Samedi 4 octobre 2014

Quand François dénonce les spiritualités « où tout est clair et où on ne prend aucun risque »

L’homme vit « en lui le drame de ne pas accepter le salut de Dieu », parce qu’il voudrait « être sauvé à sa manière ». Et Jésus en vient même à pleurer à cause de cette « résistance » de l’homme, en reproposant toujours sa miséricorde et son pardon. Bref, nous pouvons dire « Sauve-nous Seigneur, mais à notre manière ! » a souligné le Pape François lors de la Messe célébrée vendredi 3 octobre dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe.

Homélie à Sainte-Marthe
2014-10-03 L’Osservatore Romano

Dans le passage de l’Évangile proposé par la liturgie Luc (10, 13-16) présente Jésus qui « à l’air un peu énervé ». Ainsi Jésus trace-t-il « justement un résumé de toute l’histoire du salut : c’est le drame de ne pas vouloir être sauvés ; c’est le drame de ne pas accepter le salut de Dieu ». La pensée est toujours la même : « Nous voulons le salut, mais comme nous le voulons ! Pas comme le veut le Seigneur ».

Nous nous trouvons, a précisé le Pape face au « drame de la résistance à être sauvés ». Il s’agit d’un « héritage que nous tous avons reçu » parce que « dans notre cœur aussi il y a une semence de résistance à être sauvés comme le Seigneur veut nous sauver ». En ce sens « on comprend les dialogues forts de Jésus avec la classe dirigeante de son temps : ils se disputent, ils le mettent à l’épreuve, ils lui tendent des pièges pour voir s’il tombe », parce qu’en eux il y a justement « la résistance à être sauvés ».

Même ses disciples commencèrent à revenir en arrière. Ainsi « Jésus regarde les douze » et il leur dit : « Si vous aussi vous voulez partir… ».

Aucun doute, a expliqué le Pape, « cette parole est dure : la parole de la croix est toujours dure ». Mais c’est aussi « la seule porte de salut ». Et « le peuple croyant l’accepte : il cherchait Jésus pour guérir » et « pour écouter sa parole ». En effet il disait : « Celui-ci parle avec autorité. Pas comme notre classe, les pharisiens, les docteurs de la loi, les sadducéens qui parlaient un langage que personne ne comprenait ». Pour eux tout le salut était dans l’accomplissement des très nombreux commandements « que leur fièvre intellectuelle et théologique avait créés ». Mais « le pauvre peuple ne trouvait pas de sortie de salut ». Il la trouve en revanche chez Jésus.

Toutefois à la fin, a affirmé le Pape « ils ont fait comme leurs pères : ils ont décidé de tuer Jésus ». Le Seigneur réprouve cette manière de faire : « Vos pères ont tué les prophètes ».

Le « drame de la résistance au salut » conduit à ne pas croire « dans la miséricorde et dans le pardon, mais dans les sacrifices ». Et cela pousse à vouloir « tout bien organisé, tout clair ».

C’est « un drame », a rappelé François, que « porte aussi en lui chacun de nous ». C’est pourquoi il a suggéré certaines questions pour un examen de conscience « Comment je veux être sauvé ? A ma manière ? A la manière d’une spiritualité, qui est bonne, qui me fait du bien, mais qui est fixe qui, a tout clair et où il n’y a aucun risque ? Ou à la manière divine, sur la route de Jésus, qui nous surprend toujours, qui toujours nous ouvre les portes à ce mystère de la toute-puissance de Dieu, qui est la miséricorde et le pardon ? ».

Jésus, a assuré le Pape, « quand il voit ce drame de la résistance, même quand il voit la nôtre, pleure ».

Le Pape François a donc invité à « penser que ce drame est dans notre cœur », en insistant pour que chacun de nous se demande : « Comment est selon moi la route de mon salut : est-ce celle de Jésus ou une autre ? Est-ce que je suis libre d’accepter le salut ou je confonds la liberté avec l’autonomie et je veux que mon salut, celui que je crois, soit le bon ? Est-ce que je crois que Jésus est le maître qui nous enseigne le salut ou je vais partout louer des gourous qui m’en enseignent un autre ? Un chemin plus sûr ou je me réfugie sous le toit des prescriptions et des si nombreux commandements faits par des hommes ? Et ainsi je me sens sûr et avec cette – c’est un peu dur de dire cela – sécurité j’achète mon salut que Jésus donne gratuitement, avec la gratuité de Dieu ? ».

Toutes ces questions, qu’il « serait bon de nous poser aujourd’hui », culminent dans la dernière proposition du Pape : « Est-ce que je résiste au salut de Jésus ? »

Voir en ligne : http://www.news.va/fr/news/homelie-…