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Bethléem : fondamentaux et staretz ?

Le dimanche 1er février 2015

Dans une catéchèse sur « l’obéissance » faite par la prieure générale, voilà ce qui est dit sur « le staretz » :

"Si la relation d’Amour avec Jésus ne nous objective pas suffisamment en Lui, je vais me servir du lien que je vais avoir avec mon staretz, non pas pour lui obéir mais pour qu’elle m’obéisse, et j’en ferai un chantage de Son Amour. Si elle m’obéit, ça veut dire qu’elle m’aime et si elle me résiste au fond, ça veut dire qu’elle ne m’aime pas. Dans la mesure où elle va me résister, pour moi, puisque je suis encore au niveau de mon activité psychique, cela voudra dire qu’elle ne m’aime pas. Si mon staretz me rencontre dans ma relation avec Jésus, au point de pouvoir exiger de moi quelque chose qui ne me plaît pas, cela veut dire au contraire qu’elle m’aime infiniment, à la manière de Jésus. Mais si, moi, je vis cette relation de staretz au niveau psychologique et affectif uniquement, et qu’elle me résiste, je vais en faire une preuve par mon affectivité qu’elle ne m’aime pas. Et je vais la forcer non pas à ce que je lui obéisse mais à ce qu’elle m’obéisse, et je veux la preuve qu’elle m’aime. Là, c’est un piège dans lequel les staretz ne doivent jamais tomber."

Il ne s’agit pas de donner envie de vomir aux lecteurs de ces documents, mais de croiser ces propos spécifiques à Bethléem avec vos témoignages, pour que vous soyiez véritablement prises en considération.

Globalement, la prieure générale s’en prend à l’autonomie du sujet. On le perçoit dès le début de cette catéchèse : « Nous en sommes arrivés 2000 ans après (Jésus) à pouvoir dire avec fierté : je suis un homme parce que je suis autonome. Mais quelle misère ! Mais quelle honte !, 2000 ans après, d’en arriver là, vous ne trouvez pas ? »

Ce regard, dont on peut estimer qu’il cherche à nier l’inscription dans le temps historique avec les évolutions culturelles qu’il comporte aussi, et l’inscription dans une histoire personnelle également, conduit la prieure à inviter à une obéissance dans laquelle le sujet « se dilue comme un sucre dans un verre d’eau », pour reprendre l’expression d’un post, image qui me semble résumer une partie de mes lectures.

L’argument de fond est alors que « la seule qui a su obéir, c’est la Vierge », avec ce sous-argument : « Dieu sait si elle n’a pas été l’objet de la part de son Fils de ces va-et-vient psychiques de l’obéissance ; c’est même tout le contraire. »

Dans cette négation de Marie comme sujet, c’est-à-dire être humain avec sa dimension physique, psychique et spirituelle, comme tout être humain, s’origine donc de la même manière la négation des sœurs comme sujets. Et quand on a compris ça, « on ne se pose plus de questions, parce que les questions qu’on se pose, c’est encore des évaluations qui prouvent qu’on est encore avec nous-même. Or le mystère de l’obéissance, c’est de nous arracher à nous-même pour nous mettre dans un autre. »

Voilà la « cohérence » du système que vous dénoncez. Le principe de base est que le Père a « posé une élection éternelle sur vous en son Fils très obéissant. » Et « cela transcende les conséquences du mensonge et de l’orgueil qui m’habite. Car, je suis d’abord un élu obéissant, un fils élu obéissant dans le Fils par le Père, dès avant la création du monde. »

Si « mon élection reste le signe ineffaçable de mon identité », comme l’affirme aussi la prieure dans cette catéchèse, vous pouvez donc être Roselyne, Sophie, Juliette, Camille, Hélène ou je ne sais qui encore, cela n’a absolument aucune espèce d’importance. Ce qui compte, c’est votre élection, dès avant la création du monde ! À chaque fois qu’une contestation se fera jour, si c’est le cas, il suffira en quelque sorte à la prieure d’attendre que ça passe, ou de vous convaincre que c’est votre psychisme qui parle. Bref, le psychisme = l’ennemi numéro un à Bethléem.

Comment ne pas être inquiet avec de telles lectures qui parlent de l’Amour sans l’Incarnation ? Où on n’entend même pas la musique familière du « je pleurais et vous m’avez consolé », pour ne citer qu’un exemple ? Dans ce diktat de l’obéissance, où nous pouvons mentir et être orgueilleux sans problème, car pré-élues ou pré-sélectionnées (plaisantons car c’est difficilement tenable !) de toute éternité, s’inscrit sans doute le peu de cas fait du sacrement de réconciliation.

Voilà comment je décrypte divers passages de cette catéchèse sur l’obéissance, avec la tristesse et la colère que procure une approche qui nie à chacun sa juste place, la sienne et celle de personne d’autre, pour gravir pas à pas la montagne. Gommer le temps de l’Histoire et chercher à gommer l’individu au nom de l’unité de Bethléem, c’est se prendre pour qui ?

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