Moi, la première…

  • Il est tout à fait intéressant de se livrer à une brève étude linguistique de la réponse de frère Silouane.

    Sa réponse brille d’abord par le nombre de qualificatifs employés. Les voici : trompeur, manipulé, déformante, malhonnête, déformés, tendancieuse, calculée, mensonger, honteux, malhonnête, ignoble, blessant, perfide, habile, inadmissible, infamant, mensonger, infondées.

    En qualifiant de la sorte, le frère Silouane cherche clairement à disqualifier l’auteur des 48 pages. Cette volonté se repère aussi par des substantifs comme : pseudo statut, accusation, manipulation, théorie du complot, tyrannie, amalgame, fiction, interprétation, discrédit…

    On retrouve aussi ce besoin d’éliminer tout questionnement et toute réponse, dans des verbes utilisés comme : occulte, manipule, conteste, prétendent, dénoncer, occulter, se garde bien de dire, faire du mal…

    Il est pour le moins surprenant qu’un religieux et prieur de communauté, certainement tourné vers l’idéal divin de l’Evangile, puisqu’il fustige l’idéal humain de l’Evangile, alors que l’un et l’autre n’ont rien d’opposé au demeurant, dans l’idéal bien sûr, ait pu écrire de la sorte.

    Frère Silouane, permettez-moi de vous poser des questions : une fois passée la colère que votre droit de réponse traduit, que reste-t-il de votre texte pour nourrir le lecteur autant divinement qu’humainement ? Et croyez-vous que Marie à laquelle votre communauté se réfère puisse accueillir avec joie une telle accumulation et escalade de vocabulaire chez un moine, et cela en si peu de lignes ?

  • jean peplus 19 novembre 2014 21:59

    Bonjour, concernant le droit de réponse de Fr Silouane, ça a le mérite d’être clair mais je suis dubitatif. Face aux attaques, la meilleure réponse n’est-elle pas de garder le silence dans la droite ligne de la tradition monastique. Le contraire à mon avis ne fait qu’alimenter la polémique et attiser le ressentiment des anciens moines et moniales blessés par les années passées dans la communauté (et ils sont nombreux). Il y a tellement de témoignages qu’il y a bien une part de vérité dans tout cela. Je me demande aussi comment un ex prieur général a pu exercer sa charge pendant 23 ans en exerçant une « sorte de tyrannie » selon fr Silouane. N’est-il pas élu par sa communauté sous un mode de scrutin à chaque chapitre général. 23 ans c’est long pour se rendre compte d’une emprise tyrannique…

  • 17 novembre 2014 19:38

    Mais que font les évêques bon sang ?? il y a non-assistance à personnes en danger là.. ; c’est gravissime…. On est au-delà de l’acceptable : du lavage de cerveau, une secte dangereuse… Où est le message du Christ là dedans ? on peut me dire ? Il y a URGENCE à sauver ces pauvres personnes qui rentrent là dedans, des vies bousillées avec la bénédiction de l’Eglise ? Mais on va où ?

    • « Pour que le mal triomphe, il suffit que les hommes de bien ne fassent rien. »

    • Que font les évêques,les cardinaux ? C’est pour cela que nos témoignons, pour que L’Eglise se bouge, car depuis 2001 les dossiers s’entassent à Rome dans la poussière.. Les cardinaux ont peut-être des pressions pour continuer à protéger la famille monastique de Bethléem, mais ce serait mieux qu’ils obéissent à leur conscience en se mettent sous le regard de Dieu, en cherchant à discerner le bon grain de l’ivraie dans cette famille monastique. C’est difficile de redresser une communauté qui est de droit pontifical, mais il faut le faire par amour de l’Eglise, de même que c’est difficile de reconnaître qu’il y a des prêtres pédophiles dans l’Eglise, mais il vaut mieux les empêcher de faire des dégâts que de les cautionner en se taisant ! Aline, SOS lancé à l’Eglise, limitez les dégâts de la famille monastique de Bethléem.

  • B 17 novembre 2014 16:04

    Bonjour, Fabio. Merci de ce témoignage. J’ai quitté la communauté il y a très longtemps, longtemps aussi après ma profession, et j’ai pu suivre certaines personnes qui en sont sorties (mais dans quel état !).

    Il faut peut-être ajouter que sans le soutien extérieur et éclairé d’un prêtre, d’un ami, d’un psy et de sa famille comme de l’Eglise… il y en a peu qui s’en sortent…

    Je me souviens de la réaction de soeur Marie quand j’ai tout bonnement refusé de recevoir « un message » de la Vierge ! Quant aux médocs… ils ont vite valsé dans les toilettes… Tout était bon pour vous clore le bec !

    Il y a une vie et un salut « en dehors » de Bethléem ! Qu’on se le dise ! Comme toi, un ex de Bethléem qui ne peut hélas pas se nommer.

  • Maria 10 novembre 2014 07:43

    Paix à vous ex frère Séraphim.

    Que Dieu vous bénisse pour ce travail de lumière si précis et vrai.

    Seulement qui l’a vécu pourra l’entendre.

    Que ce témoignage puisse faire un chemin de vérité dans l’Église afin qu’Elle soit plus soucieuse de ses enfants réligieux.

    Ce témoignage m’a enlevé le sommeil… surtout à cause du suicide de soeur Myriah dont j’ai toujours soupçonné.

    Bénissons Dieu qui n’a pas permit que le mensonge domine nos vies.

    Une de ses ex soeurs qui ne peut pas s’identifier publiquement.

    • merci Fabio pour votre témoignage. Je le partage en tout et pour tout ayant vécu aussi chez les soeurs . Ce qui me questionne c’est l’immobilisme des responsables de notre Eglise : des supérieurs majeurs, des abbés, des évêques ,des prètres savent, ont su, ont reçu des témoignages,ont reçu des victimes et cela ne sert à rien.Une journaliste a publié un livre, un évêque l’a soutenu puisqu’il y a inséré son interview…. Merci pour votre analyse profonde et vraie.

      • J’ai lu avec l’intérêt le témoignage. C’est vraie et pas vraie ! C’est sûr que la communauté de Bethlehem ne peut pas aider des jeunes de murir affectivement et humainement. Pour cela il faut des relations humaines et une vie de solitude est depourvu de ces relations. J’ai passé 7 ans dans la communauté de Bethlehem - entre 2000 et 2007. Je n’ai jamais regretté ni d’avoir entré ni d’avoir quitté la communauté. J’y suis entré en toute liberté d’enfant de Dieu et je suis sortie en paix. Je garde des liens avec certains monastères. C’était un bon temps d’approfondissement de ma vie spirituelle qui m’a donné des bases pour le reste de la vie.

        • « C’était un bon temps d’approfondissement de ma vie spirituelle qui m’a donné des bases pour le reste de la vie. »

          Après mon passage à Bethléem, je n’ai plus jamais pu entrer dans une église malgré toute ma bonne volonté. Ma dernière messe remonte à treize ans.

          • Si vous souhaitez rencontrer Jésus, vous pouvez toujours rentrer dans l’église. Soyez libre et suivez votre conscience profonde. Ne laissez pas vous dominer par « Bethléem » . C’est sûr que le témoignages ou contre témoignages influencent notre vie et nos choix. Mais ils ne se substituent pas à eux. Chacun de nous est un sujet et pas seulement le jouet à la merci des autres.

            • J’ai vraiment presque tout lu. Je veux vous remercier Fabio et Guy et les autres. Je n’ai pas des grands espoirs du côté de represéntants de Rome. Beaucoup on été courtisés et des autres ne veulent pas se casser la tête. C’est de la lâcheté. Je connais très bien Bethléem. On s’est servi de moi, Sr Marie s’est servie de moi car je connaissait Dom André pour avoir fait un peu partie de Chartreuse. Dom André a été accusé par ses frères « d’être trop bon » mais il a fait confiance au debout. J’ai connu Bethléem par lui, Currières. Il avait passé les Monastères de Currières, de Mougères. Les gens habitués aux pères Chartreux de Mougères, étaient furieux avec les soeurs. Notre Dame de Pitié lieu de pélérinage - chapelle exterieure de chartreux- Cette statue de Notre Dame de Pitié à été enlevé durant un long temps…sois disant pour la aranger. Dom André m’a dit texto : « Tu est tombée malade a Bethléem » Et c’est vrai. une maladie que l’on appelait « le virus » et qu’un médecin m’a dit avant que la soeur qui m’accompagais arrive de garer la voiture « Je ne crois pas en cette maladie » lorsque en sortant je l’ai dit à la soeur, elle a rougi. Ma confiance a été abussée. mes années à tourner au rond avec Bethléem m’ont fait mal et je suis toujours sous traitement depuis Bethléem. Ces soeurs ont des hommes et des femmes même au gouvernement. Mme Boutin et Mme Chirac. Des parents embassadeurs, des juristes, et toute la clique. Fabio, le Pape François est un homme qui Aime la clarté. C’est à lui qu’il faut demander de l’aide. Il a le contact facile. Vous devez avoir parmi vous des personnes qui parlent l’espagnol comme moi. Le Pape est à Sainte Marthe. C’est lui qu’il faut. Vous voyez comme il a mis la clarté au Vatican. Cette visite sera trouqué commes les elections des prieures - A vie - Dom André est mort de la maladie d’alzehimer. J’ai pu lui parler lorsque je suis allé le voir en Italie où apres d’être R. Père General il est devenu père Vicaire dans une chartreuse. Il m’a accompagné durant 23 ans. Et sans me rendre compte Soeur Marie s’est servi de moi. J’ai beaucoup souffert avec ses soeurs et surtout à Paris. C’est infernal. Même les laïques de Bethléem savent bien des choses. Il faut surtout, Prier pour que la verité se fasse. Comme vous dites, il y a des voeux pas canoniques ? je dirais que presque tout est faux chez elles. A cause du noyau Sr Isabel, sr hallel ? et des autres. Il y a sans doute les anciennes qui souffrent et qui ne peuvent rien à leur âge. Je finirai pour dire que c’est diabolique. J’ai vu à Mougères un radiesthésiste… et dans son regard, j’ai senti le malin. Je suis arrivé à m’éloigner des soeurs malgré que je n’avais pas de famille. Je vois ce que vous faites et c’est de l’or. Que Dieu vous donne la force pour faire encore le bien et la lumière. ana