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Bethléem : pour compléter le témoignage de Victoire

Le lundi 5 janvier 2015

La même alimentation dans les monastères, écrit Victoire dans son témoignage.

S’il y a eu des changements de régime diététique au fil des années à Bethléem, ce qui n’a pas changé est ce qu’on pourrait appeler le gâchis de nourriture, et dans le cas d’une communauté religieuse où les personnes font vœu de pauvreté, « péché par rapport à ce vœu », comme le ressentent diverses personnes informées.

En effet, les dons de grandes surfaces ou de la banque alimentaire sont triés ensuite en fonction du régime diététique de Bethléem. Sont alors jetés toutes sortes d’aliments, ne correspondant pas à ce régime : cela va des betteraves (à proscrire !) aux desserts avec de la crème pâtissière. De manière à ne pas choquer des personnes extérieures qui pourraient s’en apercevoir, chaque monastère a ce qu’on appelle un « trou » où sont déversées beaucoup de denrées encore consommables. Il ne faudrait pas, en effet, que des donateurs ou même poubelliers soient scandalisés par toute cette nourriture consommable mais jetée en quantité importante, pour suivre le régime Bethléem.

Ainsi sont par exemple mises à la poubelle des pommes de terre si elles ont été cuites la veille car considérées comme nocives pour la digestion, si consommées le lendemain.

Si certains aspects du « régime donné par la Vierge » peuvent être intéressants, comme le fait de ne pas prendre de fruit en fin de repas, il y a lieu de s’étonner cependant en entendant une personne qui a quitté Bethléem dire : « j’ai mis des mois et des mois à m’autoriser à manger par exemple des carottes et des œufs lors du même repas ou bien des pommes de terre que j’avais fait cuire la veille, car j’étais encore persuadée que cela pouvait nuire à ma digestion. J’ai fini par réaliser que ce n’était pas du tout le cas. »

Cet autre aspect de la vie à Bethléem était (et est toujours ?) introduit en école de vie par un cours de diététique pour que les personnes ne soient pas trop surprises de ce qu’elles pourront trouver dans leur gamelle.

De même, les « écoles de vie » reçoivent des cours d’hygiène, à propos des serviettes hygiéniques et de la manière de faire sa toilette lors des menstruations. Cela peut donner à penser que les jeunes filles entrant dans cette communauté, même dès l’âge de 18 ou 20 ans, n’auraient pas été éduquées à l’hygiène dans leur famille d’origine, ce qui - bien entendu- n’est pas le cas, le plus souvent. Lorsque Victoire parle d’infantilisme, ne s’en rapproche-t-on pas ? Quelle mère de famille songerait à expliquer à sa fille de 18/20 ans comment se laver, alors que la moyenne d’âge de la puberté ne cesse d’avancer, et est dans les pays développés autour de 11 ou 12 ans ?!!?

Tant pour la nourriture que pour l’hygiène, il semble que tout est réglé, au détail près, de main de prieure, avec l’impossibilité pour toute sœur en désaccord avec certaines pratiques, pour raison de bon sens ou de conscience morale, d’être entendue.

Une ancienne sœur faisait la remarque suivante :« certes, pour l’hygiène, des sœurs qui avaient, à force, perdu une image suffisamment bonne d’elles-mêmes s’étaient mises à se négliger terriblement (comprendre : elles sentaient mauvais), et cela faisait de la peine pour elles. »

Pour des familles, éventuellement nombreuses, qui, sans forcément être pauvres, sont économes, ce rapport à la nourriture d’une congrégation religieuse avec vœu de pauvreté peut surprendre. « Ce qu’il fallait absolument, c’est donner l’apparence de la pauvreté », estime une ancienne sœur.

Ce rapport à la nourriture peut s’expliquer globalement par l’axiome suivant, cher à Bethléem, qui est le titre d’un ouvrage datant du milieu du XXe siècle, écrit par Germaine Désir et Maurice Poyet : « Nous sommes ce que nous mangeons : physiologiquement, intellectuellement, spirituellement ». Le risque de telles assertions est que les injonctions méthodiques autour de la nourriture - en se demandant à tout moment si c’est « compatible » ou « pas compatible »- peuvent en rajouter à d’autres stress, aboutissant alors à l’effet totalement inverse de celui escompté. La peur pouvant avoir plus d’effets nocifs sur la digestion qu’une patate mangée, bien que cuite la veille, comme chacun sait !

On pourra s’interroger sur le simplisme de « nous sommes ce que nous mangeons » en évoquant qu’il y a un lien entre ce que nous mangeons ou pas, en fonction de ce que nous vivons, ou pas.

La prieure de Bethléem s’appuyait encore, dans un polycopié de 2002, sur le père Ceslas Minguet, premier accompagnateur de celle-ci à Chamvres (Yonne), qui aurait été totalement guéri en suivant le régime diététique Poyet, pour justifier ce régime « donné par la Vierge. »

Dans son témoignage, une ancienne sœur raconte qu’elle se surprend à aller piquer de la nourriture en pleine nuit. Etonnée par ce récit, je me demandais si cela traduisait un manque ou bien le besoin fort d’avoir une initiative personnelle ; j’ai fini par trouver une partie de la réponse en faisant des recherches ou en posant des questions. D’où ce développement qui explique des contradictions ressenties : « je crevais de faim et je voyais en même temps les énormes gâchis faits avec la nourriture qui était donnée à Bethléem. »

Il ne s’agit pas de conspuer Bethléem, comme le croient encore certains, mais d’exprimer quelques observations de bon sens économique et écologique. Pas forcément entendables par tous, si l’argument premier est celui-ci : « nous sommes à part. »

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