Vendredi 8 novembre 2013

Qui rira le dernier

Voici un petit article tout à fait prophétique sur la situation de la Légion du Christ, quelques mois avant son grand chapitre général. Original en anglais sur le site micasonoscemoio.

Qui rira le dernier

Enverriez-vous votre enfant ou votre fille dans une école dont le programme de formation a été conçu par un pédophile ?

Iriez-vous demander conseil, pour des questions de moralité, à un sodomite ?

Assisteriez-vous à une session de préparation au mariage dirigée par un coureur de jupons, flambeur et débauché ?

Confieriez-vous la moindre responsabilité éducative à un menteur et escroc ?

Donneriez-vous de l’argent à une cause fondée par un voleur, dont le seul objectif était d’assouvir ses moeurs personnels ignominieux ?

Pensez-vous que l’Eglise Catholique puisse confier la formation de ses prêtres à des personnes déviantes, telles que celles citées dans la liste précédente ?

Si vous avez répondu « oui » à l’une de ces suggestions aberrantes, alors vous serez certainement satisfait de la façon par laquelle a été traité le scandale de la Légion du Christ, et qui approche jour après jour de son infâme dénouement.

Dans quelques 90 jours, la Légion du Christ aura son Chapitre Général, une tragi-comédie pré-écrite supposée enterrer, une bonne fois pour toute, la vérité sur cette congrégation controversée, et libérer ses dirigeants de toute future enquête, responsabilité et, encore mieux, de toute critique.

Ce n’est pas le premier Chapitre Général de la Légion, bien que ses architectes soient pratiquement les mêmes que les deux précédents, lesquels ont eu lieu au début des années 80 et en 1995, sous le regard inquisiteur du père Maciel.

Le ton et le contenu des premiers Chapitres sont une étrange prophétie inversée de tout ce qui va bientôt être maquillé, en janvier 2014, lorsque la Légion va, encore une fois, se ré-inventer tout en restant ce qu’elle sera toujours : l’héritage d’un pervers, déviant et sournois, dont le nom n’est peut-être plus prononcé, mais qui continue à vivre et à respirer à travers l’œuvre maléfique qu’il a conçue.

Les actes des Chapitres Généraux de la Légion sont consultables sur le site Internet de Wikileaks. Et même si la traduction est assez mauvaise, suffisamment de l’arrogance et de la pathologie avec lesquelles est décrite la vie interne sont perceptibles et permettent d’entrevoir ce qui sera surement un contraste intéressant avec les précieux documents qui seront produit à la suite du prochain Chapitre, pour prouver au monde la renaissance de la Légion.

Quel qu’en soit le résultat, rien ne pourra effacer la frustration et la déception devant cette inexplicable occasion manquée de déraciner et d’expier, avec courage et détermination, l’un des pires scandales de l’histoire de l’Eglise.

Comment en est-on arrivé là ? Quand la Légion est-elle devenue « trop grande pour pouvoir se tromper » aux yeux des autorités de l’Eglise ? Les personnes impliquées et ceux dont la tête risquait de tomber… allaient-elles laisser le Vatican faire une enquête complète et impartiale sur l’histoire, sur la légitimité canonique, sur le fonctionnement interne et sur les finances de la Légion du Christ ?

L’Eglise catholique n’a pas besoin – et n’a jamais eu besoin – de ce rejeton scandaleux, fruit des fantasmes de Marcial Maciel. Et pourtant, l’Eglise a franchi toutes limites, jusqu’à se mettre elle-même dans son tort, pour la maintenir en vie.

Si la joie est une chose permise là où le père Maciel se trouve aujourd’hui, il n’y a aucun doute qu’il arbore ce sourire sardonique, que nous lui connaissons tous. Tout continu comme prévu, selon son plan.

A moins que le pape François ne tire une ou deux surprises de ses manches – ce qui nous espérons fortement – Nuestro Padre, au final, semble être celui qui rira le dernier.

Voir en ligne : The Last Laugh