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Elle écoutait Florence

Le vendredi 29 mai 2015

Merci.

J’ajouterais que c’est une question d’affection, c’est-à-dire de capacité à se laisser affecter par des victimes. Et c’est inconfortable. Dans un premier temps, seulement.

Certaines étaient vulnérables avant, et d’autres pas. Et alors ??? Toutes ont subi des pressions.

La résistance à la parole de victimes, et au vécu de ces victimes que leur parole souligne, est ultra connue.

On peut l’entendre soit comme une incapacité à se laisser affecter, soit comme une incapacité à penser l’impensable. Et, dans tous les cas, en général, comme une incapacité à remettre en question ses propres fondements.

Dans certaines communautés, il y a des gens à la nuque d’autant plus raide qu’ils se croient nés de la cuisse de Jupiter (!), -comprendre « enfantés par l’Esprit » ou bien « fils du Père » (le fondateur et non pas notre Père), opposant plus ou moins consciemment les « bien pensants », « bien agissants », « bien priants » dont ils sont forcément, aux « sans pensée », « sans vraie prière » etc, c’est-à-dire les autres, et même tous les autres. Tous les autres, y compris dans l’Eglise !!!

Cette prétention au savoir être définitif a fabriqué bien plus de victimes que le procès de Châlons pour pédophilie ne le fait saisir.

Me revient à la mémoire une réponse du père Philippe à un homme lui faisant savoir le vécu de victimes liées à sa communauté et insistant sur la nécessité d’en avertir des responsables de l’Eglise. Cet homme était encore naïf, à l’époque. Le père Philippe lui avait répondu dans un accès de colère à la Mr Hyde, « je m’en fous de l’Eglise ! »

A cette école-là, son premier cercle particulièrement a appris aussi à s’en foutre de l’Eglise. Et on peut se demander, à la lecture du communiqué officiel de la communauté st Jean, le jour de la clôture du procès de Châlons, si elle ne s’est pas foutue de nous aussi. Elle lâche un homme déclaré coupable dont elle avait masqué jusqu’alors la perversion, dit se former maintenant et compatir aussi pour les victimes. Mais le communiqué ne dit pas une seule seconde que cette communauté a sali notre Église.

J’attends le jour où des évêques cesseront enfin de dire que nous, les sans voix dans leur cercle fermé, parfois à double tour, salissons l’Eglise quand nous dénonçons ce que d’autres, comme eux, n’ont pas voulu faire, alors qu’ils savaient. Ils ne savaient pas tout. Pas plus que nous. Mais ils savaient. Et souvent avant nous.

Heureux ceux et celles qui ont cru des victimes non pas seulement d’un accusé de Châlons mais d’un système pervertissant. Après tant d’années de silence et de compromissions, cela est difficile et va être très difficile pour des personnes encore droites dans cette communauté - car il y en a- de tenir bon maintenant dans leur foi et engagement, si elles ne sont pas d’abord aidées à reconnaître collectivement, avec nous tous, que le fondateur était tordu.

Le faire avec fermeté éviterait à certains de tomber régulièrement en dépression, d’être mis à l’écart ou pervertis à leur tour. Et permettrait à des victimes silencieuses, hors communauté ou dans la communauté, de relever la tête pour dire « on m’a trompé » plutôt que « je suis dans l’erreur ». La compassion affirmée de la communauté st Jean dans son communiqué pour les victimes de l’accusé de Châlons ou leurs familles doit maintenant s’élargir à d’autres victimes.

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