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Un Frère de Saint Jean condamné par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi

Le samedi 28 février 2015

Bonjour Colère,

Je ne connais pas personnellement les personnes dont vous parlez. MD Goutière, je vois qui c’est. Mais je ne le connais pas. Donc, je ne peux en parler. Ma réponse manquera d’arguments rigoureux à la Aristote. J’étais un peu jeune pour analyser les choses… J’ai connu le père Marie-Do par mes parents entre l’âge de 4 ans et l’âge de 22 ans jusqu’à ce que je quitte la maison de mes parents. J’ai 52 ans. Donc, j’ai vécu années après années toute la création progressive de cette congrégation. J’étais trop jeune et immature pour faire une analyse de ce qui me mettait mal à l’aise chez le père Marie-Do. Je le trouvais décollé des réalités. Et pourtant mes parents ne rataient pas une occasion d’aller l’écouter quand il venait à Paris et nous l’avons reçu chez nous. Moi, il m’agaçait plutôt. Il avait une façon de parler de l’amour et de l’art qui ne correspondait pas à mon expérience du monde. Ma mère était artiste. Je trouvais qu’il prenait des raccourcis affectifs et romantiques qui étaient davantage de l’ordre de la poésie romantique que de la philosophie. Et, comme je le voyais dans des assemblées restreintes, quand je posais mes questions naïves de l’époque. Le « tigre », quand il avait encore sa voix, s’énervait et me répondait comme si ma question était totalement idiote et que je n’avais rien compris. J’avais déjà de la personnalité et ça ne m’a pas empêché de continuer à le questionner. Je voulais comprendre le cheminement de sa pensée.

J’ai trouvé un vrai chercheur plus humble et ouvert à la discussion chez Samuel Rouvillois. J’ai, vers l’âge de 25 ans, c’est à dire, très tôt commencé à suivre les premiers topos du Père Samuel Rouvillois au moment où il écrivait son premier remarquable livre sur le new age. Et, je continue parfois d’écouter les conférences potcast de Samarie. Samuel n’a pas cette langue de bois. Lui cherche vraiment la vérité, il n’a pas cette terreur du monde et de la fin des temps. Il se sait intelligent, mais ne se met pas au dessus des autres. Il n’a pas ce côté décollé, la contradiction l’intéresse et il l’accueille. En tout cas à l’époque. Même si la vie n’est pas du tout confortable, il la regarde en face. Ce n’est pas un homme parfait. Mais c’est un homme qui ne réinvente pas le monde tel qu’il aimerait le voir, qui n’idéalise pas père, mère, couples et toutes les relations familiales dont le père Marie-Do parlait toujours de façon totalement romancées. Chez Marie-Do, on était chez les bisounours. Chez Samuel Rouvillois on est plongé les 2 pieds dans la glaise et dans le vrai réalisme. C’est certain, le père Marie-Do enchantait son public. Il parlait bien. C’était poétique. Mais ses arguments ne pouvaient me convenir. Il n’avait pas cette honnêteté intellectuelle du père Samuel Rouvillois. Ce n’est que du ressenti. J’étais bien trop jeune pour avoir un sens critique et trop immature pour avoir du recul. Je l’ai fait à l’instinct. Je sais que le père Samuel Rouvillois est un « enfant » du père Marie-Do. Mais, tellement plus rigoureux que lui, que ça n’a rien à voir… Et puis il est beaucoup plus enclin à s’ouvrir aux réalités du monde. Il n’en a pas peur, lui…

Et maintenant que je vois comment cette congrégation refuse de reconnaître ses déviances, ne se met pas à la place des victimes, je ne regrette pas d’avoir pris le large. Lorsqu’on a une mission pastorale avec des fidèles, surtout de jeunes en carences affectives très dévouées aux causes que vous défendez, la responsabilité d’une relation éthique est primordiale. L’autorité de la bure devient une référence parentale surtout si la famille est recomposée et que le jeune disciple cherche une figure parentale. Si des histoires de mœurs arrivent sur ces entre-fait entre le père et le jeune disciple fasciné par le charisme du « père » de substitution, c’est odieux de vouloir protéger pour des questions de marketing et d’image les agissements d’un membre de la communauté qui a abusé un innocent. Et j’ai rencontré personnellement plusieurs victimes pour lesquelles un frère a abusé d’elles jeunes filles pendant leur mission pastorale. Je peux vous dire pour connaitre 2 sur 3 de ces frères que jamais je n’aurais pu les soupçonner. Mais ces personnes victimes, je sais qu’elles disent la vérité. Nous nous connaissons suffisamment bien pour qu’elles n’aient eu aucune raison de me mentir. Et ces personnes ont toutes les peines du monde depuis à construire une vie professionnelle et familiale à cause de ces événements douloureux et abjects qui, pour certains, ont plus de 10 ans, donc légalement il y a péremption. Mais ça, par crainte du qu’en dira-t-on, la communauté St Jean nie tout et refuse de faire le ménage. Ces 3 frères, ne sont pas ceux dont on parle actuellement dans les médias. Et je doute fort vu le nombre de récidives que ce soit seulement une erreur de jeunesse. Non, St Jean, ne faisant aucun tri à cette époque à l’arrivée d’un postulant, c’est un lieu idéal pour exercer sa perversion en douce puisque la congrégation vous protège et qu’un essaim de jeunes viennent chercher les repères qu’ils ne trouvent pas ailleurs. C’est désolant, surtout quand toute la vie on a défendu la philosophie réaliste. Mon œil ! On ne me la raconte pas à moi…

Voyez-vous monsieur Colère. C’est moi qui suis maintenant en colère… D’où ma réaction. On ne pense qu’à l’image marketing et le qu’en dira-t-on. Pas aux victimes et pas aux futures victimes qui vont morfler à cause de ces gens désaxés en liberté non surveillée. C’est très grave. Et c’est pour cela que, tant que St Jean ne fera pas le ménage de ses brebis galeuses, je ne pourrai pas dire que cette communauté fait du bien. Beaucoup de gens à St Jean sont très intéressants, faisant du bien. Mais ce système mélange tout et protège des choses inacceptables. Voilà pourquoi je soutiens ce blog. Je n’ai pas oublié le départ immédiat des frères de St Jean de l’école de Stan à Paris suite à plusieurs suicides de jeunes. Je n’ai pas oublié le départ à l’étranger d’un frère qui dirigeait Cenves. Et chaque fois, ces frères charismatiques à la cuisse légère, laissaient sur leur passage des jeunes dézingués par un abus sexuel. On déplace, on efface les traces. Ni vu, ni connu… Le voeux de chasteté est exigent, surtout quand on a de la chair fraiche autour de soi qui vous adule. Les responsables de cette communauté sont complices de ces déviances. Croyez-vous que ces personnes assouvissant leurs pulsions sexuelles sur des victimes à leur merci ont vraiment leur place dans cette communauté ? Pourquoi les garde-t-on ? Pour faire du chiffre ? Le déni est le plus grâve.

Comme dans l’éducation nationale, lorsqu’un enseignant déclenche un problème de moeurs, on le mute ailleurs. Et les choses recommencent ailleurs. Mais on ferme les yeux. Ces congrégations attirant ces idéalistes excessifs, font pareil. En politique, on dit souvent qu’on a la mémoire courte. Et bien en religion, c’est pareille. Tout le monde se sert les coudes. On ferme les yeux sur des choses très très graves. Tout ça m’écœure. « La Vérité vous rendra libre. » Faites en l’expérience, en regardant la réalité en face et en acceptant l’inacceptable, c’est là qu’on trouve des solutions. Et ce sont les victimes, abîmées et épuisées de se battre pour protéger les suivantes, qu’on accuse. C’est ignoble…

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