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Comment mieux protéger les lanceurs d’alerte ?

Le lundi 9 novembre 2015

Bonjour Sérénité

Merci pour votre réponse et pour vos questionnements. Je ne peux vous répondre que par rapport à mon expérience personnelle et donc ce que je vais vous dire n’engage que moi, n’est pas à prendre comme une réponse universelle.

Je pense personnellement qu’énormément de croyants ne croient en Dieu que par le truchement de l’institution religieuse. Ils ne croient pas en Dieu, ils croient en l’institution totalitaire qui régit leur vie, leur comportement depuis des générations et des générations. Ce qui les place en abîme lorsqu’il s’agit de critiquer l’institution religieuse puisque c’est le seul repère spirituel qu’ils ont.

La pratique personnelle de Dieu chez énormément de croyants est extrêmement pauvre. Donc il devient très problématique de prier, d’avoir une relation personnelle, privée à Dieu en dehors d’un schéma très convenu et très appris au catéchisme (pour nous cathos) ou durant l’éducation religieuse familiale ou lors d’une pratique communautaire (messe, sacrements divers, etc). A partir de là, le croyant est si dépendant de l’institution religieuse pour croire en Dieu, penser Dieu et se penser par rapport à Dieu, qu’il n’existe pas d’espace critique de la religion. Ou alors seulement lors d’évènements personnels qui entrent en confrontation de type frontal et brutal avec les règles des institutions religieuses.

Les croyants dont je fais partie sont donc extrêmement dépendants et infantilisés par les institutions religieuses dans leur lien à Dieu. Et c’est aussi le but des religions. Qu’il n’y ait pas d’espace de doute ni de mise en question ni de mise en cause religieuse et que l’institution passe pour être Dieu et la seule médiatrice pour accéder à Dieu. Quand une mise en cause se fait malgré ces précautions, c’est un vrai problème qui se pose aux religions.

Mais elle reste faible dans la mesure où une majorité de croyants croient plus en l’institution religieuse qu’en Dieu.

Donc à partir de là, les croyants dans leur plus grand nombre soit resteront dans le déni (parce que c’est pas possible que l’institution soit si mauvaise) soit se contenteront d’une petite réprimande de principe vis à vis de l’institution religieuse, qui reste leur seul pôle de référence et d’accès à Dieu.

Mais ce faisant, l’institution ne pourra que continuer siècle après siècle à abuser, tuer, violer, spolier, torturer un nombre toujours plus immense de gens, croyants ou non. C’est une forme de permis de tuer que les croyants donnent depuis des siècles aux religions. En croyant mordicus faire avancer le règne de Dieu, c’est ça le pire.

Alors est-ce que vouloir remettre complètement en cause et en question les institutions religieuses, c’est pas vouloir jeter le bébé avec l’eau du bain ? me dites-vous.

Je vais vous répondre que cela dépend de comment on se place vis à vis de ces institutions.

Soit on est très dépendant d’elles et alors, quoi qu’il arrive, il faut sauver le soldat institution, pour faire une note d’humour noir. Et comme on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs, tant pis pour les victimes des autorités religieuses, elles passeront en pertes et profits. L’essentiel est de garder ces institutions sans lequel aucun repère moral ne serait possible.

Soit on est relativement autonome dans sa croyance en Dieu et autonome vis à vis des religions et l’on considère que c’est juste complètement criminel de laisser les institutions tuer, spolier, violer, abuser, corrompre, prostituer, aliéner un nombre incalculable d’individus et qu’il faut que ces crimes s’arrêtent. Et que structurellement, c’est pas une réforme qu’il faut, c’est une révolution complète si on veut sortir de la situation actuelle.

Questions :

Est-ce que le Vatican est prêt à renoncer aux ors, au pouvoir ?

Est-ce qu’il est prêt à salarier ses employés de façon décente, correcte comme n’importe quelle entreprise digne de ce nom ?

Est-ce que le Vatican est prêt à ouvrir complètement ses archives et à se livrer à la justice internationale pour tous ses crimes et ses complicités avec les pires régimes de dictature qui soient ?

Est-ce que le Vatican est prêt à dénoncer les religieux criminels en son sein ?

Est-ce que le Vatican est prêt à respecter les femmes et leurs droits les plus élémentaires et à ne plus se mêler de leur vie sexuelle ni de la vie sexuelle des croyants en général ni tenter de les contrôler et les diaboliser ?

Est-ce que le Vatican est prêt à admettre que la pédophilie en son sein est une tradition de domination mais aussi un exutoire-défouloir sexuel depuis des siècles et des siècles et qu’elle n’est toujours pas considérée par les clercs dans leur immense majorité comme un crime ?

Est-ce que le Vatican est prêt à accepter l’homosexualité en son sein et l’homosexualité en général sans y voir une maladie ou une punition divine ou je ne sais quelle diablerie ?

Est-ce que le Vatican est prêt à vendre tous ses biens pour aider les plus pauvres et se faire serviteur ?

Je ne mets que ces quelques questions. Vous pouvez en rajouter si vous le souhaitez. Mais vous savez bien qu’à toutes, on peut répondre non, doublement non, triplement non.

Les mystiques n’ont jamais révolutionné les structures vaticanes. Ils sont à part dans leur approche de Dieu et à part de l’institution. Par contre, l’institution a su les utiliser, les rentabiliser, les mettre en avant pour se redonner à chaque époque, une virginité de principe. C’est le morceau de sucre qui aide la médecine à couler, pour paraphraser Marie Poppins. Mais leur vie, leurs actions charitables, généreuses n’ont pas changé la façon de gouverner de l’institution vaticane.

Donc on ne peut pas les invoquer pour estimer que l’institution doit être sauvée à cause d’eux. Ils auraient de toute façon fait des choses remarquables sans elle.

On sait aussi que Jésus n’a jamais voulu créer une nouvelle religion. Et surtout pas une institution. Il était déjà extrêmement critique vis à vis du judaïsme dont il faisait partie. Alors c’était surtout pas pour créer un pendant au judaïsme. Ceux qui ont créé le christianisme institutionnel étaient des personnalités qui cherchaient le pouvoir terrestre et matériel, un pouvoir absolu. Jésus n’a jamais cherché le pouvoir. C’est bien ce qui inquiétait les autorités de l’époque. Et c’était le même problème vis à vis de son cousin Jean. D’où l’importance de les tuer, d’anéantir cette forme d’anarchisme religieux extrêmement libre et qui pouvait amener le peuple à se révolter et à se rebeller contre toute forme d’autorité.

Pourquoi Jésus insiste-t-il tant sur la prière personnelle, sur la relation privée des gens à Dieu, sur la foi ? Parce qu’il sait que là se trouve l’épanouissement des croyants et des gens en général, même non croyants.

Alors peut-être que taper un bon coup sur la table et juger les institutions religieuses au même titre que n’importe quelle dictature, entreprise criminelle au pénal, ça paraît très rude, très dur. Mais ça me semble nécessaire pour permettre aux gens de comprendre que Dieu est différent des religions. Et que si Lui ne leur fera jamais défaut, ne les trompera jamais, ces institutions qui se sont drapées comme si elles étaient Dieu, ont abusé et tué pour maintenir pour eux des privilèges absolutistes, un nombre incroyable d’être humains et méritent à ce titre un jugement pénal pour toutes les horreurs commises. Et il y a de quoi faire même dans des crimes très récents.

Et pour en revenir au thème du sujet des lanceurs d’alerte, il faut un organisme par courant religieux pour justement dénoncer tout ça. Et mettre en place un jugement pénal de ces institutions criminelles. Une sorte de tribunal Russell des religions en quelque sorte.

Mais ça ne peut venir que de croyants qui sont suffisamment critiques et affranchis dans leur pratique religieuse. C’est évident. Aidés par des juristes et organismes internationaux liés aux droits humains fondamentaux. Et au tribunal pénal international.

Il me semble que c’est ce qui se profilera un jour ou l’autre au moins pour notre catholicisme romain. On ne peut pas en faire l’économie sans nous rendre complices de crimes contre l’humanité.

Et nous le voyons à mesure que nous découvrons les horreurs commises et récentes du Vatican et de l’institution cléricale. Vous regarderez peut-être ce soir à la télévision le documentaire sur les couvents prisons irlandais et les horreurs commises, dont nous avions jusque fin des années 60, début des années 70 les jumeaux en France avec les instituts du Bon Pasteur mais aussi les bagnes religieux pour enfants. Avec toutes les tortures, l’exploitation matérielle, financière, les abus, les violences commises sur des gamins sans défenses. Nous avions eu pourtant Zola qui dès les années 1850, dénonce ces instituts comme des mouroirs et des centres d’exploitation, de torture et de misère. Mais il aura fallu plus d’un siècle pour que ces établissements religieux soient réellement dénoncés comme ce qu’ils étaient en réalité. Et encore plus de temps pour l’Irlande, l’Espagne, le Canada qui ont fait perdurer ces pratiques odieuses jusque fin des années 90. Où était Dieu dans une telle barbarie ? Nulle part. Et pourtant, on parlait de ces établissements comme d’établissements de bienfaisance et d’utilité publique. C’en est à vomir tellement ce qui s’y passait était à l’opposé de tout droit, de toute compassion, de toute considération.

En toute logique, il faudrait un jugement pénal de ces institutions religieuses et du Vatican qui ne pouvait pas ignorer ce qui se passait dans ces établissements religieux. Et qui s’est considérablement enrichi avec le travail forcé et gratuit des enfants et la vente aux plus offrants de millions de bébés volés à leurs jeunes mères. Mais qui osera acter cette mise au tribunal ? Elle serait pourtant nécessaire, ne serait-ce que pour que les victimes encore en vie de ces établissements, puissent obtenir justice et réparation.

Après, ça n’est que mon humble avis sur la question. Lié à mon approche personnelle religieuse et à ma relation à Dieu. Ca n’engage que moi et je n’en fais pas une vérité.

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