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Communauté de Bethléem : les révélations accablantes d’un ancien supérieur

Le jeudi 27 novembre 2014

Je vais avoir 80 ans, l’âge où on vous écoute avec politesse et … compassion. Tant pis, je ne peux pas rester sans réaction devant le réquisitoire sans appel de Fabio B. et les torrents de boue que charrie « lenversdudecor » sur la famille de Bethléem.

Je peux comprendre que l’abandon d’une vocation, la remise en cause d’un engagement définitif puissent constituer un traumatisme difficile à assumer mais la résilience passe-t-elle nécessairement par la mise au bûcher de ce qu’on a abandonné ?

D’abord le réquisitoire. Je ne suis qu’un ami de Bethléem et ne connais évidemment pas tous les rouages de son fonctionnement interne analysé par Fabio B. avec la précision du scanner. Et qu’il traite au laser dans ses moindres replis. Ce que je sais d’expérience, en revanche, c’est qu’il est toujours possible de transformer, au yeux d’un public acquis à ses idées, les choses et les personnes les plus vertueuses en objet de scandale. La méthode est simple, il suffit de ne pas accorder à chacun des éléments de l’objet analysé le poids relatif qui est effectivement le sien. C’est ainsi que Mère Teresa, l’Abbé Pierre ou Jean Paul II peuvent être présentés comme des imposteurs, il suffit d’accuser certains traits et en minimiser d’autres. Certains régimes ont excellé dans de telles pratiques !

On l’aura compris, j’aime la famille de Bethléem. Je la connais depuis très longtemps. Je l’ai vu grandir, évoluer, s’épanouir. Sans affirmer que tout ce que j’y ai constaté provoque mon admiration, je me sens bien dans leurs monastères. J’y trouve une atmosphère de prière bien sûr, mais aussi d’accueil inconditionnel, d’écoute, de partage. Les religieuses que j’y rencontre sont tout sauf contraintes, « coincées », infantiles. Au contraire, j’ai pu aborder avec elles des sujets pas toujours simples et j’ai pu constater leur culture et leur capacité de réflexion. Souvent elles ont eu une vie avant Bethléem et on le constate très vite. En un mot comme en cent, je m’y sent entouré d’Amour.

Je connais moins les frères mais j’ai pu rencontrer frère Seraphim il y a quelques années, alors qu’il était prieur en Israël. J’avais été séduit par son autorité bienveillante et joyeuse sur son petite troupeau. Le moins qu’on puisse dire est qu’il paraissait « bien dans ses baskets » comme disent mes petits enfants. Sa connivence avec ses voisines du monastère des sœurs était évidente

Aussi le témoignage qu’il livre ici me terrifie. Il m’interroge. Cela pourrait-il m’arriver ? Marié depuis tant d’années, pourrais-je, par dépit, traîner ma femme devant les tribunaux puis l’exhiber comme misérable dans les réseaux sociaux ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit, un amour blessé. Sans jouer au donneur de leçons j’espère qu’un minimum de dignité me l’interdirait en dernier ressort.

Quant aux personnes qui manifestent à Fabio leur admiration je les plains de tout mon cœur et prie pour elles. La conscience d’avoir rater sa vie doit être un vrai calvaire. Devoir repartir vers autre chose de grand et beau alors que l’on est fragilisé par une expérience d’échec est une gageure. Mais pourquoi tant de violence dans les critiques. Venant d’anciens religieux(ses) cette apparence de haine fait froid dans le dos. Car ils (ou elles) font partie de ceux (celles) qui ont affermi ma propre foi. Le don sans retour de leur vie à Dieu a été et reste pour moi le gage que cette foi n’est pas infondée, il témoigne d’une Présence, il est annonce de résurrection.

Bref ces débordements de fiel sont pour moi une blessure. Ils sont aussi une injure pour toutes celles qui, fidèles à leurs vœux, continuent à prier au sein de leurs communautés.

En conclusion, quelle que soit les développements de cette opération, chacun pourra se souvenir que ceux qui rapportaient aux grands prêtres que certain rabbi était ivrogne, qu’il mangeait avec les putes et les voleurs, qu’il guérissait le jour de shabbat ont conduit le Christ sur la croix. Mais aussi à la Résurrection. Non vraiment dans l’Évangile les dénonciateurs n’ont pas le beau rôle.

Lemèche

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