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Comment mieux protéger les lanceurs d’alerte ?

Le mardi 10 novembre 2015

Merci beaucoup Françoise pour ce long partage.Ce qui m’éclaire bien dans vos propos, est le fait que les gens croient davantage au message délivré par la religion qu’en Dieu lui-même, de façon personnelle. Effectivement, ça peut expliquer vraiment beaucoup de choses. Je crois aussi que les deux sont possibles, ce qui fut mon cas : avoir d’abords une expérience personnelle de Dieu, puis remettre tout son jugement à l’Église qui en saurait soi-disant beaucoup plus sur le sujet. Ce qui peut être vrai pour énormément de belles choses qu’elle m’a enseignées, mais ce qui a surtout ses limites. L’Église étant bien plus humaine qu’elle ne semble le prétendre. Et elle l’est déjà dans sa façon de croire qu’elle détient la vérité.

Oui, vous le devinez, je ne suis pas sans savoir la perversion possible des institutions religieuses, jusque dans ma chair, depuis celles vécues par mon père dans les internats catholiques et ses répercutions sur ses enfants, jusqu’à mes propres expériences. La pire étant sans doute la façon dont le Vatican se fiche bien des victimes et laisse les abuseurs courrir. Oui, la déification des êtres humains lorsqu’ils sont prêtres, ou juste se prétendent inspirés, mène aux pires dérives.

Oui, je crois aussi que les choses ne changeront pas de l’intérieur, mais qu’il faut une instance internationale de droit, extérieure, neutre. Combien de temps faudra-t-il encore attendre. Oui, il y a un gouffre entre « structure vaticane » et les hommes et femmes mystiques, et sans doute avez-vous raison, ces gens n’ont pas changé le fond du problème.

Ce que je veux dire, en outre, est que « structure » ou « institution » ou même « religion » sont des termes assez abstraits. Certes, il y a une certaine vie dans un groupe, je veux dire comme si l’ensemble avait une vie en soi, ce qui se ressent surtout s’il y a emprise. Mais dans le regard de Dieu, j’ose penser qu’il y a surtout des personnes. Il suffit par exemple justement d’une personne pour pervertir tout un groupe.

Donc on peut dire qu’une institution a ses dérives et ses perversions, on peut prendre une grande et saine distance, mais il me semble qu’il y a moyen d’aller au-dessus de ça en rencontrant des personnes. Certaines, dans l’Église, même des prêtres, sont extrêmement conscients de tout ce que vous dites et restent néanmoins pour la personne de Jésus, ou pour Dieu, et pour tout ce qu’ils peuvent apporter à une communauté de priants, en témoignant de leur expérience personnelle de foi.

Ils ne cautionnent rien, se démarquent complètement de tout ce qu’il y a de perverti dans l’Église, mais sont justement ce qu’il reste de plus authentiquement « croyant » et qui fait la vraie vie de tout l’ensemble. Tout en écrivant « ensemble », je me rends compte qu’il y a une bien grande distance entre ce mot et « l’institution » catholique. Sans doute l’ensemble suffit-il sans l’institution, surtout pour éviter les abus de pouvoir.

Mais c’est là que je me sens devant un nœud, parce que l’être humain est un être de relation. Il a besoin du vivre ensemble, surtout quand il s’agit de ce qui le relie à la Source de tout et tous. Et en même temps toute communauté comporte en elle le risque d’abus de pouvoir, quelque soit ce qui l’uni, et justement parce que l’unité réelle est ce qu’il y a de plus difficile à vivre, depuis celle du couple. Sans doute parce que c’est cela, la vie de Dieu.

C’est le drame de l’humanité qui se joue dans l’Église. Et parce que ce drame se vit là jusque dans notre rapport à Dieu, il se vit de façon encore plus dramatique. Peut-être est-ce aussi facile de rejeter hors de soi ces déviances. Peut-être est-ce intéressant de voir en quoi ce drame, qui se joue devant nous, se joue d’abords en nous-même. Parce que là nous avons une responsabilité et un pouvoir d’action. S’il s’agit de reprendre possession de notre liberté intérieure, alors « soyons le changement que nous voulons voir dans le monde » (Gandhi ?).

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