Mardi 28 février 2017 — Dernier ajout jeudi 13 avril 2017

Une nouvelle prieure à la tête des sœurs de Bethléem

Sœur Emmanuel a été nommée prieure générale de la Famille monastique de Bethléem par la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, c’est-à-dire en charge de tout ce qui concerne les religieux et consacrés dans l’Église.

Rome a accepté la démission de sœur Isabelle, qui avait succédé en 1999 à la fondatrice, sœur Marie.

Née le 30 juillet 1949, sœur Emmanuel (Rose-Armelle Lorenchet de Montjamont dans le civil) est entrée dans la communauté de Bethléem en 1971. Dotée d’une forte aura, proche de la famille royale de Belgique, elle était prieure de la communauté dans ce pays depuis sa fondation en 1981, à Marche-les-Dames, puis à Opgrimbie en 1995 (un terrain offert par le roi Baudouin), avant d’être nommée assistante de sœur Isabelle en Israël, à Beit Gemal.

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Voir en ligne : http://www.la-croix.com/Urbi-et-Orb…

Vos réactions

  • Fabio 16 janvier 2018 21:29

    L’élection de soeur Emmanuelle et bien d’autres faits qui se sont passés dans la communauté de Bethléem depuis la visite canonique m’ont fait perdre tout espoir d’une quelconque prise de conscience possible par qui est encore à l’intérieur de la communauté. C’est un fait. Je crois qu’on n’y peut vraiment rien. Pour ouvrir les yeux il y a une seule manière, une et une seule, d’après mon expérience et celle de tant d’autres : s’éloigner, sortir, prendre de la distance, voir la communauté comme un corps étranger à soi, Cela peut aller jusqu’à quitter l’Eglise, la foi, la spiritualité,.. peu importe. L’important c’est de mettre de la distance, de voir les choses de loin. Tout le reste c’est du maquillage et, parfois, même pas très bien fait.

    Je n’en veux donc pas à ceux et celles qui, en continuant de vivre dans la communauté, creusent toujours le même sillon, ne vont rien changer d’essentiel, et continuent de penser que tout va bien, qu’il y a eu des erreurs, des fautes, des péchés, certes, mais que tout se répare, que tout est matière à pardon, à réconciliation et que la miséricorde divine aura toujours le dernier mot. Face à l’aveuglement, dont moi-même j’ai été victime pendant de longues années, on ne peut vraiment rien faire. L’homme est bâti de la sorte, nous sommes bâtis de la sorte. Il nous fait sortir, voir les choses d’une autre point de vue. Rien de plus difficile. Ce qui est tragiquement drôle, c’est que toute l’histoire chrétienne naît de ce mot adressé à Abraham : « sors de ta terre ».

  • Témoignage personnel. J’ai été trouvé il y a plusieurs années déjà, bien avant l’enquête, Sr Emmanuel pour lui exposer les questionnements gravissimes que j’avais par rapport à la communauté de Bethléem, pressentant son rôle futur dans l’Ordre. Ses réactions étaient totalement conformes aux façons de réagir de Bethléem (et de bien des responsables d’Eglise) : aucune réelle écoute, un mur intérieur (pour se protéger du démon que je suis nécessairement puisque je remets en cause), donc aucune remise en question (possible) ; une demande de pardon émotionnelle et fausse qui pervertit tout vrai pardon ; une attitude défensive complète, plus encore, l’attaque étant la meilleure défense, les accusations stéréotypées à mon égard : menteuse, orgueilleuse, jalouse, … Et pour terminer, comme je lui faisais part des graves problèmes de santé que plusieurs éprouvent à leur sortie de Bethléem : « C’est Dieu qui a voulu cela, afin de les humilier ». Bonne nouvelle du dieu pervers, et cela promet …

    • Bonjour Guigui Marita, Vous avez hélas raison : la nomination de sr Emmanuel en tant que nouvelle prieure générale de Bethléem n’a rien de bon ou de positif. Et indépendamment de la Visite, il était en effet prévu depuis des années qu’elle soit celle qui succède un jour à sr Isabelle.

      Comme si, par enchantement, cette nomination amènerait une « nouvelle étape », il devait être plus facile pour l’Institution de se focaliser sur sr Isabelle pour l’amener à « démissionner » (cf. ce que Rome en écrit et que nous pouvons connaître grâce au tronçon de langue de buis que Bethléem a malgré tout inséré dans son communiqué).

      « (…) la « remerciant pour ses années de service où elle a succédé à la fondatrice sœur Marie et pour la courageuse et opportune décision de remettre sa charge (…) » »). http://www.bethleem.org/nouvelle_pr...

      Pourtant, il s’agit d’un système dans son entier, représenté par les têtes dirigeantes toujours en place, qui est parti depuis sr Marie (et non sr Isabelle, même si elle en a rajouté une couche) dans l’exosphère.

      De plus, sr Emmanuel y a participé : elle était jusque là, elle-même, dans le conseil permanent de Bethléem et bien en place. Or, le conseil permanent est le berceau de toutes les stratégies et de tous les mensonges tant internes qu’externes à la communauté.

      En résumé, je vous rejoins et comme vous dites : cela promet !

      • Je ne suis pas sûre que ce soit une question de personne : A Bethléem, tout le monde est entré dans le moule, moule généré par la problématique personnelle de Sœur Marie (qui avait aussi ses aspects positifs), ainsi que, probablement, par la pensée du Père Marie-Dominique Philippe qui était la principale référence de Sœur Marie.

        Sœur Emmanuelle est entrée dans ce moule comme tout le monde. En outre, elle a toujours été en charge - et dès le noviciat - ce qui supposait une fidélité toutes particulières aux directives et aux modes de fonctionnement de Sœur Marie. Elle est entrée mieux que d’autres dans le moule et, bien sûr, « ses réactions sont totalement conformes aux façons de réagir de Bethléem ». Comment pourrait-il en être autrement ? Qui a vécu à Bethléem, sait ce qu’y recouvrait le mot « obéissance » …

        Je me souviens d’un homélie de Sœur Emmanuelle : « Ne pas juger », ni les personnes (bien sûr), ni les situations, ni ce qu’on nous demande, ni … Je me souviens d’une homélie de Sœur Marie sur la nécessité de renoncer à tout esprit critique, y compris en matière profane … Alors, on dit ce qu’on nous a dit de dire, on pense ce qu’on nous a dit de penser, sans rien juger, jamais … On y met tout le zèle dont on est capable, pour l’amour de Dieu certainement.

        Pour cette raison, le travail de redressement de la communauté risque d’être long et difficile, parce que les ornières y sont anciennes et profondes, et fortement intériorisées par tous les membres de la communauté. On n’ose plus (péché ?), on ne sait plus penser par soi-même.

        Pour autant, je ne crois pas que l’on doive mettre en doute, dès le départ, la bonne volonté des sœurs - et de Sœur Emmanuelle - à répondre avec loyauté à la visite canonique. Personnellement, j’y crois assez. Mais j’ai aussi tendance à penser que les choses ne pourront pas aboutir sans que la communauté soit durablement et fortement accompagnée, ce qui est peut-être le cas.

        • Mesdames, je suis bien sûr totalement d’accord avec vous pour dire que ce n’est pas une question de personne. Je ne veux en aucun cas m’en prendre à une personne, quelle qu’elle soit, mais à un mode de fonctionnement, celui de Bethléem, qui précisément dénature toute personne. Si seulement ce n’était qu’une affaire d’une personne ! Et de bonne volonté ! J’ai encore oublié ceci dans mon témoignage précédent, et cela me paraît capital : lors du même entretien, j’ai demandé explicitement à Sr Emmanuelle de faire part de mes graves questionnements au chapitre de Bethléem. Sa réponse : que cela, elle ne le ferait pas, mais qu’elle « portait » en elle et offrait. Je ne suis plus sûre des termes exacts employés, mais bien des questionnements encore plus graves que son attitude (stéréotypée soeur en autorité à Bethléem) suscitait en moi, notamment sur la notion fondamentale du sacrifice. Je ne puis en ce courrier m’étendre sur le sujet, mais on touche ici à l’une des distorsions théologiques et anthropologiques les plus gravissimes de Bethléem, en ses conséquences, eût égard aux drames qui y sont vécus. Je tiens encore à signaler que ma rencontre avec Sr Emmanuelle a eu lieu, si je ne m’abuse, peu de temps avant le suicide de la petite soeur polonaise.

        • Luna bonjour

          A partir du moment où une direction perverse et manipulatrice est remplacée par une direction issue du même moule idéologique (donc perverse et manipulatrice),comment voulez-vous que les choses changent ?

          L’objectif d’une institution comme d’une communauté religieuse est de perpétuer sa propre mythologie, pas de se remettre en question.

          Donc la question qui me vient, c’est : est-ce que les adeptes de Béthléem ont besoin réellement de 150 à 200 nouvelles victimes dans un futur proche sous l’égide de la nouvelle direction, pour peut-être réaliser qu’il leur faut définitivement fuir ce type de communauté mortifère et simplement accepter de devenir adultes, donc autonomes pour se vivre et se penser ?

        • @Luna

          vous faites allusion à la pensée du père MDP qui était la principale référence de soeur Marie , mais aussi à une homélie de soeur Emmanuelle , « ne pas juger les personnes , ni les situations ».

          Le père Zanotti Sorkine fait écho à cette situation dans une homélie prononcée le 26 mai 2013 dans l’église des Réformés à Marseille pour le père Marie Dominique Philippe , un vibrant hommage. Cette homélie en faveur du père MDP prend tout son sens quand on connaît les révélations et les problèmes récurants liés à la communauté de saint jean et son fondateur.

          « Mais quand allons -nous la boucler sur les agissements des autres ? non ce qui boîte éventuellement » qui est à vérifier…

          Habilement, il nous fait ressentir un sentiment de culpabilité en disant que Jésus nous demande de ne porter aucun jugement en faisant allusion au commandement du Christ « tu ne jugeras point ».( Matthieu 7 ;1-6) Ce sont des questions vitales sur la vie et c’est notre devoir positif de juger et non de cacher « jugez selon la justice » ( Jean 7-24).

          https://www.avref.fr/fichiers/TEMOIGNAGE-Anne-Claire-Fournier.pdf Passer sous silence ce témoignage ?