Lundi 21 mars 2016

Nous accusons !

A la fois touchés dans nos fils victimes d’un prêtre pédophile et trahis dans l’amitié que nous avons eue avec le « prédateur » ; à la fois très à l’écoute de toutes les révélations qui éclatent comme les champignons sortent de terre à l’automne, à la fois éblouis par la démonstration rigoureuse faite par le récent film Spotlight, nous avons réfléchi, une fois de plus, avec sérieux aux dommages causés par la pédophilie dans l’Église et aux responsabilités des acteurs

1. LA VICTIME

Bien sûr, il s’agit de SEXE et de sexe à un âge où la victime est fragile ; elle l’est, soit parce que, à cet âge-là, normalement il n’y a pas d’activité sexuelle explicite, soit parce que (un peu plus tard) c’est l’âge normal de la découverte de cette dimension de son corps et de l’apprentissage de la maîtrise de sa sexualité ; et le prédateur arrive là-dedans comme un éléphant dans un magasin de porcelaine ! il casse, pour sa propre satisfaction, quelque chose de fragile, d’existentiel et de beau (et Dieu vit que cela était bon : c’était très bon !). Il faudra de longues années pour que la victime guérisse de cette blessure ; parfois elle n’y parviendra pas ! le processus de résilience dépend de très nombreux facteurs, nous reviendrons sur ceux-ci dans la suite de notre propos.

Bien sûr, il s’agit de sexe, mais aussi (surtout ?) il s’agit de POUVOIR ; pouvoir d’un être humain sur un autre, pouvoir de l’adulte sur l’enfant, du fort sur le faible ; même s’il n’y a pas eu de viol au sens le plus commun du terme, il y a violence, il y a viol au sens le plus profond du terme.

Et puis, il y a la culpabilité, la HONTE ! Car, bien sur l’enfant comprend vite que ce n’est pas comme ça que les choses doivent se passer, que c’est mal ; mais – est-il permis de le dire ? – il y a des cas où les caresses, les attouchements peuvent éveiller un plaisir et c’est ainsi que la victime peut se sentit complice du mal qui lui est imposé ; et puis il y a le secret : il ne faut pas en parler… c’est notre petit secret… et l’enfant est honteux de se laisser enfermer dans ce silence honteux. Par un processus totalement pervers, la culpabilité et la honte du prédateur sont reportées sur sa victime ! Un comble !…

Comment l’enfant va-t-il pouvoir construire sa personnalité, comment peut-il devenir adulte, c’est à dire responsable, avec cette image de l’adulte, avec cette image de lui-même ?

Ensuite il s’agit aussi de la FOI ; la plupart des hommes de notre âge que nous avons rencontrés et qui disaient avoir été dans leur enfance victimes d’un prêtre, souvent dans une école catholique, avaient perdu totalement la foi et quitté l’Eglise, ou continuaient dans une « pratique » religieuse purement sociologique ; nous reviendrons là aussi sur ce point dans la suite de ce propos.

2. LE PRÉDATEUR

Bien sûr, les actes qu’il commet sont aujourd’hui considérés comme criminels (il n’en a pas toujours été ainsi) ; mais c’est plus fort que lui, il a le sentiment que tout ceci échappe à sa volonté ; et puis il se trouve de bonnes raisons : c’est parce qu’on s’aime, c’est parce que la sexualité, c’est beau ! et puis il (le prédateur-prêtre), il fait aussi de bonnes choses, il apporte la Parole de Dieu à quantité de gens, il fait du bien (et ceci est vrai aussi !)

Et puis dans les débuts, il en a parlé à son curé, voire à son évêque et ceux-ci lui ont dit « que tout cela était bien fâcheux, on va vous déplacer à un endroit où on ne vous connaît pas, mais ne recommencez pas ! » Bref, finalement, rien de bien grave !

Ainsi, le prédateur s’installe peu à peu dans le déni de la réalité, dans le déni du vrai ; et peu à peu s’installe une sorte de dédoublement de la personnalité : d’un côté le méchant qui n’arrive pas à contrôler ses pulsions, qui se trouve des excuses ; de l’autre le gentil qui ne veut pas penser à l’autre personne qui est en lui, qui est aussi lui, car ce serait vraiment et réellement insupportable.

Nous n’écrivons pas ceci pour excuser le coupable, mais pour tenter de comprendre comment cela fonctionne ou a fonctionné dans certains cas, voire dans de nombreux cas !

3. LES DÉGÂTS POUR LES PARENTS

Il faut bien y venir

D’abord, la tentation de la culpabilité : et nous n’avons rien vu ! et puis nous n’avons pas voulu voir ! Comment analyser cela ?

  • hypothèse 1 – la plus favorable – heureux les cœurs purs, ils ne voient pas le mal ! on peut aussi parler de naïveté, de bêtise…
  • hypothèse 2, dans la mouvance de Vatican 2, la distance entre le prêtre et le laïc est réduite et c’est sympa de pouvoir être ami avec un prêtre… oui, pourquoi pas, mais pour une amitié entre laïcs, on manifeste en général du bon sens ; mais là, c’était évident qu’il n’y a pas à se méfier d’un prêtre : des restes inconscients de la notion de sacré (le prêtre est l’homme de Dieu) ont évacué le bon sens
  • hypothèse 3 – hélas aussi : c’était bien pratique, pour avoir de moments entre mari et femme de pouvoir de temps en temps confier nos enfants à cet amis : on fait moins souvent appel à nos parents, et puis, il se propose avec beaucoup de bonne volonté et puis un prêtre, pensez donc, il a fait du scoutisme, il a fait du catéchisme, il sait s’occuper d’enfants : nous nous sommes trouvé des bonnes raisons ; y aurait-il un peu de lâcheté ?

Et puis, il y a encore autre chose : nous parlions au début de ce texte de l’abus de la position dominante du prédateur sur les victimes ; mais à bien y réfléchir ce qui fondait son autorité était bien sur la différence d’âge, peut-être un peu le statut de prêtre, mais surtout le fait que cet homme était l’ami des parents, qu’il avait leur confiance. Et c’est bien souvent pour cette raison que les victimes n’ont pas pu libérer leur parole pendant un grand nombre d’années ; les victimes avaient peur que leurs parents ne les croient pas , ils n’avaient plus confiance dans leurs parents. En quelque sorte, les parents étaient peu ou prou assimilés au prédateur.

Et lorsque – et c’est hélas trop fréquent – les choses ayant été dites, les parents adoptent une attitude de déni (vous n’avez pas le droit de parler de cela, on n’a pas le droit de salir un prêtre, il faut pardonner,…) alors le désastre est consommé : il est clair qu’elle ne peut faire confiance ni à l’Eglise ni à la famille : la boucle est bouclée !

4. LE SYSTÈME

Dans toute institution organisée – l’Eglise ne fait pas exception – une hiérarchie est mise en place. Ainsi, outre la dimension pastorale (les évêques sont les successeurs des Apôtres), les évêques exercent une dimension hiérarchique vis à vis des prêtres et des laïcs ; dans un autre contexte, nous dirions qu’ils sont les « patrons » des prêtres et qu’ils sont des « leaders d’opinion » vis a vis des laïcs

4.a – hiérarchiques, patrons, peu importe le vocabulaire, les évêques le sont : les prêtres sont ordonnés par un évêque auquel ils font serment d’obéissance, dans un diocèse donné (ils sont « incardinés ») ; ce sont les évêques qui font les mutations de « leurs prêtres », soit en fin de mandat, soit pour raison disciplinaire, soit parce qu’ils estiment que tel prêtre serait plus utile au diocèse dans une autre fonction. Or à l’évidence la fonction de responsable hiérarchique suppose la responsabilité.

4.b – nommés par le premier d’entre eux : le pape, les évêques se voient confier par celui-ci la mission pastorale : responsabilité de conduire, avec les prêtres, l’assemblée des chrétiens ; comme à un père, il leur revient de faire connaître l’Evangile de Jésus aux chrétiens de leur diocèse, de les aider à grandir dans la foi et, comme un père, de leur accorder attention et tendresse : de cette mission, de ces attitudes du cœur, les évêques sont responsables tant vis à vis du pape que vis à vis des chrétiens eux-mêmes

Or nous le disons d’expérience : les évêques ont gravement fauté

- en ne se tenant pas informés de pratiques pédophiles possibles de « leurs » prêtres ; il n’est bien sur pas question d’espionner chacun des prêtres, mais de prêter une attention vigilante aux indices qui permettraient de détecter celles-ci

- en se contentant de blâmer les prêtres convaincus de pratiques pédophiles, en les déplaçant à l’intérieur du diocèse ou en les « refilant » à un autre évêque sans l’avertir, selon la politique qu’ailleurs on appellerait la politique de « la patate chaude »

- en laissant croire à ces prêtres que le système les couvrira si l’affaire vient à être connue

- en pratiquant l’omerta, c’est à dire en tentant d’étouffer des affaires, au motif que « le linge sale se lave en famille », afin de ne pas ternir l’image de l’Eglise, ou en mentant lorsqu’ils affirment, quand une affaire est découverte, qu’ils n’étaient au courant de rien, afin de tenter de sauver leur propre respectabilité

- en envoyant aux familles blessées de vagues formules de compassion, mais sans les recevoir, sans les entendre, ni les voir ni leur parler en père aimant ; en essayant – mal – de traiter un dossier, mais en n’ayant pas le courage de regarder les victimes dans les yeux ni d’échanger cœur à cœur.

- en se défendant de manière irresponsable lorsque les choses sont connues : « j’ai fait comme l’Eglise me disait de faire » ; ou infantile : « la pédophilie, ça existe aussi dans l’Education Nationale et dans les colonies de vacances » !

- en ne cherchant pas à s’informer sur les ravages que cause la pédophilie sur les victimes

- en ne cherchant pas à imaginer les ravages que cause l’omerta sur la foi des victimes, de leurs familles, sur l’opinion publique

- en incitant consciemment ou non les chrétiens et même les parents des victimes à prendre fait et cause pour le système clérical contre les victimes elles-mêmes, comme si l’honorabilité valait plus que la vérité et/ou que la vie même des victimes

- en prenant des voies détournées voir mafieuses pour éviter que des affaires viennent à la connaissance du public, ou, si elles éclatent, pour dégager leur responsabilité

Or on peut comprendre qu’un évêque est un homme, qu’il peut avoir peur pour son honneur, qu’il peut avoir peur d’être contraint de quitter ses fonctions, qu’il peut craindre éventuellement une condamnation pénale ; personne n’est infaillible ! Constater cela n’excuser en rien les personnes, ne diminue en aucune sorte leur responsabilité, mais à nos yeux, c’est l’appareil d’Eglise, c’est le SYSTÈME qui est fautif, et gravement fautif :

- quand un prêtre pédophile peut à bon droit arguer qu’il avait de longue date prévenu sa hiérarchie et que celle-ci, dans son incurie, a pu, si peu que ce soit lui laisser entendre qu’il ne risquait rien de vraiment grave (sans souligner que les victimes, elles, vivent des choses très graves) ;

- quand un évêque dit à juste titre que c’est l’omerta qui a toujours prévalu dans l’institution et qu’il n’a fait que suivre les instructions venues d’en haut ;

- quand un pape prestigieux, Jean-Paul II, plusieurs fois averti par le Cardinal Ratzinger de la gravité du problème ne prend pas de décisions ferme sur le sujet, ou qu’il accorde sa confiance au Père Maciel, responsables des Légionnaires du Christ !

- quand nous constatons qu’il a fallu attendre que cardinal Ratzinger soit élu pape pour qu’il demande pardon aux familles pour le mal que les prêtres avaient commis

- quand nous constatons qu’il a fallu attendre le pape François pour que celui-ci demande pardon aux familles pour le mal que l’institution, par son type de gouvernement, avait commis

nous disons que le système est gangrené, que la vérité et la charité sont bafouées et que le message de paix et d’amour de Jésus est traîné dans la boue

5. LES DÉGÂTS POUR L’ÉGLISE ELLE-MÊME

ll faut voir à quel point le message de Jésus est bafoué pour comprendre beaucoup de choses :

- un prêtre nous a dit des choses magnifiques sur Jésus ; il nous a lu le texte : « Jésus appela un petit enfant ; il le plaça au milieu d’eux, et il déclara : « Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, celui-là est le plus grand dans le royaume des Cieux. Et celui qui accueille un enfant comme celui-ci en mon nom, il m’accueille, moi.[…] Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, il est préférable pour lui qu’on lui accroche au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’il soit englouti en pleine mer. » ; mais ce même prêtre commet des actes innommables, scandaleux, et personne ne parle de lui attacher une meule au cou : quelle hypocrisie !

Alors comment s’étonner que tous ces jeunes désertent l’Église ? comment s’étonner qu’ils perdent la foi ?

- des parents mis au courant des actes qui nous ont blessés nous enjoignent de nous taire pour ne pas nuire à l’Eglise ! Alors, comment s’étonner que ces jeunes se sentent une nouvelle fois bafoués par des adultes qui devraient les protéger plutôt que de leur faire honte, par une Eglise qui oublie qu’elle est le sel de la terre et la lumière du monde ? alors ils ne veulent même plus entendre parler de Jésus

- un évêque commence par dire qu’il n’était au courant de rien, qu’il n’a rien fait de mal, que ce n’est pas de sa faute, mais de la faute du système qui a dysfonctionné (un accident de parcours !) ; un jour la vérité finira bien par lui revenir en pleine figure comme un boomerang !

Alors comment s’étonner que le monde profane, que les médias toujours friands de scandales, fassent leurs choux gras de l’affaire et tournent cet évêque en dérision, tournent toute l’Eglise en dérision !

- les évêques se réunissent à Lourdes et la premier acte public qu’ils font est d’apporter leur soutien fraternel à un confrère en difficulté ! qui comprendra qu’il s’agit de charité chrétienne et non d’un réflexe corporatiste, d’une tentative désespérée de lui sauver la mise ? de leur sauver à tous la mise ? comment ne pas voir que c’est dans l’institution de la Conférence des Évêques de France que va revenir le boomerang ?

- « Famille Chrétienne », dans son commentaire du film Spotlight dit y voir une attaque en règle contre l’Église ! Alors comment s’étonner de ce que la société laïque rejette tout en bloc, le bébé avec l’eau du bain

6. Et pendant ce temps, la hiérarchie nous parle de « nouvelle évangélisation » :

elle veut faire sortir les laïcs sur les places et dire quelle est notre Foi à ceux que ça intéressera encore, alors qu’il serait peut-être judicieux de faire profil bas et d’écouter le monde avant de lui parler ; en gros, elle veut envoyer les laïcs au casse-pipe avec un slogan qui pourrait être : « évangéliser a toujours suscité des martyrs »

Et pourtant, que des gens biens dans cette Eglise ! que d’excellents prêtres ! que de laïcs dévoués, croyants, généreux !

Et pourtant, pour nous qui ne l’avons pas quittée, cette Eglise, notre pensée profonde est celle-ci : « à qui irions nous, Tu as les paroles de la vie éternelle ? »

Oui, nous sommes en colère, oui nous accusons : quel gâchis !

Robert et Anne B. Mars 2016

Vos réactions

  • Françoise 10 octobre 2016 22:17

    Un très bon document, consultable en ligne gratuitement est sorti tout récemment sur le silence autour d’abus sexuels sur enfants. Le document est suisse et concerne une maison d’éducation à Vennes. Mais il reflète bien le complot du silence, de l’étouffement qui sévit aussi au sein de l’institution vaticane, catholique, que ce soit en Suisse, en France, en Irlande, etc. Le document évoque d’ailleurs la similitude de Vennes avec l’institut Marini ( maison d’éducation catholique) dans le traitement des affaires pédophiles. Dans l’affaire récente française des jeunes victimes du père Preynat, on retrouve les mêmes similitudes d’agissement.

    Je vous laisse à tous le lien car je le pense très instructif et renvoyant à différents ouvrages, très bien documentés sur le sujet, s’il vous intéresse :

    https://champpenal.revues.org/9355

    Bonne lecture à tous !

  • 28 avril 2016 00:26

    Quelques jours après la conférence des évêques à Lourdes, Mgr Aillet a signalé à la justice un prêtre pédophile dans son diocèse, prêtre qu’il connaissait depuis longtemps.

    J’ai envie de demander à Robert et Anne, ou à tous les parents concernés par la pédocriminalité pour un de leur enfant, ce que ce geste tardif leur inspire.

    • Nous accusons ! 29 avril 2016 00:40, par Françoise

      Aillet a sans doute peur qu’on lui reproche le reclassement paroissial post condamnation et prison de Dominique Spina en Haute Garonne avec l’accord de Mgr Le Gall, alors que Spina a été décrit par le tribunal de Pau qui l’a condamné pour pédophilie comme manipulateur, pervers et dangereux. Aillet a donc ouvert le parapluie en espérant ne pas être inquiété pour le cas Spina. Pas de quoi pavoiser. Parce qu’il faudra sans doute quand même qu’il s’explique concernant Spina.

  • aletheia 25 avril 2016 19:27

    C’est bien de réfléchir et cela constitue une base intéressante….. Donc merci car c’est suffisamment rare ici comme dans les médias main stream

    pour l’EFFORT de réflexion et un témoignage de foi sincère qui affleure à la fin malgré des approximations et des raccourcis qui témoignent de la carence CRIANTE d’enseignement et de transmission dans l’Eglise comme dans la société ( cf le massacre du français , de l’histoire , de la philo et des humanités ) abreuvée de médias .

    Pour faire court ici et après une lecture en diagonale , il faudrait mettre en lumière les effets conjugués de l’évolution vers une société érotogène et érotomane , de consommation et du plaisir immédiat dans tout les domaines et sans entraves et , sur le plan ecclésial , des lunettes roses portées par une bonne partie de l’église officielle pour regarder le monde depuis Vatican 2 . Il semblerait que ce soit un peu le « point aveugle » de cette analyse qui oublie , ou ignore car on n’en parle plus , le rôle du « Mauvais » dans le monde et , par conséquent , dans l’église sociologique qui est DANS le monde .

    Enfin et SURTOUT , le Mystère de la Croix du Christ qui SAUVE ET les victimes ET les pédophiles ( malades et pêcheurs ) « prostituées » et pêcheurs de tout poils etc , nous dépasse infiniment . Cela peut scandaliser les « sages » selon la « sagesse » du monde et la « justice » humaine ? C’est comme cela et cela doit continuer . L’Eglise n’a pas à se conformer à la « justice » d’un monde très loin de l’in-nocence de « l’INNOCENT » ( titre d’un livre de J.M. Le Guillou ) , le seul . Et les évêques n’ont pas à se transformer en garde-chiourmes de prêtres suspects a priori . Et les laics chrétiens , en principe remis en valeur avec Vatican 2 , devraient s’interroger sur leurs rôles dans la transmission de la foi aux générations futures et sur le nombre de vocations sacerdotales ou religieuses dans leurs familles Avant d’emprunter un titre tonitruant il faut savoir QUI on accuse et DE QUOI pour ne pas tomber dans la « posture »

    • Nous accusons ! 25 avril 2016 20:26, par Claire

      Mon Dieu ! Mais quel donneur de leçon cet Aletheia ! :) On dirait la nouvelle inquisition 2.0 Offrez-vous une chaire quelque part pour tester vos connaissances dans le monde réel. Je crains que vous ayez du mal a en trouver une mais bon.

      La culture, étalée comme de la confiture, a toujours eu un côté horripilant et me donne de l’urticaire chronique. Cuistre, pédant et prétentieux ? Tout pour plaire (ou plutôt pour déplaire !) Vos tirades - relativement désincarnées avec un relent d’amertume acide - ont le mérite d’animer le débat, si tant est qu’un débat soit possible sur ce type forum. Plutôt un ersatz de débat, ce qui n’est déjà pas si mal.

      Ps : Pour info, LES LETTRES CAPITALES, employées à tort et à raison sur le net, signifient que l’on crie ou, du moins, que l’on cherche à parler plus fort. Une façon de s’affirmer bien maladroite et révélatrice (sic !) * Grand Sourire *

      • Nous accusons ! 26 avril 2016 00:08, par aletheia

        Encore un message non « contributif » de claire

        « accusatrice » patentée ( combien ça gagne ? ) et chronique de l’Eglise …en toute humilité et simplicité . Il est vrai qu’à « la catho » on y fait une drole de théologie qui explique sans doute beaucoup des problèmes ressassés ici de façon brouillonne et confuse

        • Nous accusons ! 26 avril 2016 11:48, par Claire

          « Encore un message non contributif de Claire ». Thanks aletheia ! ^^

          Venant de vous, je prends cela comme un compliment, vraiment ! :) Sincèrement, vous me faites rire avec vos accusations sommaires et pifométriques :D Oubliez la catho dont j’ai claqué la porte pour différents irréconciliables avec certains maîtres de ’prêt à penser’ niant des enseignements fondamentaux de l’Eglise Catholique Romaine et en particulier les dogmes si dérangeants à l’heure actuelle. Les Bernardins ? Allons, un peu de sérieux je vous prie ! ;-) Fort heureusement, j’avais un certain background avant d’entamer des études et l’Ecole Cathédrale était encore ouverte à des intervenants de grande qualité avant d’être absorbée par les Bernardins & co.

          Vous tirez des conclusions faciles pour vous auto-justifier dans vos allégations mensongères et infondées et je ne vais pas argumenter plus avant ! Cela n’est pas bien grave in fine. Dommage cependant ! ’La Vérité vous rendra libre’, ne croyez-vous pas ?

          Le contexte ? Luc 11 : « Et moi, je vous dis : Demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe. Quel est parmi vous le père qui donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain ? Ou, s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent au lieu d’un poisson ? ».

          Oublions ces vaines querelles je vous prie et prenons en considération le témoignage bouleversant de Robert et Anne B. Ce témoignage et cette analyse franche et lucide nous intiment d’être à la fois dans la compassion, la vigilance et l’action au sein d’une Eglise qui ne parvient plus à assumer les multiples scandales qui l’éclabousse, soit par déni, soit par lâcheté, soit par ignorance.

          Un livre d’actualité à lire ? Saint Irénée de Lyon : le traité contre les hérésies http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/StIrenee/irenee_de_lyon.html

          Courage & confiance.

          • Nous accusons ! 27 avril 2016 00:47, par aletheia

            C’est assez simple en réalité et en définitive . Et pour simplifier de façon à être compris de ceux qui peuvent encore comprendre et qui cherchent un tant soit peu ici la vérité , il faut dire que ceux qui critiquent l’Eglise ( avec un grand E ) et se posent en juges et prétendent être chrétiens sont des MENTEURS ou , ce qui les sauve en partie , des ignares finis et invincibles qui « ne savent pas ce qu(ils font » . Pauvres grenouilles ils se prennent pour le bœuf et ne vont pas tarder à exploser , pêcheurs obscurs et ordinaires , très ordinaires , ils prétendent juger leur Mère , l’Ecclesia Mater dont Marie est la figure .

            Mais dans la mesure où ils prétendent voir et savoir leur faute est d’autant plus grande .

            Juste en passant le cas de « claire » avec son « background » ( la plupart des ctés nouvelles ne se caractérisaient pas par leur intérêt pour la théologie et l’étude…) et l’école cathédrale parisienne est intéressant , illustrateur de la confusion régnant dans de nombreux secteurs de l’église sociologique actuelle oscillant entre un fidéisme sentimental ( côté charismatique dans nombre de ctés dites nouvelles à des degrés divers ) et un activisme social et « humanitaire » ( ignorant le « drame de l’humanisme athée » décrit par un de Lubac que l’on a très vite oublié ) .

            RIEN n’est sorti de bon de l’école parisienne depuis plus de 20 à 30 ans sans doute stérilisée par la nouvelle idéologie , le « dogme » implicite , du politiquement correct . Beaucoup d’abrutis ont fait des études et sont bardés de diplomes suivez mon regard ….. Ce qui importe c’est de travailler , d’apprendre encore et toujours et si possible de se mettre à l’école de « maitres » et de témoins sur les épaules desquels on peut monter ( tels « des nains sur des épaules de géants » ) et dont on peut recevoir et transmettre à son tour . C’est cela l’Eglise mystique , vivante et réelle de qui les vrais chrétiens reçoivent la Vie . Bref pas sur que claire , avec son background , ai saisi ….On ne sait jamais

      • Nous accusons ! 26 avril 2016 07:07, par agapé

        Claire, bonjour, Vous reprochez à Aletheia son ton , le fait d’étaler sa culture , de juger les autres et de crier……. La forme qu’il emploie peut choquer mais finalement un certain nombre de personnes ne font elles pas bien pire avec un grand sourire.?……… Pour les cris, ils ne peuvent faire du bruit que dans une sphère très réduite, alors que lorsqu’on voit les dégâts de la médiatisation des rumeurs dans les réseaux sociaux, ce qu’il fait semble bien véniel…. Étaler sa culture : excusez moi, mais la façon dont vous reprenez, vous et tant d’autres la théorie de l’amitié , pour justifier vos accusations en répétant sans argumenter , en faisant des analyses sauvages avec des références psy, sans rien connaitre de la pensée de l’auteur donne le frisson…. Quant à l’inquisition , c’est bien vous qui me parliez il n’y a pas longtemps de purification pour les nouvelles communautés, cette entreprise de « purification des autres »qu’est ce sinon une nouvelle inquisition ?

        En fait ,Alethia, à sa manière vous renvoie votre caricature.

      • Nous accusons ! 26 avril 2016 10:18, par aletheia

        Mettre des majuscules , sur 1 ou 2 mots à la fois , ne veut dire « crier » que dans l’imagination enfiévrée de quelques agités du bocal ……elle se reconnaitra ! En l’occurrence il s’agit , non pas de « crier » , il y en a qui crient réellement en minuscule , mais de mettre en EXERGUE un mot ou un groupe de mots importants pour les faire ressortir …. Rien à voir avec un texte entier en majuscule .

        Allez claire , calm down , un peu de méditation , un petit séjour en chartreuse ou , à défaut , regarder le film « le grand silence » peut faire le plus grand bien ( plus que « spotlight » film ad hoc)

        • Nous accusons ! 26 avril 2016 11:48, par aletheia

          J’ajouterais à propos de Claire et cie

          que l’on voit bien , à propos de l’histoire des majuscules ou d’un soi-disant ETALEMENT de culture , qu’il s’agit d’arguties dérisoires pour éviter de répondre sur le FOND , c’est à dire sur le DIAGNOSTIC et sur les CAUSES avant de parler éventuellement de remèdes . C’est la base de toute démarche philosophique , scientifique et médicale . Le diagnostic pourrait , sans doute , en déranger plus d’un aussi bien parmi les accusateurs compulsifs dans et hors de l’Eglise , main dans la main , que parmi une certaine hiérarchie , un appareil d’église , couchée et prompte au mea culpa sempiternel et à genou devant un « monde » paré de toutes les vertus de l’innocence originelle …..

          Rions ou pleurons

      • Nous accusons ! 28 avril 2016 10:29, par aletheia

        La claire de service préfère sans doute l’inculture étalée ( pour ne pas dire autre chose ) Bref qu’elle , et ses semblables …. , étale ce qu’elle veut et lui semble bon et sent bon ….. Si la culture éventuellement fructueuse , comme peut l’être la culture de la terre grâce à ceux qui la TRAVAILLENT ( loin du bobo vautré et paresseux qui se pense dans le camp du bien en répétant la parole divine médiatique des médias financés par …..etc etc ) , devient obscène alors choquons le bobourgeois tranquille et satisfait(e) .

        Quant à l’inquisition avec son pouvoir médiatique , ses dénonciateurs , sa traque du prêtre éventuellement pédophile ….qui ne fait même plus d’enquête , un ou 2 « témoignages » et hop , que les minables aboyeurs bien dressés ( avec des susucres ) se demandent où elle est . Le ridicule ne les tue pas . La Sainte inquisition , par rapport à celle ci , paraitrait presque vertueuse

  • Françoise 22 mars 2016 21:05

    Bonsoir Robert et Anne

    Merci pour ce coup de gueule bien étayé et dit, légitime dans la situation douloureuse que vous avez vécue et que vous vivez encore. Je suis tout à fait dans le même sentiment que vous, concernant l’immense gâchis que ces crimes pédophiles ont engendré tant vis à vis des croyants, de la société civile, que du clergé et de l’institution elle-même.

    Gâchis d’autant plus grand que l’institution vaticane s’était dotée dès 1947, d’une congrégation, « les Serviteurs du Paraclet », censée traiter et empêcher les prélats pédophiles de commettre de nouveaux crimes. Mais malgré les appels répétés d’alerte et les directives claires du fondateur et responsable de cette congrégation, Gerald Fitzgerald, directives données en 1962 au Saint-Office et aux évêques, piqûre de rappel au Pape P6 en 1965, le Vatican, l’Eglise catholique institutionnelle a choisi sciemment de tourner le dos à ces recommandations. Et de continuer à protéger les prêtres pédophiles plutôt que les enfants. Depuis plus de 50 ans, l’institution a donc permis viols et abus sexuels de religieux, prélats partout dans le monde, alors qu’elle aurait pu empêcher ces crimes, limiter grandement le nombre d’enfants victimes, dénoncer et mettre hors d’état de nuire les prélats et religieux pédophiles. Comment et pourquoi une telle forfaiture ?

    J’ai transmis ces informations avec les liens anglo-saxons qui vont bien à vos enfants par le mail de l’association de la Parole Libérée. J’espère qu’ils pourront utiliser ces informations pour demander des réponses sur ce sujet à Barbarin mais aussi au pape et au collège des cardinaux par le biais de leurs avocats.

    Nous avons tous besoin de comprendre pourquoi l’institution catholique romaine a fait le choix de sacrifier les enfants alors qu’elle pouvait les protéger des prélats pédophiles depuis au moins 54 ans. Pourquoi, alors que les Serviteurs du Paraclet ont un établissement en France (tenu secret mais certainement connu de l’épiscopat français depuis très longtemps), les prélats identifiés comme pédophiles n’y ont pas été placés et réduits à l’état laïc, dénoncés avec jugement pénal et prison ?

    Pourquoi ces informations connues aux US fin des années 90 n’ont-elles pas franchi les frontières étasuniennes alors que la congrégation des Serviteurs du Paraclet a essaimé les établissements en Europe (Angleterre, Ecosse, France, Italie) ?

    Notre institution cléricale doit avoir ces réponses ainsi que les médias américains qui n’ont pas transmis ces infos au plan européen, alors qu’ils les ont depuis fin des années 90, au moment de la fermeture du centre de Jemez Springs (pour cause de plainte pour pédophilie à grande échelle -les prêtres traités à Jemez Springs avaient quartier libre le week-end). Si nous avions eu ces infos plus tôt, il est fort probable que l’ensemble de la communauté catholique mondiale aurait pu demander des réponses concrètes au Vatican sur ce sujet, avec l’appui de l’ONU et du TPI.

    Ceci dit, mieux vaut tard que jamais. Espérons juste que le Vatican, comme le haut clergé épiscopal, ne s’en tirera pas par une pirouette !

    Plein de courage et de soutien à vos enfants dans leur démarche ainsi qu’à vous.

    Cordialement

    Françoise

  • 21 mars 2016 19:42

    Voilà des personnes qui réfléchissent : Merci pour votre écrit qui met bien en lumière tous les aspects, je trouve cela très intelligent : bravo ! Juste pour moi la dernière phrase je ne la comprends pas comme vous : « à qui irions nous, Tu as les paroles de la vie éternelle ? » ce n’est pas "à qui irions nous « Eglise institution », mais à qui irions-nous Seigneur ?" c’est là où je diverge de beaucoup : pour moi le Christ (il y a d’ailleurs de multiples Eglises qui se réclament de Lui) n’est pas « égal » à l’Eglise catholique et romaine… (même si elle le dit) : en relisant l’Evangile, on n’y trouve nul par tout ce que l’Eglise a mis en place : état, richesses et argent, célibat obligatoire, caste des clercs, discrimination des femmes, laics tenus à l’état de « mineurs » : bref, si j’adhère au message du Christ dans l’Evangile (qui n’est pas celui dont je viens de faire l’énumération) L’Eglise catho et romaine me semble très éloignée de ce « fondateur » avec tout son moralisme, ses dogmes, ses interdits ses discriminations etc… Heureusement d’autres Eglises semblent plus ouverte au message de l’Evangile, plus proche de ce « Jésus » de l’Evangile.