Mercredi 16 mars 2016

Points-Cœur : réponse du cardinal Barbarin

Communiqué du collectif Appel de Lourdes 2013

Ayant pour but de faire entendre la voix des victimes de dérives sectaires de communautés catholiques, le collectif Appel de Lourdes 2013 est notamment à l’écoute de personnes ayant profondément souffert des pratiques de Points-Cœur.

Le 21 juin 2011, le tribunal ecclésiastique de Lyon a reconnu le fondateur de Points-Cœur, le père de Roucy, coupable d’abus de pouvoir ecclésiastique, d’abus sexuel et d’absolution du complice. Il lui a interdit de confesser les membres de Points-Cœur pendant 3 ans et l’a condamné à verser des dommages et intérêts à la victime pour un montant de 70 000 €. L’avocat de la victime a fait appel du montant des réparations, qu’il considérait ne pas reposer sur un critère objectif.

Le 5 mai 2015, le tribunal ecclésiastique de Montpellier a confirmé la sentence de 2011, en élevant le montant des dommages et intérêts à 80 000 €. En outre, il a condamné la congrégation des Serviteurs de Jésus et Marie, dont le père de Roucy était le supérieur à l’époque des faits, à verser pour sa part à la victime 15 000 € de dommages et intérêts.

Or, certains partisans du père de Roucy ne cessent d’insinuer que la sentence était arbitraire, répétant que c’est parole contre parole. Ils vont jusqu’à mettre gravement en cause le fonctionnement de la justice ecclésiastique.

C’est pourquoi nous avons saisi l’instance qui a formé ce tribunal et en a nommé les juges à la demande de la Congrégation pour la doctrine de la foi, à savoir l’archevêque de Lyon, le cardinal Barbarin, qui nous a fait répondre le 13 mars 2016 qu’il s’étonnait des rumeurs circulant autour de la sentence posée par l’Officialité interdiocésaine de Lyon.

« Le tribunal était constitué de juristes au-dessus de tout soupçon et présidé par un canoniste unanimement respecté, considéré comme un maître en droit canonique, et qui a exercé au plus haut niveau de la juridiction ecclésiastique, le Tribunal suprême de la Signature apostolique. Rien ne permet de mettre en doute le sérieux de l’enquête et la rectitude du jugement. Les faits sanctionnés n’ont d’ailleurs pas été contestés par le P. de Roucy. »

Et c’est l’avocat du plaignant qui a fait appel du montant de la somme fixée pour réparer les torts causés pas le P. de Roucy.

« La Congrégation de la Doctrine de la Foi, qui a été saisie de l’appel, n’a pas jugé qu’il fallait remettre en cause les faits. L’Officialité interdiocésaine de Montpellier, qui a jugé en appel, ne les a pas remis en cause non plus et s’est, au contraire, appuyée sur eux pour fixer une somme supérieure à celle fixée par la première instance. Mgr l’évêque de Toulon, dans le communiqué adressé aux évêques de France, puis au public a clairement repris les faits sanctionnés.

Le cardinal Barbarin s’en tient, selon le droit, à l’entier respect de la chose jugée. »

Appel de Lourdes 2013

lourdesXXIII chez gmail.com

Vos réactions

  • agapé 17 mars 2016 19:26

    « Or, certains partisans du père de Roucy ne cessent d’insinuer que la sentence était arbitraire, répétant que c’est parole contre parole. Ils vont jusqu’à mettre gravement en cause le fonctionnement de la justice ecclésiastique. » Et alors, qu’ y a t’il de scandaleux à interroger les pratiques de notre Eglise et notamment celles de tribunaux ecclésiastiques ? Et bien moi j’ai l’insolence de penser que nous sommes en droit de nous poser des questions sur cette sentence quelle que soit l’aura de ces juristes confirmés ! Comment se fait il, si le père Roucy est coupable de ces faits, que la sanction ait été aussi mitigée ? Mon hypothèse (mais moi non plus je ne possède pas la vérité) est que les juges n’ont pas trouvé de preuves claires de sa culpabilité, mais qu’ils n’ont pas voulu choquer l’opinion en ne prononçant aucune condamnation. Vous allez me dire « prouvez le » et vous aurez raison, mais dans cette affaire je ne suis pas certaine que l’on ait eu des preuves de sa culpabilité…… Vous pensez que des juristes tellement imminents, tellement au dessus de tout soupçon ne peuvent pas se tromper, qu’il est complètement incongru et déplacé de les remettre en question ? N’est ce pas assez dangereux de penser qu’ainsi certains possèdent la Vérité ? Une chose est à démentir cependant du discours que vous nous transmettez : le père Roucy n’a jamais reconnu les faits dont il est accusé. Le fait qu’il n’est pas fait appel à la condamnation n’est pas un aveu de sa culpabilité. Il a toujours dit le contraire. Il est seulement très fatigué de toute cette procédure et sait qu’en appel il risque une condamnation plus lourde. Quant à la caution de la parole du Cardinal Barbarin, vu les affaires en cours, permettez moi de sourire…….

    • Curieux argument final 21 mars 2016 11:33, par Jean-Pierre Gosset

      Ce qui motive votre sourire enlève la portée que peut avoir une partie de votre argumentaire. Il est facile de raisonner comme vous, c’est à dire à la manière des casuistes médiévaux et de leur descendance intégraliste.