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Dérives sectaires dans la culture ? Questions autour de l’Office Culturel de Cluny

Le mercredi 24 octobre 2018

Bonjour Agapé

Le jour où la situation d’exploitation, d’injustice, de violences faites contre les femmes quel que soit leur état, inquiétera médias et représentants politiques, les poules auront des dents. Si les femmes subissant ces humiliations, ces violences ne se mobilisent pas, elles n’obtiennent rien. Déjà qu’en se mobilisant, les femmes n’obtiennent souvent pas grand-chose tant le retocage, les contournements législatifs accouchent finalement d’une souris (on le voit hélas ces derniers jours sur les violences sexuelles et crimes sexuels sur mineures requalifiés en délits)… S’il y a bien une chose que toute fille du monde apprend vite durant son enfance, c’est bien qu’elle ne peut compter que sur elle-même pour défendre ses droits, ses libertés, sa survie, sa dignité. Et c’est encore plus vrai au plan religieux, les femmes étant comptées uniquement comme domestiques corvéables à merci. La situation oppressive semble néanmoins de plus en plus agacer, si j’en crois les religieuses du Vatican qui ont dénoncé il y a quelques mois, violences et abus divers subis dans le cadre religieux de la part de clercs.

La prise de conscience de l’exploitation massive des religieuses par l’institution masculine, est toute récente, sans doute irréversible (et tant mieux), cependant trop tardive. Car les religieuses auraient pu bénéficier bien avant des luttes féministes, de façon inclusive. Là, elles sont un peu contraintes de batailler seules, ce qui est dommage. Maintenant, on peut espérer un ralliement progressif de la plupart des congrégations au féminisme, mais qui prendra du temps. D’une part, parce qu’il y a une réflexion à mener sur la soumission religieuse féminine qui ne pourra pas être évitée et sur l’origine de cette soumission (ce qui veut dire interroger l’inégalité hommes-femmes revendiquée et vantée par l’institution). Et comme le dit très bien la philosophe Manon Garcia, on ne naît pas soumise, on le devient. Là aussi, il y a toute une réflexion à mener sur le sujet et comment les religieuses durant très longtemps ont intégré cette nécessaire soumission en assimilant la domination masculine à une domination divine et sacrée dont ne pouvant être critiquée. Et comment face à leur extinction prochaine, et de plus en plus de situations abusives, criminelles, s’opère peu à peu une petite rébellion et une critique de cette domination cléricale masculine, qui n’est plus vue par les religieuse comme sacrée. Donc critiquable.

D’autre part, parce que rares sont les congrégations féministes. C’est plutôt le contraire qui a toujours dominé, avec un rejet profond des droits des femmes en général. Il devient donc un peu hasardeux de réclamer un soutien féministe dans la mesure où la plupart des ordres religieux féminins se sont au contraire opposés violemment au féminisme et ont participé aux violences faites aux femmes (couvents prisons, mother and babies homes, bagnes religieux).

Une fois ces questions débattues, abordées véritablement sans faux semblants par les congrégations, il faudra voir comment véritablement ces congrégations souhaitent se positionner au plan du féminisme dans un cadre religieux. Qu’il ne s’agisse pas juste de circonstances et d’opportunisme. Mais de réel positionnement avec de réelles réclamations statutaires, décisionnelles au sein de l’institution. Et avant que cela s’incarne dans un véritable changement statutaire et décisionnel des religieuses au plan institutionnel, de l’eau coulera sous les ponts. Personnellement, au regard de la situation de la majeure partie des congrégations féminines, j’ai bien peur que les congrégations meurent sans voir l’ombre d’un changement ni statutaire ni décisionnel au plan institutionnel. Pour le plus grand bonheur des clercs qui n’auront plus à accorder quoi que ce soit aux femmes au plan institutionnel. Les déclarations d’intention à leur sujet ne laissent aucun doute sur la dimension hypocrite de ces préoccupations. Au grand dam de pas mal de religieuses assez jeunes, commençant à prendre conscience du plafond de verre, constaté il y a longtemps au sein de la société civile par l’ensemble des femmes.

C’est moi qui ai rajouté « vilains » pour la dimension humoristique. Vous voyant partir à fond les gamelles et confondre parti et comité (de la Jupe), je vous ai répondu en forçant le trait. Ca m’a amusée.

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