Jeudi 2 janvier 2014 — Dernier ajout jeudi 3 avril 2014

L’Évangile selon la communauté Saint-Jean

Depuis trente ans, la congrégation Saint-Jean fondée par le père Marie-Dominique s’est beaucoup développée. Elle ne jouit pas encore du statut favorisé de droit pontifical mais a déjà largement pignon sur rue à Rome et ailleurs. En même temps, des problèmes sont apparus qui, par leur importance et par la gravité des enjeux humains (et des souffrances : vie déchirées, troubles psychiques, internement psychiatrique, suicides), demandent un travail commun et lucide de discernement. Analyse de la « littérature » diffusée à longueur de journée au sein des communautés Saint-Jean.

Le symbole parle souvent mieux que le concept. Ainsi, la tradition associe à l’évangéliste Jean un aigle. En effet, l’aigle peut fixer le soleil en face. On prête souvent au quatrième évangile un style plus mystique, à tort ou à raison. Comme si l’intimité spirituelle entre Jean et son ami Jésus communiquait à cette œuvre une densité de lumière et d’amour inégalée. L’Église rappelle toutefois qu’il y a quatre évangiles et non pas un seul. Le fait même qu’aucun des quatre évangiles ne puisse prétendre être l’Évangile à lui tout seul est fondamental : il établit la pluralité comme origine indépassable. Aucune famille spirituelle ne peut davantage prétendre incarner une sorte d’Évangile plus spirituel ou chimiquement pur. À moins peut-être de vérifier ce jugement sévère de Sainte-Beuve sur les religieuses de Port-Royal : « Pures comme des anges et orgueilleuses comme des démons. »

L’histoire d’une ascension trop rapide

La congrégation des frères de Saint-Jean a été fondée en 1975 par le père Marie-Dominique Philippe, dominicain français, né en 1912, professeur de métaphysique à l’Université de Fribourg en Suisse. Dans une première étape elle a été affiliée provisoirement à l’abbaye cistercienne de Lérins, avec l’accord de l’évêque de Fréjus et Toulon d’alors, Mgr Gilles Barthe, bienveillant mais prudent. Après ce temps d’expérimentation, elle a été reconnue en 1986 comme un « institut religieux de droit diocésain » dépendant de l’évêque d’Autun, Châlons et Mâcon.

À l’heure qu’il est, la congrégation compte plus de 500 frères, dont presque la moitié en formation. C’est bien entendu une congrégation jeune. Saint-Jean patronne ou anime de nombreuses œuvres et initiatives. […] Les prieurés de Saint-Jean sont désormais nombreux. À Cotignac, lieu de pèlerinage, les frères s’attachent surtout à l’évangélisation et à la formation des familles qui viennent saluer Saint-Joseph. À Rimont et à Saint-Jodard, l’accent est porté sur la formation interne, métaphysique et théologique. L’association « Saint-Jean Éducation » organise des camps et des pèlerinages notamment en Pologne et dans les pays de l’Est. Le style de catholicisme, abrupt et intransigeant, qui fleurit encore souvent dans ces pays est présenté dans la congrégation Saint-Jean comme un modèle alternatif par rapport au christianisme déliquescent de l’Occident. Saint-Jean des Quatre Couronnes forme des jeunes à l’apprentissage d’un métier, tout en leur prodiguant la spiritualité de la congrégation.

Des soutiens nombreux

Il existe une association des amis des frères et des sœurs de Saint-Jean qui recueille des espèces sonnantes et trébuchantes. Elle fraye dans les milieux les plus aisés de la bourgeoisie et de l’aristocratie parisiennes et ramasse beaucoup d’argent. […]

Au fil des années, de graves problèmes sont advenus, dont Golias rend compte ici même. Rome et les évêques français ont fini par s’inquiéter. Mgr Raymond Séguy, évêque d’Autun, dont dépend toujours cet ordre de droit diocésain, a été obligé à publier un décret, en janvier 2003, annonçant la désignation de Mgr Joseph Madec, évêque émérite de Fréjus et Toulon, comme assistant religieux de l’ordre, secondé par un dominicain de Fribourg, le père Niclasse qui sera éconduit par la communauté Saint-Jean parce que trop dérangeant. Or, Joseph Madec est connu pour sa confiance inconditionnelle dans les frères de Saint-Jean qu’il a fait venir jadis dans son diocèse et qu’il défend très paternellement. Il ne cache pas caresser le souhait de voir bientôt la congrégation Saint-Jean devenir de droit pontifical… Il veut « servir d’intermédiaire entre la congrégation et les évêques » (lettre aux amis de Saint-Jean, 269, 21). Autrement dit, convaincre les évêques que ses petits protégés ne sont pas si dangereux que cela. D’ailleurs Mgr Madec lâche cet aveu : « C’est pendant l’Assemblée de Lourdes que j’aurai le plus de travail à faire pour la congrégation » (ibid.). Pour l’ancien évêque de Toulon, les graves problèmes de Saint-Jean sont seulement des « problèmes de croissance ». Il tente de minimiser : « Ce que les médias ont dit me paraît exagéré. Ils partent quelquefois de faits qui sont exacts mais auxquels ils donnent une importance qu’ils n’ont pas dans la réalité » (ibid., p. 22).

La congrégation Saint Jean a compté et compte toujours sur l’appui d’un certain nombre de cardinaux et d’évêques, souvent conservateurs (mais pas toujours, comme ce fut le cas de Mgr Armand Le Bourgeois évêque d’Autun qui leur donna leur statut canonique en 1986). D’autres évêques ont été plus réservés. Ainsi, l’archevêque de Besançon de 1980 à 2003, Mgr Lucien Daloz, refusa-t-il leur implantation dans son diocèse.

Un « pensée » nébuleuse et intransigeante

[…] On lit dans la charte de formation : « Rien n’est pire que le pharisaïsme de l’intelligence qui cherche à s’exalter elle-même » (p. 12). L’humilité conditionne l’accès au vrai mais à condition de reconnaître la liberté de l’intelligence. L’humilité d’une pensée qui ne se prétend pas le nombril du monde et n’absolutise pas ses propres convictions et ses propres recherches ne doit pas être confondue avec l’aliénation de son intelligence, comme c’est le cas dans les sectes ou un peu différemment lorsque des Magistères trop coercitifs l’enchaînent. Que veut dire exactement cette même charte lorsqu’elle s’exprime en ces termes : « L’esprit d’obéissance intervient dans nos études en nous apprenant à dépasser tout esprit autodidacte » (p. 13). […] Pour le père Philippe l’idéal serait d’être « un vrai disciple intelligent qui ne trahit pas son maître » (ibid.). Qu’il relise donc Aristote. Le Stagirite nous enseigne que « Platon — son maître — était son ami, mais que la vérité l’était encore davantage ». Un bon maître est celui qui accepte et même favorise l’émancipation de son disciple. Un bon maître n’a rien d’un gourou.

L’ensemble de la spiritualité de Saint-Jean est dominé par l’exaltation malsaine d’une obéissance infantilisante. Ainsi dans la Charte de formation (p. 11) on peut lire : « Ils apprennent à incarner dans tous les moments de leur vie la dépendance actuelle au bon plaisir du Père sur eux. » D’abord, l’obéissance n’est jamais dans une saine théologie chrétienne que de l’ordre des moyens, par rapport à l’amour. C’est pourquoi elle n’est pas une vertu théologale.

La même charte invoque une « vraie vie théologale » (p. 1). Fort bien. Reste à savoir ce qu’elle entend par là. S’agit-il d’une dépendance ? La vérité ne rend-t-elle pas libre ? Encore une fois, la théologie la plus traditionnelle n’a jamais identifié purement et simplement l’obéissance même docile et la dépendance. L’obéissance est un moyen de grandir dans la volonté de Dieu, pour répondre mieux en fils adulte et libre à son appel à la vie et à l’amour. La dépendance enchaîne, empêche la personne d’être l’acteur véritable de la vie qu’elle semble mener. Il s’agit d’une aliénation et non d’une ascèse saine de la personne. Ce mot « dépendance » dit tout.

Le témoignage de jeunes impliqués et victimes exprime la perversité de ce lien qui les empêche d’exister eux-mêmes, libres devant la face de Dieu, ce qui nous semble caractériser une véritable existence chrétienne.

Bien entendu, la vie dans le Christ va au-delà de la reconquête de soi-même et de l’affranchissement par rapport à des conditionnements psychologiques qui inhibent, atrophient et parfois détruisent la personnalité. « Oedipe roi ». Tel pourrait être le véritable titre de la charte. Les religieux de Saint-Jean sont comme introduits dans un processus de dépendance, qu’ils choisissent sans doute pour des raisons obscures liées à leur histoire personnelle, qui aggrave bien entendu leur situation clinique. Cette soi-disante dépendance infantilisante n’a rien à voir avec un don généreux de soi qui suppose d’abord précisément l’indépendance, la sortir de l’imaginaire qui enferme, un état adulte où le désir trouve sa place.

Souvent, dans les situations limites, par exemple la Résistance, les plus courageux étaient non pas ceux qui étaient conditionnés à ramper et à se soumettre mais les insoumis et les libertins, qui n’auraient certes pas pu ni voulu s’imposer une censure de leur jouissance sexuelle mais qui, lorsqu’il le fallait, allait volontiers jusqu’au bout.

Cette dépendance infantilisante et aliénante n’a rien à voir le courage : elle illustre piteusement des réactions très humaines d’abdication devant soi-même et devant son désir. « Le monde ne sera sauvé, s’il doit l’être, que par des insoumis » (André Gide). Malheur à ceux qui au nom d’une dépendance malsaine transforment des jeunes gens en larves dépersonnalisées.

Obsédés par la fin des temps

L’une des caractéristiques les plus frappantes de la congrégation Saint-Jean est son millénarisme, plus ou moins caché il est vrai. Il y a ce que l’on dit partout, publiquement et ouvertement et ce que l’on dévoile en cercle fermé. Le père Marie-Dominique Philippe propose une lecture de l’Apocalypse. Ce qui est assez méritoire car l’œuvre est déroutante. En même temps, cette lecture de l’Apocalypse intervient dans un processus stratégique de diabolisation de la modernité, qui est au cœur de la pensée du père Philippe. Le démon est au fond partout : l’Apocalypse nous invite à supposer partout son action dévastatrice. En particulier, au sujet de la famille, cible de toutes ses attaques. La Vierge Marie est au cœur du grand combat. Un combat de maintenant. Le père Philippe ne cachait pas à ses amis sa conviction que l’antéchrist allait venir en l’an 2000. Rejoignant d’autres maîtres spirituels, comme Don Stefano Gobbi du mouvement sacerdotal marial pour qui l’antéchrist a le visage de son évêque le cardinal Martini ! Ce délire fait des ravages. Il maintient des malheureux qui ont mordu à l’hameçon dans un imaginaire finalement ennemi de toute vie véritable.

Haro sur la psychologie

La congrégation Saint-Jean semble redouter comme le diable la psychologie. Ainsi, on peut lire dans la Charte de formation (p. 24) : « Le climat de psychologisme du monde d’aujourd’hui augmente constamment cette propension que nous avons à nous replier sur nous-mêmes dans la recherche de notre propre épanouissement. » La même Charte enfonce le clou (p. 28) : « Dans l’ordre de la vérité pratique nous devons apprendre à dépasser l’influence si forte de la psychologie qui nous fait confondre notre vécu et donc notre sincérité avec notre véritable intention de vie qui est la lumière pratique de toutes nos activités. »

Déjà, je vois mal une intention de vie de véritable qui ne soit pas sincère. Intellectuellement cette distinction n’est ni claire ni cohérente. Ce n’est pas tout. Derrière l’intention véritable se cache peut-être ce que Saint-Jean inculque aux jeunes, ce qui ne vient pas d’eux mais qui les imprègne et doit peu à peu les dominer. Nous sommes là en présence archi-classique hélas de la part de qui veut embrigader et endoctriner.

Au fond, l’intention véritable personnelle et spontanée des jeunes ne compte pas : leur véritable vouloir désormais devra coïncider avec ce que l’on veut pour eux… Cela fait un peu froid dans le dos, tout de même. On comprend que le père Philippe et ses sbires redoutent la psychanalyse comme la peste, et pour cause. D’ailleurs tout psychologue averti se rendrait assez vite compte du processus qui se joue et qui est d’autant plus fort qu’il n’est pas porté à la lumière du jour. Inutile d’insister.

Notons que dans une conférence aux Associations familiales catholiques d’octobre 1986, le père Philippe s’exprimait déjà en ce sens : « La seconde tactique du démon contre la foi dans le monde d’aujourd’hui c’est le psychologisme poussé à l’extrême, un « métapsychologisme ». Cet absolu d’une conscience psychologique qui n’accepte que le vécu, ce dont on a conscience, et qui nous fait demeurer dans cette immanence du vécu de la conscience. » Pour le père Philippe, l’Église est gangrenée par le succès en son sein de la psychologie et de la sociologie, « cela contamine même les hommes d’Église, qui, souvent, croient plus aux sciences humaines qu’à la philosophie, à la métaphysique » (Bulletin, n° 28, p. 29). Peut-être le père Philippe ferait-il une exception pour Mgr Tony Anatrella ?

Sans cesse, le père Philippe revient sur les « secrets » que la voie johannique permet de découvrir. Nous n’aurons pas l’impudence de demander quels sont-ils, car précisément ils sont secrets ! Cet ésotérisme latent ne présage rien de bon. Selon nos sources, ses secrets pourraient être la date proche de la fin du monde que connaîtraient les frères de Saint-Jean. Si tel devait être le cas, ils seraient fortiches car même le Fils de l’homme ne connaît ni le jour ni l’heure nous dit l’Écriture. En tout cas, le père Philippe semble hanté par l’Apocalypse sujet de prédilection de ses méditations. Il y agite le sceptre redoutable de l’Antéchrist.

La vision développée par le père Philippe et ses épigones du monde moderne est pour le moins sombre et tourmentée. Satan y règne. La pensée contemporaine est profondément blessée sinon luciférienne. On peut lire dans la Charte de formation (p.22) : « L’humanité d’aujourd’hui cherche, dans un orgueil collectif, qui prétend se passer de Dieu et du Sauveur, à s’unir pour atteindre le ciel. C’est le mythe de la Tour de Babel que nous vivons d’une manière très aiguë dans le Monde d’aujourd’hui, aussi bien au niveau personnel qu’au niveau collectif. La Tour de Babel est une caricature démoniaque du Corps mystique de l’unité divine de l’Église dans la charité fraternelle ; cela se réalise dans un orgueil collectif et une laïcité poussée à l’extrême. » Bigre ! Le pluralisme n’est pas le fort de nos « Petits Gris ».

Quant à la lecture des signes de temps, le moins que l’on puisse dire est qu’elle n’est pas très nuancée. Pour le père Philippe, notre monde est vraiment aux mains de Satan : « Le démon est un grand malade, ne l’oublions pas, et il est source de toutes les maladies, parce qu’il s’est complètement replié sur lui. La maladie la plus terrible, c’est d’être « anti-amour », parce que cela c’est la source de la mort. Le démon a réussi à corrompre la philosophie européenne de la manière la plus forte qui soit en mettant la négation avant tout affirmation, en affirmant le primat de la néantisation. Cela c’est l’œuvre du démon » (Bulletin, n° 55, p. 29). Sans doute, Georges Bernanos, ce grand inspiré, a-t-il eu raison de dire : « L’enfer, c’est de ne pas aimer. » Le midrash philippien s’avère autrement indigeste. […]

Les philosophies modernes et contemporaines sont tout simplement diabolisées et vouées au feu infernal : « Notre Europe a produit ces philosophes, on les a acceptés, on les a reconnus, et on les a donnés aux jeunes pour les former… Le démon, lui, savait que c’était un venin que ces jeunes absorberaient en lisant ces philosophes » (Bulletin, n° 49, 7). On se permettra, à la lecture de ces lignes, d’émettre un doute sur l’esprit d’ouverture qui préside à la formation philosophiques à Saint-Jean…

Au plan existentiel, la vie d’un frère de Saint-Jean est une lutte constante contre le démon qui règne dans notre triste monde. La Charte de formation (p. 24) évoque le rôle du Saint Esprit qui dévoile « les attaques sournoises du démon qui cherche constamment à nous couper de Dieu. Il nous faut toujours bien distinguer en effet les luttes internes qui proviennent des trois concupiscences, conséquences du péché originel, et les luttes externes qui sont les attaques du démon ». On ne doit pas s’ennuyer beaucoup chez les frères de Saint-Jean.

Diabolisation du doute et de la critique

La description/définition de ces trois concupiscences vaut son pesant d’or :

« — la concupiscence de la chair se manifeste dans la recherche d’une fausse valorisation et d’un épanouissement sensible passionnel, dans un repliement constant sur nous-mêmes ;
— la concupiscence des yeux, la vanité, qui nous fait chercher une fausse sécurité : être nous-mêmes dans notre gloire d’homme, dans une exaltation purement imaginative ;
— la concupiscence de la vie, l’orgueil, qui nous fait refuser tout secours et donc toute dépendance, pour être nous-mêmes dans une autonomie absolue où nous voulons être notre propre maître en nous coupant de toute autorité et de toute charité fraternelle. »

Le troisième porte ouvre la voie à toutes les dérives possibles et imaginables. Il va susciter chez les frères, surtout les plus jeunes et les plus vulnérables, un processus dévastateur d’autocensure. Les conséquences vont être tragiques. Aussi les mouvements les plus naturels et les plus sains du désir que le désir légitime d’autonome pratique et intellectuelle vont être perçus comme des pièges démoniaques. Le sujet va se renier et se détruire lui-même. Le père Philippe diabolise toute l’intuition de la modernité, celle justement de l’autonomie dans les différentes sphères de l’existence, individuelles et communautaires.

Dans la même Charte de formation, le père Philippe enfonce le clou, comme si besoin était : « Pour nous empêcher de vivre en enfants de Dieu, le démon frelate les trois nourritures qui nous sont donnés par le Père » (p. 25). « C’est ce que nous voyons constamment aujourd’hui où ces attaques du démon sont si manifestes à l’égard de la parole de Dieu, de l’eucharistie, de la volonté du Père » (ibid.). « Dans ces luttes externes, le démon est bien celui qui se manifeste comme l’Anti-Trinité, l’Adversaire, et celui qui cherche à détruire en nous l’enfant de Dieu » (p.26). Cette logomachie infernale, outre finalement son aspect ridicule pour un esprit contemporain, peut avoir un impact très négatif sur qui va en quelque sorte avaler ces salades. Le malheureux religieux va être entretenu dans un climat extérieur et surtout intérieur de peur, sinon de terreur, qui le plongera complètement dans une posture de dépendance infantile. D’ailleurs la Charte met en garde : « Cela ne veut pas dire que les vœux fassent disparaître en nous les trois concupiscences et nous préservent des attaques du démon en nous mettant dans une sécurité humaine » (p. 26). Tremblez, bonnes gens, tremblez ! Au commencement était la peur !

Lors d’une fameuse conférence aux Associations familiales catholiques, en octobre 1986, le père Philippe développe le même thème : « Le démon est astucieux. » « Un croyant averti doit être particulièrement attentif à toutes ces attaques perfides du démon. » « On voit que perpétuellement les attaques du démon portent sur la foi ; mais aujourd’hui ces attaques sont particulièrement perfides. » Bien entendu, cette diabolisation du doute et de la critique accompagne un rejet viscéral de la plupart des théologies contemporaines, sans même parler de la recherche exégétique historico-critique, vraiment luciférienne. Ainsi, dans cette même conférence, le père Philippe, décidément très prolixe, affirme-t-il : « Le démon, lui, peut faire que les croyants s’intéressent plus aux circonstances particulières dans lesquelles la parole de Dieu est donnée, qu’au contenu même de la Parole de Dieu. Et c’est sa grande astuce : c’est le positivisme qui s’introduit chez les exégètes et chez les théologiens, de sorte qu’à partir de là, la parole de Dieu n’est plus pour nous une Parole vivante. C’est une écriture qu’on manipule, avec les fameuses méthodes de l’herméneutique. Je ne vais pas expliquer ici ce qu’est une herméneutique mais il faut comprendre cette manière très astucieuse dont le démon s’introduit. » Entre parenthèses, le père Claude Geffré, théologien et frère de Philippe dans l’ordre dominicain, grand spécialiste de l’herméneutique, appréciera.

Le père Philippe en veut beaucoup aux exégètes, sa bête noire : « La parole de Dieu est le pain divin ; et on est en présence de cette astuce prodigieuse du démon : faire que la Parole de Dieu ne soit plus le « pain véritable », le pain qui nourrit notre foi, mais un pain agréable. C’est en effet très intelligent les études exégétiques aujourd’hui. Si on n’avait que cela à faire, cela pourrait être passionnant. Mais attention, la parole de Dieu a-t-elle été donnée premièrement aux exégètes ? A-t-elle été livrée premièrement aux théologiens, ou aux croyants ? Il y a aujourd’hui une astuce du démon extraordinairement forte, tendant à faire que la foi ne soit plus alimentée comme elle doit l’être, qu’elle ne reçoive plus sa nourriture » (Bulletin, n° 18, p. 17).

[…] L’athéisme contemporain est considéré par le père Philippe comme « démoniaque ». Le dominicain semble exclure qu’il contient un noyau de vérité comme l’affirmation de l’homme, ce qui serait pourtant une manière plus fidèle à Thomas d’Aquin de l’appréhender (comme le fit un père Chenu). Pour Marie-Dominique Philippe : « Si on essaie de comprendre le regard actuel du Christ sur l’Église d’aujourd’hui — regard qui, je crois, est celui du Saint-Père — il apparaît que l’Église d’aujourd’hui traverse et va traverser une très forte tempête, ce qu’on appelle une crise. Il y a eu sept idéologies athées que je crois être, dans le langage johannique de la première Épître, les antéchrists. Dans notre imagination, nous voyons tout de suite les antéchrists comme des personnes, mais je me demande si, de fait, les antéchrists ne sont pas, beaucoup plus, les idéologies athées. Regardez les Anciens ; leurs idoles étaient de pierre, de bois, des idoles de notre monde physique. C’est ainsi qu’on adorait le soleil. Toutes ces idoles, aujourd’hui, sont devenues des idoles intérieures. Là-dessus, tout le monde est d’accord. N’est-ce pas la même chose pour l’Antéchrist ? Pour les antichrists ? le crois, personnellement, que ces idéologies athées sont les antithèses démoniaques des béatitudes évangéliques » (conférence à Rimont le 7 novembre 1992, Bulletin, n° 28, p. 25).

À l’évidence, ces lignes demanderaient bien des commentaires. En premier lieu, il y a quelque présomption, tout de même, à prétendre incarner le point de vue du Saint-Père. Nous semble-t-il. Ce qu’écrit le père Philippe sur les premières idoles physiques et extérieures est faux. En effet, on le sait bien, si le sacré se concentrait dans des éléments physique, c’était en réalité en vertu d’une vision de la nature comme pénétrée toute entière de divin ; autrement dit, la statue en bois, l’idole, n’est que la représentation du divin multiple et diffus. De même que le drapeau représente la patrie à défendre.

Le père Philippe semble prisonnier d’une vision grossière et caricaturale du paganisme antique, bien moins ridicule qu’on ne l’imagine. Les historiens et anthropologues des religions se font aujourd’hui un devoir de rendre justice de reconstitutions caricaturales des religions animistes et non-chrétiennes en général. Dont acte. Enfin, l’affirmation péremptoire d’une équivalence entre les pensées athées, complexes, et l’antithèse démoniaque des béatitudes consiste davantage en une stratégie de diabolisation de points de vues adverses qu’en une analyse, même polémique et virulente. Le père Philippe se plaît à agiter des épouvantails infernaux. Son jugement sur le monde contemporain demeure implacable : « La civilisation d’aujourd’hui — si elle peut encore s’appeler une civilisation ! —, le monde d’aujourd’hui est un monde sans âme ! » (Bulletin, n° 49, p. 4).

En théologie, de façon générale, pour le Père Philippe, « il nous est nécessaire de retrouver un sens très net de ce que représente le sacrifice » (Bulletin, n° 22, 5). Ce qui importe surtout, c’est de « ne pas humaniser la foi » (Bulletin, n° 24, 4). Dire que « l’amour divin se sert de la mort » (Bulletin, n° 28, 14) est en soi juste et profond mais reste chargé d’une terrible ambiguïté psychologique En effet, une telle considération peut vouloir légitimer une auto-destruction psychologique très redoutable.

La prose du père Philippe se livre à une exaltation sans retenue de la Vierge Marie. Son hyperdulie semble quelque peu intempérante. Entre parenthèses, le recours à Marie permet de remettre la femme à sa place, ou du moins à la place qu’on lui assigne. « Marie est première dans l’ordre du sacerdoce royal des fidèles et c’est ce sacerdoce royal qui est premier : le sacerdoce ministériel, redisons le, lui est ordonné. De sorte que, quand les femmes veulent à tout prix prendre la place des prêtres, recevoir le sacerdoce ministériel, cela prouve qu’elles n’ont rien compris au Mystère de Marie. C’est triste ! Elles abandonnent ce qui est premier pour loucher sur un service. Verrait-on Marie réclamant à Pierre le sacerdoce ministériel, allant voir Pierre à Rome pour lui dire : « Je passe avant toi ! Est-ce que je ne connais pas Jésus bien mieux que toi ? C’est moi qui devrait être évêque de Rome » ? La revendication du sacerdoce ministériel par les femmes est la grimace du démon par rapport au mystère du sacerdoce royal des fidèles » (Bulletin, n° 44, p. 10).

En matière de théologie morale, le père Philippe et la congrégation Saint-Jean se rangent sur les positions conservatrices. Ainsi, la contraception est-elle une invention diabolique. « Les deux plus grandes attaques du démon ont porté sur les deux liens sacrés de l’homme avec Dieu, les deux alliances : l’intelligence et la procréation, les deux aspects où dans l’homme il y a quelques chose de sacré, de naturellement capable de rejoindre Dieu… Dans la procréation, c’est Dieu qui répond à l’amour humain : c’est Dieu qui s’allie de manière si forte, si personnelle au petit embryon, fruit de l’amour de l’homme et de la femme, fruit de leur don mutuel. Et le démon aujourd’hui veut que les hommes prennent possession de la procréation pour la refaire selon leur vision humaine, leur manière de la concevoir » (Bulletin, n° 32, p. 55).

Pour Marie-Dominique Philippe : « La tactique du démon, c’est d’inverser cette anthropologie révélée par Dieu et de faire de l’homme, chef d’œuvre de l’univers, roi de l’univers, le dominateur et le transformateur de l’univers. […] Que fait le démon ? Par l’orgueil, il supprime l’amour » (ibid., p. 56). Ces recours un peu facile à une logomachie démoniaque servent à avaliser sans plus de réflexion les positions morales les plus intransigeantes, en faisant l’économie d’une recherche anthropologique nuancée. Il est vrai que pour le père Philippe « la famille chrétienne n’est pas seulement sacrée, elle est quelque chose de divin » (Bulletin, n° 39, p. 36). « Or, nous sommes aujourd’hui en face d’un mal terrible, la laïcisation de la famille » (Bulletin, n° 52, p. 17). […]

L’enjeu humain

Les critiques adressées à la congrégation Saint-Jean, y compris par leurs amis, tiennent souvent au manque complet de discernement des esprits et de prudence dans l’accueil des postulants.

Le père Marie-Dominique Philippe s’exprime d’ailleurs ainsi : « Il faut donc toujours se rappeler cela : dans quelle mesure un candidat peut-il vivre une certaine vie contemplative, en comprenant que sa vocation vient de Dieu et non pas des hommes. Si donc elle vient véritablement de Dieu, Dieu lui donnera la force de continuer, s’il a une totale confiance en Dieu. La plupart du temps, c’est parce qu’on perd pied qu’on veut se rattraper des moyens très humains. Alors Dieu nous laisse un peu patauger pour montrer que nous devons vivre sous sa conduite d’amour, surtout quand c’est plus difficile » (France Catholique, 28 mars 2003, p. 14). Ces propos nous paraissent théologiquement discutables et psychologiquement terriblement dangereux. En effet, le surnaturalisme, qui court-circuite ce qui relève de la nature, n’a jamais été accepté en bonne théologie romaine. La grâce suppose la nature ; une nature blessée conditionnera tout le vécu spirituel qui s’y greffera. Le père Philippe devrait relire ses classiques. Le droit canonique et la spiritualité ont toujours recommandé la plus grande prudence dans l’accueil des candidats à la vie religieuse ou au sacerdoce (y compris d’ailleurs pour le bien des intéressés eux-mêmes). En aucun cas des considérations d’ordre mystique, vraies à un certain niveau, ne sont pas acceptables lorsqu’il s’agit d’un discernement d’ensemble.

En bonne morale catholique, le recours aux moyens surnaturels n’a jamais dispensé du recours au moyens naturels. Si j’ai mal aux dents, je peux certes allumer un cierge à la Madone, mais je suis plus avisé d’aller consulter mon dentiste. Au plan de la psychologie concrète, ce qu’avance là Marie-Dominique Philippe est non seulement une aberration mais la cause ou du moins le catalyseur de grands désastres psychologiques. En passant, le Révérend Père semble même insinuer que dans une épreuve spirituelle c’est une tentation de se rattraper par des moyens très humains. On imagine les conséquences : une personne accablée par de réelles difficultés psychologiques loin de s’engager sur un chemin de thérapie et de suivre un traitement approprié (ce qui suppose que le traitement soit considéré par elle comme bon et non comme une tentation luciférienne) va au contraire s’enfoncer dans son marasme intérieur.

Les suites psychiatriques dans cette congrégation ne tiennent pas à une pure et simple coïncidence. Elle sont suscitées ou au moins renforcées par l’aveuglement surnaturaliste qui empêche tout discernement, pourtant indispensable, et plus encore sans doute par la diabolisation d’un recours à des moyens humains, y compris la psychologie diabolisée, comme nous l’avons déjà dit plus haut. Ce n’est pas Dieu qui laisse patauger les hommes comme l’affirme dans sa superbe le père Philippe. Qu’en sait-il d’ailleurs ? Dieu lui ferait-il des confidences ? C’est un ordre pathogène qui accueille sans aucun jugement des démarches de jeunes entièrement plongés dans un imaginaire qui les tue jour après jour et tétanise ce qui peut rester de sain en eux, le sursaut de chercher à s’en sortir et à guérir.

En ce sens, le type de discours de Marie-Dominique Philippe n’est pas celui, au fond inoffensif, d’un vieillard sénile qui s’extasierait devant la jeunesse sans aucun discernement. Le problème est bien plus profond. Ce discours est totalement pervers et dangereux. Il vise à renforcer le déni en cas de maladie psychiatrique, à favoriser les résistances contre tout sursaut de santé.

Sous le ton mièvre d’un discours de chatte-mite émasculée, qui d’ailleurs sonne faux et nous semble en soi insupportable, se dissimule peut-être une redoutable volonté de puissance, peut-être inconsciente, nous ne nous permettons évidemment pas de juger les personnes, mais néanmoins perverse et dangereuse. Les gourous des sectes pourraient y prendre des leçons. Au fond, le gourou veut, pour renforcer la dépendance, lui présenter tout ce qui pourrait en délivrer ou en atténuer la force comme des tentations mauvaises et diaboliques.

Ainsi le malheureux pris dans les rêts de cette aliénation spirituelle va lui-même neutraliser, parfois au prix de grandes souffrances intérieures ou d’un éclatement de sa personnalité, tous les anticorps que le psychisme humain, extraordinaire source de guérison et de résilience malgré tout, tentera vainement d’opposer à cet assujettissement. C’est pourquoi Golias ne lâchera pas Marie-Dominique Philippe et ses affidés. Cette œuvre fait trop de mal en invoquant le bien ou la lumière. Il ne s’agit aucunement d’une simple naïveté, d’une trop grande gentillesse d’un vieux père âgé qui ne veut pas faire de peine aux jeunes qui se présentent en contrariant leur projet, choses qui seraient bien excusables et compréhensibles.

Au contraire, nous pouvons et devons analyser un processus socio-psychologique, qui dépasse sans doute les intentions, même subconscientes, des protagonistes, et par lequel des dépendances relevant de l’imaginaire enferment facilement des proies prédisposées et parfois les détruisent.

Même les moins clairvoyants des évêques semblent plus ou moins conscients du problème. En témoigne cette mission confiée à Mgr Joseph Madec de « s’assurer que les admissions dans l’institut soient faites après un discernement sérieux ». Ce grand protecteur et ami de Saint-Jean qu’est l’évêque émérite de Fréjus et de Toulon est lui aussi obligé de le reconnaître : « Je pense qu’il y a eu quelques erreurs de faites dans l’admission des candidats… Quand quelqu’un est admis à la vie religieuse, il lui faut un minimum d’équilibre humain… Pour entrer dans la vie religieuse, un minimum de maturité est requis. La bonne volonté ne suffit pas, ni même la piété. En cas de doute sur les capacités d’un candidat, mieux vaut opter pour la prudence » (Lettre aux amis, 269, pp. 22-23). On aurait aimé entendre des propos si sages de la bouche du père Philippe lui-même, et depuis longtemps déjà…

En outre, la congrégation Saint-Jean devrait être reçue à la fin de l’hiver en audience par Benoît XVI. En vue d’une reconnaissance de droit pontifical ? Quoi qu’il en soit certains abcès doivent être crevés. Pour le bien des jeunes et de leurs familles. Avant tout. En même temps, notre parcours ne rend certes pas justice de tout ce qui est enseigné et vécu à Saint-Jean. Il nous semblait plus stimulant de pointer des choses bien moins jubilatoires. Nous en tirons deux observations :

D’une part, et ce point semble capital, il n’est pas possible de tracer une ligne de partage entre ce qui serait une secte et une communauté catholique canoniquement en règle. Cela vaut pour Saint-Jean mais aussi pour l’Opus Dei. En effet, des processus sectaires insidieux et d’autant plus efficaces y sont à l’œuvre comme la distance avec les familles, la diabolisation de l’esprit critique et de l’indépendance de jugement, l’assujettissement à un gourou… La caution au moins indirecte de la hiérarchie rend la chose d’autant plus scandaleuse. L’interpellation est lancée à la Curie romaine et aux évêques. Ne pas intervenir et fermer les yeux c’est être complice. C’est grave.

D’autre part, certains types d’argumentations du père Philippe sont hallucinants. Tremblez gamins du catéchisme, la sorcière va vous dévorer tout crus ! On croit rêver. On se trouve à des années-lumières de l’argumentation serrée de revues comme Catholica. D’un autre côté, le véritable problème du catholicisme intransigeant tient à son incapacité totale à relever les défis de la modernité.

Diaboliser l’adversaire, ou lui opposer une fin de non-recevoir ne constitue pas une réponse intelligente. Un comble pour un ordre qui veut s’adresser à l’intelligence.

Réginald Urtebize

Source : Golias magazine n° 105 novembre/décembre 2005

Vos réactions

  • colère 21 février 2015 13:36

    Ce que vous écrivez sur la Congrégation St Jean en citant des passages de sa Charte on pourrait le faire pour n’importe quelle communauté : sortir les phrases de leur contexte pour en tirer toujours la même conclusion« c’est une secte, puisque c’est votre crédo, votre à priori ». J’ai vécu dans 1 communauté ignatienne durant plusieurs années, on pourrait trouver les mêmes phrases et tirer les mêmes conclusions curieusement c’est toujours sur ces nouvelles communautés que vous vous acharnez. Quant à l’accusation de millénarisme l’attaque est très forte et très perverse en effet vous dites que les propos sur la fin du monde se font en « privé »et vous êtes obligé de le dire car le père MDPHILIPPE n’a jamais rien publié de tel , ni rien déclaré en public. Comment peut on vous démentir car ce qui est dit en « privé » justement ne peut être vérifiable…… C’est d’ailleurs la même chose par rapport aux accusations d’abus sexuels, on ne peut rien nous dire sur les faits ni sur les personnes comment alors se défendre.? Tout accusation doit reposer sur des faits objectifs et vérifiables. J’ai lu très nombreux ouvrages du père PHILIPPE il aime beaucoup St Jean en effet, mais il est loin de ne citer que cet évangile il faudrait que vous le lisiez en profondeur avant d’affirmer de telles aberrations. Il y a différentes sensibilité religieuses dans l’Eglise, certains insistent sur tel ou tel aspect de la vie théologale ou sur tel saint ( il y a par exemple les soeurs de st Paul), et il y en aura toujours car c’est ce qui fait sa diversité et sa richesse. Cela veut dire aussi que nous avons besoin les uns des autres dans l’Eglise car nous sommes des êtres limités et nous ne pouvons pas à nous seul représenter la totalité du corps du CHRIST.

    • L’Évangile selon la communauté Saint-Jean 22 février 2015 06:51, par Peter

      Pour avoir ete disciple du p. MDP pendant presque vingt ans, je confirme qu’il affirmait tres tres souvent le retour imminent du Christ. Il emettait frequemment l’opinion que le Christ reviendrait en l’an 2000. Nier les multiples temoignages convergents sur les abus sexuels et spirituels de la part de MDP releve de l’aveuglement moral, pas de la foi chretienne. Il est tres difficile pour qqn de l’exterieur de comprendre la profondeur de la manipulation des consciences au sein d’un tel groupe. Et pourtant elle existe.

      • L’Évangile selon la communauté Saint-Jean 22 février 2015 20:09, par colère

        Dans ses écrits le père PHILIPPE cite Jean Paul II qui dans l’une de ses encycliques parle de l’an 2000 comme l’avent de l’Eglise. Je pense que c’est à cela que vous faites allusion, il ne s’agit absolument pas de prédiction qui dit que le Christ reviendrait en l’an 2000 mais de l’ardeur , l’attente des cœurs de son retour. N’est ce pas la mission de l’Eglise que de hâter son retour en veillant ? Peut être pensez vous aussi que Jean-Paul II était un gourou car son encyclique sur l’entrée dans le nouveau millénaire est très claire. Vous n’avez pas le monopole de la connaissance du père PHILIPPE parce que vous avez été « son disciple » pendant 20 ans. Moi je l’ai découvert depuis peu de temps je ne l’ai jamais connu de son vivant mais je n’ai aucun complexe vis à vis de vous. La connaissance que l’on peut avoir de quelqu’un n’est pas une question de durée mais d’intelligence vous avez trés bien pu avoir les oreilles bouchées pendant 20 ans