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« De l’emprise à la liberté » Conférence du père Pierre Vignon

Le mardi 25 juillet 2017

Bonjour Mr Vandeleene

Justement, si la mafia emploie le même terme que le nazisme et le fascisme italien, et que le terme a été récupéré et utilisé très longtemps par Chiara Lubich, il y a peut-être des questions à se poser sur le sens de ce mot dans le contexte historique et fasciste en Italie, mais aussi marqué par une volonté de retour de la monarchie italienne (fin de la seconde guerre mondiale) qui voit la création des Focolari, non ?

Un peu d’étymologie :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Kapo

Mais ce n’est peut-être pas évident d’être critique vis à vis du mouvement quand on a été proche collaborateur de la fondatrice, non ?

Quant à St Paul, quand on sait l’intégriste patenté que c’était et la recherche du pouvoir dans laquelle il était engagé, je ne suis pas sûre que ce soit une référence très adéquate…

Si l’on fait le tour un petit peu des articles sur le mouvement des Focolari, on voit que la communication est, tout comme celle de l’Opus Dei et peut-être même encore plus, très « contrôlée ». Il ne faut pas qu’un discours critique émerge. On trouve cependant le témoignage de Renata mais aussi un autre, émanant d’une certaine Larissa, qui explique justement le côté gourou et autocentré de Chiara Lubich que décrit aussi Renata et qui les a fait souffrir et qui a contribué à les faire réfléchir sur la validité du mouvement puis contribué à leur faire quitter le mouvement.

En dehors de ces quelques critiques interne, j’ai trouvé cet article assez pertinent de Christian Terras (rédac chef de Golias) :

http://nsae.fr/2007/02/05/nouvelles-communautes-et-derives-sectaires-par-christian-terras/

Mais en dehors de cette critique argumentée, différente forcément et extérieure et des plaintes en France sur une question immobilière jamais résolue depuis 2001 apparemment, il n’existe pas grand-chose d’autre qu’une apologie reprise sur la plupart des journaux et notamment catholiques : est-ce en lien avec la promesse de béatification et le procès en cours ? Sans doute. Mais du même coup, cette espèce de vitrine verrouillée semble une énorme imposture, totalement fabriquée, artificielle.

Quand je lis un peu plus avant, le chapitre sur la création de l’économie de communion, j’ai l’impression de lire une sorte de réédition du paternalisme industriel en un peu plus poussé. Prétendre que ce serait une alternative au capitalisme, c’est franchement abuser. En quoi le paternalisme capitaliste industriel qui démarre au 19e siècle a-t-il permis une émancipation ouvrière et populaire ?

En réalité, ce paternalisme qui fait suite au patronage, ne s’est instauré que pour éviter une révolte ouvrière et un syndicalisme qui aurait nui aux intérêts du patronat industriel de l’époque. Et il a été mis en place aussi pour garder une main-mise sur la main d’œuvre, empêcher qu’elle aille travailler ailleurs. Ce paternalisme n’était pas là pour émanciper mais pour soumettre, contrôler et infantiliser les ouvriers. Il était là en tant que contrôle social totalitaire sous couvert de bienfaisance et de charité justement.

Quand je lis le programme de l’économie de communion, j’ai l’impression de lire la même démarche que celle promue autrefois par le paternalisme industriel.

Comment faire du neuf en 1991 avec du vieux qui ne remettra surtout pas en cause ni en question le capitalisme ultra libéral ni le patronat en général mais lui donnera une coloration un peu plus charitable donc plus chrétienne et acceptable…le morceau de sucre qui aide la médecine à couler en quelque sorte.

Personnellement, j’ai vraiment l’impression quand je lis ça, d’être prise pour une imbécile. Même sans une grosse culture économique ou syndicale, c’est quand même hallucinant de lire ce genre de projet économique qui a la prétention d’être une alternative à l’économie de marché actuelle.

Et plus je lis le témoignage de Renata, ses questionnements, plus je me dis qu’il y a dans cette espèce de lobotomisation religieuse dès le plus jeune âge et d’entreprise de dépersonnalisation, un vrai problème sectaire et une dérive de gourou chez Chiara Lubich. Mais qui reste profondément taboue, d’autant plus actuellement où il faut absolument faire aboutir la béatification de la fondatrice.

D’ailleurs, cette obsession de béatification, qu’on retrouve aussi chez l’Opus Dei pour se prémunir d’enquêtes et poursuites internationales et de qualification sectaire, m’interroge toujours sur la légitimité réelle des mouvements qui en font la demande par le biais de lobbies.

D’autant que ces demandes s’accompagnent d’une réécriture de l’Histoire pour justifier les futurs béatifiés, et qui, comme de bien entendu, fera obstruction à la réalité des faits et de la personne. Le clergé se fera ensuite fort par voie médiatique et religieuse, de transmettre la légende dorée qui prendra la place de la vérité dont chacun espère qu’elle ne sera jamais accessible.

On l’a vu concernant Balaguer, le fondateur de l’Opus Dei, on l’a vu pour Mère Térésa, pour JP2, on le voit pour Aloïs Stepinac, on le voit pour Pie XII, on l’a vu également pour les fondateurs de couvents-prisons et bagnes religieux du 19e siècle.

C’est toujours la même hâte, le même mode opératoire pour masquer des réalités gênantes, abusives, parfois criminelles, par une création de légende dorée certifiée conforme au catholicisme romain institutionnel et sensée être LA protection absolue vis à vis de toute forme de poursuite judiciaire.

Ce qui devrait logiquement interroger sur le bien-fondé de l’entreprise. Mais qui, en tout cas pour le moment, n’interroge qu’une minorité de croyants et de non-croyants. Cependant, cette méthode, usée jusqu’à la corde, peut-elle véritablement et durablement prémunir ces groupes d’une mise à l’index judiciaire ? J’en suis de moins en moins persuadée.

Parce que les moyens de communication et d’informations se sont multipliés et que la réalité factuelle finit toujours par être révélée. Le jeu de la béatification ne repose donc que sur un contre la montre qui perd chaque année en tranquillité et impunité. Et avec un Vatican de plus en plus contestable et contesté, profondément corrompu et criminel, sur quelle stabilité et validité peut s’appuyer une béatification aujourd’hui ?

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