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Du viol des consciences au vol : un système pervers

Le mercredi 10 décembre 2014

J’ajoute que, d’après d’autres témoignages ne figurant pas sur ce site, le viol des consciences (par la « transparence » absolue), qui contribue à cadenasser le système, a abouti pour beaucoup au vol.

Afin de trouver un peu de liberté par rapport à cette obéissance absolue, s’apparentant à de la surveillance absolue, tant à la « dépense » (nourriture), comme l’a raconté Juliette, que pour la bibliothèque, comme l’a raconté Hélène, que pour l’accès au monde extérieur, des personnes totalement infantilisées ont été capables d’entrer en quelque sorte dans l’âge adolescent par des passages à l’acte, dont le vol.

Instinct de survie manifeste pour sortir de l’enfermement. On pourrait dire que, lorsque tout de sa vie est violé ou volé, au nom de la Vierge, ou est donné à la prieure, il ne reste plus que le vol. Le vol conduit à la culpabilisation, et le cercle infernal de la mésestime de soi, qui fait partie de l’organisation du système, reprend de plus belle.

Pour peu que, sortant de sa solitude, une sœur confie ses misères à une autre, l’autre sort de sa solitude et peut aussi se confier. Mais alors, après ce moment passager de mieux-être pour chacune, l’une des deux va craquer, au nom de la sacro-sainte mais démoniaque transparence absolue.

Exactement comme Hélène l’a fait en exprimant son désir de portable à des proches de passage, en s’excusant aussitôt de son moment d’ « égarement », la sœur confidente se trouve dans la situation de confier à sa prieure ce qu’elle vient d’entendre de la part d’une autre. Éventuellement même pour se faire bien voir.

Le cercle infernal, dans lequel peuvent être prises des sœurs et qui est totalement maîtrisé par la prieure qui rapporte à son tour à la prieure générale, n’est pas un cercle vertueux.

« Dieu n’est ni sadique ni pervers », écrivait si justement Hélène. Or, un système de mensonge et de dénonciation réciproque s’est mis en place à Bethléem.

Ainsi peut-on s’expliquer la difficulté que des personnes sorties de Bethléem peuvent avoir :

  • soit pour ne pas raconter à quelqu’un d’autre tout ce qui vient de leur être dit, car l’habitude peut en avoir été prise,
  • soit pour faire confiance avec discernement à des interlocuteurs.

Ainsi peut-on s’expliquer également qu’une des règles du système Bethléem - garder secret pour l’extérieur ce qui se passe en interne -puisse être respectée. Ce silence contraint et souvent non choisi peut avoir encore des effets coercitifs, une fois les personnes sorties. On retrouve là encore la problématique du viol, en ce sens que la personne se trouve coincée dans le « surtout ne pas dire », malgré les souffrances endurées.

Ces personnes sorties de Bethléem sont le symptôme d’un système déviant. Elles ne sont pas malades du tout.

Elles sont présentées à l’intérieur du système comme des personnes parties en mission, éventuellement « très spéciale » - ce que Madeleine a cru pour Aline - ou bien comme des personnes « ayant failli », ce qui sert à maintenir le système, qui devient une fin en soi.

A l’extérieur du système, ces personnes qui l’ont quitté découvrent le prix de la liberté. Pour celles qui étouffaient, respirer l’air peut donner le vertige. Mais leur permettre aussi de sentir que cet air n’est pas aussi vicié qu’elles le croyaient quand elles se trouvaient à l’intérieur.

Car un système enfermant - ce qui n’est évidemment pas vrai pour toutes les communautés religieuses- se donne comme règle de faire croire que l’herbe ne peut pas être plus verte ailleurs.

Or, les femmes qui ont témoigné sur ce site n’ont pas pour autant quitté l’Eglise. Signe qu’il y a dans l’Eglise des espaces de respect de la personne humaine dans sa relation aux autres et à Dieu, qui n’ont rien à voir avec ce système, tel que décrit.

On peut s’étonner qu’un système pervers puisse à ce point perdurer. En cherchant bien la clef d’une porte ou le numéro d’un cadenas, on peut finir par les trouver, quand c’est nécessaire. De même peut-on envisager que la clef de compréhension de la durée de ce système sera trouvée, elle aussi. Encore faut-il être bien certain que chacun est prêt à cette tâche de déverrouillage qu’ont entamée des personnes dans l’échange, pour comprendre.

En lisant et entendant à plusieurs reprises qu’il n’y avait surtout pas à chercher à comprendre, en tous cas pour les sœurs, ce qui est typique d’une attitude de supériorité de parent normatif avec qui rien n’est discutable, et signe d’une fragilité majeure chez un responsable, j’ai trouvé une autre faille du système Bethléem, dite par un évêque à Juliette :« elles n’écoutent rien ».

Eh bien, cela aussi, j’aimerais le comprendre sans tarder. Il y a parfois des RV à ne pas manquer au lieu de renvoyer à l’autre qu’il est « en crise » parce qu’il s’interroge dans le souci de servir Dieu et accessoirement, puisqu’elle est considérée comme accessoire à Bethléem, sa conscience.

Aidez-moi à continuer de chercher.

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