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Comment mieux protéger les lanceurs d’alerte ?

Le mardi 10 novembre 2015

Je suis tout à fait d’accord avec ce que vous exprimez, Sérénité. Et je vous remercie également pour la qualité de cet échange.

J’ai rencontré quelques prêtres, religieux et religieuses qui tranchaient et qui tranchent toujours comparativement au groupe institutionnel par leurs qualités de foi, de cœur, leurs qualités d’écoute, de relationnel. Mais, j’allais dire qu’ils n’auraient pas fait partie de l’institution cléricale, qu’ils auraient été de toute façon des personnes formidables. Parce qu’animés d’un véritable souci de vivre ensemble, de transmettre leur foi, leur joie d’être dans leur engagement religieux et dans une démarche spirituelle qui leur était et qui leur est toujours propre.

Une petite partie des croyants peut effectivement croire en l’institution et en Dieu. Mais ça reste un groupe minoritaire. Parce qu’il y a une certaine peur d’expérimenter Dieu personnellement chez beaucoup de gens. Les religions ont tellement de poids et ont nourri tellement de « légendes » avec un Dieu plutôt raide, compassé, méchant, mesquin ou qui ne fraye pas avec le tout venant, qu’il y a une certaine peur d’aller à Dieu simplement et sans relais, sans intermédiaire. Les gens ont peur de se faire juger, de se faire maltraiter s’ils ne respectent pas l’encodage, le mode d’emploi remis par l’institution cléricale de leur religion pour accéder à Dieu.

L’institution catholique romaine nous a tellement fait croire que les qualités sont liées à l’engagement religieux que nous avons fini par lier l’appartenance religieuse aux qualités des personnes. Ce que je trouve dramatique. Nous en revenons depuis une décennie ou deux, à mesure que nous découvrons des affaires glauques et criminelles liées à notre institution catholique romaine, mais c’est un mouvement très lent. Et lent parce que, comme je vous le disais, les croyants ne croient souvent en Dieu que par le biais de l’institution.

C’est pourquoi je mesure ma chance d’avoir pu expérimenter personnellement Dieu hors de l’institution avec cette rencontre personnelle en coma dépassé. Evènement qui a enclenché une relation personnelle à Dieu que je n’aurais sans doute jamais eue comme je l’ai qualitativement et quotidiennement depuis plus de 20 ans, même en étant croyante et catho pratiquante depuis tout bébé puisque baptisée à l’âge de six mois et emmenée à l’église chaque dimanche, éduquée en école catholique en grande partie, ayant fait le caté et les sacrements de communion et de confirmation.

La différence d’approche de Dieu est juste immense si je compare les deux époques, avant et après mon coma. Et c’est pas seulement en lien avec mon âge et l’évolution normale que l’on a au cours de la vie, mais c’est un autre échange qui n’a presque rien à voir, tellement le lien est différent. Je n’aurais jamais pensé qu’une telle chose était possible. Avant, j’aurais trouvé ça absurde et même limite suspect. Ce qui me fait beaucoup rire aujourd’hui.

Et ce lien personnel à Dieu m’a fait comprendre et réaliser tant de choses sur lesquelles probablement je n’aurais jamais réfléchi ou dont je n’aurais pas du tout saisi l’importance…

Pour moi l’institution religieuse, la religion c’est du concret. C’est un groupe d’individus qui se définissent comme étant les représentants de Dieu sur terre, et qui à ce titre auto-proclamé, imposent une vision morale, sociétale, spirituelle, affective, politique aux autres. Humains sur lesquels ce groupe d’individus revendique un pouvoir, une domination, mais aussi une supériorité et une autorité absolues, sans contestation possible. Cette définition montre bien le totalitarisme lié au religieux quelle que soit la religion, quelle que soit l’institution.

Dans un tel contexte, vous comprenez le hiatus qui existe entre d’un côté les croyants qui espèrent en un Dieu Amour et de l’autre l’institution qui s’arroge le droit d’être la seule à définir selon ses critères à elle (sous l’alibi de Dieu) comment vivre au quotidien jusque dans notre intimité la plus intime mais qui ne s’applique pas du tout les ordres moraux qu’elle préconise, au nom d’une supériorité morale, spirituelle, de classe aussi : un statut de demi-dieu finalement.

Dans la continuation de cette définition, la posture institutionnelle religieuse relève de la manipulation, de l’aliénation et de la dictature. Personne de sensé et au minimum éduqué scolairement ne peut admettre aujourd’hui quelque chose d’aussi violent et aliénant. A moins bien sûr, d’être resté très immature dans son comportement et très dépendant de l’institution religieuse.

Qu’au sein de ces institutions religieuses, il y ait des gens honnêtes, respectueux, ouverts, ça ne fait aucun doute. Mais vous avez ça dans toutes les structures totalitaires, qu’elles soient ou non religieuses. Est-ce pour autant que la dictature est acceptable ? Non, bien sûr !

Si par le passé, nous n’avions pas les moyens éducatifs, culturels, informatifs de nous rendre compte de tout ça, aujourd’hui et depuis deux décennies environ, nous pouvons vraiment nous en rendre compte et nous avons conquis par cette éducation, le moyen d’agir contre ces totalitarismes.

Du coup, la radicalisation religieuse toutes religions confondues s’explique très bien. Car il y a une peur panique de contestation massive et une peur panique d’anéantissement chez les religions. C’est pourquoi les religions freinent des quatre fers vis à vis de l’éducation scolaire des masses hors de leur contrôle, de peur qu’idéologiquement, ces individus non formatés, non soumis contestent leur pouvoir. C’est pourquoi les religions préconisent toutes une restriction éducative à l’endroit des femmes, de peur qu’elles puissent contester l’autorité et la légitimité institutionnelle. Les religions savent bien que si elles n’ont plus de contrôle sur les femmes, elles perdent le contrôle sur toute la société. Il est donc important de maintenir les femmes dans une situation d’inégalité et d’infériorité à tous niveaux. C’est pourquoi aussi aujourd’hui, bien des religions choisissent de pactiser avec l’intégrisme, qu’il soit le fait de groupes fondamentalistes ou de groupes plus ou moins schismatiques. Parce que ces groupes légitiment le totalitarisme qui est celui des institutions religieuses. Et que pour les religions, il est vital de conserver le système totalitaire élaboré il y a plusieurs siècles, qui leur permet une domination absolue sur les individus et donc leur permet de pouvoir commettre les pires crimes sans être pour autant jamais inquiétés au plan pénal. C’est pourquoi aussi ces institutions pactisent avec les régimes politiques de préférence dictatoriaux pour s’assurer toujours d’un certain contrôle social mais aussi l’opportunité d’avoir d’un défenseur constant.

Nous savons aujourd’hui que le Vatican a collaboré sciemment avec Franco, avec Mussolini et Pinochet, les colonels en Argentine. Nous savons aussi qu’il a sciemment dans le cadre d’un réseau international, protégé la fuite et offert des abris durant des années à nombre de criminels nazis. Comme nous savons que le Vatican a sciemment autorisé, parfois sanctifié des gourous de groupes fondamentalistes pour prendre le contrôle spirituel et financier de bien des familles et des individus (voir les communautés déviantes listées sur ce site et voir l’importance politique et financière de l’Opus Dei au fil du temps au sein du Vatican). Comme nous savons que le Vatican a choisi sciemment de proposer des bagnes pour femmes et enfants, pour avoir un moyen de rétorsion et de contrôle supplémentaire des populations, mais aussi obtenir de la main d’œuvre gratuite qui ne puisse pas s’opposer. Et puis aussi, une main d’œuvre suffisamment aliénée et délégitimée pour s’en servir de défouloir sexuel, comportemental, faire du profit financier par des ventes comme du bétail de bébés. Comme nous savons maintenant l’importance de la responsabilité vaticane dans le génocide du Rwanda et l’intense participation religieuse aux massacres qui ont eu lieu. Comme nous savons le lien étroit du Vatican avec la mafia italienne et sicilienne. Rien que cela devrait nous faire tilt quant aux véritables motivations et aux réels intérêts de l’institution vaticane et cléricale.

Si tout ça, finalement ne nous fait ni chaud ni froid parce que ça ne nous a pas touché de près, continuons à donner des chèques en blanc à l’institution vaticane pour continuer les crimes, en faire d’autres, ce qu’elle sait très bien faire. Tout autant que les institutions religieuses non catholiques d’ailleurs. Même si elle se prétend meilleure que les autres.

Personnellement, je ne peux pas laisser faire sans exprimer en tant que croyante,mon désaccord profond vis à vis des agissements, méthodes, aliénations diverses et variées des institutions religieuses et de celle dont je relève plus particulièrement, à savoir le Vatican.

Ni laisser ces institutions crucifier Dieu comme elles le font en tuant, spoliant, violant, aliénant toujours plus d’enfants, de femmes, d’hommes. Il me faut dire la gravité des crimes commis, informer de ce que je sais.

C’est trop grave ce qui se passe. Et je trouve très important un site comme celui de Xavier Léger et de son groupe d’amis pour justement pouvoir dire ces choses publiquement.

Il y a quelques décennies, ces espaces n’existaient pas et l’on pouvait avoir l’impression que le Peuple de Dieu était extrêmement monolithique dans son approche religieuse. C’est à dire qu’on pouvait penser que l’ensemble des croyants pensent toujours l’institution vaticane sainte et bénéfique.

Alors que dans la réalité, de moins en moins de croyants catholiques adhèrent et pour cause, aux dogmes, diktats de l’institution, se rendant compte de son aspect totalitaire et criminel, qui n’a strictement rien à voir avec Dieu. Et qui ne sert de façon constante que ses intérêts totalitaires.

La notion de vivre ensemble, relève hélas pour l’ensemble des religions, de la vaste blague, au mieux de l’argument publicitaire. La raison d’être pour les religions, c’est le pouvoir, la domination sur l’ensemble des humains. Et à défaut, au moins la domination des croyants.

Et les religions ne sont pas les seules à considérer les choses comme cela. Tous les pouvoirs, qu’ils soient politiques, médiatiques, juridiques, financiers, entreprises sont dans la même optique de domination et d’exploitation des individus pour le seul bénéfice de leur caste.

La notion de pouvoir est-elle intrinsèquement attachée à l’humain ? Je n’en suis pas sûre, étant donné qu’au fil de l’Histoire, nous voyons des individus certes isolés mais quand même nombreux, sortir de ces logiques de pouvoir. Parce qu’ils se sont construits individuellement suffisamment pour ne pas avoir besoin d’aliéner les autres pour se vivre bien dans leur vie.

Pour moi, le pouvoir est lié à la peur des autres et de soi. En dominant les autres, l’humain croit pouvoir assurer sa propre sécurité intérieure et pas simplement sa survie physique. Sauf que, le pouvoir va quand même les insécuriser de plus en plus. Puisque les puissants à mesure qu’ils ont du pouvoir, vont se faire des ennemis qui vont contester leur domination. Donc qui vont amener les puissants à établir de nouvelles violences et aliénations pour rajouter de la sécurité sur eux. Et c’est une course infernale, sans fin dans le sang, la guerre et les larmes. Qui ne permet aucun vivre ensemble réel, tangible. Mais une défiance constante entre les individus et forcément engendre des guerres, de la violence, des souffrances intolérables.

C’est ce qu’ont dénoncé des personnalités comme Jésus, comme Gandhi, comme Soeur Emmanuelle à sa façon, comme l’abbé Pierre, comme le père Joseph Wresinski…

Mais ça suppose effectivement une construction intérieure personnelle pour sortir de ces logiques de pouvoir et de domination, pour oser critiquer nos institutions religieuses et réclamer justice. Et c’est un travail quotidien personnel. Parce que ce n’est pas un chemin pavé de roses ni facile. Mais Dieu est là pour nous aider à avancer dans ce chemin. Si nous le voulons, bien sûr ! 😉)

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