Jeudi 15 septembre 2016 — Dernier ajout dimanche 18 septembre 2016

L’histoire cachée de la communauté « Le Verbe de Vie »

La Communauté du Verbe de Vie est une « Communauté Nouvelle », issue du Renouveau charismatique catholique, fondée en France le 17 février 1986 à Aubazine (Corrèze) par 7 membres : Marie-Josette et Georges Bonneval, Monique et Jean-Louis Fradon, Marina Perrot, Geneviève et Jacques Pellier.

Les statuts de l’association civile du Verbe de vie déposés à la Préfecture de Tulle en date du 2 Juillet 1986 mentionnent ces 7 noms. Ce document officiel sera falsifié par la suite, afin de ne faire apparaître comme membres fondateurs que Georges et Marie-Josette Bonneval. L’original des statuts déposés à la préfecture a permis de mettre à jour cette falsification lors de la visite canonique. Par ailleurs, peu après l’Ascension 1998, à l’abbaye de Solignac, Georges et Marie-Josette Bonneval demandent aux autres membres fondateurs et à tous les bergers de maison de les reconnaître comme père et mère à vie de la communauté, avec l’accord du père Jacques Marin, présent ce jour-là.

Très tôt dans l’histoire de la communauté, des dysfonctionnements apparaissent au niveau de l’autorité exercée par Georges et Marie-Josette Bonneval, eux-mêmes accompagnés par le Père Jacques Marin. Les autres membres fondateurs tentent, les uns après les autres, de rectifier la trajectoire, mais la violence de l’opposition les oblige ensuite à quitter la communauté :

  • Jacques et Geneviève Pellier, avec leurs enfants, en 1989.
  • Jean-Louis et Monique Fradon, en août 1999.
  • Marina Perrot, en décembre 2003.

Visite canonique

Elle est déclenchée en 2002 par Monseigneur Charrier, évêque de Tulle, grâce aux différentes interventions de Jean-Louis et Monique Fradon, et de Marina Perrot.

Son rapport est rendu le 15 mars 2003. Il est d’abord entendu par les membres présents (bergers des maisons). Deux problèmes majeurs sont nommés : d’une part la confusion entre le for interne et le for externe et d’autre part, l’autorité exercée par le couple Georges et Marie-Josette Bonneval perçue par les membres comme une emprise envahissante. Les autres problèmes relevés sont : le manque de formation, l’absence de règle de vie, l’excès de fatigue des membres, le manque de prise en compte des compétences personnelles, les finances. Dix recommandations sont prescrites.

La première recommandation concerne Georges Bonneval, premier modérateur de la Communauté qui est destitué de ses fonctions. Il lui est alors demandé de prendre un temps de recul par rapport à la communauté du Verbe de Vie.

Olivier Belleil, modérateur

Olivier Belleil
Olivier Belleil

Olivier Belleil, marié, père de 7 enfants, est élu modérateur, en août 2003.

La communauté est encore en fondation, elle n’a que 17 ans d’existence. Les statuts ne sont ni finalisés ni encore reconnus, la règle de vie n’est pas écrite, tous les fondateurs sont partis.

Dans ce contexte, les membres fondateurs ayant dénoncé les dysfonctionnements auraient pu être sollicités et réintégrés dans la communauté. Mais aucun dialogue fructueux ne s’est établi entre le nouveau modérateur et ces membres fondateurs.

Il est alors décidé que le charisme fondateur repose sur toute la communauté.

Dans les différentes explications qui suivront, Olivier Belleil donnera très succinctement sa « clé de lecture » de la crise de la communauté et de la nécessité d’une visite canonique, en la réduisant « à une division entre les cinq fondateurs » (cf. article cité ci-après, paru dans La Croix du 29 août 2007, en page 19), ou bien à : « des divisions au sein de la communauté », comme on peut encore le lire à ce jour (août 2016) sur Wikipédia. Dans le droit de réponse du 15/10/2007 qui leur était accordé par le Journal La Croix, Jean-Louis et Monique Fradon retracent les faits :

« Nous avons pris connaissance de l’article intitulé « De nouveaux statuts pour le Verbe de Vie », dans lequel nous sommes directement mis en cause en tant que cofondateurs. Le modérateur général y explique le retard apporté à la reconnaissance des statuts de la manière suivante : « Les divisions entre les cinq fondateurs ont provoqué des difficultés communautaires, ce qui a conduit Mgr Charrier à demander deux visites canoniques. » Nous sommes choqués de ces propos, très éloignés de la vérité, pour deux raisons principales :

  1. Le modérateur omet de dire que les cinq fondateurs n’avaient ni les mêmes fonctions, ni les mêmes responsabilités. Nous n’avions nous-mêmes aucun pouvoir de décision pour diriger la communauté, cette charge étant exercée exclusivement par le couple modérateur qui était à la fois fondateur et responsable du gouvernement de la communauté. Il pratique l’amalgame en mettant les cinq fondateurs sur le même plan.
  2. Le modérateur actuel ne nie pas qu’un audit pastoral ait fait apparaître des erreurs dans le mode de gouvernement « dont certaines graves ». En cela, nous le confirmons totalement. Nous avions pris nous-mêmes conscience, plusieurs années avant notre départ, des dangers qui menaçaient la pérennité de la communauté, l’entraînant dans une dérive qui aurait inévitablement abouti à sa perte : absence de séparation entre le rôle du fondateur et du modérateur, entre le for interne et le for externe des personnes, gouvernement trop centralisé, non-élection du modérateur, atteintes au respect et à la liberté des personnes… Mais nous contestons les propos du modérateur actuel quand il attribue le retard apporté à la reconnaissance des statuts aux divisions entre les cinq fondateurs. La cause première des difficultés communautaires était, comme nous venons de le dire, un grave problème de gouvernement. Ce dernier a justifié à lui seul la mise en œuvre d’une visite canonique. Devant pareille situation, il était d’ailleurs plutôt sain que s’expriment des divergences. Celles-ci n’ont été cependant que la conséquence du problème de fond et non la cause principale.

Enfin, l’article de La Croix fait dire au modérateur actuel qu’« en 2004-2005, l’un des couples fondateurs est parti au Brésil, tandis que les trois autres cofondateurs ont quitté la communauté ». Or, en ce qui nous concerne, il n’en est rien. Ne pouvant cautionner plus longtemps la situation interne, nous avons dû, contre notre gré, quitter la communauté en août 1999, non sans avoir tenté en vain d’intervenir auprès du couple modérateur de l’époque, y compris en faisant appel à une médiation extérieure. Deux ans après, nous avons rédigé un rapport circonstancié des dysfonctionnements constatés et l’avons remis à l’autorité ecclésiale. Plus tard, en février 2002, nous avons eu l’occasion de nous entretenir avec le nouvel évêque de Tulle, Mgr Charrier, qui venait d’avoir en main notre rapport. Nous lui avons alors suggéré de mettre en œuvre une visite canonique pour remédier aux graves problèmes qui perduraient dans la communauté plus de deux ans après notre départ. Il est donc faux de prétendre que ce sont les divisions entre les cinq fondateurs qui ont conduit Mgr Charrier à mener une visite canonique. Bien au contraire, c’est notre démarche personnelle auprès de Mgr Charrier qui a été l’élément déclencheur de la visite canonique. La chronologie des faits en témoigne, puisque nous avons quitté la communauté en 1999, c’est-à-dire cinq à six ans avant la date mentionnée dans l’article. »

Georges et Marie-Josette Bonneval et les Semences du Verbe.

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Marie-Josette et Georges Bonneval

À la suite de la visite canonique, Georges Bonneval, premier modérateur de la Communauté est destitué de ses fonctions. Il lui est alors demandé de prendre un temps de recul par rapport à la communauté du Verbe de Vie. Ce temps n’a pas été respecté et Georges et Marie Josette Bonneval sont partis dans une de leurs fondations du Verbe de Vie au Brésil. Puis ils ont, en désaccord avec l’évêque de Salvador de Bahia, emmené certains membres du Verbe de Vie pour fonder les Semences du Verbe.

Quelques années plus tard, ils tentent, à plusieurs reprises, de revenir en France. Le 17 mai 2016, leur venue était annoncée sur le diocèse de Blois, à Notre-Dame de la Trinité, pour prendre la suite de la communauté des Capucins. Elle a finalement été annulée.

> http://www.lanouvellerepublique.fr/Loir-et-Cher/Actualite/24-Heures/n/Contenus/Articles/2016/05/17/Une-communaute-bresilienne-remplacera-les-freres-capucins-2717814

Les vagues de départ de la communauté du Verbe de Vie

Le rapport de la visite canonique de 2003 ayant commencé à mettre en lumière les faiblesses et dysfonctionnements de cette nouvelle communauté, ainsi que le manque de définition du charisme fondateur, les membres, même engagés définitifs, ont alors la possibilité de quitter la communauté. À partir de 2004, un certain nombre de membres vont continuer à partir et les départs ne cesseront pas, y compris ces dernières années, avec comme corollaire la fermeture de maisons.

En 30 ans, plus de 240 membres se sont engagés dans la communauté de vie. Ils partagent, « sous le même toit », une vie de prière et de service à temps plein. Tous les états de vie y sont représentés : célibataires, couples, laïcs consacrés. De nombreux membres sont engagés à vie depuis plusieurs années.

Plus de 160 membres ont quitté la communauté, par « vagues » successives, soit 68% des membres, dont 30% étaient des engagés définitifs.

Les deux dernières « vagues » remontent aux années 2007/2009 puis 2012/2013 durant le gouvernement d’Olivier Belleil, et entraînent à chaque fois le départ d’une quinzaine de membres, pratiquement tous engagés définitifs. En sachant qu’une grande maison (telle que l’Abbaye d’ Aubazine), est constituée d’une dizaine de membres, c’est donc à chaque fois une maison qui est en péril.

Les fermetures de maisons

Ainsi, sur 16 fondations, 8 fermetures, dont l’abbaye d’Aubazine (en 2010) et plus récemment celle de la Valette à Toulon (en 2015).

Devant la réalité des faits, il est étonnant de s’en tenir encore, en 2016, à la version suivante :

(…) depuis sa fondation, et malgré une crise de croissance en 2003 qui a vu le départ d’un couple fondateur, le Verbe de Vie s’est implanté à Josselin, en Bretagne, à Sceaux, en Île de France, dont la communauté anime la paroisse, à Pensier, en Suisse, à Bamako, au Mali, et à Salvador de Bahia au Brésil

(mensuel PRIER de Mai 2016).

Le Père Jacques Marin

Père Jacques Marin
Père Jacques Marin

Le Père Jacques Marin a exercé, dès le départ, dans la communauté du Verbe de Vie, plusieurs rôles à la fois : conseiller spirituel de la communauté, accompagnateur personnel du modérateur, accompagnateur et confesseur de chacun des membres. La non-distinction entre le for interne et le for externe a engendré de graves confusions au niveau du gouvernement et privé les membres de leur liberté personnelle.

Par ailleurs, il a soutenu et accompagné en même temps la fondation dissidente « Les Semences du Verbe » (voir lien ci-dessous), ce qui n’est pas sans souligner la fragilité de son discernement spirituel et ecclésial :

http://www.sementesdoverbo.org.br/noticias/noite-de-formacao-com-pe-jacques-marin/

Le Père Jacques Marin a été aussi suspendu du pouvoir de confesser, une première fois pendant trois mois, en raison de plaintes portées contre lui. Puis, tout récemment, Monseigneur Giraud a prononcé comme prélat de la Mission de France, un décret à l’encontre du Père Jacques Marin pour les abus commis dans l’exercice de son ministère :

Considérant que, trop souvent, vous ne vous êtes pas abstenu de gestes et d’attitudes admissibles avec discernement dans le charisme de guérison…/ … et que, par ce comportement vous avez parfois scandalisé gravement des pénitentes dont certaines ont porté plainte auprès de l’autorité épiscopale… 

Ce décret du 20 mai 2016 interdit tout exercice du ministère de confession au Père Jacques Marin qui a lui-même reconnu « avoir fait des erreurs en transposant parfois dans le sacrement de Réconciliation un comportement relationnel affectif et corporel… » Ce décret a été confirmé par la Congrégation de la Doctrine de la Foi.

Décret HG Jacques Marin mai 2016 -  PDF - 516.6 ko
Décret HG Jacques Marin mai 2016

Des problèmes qui demeurent et se perpétuent

Devant ces différents articles de presse et le nombre très élevé de départs de communautaires en souffrance, force est de constater qu’Olivier Belleil n’a pas pris la mesure des dysfonctionnements qui touchaient la communauté. Ce déni de vérité sur l’origine du mal et ses conséquences n’a de toute évidence pas permis d’apporter les solutions adéquates et a laissé la communauté s’enliser dans un modèle similaire au système antérieur : autorité abusive et irrespect des personnes.

Plus de dix ans après la visite canonique de 2003, il est permis de s’interroger sur la réalité de sa mise en œuvre. Les partants continuent de dénoncer les problèmes récurrents qui entravent le bon fonctionnement de la communauté et sont source de blessures profondes pour les personnes concernées. Cela appellerait une remise à plat du mode de gouvernement et une humble relecture de l’histoire de la communauté, prélude à l’ouverture au dialogue et à la réconciliation. Ceci ne peut se concevoir sans une implication compétente des pasteurs de l’Eglise, proportionnée dans les moyens et dans la durée à la profondeur et à l’enracinement du mal.

Synthèse réalisée par un collectif après enquête auprès d’anciens membres de la communauté du Verbe de Vie

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Vos réactions

  • Nathalie 9 février 2017 15:42

    J’ai toujours été mal à l’aise lorsque j’ai entendu des enseignements d’Olivier Belleil. Il me semble que, malgré une étonnante assurance et des références constantes à l’enseignement de l’Eglise, il y a quelque chose qui sonne faux dans ses « prédications ». Quelqu’un sait-il si il a un quelconque diplôme en théologie ou en Bible ? Son enseignement est-il réellement conforme à un enseignement de l’Eglise Catholique ? J’ai des sérieux doutes… merci de m’éclairer sur ce point.

    • Je ne sais pas s’il un diplôme quelconque, mais je me souviens avoir entendu ce « prédicateur » lors d’un pèlerinage, et ses paroles m’avaient mises en colère ! J’avais une expérience de lectio divina régulière, et il avait donné des explications, qui étaient plutôt des directives, sur ce qu’était ou n’était pas la lectio divina… selon lui ! Si l’on ne faisait pas comme lui le disait, on était dans l’erreur et on priait mal… Ses paroles étaient des abominations ! Ce genre de mauvaise prédication enferme et décourage les auditeurs qui ne font pas « comme il faut ». Je reconnais bien là la « rigidité » qu’a dénoncé le Pape François (et dont un autre internaute a parlé, quelques lignes plus bas sur ce blog).

    • Ancienne communautaire du Verbe de Vie, je sais qu’il n’a pas de formation théologique académique. Il lit beaucoup et c’est à partir des connaissances qu’il accumule par ses lectures qu’il fait ses propres enseignements. En soi, ce n’est pas mauvais, mais il n’a jamais confronté ses connaissances ou sa pensée à un enseignant extérieur, il ne connait pas l’altérité. De par sa nature, il pense qu’il a toujours raison, donc pour lui, ce qu’il pense est la vérité. Je l’ai même vu hocher négativement la tête lors d’une récollection donnée au Verbe de Vie par un professeur d’université. Le docteur en théologie avait faux, lui savait ! Il fonctionne aussi de manière binaire, il n’est pas capable de nuances ce qui est renforcé par sa psychorigidité. Ecouter un de ses enseignements parait lumineux (j’insiste sur le parait) mais se nourrir de ses enseignements sertissent l’âme dans un chemin étroit qui n’est pas celui de l’évangile mais celui d’une pensée étriquée, binaire, équipée d’œillères. Bref si vous voulez de la longueur, de la largeur, de la hauteur et de la profondeur, je vous conseille d’aller voir ailleurs.

      • Je suis tout à fait d’accord avec votre analyse. Pour lui, il y a d’un coté les bons et de l’autre les méchants, c’est complètement binaire, c’est pourquoi il est à l’aise avec l’Ancien Testament, mais est décontenancé par la Révélation dans le Nouveau Testament ; il n’enseigne pas sur les épîtres de St Paul par exemple, c’est trop théologique pour lui. D’ailleurs, je pense que, compte-tenu de sa personnalité, il n’aimerait pas faire des études de théologie en université car cela signifierait qu’il fasse corriger sa copie par un tiers. Il préfère avoir raison, c’est sûr. Quant à sa capacité de faire rire dans ses enseignements, cela en dit long sur la manière de mettre son auditoire de son coté. Si vous voulez entendre quelqu’un qui séduit par son talent d’orateur, et vous entraîne dans son camp (les bons contre les méchants), allez l’écouter. Mais si vous voulez entrer dans la sagesse de l’Eglise, allez voir ailleurs.

  • Marie DELAIRE 10 janvier 2017 15:55

    Pendant une dizaine d’année, mon mari et moi avons fait de fréquentes visites à la Communauté du Verbe de Vie à Aubazine et avons fréquemment rencontré le Père Jacques Marin. Son écoute nous a beaucoup aidés et nous lui en sommes très reconnaissants. Nous le remercions du fond du cœur. Marie

    • Marie,

      Il y a « un monde » entre rendre visite à une Communauté nouvelle ponctuellement telle que le Verbe de Vie et y vivre. Le Père Jacques Marin a été mon accompagnateur et confesseur exclusif pendant plusieurs années, y compris à Aubazine. Je peux témoigner qu’il était sous l’emprise grandissante du couple de co-fondateurs, Georges et Marie-Josette Bonneval, avant que la visite canonique ne lève le voile en partie sur les déviances de cette communauté [malheureusement].

      Il n’en demeure pas moins qu’il aura été un excellent prédicateur et aura aidé de nombreux retraitants (des couples notamment). Le problème majeur tient au fait qu’il n’avait pas le don du discernement mais celui de la prédication et qu’il n’avait que peu de respect pour l’enseignement deux fois millénaire de l’Eglise Catholique concernant les vocations sacerdotales ou religieuses. Il considérait l’exemple des communautés anciennes comme désuet. L’orgueil spirituel est un piège dans lequel sont tombés bien des prêtres du renouveau charismatique. C’est un constat sans jugement.

      Il faut prier pour lui et pour certains prêtres de ces communautés dont l’humilité et la prière à la Vierge Marie ont fait cruellement défaut, laissant la place à l’efficacité et au rendement au détriment de la charité.

  • Olivier 5 novembre 2016 15:11

    Les manipulateurs : Pascal Ide, prêtre et médecin, nous dit ce qu’il faut savoir sur ces personnalités narcissiques.

    Une petite vidéo sur la cause principale des épreuves récurrentes de la communauté du Verbe de Vie depuis la première élection du modérateur général.

    https://www.youtube.com/watch?v=bkN...

  • Olivier 25 octobre 2016 20:37

    Le Pape François vient d’adresser ce message à certains responsables ou anciens responsables du Verbe de Vie… Radio Vatican 24/10/2016

    « Derrière la rigidité, il y a quelque chose de caché dans la vie d’une personne. La rigidité n’est pas un don de Dieu. La douceur, oui, la bonté, oui, la bienveillance, oui, le pardon, oui. Mais la rigidité, non ! Derrière la rigidité il y a toujours quelque chose de caché, dans de nombreux cas une double vie, mais il y a aussi quelque chose d’une maladie. Combien souffrent les rigides : quand ils sont sincères et se rendent compte de cela, ils souffrent ! Parce qu’ils ne réussissent pas à avoir la liberté des enfants de Dieu, il ne savent pas comment on chemine dans la Loi du Seigneur, et ne sont pas bienheureux. Et ils souffrent tellement ! Ils semblent bons, parce qu’ils suivent la Loi. Mais derrière, il y a quelque chose qui ne les rend pas bons : ils sont mauvais, hypocrites, ou ils sont malades. Ils souffrent ! »

    Le Pape François a rappelé la parabole de l’Enfant prodigue, dans laquelle le fils aîné, qui s’était toujours bien comporté, s’indigne avec le père parce qu’il accueille avec joie le fils cadet, dissolu, mais revenu à la maison en s’étant repenti. Cette attitude, a expliqué le Pape, fait voir ce qu’il y a derrière une certaine bonté : « la superbe de se croire juste ».

  • Isabelle 20 septembre 2016 01:36

    Bonjour,

    Vous écrivez qu’après « synthèse et enquête auprès d’anciens membres de la Communauté du Verbe de Vie », la visite canonique aurait été déclenchée exclusivement par les co-fondateurs. Je cite : « Elle est déclenchée en 2002 par Monseigneur Charrier, évêque de Tulle, grâce aux différentes interventions de Jean-Louis et Monique Fradon, et de Marina Perrot ».

    Par souci de clarté et de Vérité, je me dois de rectifier cette affirmation qui est en partie fausse. C’est une version tronquée, notamment sur le plan chronologique.

    J’ai vécu plusieurs années au sein de cette communauté et j’en suis sortie avant Jean-Louis et Monique Fradon et Marina Perrot que j’ai bien connu. Après ma sortie, j’ai été voir les plus hautes instances ecclésiales afin de les avertir des déviances sectaires liées à l’absence de régulation du pouvoir notamment. Certains ont pris acte, attendant avant de prendre les mesures qui s’imposaient alors. J’ai mis en garde et affirmé que la Communauté portait en elle les germes de déviances graves avec des risques d’emprises et de manipulation mentale avérée aux conséquences lourdes. L’hémorragie des vocations qui a suivi a malheureusement corroboré mes analyses d’alors.

    J’ai trouvé à l’époque une ancienne avocate de l’Officialité et j’ai entamé seule un « devoir de Vérité » sur les bases des critères de discernements sur les déviances sectaires dans l’Eglise Catholique établies par Mgr Vernette (Responsable du service secte, pastorale et nouvelles croyances).

    Plus d’un an après avoir quitté cette Communauté (et suite à leur départ du Verbe de Vie), j’ai alors entendu personnellement le témoignage de Jean-Louis et Monique Fradon, particulièrement meurtris. Je les ai vivement incité à témoigner et à faire eux aussi un « devoir de Vérité ». Leur témoignage avait du poids mais pas seulement le leur. Je leur ai transmis les critères de discernement de Mgr Vernette sur lesquels ils se sont appuyés, tout comme moi, pour faire leur rapport à Mgr Charrier, alors évêque de Tulle. Je les ai aussi invité à contacter le S.A.M. que j’avais contacté un an auparavant, ce qu’ils ont fait. Enfin, je leur ai donné les coordonnées de l’avocate qui était déjà en lien avec Mgr Charrier et avec laquelle ils se sont vite mis en lien direct sans m’en informer d’ailleurs.

    Ce sont là des faits qu’ils ne peuvent réfuter, du moins je l’espère.

    Aussi, je crois pouvoir dire qu’à l’époque, compte-tenu du contexte, j’ai fédéré un travail collégial auprès de Mgr Charrier que j’avais entamée seule au départ. Mais, avec le temps et le recul, j’ai constaté - avec une certaine fatalité et sans grande surprise - que la version sur le rôle des premiers témoins avait varié. Mon souci de discrétion n’a pas été la seule raison je pense. Cela ne m’a pas étonnée outre mesure vu la fragilité psychologique des « témoins » et l’hémorragie interne lié au mode de gouvernement de cette Communauté Nouvelle.

    Car il faut savoir que nous étions cinq à témoigner auprès de Mgr Charrier au départ : Moi, une soeur consacrée qui avait quitté la Communauté après de nombreuses années de vie communautaire et un engagement à vie (et qui n’est pas la co-fondatrice Marina Perrot) et… Jean-Louis et Monique Fradon !

    Après notre rapport envoyé à l’Evêque de la Maison Mère (l’Abbaye d’Aubazine), nous avons été convoqués par Mgr Charrier de façon indépendante et à sa demande. Suite à ces entretiens puis, par la suite, à d’autres témoignages de personnes proches ou de membres en souffrance, la visite canonique a été décrétée avec les suites que nous connaissons.

    Voilà, je désirais rectifier votre version car j’estime que le rôle des co-fondateurs n’a pas été aussi déterminant que certains l’affirment dans la visité canonique qui a suivi nos témoignages. Ce fut un long et âpre combat collégial, mené par étapes, et le rôle de chacun doit être respecté, les initiateurs comme ceux qui ont suivi.

    Cette Communauté a de belles vocations mais la responsabilité des autorités ecclésiales dans la problématique liée au Verbe de Vie est accablante et ce bien après le départ de Georges et Marie-Josette Bonneval et du Père Jacques Marin.

    Le laxisme et le manque de discernement face au mode de gouvernement des Fondateurs et co-fondateurs ; face au mode d’élection des modérateurs et face à la gestion du pouvoir et des avoirs, aura fait beaucoup de dégâts comme dans tant d’autres Communautés Nouvelles.

  • Laury 16 septembre 2016 11:44

    « La vérité vous rendra libres » MERCI Pourquoi avoir tant tardé à le dire ?

    Laury

    • Pour avoir côtoyé de près les Bonneval, ainsi que Jacques Marin, pour être allé plusieurs fois à Aubazine, je tiens à souligner la véracité de ce qui est écrit par ce collectif. Oui, le réveil est lent… Car le « formatage » des esprits accompli dans les années euphoriques du Renouveau charismatique a touché tout ceux qui étaient insérés de près ou de loin dans ce courant. Avec le recul du temps, et les outils de réflexion sur les dérives sectaires qui sont maintenant à notre disposition, il devient possible de faire apparaître l’ivraie, après avoir passé des décennies à encenser le « bon grain » en passant de multiples couches de vernis « Baufix »… Les fissures et lézardes commencent à être bien visibles… Et en France, où sont nées toutes ces communautés nouvelles, ce sont des pans entiers qui se sont effondrés… L’Église aura-t-elle le courage de faire de vrais bilans, et d’en tirer les conséquences, plutôt qu’essayer de replâtrer ? Pas sûr… Mais on progresse vers la Vérité qui rend libre !

      • J’ai vécu plusieurs années dans cette communauté. Il y avait de belles grâces, mais qui, au fil du temps étaient en effet étouffées par l’ivraie grandissante. L’ivraie trouve dans ces communautés un terrain fertile. Les relations fraternelles sont trop confuses, entre mixité et différents états de vie, sur une spiritualité inexistante, cela devient une vraie pagaille où tout le monde fini par être perdu intérieurement. On parle de blessures et on fait des retraites de guérison intérieure, mais le vrai problème est ailleurs. Les relations dites fraternelles ne sont pas porteuses mais destructurantes car les bases ne sont pas saines. En plus, la vie charismatique accentue la confusion avec des paroles de prophéties à profusion, prophéties qui ne se réalisent pas mais suscitent une sorte d’euphorie aveuglante. A la fin, c’est usant. C’est d’autant plus regrettable qu’il y a des personnes très chouettes dans ces communautés, mais elles sont prises dans un déni qui les protège de l’effondrement. Je prie beaucoup pour elles. Quelle tristesse.

        • Il est vrai qu’à chaque fois que je rencontre des gens qui ont vécu ces années d’euphorie en cté charismatique, je suis étonnée par le fossé qui les sépare de l’image donnée d’eux dans les journaux, les media : des gens manipulables, faibles, fragiles devant des gourous tout-puissants qui leur donnent la becquée en nourritures terrestres et spirituelles… Je ne connais que des gens droits, de bonne volonté, pratiquants en paroisse, et pas du tout à la dérive… Les autorités ecclésiastiques se sont p-ê dit qu’avec des gens aussi ’bien’, les choses finiraient forcément par bien tourner. Le fait que tant de bonnes personnes arrivent à de telles catastrophes appelle à réfléchir au-delà des clichés. Un jour j’en avais parlé à une religieuse qui m’avait dit que les communautés de laïcs ne marchaient pas et c’est peut-être la conclusion, peut-être que c’est une utopie, irréalisable, même avec de bonnes personnes (qui, dans toutes les ctés, sont plus nombreuses que les néfastes).