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Communauté de Bethléem : les révélations accablantes d’un ancien supérieur

Le jeudi 11 juin 2015

Vous ne dites pas autre chose que moi, « l’un d’entre eux ». Mais j’essaye de ne pas verser dans une dichotomie trop facile grâce/fragilité, comme si l’un ne pouvait vivre avec l’autre. Je ne connais pas Marthe et je suis incapable de juger de sa vie. Mais je ne vois pas d’incompatibilité entre le fait qu’elle ait été névrosée et hystérique et particulièrement visitée par la grâce, par Marie, authentiquement, justement pour survivre. Pour moi, dans ce cas, le problème est de ne pas avoir fait la part des choses entre sa maladie et la grâce et de n’avoir fait que tout voir au travers de la grâce. Ainsi, son comportement qui aurait pu être un délire de sacrifice, de victimisation, ce comportement qui aurait pu être un cri du corps disant « regardez comme j’ai été maltraitée, j’ai tellement besoin de le crier que je le vis dans mon corps pour avoir une reconnaissance », ce comportement qui aurait nécessité des soins psychiatriques, ont été interprétés comme de la sainteté, enfonçant Marthe dans son délire. Je peux l’imaginer pour moi-même lorsque j’expérimentais particulièrement la grâce de Dieu au cœur de ma dépression : mais j’avais envie de me cloîtrer dans un couvent ce qui n’aurait fait que renforcer mon côté « autiste » et m’empêcher d’évoluer humainement et psychologiquement. Je peux l’imaginer pour ces personnes fragiles dans leur narcissisme, qui ne versent pas dans la victimisation mais plutôt dans la mégalomanie, et qui sont néanmoins habités par la grâce. Si on ne les voit que comme des saints parfaits, on entre dans leur jeux au point de les laisser partir dans leur délire, devenir par exemple des fondateurs, continuer d’être adulés au point de les laisser partir dans les pires des perversités, parce qu’on a nié leur fragilité de départ et, se faisant, on la rendue toute puissante. Oui, c’est la clairvoyances des troubles inconscients qui manque à l’Église. Mais il n’y pas je crois d’un côté des saints parfait et de l’autre des monstres de mensonge qui n’ont jamais été que tels. On a tous, autant que nous sommes, notre part à jouer dans le déni des fragilités humaines. Pour aller plus loin, je me pose des questions sur ce que l’Église appelle « saint » et l’image qu’on en a… Peut-on aduler qui que ce soit ?

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