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Le père Bernard Peyrous démis de ses fonctions

Le dimanche 12 novembre 2017

Bonjour Ced

Sans vouloir expliquer tout rationnellement (même la science dure ne le peut pas), il y a quand même des questions à se poser dont celle-ci :

Pourquoi l’extrémisme religieux quelle que soit la religion, utilise et instrumentalise des individus en situation de maladie, de handicap ou de détresse, pour en faire des martyrs pour faire accepter sa propre violence sans aucune discussion possible ? Pourquoi cette instrumentalisation n’existe pas au sein d’une pratique religieuse classique ?

Parce que cette instrumentalisation dont je parle existe aussi dans les courants extrémistes et intégristes d’autres religions. Le catholicisme romain extrémiste ne détient pas le monopole de ce genre d’abus. Ce qui me pose souci, c’est que dans le cadre du catholicisme, on n’ose pas présenter cette dimension abusive comme liée à l’extrémisme religieux. Alors qu’on devrait. Parce que vous pouvez aller voir plein d’exemples de personnalités catholiques classiques, elles n’ont pas besoin de ce genre d’instrumentalisation pour justifier ni leurs actions ni leur spiritualité. Alors que l’intégrisme, si. Ca fait même partie de ses bases incontournables.

Aucun malade chronique, aucun handicapé physique, mental n’a sollicité sa maladie, son problème physique ou mental. Il ou elle doit pourtant le supporter. Et chacun (e) trouve sa façon de pouvoir gérer la situation au quotidien et la surmonter. Je n’ai pas de problème avec ça.

Mais quand des personnes extérieures, non malades, s’occupent d’instrumentaliser de façon mystique ces maladies, handicaps et les personnes qui en souffrent pour justifier leur propre domination, il y a des questions à se poser sur leur opportunisme et sur la moralité de leur attitude.

Jésus n’a jamais agi ainsi. C’était pas le genre de la maison. Alors pourquoi des personnalités se réclamant de lui font ça en abusant des personnes malades ?

Et dire cela ne remet pas en cause ni en question le christianisme pour autant. Parce que le christianisme n’a rien à voir avec ce genre d’attitude manipulatrice et abusive.

Mes souffrances sont du passé. J’ai depuis un certain nombre d’années, construit une vie heureuse et épanouie, pleine de passions, de rires et d’affection. Mais je n’oublie pas pour autant celles et ceux qui ne pourront pas parvenir à dépasser ce qui leur est tombé dessus. Et qui n’ont pas fait jusqu’au bout un travail de conscientisation et de critique, parce qu’il existe un indépassable au plan psychologique, en lien avec une structure idéologique familiale et religieuse toxique, jamais remise en question. Situation qui prolonge et entretient l’emprise et la manipulation au-delà de la rupture avec le groupe dérivant sectaire. Et qui ne leur permet pas de faire le lien entre les violences et souffrances endurées et leur propre contexte initial.

C’est pour aider à avancer ces personnes qui ont souffert et souffrent toujours que j’écris ici et témoigne. Il m’a fallu des années et des années pour comprendre les tenants et les aboutissants du vécu religieux et familial. Parce que j’avais moi aussi, comme vous et bien d’autres, une culture religieuse et familiale proche de l’intégrisme, mais qui ne disait pas son nom. Et qui ne pouvait amener que des situations violentes et abusives tant au plan familial que religieux et idéologique. Donc il m’a fallu du temps pour réaliser et admettre que tout est lié. Une violence en entraîne et en justifie une autre et d’autres encore. Et Dieu n’a rien à voir avec ça. En tout cas Dieu tel que je le connais et l’aime n’a rien à voir avec ces pratiques abusives, violentes.

Donc il faut pouvoir dissocier ces pratiques abusives qui se prétendent mystiques, de Dieu et de la foi. Ce n’est sans doute pas facile car comme je l’écrivais plus haut dans la discussion, depuis JP2, le catholicisme le plus mis en avant est le catholicisme intégriste issu de ces mouvances dérivantes identitaires avec toute sa cohorte de faux mysticisme, de fausse spiritualité et de grande violence qui aboutit à une multiplication de personnes victimes et abusées spirituellement autant que physiquement et psychologiquement.

Donc il devient très difficile de voir le catholicisme réel, séparé de ce type de pratique abusive.

C’est aussi pourquoi j’ai d’abord interrogé pour moi-même ce qu’était réellement ce catholicisme dérivant et comment il avait complètement pris le pouvoir dans les consciences, les esprits. Si bien que lorsqu’il s’agit de pouvoir entrer en critique vis à vis de telles pratiques violentes, les croyants se trouvent en difficulté pour pouvoir le faire. Ayant peur d’entrer en critique avec le christianisme dans son ensemble. Alors qu’il s’agit d’entrer en critique avec l’intégrisme seulement.

Depuis quelques années, j’ai décidé d’interroger cela publiquement pour que d’autres catholiques et d’autant plus ceux qui ont souffert de différents abus spirituels, religieux puissent y réfléchir aussi. Je me suis aperçue que si l’on allait pas interroger ces abus jusque dans leur fondement manipulateur spirituel, finalement, on ne pouvait que permettre la poursuite des abus communautaires et aussi religieux. Et qu’il existait un risque de poursuivre également l’emprise avec ces structures simplement en évitant de s’interroger sur les proximités idéologiques entre nos structures familiales et idéologiques et celles portées par ces communautés dérivantes.

Pour info, je suis toujours profondément croyante et pratiquante. Mais j’ai appris à dissocier foi et religion, et d’autant plus dans ce qui relève des valeurs intégristes religieuses, que je considère profondément toxiques et destructrices justement d’une pratique religieuse sincère et d’une espérance spirituelle authentique.

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