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« Je suis un risque » de Marie-Philothée Mallais, éd. Du Cerf

Le mercredi 1er août 2018

L’OD n’est pas construite sur une dynamique bons et méchants, Marie-Philothée, mais sur une démarche de séduction commerciale qui utilise des gens déjà engagés dans des conduites ultra religieuses, formatés dans des cercles fondamentalistes et ultra conservateurs, et qui sont souvent dans des problèmes identitaires, psys, relationnels, des traumatismes, des comportements violents que l’OD comme toute secte, va instrumentaliser au service de ses intérêts financiers, politiques, religieux et criminels. Car l’OD dispose d’une milice qui tue, chose que n’ont pas les autres sectes catholiques. Elle peut empoisonner, pendre, provoquer des accidents, droguer, stranguler, payer un homme de paille pour tuer par arme à feu. Vous connaissez quelques exemples célèbres à ce sujet : le banquier Roberto Calvi, Robert Boulin, Manuela Orlandi, le prince de Bröglie. Il en est beaucoup d’autres moins médiatiques mais tout aussi tragiques. Ces meurtres concernent aussi bien des surnuméraires, que des numéraires. Et c’est le clergé qui décide qui a le droit de vivre ou mourir.

L’OD fonctionne à la fois sur de la manipulation mentale, sur l’abus de faiblesse, sur de fausses promesses, bref, sur une escroquerie majeure. Ce n’est pas la sainteté ordinaire leur slogan factuel, c’est plutôt « comment entuber, rentabiliser et ruiner des cathos un peu trop versés dans la mystique et le conservatisme ».

L’OD a besoin de commerciaux pour parvenir à ses fins et fait de chaque adepte un agent commercial pour rallier de nouveaux adeptes.

Les clercs ne sont pas des promoteurs directs, mais se sont ceux qui disposent du pouvoir au sein de l’OD. Donc leur aide éventuelle est encore plus conditionnée par une recherche d’emprise et de pouvoir.

Si vraiment vous voulez savoir si ce prêtre était véritablement un ami sincère, regardez si en suivant il a quitté l’OD, interpellé par vos souffrances, le crime abject d’inceste dont vous avez été victime et ce que cela a créé comme déclic intérieur chez lui. S’il est toujours à l’OD, alors comme la plupart de ses collègues, il a joué auprès de vous tout en vous aidant son rôle de manipulateur opportuniste. Il vous a sorti d’un problème pour mieux vous engluer dans un autre, au nom des intérêts financiers et idéologiques de la secte. En profitant de la dimension traumatique et d’isolement psycho-affectif dans laquelle vous étiez prise au sein de votre école comme de votre famille, comme peut l’être un lièvre pris dans les phares d’une voiture.

Vous n’étiez pas en mesure de protester ni de mesurer exactement et rationnellement où l’OD vous entraînerait et encore moins ce qu’il y avait derrière.

Ce prêtre savait qu’il était la seule ouverture hors du milieu toxique familial et scolaire qui était le vôtre. Ce qui lui offrait le beau rôle et lui laissait un boulevard pour vous attirer à l’OD et finir par voie indirecte par faire de vous une numéraire et au passage, mettre financièrement la famille sous séquestre via votre testament à l’Œuvre.

Mais je comprends tout à fait que vous ayez eu besoin et ayez encore le besoin de le considérer comme « sauveur ». J’ai longtemps fonctionné comme ça vis à vis de personnes pas toujours bien intentionnées, mais néanmoins aidantes post inceste.

Dans notre contexte familial toxique, il y a eu de telles horreurs qu’on se raccroche à la moindre main tendue et on va presque la sacraliser, la parer de toutes les vertus. Or, ce que l’on oublie, c’est que nous rentrons ce faisant dans le triangle de Karpman. La fameuse trilogie du bourreau, du sauveur et de la victime. Et nous souhaitons nous maintenir dans le rôle éternel de la victime. Le bourreau étant distribué à notre agresseur ou nos agresseurs sexuels familiaux et celui de sauveur aux individus sympas que nous rencontrons.

Or le rôle de la victime est celui de l’enfant. Les bourreaux et sauveurs incarnent les adultes abusifs et antagonistes à la fois entre eux et avec la victime. Une victime a besoin des deux (bourreaux et sauveurs) pour rester une victime. Si elle ne les a pas, elle va les créer. Et dans nos parcours de victimes d’inceste, c’est une démarche que nous engageons sans même nous en rendre compte. Et à laquelle nous sommes très attachées. Parce que cette situation compense au moins durant les premières années post inceste, la violence et la douleur que nous avons subies. Cette création de sauveurs et de bourreaux, entretenue, cultivée, nous restaure une enfance qui nous a été volée.

Mais c’est une situation qui rapidement devient toxique et surtout maintient chez nous de l’immaturité et finalement, perpétue l’emprise initiale de l’agresseur sur nous au travers d’autres personnes « sauveurs »qui se révèlent également bourreaux parce que nous tissons vis à vis d’eux une dépendance toxique à la fois totale et compulsive.

Pour rompre le cycle, il faut accepter de regarder en face ce double rôle endossé par les « sauveurs », ramener à leur juste proportion et signification les « sauvetages ». Et comprendre la toxicité relationnelle que ces relations engendrent pour nous, leur forme addictive, passionnelle, fusionnelle, destructrice, même si elles gardent des éléments positifs et constructifs.

Comprendre ce qui rapproche certains sauveurs de nos bourreaux. Et la similarité relationnelle, très fusionnelle qui se joue entre eux et nous.

Cette prise de conscience prend du temps, elle n’est pas facile du tout. Personnellement, cette prise de conscience je l’ai faite aux alentours de l’âge de 40 ans, soit 23 ans après les derniers crimes incestueux que j’ai subis. Et 21 ans après la tentative de meurtre que ma soeur et moi avions subie de la part de notre père et bourreau. Voyez si ça m’a pris du temps…mais aussi pas mal de travail thérapeutique.

Il faut je pense se sentir suffisamment solide pour pouvoir accepter intérieurement cette analyse critique. Car elle nous oblige à affronter l’angoisse de l’abandon, une sensation très anxiogène qui a tendance à s’exacerber sans la dépendance psycho-affective à ces personnes. Cette prise de conscience nous oblige aussi à poser un œil critique sur l’entourage que nous avons et les motifs réels de nos inclinations pour telle ou telle personne que nous sacrons momentanément ou durablement sauveur. Mais c’est une démarche pour le coup libératrice, une fois qu’on a réalisé tout ça.

Reste à ne pas jouer les sauveurs nous-mêmes ensuite, ce qui là non plus, n’est pas simple. La trilogie de Karpman peut nous faire jouer les trois rôles en continu également dans nos vies.

Pour sortir du triangle, il faut travailler en thérapie ces questions avec un psychiatre compétent et commencer à réaliser des projets qui nous tiennent à cœur, vraiment. Au plan d’une véritable réalisation de soi. Quand nous commençons à être heureuses, à concrétiser des rêves et à mieux comprendre nos fonctionnements, nos réactions, nos émotions, nous sommes plus à même de pouvoir activer du positif concret qui va nous permettre d’affronter des ressentis plus difficiles du passé et d’analyser de façon critique notre vécu et nos relations humaines.

C’est ce que j’ai pu comprendre au fil du temps, des projets que j’ai engagés et réalisés, des thérapies psy que j’ai entreprises.

Je vous souhaite de réaliser tout ça au fil du temps. C’est un long chemin. Et nous avançons tous après l’inceste à tous petits pas…

Bon courage pour tout ! Cordialement

Françoise

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