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Interview d’un moine chartreux

Le lundi 31 août 2015

Je voudrais revenir sur quelques éléments qui m’ont frappée dans les différents interviews du prieur de la Grande Chartreuse, parus dans « La Croix ».

" … Le tabernacle, c’est nous. C’est cela qui est à développer. Je n’ai pas besoin du Saint Sacrement en cellule car le Seigneur est là de toutes façons. Le point central est la messe quotidienne. Un moyen peut devenir un obstacle. Un moyen, il faut pouvoir le lâcher, sauf les moyens fondamentaux : l’Écriture, l’Eucharistie. »

Je suis très sensible à cette remarque. Et d’après ma propre expérience, je peux dire que c’est aussi et beaucoup pour cette raison que l’Eucharistie en cellule peut devenir un fardeau.

Quand je suis entrée à Bethléem, il n’était pas question de Saint-Sacrement en cellule. Nous avions 45 minutes d’adoration communautaire en fin de journée et Sœur Marie disait que ce temps ensemble était très important car c’est là que se nouait la communauté. Par ailleurs, l’heure d’oraison du matin se faisait normalement en cellule, il n’était pas question d’y mettre le Saint-Sacrement, personne ne s’en plaignait et, à mon avis, personne n’y pensait.

La messe était en fin de matinée, juste avant le déjeuner pris en commun au réfectoire avec les hôtes (en silence et avec lecture). Cet enchaînement messe / repas au réfectoire était très important : Sœur Marie nous parlait longuement des « deux tables », celle de l’eucharistie et celle du pain partagé. La notion de communion était constante, omniprésente, très importante. « Es-tu en communion ? » Question sans cesse répétée, voire rabâchée …

Et puis, du jour au lendemain, on a abandonné tout cela pour tendre à une vie toujours plus solitaire. Et j’entends encore une sœur murmurer d’une toute petite voix (je l’ai entendue parce que j’étais juste à côté d’elle) : « Mais alors, les deux tables … » Mais, bien sûr, sa voix s’est perdue dans le nouveau vacarme …

Je ne cherche pas à mettre ici une opposition entre la vie solitaire et la communion fraternelle. Je veux seulement manifester la brutalité du virage et du changement de discours auxquels il a fallu souscrire dans l’obéissance et sans mot dire. Puisque Dieu le voulait, …

Dans les débats qui se sont échelonnés sur ce forum pendant des mois, il a été question à un moment des rencontres fraternelles où l’on devait toujours marcher à trois. Or, cette exigence est apparue en même temps que le virage indiqué ci-dessus … Je pense que ce n’est pas par hasard : Combien de questions, combien de désaccords, combien de réelles difficultés … auraient pu émerger et prendre consistance dans une vraie conversation à deux !

Dans un autre passage des interviews du prieur de Chartreuse, il est question du lever de nuit, et il est dit, en substance, que si quelqu’un n’est pas à Matines, on va normalement le chercher.

Je n’ai vu que très exceptionnellement que l’on aille chercher une sœur absente à Matines mais, par contre, j’ai toujours vu qu’il fallait une permission pour ne pas y aller. Seulement, Sœur Marie était très large pour ces permissions, et même elle imposait fréquemment des absences à Matines à qui ne demandait rien. Les autres prieures ont agi de même à sa suite.

Derrière cela, il y avait que le lever de nuit, ou très matinal, était un impossible pour Sœur Marie depuis sa jeunesse. Pour elle, c’était le label inaccessible d’une vie monastique sérieuse. Donc, elle remontait l’horaire (un peu dans un état second, j’y étais), puis elle entrait dans des complications sans fin et accordait, voire imposait, toutes les dispenses possibles. A mon sens, tout cela a fini par avoir des effets délétères sur beaucoup de soeurs …

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