Dimanche 8 février 2015

Témoignage d’Annet : Bethléem, il y a 40 ans…

Je suis entrée à Bethléem en octobre 1974, à 32 ans, ayant assumé 10 ans d’enseignement dont 3 ans de direction d’école. Je suis sortie fin décembre 1981. Aujourd’hui j’ai 72 ans, aucun désir de vengeance, ni besoin de revanche, seulement cette blessure secrète, stigmates invisibles oints par grâce de Dieu.

1. LE CULTE DE LA PERSONNALITÉ

1.1 Vénération excessive de sœur Marie

tant de son staff rapproché (sœur H, sœur S. et toutes les prieures) que des jeunes sœurs. Toute parole de sœur Marie, en n’importe quelle occasion et n’importe quelle heure était enregistrée. Voix unique, pensée unique qu’il fallait enregistrer sans aucune possibilité de manifester la moindre réticence ou interrogation.

1.2 Hors du groupe pas de salut

Bethléem = unique salut pour l’Église ! Bethléem = supérieure à toutes congrégations. Publiquement en réunion, sœur Marie tournait en dérision ces sœurs fabriquant gâteaux, confiseries. Ces sœurs sans costume. Nous, guimpées, pieds nus dans nos sandales et vêtues de haut en bas. Nous étions bercées par ce complexe de supériorité, distillé, raffiné et entretenu. Même les évêques ne pouvaient rien comprendre à la vocation de Bethléem, ceci dit en 1974-1975, Saint Bruno n’avait pas encore investi nos fraternités. En 1976-1977 notre chapelle de Nemours accueillait encore – sur le même tapis – les étudiants parisiens. J’ai souvenir de très belles et ferventes veillées pascales.

Confesseur : Le matin de ma profession, il m’a été refusé de me confesser à mon accompagnateur, le Père S. Je savais que le père S ne pouvait plus être officiellement mon accompagnateur, mais je n’ai jamais osé lui dire que c’était mal vu et non désiré à Bethléem. Il fallait se confesser à l’évêque qui recevrait notre profession en fin d’après-midi, le jour même. Je vois encore l’air jouissif et fier de sœur Marie, le lendemain, quand elle a dit à l’ensemble des sœurs de Nemours : « Monseigneur m’a confié ne jamais avoir entendu de si belles confessions… »

Nous ne savions jamais quel prêtre venait nous confesser. Durant les mois passés à Currière, l’un d’eux était secrétaire ou très proche de l’évêque. Il m’encouragea à solliciter une rencontre avec ce pasteur pour le mettre au courant de ce qui me questionnait, me faisait souffrir à Currière et m’apparaissait en contradiction avec une vraie vie monastique.

J’en fis la demande à sœur Marie, la réitérant deux ou trois fois sans réponse. Finalement, en période estivale, elle m’a dit : « Il est très occupé par les confirmations ». Je ne l’ai pas crue.

Formation strictement interne Hors les homélies de sœur Marie, quelques conférences du Père Marie-Dominique Philippe ou d’un de ses moines, une session d’un prêtre oratorien. Sinon aucune autre formation, mais beaucoup de désinformations, car les revues et journaux, La Croix, par exemple, nous étaient quasi interdits. Quand je subtilisais un article, je savais qu’il fallait m’en accuser aux coulpes (à 35 ans !) Quant aux écrits des saints, à cette époque (1974-1981), ni Thérèse d’Avila, ni Jean de la Croix, ni Bernard de Clairvaux…etc, n’avaient voix au chapitre. Seul Silouane et les apophtegmes des Pères du Désert.

1.3 Au-dessus des lois}}

Évidemment, aucune cotisation, à l’époque, à la Cavimac. Ce refus d’obtempérer nous était présenté comme un summum évangélique. Aucune discussion. Il fallut le discernement et le courage de Dom Louf, alors responsable des supérieur(e)s majeur(e)s de France pour mettre au vote la suspension des versements de fonds à Bethléem en raison de trop d’opacités. A ma sortie, j’ai adressé un courrier à Mgr Matagrin pour recevoir le montant des cotisations dues à la Cavimac. Un chèque me fut envoyé par sœur H. qui me reprocha de m’être adressée à l’évêque.

2. LA COUPURE AVEC L’EXTÉRIEUR

2.1 Les ruptures}}

Totale, quant au lieu : du Nord à l’île de Lérins, mais j’avais tout quitté et choisi le Christ. La rupture la plus inattendue fut celle de l’information, l’absence de culture, d’ouverture, de tonus intellectuel et même spirituel. Très vite j’ai constaté les problèmes psychologiques de certaines sœurs qu’il fallait « porter ». Rupture de toute relation, lettre unique pour toute la famille à raison d’une par trimestre, courrier ouvert avant de nous être remis, ou non remis, selon le contenu. Réticence appuyée de la prieure pour obtenir d’écrire à un prêtre ou à un moine, avec le sentiment d’être en faute.

2.2 Une formation carencée}}

Aucune formation spécifique pendant les 2 ou 3 ans de noviciat (rien de défini sur la durée d’un noviciat). Aucune lecture en dehors de l’évangile (ou la Bible, je ne sais plus), même la T.O.B amenée me fut supprimée.

2.3 La multiplicité des dévotions sans lien d’unité doctrinale}}

Au gré des décisions de sœur Marie : Action de grâces de 20 minutes, sitôt la communion et avant la fin de l’Eucharistie. Changement brutal du tempo des doxologies : une ronde sur chaque syllabe ! Suppression de la polyphonie au profit du mode cartusien durant l’année 1981.

Une moniale est veilleur dans la nuit, alors soudainement, port obligé d’une cagoule de coton pour dormir, puis d’une robe et d’une ceinture au-dessus de la chemise de nuit.

Un jour, un billet sous ma porte de cellule : « ma petite sœur, sitôt matines, départ en voiture à 5h30 ». Sans aucune explication ni dialogue, ma prieure me conduit chez un exorciste !!! Je suis restée muette, dans l’incompréhension totale, blessée au tréfonds. La moindre objection eut été la preuve évidente que le démon m’habitait : mes pensées, ma volonté, mon jugement n’étaient pas totalement remis entre leurs mains.

2.4 Santé physique, psychique et spirituelle}}

Contrairement à nombre de sœurs, soignées pour une maladie jamais clairement identifiée mais que les oscillations du pendule signalaient (!), je n’ai jamais été malade hormis une aménorrhée définitive dès 33 ans. Quatre années plus tard, en consultation, un médecin m’a dit : « ma sœur, dans les pays sous-développés, les femmes ne sont pas réglées ». Vu le régime alimentaire nous perdions toutes du poids, et sœur Marie – soucieuse de sa ligne – préférait des petites sœurs longilignes : signe extérieur d’austérité monastique… mais que de dégâts physiques, psychiques et spirituels.

2.5 Quelle pauvreté ?}}

Pauvreté à multiples visages : dans les années 1974-1981 pauvreté affichée : table frugale, vêtement léger de coton bleu, pieds nus, abords austères des monastères, cellule réduite et rudimentaire, collecte des surplus des grandes surfaces. Pauvreté sélective : discrimination inavouée mais réelle entre les sœurs au nom à particule, issues de la classe bourgeoise et celles de milieu plus modeste. Pauvreté confortable, grâce aux généreux donateurs : un simple coup de téléphone à la Grande Chartreuse et le congélateur en panne est remplacé. Réseaux efficaces et entretenus pour obtenir du matériel de photographies, de photocopies ultra perfectionnées. Véhicules automobiles haut de gamme pour sœur Marie qui voyage souvent allongée. Installation de balnéothérapie (il y a plus de 35 ans !) pour sœur Marie et des privilégiées, dans différents monastères. Pauvreté insouciante : que de fois j’ai déploré l’immaturité, le manque de sens des réalités et l’irresponsabilité de certaines sœurs n’ayant jamais dû travailler pour gagner leur vie, elles méconnaissaient la valeur du travail bien fait, la valeur du travail des autres et le coût qu’occasionnait leur insouciance.

3. LA MANIPULATION

3.1 Le recrutement vocationnel}}

Séduire, voilà l’arme redoutable de sœur Marie et de Bethléem, Séduction et flatterie, pièges auxquels beaucoup se sont laissés prendre. « Vous ne trouvez pas qu’elle ferait une belle petite sœur ? », dixit sœur Marie, s’adressant à une jeune prof de lettres – en repos chez les moines de Lérins – et suscitant l’approbation de la communauté, tout en lui grattouillant la chevelure noire bouclée, avec un regard aguicheur. Oui, elle reçut l’habit mais quitta Bethléem très vite. Séduction perverse parce que consciente. Aujourd’hui, séduction par médias : presse et télévision.

3.2 La confusion des fors externe et interne}}

« Donne tes pensées », au nom de la « transparence », la prieure générale et la prieure locale s’octroyaient le droit de direction et de regard sur tout et en tout ; avaient-elles été formées à l’accompagnement ? Et comme aucun prêtre ou moine n’était autorisé à exercer un rôle de guide ou d’accompagnateur, tout était dans la confusion et dans une sorte d’enfermement, d’étouffement qui engendrait une constante culpabilité.

3.3 Vœu particulier et secret}}

Vœu d’unité signifiant : aucune critique et secret absolu. Obligation de marcher à 3 lors du spaciement pour éviter remarque ou critique ou paroles trop personnelles. Interdiction de parler ou de se confier à toute personne autre que notre responsable. Un jour, le Père S. s’arrête à Nemours. Je peux le rencontrer mais je suis intérieurement muselée. Si je lui fais part de mes conflits personnels, je dois m’en accuser publiquement aux coulpes et je risque d’être interdite de le voir une prochaine fois, donc rien ne transparaît. Mais lors de la journée de désert qui suivait, j’ai pris une voiture et je suis partie à Acey, n’en pouvant plus. J’ai parlé en vérité, simplicité et retrouvé la paix. Le Père a prévenu ma prieure et je suis rentrée à Nemours. J’espérais un vrai dialogue avec ma responsable. Mais pas un mot. S’est-elle seulement interrogée ?

3.4 Mensonges}}

A cette époque, Bethléem n’était pas encore « romaine » Il fallait écrire les constitutions ou règle de vie, donc les prieures y travaillaient car cette règle édifiante allait « épater » Rome (sic). Un jour, un projet de texte est à notre disposition. Dans ma cellule, je lis : « … les petites sœurs dorment sur la dure… ». Consternée, je regarde mon matelas posé sur une planche et ses parpaings. Non par culte de la souffrance mais plutôt en esprit de vérité et de pauvreté, j’enlève mon matelas et le mets dans le couloir. Arrive ma prieure : « Que fais-tu ? ». Confuse et m’accusant, je lui montre la phrase qui m’interpelle. Elle me dit : « Il ne faut pas tout prendre au pied de la lettre. Rentre ce matelas ». Je lui demande : « Pourquoi écrire cela si ce n’est pas vrai ? ». Elle ne m’a donné aucune réponse.

3.5 L’autoritarisme du responsable et la soumission}}

Un soir après complies, sœur Marie arrive à Nemours. Rassemblement autour d’elle, installation de l’enregistreur. Emportée par le débit de ses paroles et réjouie de voir ses sœurs l’écoutant, à ses pieds, la voici évoquant la petite sœur qui avait été enceinte de l’aumônier bénédictin… Et justifiant sa méfiance vis-à-vis des aumôniers. Ce manque de respect et de discrétion empreint de condamnation me fit réagir posément : « Ma sœur Marie, en quoi cela nous regarde ? » « Sache que tu n’as pas à intervenir quand je parle » Et me voilà, étendue face contre terre devant toutes mes sœurs. J’étais encore novice.

Dans ma charge de procureuse à Currière, elle me demande un jour de lui présenter la commande à l’adresse d’un de nos fournisseurs. Elle était dans son bureau avec le père Marie-Dominique Philippe. Devant lui, elle sort son pendule et le promène sur le feuillet puis d’un ton catégorique m’ordonne de supprimer tel et tel produit, qui jusque là, étaient coutumiers. Inutile de chercher à comprendre, tu obéis. Ce qui m’a le plus questionnée à l’époque, ce fut l’impassibilité du Père. Lui, le grand théologien, célèbre thomiste, consentait-il ? Comment mon jugement, mon intelligence allaient pouvoir se soumettre sans mot dire ?

3.6 Tout questionnement vient du mauvais – humiliations et culpabilisations}}

Les mois passent… les questionnements me déchirent. Vais-je devenir folle ? Je demande à consulter un spécialiste. « Si tu consultes, tu es perdue pour nous ». Voilà la réponse de sœur Marie. J’ai reçu la force de maintenir ma demande, c’était une question de vie. Je fus envoyée dans le monastère de Bretagne, pour rencontrer un spécialiste, mais à dater du 22 août1981 jusqu’à mon départ fin décembre 1981, je n’existais plus pour ma prieure. J’ai su que le P.S avait rencontré sr H à Paris et qu’il avait insisté pour que je puisse être aidée psychologiquement.  Je pense qu’elle n’a pas osé passer outre, mais pour Bethléem un psychologue = le diable.

3.7 La sortie}}

A 6 heures du matin, sans un au revoir à aucune sœur, on m’a conduite en gare. Qui soupçonnait mon départ ?

Condition économique : un billet de train et 300 francs, ma bible, mon icône. A mon entrée, j’avais donné ma voiture (moins de 30000 Kms au compteur), mon magnétophone neuf, un trousseau complet de linge et des mètres de tissu.

Condition physique et psychique : ma jumelle ne m’a pas reconnue… Pendant 3 ans, chaque semaine, je suis allée à Paris suivre une psychothérapie : prix à payer pour retrouver confiance en moi, équilibre et sortir de la culpabilité.

Condition spirituelle : j’ai gardé la foi, parce qu’avant ces années et pendant ces années difficiles et incompréhensibles au regard de mon désir profond, c’est vraiment le Christ que j’ai cherché. Longtemps j’ai crié vers Dieu : Pourquoi ? Dans son amour fidèle, Il a creusé en moi un espace de liberté et de paix.

4. L’INCOHÉRENCE DE LA VIE

4.1 La vie extra-ordinaire des chefs}}

Notre fondatrice avait un rythme de vie tout à fait à part : rare présence aux offices ou à l’Eucharistie. Horaire décalé, travail de nuit pour certaines sœurs quand sœur Marie voulait offrir icônes, photos, statues aux ecclésiastiques romains, aux évêques, aux personnalités influentes. Plaire, séduire, offrir au prix de la santé des sœurs. Régime alimentaire très spécial pour la prieure générale. J’ai été procureuse à Currière et ses menus auraient soutenu et rassasié bien des sœurs. Soins incessants : une sœur novice, docteur en médecine, lui était dévouée, jour et nuit. Aucun remède, aucune huile essentielle, aucun traitement, rien n’avait de prix pour elle. J’ai appris aussi le départ de cette sœur après de longues années à Bethléem.

4.2 L’argent}}

A la sortie, j’avais 40 ans. Durant 8 ans, toutes mes forces avaient été au service de Bethléem, et je me retrouvais pauvre comme Job. L’argent que je leur ai réclamé fut intégralement reversé à la Cavimac. Cette démarche de légitime prévoyance me permet de toucher 98 € de retraite par mois de cette caisse.

4.3 Les mœurs}}

Certes, pédophilie et viols sont des crimes dont je ne peux absolument pas accuser Bethléem.

Cependant, il existe des façons de « toucher » à la personne, aussi graves que des at- touche – ments. Certains comportements violent les consciences et peuvent blesser profondément un être humain.

Les faits livrés ici datent de 35-40 ans. L’Église, à cette époque, en avait déjà connaissance. Mais de même qu’il a fallu de nombreuses années pour reconnaître et dénoncer la pédophilie d’évêques, de prêtres ou les mœurs déréglées de certains fondateurs, de même l’Église n’a pas écouté la voix de femmes et d’hommes en souffrance. Ces voix qui crient dans le désert, que l’on ne veut pas entendre ou que l’on veut peut-être faire taire ?

Toi, mon Église, as-tu conscience de ta responsabilité ? Quand accepteras-tu d’écouter, de t’interroger, de chercher la vérité et d’agir ?

Bethléem, que j’ai aimée, pourquoi t’es-tu crue supérieure, au-dessus de tout, mieux que quiconque ? Ton orgueil, ta volonté de toute-puissance ainsi que tes sourires en ont blessé beaucoup.

Aujourd’hui, tes frères et sœurs sont-ils tous heureux et librement donnés ?

Vos réactions

  • 17 avril 2016 12:35

    Patricia a écrit : « Que le Seigneur accorde la grâce à notre Église pour aborder ces problèmes et aider Bethléem à une vraie réflexion et amélioration ».

    Des faits récents montrent, hélas, que l’Église n’agit que sous la contrainte du scandale, voire des tribunaux civils. Tant qu’elle peut obtenir le silence (voire l’imposer …), elle le fait. Elle le fait souvent avec beaucoup de bienveillance. Or, les personnes blessées sont particulièrement sensibles à la bienveillance … Ce que l’Église ne peut faire taire tout à fait, elle cherchera du moins à en garder la maîtrise et à le canaliser adroitement, ce à quoi elle parvient généralement très bien. L’Église se soucie avant tout de l’institution et de l’avenir de l’institution. Elle a une grande expertise sur ce point, et elle sait agir avec succès.

  • Patricia 12 avril 2016 20:46

    Bonjour, Je ne suis pas entrée dans cette congrégation mais je l’ai fréquentée récemment de près, pendant deux ans. J’ai un profond respect pour la vie religieuse et monastique et j’ai connu des sœurs honnêtes et dans une profonde recherche de Dieu. Mais j’ai aussi fait l’expérience de manque de bienveillance et de respect dans ma liberté intérieure, dans un rapport de séduction et manipulation, du profit matériel. Par expérience, je confirme les points qui ont été mentionnés : relation affective, atteinte au fort interne, manque de formation théologique, spirituelle et humaine, rapport de charme et de séduction, mensonge, séduction aussi pour solliciter de don. La place de la supérieure est absolutisée. La vie m’a donné par la suite de découvrir, la simplicité et le respect d’autres supérieures générales et prieures d’autres congrégations ! C’est une grande différence. Je regrette surtout le manque de bienveillance par le Bethléem envers moi et envers les jeunes intéressées par la congrégation. Plusieurs moniales essayaient de les attirer et amener à les décider pour y entrer, notamment pendant le mois évangélique. La vie monastique à Bethléem est présentée comme supérieure aux autres congrégations et vocations en générale. On cultive un goût au secret. J’ai connu une jeune fille qui appelait toutes les semaines la prieure d’un monastère pour lui demander conseil pour ce qu’elle devait décider et faire dans sa famille, au travail. La prieure avait pris la place de la famille ! Elle est rentrée l’année suivante et sortie deux année plus tard. Une autre aussi entrée très rapidement, sans aucun discernement, ni la prise en compte de sa situation et ses limites psychologique. Une autre m’a raconté après sa sortie qu’on l’avait aussi emmené chez un exorciste. J’ai été témoin de l’entrée de plusieurs jeunes filles et de la manière dont on essayait de les attirer par la séduction. Plusieurs d’entres elles sont sorties. Il est normal que certaines personnes, après une certaine période, trouvent leurs appels ailleurs et sortent. Mais une congrégation est aussi responsable de veiller à la bonne santé spirituel et humaine de ses communauté. Que le Seigneur accorde la grâce à notre Eglise pour aborder ces problèmes et aider le Bethléem à une vraie réflexion et amélioration. Marie

  • Elisabeth 19 mars 2015 22:56

    Bonjour,

    Je ne suis pas une « ex » de Bethléem, mais j’ai fréquenté de près cette communauté dans les années 80, et beaucoup de mes amies y sont entrées.Je peux confirmer ce qui est écrit ici . A chaque fois, le processus était le même : la fille était fascinée par les Petites Sœurs, puis elle nous annonçait son entrée après ou avant le mois évangélique aux Voirons, et ce qui nous mettait mal à l’aise était toujours ce sentiment de supériorité de celles qui y avaient trouvé leur voie, choisi « la meilleure part »,nous regardant de haut, alors que nous, les pauvres restantes, n’avions pas encore trouvé notre vocation ici-bas.

    La fille qui entrait à Bethléem ne poursuivait pas ses études supérieures, voire même y entrait juste après le Bac, à tout juste 18 ans ! En même temps nous avions droit à un sermon, je me souviens des paroles persuasives de mon amie : « la prieure est comme une maman qui veille sur ses enfants, donc pour notre bien, elle ouvre notre courrier, celui que nous recevons et celui que nous envoyons, donc sachez que notre correspondance sera lue… » nous l’acceptions comme une marque de sainteté, puisqu’elles choisissaient la meilleure voie, c’était forcément la bonne manière de faire, c’est nous qui n’y comprenions rien…

    Puis, invariablement, une fois en communauté, les lettres reçues de mes amies ne parlaient JAMAIS d’elles, mais toujours des messages de la Vierge à Medjugorje. Pas de réponse à nos questions basiques telles que « comment vas-tu ? Es-tu sûre que c’est bien ta voie ? Es-tu heureuse ? » Non, on nous demandait de ne pas venir les voir (« détachement des choses de ce monde, des amitiés d’ avant »), et on recevait en guise de réponse des polycopiés des messages de la Vierge. J’avoue que je me suis vite lassée de recevoir ce genre de missive, et ne pouvant voir mes amies, ne recevant pas de réponse à mes questions, j’ ai cessé toute correspondance, les confiant au Seigneur dans ma prière…

    Je ne sais ce que vous êtes devenues, je crains en découvrant ce site que vous ne soyez soit « éteintes », soit sorties , j’espère en tous cas que vous aurez pu vous reconstruire, quel que soit votre chemin aujourd’hui. Moi-même mariée et mère de quatre enfants, je continue de vous porter, vous mes amies d’antan, dans ma prière fraternelle,

    Elisabeth

  • Catherine 7 mars 2015 17:13

    Pour précision, je viens de regarder la video, dont plus des 2/3 donne des images des bâtiments et jardins des frères salésiens voisins.

  • Vidéo Bet gémal 2 mars 2015 19:10, par Igor

    Encore une vidéo carte postale avec des petits z’enfants sur les soeurs de Béthléem :

  • L’Anonyme 28 février 2015 16:39

    Les jours passent et de temps à autres je pense à l’observation de Guy où il disait qu’il serait plus facile pour la visite apostolique si on avait quelque chose sur laquelle s’appuyer au dedans des communautées de Bethléem

    Il me semble qu’il n’y a qu’un seul apui à la fois fort et faible mais le seul qui est commun à toutes les soeurs et tous les frères et qui pourra porter des fruits : la part de vérité profonde qu’existe en chacune et chacun. Tous expérimentent le mensonge mais tous aussi aspirent à la vérité, même ceux qui gouvernent Bethléem. Apporter vérité, apporter lumière, apporter écoute sérieuse, paciente, qui ne juge pas pourra être la clé pour ouvrir les cœurs. C’est bien faible je le sais mais c’est aussi la chose la plus forte qu’il y a en chacun et chacune.

    La possibilité de vivre une vie dans la vérité est très attirante. Si on offre cela aux soeurs il y en a beaucoup qui vont adhèrer.

  • Bonjour, je ne retrouve plus les commentaires où certains parlaient des constitutions de communautés mises en ligne sur internet. Voilà encore un autre lien : http://www.fraternitadellatrasfigurazione.org/la-nostra-regola.html

  • Romain 18 février 2015 19:00

    Les deux soeurs accompagnatrices des soeurs de st Jean n’étaient pas des soeurs de Bethléem mais bien deux mères Abbesses bénédictines. De source sûre.

    Je ne contredis pas qu’il y ait pu y avoir des soeurs benedictines qui aient joué le rôle d’accompagnatrice mais je maintiens que des soeurs de Bethleem ont bien été consultées dans cette affaire et dépéchées auprès des soeurs de st jean. De source sûre également. que cela ne ce soit pas su n’est pas étonnant connaissant la culture du secret qui entoure Bethléem et la volonté à l’époque de ne pas vouloir apparaitre à la lumière des médias.

  • Pascale 18 février 2015 17:50

    Les deux soeurs accompagnatrices des soeurs de st Jean n’étaient pas des soeurs de Bethléem mais bien deux mères Abbesses bénédictines. De source sûre.

  • 18 février 2015 16:39

    « ces religieuses d’autres ordres ne sont autres que les soeurs de Béthleem » .

    Il ne faut pas se laisser impressionner : La roue tourne.

  • Luciole 18 février 2015 16:13

    @Romain. Dans un article de La Vie j’avais lu « deux anciennes abbesses », j’en avais déduit sans doute hâtivement, qu’il s’agissait de bénédictines ou de cisterciennes..

  • à Luciole et à Fabio 18 février 2015 13:21, par L’Anonyme

    Oui, c’est très bien décrit le processus. En le lisant on le revit tellement c’est juste. Merci Luciole.

  • reponse à Luciole 18 février 2015 13:14, par Romain

    Il y a eu aussi les sœurs contemplatives de saint Jean qui ont été mises sous la « tutelle » si je puis dire, de religieuses d’autres ordres.

    Ce que vous dites Luciole est vrai. Le comique de l’histoire si je puis dire est que ces religieuses d’autres ordres ne sont autres que les soeurs de Béthleem dont les responsables, en relation avec feu Mgr Brincard ont été envoyé chez les soeurs de st jean en vue de les remettre sur pied. C’est dire l’aura et la réputation dont bénéficie Bethleem au sein de l’église.

  • Dominique 18 février 2015 12:56

    @ Luciole et Fabio Une meilleure connaissance des débuts de Bethléem, qui comporte diverses versions si j’ai bien compris, alors que c’est toujours quasiment la même version qui a été servie à la fin des mois évangéliques, montre que la communauté a pu se développer aussi grâce à des donateurs : passer de Chamvres à Méry, construire, acheter etc.

    Les processus manipulatoires sont Tb développés par Luciole. Mais il manque encore cette tranche d’info basique dans la compréhension du développement de Bethléem.

    Pour une pub qui marche, on dépense des mille et des cents. Combien de familles ont contribué à son extension, sans doute en toute bonne foi, si elles ne voyaient que la vitrine ? Lorsque Cora parle de la construction de monastère en Pologne, elle évoque un membre de sa famille. N’y a t il pas une grande différence entre ce qu’une personne va avaler à cause d’une pub ciblée en fonction de son âge etc, et ce que des familles entières peuvent « gober » par rapport à une communauté ?

    Un psychiatre racontait avec humour à un groupe, il y a quelque temps, que des dépliants sur la dépression avaient été longuement travaillés puis diffusés nationalement, lorsqu’un homme politique influent avait été touché par une dépression. L’histoire du DSM, répertoire évolutif des différentes maladies, est aussi fonction de l’intérêt qu’y trouvent les labos pharmaceutiques. De même, ne peut-on pas se demander si l’histoire personnelle de sr Marie n’est pas largement explicative d’orientations successives prises par la communauté, sans la régulation nécessaire ? Ne peut-on pas se demander aussi si des prélats ont trouvé leur intérêt à ce que Bethléem se développe ? Ces questions me sont venues, lorsque j’ai lu que sr Marie disait régulièrement aux sœurs « n’avoir rien choisi dans sa vie ». Or, au fil du temps, elle a choisi tout un tas de choses pour sa communauté, tant pour le droit pontifical que pour la Règle de vie, que pour l’alimentation, que pour ceci, que pour cela. On peut justifier ses choix avec divers motifs, -spirituels, stratégiques, économiques, que sais-je ?- mais on ne peut pas dire qu’on ne choisit rien dans sa vie. Sauf à vouloir inciter d’autres à devenir irresponsables ?

  • à Luciole 18 février 2015 11:35, par Fabio

    Luciole. Votre description des trois phases de l’envoutement manipulateur correspond point par point à mon expérience. On se souvient tous des flatteries reçues avant d:entrer. On vous flatte puis on vous rabaisse puis on vous lie. Merci de l’avoir décrit si clairement.

  • Luciole 18 février 2015 10:57

    A tous ceux qui s’étonnent qu’on puisse se laisser ainsi manipuler, je voudrais rappeler que, tous les jours, bon nombre de nos contemporains se font arnaquer parce qu’ils ont cru au trop beau pour être vrai d’un aigrefin.

    On donne ses identifiants courriel ou facebook, on verse des sommes astronomiques à des brouteurs africains qui vous font croire que vous avez gagné à la loterie sans acheter de billets. Des petits vieux donnent toutes leurs économies à une fiancée virtuelle en Russie pour la faire venir au pays. On invite pépé et mémé à des diners-démonstrations pour leur vendre un matelas miraculeux trois fois plus cher que sur le marché en leur faisant croire qu’ils ont fait une affaire. Vous avez les charlatans qui surfent sur la vague des médecines parallèles et vendent leur daube à l’aide d’un jargon fumeux emprutant son vocabulaire à la science. Ils vont faire croire leur client que l’eau du robinet est morte et celle qui a servi à fabriquer leur produit est vivante. Etc.

    Il suffit de suivre régulièrement les émissions de défense de consommateurs pour récolter des pelletées d’exemples de ce genre, les plus ahurissants les uns que les autres. Oui, on se demande comment on peut se faire avoir comme ça. Mais qui, ici, ne s’est jamais fait avoir, ne fut-ce qu’une fois ? Il faut bien admettre qu’il y a une part de naïveté dans la nature humaine.

    Dans ce genre de manipulation, il y a une mise en condition, l’orateur se pose en expert, rassurant mais supérieur par son savoir. Il crée un climat de confiance, de détente, pour que la vigilance se relâche. Et puis il rabâche sans cesse son message ce qui a un pouvoir hypnotique connu des publicitaires de tout poil.

    Quel procédé utilise-t-ton dans les sectes ? A peu près les mêmes, sauf que ça va plus loin que de vider votre portefeuille. Habituellement, on parle de trois phases : le love-bombing, la destruction et la reconstruction. C’est à peu près ce qui se passe dans un couple quand l’un des deux est un pervers manipulateur narcissique : il y a une phase de séduction où l’autre est choyé, chouchouté, aimé. Puis, après environ six mois, vient le dénigrement systématique et le salut qui n’est offert que par le partenaire qui a bien soin de faire le vide autour de sa victime.

    Dans une communauté qui dévie, c’est le même processus. On vous séduit, il y a le decorum qui vous impressionne, les lieux, un habit que vous n’êtes pas encore autorisé à porter, la liturgie, l’attitude bienveillante de la supérieure qui vous parle de façon onctueuse et semble vous comprendre en tout. Et puis, une fois que le poisson est ferré, tout à coup, vous êtes la petite qui ne sait rien et qui fait tout de travers, qui a tout à apprendre. La supérieure, la maîtresse des novices, elle, elle sait. C’est une personne d’expérience, bien ancrée dans la vie religieuse … pourquoi mettre en doute ce qu’elle dit ?

    En plus, vous débarquez dans la vie religieuse sans rien y connaître. Même si vous avez lu des tas de bouquins de spiritualité, la vie de saint chose ou saint machin, le concret de la vie, comment ça se passe dans les faits, le code de droit canonique et les décrets de Rome …pfff … vous n’avez aucune idée de ce que ça dit, de ce que ça recouvre. Il y a quelqu’un chargé pour vous formez qui sait tout ça mieux que quiconque, pourquoi le mettre en doute.

    Vous débarquez aussi plein de générosité, prêt à tout donner, à vous donner sans condition, Jésus est l’amour de votre vie, vous rêvez de vous donner à lui sans condition. La phase de séduction annihile ou entame sérieusement les résistances de la raison. Et quand votre raison se heurte à quelque chose qui n’est pas acceptable, vous finissez par trouver une excuse à la supérieure. Après tout, cette gentille personne n’a que de bonnes intentions, elle veut votre bien. Et puis, il faut savoir pardonner.

    Vous êtes devenu une marionnette et l’intelligence est refoulée au sous-sol. Si elle refait surface, une bonne petite humiliation et surtout le chantage affectif, le rappel de vos défauts et de la bonté de votre supérieure angélique. Avec une petite couche de vernis spirituel en prime.

    Je compare ça à la technique de l’araignée. Elle attrape un insecte dans une toile gluante, elle l’embobine puis elle le vide de sa substance. Il ne reste plus que l’exosquelette. Dans la dérive sectaire, il y a une étape de plus : l’araignée injecte sa propre personnalité dans l’exosquelette ou du moins essaie.

    J’ai vu une novice qui est entrée à quarante ans en religion, qui avait eu un métier à responsabilités et qui a abandonné toute personnalité, toute volonté une fois la clôture franchie. C’était effarant. Au point d’aller demander la permission de donner un mouchoir à une sœur malade dont elle avait la charge !

    J’ai vécu ça ailleurs qu’à Bethléem, mais quand je lis les différents témoignages, ça rejoint mon vécu parfois sur des points de détails insoupçonnables.

    Ce qui nous en a sorti, c’est bel et bien une visite canonique. Il y en avait déjà eu une, avant que je n’entre, qui avait avortée, à cause d’un évêque trop malade pour pouvoir se charger de ça personnellement, d’un vieux vicaire épiscopal trop enclin à étouffer les scandales et malgré les récriminations du représentant de l’ordre auquel appartenait ce couvent. Le monastère sui iuris dépendait du Saint-Siège qui délègue l’évêque du lieu.

    L’évêque a donné sa démission, le vieux vicaire a pris sa retraire, le nouveau est venu écouter les sœurs et c’est justement parce qu’elles n’osaient pas parler, qu’elles chantaient toutes la même chanson, qu’il a eu la puce à l’oreille et a démarrer une enquête approfondie. Il a soulevé toutes les entorses aux lois de l’Église. Au bout d’un imbroglio dont je vous passe les détails, c’est la congrégation pour la vie religieuse qui a dépêché une visite canonique. Le religieux qui l’a faite avait beaucoup d’expérience en la matière. Et là aussi, c’est une uniformité de langage anormale, l’obséquiosité vis à vis de la supérieure déviante, la mise en scène déployée pour la faire bien voir à cette occasion, qui lui font fait toucher du doigt le problème. Il s’est bien gardé de laisser voir ce qu’il pensait, mais des mesures drastiques ont été prises par la suite.

    Oui, il y a des visites canoniques qui échouent parce qu’elles sont mal faites. Mais il y en a aussi qui réussissent. Je pense au sœurs mariales d’Israël qui ont été dissoutes, ses membres étant invitées à rejoindre d’autres ordres ou congrégations ou à rentrer dans la vie civile. Il y a eu aussi les sœurs contemplatives de saint Jean qui ont été mises sous la « tutelle » si je puis dire, de religieuses d’autres ordres. Si certaines dissidentes veulent fonder autre chose, leur fondation devra se faire sans l’ancienne supérieure pointée du doigt que le pape voudrait voir sécularisée.

  • Julienne 18 février 2015 09:20

    Fabio a écrit : « Tout à fait d’accord avec vous pour distinguer confiance et obéissance. A Bethléem les deux vont de pair … Voilà un point basique qu’une visite apostolique devrait pointer du doigt » …

    Pour ma part, j’ajouterai : Cette confusion est renforcée et scellée par les liens affectifs dans lesquels on enferme les personnes et, je dirai même, que l’on exige d’elles.

    Je pense que ce serait important que la visite canonique regarde attentivement ce que l’on met sous le mot « amour » à Bethléem.

  • a Amf 17 février 2015 11:52, par Fabio

    a Amf

    Tout à fait d’accord avec vous pour distinguer confiance et obéissance. A Bethléem les deux vont de pair et on appelle confiance le fait de « rejoindre les intentions de sa/son prieur/e », ce qui veut dire lui faire pleinement confiance, et s’il n’y a pas le voeu de confiance il y a le voeu/promesse d’Unité, qui revient au même.

    Voilà un point basique qu’une visite apostolique devrait pointer du doigt. Cela crêve les yeux à quelqu’un qui connaît le droit canonique de l’Eglise catholique.

  • alexandre 17 février 2015 11:43

    Merci AMF et Fabio de me répondre sur ce qu’évoquait Roselyne qui est en effet le sujet « clé » de l’embrigadement.

    Effectivement la « confiance » (qui rejoint la fides, la foi) c’est tout autre choss que l’obéissance.

    L’obéissance bien comprise n’est absolument pas aller contre sa conscience (exemple extrême les nazis obéissants).

    L’Eglise ne demande absolument pas d’abdiquer de son jugement et de sa conscience en obéissant aveuglément ou de manière infantilisée.

    Un vrai maitre des novices ne dira jamais tu m’obéis sans comprendre, c’est un non-sens : l’intelligence est là pour que l’on s’en serve sinon on n’en n’aurait pas :)

    Un vrai maitre des novices discerne si la personne est à sa place, si elle sera vraiment épanouie et heureuse dans le charisme de sa communauté. Il demande toujours à la personne de rester elle-même et d’exprimer ce qu’elle veut, ce qu’elle ne comprend pas etc… il ne dit jamais : obéis sans comprendre, tu ne le peux pas … cela serait faire insulte à son intelligence et à sa personne.

    En communauté, il faut avoir le droit de poser des questions, de s’exprimer et d’avoir des réponses : à Bethléem vous n’aviez pas ce droit apparemment et ni le droit de vous exprimer en vérité, dans votre propre vérité à vous : il fallait que vous vous formatiez vite c’est tout.

    Je comprends bien que si l’on a pas un minimum de « culture spirituel » avant de rentrer (cf discernement jésuite, règle de saint benoit etc…) on peut vite abuser les personnes….

  • Amf 17 février 2015 10:49

    Alexandre parlait de confiance et Fabio d’obéissance. Il me semble qu’il faut bien distinguer.

    En reprenant les évangiles, sauf erreur de ma part, le Christ ne parle de confiance ou de foi que lorsqu’il aide les hommes qu’il rencontre à les orienter vers Dieu, comme sur le lac « Confiance Je suis », comme s’il ramenait la confiance à lui en tant que Dieu. Jamais il ne nous est dit de mettre notre confiance en des hommes, bien au contraire : « Méfiez-vous des hommes ».

    Il me semble qu’il ne doit jamais y avoir abdication de l’intelligence, et ce qui est demandé à chacun, c’est d’être trouvé digne de confiance, non pas de placer notre confiance a priori, même en un supérieur. Lui obéir, oui, mais lui donner ma confiance a priori, non. Je dis cela en ayant moi-même navigué dans une autre communauté où l’on place la confiance a priori comme sommet de vertu. Ce qui entraîne une abdication de l’intelligence. Ce n’est pas le cas dans l’obéissance.

  • a Alexandre 17 février 2015 00:21, par Fabio

    Alexandre,

    il est vrai, il existe des personnes plus « naive » que d’autres, cela est incontestable. Mais vous semblez oublier une chose, qui est de l’ordre de l’objectif et non du subjectif. Vous oubliez que dans l’Eglise il y a toute une tradition spirituelle qui fait de l’obéissance « aveugle » le summum de la sainteté.

    Cette tradition prend appui sur la parole de saint Paul dans l’épître aux philippiens :« Il se vida de lui-même en se faisant obéissant jusqu’à la mort et la mort sur une croix ». Après saint Paul il y a eu les pères du désert. Lisez leurs écrits, vous lirez des phrases telles que : « si tu obéis, tu ne seras pas jugé lors du jugement final, ce sera ton supérieur qui sera jugé ». Pour en arrivere ensuite à saint Ignace de Loyola et à son obéissance « ut cadaver ». Un cadavre est mort, il n’a plus de vie propre. Voilà le modèle de la vraie obéissance religieuse. Et puis, n’oubliez pas non plus la petite Thérèse, ses actes d’obéissances ont quelque chose de révoltant.

    Tout cela fait partie de la tradition de l’Eglise, une tradition plus que « légitime » et maintes fois « légitimée » par l’Institution elle-même. Et c’est sur cette tradition que se fondent les enseignements de Bethléem sur l’obéissance. Et c’est à cause de cela que ça devient très difficile de faire comprendre à une soeur ou à un frère de Bethléem qu’en agissant de la sorte ils sont manipulés. Ils vous diront : non, nous suivons le Christ obéissant jusqu’à la mort, le Christ qui ne comprend pas, le Christ qui sur la Croix se sent abandonné par Dieu son Père et ne comprend plus ce qui lui arrive. J’ai vécu ainsi pour presque 24 ans, et je sais parfaitement qu’on croit être au plein cœur de l’Evangile en souffrant de la sorte.

    Obéir sans comprendre, sans poser des questions, sans se révolter, en croyant que la main de Dieu est derrière l’ordre de son supérieur, vous touchez là aux fondements de la vie religieuse dans l’Eglise catholique.

    J’ai essayé d’expliquer dans un autre post que ce n’est pas la seul tradition ecclésiale concernant l’obéissance, qu’il y en aussi une autre, dont le point de référence principale est saint Thomas d’Aquin, et que cette autre tradition différe profondément sur le rôle de l’intelligence humaine dans l’acte d’obéissance. Sans parler des grandes ouvertures faites aujourd’hui par ce jésuite (c’est intéressant à voir…) qu’est le pape François. Mais, il y a aussi autre chose dans l’Eglise, et pour un jeune assoiffé de donner sa vie à Dieu cette obéissance aveugle, summum de la sainteté, a quelque chose de très très séduisant,

  • alexandre 16 février 2015 23:31

    Oui, Roselyne c’est ça le problème de départ : « avec une confiance absolue dans les sœurs responsables » dites vous : la différence entre vous et moi, c’est que je ne mets jamais une confiance absolue en une autre personne, ou en une organisation Ce serait lui donner ma personnalité, ma vie ce n’est pas « juste » .

    Que l’on est confiance oui, que l’on garde son libre arbitre, son bon sens, son jugement, et sa conscience propre c’est ça :dans toute situation on ne peut pas « se livrer » complètement à une autre personne sinon à Dieu seul si on croit en Lui tel que Jésus nous l’enseigne.

    Un minimum de recul est nécessaire dans toute état de vie et toute situation (professionnelle, familiale, communautaire…) il faut garder « son moi ». Mais peut-être que vous n’aviez pas perçu cela , vous croyiez qu’une autre personne pouvait être complètement responsable de vous-mêmes et que vous pouviez lui donner les clés de votre personnalité : c’est cela la faille je pense non ?

  • Roselyne 16 février 2015 19:55

    Alexandre, je lis votre réponse à Julienne et je réagis tout de suite, trop vite ? Vous avez vécu dans une communauté sectaire, vous n’avez pas vécu à Bethléem.

    Je dirai rapidement ma petite expérience. Je suis arrivée pour mes 25 ans, prête à tout vraiment, avec une confiance absolue dans les sœurs responsables … et cela m’a perdue. J’ai tout gobé comme vous dites, j’ai perdu très rapidement toute distance, toute possibilité de réflexivité, j’étais dissoute, je n’existais plus.. Tout ce qu’on me demandait je le faisais, on ne me demandait pas de réfléchir, mais d’obéir et c’était une preuve d’amour de Dieu. J’avais sans doute des failles, mais alors 90% de la population de Bethléem est atteinte de cette maladie.

    Alors que je suis sortie, il m’arrive encore souvent de penser « mais sœur X, Y » pourquoi est-elle restée et vraiment je ne saisis pas …. des femmes intelligentes, ayant fait de très bonnes études,entrés dans la trentaine justement… Pour moi c’est un mystère mais je ne pense pas que ce soit forcément en lien avec d’éventuelles failles.

    On est dans un système, un système où on doit avaler, ne pas contester … Moi même j’ai été chapitrée plus d’une fois " parce qu’on voyait sur mon visage une interrogation, une réticence, etc . Je vous assure Alexandre, le système Bethléem vous emprisonne, vous ligote , ne vous laisse aucune liberté ..

  • alexandre 16 février 2015 15:54

    Julienne quand on vous demande de vous livrez totalement sur un cahier et de ne parler à personne d’autres que votre prieur c’est humainement complètement déséquilibré : cela n’a rien à voir avec l’Evangile : la prieure n’est pas une psychanalyste, être murée dans le silence n’est pas normale.

    N’importe quelle sœur qui rentre à 30 ans se sera quand même documenté sur d’autres monastères comment fonctionne la règle de saint Benoit, les Chartreux etc.

    On rentre pas là à 30 ans sans tout gober comme si l’on ne connaissait rien à la psychologie, à la vie spirituelle, à l’équilibre humain : je maintiens qu’il y a surement « des failles » sinon on s’en va vite de là. Surtout si on avait un métier relationnelle (pour certaines).

    (ce que j’avais fait moi-même d’ailleurs pour une autre communauté très sectaire aussi, j’avais pris le temps de comprendre mais humainement cela m’avait paru complètement déséquilibré, j’avais 28 ans)

    cela n’a rien à voir avec la Foi, la Foi ne nous fait pas faire n’importe quoi, ni pour nous -mêmes, ni pour les autres….

    La Foi nous oblige déjà à nous respecter nous-mêmes, et à le faire aussi pour les autres…

  • Julienne 16 février 2015 12:10

    - Alexandre a écrit : « Mais il faut certainement un peu de « manque de confiance en soi » ou une faille autre (je ne suis pas psy) pour s’engouffrer là dedans, pour se soumettre. » (09 février)

    - Julie a répondu : « Il me semble que la « faiblesse » de la personne qui se laisse envoûter par Bethleem est son désir fervent de se donner à Dieu. » (10 février)

    Je voudrais juste dire, en complément ou à l’appui de ce qu’a écrit Julie, que l’on voit bien dans l’Evangile que les disciples sont souvent déroutés, voire dans l’incompréhension, devant ce que Jésus leur dit :

    Je pense au moment où Jésus parle contre la répudiation, ou lorsqu’il déclare purs tous les aliments. Je pense au Discours sur le Pain de Vie dans l’Evangile de Saint-Jean. Je pense à Saint Pierre au moment du Lavement des pieds ou au moment de l’arrestation …

    Donc, lorsqu’on arrive au monastère, on trouve normal d’entrer dans des choses que l’on comprend mal, auxquelles on n’aurait pas pensé, que l’on n’aurait pas choisies … On va faire confiance comme les disciples ont fait confiance à Jésus ; On va vouloir faire confiance, sinon on ne serait pas là …

    Il ne me semble pas que cela corresponde à une faille psychique, et je ne pense pas non plus que ce soit une question d’âge.

  • Julienne 16 février 2015 11:06

    Pour revenir, juste un instant (pardon), sur la question de la virginité, je voudrais encore relater ceci : Sœur Marie a reçu la consécration des vierges. Cela s’est fait en grand secret mais enfin, on l’a tout de même su …

    Je me souviens de mon trouble et de mon malaise de ce jour-là : On pourra se rendre compte, à la lecture de tant de témoignages et sans vouloir juger personne, qu’il y a tout de même un problème de chasteté à Bethléem, je parle de la chasteté au sens large, de la chasteté spirituelle.

    Et donc, déjà à l’époque, j’étais consciente de plus de choses que je ne l’aurais pensé, sans y croire vraiment cependant, puisque je ne pouvais rien exprimer.

    Je puis dire maintenant clairement que j’avais le sentiment très fort qu’autour de moi, les choses les plus sacrées devenaient du toc. Et je crois que ce serait à rapprocher, au moins dans mon expérience, de tout ce qui a été dit sur l’usage fait des sacrements à Bethléem.

  • alexandre 15 février 2015 23:12

    Soaur Chiarana a-t-elle arrêté 6 ans d’études en ne terminant pas ses études ? en ayant aucun métier effectif (les parents semblent le dire) elle n’a donc jamais travaillé et a été capté sans possibilité de réinsertion ensuite ? on lui a dit de rentrer sans délai car la sainte Vierge n’attendait pas ?

    les parents disent on ne l’auraient pas laissé rentrer si on avait le moindre doute : mais eux aussi se comportent comme des personnes « totalitaires » : elle est majeure si 6 ans d’études après le bac donc ils ne peuvent rien faire du tout…. même si ils ne sont pas d’accord : donc la séduction a joué, encore une fois….

    « souriez mes sœurs, vous êtes filmé » heureusement vos souffrances s’inscrivent maintenant en clair sur le net…. et cela continuera car on veut que cela cesse…

    Je serai parent de sœurs, en voyant ce site, je me dépêcherai de poser des questions à ma fille, de lui montrer les témoignages lors d’une visite avec ma tablette et de lui demander si c’est bien vrai : cahier de confession à la Vierge, interdiction de parler aux autres sœurs sauf à la prieur etc. etc…. et j’essaierai de la sortir de là au plus vite en allant faire le siège de l’évêché en campant devant et en faisant la grève de la faim :

    tout plutôt que ma fille pourrisse des années dans une vie de souffrances où elle se perd elle-même !!

  • Anne 15 février 2015 20:24

    En écho au témoignage diffusé actuellement sur le blog sansdecor, je pense que nous tous qui sommes entrés puis sommes sortis de cette communauté, nous pouvons affirmer que nos propres parents, même s’ils ne comprenaient pas notre choix, ne voyaient nulle noirceur dans cette communauté, et nous non plus bien sur ! Comme chacun sait on n’attrape pas des mouches avec du vinaigre !!!! Et encore moins maintenant qu’une partie du voile de séduction a été soulevé ! Les deux communautés, frères et sœurs, doivent redoubler de discours et d’attitudes rassurantes, auprès des nouvelles recrues et de leur famille.

  • Pascale 15 février 2015 20:18

    Oui… toujours des témoignages affectifs, basés sur des jugements sur les apparences, qui n’ont rien à voir avec un véritable jugement sur ce que les soeurs vivent en vérité à l’intérieur… toutes ces personnes ne sont au courant de rien de ce qui fait la vie des soeurs ad intra et ne font que juger de l’extérieur. Je suis même plutôt sidérée qu’un évêque puisse laisser un témoignage immature et décider que tout va bien à Bethléem simplement parce que les soeurs de l’accueil sont souriantes ! On souriait aussi dans la secte du Mandarom à Castellane !

  • alexandre 14 février 2015 11:51

    Quel délire !!! les névroses volent haut à Bethléem….

    elles ne demandaient pas aux sœurs si elles avaient fait l’amour dans quelle position non plus ?

    c’est hyper malsain et on laisse des gens là bas continuer à se faire traite de la sorte tranquillement….

  • Suzanne 14 février 2015 08:57

    @Luce Que Dieu puisse « revirginiser », cela peut s’entendre sur le plan spirituel. Dans cette perspective spirituelle, peut être « revirginisée » toute personne, à tout moment. Peu importe alors sa virginité physique.

    Est-ce donc normal que toute la vie antérieure des sœurs doive être dévoilée à la prieure ? For interne/ for externe…« cahier de transparence »…signature par la prieure du cahier de « confession à la Vierge », autre terme employé pour le même cahier…

    Et la différence entre le fait que tout puisse être dit et le fait que tout doive être su, on en fait quoi à Bethléem ?

  • Luce 12 février 2015 23:16

    On nous enseignait aussi que Dieu peut re-virginiser une personne.

  • Suzanne 12 février 2015 23:11

    Fantastique, ce que vous évoquez. Entre la maman et la putain, il y aurait donc le summum : la vierge.

    Exemple d’intrusion dans la vie intime ? Puisqu’il fallait inverser son identité à Bethléem, si j’ai bien lu, quelle importance la virginité physique antérieure à l’entrée dans cette communauté, pouvait-elle bien avoir ? A priori aucune puisque le passé était à gommer. La même question était-elle posée aux hommes ?

    Une mère ne pourrait donc jamais ressembler à une « vierge en miniature » ? Cela interroge sur le regard porté sur la sexualité, mais ce n’est pas réservé à Bethléem.

  • 12 février 2015 22:14

    En la même rencontre soeur Marie a expliqué que les soeurs qui n’étaient plus vierges avaient un chemin monastique beaucoup plus difficile devant elles. Elle a accentué fortement la préférence de Jésus pour sa Mère Vierge, pour S. Jean vierge, pour tous les vierges.

    Au bout d’une heure à parler de l’affaire en ces termes elle s’est rendue compte de son manque de charité et alors elle a dit que Jésus aimait aussi beaucoup Marie Madeleine.

  • babeth 12 février 2015 21:29

    Pour répondre à Suzanne sur la sexualité à Bethléem : Un souvenir vient juste de remonter en lisant Suzanne. Lors d’un mois évangélique avec Sr Marie, en 1997 je pense, elle avait abordé longuement avec les sœurs et les voyageuses dans le réfectoire le thème de la virginité pour les femmes, et à la fin elle nous avait dit que notre prieure attendait un mot ou une parole de la part de chacune à la suite de cet échange, pour lui dire ou lui écrire en transparence si nous étions arrivées vierges au monastère ou non. C’était très important que notre prieure le sache. Babeth

  • Julienne 12 février 2015 17:16

    - " Sinon aucune autre formation, mais beaucoup de désinformations, car les revues et journaux, La Croix, par exemple, nous étaient quasi interdits. «   » La rupture la plus inattendue fut celle de l’information, l’absence de culture, d’ouverture, de tonus intellectuel … « .

    Lorsque je suis arrivée au monastère, nous avions « La Croix » à disposition chaque dimanche (les journaux de la semaine). Nous pouvions aller les lire le dimanche après-midi. Ensuite, cela a été supprimé : La prieure lisait au repas ce qui lui paraissait intéressant pour la communauté et y ajoutait des commentaires de son cru … Je me souviens combien cela m’avait gênée, les commentaires étant manifestement porteurs des opinions de la personne qui les faisait … Mais cela ne paraissait gêner personne …

    -  » Aucune cotisation, à l’époque, à la Cavimac. Ce refus d’obtempérer nous était présenté comme un summum évangélique « …  » Pauvreté insouciante : que de fois j’ai déploré l’immaturité, le manque de sens des réalités et l’irresponsabilité … « .

    Pour le summum évangélique, Sœur Marie évoquait le Père des passereaux : « Ne vous inquiétez pas en disant : Que mangerons-nous, de quoi nous vêtirons-nous … Ne valez-vous pas plus qu’une multitude de passereaux ? … Gens de peu de foi … ». Les évêques, qui venaient de souscrire un accord avec l’Etat pour les assurances sociales, ne comprenaient rien et pactisaient avec le monde.

    Mais elle expliquait, juste après et non sans jubilation, que nous n’avions pas le problème des autres communautés qui ne recrutaient pas ; Nous, nous avions des jeunes pour prendre soin des anciennes …

    Pour les cotisations elles-mêmes, peut-être était-ce réellement lourd. Mais peut-être faudrait-il aussi rapprocher « l’impossibilité » de régler les cotisations, du gaspillage communautaire dont j’ai, moi aussi, été le témoin souvent troublé, sans parler du train de vie de Sœur Marie …

    -  » Changement brutal du tempo des doxologies : une ronde sur chaque syllabe ! Suppression de la polyphonie au profit du mode cartusien durant l’année 1981. « 

    Pour les doxologies, tout est parti de Sœur Marie qui réfléchissait sur le mystère trinitaire. Elle a voulu que l’on mette l’accent sur les personnes divines, trois personnes distinctes. Alors, on s’est mis à chanter : « Gloire au Père, … Gloire au Fils, … Gloire au Saint-Esprit ».

    Puis, passage au monastère d’un prêtre orthodoxe qui nous connaissait bien et, après l’office : « Sœur, il n’y a qu’un seul Dieu » … On est alors revenu à « Et au Fils, … Et au Saint-Esprit », mais en gardant la lenteur qui, d’un point de vue technique, tend à générer une certaine dissociation des trois personnes.

    Je crois qu’à ce moment-là, Sœur Marie scrutait la Trinité pour y découvrir ce qu’est une personne, y cherchant un modèle pour nos personnes. Et je repense tout à coup à une homélie de prieure, évoquée par un autre témoignage, disant que Sœur Marie allait plus loin que Saint Thomas d’Aquin car Saint-Thomas n’était pas allé au-delà des relations entre les trois personnes divines … Pourtant le modèle pour nos personnes, c’est Jésus en son incarnation.

    En ce qui concerne la suppression de la polyphonie, elle est venue de la fondation du Thoronet : L’Abbaye du Thoronet est difficilement compatible avec une polyphonie, à cause de l’écho. Donc, on a renoncé à la polyphonie du fait qu’elle ne pouvait pas se faire dans cette abbaye. A ce moment-là, les familles orthodoxes qui fréquentaient les monastères, en grande partie à cause de la liturgie, se sont éloignées. Et l’on a commencé à parler de Saint-Bruno et de la sobriété des offices cartusiens.

    -  » Soins incessants : une sœur novice, docteur en médecine, lui était dévouée, jour et nuit. "

    La sœur médecin faisait office d’infirmière. De nombreuses sœurs infirmières se sont succédées auprès de Sœur Marie. Toutes lui étaient entièrement dévouées, proche entre les proches et au courant de tout. La sœur assistante dont il est souvent question dans les témoignages, était l’une d’entre elles.

  • Julie 10 février 2015 12:03

    @Alexandre

    En effet c’est perturbant de constater la façon dont on a pu se donner, se laisser entraîner dans une obéissance déséquilibrée. Il me semble que la « faiblesse » de la personne qui se laisse envoûter par Bethleem est son désir fervent de se donner à Dieu. A partir de cela tranquillement il y a une immersion dans un monde de manipulations auquel on adhére. Si on entre dans les confessions à la vierge c’est presque inévitable la manipulation mentale sera très effective. Il y a la séduction part toute cette beauté aussi, le charisme de séduction affective et d’un langage mystérieux de Sr Marie. C’est très pénible de constater que l’on a pu se faire embobiner dans cette obéissance effrénée, où tranquillement mais presque sûrement la conscience morale c’est fait extirper. C’est une violation de sa personne qui rend extrêmement vulnérable et prêt à accepter ce qui nous rend mal à l’aise.. Il est vrai que lorsque l’on arrive très jeune à Bethleem, avec ce désir de Dieu, tout l’être s’ouvre avec une fougue incontestée à tous ces rouages de manipulations. Il est vrai aussi que lorsqu’on arrive avec une tempérance, une expérience plus longue dans la vie du monde on pourrait croire que cela donne plus de jugement. Mais habituellement il y a un désir d’aimer Dieu qui dépasse la fougue à un certain âge qui relève d’une décision qui a mûri. On peut croire que c’est encore plus notre place à Bethleem en partie et cela revient au même, alors on s’y engage avec toute son intelligence, en plus. C’est tres insidieux la façon dont on se fait manipuler à Bethleem. Et le contrôle des personnes est inévitable et cela se fait à notre propre insu. A la fois c’est flagrant de voir que la meme emprise existait il y a près de 40 ans, et que cette emprise est la même aujourd’hui.

    Je vous trouve toutes et tous très courageux d’avoir écrit vos témoignages sur ce site cela relève de l’exploit.

  • alexandre 9 février 2015 19:33

    Fabio, je disais cela à Annet qui dit être rentré après la trentaine et qui était directrice d’école avant avait un métier, un vie sociale etc… Il semble que toutes et tous ne rentrent pas forcément à 19 ou 20 ans et pourtant restent…. (un autre témoignage dit rentrée à 26 ans et un autre à 30 ans (hélène je crois ?)

  • Suzanne 9 février 2015 18:59

    Merci pour votre témoignage, Annet. Il confirme bien des éléments.

    @Isabelle Il y a de multiples causes à ce qu’on appelait la ménopause précoce (avant 40 ans), et qu’on appelle maintenant couramment l’insuffisance ovarienne prématurée (IOP). Certaines sont d’ordre toxique -par exemple suite à un traitement de cancer-, d’autres d’ordre génétique, d’autres enfin restent inexpliquées à ce jour sur le plan strictement médical et peuvent avoir trait à des conditions de vie. Consulter, en pareil cas, est nécessaire. C’est le plus souvent mal vécu, à moins de nier sa féminité.

    Je trouve très précieux que soit évoqué, par ce biais, la question de la sexualité et de sa prise en compte dans une communauté religieuse très majoritairement féminine. Sujet rarement abordé jusqu’alors, sauf pour évoquer la préférence de soeur Marie dans le « recrutement » pour un certain type de femmes. Cela paraît trivial, mais c’est important d’aborder cet aspect, puisque certaines furent moquées pour leur apparence physique qui ne correspondait pas à ses critères. Elle avait de la beauté une certaine conception et ne s’en cachait pas. Cela semble avoir fait partie de sa vision de l’« être liturgique ». Quant à sa vision de la vie de couple, elle n’avait rien de positif, puisque, dans sa « folie en Christ », elle avait essayé de dissuader une soeur de Bethléem de partir car « si c’était pour devenir une femme battue par son mari »… ! Quel argument ! une femme à lubies majeures, dirait-on poliment.

    A force de la découvrir, elle m’apparaît comme passablement foldingue. J’avais retrouvé la même folie quand j’avais lu un post à propos de Bethléem, où une personne parlait de son intérêt, néanmoins, pour le mariage chrétien pour « reproduire des chrétiens ». Le même genre de n’importe quoi par rapport au sens commun et à l’adhésion personnelle à la foi chrétienne.

    Dans les cours de récréation et ailleurs, les femmes se passent de l’info. Mais si la majorité sont encore privées de toute info dans des monastères comme Bethléem, surtout si elles entrent jeunes, et si tout ce qui a trait au domaine de la sexualité passe par la prieure, je vois mal où est le respect de l’intégrité ou de l’intimité. Il m’a été dit que, pour leurs serviettes hygiéniques ou tampons, les soeurs devaient en demander car le placard était fermé à clef. Merci de me confirmer si c’est bien exact.

  • Fabio 9 février 2015 15:50

    En réponse à Alexandre

    Les failles dont vous parlez sont les failles normales d’un jeune de 19-20 ans. Ne pas les avoir relève d’une maturité qu’on peut rencontrer à cet âge mais qui reste rare chez des jeunes qui ont le désir de donner leur vie entière à Dieu.

  • Isabelle 9 février 2015 15:31

    Je suis très touchée par votre témoignage d’une grande sobriété. Il vient s’ajouter à de nombreuses déviations déjà dénoncées dans ces colonnes au sujet de Bethléem. L’aménorrhée qui vous a atteinte après un an de vie monastique seulement me paraît un signe grave de mauvais traitements…psychiques. Il est absurde que cela n’ait pas été pris en compte, étant donné l’âge que vous aviez. Jusqu’à quand va-t-on laisser des jeunes filles généreuses se détruire dans ce lieu de …perdition ?

  • alexandre 9 février 2015 15:00

    merci Annet, pour votre témoignage précieux.

    A Bethléem, on voit que la soumission, l’obéissance aveugle (on se prosterne si on a osé porté une parole de bon sens….), l’abdication de son « moi » dans les mains de sa supérieur (cahier de transparence etc… interdiction de parler à quiconque d’autre…) sont les pierres angulaires de l’édifice.

    Pourquoi accepter tout cela ? à coup d’homélies et d’injonctions (la souffrance est rédemptrice etc..)

    C’est intéressant de savoir comment on arrive à accepter tout cela pendant des années alors que l’on était une personne qui avait des responsabilités dans « le monde » ? qui était équilibrée.

    C’est ça la clé : comment laisse-t-on détruire sa personnalité sans résistance ? sans traits de lucidité (mais ça ce n’est pas normal !)

    Et en même temps pourquoi aime-t-on tant cet « esclavage » psychique (beaucoup de témoignages notent : j’ai adoré Bethléem) ?

    Ce sont les mécanismes que décrit Boris Cyrulnick. Mais il faut certainement un peu de « manque de confiance en soi » ou une faille autre (je ne suis pas psy) pour s’engouffrer là dedans, pour se soumettre. Dès le départ, on devrait se dire : ce n’est pas « juste » qu’est-ce que je fous là dedans… : enfin c’est une interrogation ? la séduction doit être hyper forte pour que les alarmes psychiques soient ainsi endormies chez des personnes tout à fait équilibrées.

    Merci encore pour votre témoignage.

  • Xavier Léger 9 février 2015 13:51

    @ Chem

    Pourriez-vous me contacter, s’il vous plait, à l’adresse suivante : xleger chez gmail.com Je vous remercie.

  • Chem 9 février 2015 11:32

    « Toute parole de sœur Marie, en n’importe quelle occasion et n’importe quelle heure était enregistrée. Voix unique, pensée unique qu’il fallait enregistrer sans aucune possibilité de manifester la moindre réticence ou interrogation. »

    Le culte de sr Marie est la pierre angulaire qui donne le la. Tous les ans à la fin du mois évangélique un zapping best off est proposé aux retraitant avec les photos de sr marie, les vidéos de sr Marie, la voix et les paroles de sr Marie.

    Un mémorial, une ode à la mémoire de sr Marie ou les plus anciennes qui sont la mémoire vivante de Béthléem sont invitées à dire quelques anecdotes sur la personne de sr Marie.

    (NDLR : Ce commentaire a subi une modération)