Poster un message

En réponse au message :

« mon travail d’enquête depuis tant d’années… »

Le dimanche 19 novembre 2017

Bonsoir Fabio

Je n’y ai jamais pensé. Pour moi (et ça n’engage que moi), l’exposition directe de faits, de documentation pratique auprès des personnes en souffrance ou elles-mêmes enquêtant sur ces problématiques, donc à qui ce travail d’enquête peut profiter vraiment et immédiatement, me paraît plus ciblé, plus efficace aussi.

Le bouquin, des tas de gens le lisent et puis finalement oublient. Dans un forum où les personnes échangent presque en direct et sont vraiment concernées par ces problématiques, ce travail fait sens. Du moins, je l’espère.

Ma démarche d’enquête est simple : qui, quoi, où, comment et pourquoi.

Elle part du contexte personnel et familial autour de l’OD (meurtre de mon père par l’OD), s’est élargie aux autres mouvances cathos dérivantes, à l’institution cléricale catholique romaine, leurs liens avec les monarchies et l’extrême droite, dans une perspective historique à la fois religieuse, politique, sociologique, anthropologique, judiciaire.

Mes outils :

Des essais historiques, sociologiques, anthropologiques, des sites d’infos spécialisés (Cairn, Persée, Presses Universitaires notamment mais aussi des sites gouvernementaux judiciaires, histoire des sciences sociales, sites d’historiens spécialisés sur certains domaines et certaines périodes historiques), des sites d’associations de victimes francophones mais aussi étrangères, des sites d’avocats d’associations de victimes, des ouvrages de politologues spécialisés, l’UNADFI, l’AVREF, le CCMM, la MIVILUDES, la Ligue des Droits de l’Homme, le site de Muriel Salmona sur la mémoire traumatique, le National Catholic Reporter, le site de Patrick Doyle, celui de Betty Clermont, le réseau Crimino Corpus de Philippe Poisson, certaines sources antifascistes (qui font état chaque année d’une cartographie actualisée de l’extrême droite française et d’infos peu publiées sur l’extrême droite sauf sur des ouvrages de politologues), les travaux de Pierre Avvanzino (sociologue suisse), le livre témoignage de la suissesse Louisette Buchard Molteni, celui du couple français Michelena, de Solveig Ely, de différents anciens opusiens français et étrangers, différents documentaires sur ces sujets d’Arte, des articles de presse généraliste (toutes tendances confondues), mais aussi de la presse catho comme la Croix, la Vie, Témoignage Chrétien, Pélerin, Golias. La presse locale parfois aussi peut renseigner et donner quelques pistes supplémentaires. Je consulte également certains sites ministériels, des sites de presse internationaux. J’avais indiqué également ici même, les travaux de Gregory Chambat et sa collègue Laurence de Cock (enseignants en histoire) sur ce qui concerne le réseau Espérance Banlieues et qui rassemble différentes communautés cathos dérivantes alliées à l’extrême droite.

A noter que depuis que Xavier m’a mise en contact avec Ana Azanza, ancienne numéraire espagnole de l’OD, j’enrichis énormément mes connaissances et nous pouvons croiser nos informations, nos recherches, nos questionnements. C’est d’une richesse et d’un intérêt extraordinaires. Je la remercie énormément pour nos échanges. Et je remercie Xavier d’avoir permis cette rencontre.

Je consulte également, spécifiquement pour la veille informatique et le repérage des projets identitaires, intégristes et partenariats douteux : les sites de Civitas, Salon Beige, l’Emmanuel, la Fondation de Service Politique, Genethique, Alliance Vita, Contribuables et Associés, les 4vérités, la Fondation Lejeune, le forum de Docteur Angelique, mais aussi différents sites d’extrême droite comme Valeurs Actuelles, Spectacle du Monde, Novo-press, Boulevard Voltaire, Ichtus, certains sites royalistes et contre-révolutionnaires, Famille Chrétienne, l’ECLJ de Gregor Puppinck, Causeur, Koz, mais aussi l’ICCRS et des sites cathos intégristes schismatiques (Porte Latine, etc).

Ensuite, avec tout ça, il devient facile de constater que ces groupes communautaires cathos dérivants qui sévissent pas seulement en France mais aussi à l’étranger, fonctionnent par réplication et importation de recettes, retraites, méthodes qui sont déjà utilisées à l’étranger et ont piégé pas mal de catholiques. L’OD est la plus caricaturale dans ce type de procédure. Et très facilement reconnaissable. Coïncidence magnifique, j’ai pu trouver des travaux de thèse très pointus sur les activités opusiennes et ses méthodologies employées sur le réseau éducatif notamment, partout dans le monde.

Je précise que ce travail d’enquête n’aurait jamais pris cette ampleur de recherche sans quatre paramètres :

  • les révélations fournies par différentes victimes catholiques liées à différentes communautés dérivantes depuis le début des années 2000 (internet, articles de presse et livres, émissions télé, procès judiciaires), ainsi que la prise de paroles de victimes plus anciennes de couvents prisons, de colonies pénitentiaires et de prêtres pédophiles (en France, en Irlande, en Suisse notamment).
  • un travail thérapeutique psy personnel sur plusieurs années avec une démarche jungienne (j’ai pu au travers de cette démarche psy, aborder des questions que je n’aurais jamais traité sans : à savoir la dynamique d’emprise de type perverse narcissique et la filiation culturelle de cette emprise via le modèle familial autant que le modèle religieux).
  • la politisation nationale et européenne de toutes ces communautés dérivantes et leur union dans la conquête politique (Sens Commun, ECLJ) mais aussi leur union religieuse identitaire et intégriste dans un lobbying intense au Vatican notamment par le biais de demandes de béatifications particulières, de demandes de prélatures personnelles.
  • les divulgations de victimes de prêtres pédophiles aux US comme en Europe.

Ma motivation principale :

  • éviter que des catholiques se fassent avoir comme mon paternel (qui en a payé le prix de sa vie) et que cela pollue leur vie durablement voire gâche leur existence et celle de leur famille (descendants et ascendants).

Et motivation secondaire : que l’assassinat de mon père serve par delà mon enquête et mes interventions, à informer les gens et à les protéger de manipulateurs pseudo-religieux et surtout pervers narcissiques en lien avec des groupes politiques douteux et extrémistes.

En gros, c’est faire d’un mal un bien.

J’ai toujours fonctionné comme ça dans ma vie. Toute expérience violente et négative qui m’arrive, j’essaie d’en tirer les leçons et d’en faire du positif pour mon édification personnelle d’abord, et si je peux ensuite, également en faire profiter les autres. Je fais la même chose avec des expériences positives et heureuses.

Je suis prof de dessin-peinture et d’arts appliqués et dans mon travail professoral, j’essaie de donner un max d’infos professionnelles artistiques, de trucs pros techniques, d’histoire de l’art, même à des néophytes. Ca leur permet d’avancer plus vite techniquement, graphiquement, de disposer d’une culture artistique étendue, d’être aussi plus autonomes pour créer. Le savoir pour moi est fait pour être partagé à tous, sans discriminations et quel que soit le domaine.

Il me semble que c’est comme ça qu’une société humaine peut avancer et devenir plus égalitaire, plus libre et plus fraternelle, et qu’elle peut mieux construire une société ouverte, altruiste et résister aux violences de toutes sortes, être plus à même de protéger les plus fragiles.

C’est une démarche qui me parait cohérente avec la foi, la spiritualité qui me porte au quotidien depuis l’enfance.

Voilà, Fabio. Il me semble que ça résume bien ce que je fais et pourquoi. Nul besoin d’un bouquin qui ne dirait pas grand-chose de plus.

Cordialement Françoise

Rajouter votre témoignage

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?

Votre adresse email ne sera pas rendue publique sur le site. Seuls les commentaires sont publiés sur le site. Votre adresse mail est nécessaire pour que nous puissions vous répondre si vous avez une question personnelle.

Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Lien hypertexte

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)