Dimanche 12 novembre 2017

Recommandations de Rome aux communautés religieuses : visiblement une mise en garde contre les risques de dérives sectaires.

« Le rapport Supérieur-Fondateur dans les nouvelles fondations mérite une attention particulière et un approfondissement. Alors qu’on doit remercier l’Esprit Saint pour beaucoup de charismes qui rendent la vie ecclésiale vivante, nous ne pouvons pas cacher notre perplexité face aux attitudes où on enregistre souvent une conception étroite de l’obéissance qui peut devenir dangereuse.

Dans certains cas on ne promeut pas la collaboration par une « obéissance active et responsable », mais la soumission infantile et la dépendance scrupuleuse. De cette manière on peut nuire à la dignité de la personne au point de l’humilier.

Dans ces nouvelles expériences ou dans d’autres contextes, la distinction entre for externe et for interne n’est pas toujours correctement considérée et dûment respectée. La garantie sûre de la distinction mentionnée permet d’éviter une ingérence indue qui peut engendrer des situations de manque de liberté intérieure, de dépendance psychologique, qui pourraient donner lieu à un certain contrôle des consciences. Il s’agit dans ces cas, comme en d’autres, de ne pas amener les membres à une dépendance excessive, qui peut assumer des formes de plagiat à la limite de la violence psychologique. Dans ce cadre, en outre, il est nécessaire de séparer la figure du Supérieur de celle du Fondateur. »

Orientations présentées le 6 janvier 2017 par le cardinal Braz de Aviz aux personnes consacrées A vin nouveau, outres neuves.

Traduction dans la Documentation catholique d’août 2017.

Vos réactions

  • Françoise 14 novembre 2017 11:35

    Ces recommandations font sourire tant les évêques, cardinaux sont pris dans des intérêts idéologiques, politiques avec ces communautés dérivantes et sont par conséquent dans l’incapacité à pouvoir taper du poing sur la table, sauf à être pris un peu les doigts dans le pot de confiture… Le fameux cardinal anonyme d’Olivier Legendre l’expliquait très bien dans le premier tome « Confessions d’un cardinal ».

    A partir du moment où ces communautés rapportent des prêtres, de l’argent, des engagés religieux dont le nombre est répertorié chaque année et envoyé au Vatican, il n’existe pas de contrôle de ce qui se passe au plan des dérives idéologiques, religieuses et communautaires. Le ton a été donné par JP2 qui toute sa vie, sera dans le déni vis à vis de Maciel. Depuis, ce déni a été prolongé via une fausse mise en œuvre, purement publicitaire, de commission de contrôle et réforme dont l’action est tellement opérante que le système abusif se prolonge même si des évictions de personnalités criminelles ont lieu. Ce qui montre bien la persistance du problème et l’incapacité « volontaire » institutionnelle de ne pas rentrer dans cette gestion, lourde il est vrai mais surtout, obligeant l’institution à se dissocier de groupes intégristes à fort pouvoir financier et réseau relationnel. Autant dire, cela reviendrait à se couper des principaux soutiens du système clérical actuel. Le propos est donc plus de se prémunir verbalement, sans que les choses ne changent structurellement.

    Et après de s’étonner avec force cris d’orfraies, que malgré ces recommandations verbales, les choses ne changent pas au sein de ces communautés, toujours dérivantes et toujours abusives spirituellement, idéologiquement, religieusement, physiquement et sexuellement aussi…Oh comme c’est étrange ! Comme c’est bizarre !

    Les limites de la violence psychologique ont été malheureusement depuis longtemps dépassées dans ces communautés. Le nombre exponentiel de victimes le prouve assez depuis une bonne dizaine d’années. Cela devrait inquiéter l’institution qui a tout misé sur ces groupes dérivants et sectaires pour perpétuer la survie institutionnelle. Mais à voir les silences institutionnels et le mépris vis à vis des victimes de ces groupes communautaires, le soutien qui est fait des prélats impliqués dans le maintien de prêtres et religieux dérivants, on comprend bien où se trouve réellement le souci institutionnel :

    « Faites ce que je dis, pas ce que je fais ».

  • 13 novembre 2017 16:25

    C’est bien beau de publier un document. Encore faut-il que les autorités ecclésiales concernées le fassent appliquer. L’Eglise catholique romaine ne manque pas de lois pour que la vie religieuse se déroule de manière conforme à ce qu’elle doit être. Mais elle manque de personnes compétentes et lucides pour les faire appliquer.