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Un autre regard

Le mardi 24 septembre 2019

Bonsoir. Je compatis à ce qui vous est arrivé, et ne vous blâme certainement pas de chercher sincèrement à « faire sortir » la vérité, tant il est simple de cacher les plaies purulentes sous un emplâtre qui ne guérit rien. La parole libère et aide à ne pas éternellement resté tributaire du passé.

Je voudrais donc répondre franchement à vos questions : premièrement, JE NE SAIS PAS sur quels critères le docteur Gradel a été retenu pour mon cas ( et d’autre ? ). Mais globalement, je ne suis pas sûr qu’un autre médecin aurait été plus clairvoyant…

Par contre, j’ai l’intuition suivante : Patrick et les autres frères responsables ont subit un profond traumatisme lors du suicide particulièrement choquant de sœur Myria ( immolation par le feu )… Et je pense que leur hantise depuis lors fut de se retrouver confrontés à un cas semblable, et cette fois-ci PARMI LES JEUNES FRERES sous leur responsabilité !

Cette hantise a sûrement empêché pour mon cas un discernement apaisé, et a du précipiter leur décision de me faire sortir. Il n’y a pas eu un accompagnement digne de ce nom lors de ma sortie, c’est à déplorer. Mais au final, je ne me suis pas retrouvé dans une totale impasse, et par exemple, je n’ai pas subis à Bethléem ce que VOUS avez subit dans les foyers de c…

D’ailleurs, au risque d’en choquer plus d’un ( et peut-être vous en tout premier ), je vais vous faire un aveu : je me méfie depuis un certain temps de Marthe Robin elle-même…

En effet : pourquoi dire qu’elle a vécu pendant plus de 50 ans une inédie totale ( absence de nourriture ), alors qu’il est AVÉRÉ aujourd’hui ( le défenseur de sa cause de canonisation le sait parfaitement, tout comme le savait le père Finet ) qu’elle mangeait, même modérément ? ( mais en cachette… )

Pourquoi mentir, afin de « gonfler » la sainteté de quelqu’un ? Pourquoi avoir dit de même qu’elle resta pendant plus de 50 ans clouée au lit sans pouvoir bouger ( ce qui émeut autant que son inedie ! ) , alors qu’en fait, il est également AVÉRÉ qu’elle quittait son lit, même à grand peine, pour subvenir à ses besoins corporels ? ( on sait que des portes furent aménagées exprès pour qu’elle puisse les atteindre ; elle fut retrouvée morte par terre LES CHAUSSONS AUX PIEDS… Mais bien sûr, à l’évidence, c’était le démon qui l’avait « chaussée » ! Enfin personnellement, je n’y crois pas une seconde.

Encore une fois : quelle est la nécessité de mentir au sujet d’une personne, afin d’en faire une « grande sainte » ? Et pourtant, il y a aussi dans les « foyers de c » des âmes qui cherchent Dieu avec un cœur d’enfant, il y a de vraies vocations…

Comme quoi : arracher sauvagement l’ivraie conduirait à arracher aussi le bon grain, il faut laisser croire l’un et l’autre. Cela ne m’étonne donc qu’à moitié que des gens de ces communautés, assis sur ce genre de « secrets » à propos de Marthe, déblatèrent sur le compte de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et en fassent une névrosée, sans aucun doute POUR FAIRE PLUS AISEMENT PASSER MARTHE POUR « LA PLUS GRANDE SAINTE DES TEMPS MODERNES », POUR TENTER DE RAFLER SON TITRE A LA PETITE THERESE…

Thérèse fut sauvée de la pire des maladie mentale par le sourire de la sainte Vierge ( et on comprend facilement pourquoi elle en souffrait, 2 fois orpheline, de sa maman et de sa seconde maman Pauline ), et ensuite, sa guérison ultime de Noël lui fit entamer une « course de géant » qui la mena jusqu’au sommet de la sainteté, c’est à dire de la toute petitesse consentie dans les bras de Jésus. C’EST ELLE qu’il faut regarder, c’est SA PETITE VOIE qu’il faut adopter avec une infinie confiance. Très peu de personne peuvent rivaliser avec l’équilibre et la sérénité de sa personnalité, couplé avec une telle humilité…

Mais cela me permet de continuer un peu sur l’analyse du texte de Fabio, et d’en faire la critique, j’espère constructive.

Il décrit la consécration à Marie « version Bethléem » comme une véritable aliénation de l’esprit, une démission de sa propre personnalité, qui devrait s’écraser devant celle de la Vierge, la seule qui compte. Le témoignage de son expérience est en total contradiction avec la mienne.

Pour ma part, je suis arrivé au monastère : - ayant lu « le petit pèlerin russe » mais incapable de le pratiquer, et prisonnier des formules ; - ayant lu un livre TRES marial ( et très bon : « Vigilant dans la nuit » ) écrit par le père Jérome de Sept Fons ( cistercien ) , et bien décidé à conduire MOI MÊME ma vie spirituelle, en la faisant consister à une répétition sans interruption du « Je vous salue Marie » , point barre ( histoire d’être « complètement et exclusivement marial » comme mon mentor le Père Jerome, que je croyais connaître, à tort ), et accessoirement de la formule de la prière de Jésus version courte, qui faisait concurrence dans mon cœur à « la spiritualité mariale » ! C’est dire le mal-être intérieur qui était le mien….

Et bien, au bout d’un an durant lequel je n’arrivais pas à me concentrer pendant les offices des psaumes ( je ne voulais pas encore du Cœur de la Vierge qui nous apprend à invoquer Jésus en tout temps, comme sa propre respiration, je ne le connaissais pas encore), après une année pendant laquelle la solitude me pesait terriblement, me laissant un sentiment de douleur et de vide ( je subissais à mon insu une « purification passive des sens » selon saint Jean de la Croix ) , je me suis jeté à genoux devant la petite icône à l’entrée de ma cellule, en pleur et suppliant : « Mon Dieu, je ne suis pas venu au monastère pour…ça ! Je ne sais pas prier, je veux te prier mais je n’y arrive pas, s’il te plaît APPRENDS MOI À TE PRIER, AIE PITIÉ DE MOI… » à partir de ce jour, quelque chose à changer. J’ai fêté la Pâque suivante avec un feu intérieur tout nouveau pour moi, avec une foi totalement éveillée, la prière de Jésus s’est comme « donnée à moi », le « réjouis toi Marie » cessa de s’opposer en moi à la prière de Jésus, mais m’y conduisit … Bref, tout se simplifia pour moi grâce au don gratuit de la contemplation, le cadeau au-dessus de tous les autres.

Mais quel est-il finalement, ce « cadeau » ? Il est le Cœur de Marie dans mon cœur : j’avais enfin renoncé à créer ma propre spiritualité mariale, pour simplement ACCUEILLIR la spiritualité de Marie elle-même, si bien résumée par l’Evangile : « (…) et tu l’appelleras du Nom de Jésus. » Et seulement alors ( grâce à ce que Bethléem m’avait enseigné ! ) j’ai pu commencer à vraiment écouter la liturgie, la Bible, l’Évangile, avec le cœur. Seulement alors, j’ai compris que j’étais devenu réellement « moine »… et comme j’aurais voulu que tous les hommes sur la terre fasse la même expérience ! Les pleurs dans la prière de Jésus sont tout autant des larmes de repentir que des larmes de joie de se savoir aimé à un point que nul ne peut imaginer… Quand on a toujours considéré la sainteté comme une chose absolument inaccessible, uniquement réservée aux livres et aux statues, et qu’on se rend compte tout d’un coup qu’elle est là, comme une source fraîche pour désaltérer un pauvre assoiffé, quelle exultation de joie, quelle reconnaissance envahit le cœur envers Dieu, quel certitude d’être VIVANT, pleinement vivant !

Et bien, cela, je le dois à la consécration à la sainte Vierge, qui m’a entendu prier anxieusement dans mon coin le chapelet ( je ne savais même pas qu’il fallait ajouter le « gloire au Père » ! ), et qui m’a conduit au monastère de Bethléem, car elle savait que là, elle serait libre de me donner tous ses trésors 😄

et bien sûr, j’aurais voulu continuer sur ce chemin tout simple de guérison… Mais j’ai du payer pour les crises d’adolescence de ma communauté, et aussi à cause de mes propres faiblesses et crise d’adolescence personnelle.

Mais in fine : quel avantage j’ai pu retirer de mon passage au monastère ! Je m’en aperçois aujourd’hui, et je veux en témoigner avec gratitude.

A Bethléem, on lit les « carnets noirs » du père Jacquier.

C’est l’archétype de ce que décrit Fabio : l’abandon total dans le Cœur de Marie, « in sinu Maria », je suis un embryon dans le ventre de sa mère ".

Il faut remettre cette spiritualité dans son contexte : ce prêtre qui a écrit le livre de son âme, est mort premièrement très jeune ( 38 ans ) et deuxièmement, il était aumônier chez des sœurs ! Donc, son rôle était pour ainsi dire tout tracé, sa seul mission était d’être entièrement disponible, de délivrer les sacrements, et de prier, prier, prier dans un parfait abandon, seul, sans frère autour de lui, sans longue liturgie à assurer , ni beaucoup de travail manuel à accomplir… pour caricaturer un peu : LE CALME PLAT.

La vie d’un petit frère ou d’une petite soeur de Bethléem n’a que très peu de point commun avec celle du père Jacquier ! Sa spiritualité mariale est certes très belle, très émouvante, mais pas adaptée à la vie semi eremitique de Bethléem. Au plus, une source d’inspiration.

Le père Jacquier n’a, de plus, jamais connu rien d’autre que saint Louis Marie Grignon de Montfort et le bréviaire, alors que les f&s de B. ont le trésor de la liturgie orientale qui est un continuel enseignement à lui tout seul. Leur « spiritualité » est d’avantage celle des psaumes, ET CELA TOMBE BIEN ! PUISQUE LA SPIRITUALITÉ DE LA SAINTE VIERGE, SON COEUR IMMACULÉ, C’EST… LES PSAUMES EGALEMENT, QU’ELLE CONNAISSAIT PAR COEUR, QUI ETAIENT SA VIE.

Et cela tombe vraiment bien : parce que les psaumes, c’est aussi la « spiritualité » du Cœur de Notre Seigneur Jésus, qui les avait inspiré à David et qui les accomplissait à la perfection !

Quelle bonne nouvelle : la spiritualité mariale et la prière de Jésus ne s’opposent pas, ne se font pas concurrence, mais au contraire se nourrissent mutuellement, et pour tout dire : NE FONT QU’UN.

Voilà ce que Bethleem m’a appris, bien loin de me scléroser l’esprit dans une méthode d’union avec Marie, ou une méthode de consécration à elle. Et à l’époque, c’est frère Patrick qui m’avait aidé à sortir de mes petits schémas mentaux étroits, et qui m’avait lancé sur la prière de Jésus. Mais comment en découvrir toute les richesses sans aussi se donner la peine d’y joindre les metanies ? C’est un autre sujet.

Voila, pardon pour mes bavardage, et j’espère qu’ils donneront une vision plus objective et positive de ce qui se vit aux monasteres de Bethléem, spécialement en ce qui concerne la consécration mariale. Que Dieu vous bénisse +

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