Dimanche 15 octobre 2017 — Dernier ajout lundi 16 octobre 2017

Onze ans dans une « secte catholique »

Marie-Laure Janssens est entrée à 23 ans chez les sœurs contemplatives de Saint-Jean, à Saint-Jodard (Loire). Elle est restée onze ans dans la communauté devenant à partir de 2005, selon sa propre expression, un « rouage essentiel du système ». Aujourd’hui mariée et mère de deux enfants, elle livre dans un récit écrit avec le journaliste Mikael Corre, une plongée accablante au cœur des dérives de certaines communautés catholiques et des complaisances ou paralysies épiscopales. « J’ai bel et bien passé onze ans dans une secte. » écrit-elle dès l’introduction.

Le livre commence en mode mineur, piano, sur une centaine de pages, comme pour mieux nous préparer au pire. On y retrouve les ingrédients désormais bien connus de l’emprise psychologique et spirituelle. Ou comment une jeune fille, diplômée de Sciences politiques, se laisse séduire par une communauté religieuse où elle pense pouvoir satisfaire sa soif d’absolu et sa quête de vérité, dans un total abandon à l’amour de Dieu.

Suite de l’article sur le blog de René Poujol.

Voir en ligne : http://www.renepoujol.fr/onze-ans-d…

Vos réactions

  • Isabelle 17 octobre 2017 22:35

    Bonsoir à tous, J’estime - et je crois sincèrement - que les témoins des communautés déviantes qui écrivent à l’encontre de l’Eglise et de ses dérives notoires ne changeront rien à l’institution car l’Eglise est infiltrée depuis des décennies, voir des siècles.

    Par qui ? Il faut remonter à la source. Le mal est très profond. Faut-il pour autant se taire ? Je ne le crois pas mais il faut rester réaliste. L’arme la plus efficace actuelle est la prière et le ROSAIRE.

    Les débats ou témoignages ne changeront pas la donne sauf afin d’avertir ceux et celles qui veulent s’engager dans telle ou telle communauté. Ce n’est plus l’Esprit Saint qui inspire certains évêques ou Cardinaux à l’heure actuelle mais l’esprit du monde, coordonné à celui de la franc-maçonnerie qui contrôle un bon nombre de prélats en France et ailleurs.

    Les communautés nouvelles issues de Vatican II ont été les dernières fragmentées en raison de l’allégeance des fondateurs aux valeurs Républicaines franc-maçonniques, au protestantisme évangélique tout droit importé des US à des fins évidentes et à l’oecuménisme détourné qui est le marche-pied de la religion mondialiste. Mondialisme dont le Pape François est l’un des fervents porte-parole, c’est un fait avéré. Ces fausse valeurs humanistes et mondialistes ont perverti la base de l’enseignement Catholique, notamment le respect des dogmes fondamentaux du magistère.

    Après, des témoignages comme ceux de Marie-Laure Janssens sont toujours une piqûre de rappel salutaire mais la tête de l’Eglise (et son corps) sont tellement gangrenés qu’il est inutile de s’attendre à un miracle à court terme. De plus, Bayard Presse est sous contrôle maçonnique et doit se frotter les mains de ce nouveau brûlot à l’encontre de l’Eglise. Je connais de l’intérieur ce média et parle en connaissance de cause !

    Donc un témoignage intéressant et respectable que je vais lire mais qui, à mon sens, ne suscitera aucune réaction dans l’épiscopat, ni au Vatican. Juste un signal d’alarme pour ceux qui veulent s’engager à St Jean. J’ai un ami ’ancien frère de Saint Jean’ qui a vécu de graves difficultés et, après cinq ans, s’en sort très difficilement. Ce n’est pas un cas isolé, dans tant d’autres communautés nouvelles déviantes, il y a des cas similaires.

    N’oublions jamais que la Très Sainte Vierge nous a promis la victoire sur le mal à condition que nous prions, en particulier le chapelet et, si possible, le Rosaire.

    • Onze ans dans une « secte catholique » 20 octobre 2017 13:00, par Françoise

      Ces témoignages servent à la prévention, Isabelle, et c’est déjà beaucoup. Les communautés nouvelles ne sont pas issues de Vatican 2 mais ont été promues par JP2 en opposition à Vatican 2 (pour restaurer progressivement une culture catholique réactionnaire, ultra conservatrice, donc opposée à Vatican 2). Vatican 2 a été une parenthèse très vite refermée parce qu’une majorité de cardinaux ne souhaitaient pas promouvoir une vision ouverte religieuse qui tienne compte des croyants au même titre que les clercs. Ne pas oublier que le système de gouvernance vatican est une monarchie absolue. Donc un système totalitaire et masculin qui plus est. Qui s’est allié à l’extrême droite à de nombreuses reprises et qui a même cautionné et appuyé le régime oustachi durant la seconde guerre mondiale, sous le prétexte d’étendre le catholicisme romain par tous les moyens (ce qui a généré un génocide et des massacres de masse de catholiques orthodoxes, de juifs, perpétués par des religieux catholiques romains et notamment par des franciscains). Vous pourrez si vous le souhaitez aller consulter les documents et témoignages de rescapés qui attestent des crimes du régime d’Ante Pavelic et les appuis dont il a bénéficié au Vatican. De plus, ces criminels oustachis ont été protégés, ainsi que des nazis par le Vatican via des réseaux de cardinaux, la protection de Pie XII et ont pu pour un grand nombre, échapper aux poursuites pénales internationales. Rien à voir avec la franc-maçonnerie, mais avec une stratégie politique très proche des milieux d’extrême droite, avec lesquels le Vatican est toujours lié via justement les communautés de la Nouvelle Evangélisation, dont les Légionnaires du Christ, dont l’Opus Dei, dont l’Emmanuel, dont le Chemin Néocatéchuménal, dont les Focolari. Depuis JP2, Vatican 2 est progressivement devenu une coquille vide. JP2 a pratiqué une restauration ultra conservatrice, une destruction de Vatican 2 par l’intermédiaire de ces groupes dérivants, intégristes et sectaires. Aujourd’hui, la plupart des cardinaux sont affiliés et mécènes de ces groupes criminels, sectaires et dérivants. Vous avez aussi des évêques, justement nommés pour appuyer idéologiquement et au plan logistique ces groupes. C’est le cas en France pour Mgr Rey et Mgr Aillet.

      La Communauté St Jean est proche de la FSSPX et Marie Dominique Philippe le fondateur était un ami personnel et proche au plan idéologique de Mgr Lebfevre. C’est d’ailleurs lui qui a appuyé la création du groupe intégriste schismatique en 1965, groupe qui conteste Vatican 2 depuis toujours.

      Nul besoin donc de franc-maçonnerie mais simplement d’un fort désir de destruction de Vatican 2, appuyé par un pape polonais qui voulait restaurer un catholicisme ultra conservateur par rejet du communisme, de la Théologie de la Libération. Et qui a été suivi dans cette démarche tant par B16 qu’actuellement par F1. Si F1 peut donner une apparence d’ouverture, il est tout autant que ses prédécesseurs, engagé dans une restauration réactionnaire religieuse et s’appuie tout autant que JP2 sur ces groupes criminels.

    • Onze ans dans une « secte catholique » 20 octobre 2017 10:40, par Louise

      Merci Isabelle pour votre précieux témoignage. Vous décrivez une situation qui semble inextricable et sans issue quand vous citez l’omerta de l’église.

      Prenez exemple sur l’association « la parole libérée », elle est remarquable par sa pugnacité et les responsables ce sont s’entouré des médias pour rendre la vérité au grand public ! Ne restez pas dans vos impasses réagissez !

      Vous pourriez vous joindre à cette association puisque le cardinal Barbarin est aussi impliqué dans la communauté de saint jean comme il l’est avec la pédophilie à Lyon.

      Merci d’écrire votre témoignage sur le blog de René Poujol. Plus il y aura de commentaires comme le vôtre mieux ce sera pour d’autres victimes qui pourront prendre la parole et ainsi se libérer, rien est perdu…

      Il faut saisir ce moment d’opportunité car en ce moment il y a le grand « déballage » du harcèlement sexuel dans les médias.

      ww.laparoleliberee.com

      • Onze ans dans une « secte catholique » 20 octobre 2017 19:09, par isabelle

        Chère Louise,

        Merci pour votre message et votre invitation à écrire mon témoignage sur un blog mais là n’est pas la question suite à cet article au sujet du livre de Marie-Laure Janssens.

        Je respecte infiniment l’action de « La Parole Libérée » que j’ai suivie pas à pas, soyez-en sûre. De même, je respecte le témoignage de Marie-Laure. Les témoignages ont un certains poids s’ils sont relayés par les médias or je pense connaître assez bien le rôle des médias à l’heure actuelle, leur finalité et - surtout -, à quel point ils sont friands de « grands déballages » sur les failles internes de l’Eglise Catholique infiltrée.

        J’espère ne pas décrire une « situation inextricable » dans mon précédent mail, ce qui serait un contre-témoignage vis à vis d’une vertu essentielle : L’ESPERANCE.

        Par contre, pragmatisme et réalisme obligent, tout témoignage doit être fait avec une prudence et un discernement car, s’il peut être utile à des fins de prévention (comme souligné dans mon précédent post), il est aussi à double tranchant et peut porter un préjudice grave sur l’ensemble d’un corps communautaire où il y a de vraies et belles vocations.

        Le silence de l’Eglise, je l’ai vécu personnellement puisque j’ai vécu 5 ans dans une Communauté nouvelle aux graves déviances. J’ai longuement témoigné à ma sortie et jusqu’en haut de la hiérarchie, croyez-moi ! A l’heure actuelle, je crois que nous sommes appelés à prier, en particulier la Sainte Vierge, et à protéger une Eglise attaquée de l’intérieur dont les victimes sont trop nombreuses malheureusement. Communiquer certes, mais pas uniquement à charge. Les médias et l’Etat ne défendront pas les victimes, la justice encore moins. Et dans l’Eglise, le silence prévaut encore trop souvent.

        Quant à l’infiltration de la franc-maçonnerie au sein de l’institution, c’est un sujet intrinsèquement lié aux déviances dont nous constatons les dégâts pervers depuis des décennies mais qui mériterait un trop long développement ici. Là n’est pas le sujet principal.

        Je ne rejoins pas l’analyse de Françoise sur ce point, comme sur d’autres même si elle aborde des sujets cruciaux à titre informatif mais oblitère l’essentiel : l’AMOUR de Dieu qui peut TOUT et dont le plan échappe à nos esprits humains limités.

        Nous livrons actuellement un combat spirituel sans pareil. En union de prières Louise, Isabelle

        • Onze ans dans une « secte catholique » 21 octobre 2017 23:41, par Françoise

          L’Amour de Dieu peut beaucoup de choses mais rien sans l’humain. Je n’ai sans doute pas une approche de Dieu psychomagique ni ésotérique.Ca, c’est une évidence, Isabelle. Je crois que Dieu ne peut agir que si nous agissons, dénonçons des situations criminelles, n’hésitons plus à parler et à agir contre. Aucune aliénation, aucun crime ne peut cesser si personne ne parle et ne lutte contre. Or, ce qui devrait vous rassurer, c’est que peu à peu les personnes qui ont subi ces crimes, parlent et agissent. Et la société humaine au moins occidentale dans son ensemble, est parvenue au stade où elle est en capacité de refuser ces crimes. Les criminels ont beau tenter de freiner des quatre fers, corrompre des juges, ils savent qu’ils vivent les derniers moments d’impunité. Je trouve cela très positif. Autre motif de réjouissance pour moi, je vois une évolution sociologique familiale plus nucléaire égalitaire, moins patrilinéaire de souche. Cette organisation nucléaire égalitaire permet un changement sociétal profond partout dans le monde, qui nous sort peu à peu de la domination masculine. Et cela participe de la prise de parole des individus, de la lutte contre les crimes et injustices liés au patriarcat.

          En quoi ? Les femmes en ayant gagné une autonomie financière, gagné en droits fondamentaux, participent plus pleinement à l’avènement social et économique et peuvent davantage peser politiquement, socialement dans les décisions. Cette étape change peu à peu l’éducation et libère la parole. Cette situation a démarré vraiment au moment de la première guerre mondiale et ne cesse de prendre de l’ampleur. Des situations d’oppression massive se dénouent peu à peu. Les femmes n’acceptent plus les violences d’autrefois et se sont principalement elles qui dévoilent, dénoncent et luttent. C’était déjà le cas du temps de Jésus. Pour cela d’ailleurs qu’il faisait plus confiance aux femmes qu’aux hommes.

          Nous ne pouvons pas avoir la même approche du problème car nous vivons dans deux systèmes politiques différents : ici en France, nous sommes en république. Et le système qui devient majoritaire en terme d’organisation familiale, est le système de la famille nucléaire égalitaire. Or en Belgique, c’est encore le système patrilinéaire qui domine parce que le système politique reste une monarchie, donc un système qui vante la domination masculine. Et cela a un impact fort, de freinage dans les changements sociétaux. Du coup, l’espérance générale n’est pas la même. Si prédateurs sexuels, intégrismes religieux divers peuvent perdurer et se cacher en Belgique, c’est lié à un système politique qui les protège davantage qu’en système républicain. Même si on peut dire qu’effectivement, la république a recréé via la franc-maçonnerie mais aussi des réseaux interprofessionnels et religieux, une forme d’impunité. On est pas dans le même plan idéologiquement. On peut observer ces problématiques de blocage dans tous les systèmes monarchiques. En Espagne, même s’il y a aussi des spécificités particulières dues à la dictature franquiste, le système dominant est monarchique aussi et on retrouve donc un système familial patrilinéaire non remis en question, donc des droits des femmes plus faibles, donc un poids religieux plus fort, donc une moindre rébellion face aux crimes sexuels, face aux crimes tout court. Même chose en Angleterre.

          L’humain met très longtemps à entrer en réelle prise de conscience et révolte contre des systèmes oppressifs, injustes. Il lui faut suffisamment d’éducation scolaire, familiale, d’accès à l’information pour que ça infuse en lui mais aussi d’éducation populaire, c’est à dire d’éducation politique, syndicale qui lui permette de refuser un système de domination, d’aliénation et se mettre en marche pour le combattre politiquement, idéologiquement, socialement, autant qu’intellectuellement. C’est pareil au plan religieux. Nous sommes actuellement dans une période bascule. Des croyants, hommes et femmes suffisamment instruits, informés, se lèvent pour dire qu’ils ne veulent plus de ces emprises et ces violences et ces crimes impunis depuis des siècles. Et c’est très positif. Parce qu’ils élaborent progressivement la mise en application des valeurs d’amour, de paix, et de respect auxquelles nous croyons tous et toutes profondément.

          Dieu accompagne cette rébellion contre la discrimination, le crime institutionnalisé. N’en doutons pas. Mais il ne peut pas faire les choses à notre place. A nous d’agir. La prière porte l’action, l’encourage. Mais elle ne la remplace pas. Dieu attend que nous devenions adultes, capables de pouvoir dire non à la violence et lutter contre elle. S’il le faisait à notre place, il ne nous respecterait pas en tant que sujets.

          • Onze ans dans une « secte catholique » 22 octobre 2017 12:55, par Aletheia

            JP2 reste responsable des vocations « monastiques » cassees jusqu’au Dernier Jour. Une tache lourde au Ciel. Sr Alix a promis dans quatre differents congregations ses voeux ? Au commencement au Carmel. C’est « remarquable ». Les differents etappes de transformations de Srs contemplatives de S. Jean ne sont pas documente dans la internet. Je suis completement dans la confusion. Merci de poster ici des etappes du « schisme ». Merci beaucoup. Moi je suis une ex-membre d’une autre communaute nouvelle avec des graves derives sectaires.

            • Onze ans dans une « secte catholique » 23 octobre 2017 09:41, par Françoise

              Il est surtout responsable d’avoir protégé des gourous criminels (Marie-Dominique Philippe, Maciel, Ephraïm, etc, etc) et de leur avoir laissé carte blanche pour instrumentaliser et exploiter l’enthousiasme religieux de tas de jeunes, aujourd’hui adultes et fracassés psychologiquement, affectivement et religieusement. Et si aujourd’hui les groupes dérivants sectaires cathos ont tant de pouvoir et sont difficiles à dénoncer et à déloger, qu’il faut autant de démarches pénales, judiciaires, juridiques, médias, c’est bien parce que JP2 leur a filé les clés vaticanes et différents postes prestigieux, des appuis conséquents cléricaux, financiers et politiques.

              C’est aussi d’avoir fait croire à toute une jeunesse et tous les catholiques que ces groupes étaient issus de Vatican 2, en étaient le prolongement, alors qu’ils sont précisément dans l’opposition et le rejet de Vatican 2 et n’ont comme but réel que la destruction des individus dans un but de pouvoir.

          • Onze ans dans une « secte catholique » 22 octobre 2017 19:32, par Isabelle

            Françoise,

            En quoi ai-je opposé action & prière ? Témoignage et intercession ? Vous interprétez faussement ou de façon réductrice mes propos. Relisez-moi bien et, si possible, évitez les sophismes.

            J’ai écris que « les témoignages sont toujours une piqûre de rappel salutaire » et « qu’ils peuvent servir à avertir ceux et celles qui veulent s’engager dans telle ou telle communauté ». Après, que je pose un bémol sur leur efficacité à réformer en profondeur une institution malade, c’est un constat basé sur une longue expérience en Eglise, ne vous en déplaise.

            Votre ton de ’donneuse de leçon’ - assez condescendant - est une constante chez vous. Le militantisme féministe n’est absolument pas ma tasse de thé, il y a d’autres combats bien plus sérieux vu l’état de la France et de l’Eglise. Que savez-vous des actions que j’ai mené en Eglise et en dehors de l’Eglise pour les victimes de Communautés déviantes ?

            « Ces témoignages servent à la prévention Isabelle », m’écrivez-vous doctement et benoîtement. Pardonnez-moi mais je n’ai pas attendu de lire vos « conseils » afin d’agir pour la vérité au service de tous types d’injustices ou d’abus graves, et ce depuis plus de vingt ans. Pendant des années, j’ai mené - seule au début puis de façon collégiale - un long combat qui, au final, a abouti à une visite canonique, au départ des Fondateurs et à la reconnaissance des Statuts de mon ancienne communauté déviante. Statuts qui protégeaient ainsi un peu mieux ceux qui s’y étaient engagés et ceux qui en sortaient. Les déviances continuent mais disons que le minimum vital a été assuré.

            Je n’ai pas envie de relever tout ce que vous écrivez et avec lequel je ne suis pas d’accord sur le fond (tant vos digressions sont nombreuses et n’ont pas grand chose à voir avec le sujet de l’article). Sur la forme qui « déforme » et se moque parfois, je préfère sourire lorsque vous écrivez : « Je n’ai sans doute pas une approche de Dieu psychomagique (sic !) ni ésotérique ». :-!

            Bon, ravie de l’apprendre. Moi non plus d’ailleurs ! :) Je suis plutôt une pragmatique cartésienne qui apprécie le réalisme et la simplicité.

            • Onze ans dans une « secte catholique » 23 octobre 2017 09:25, par Françoise

              Bonjour Isabelle

              Il n’y a aucune condescendance dans mon propos. C’est une mauvaise interprétation de votre part. Mais ce n’est pas grave !

              Peut-être par contre me suis-je trompée d’interlocutrice ? Isabelle est pour moi sur ce forum, une participante belge liée anciennement à l’OD avec qui j’ai eu des contacts. Or, j’ai comme l’impression que vous n’êtes pas cette Isabelle-là.

              Je ne me fais pas d’illusion non plus sur l’écho des dénonciations de victimes sur l’institution Eglise. Pour moi, l’institution est irréformable et ne souhaite pas se réformer. Juste faire croire que, pour maintenir un semblant de crédibilité et surtout son système totalitaire. Par contre ces témoignages portent atteinte à l’image de l’institution. En plus d’être utiles à la prévention et à la libération de parole des victimes, ces mises en lumière exercent un rapport de force inédit contre l’institution, peu habituée à des oppositions de croyants. C’est donc extrêmement positif et inédit.

              Je pense réellement que l’évolution des modèles familiaux, donc aussi à l’intérieur, l’évolution de la place des femmes, change énormément de choses et participe à ce phénomène de rapport de force, à sa façon .

              Le combat féministe est de mon point de vue en tout cas, indissociable de ces actions contre différentes communautés déviantes et sectaires, puisque ces dénonciations concernent pour une bonne part des femmes qui enfin, osent s’affranchir d’oppressions qu’elles auraient jadis acceptées sans même les remettre en question ni en cause.

              Et elles vont parfois jusqu’au bout en matière juridique, pénale (je pense en écrivant cela à Catherine Tissier, à Muriel Gautier, Véronique Duborgel, Solveig Ely entre autres). Que ce soit ou pas leur tasse de thé, l’influence du féminisme et le fait qu’il ait suffisamment porté la parole des femmes depuis la fin du 19e siècle, leur ait octroyé des droits, a un effet sur la capacité grandissante des femmes à refuser les aliénations, les violences, y compris religieuses.

              Si vous y voyez une digression, moi j’y vois un lien très sérieux de cause à effet. Et significatif en terme de portée politique et religieuse.

              Les visites canoniques sont essentiellement là pour créer une vitrine illusoire de changement ( dans la continuité) et la visite canonique va permettre d’ absoudre des communautés, protéger les gourous fondateurs, les mettre à l’ombre de façon gentille et permettre de perpétuer leurs activités . On l’a vu pour Maciel, Madre, Ephraïm par exemple. Je crois personnellement davantage dans l’action juridique et judiciaire pénale (peut-être parce que fille de juriste). Ca me paraît non seulement plus pragmatique mais plus efficace en terme de poids (puisqu’il s’agit d’un rapport de force entre l’institution et les croyants victimes).

              Et pour l’avoir constaté concrètement dans l’affaire familiale, c’est aussi la seule réponse avec le dévoilement média public, qui fasse vraiment peur aux groupes dérivants sectaires comme aux responsables institutionnels. Vous le voyez encore avec Pell, Barbarin par exemple pour parler de deux hauts clercs touchés par des affaires pédophiles.

              La visite canonique importe peu au communautés dérivantes. Elles disposent de suffisamment d’appuis financiers, politiques, religieux pour rebondir quasi immédiatement…L’utilité de la visite canonique est de leur permettre de contourner simplement le problème, avec l’aide technique des clercs nommés par le Vatican.

              Enfin, le combat spirituel que vous évoquiez me paraît plus tenir du reliquat idéologique et dogmatique d’une mythologie, culture de communauté dérivante dont vous étiez membre plutôt que correspondre à une réalité tangible.

              J’ai eu de par mon milieu familial ce type de culture. Avec les mêmes projections et fantasmes. Une fois sortie de ce milieu, confrontée à la réalité (en plus en ayant eu un parent engagé au Grand Orient depuis sa jeunesse), je me suis rendue compte que tout cela relevait depuis les années 90, essentiellement de l’idéologie, du mythe mais bien peu du concret. J’espère qu’il en sera un jour de même pour vous.

              Si vous allez voir les alliances des groupes dérivants sectaires catholiques avec l’extrême droite politique européenne, avec les think thank les plus réactionnaires et conservateurs, on est dans l’équivalence de la franc-maçonnerie, mais d’extrême droite. Quand on va enquêter sur le réseau mafieux politique, institutionnel, financier, affairiste et religieux dans lequel baignent la plupart des communautés dérivantes ainsi qu’une partie des hauts clercs catholiques romains, ça fait passer la franc-maçonnerie pour des enfants de chœur et des petits joueurs. Entre les accointances néo-nazies, mafieuses russes, mafieuses siciliennes, italiennes, néo-franquistes, néo-pétainistes, schismatiques, le réseau bancaire, affairiste industriel qui autrefois cautionnait Pétain et cautionne et finance toujours l’extrême droite (Lafarge et l’UIMM, l’Oréal en tête de sponsoring), on comprend vite pourquoi certains groupes comme l’OD utilisent l’assassinat ciblé, la pression d’huissiers, les menaces téléphoniques, les menaces physiques, les surveillances, etc, etc.

              Quant à l’instrumentalisation que l’institution cléricale a faite et fait toujours de Marie au moment où l’institution se trouve en posture plus que délicate et pour réaffirmer un pouvoir monarchique absolu, ça laisse rêveuse…Marie ne peut pas passer son temps à dédouaner et soutenir une institution profondément criminelle et qui voudrait se faire passer pour sainte. Il y a des limites à l’imposture.

              Bonne journée Cordialement Françoise

              • Onze ans dans une « secte catholique » 26 octobre 2017 17:23, par Luciole

                Les visites canoniques qui aboutissent, cela existe, Françoise ! Je connais trois cas où, suite à l’une de ces visites, la supérieure a été démise de ses fonctions et/ou priée de se rendre dans une autre communauté. Mais il est sans doute plus aisé de prendre ce genre de décision quand il s’agit d’un monastère sui iuris que lorsqu’il s’agit d’une congrégation. La « soeur » Alix a tout de même été exclue de la vie religieuse par le pape lui-même. Ce n’est quand même pas rien.

                Reste à savoir ce que deviennent les soeurs qui ont fait sécession, ont quitté la congrégation et veulent fonder une nouvelle famille religieuse, dans l’esprit dans l’ancienne. Y a-t-il un suivi réel ?

                • Onze ans dans une « secte catholique » 26 octobre 2017 21:30, par Aletheia

                  @Luciole Merci pour votre reponse eclairante concernant Mademoiselle Alix. Est-ce que Sr. Marthe est encore « dedans » ?

                  • Onze ans dans une « secte catholique » 27 octobre 2017 16:52, par Aletheia

                    Entre le 10.01.2013 et le 28.05.2013 environ 100 ? « soeurs/laics » (sans constitutions) ont vecu a Cordoue San Sebastian ?

                  • Onze ans dans une « secte catholique » 27 octobre 2017 19:12, par Luciole

                    Merci Louise,

                    Je pense que c’est la résurgence de ce groupe de dissidentes qui a motivé l’ancienne des soeurs de st Jean a écrire ce livre.

                    Ma question porte surtout sur le suivi ecclésial de cette congrégation en germe. Risque-t-on de voir ressurgir les mêmes dérives ?

                    Concernant Soeur Marthe et consorts, voici ce que je peux lire dans La Croix « La communauté – qui comptait autrefois environ 350 sœurs – rassemble aujourd’hui les 80 contemplatives ayant accepté les réformes demandées par Rome et la coopération avec les autorités de l’Église.

                    Les 250 autres sont parties fonder une nouvelle communauté en Espagne, « Maria Stella Matutina ». Le pape François a fini par destituer en 2014 les quatre principales responsables qui s’étaient opposées aux décisions romaines, dont la fondatrice, mère Alix (décédée en 2016), et l’ancienne maîtresse des novices, sœur Marthe, mises en cause dans Le silence de la Vierge. Elles ont été exclues définitivement de la vie religieuse. »

                    Précisément sur la page qui présente le livre dont nous parlons : https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/soeur-Saint-Jean-temoigne-derives-sectaires-lEglise-2017-10-23-1200886449

                • Onze ans dans une « secte catholique » 30 octobre 2017 10:58, par Françoise

                  Bonjour Luciole

                  Merci pour ces précisions sur les visites canoniques. Il est évident que ces destitutions, exclusions ont, au moins le mérite de libérer quelques personnes en réelle souffrance et situation abusive vis à vis de gourous et gourelles. Cependant, le déplacement du mouvement sectaire St Jean au féminin en Espagne pour les religieuses voulant perpétuer « le système », devrait tout de même poser question sur l’efficacité réelle de ces visites et « sanctions »institutionnelles. Et ce n’est pas forcément parce que l’on vire le gourou ou la gourelle que le fonctionnement sectaire du groupe s’arrête. Malheureusement. Marie-Laure Janssens le déplore elle-même et c’est aussi cela qu’elle dénonce dans son livre mais aussi dans les interviews vidéos (voir notamment celle de France Info). L’institution laisse le problème se déplacer via des réseaux amis qui aident le groupe sectaire à retrouver un lieu, de l’argent, un nouveau nom, et un « marché » pour piéger d’autres personnes avec les mêmes méthodes d’embrigadement et d’abus. Et c’est grave. Si véritablement la sanction avait un poids, l’activité ne devrait pas pouvoir se perpétuer, dans quelque pays que ce soit. Sans que la situation soit équivalente au système de déplacement des prêtres pédophiles, on voit que l’institution a du mal à réellement interdire des congrégations qui pourtant génèrent de graves dérives et abus. Il y a eu par le passé l’utilisation comme le soulignait Xavier Léger au congrès de l’ICSA il y a deux ans je crois, de la parabole des fruits de l’arbre. Mais aussi bien plus sûrement, le refus d’admettre des dérives de groupes, plébiscités dans un réflexe réactionnaire et identitaire, au sein d’une institution romaine en grande difficulté de recrutement clérical et religieux. Faire oublier le problème sectaire pour ne parler que du nombre d’adeptes de ces groupes, semble être la recette utilisée. Qui bafoue de fait les victimes. Et renvoie ces victimes au silence, à la marginalité. Ce qui est profondément choquant. Et inquiétant aussi.