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Communauté de Bethléem : les révélations accablantes d’un ancien supérieur

Le dimanche 10 mai 2015

Vous écrivez beaucoup de choses sans évoquer pourquoi vous avez quitté Bethléem. Cela enlève du poids à vos propos.

Vous croyez que ceux qui ont écrit sur Bethléem n’ont pas étudié à fond les discours de ses responsables. Qu’en savez-vous et souhaitez-vous encore des éléments ?

De fait, les responsables peuvent dire tout et son contraire puisqu’il y a l’invitation à « me recevoir unique de la main du Père et de celles qui me guident » et, en même temps, comme déjà très amplement souligné, l’invitation à gommer tout ce qui fait de moi une personne unique, mon histoire, mes sens, mon intelligence, ma raison et ma psychologie, termes honnis dans cette communauté.

Sur les cinq sens, il est notoire, par exemple, que l’ancienne prieure générale invitait à les spiritualiser, comme si tout de la nature créée par Dieu était détestable. À l’opposition constante entre le divin et l’humain qui apparaît à longueur d’homélies vient se joindre une confusion constante entre Dieu et moi. Un exemple : « la naissance de Jésus, c’est ma naissance », dit une prieure. C’est ce qu’on peut appeler de la distorsion dans le discours. Étrange pour une communauté invitant ses membres à être « des martyrs de la cohérence ».

Quand on recherche toutes les apparitions du terme « cohérence » dans les homélies, on s’aperçoit qu’il s’agit principalement d’être soumis à la prieure. Car il faut « demander d’avoir une tête libre, en silence, une terre vierge pour écouter et devenir cohérente à ce que nous entendrons de sœur Isabelle. » Ou bien tout simplement de « se mettre au diapason des saints ». Cela revient-il au même ?

Pour avoir longuement pris le temps de lire les productions dans cette communauté, ce qui apparaît principalement est que la négation de l’humanité peut donner l’impression d’une négation de la divinité. « Je suis fatiguée mais je ne me regarde pas, je vis le mystère d’union avec Jésus avec moins de forces extérieures, c’est tout ! » soulignait sœur Marie. Ou encore : « si je pense à ma santé, je n’ai plus de forces. » Peut-être. Jusqu’au moment où ça pète, parce que l’humain n’est pas surhumain.

Même si les prieures successives croient à la « surélévation » des sœurs de Bethléem et que la dernière considéra aussi par écrit que les raisons pour lesquelles elle allait à Rome s’étaient « inversées ». Il sera possible de revenir là-dessus car il est symptomatique que sœur Isabelle demande, comme vous y faites référence, une visite apostolique, juste après qu’elle se soit positionnée auprès de ses sœurs comme venant réconforter le pape Benoît 16 plutôt qu’ayant besoin du réconfort de l’Eglise.

Enfin, vous regrettez qu’Internet soit utilisé pour questionner. Si ceux qui sont en charge vis-à-vis de cette communauté comme d’autres communautés avaient fait leur travail de régulation, il y a des années, croyez-vous qu’il aurait fallu passer des heures entières à s’intéresser à Bethléem (je dis bien : s’y intéresser) ?

L’art consommé du tout et son contraire a un nom : injonction contradictoire. On sait dans une famille que cela n’aide pas à grandir un enfant.

  • Comment une prieure peut-elle, par exemple, enjoindre au silence en étant aussi bavarde ? N’est-ce pas que le silence lui était, à elle, chose quasi impossible ? Même des personnes qui aiment Bethléem peuvent attester de ce rapport élastique au temps pour soi quand pour d’autres, les confesseurs, il était minuté. Même des personnes qui aiment Bethléem peuvent attester que cette communauté a également gommé le rapport monastique au calendrier, du noviciat aux vœux perpétuels.
  • Si ne pas être dans l’obéissance par rapport à l’Eglise, c’est cela « être une flèche » (image courante chez sœur Marie), pourquoi pas ? Encore faut-il être clair sur ses prétentions à « être de petits christs dans le Christ » sans passer par l’Eglise qu’Il a fondée.
  • Il faut entendre aussi ces propos d’une autre prieure pour saisir : « À Bethléem, on ne vieillit pas et on n’a pas de passé ». Jésus s’est pourtant inscrit dans l’Histoire et dans une histoire, avec un passé dont nous sommes les héritiers. Il est né, il a vécu, il est mort, et il est ressuscité. Mais Il n’est pas ressuscité « illico », sans vivre sa vie. Celle d’aucun autre. Voilà pourquoi je crains qu’en niant l’humain de l’inscription dans une histoire, Bethléem nie le divin aussi, croyant avoir tout fait du chemin avant même qu’il ne soit parcouru.

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