Jeudi 2 janvier 2014 — Dernier ajout mercredi 2 avril 2014

Des blessures graves

Un médecin psychiatre proche à l’époque de la communauté Saint-Jean, aveuglé dans un premier temps par ce qui s’y passait, s’est progressivement rendu compte des dégâts causés. Document.

« Au début, j’avais pensé à ces cas isolés tels qu’on en voit souvent actuellement dans la plupart des groupes idéologiques, politiques ou religieux (au sens large) concernant des jeunes idéalistes et non structurés dans leur personnalité en raison de carences éducatives et affectives.

J’ai alors mieux compris, mais j’osais croire que l’Église catholique pouvait être épargnée et que les quelques personnalités sérieuses et expérimentées (car il y en a, heureusement !) de la congrégation auraient pu prendre les mesures nécessaires pour rectifier le tir.

Je comprends maintenant qu’il y a un vice de conception de la règle qui piège les individus fissurés ; qu’il va falloir tout « mettre à plat » et que les fondateurs responsables ne sont peut-être pas prêts. C’est comme avec Saddam Hussein !

Effectivement, j’ai pu constater chez les jeunes de la congrégation que je voyais sur le plan médical des parcours de vie douloureux comportant des blessures graves qui peuvent admirablement trouver leur salut et rendre témoignage dans une vie spirituelle exigeante et stricte. De même, les « naïfs » de la vie à l’enthousiasme idéaliste peuvent aussi trouver discernement et expérience dans une règle exigeante.

Il y a tout cela chez les jeunes d’aujourd’hui et il faut pour les conduire des gens d’expérience, au discernement mûr et, je pense, une pratique de la vie religieuse plus longue que celle de plusieurs responsables des novices que j’ai pu rencontrer, même munis de leur bonne volonté.

Je me souviens de ce jeune, manifestement porteur d’une névrose grave, que je ne suis pas parvenu à faire consulter un psychiatre, qui est tout de même rentré se reposer chez lui pendant deux mois, puis a été envoyé aux Philippines ? Je me souviens aussi des pratiques de « guérisseurs » utilisées sans discernement par un infirmier de Saint-Jodard.

De même, j’ai eu quelques discussions avec celui qui est actuellement à Rimont, pourtant médecin, qui a une confiance beaucoup trop aveugle et irréaliste dans les « médecines douces » au point de mettre en danger certains organes sinon certaines vies. Dieu nous a donné les plantes, mais aussi l’intelligence et la cortisone quand il le faut ! »

Source : Golias magazine n° 105 novembre/décembre 2005