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Aide toi et le Ciel t’aidera

Le dimanche 24 mars 2019

Je n’ai aucune douleur particulière, n’ayant jamais connu d’abus. Je ne défends pas les « victimes », ce mot me gêne : je le trouve réducteur. Je n’ai aucune haine, et surtout pas contre la foi en Jésus-Christ, que je crois être le fils du Père, mort et ressuscité.

Simplement, je ne prends pas des vessies pour des lanternes. La scène de la prière du film Grâce à Dieu, à elle seule, exprime le scandale , et tout le scandale : le pardon y est érigé en idole, de celles qui ont des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’entendent pas une bouche et ne parlent pas. Le scandale est complet, jusqu’au sacrilège, puisque cette idole, devient le Crucifié lui-même, et l’adresse à son Père par la prière qu’il a lui-même enseignée à ses disciples. Je sais donc parfaitement ce que je dis, c’est même pour ça que je l’écris.

Cette prière commune racontée dans le film - et vécue dans la réalité- est, aussi, bête, abyssalement bête, effroyablement bête, bête jusqu’au grotesque. Isabelle de Gaulmyn, dans son livre Histoire d’un silence, dit d’ailleurs que le « go-between » a amèrement regretté sa naïveté.

Lisez cet excellent livre. Vous y trouverez l’histoire d’un homme, violé dans sa jeunesse par ce prêtre et qui, ne sachant plus comment (sur)-vivre, est entré dans les ordres. Epuisé, il est parvenu à s’ouvrir de son drame à son père abbé, qui l’a encouragé à agir. Mais le corps a laché et il est tombé malade, « une loque », sur un lit d’hôpital, dit-il de lui-même. Quelle grandeur, quelle beauté, quel courage chez cet homme ! Lui ne le voit pas peut-être, mais nous, nous le voyons.

Isabelle de Gaulmyn explique aussi comment a pu agir, en toute impunité, Bernard Preynat, grâce à un silence collectif des clercs et des parents, au nom de « l’Eglise », au nom du « pardon ». Cette idôlatrie a de multiples noms : le cléricalisme, le déni, la dissimulation, la protection de l’institution, mais aussi la lacheté. Molière, lui, faisait dire à Tartuffe « Cachez ce sein que je ne saurais voir ». Aujourd’hui, mal élevés, on dit cache-sexe.

« Qu’as-tu fait de ton frère ? - Suis-je responsable de mon frère ? ». La miséricorde divine va jusqu’à supporter cette réponse minable, que l’on fait tous, plus ou moins, dans nos vies, vous comme moi, comme tout le monde. Mais quand, dans les faits, c’est à dire l’absence d’actes réels, la réponse minable vient des ministres de son Verbe, pour un frère qui, violé dans son corps, tué dans son âme, coupé de son Dieu à cause de ce scandale, meurt à petit feu de désespoir, de haine, de détresse, et qu’aucun ne s’arrête sur le bord du chemin, là, c’est autrement grave. Ce n’est pas juger, c’est appeler un chat, un chat.

Le bon Samaritain, l’étranger, l’inconnu ce sont tel ou telle, qui par leurs paroles, effectivement libérées, relèvent et réconfortent, dans le secret des cœurs, la dignité humaine, irréductible, des plus offensés, des plus bafoués, des plus oubliés. Ceux-là, sans doute, lisent leurs livres et voient leurs films.

Et vous, les lisez-vous, les voyez-vous ? Insuffisament peut-être. Sur ce site, sur l’Avref, vous trouverez toutes les références nécessaires. Ce sont d’excellents sites qui, même pour les évêques, ne sentent plus le soufre. Vous voyez, tout arrive. Grâce à eux, d’ailleurs, j’ai ouvert les yeux moi-même. Heureusement, puisque, comme le dit si lucidement Camus, « la bêtise insiste toujours ».

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