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« mon travail d’enquête depuis tant d’années… »

Le mardi 11 décembre 2018

Bonsoir Sébastien

J’ai 47 ans. Peu de goût pour l’écriture encyclopédique effectivement (et surtout pas le temps de me poser suffisamment pour faire ce genre d’ouvrage, avec les six lieux de cours et les 200 élèves de 6 à 75 ans à qui je donne des cours chaque semaine et parfois certains week-ends lors de stages, ma vie de couple et de famille, les activités associatives) ; et puis, le bouquin a quelque chose d’autoritaire, de formel qui ne laisse pas grand espace aux personnes pour discuter les choses, faire leur propre analyse à leur rythme et leur permettre d’interagir.

L’avantage de poster les infos sur un forum ici ou sur Golias ou ailleurs, c’est que ça reste un espace de discussion interactive égalitaire, sans chichi, convivial, réactif. Et l’information circule mieux ainsi que via un bouquin. Ca touche plus de gens, ça les interpelle directement dans ce qu’ils vivent sur le moment, ça les fait réagir, consulter, réfléchir, échanger. Ainsi ça a une portée d’échange, de réflexion riche.

Le bouquin n’offre pas tout ça. Certes, le livre va synthétiser des infos, les rendre peut-être plus digestes, moins touffues, offrir une consultation bibliographique complète, mais il ne touchera pas autant de gens et n’offrira pas cette réactivité ni cette accessibilité.

Le partage des savoirs par internet ou par voie orale en face à face est, au moins de mon point de vue, quelque chose qui touche plus les gens, leur parle plus au cœur. Le livre, tout le monde ne se l’achètera pas, et beaucoup de ceux qui l’achèteront en liront à peine quelques lignes voire au mieux quelques chapitres avant de le fermer définitivement et le ranger dans la bibliothèque. On peut le regretter, mais c’est une réalité. Et sur internet, on peut mettre des extraits assez conséquents de livres, de références bibliographiques, des documentaires, des émissions audios, qui se résument sur un livre édité à seulement un titre, voire une mention de page ou une datation.

Dans ce cadre là et aussi du fait que mes recherches et enquêtes sont le fait d’une citoyenne toute simple, sans grade, j’estime qu’il est bien suffisant de seulement partager les infos sur internet. Je ne partage pas ces infos pour me faire connaître moi (c’est le dernier de mes soucis), mais pour aider les gens, leur donner accès à des informations plus globales au plan historique, stratégique, idéologique et politique,sociologique, leur donner des infos se référant directement à des ouvrages déjà existants depuis un moment, bien documentés mais peu médiatisés, et néanmoins importants, cruciaux même, pour comprendre un peu mieux sous un angle plus large, ce qui leur est arrivé et à qui ils ont eu affaire réellement dans le cadre institutionnel clérical comme communautaire dérivant sectaire.

Car on ne peut hélas pas dissocier les activités des communautés dérivantes sectaires cathos de celles de l’institution. Institution qui en assure via différents hauts-clercs et ce depuis de très longues années, la protection, la promotion et qui accompagne de façon complaisante et intéressée leur politique d’expansion. Au mépris des risques encourus par les croyants piégés, instrumentalisés, abusés par ces groupes dérivants sectaires.

A partir du moment où l’on a compris ce lien étroit, ce type d’association, on ne peut pas juste se contenter d’enquêter sur la ou les communautés dérivantes sectaires. Il faut aller se renseigner sur les choses suivantes : à quel moment remonte le soutien clérical à ce groupe, au fondateur, pourquoi, comment ça s’est opéré. Sur la base de quels intérêts, quels retours sur investissement le clergé et les autorités religieuses laissent faire ce groupe et ses cadres et depuis combien de temps. Combien de responsabilités, de passes-droits le clergé a octroyé à ce groupe dérivant sectaire…

Voilà pourquoi si on veut faire le tour de la question, on est de facto contraint d’aller enquêter sur le Vatican, sur l’épiscopat, sur le milieu intellectuel, politique qui a soutenu et posé les premiers jalons des groupes dérivants sectaires, pourquoi leur implantation dans telle ou telle région, dans tel pays, quels objectifs réels visent leurs fondateurs à l’arrière-plan de la vitrine abusive qu’ils présentent ? Comment ces groupes progressent et noyautent peu à peu telle ou telle structure institutionnelle civile ou religieuse, telle communauté classique, tel haut-clerc et pourquoi ?

Généralement ces questions ne sont que très rarement abordées ou questionnées par les ex-adeptes. Parce que ces questions sortent du cadre de leur expérience personnelle. Alors qu’elles sont importantes pour mieux comprendre les fondations et les objectifs, les partenariats et collaborations clergé classique et dérivants sectaires.

Le fait d’avoir été seulement observatrice de l’embrigadement paternel à l’Opus Dei, m’aide certainement pour faire ce type d’analyse. Je n’y ai pas d’affect, j’étudie ça froidement comme quelqu’un ferait une observation au microscope. J’admire Ana qui a le recul suffisant pour mener le même genre d’observation, d’étude, d’analyse et même encore plus poussée que ce que je peux faire de mon côté, tout en ayant été membre numéraire. Ce n’est surtout pas évident de parvenir à aller aussi loin dans l’analyse après tout ce qu’on y a souffert.

Bonne soirée ! Et au plaisir de vous lire.

Amitiés

Françoise

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