Poster un message

En réponse au message :

Bethléem : le témoignage de Sophie

Le vendredi 21 novembre 2014

Bonjour Marie,

Merci pour vos questions qui sont intéressantes.

Pour la première concernant le bonheur, je dirai qu’il est difficile de prévoir le bonheur pour demain. C’est surtout important de le vivre dans l’instant présent alors je ne peux pas savoir si j’aurais oui ou non été heureuse. J’ai affirmé dans mon témoignage que j’ai vécu à Bethléem les plus belles années de ma vie, c’est donc que j’y ai vécu des moments de bonheur. Pour l’avenir… ? Vu l’attachement que j’avais, je n’aurais pas réussi moi même à demander à partir mais ce point est aussi révélateur et c’est bien là le noeud du problème…Il a fallu qu’un Prêtre extérieur me téléphone avec accord de soeur Isabelle (on ne reçoit jamais de téléphone) pour me dire de ne pas rester là car même avec l’ordre de soeur Isabelle, c’était pour moi inimaginable de pouvoir quitter ce qui avait été découvert là-bas…c’est là le problème.

Pour la deuxième, si je suis entrée à Bethléem, c’est en connaissant que c’était une vocation à la solitude de saint Bruno. Cependant la solitude n’est pas « absence de relation », ni « absence de rencontre » puisqu’un moine ou une moniale est en relation avec Dieu et tous les hommes par la prière. Il rencontre le Christ et il y a les rencontres fraternelles du Dimanche. Ce désir d’accompagnement était lié à ma formation initiale et non à un éventuel besoin de combler la solitude du monastère. Même si parfois elle est difficile à vivre. La présence de ce désir n’était donc pas un crière suffisant pour demander moi-même à partir et je ne cherchais pas à me réaliser. Oser partir est difficile parce que les renoncements opérés pour entrer sont forts (métier, amis, famille… j’avais presque été fiancée aussi pendant mon engagement humanitaire, plus de relation téléphonique, plus de vie civile depuis longtemps, on se sent être devenu très différent du monde…) Je peux dire que j’ai aussi aimé cette solitude car justement je la vivais de manière fraternelle au fond de mon cœur. Sur place, tout crée beaucoup de dépendance comme je l’ai dit dans le témoignage. (dépendance à la prieure, au charisme, aux moyens, à la beauté qui nous entoure, aux lieux et ses architecture, etc…) C’est pourquoi c’est si difficile de se sentir libre pour refaire un choix. C’est bien aussi là le problème que j’ai expliqué plus haut.

« Sophie »

Rajouter votre témoignage

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?

Votre adresse email ne sera pas rendue publique sur le site. Seuls les commentaires sont publiés sur le site. Votre adresse mail est nécessaire pour que nous puissions vous répondre si vous avez une question personnelle.

Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Lien hypertexte

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)