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écouter ceux qui sont muets ?

Le vendredi 15 novembre 2013

Je viens d’entendre Mgr DUBOST sur KTO TV. Sous-estime-t-il donc la détermination de ceux qui ont fait entendre leur voix ?

Naïvement nous pouvions penser, Monseigneur, que suite à la lettre reçue, vous alliez dissoudre la MARIOPOLIS des Focolare dont vous avez approuvé la création dans votre Diocèse, en découvrant enfin qu’entre cette nouvelle cité idéale vivant d’économie de communion et le phalanstère fouriériste, ou l’utopie saint-simonienne du XIXe siècle il n’y avait guère de différence, et qu’il était temps de revenir à un principe de réalité. Quand cesserez-vous d’y voir - je vous cite - « une chance pour l’Eglise locale » ?

Mais non !

Il est vrai que vous avez bien insisté sur l’écoute des victimes : c’est trop facile.

Ignorez-vous, Monseigneur, que pour une victime qui s’exprime, il y en a bien neuf qui se taisent ?

Et faut-il vous rappeler pourquoi ?

  • Il y a celles qui se sont tues définitivement : qui ira désormais écouter le père Albert MARSHALL pendu en forêt de Compiègne ? Vous êtes-vous intéressé aux causes de son suicide ? Avez-vous pris les mesures d’urgence qui permettraient d’éviter le retour d’un pareil scandale ?
  • Il y a aussi celles qu’on n’écoute plus car elles sont internées en hôpital psychiatrique. Vous intéressez-vous aux causes de dépression nerveuse et de troubles mentaux des personnes consacrées ?
  • Il y a celles qui ne parleront jamais par peur de représailles ou de harcèlement à domicile.
  • Il y a celles qui ne veulent pas livrer de témoignage, même anonyme, car elles sont culpabilisées à vie.
  • Il y a celles qui craignent le qu’en dira-t-on, qui ne veulent pas passer pour des défroquées. Pourtant ce ne sont pas elles qui ont jeté le froc aux orties. Dans la générosité de leur jeunesse elles ont voulu épouser un idéal. Voulez-vous savoir pourquoi elles ont été déçues ?
  • Il y a celles qui ont retrouvé une cellule familiale brisée par ce qui s’est passé.
  • Il y a celles qui sont trop occupées à trouver un toit et du travail. Ignorez-vous les difficultés d’emploi des anciennes personnes consacrées, sans diplôme ou sans qualification car il fallait les recruter tout de suite pour faire du chiffre à la sortie du lycée ou de la fac ?
  • Il y a toutes celles qui veulent faire un « blanc » sur les années passées, sur leur jeunesse perdue.

Toutes ces victimes, Monseigneur, vous n’aurez pas besoin de les écouter.

De temps en temps l’une d’entre elles se manifestera : pour la consoler vous lui proposerez quoi : de passer le test de l’ennéagramme ?

  • Et ce n’est pas tout, il y a toutes celles qui sont toujours sous emprise mentale et qui n’ont même pas conscience de leur état de victime car c’est bien là, vous devez quand même le savoir, le propre de la dérive sectaire. Celles-là on n’a pas à les écouter puisqu’elles ne sont pas en état de parler.
  • Il y a aussi celles qui ont conscience de leur état, qui pourraient parler mais ne le peuvent pas car elles ne savent pas où aller : elles viennent de pays d’Afrique, et sont aujourd’hui exploitées comme des travailleuses immigrées sans défense. Qui ira écouter les religieuses astreintes à des travaux pénibles, chargées de la plonge dans des self-services « d’Eglise », par exemple dans une de nos villes de pèlerinage ou au pied d’une de nos plus célèbres basiliques ?

Alors oui, l’écoute, c’est bien.

Mais ne l’oublions pas : le bon samaritain a secouru un blessé qui était hors d’état de s’exprimer.

Oui, l’écoute, c’est bien.

Le ménage aussi est une bonne chose de temps à autre. Il faut le faire.

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