Vendredi 21 décembre 2012 — Dernier ajout mercredi 17 février 2016

Les auteurs

Le 5 février 2009, nous avons découvert la triste vérité sur la double vie du fondateur des légionnaires du Christ. Suite à ce séisme - qui révélait des dysfonctionnements graves au sein des plus hautes autorités de l’Eglise - des victimes d’autres dérives sectaires (dans différentes communautés catholiques), ainsi que des prêtres, des religieuses et des personnes préoccupées ont décidé de créer un réseau, afin de s’informer et de se soutenir. La liste qui suit est une première émanation de ce réseau (qui est beaucoup plus large). Certains, pour des raisons obvies de sécurité, ont décidé de garder l’anonymat.

Xavier Léger

Je suis un ancien membre de la Légion du Christ (1999-2006). Aujourd’hui je suis professeur des écoles. J’ai écrit un livre sur mon histoire, en collaboration avec le journaliste Bernard Nicolas, publié chez Flammarion : « Moi, ancien légionnaire du Christ ». Si je parle aujourd’hui, c’est d’une part parce que j’ai beaucoup trop de choses sur la conscience pour pouvoir dormir tranquillement, et d’autre part, parce que j’ai l’intime conviction qu’on ne construit jamais le Royaume de Dieu sur des mensonges.

Isoline (pseudonyme)

Ayant vécu de l’intérieur pendant de longs mois dans une communauté nouvelle (Béatitudes) il y a déjà plusieurs années, j’y ai répéré de graves dérives sectaires. J’ai donc écrit à l’Evêque du lieu pour lui décrire les faits précis. Celui-ci m’avait répondu qu’il savait mais qu’il ne pouvait rien faire car les Béatitudes dépendaient directement de Rome… !! J’ai été révolté par cette réponse et surtout que les dérives sectaires de cette communauté ont continué en toute impunité. Depuis, je lutte, notamment par l’écriture, pour que tout individu, chrétien ou non, puisse conserver sa liberté (mentale, physique, psychologique et spirituelle). Jésus a voulu avant tout que nous soyons libres, Il l’a payé de sa vie. Se dire chrétien pour moi, c’est, entre autre, essayer de libérer tous ses frères et soeurs perdus dans des emprises (psycho-spirituelles, séductrices, culpabilisantes etc.) qui n’ont rien d’évangéliques.

Paul Lennon

Je suis irlandais de naissance, mexicain de cœur et j’habite actuellement aux Etats-Unis. Légionnaire du Christ de 1961 à 1984, j’ai du quitter cette congrégation après avoir critiqué ouvertement son fondateur, le père Maciel. J’ai repris les études et obtenu un diplôme de psychologie, à la Catholic University of America. Depuis, j’exerce le métier de psychologue, spécialisé dans les thérapies familiales. A la fin des années 90, j’ai pris la direction de l’association ReGAIN (Religious Groups Awareness International Network), qui rassemble des anciennes victimes de la Légion du Christ et du Regnum Christi. Cela m’a conduit à mener de front plusieurs batailles contre cette puissante organisation, bien décidée à piétiner notre noyau de résistance. Je raconte l’histoire navrante de mes 23 années dans la Légion du Christ dans un livre : « Our Father who art in bed. A Naive and Sentimental Dubliner in thé Legion of Christ."

Stanislas de Sainte Agathe

Intéressé par toutes les questions éthiques qui touchent le milieu de l’entreprise et de l’économie, j’ai accepté en 2002 de travailler pour Génération Entreprise, un apostolat fondé par un jeune prêtre légionnaire du Christ, le père Rafael Larocca. Hélas, c’était un leurre destiné à d’autres fins que celles affichées : l’association n’était qu’une façade permettant de couvrir des dérives sectaires. Depuis, je me suis spécialisé dans la formation et notamment sur les questions de leadership, de comportements organisationnels et de capitalisation de retours d’expérience.

Isabelle de Lovinfosse

J’ai vécu presque trente années au sein de l’Opus Dei comme membre mariée (surnuméraire) avant qu’on ne me prie d’aller m’épanouir ailleurs. Je suis particulièrement motivée pour défendre avec force le lien conjugal contre ses prédateurs bien intentionnés. En effet, certaines directions spirituelles imprudentes n’aident pas à la construction du couple mais risquent de le diviser.

Etienne Michel (pseudonyme)

Je suis heureux depuis que je n’y suis plus, j’y fus longtemps (un peu trop), et engagé dans le célibat. A présent, je pratique ce qui m’y était refusé, à savoir l’exercice de la liberté, qui est un beau chemin, je le conseille à d’autres, et je suis marié et père. Depuis que je n’y suis plus, l’Opus Dei va certainement encore mieux, elle qui allait déjà parfaitement bien. C’est pourquoi je me préoccupe d’autre chose, qui est la vie. Néanmoins, quelques sautes d’humeurs devant la bêtise de ces organisations intelligentes me font prendre ici la plume, non pas contre Dieu, à qui l’on attribue de tels bienfaits, et à qui je dois au moins celui d’en être sorti, mais pour les victimes de ces bienfaits, qui sont nombreuses, très, et apparemment ne le savent pas -ou ne peuvent pas (se) le dire.