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Aide toi et le Ciel t’aidera

Le dimanche 24 mars 2019

C’est Dieu qui pardonne ou pas. Pas la victime. Jésus lui-même n’a pas pardonné mais a demandé à son Père de pardonner à ses bourreaux. Ce qui n’est pas du tout le sens du pardon que souhaiterait le clergé criminel et l’institution cléricale de la part de ses victimes. Le clergé criminel et l’institution cléricale souhaitent l’absolution via une messe, via la récitation d’une prière qui défausserait de toute responsabilité criminelle l’institution et le corps clérical responsable des crimes. C’est complètement absurde. Mais néanmoins la réalité que nous offre le clergé. Ce qui est un non-sens au regard des traumatismes subis et de la durée dans le temps des conséquences issues de ces traumatismes.

Le pardon de Dieu n’appartient pas aux victimes. Il appartient à Dieu seul. Il peut ou pas être donné par Dieu.

En attendant, il faut que les victimes puissent se reconstruire et elles ne peuvent pas le faire si elles défaussent les criminels en cause de leur responsabilité criminelle. Il n’y a pas d’absolution possible pour des crimes détruisant l’intégrité physique, psychique, spirituelle, sexuelle, affective. Peut-être ne le comprenez-vous pas, mais c’est une réalité à laquelle l’ensemble de la société doit se confronter, même si elle fait très mal. Parce que c’est cette réalité violente que doit vivre chaque victime de crime sexuel après les agressions. Toute sa vie terrestre. Il n’y a pas un jour sans que les victimes ne se confrontent à cette violence. Il n’y a pas un élément de leur vie qui ne soit pas impacté du fait de ces crimes subis. Et à chaque étape de vie, ces agressions vont peser dans les décisions, dans les choix, dans les relations, dans l’intimité. Logiquement, ces crimes devraient relever du crime contre l’humanité. Parce que ces crimes portent atteinte à l’intégrité complète de l’individu. Ces crimes tuent la personne non pas physiquement au sens propre du terme, mais à tous les niveaux dans sa vie. Ces crimes font de la personne un mort-vivant. Pour cela d’ailleurs que ces crimes font partie des armes de guerre et des crimes de guerre pour achever une population dont les belligérants veulent se rendre maîtres.

Pourquoi le viol, les abus sexuels ne sont pas comptabilisés comme crimes contre l’humanité ? Parce qu’ils sont beaucoup trop utilisés par les individus masculins ayant autorité, que cela s’opère dans la sphère sociale, familiale, religieuse, professionnelle, militaire, ce qui nécessiterait un jugement pénal pour un trop grand nombre d’individus, presque pour la moitié de l’humanité et même plus car les femmes peuvent aussi violer et abuser sexuellement (essentiellement des enfants). Le crime sexuel est une variante de l’esclavage. Et vous savez que l’esclavage même dénoncé, même prohibé par décrets et législations, continue de sévir partout dans le monde. Parce qu’il s’agit d’une question de pouvoir totalitaire sur un individu. Et que certains humains ont besoin absolu de dominer leurs congénères pour se sentir exister. Ils ne peuvent se sentir vivants qu’en réduisant, qu’en crucifiant jusqu’en leur intimité leurs frères et soeurs. C’est sur cette oppression que se fonde leur existence.

Pour eux, l’ordre du monde se définit entre dominants et dominés. Et les dominés listés sur des préjugés et des intérêts, n’ont pas voix au chapitre.

Alors quand je vous lis, je ne peux que retrouver cette passion du pouvoir qui fait qu’on ne conteste pas l’ordre religieux établi. Sous prétexte qu’il ne faut pas contester l’autorité. Parce que vous avez été éduqué(e) comme cela et que pour vous, se sont ces valeurs d’autorité, de domination qui régissent votre vie.

Cela irait sans mal si cette autorité était respectueuse des individus. Ne portait jamais atteinte à leur intégrité à quelque niveau que ce soit. Or, l’autorité dont vous vous réclamez viole, abuse, maltraite, réduit en esclavage. Doit-on courber l’échine selon vous ? Doit-on continuer à se taire ?

De plus en plus de victimes disent non à cette injonction toute à la fois religieuse, sociale et familiale et professionnelle. Parce que c’est assez d’être crucifié chaque jour par les remontées des violences subies, assailli par des souvenirs, des odeurs, des mantras des agresseurs récités pour empêcher toute rébellion, toute sortie d’emprise de leurs victimes.

Et ces victimes réclament un jugement judiciaire. Pas une correctionnalisation comme trop souvent, mais une mise aux Assises de ces tortionnaires et de leurs complices. Voire, comme je le fais moi-même, militent pour que ce crime soit enfin reconnu comme crime contre l’humanité. Ce qu’il devrait être tout comme l’esclavage et tout ce qui porte atteinte à la dignité et à l’intégrité physique, psychologique, sexuelle, affective.

Dans cette nuit de l’âme dans laquelle ont été plongées les victimes, il y a une petite lumière qui commence à parvenir…La compréhension d’une torsion complète du message christique pour préserver des intérêts cléricaux basés sur la domination totalitaire des individus. Et avec cette compréhension, j’allais écrire, l’élévation du niveau de conscience, un sursaut de dignité arrive. Et c’est cela qui vous fait peur. C’est cela qui dérange. Parce que cela montre une complète trahison du message christique pour coller seulement aux intérêts matériels de l’institution.

L’Eglise, se sont les croyants qui en font l’essentiel. Cette Eglise souffre de ce déni de justice, de ces mensonges, de ces crimes. L’Eglise cléricale quant à elle (et si c’est d’elle dont vous parlez) ne souffre que depuis que les croyants se rebellent et dénoncent les crimes du clergé et mettent le clergé au tribunal. Mais combien se repentent réellement, et pas juste pour la vitrine ? Très peu. Ils peuvent se compter sur le doigt d’une main actuellement. Les clercs criminels mis en cause n’ont aucun repentir. Pire, ils définissent les victimes comme des personnalité déficientes qui réclamaient elles-mêmes l’abus et le viol. Et ce discours est répété à l’envi par nombre de leurs collègues non directement criminels (l’abbé de la Morandais nous a fait il y a quelques jours une déclaration qui montre bien à quel point différents membres du clergé sont dans l’aveuglement et le mépris des victimes) . Ce qui constitue une inversion totale des responsabilités criminelles.

Il est donc plus que temps de rétablir l’équilibre. Et donc aussi la justice des hommes concernant ces crimes. La justice de Dieu ne nous appartient pas. Et c’est à Lui et à Lui seul d’en décider. L’ordre du jour est aujourd’hui de traiter ces crimes, de punir les auteurs au plan judiciaire, de réparer les blessures et les traumatismes, d’aider à la prise en charge thérapeutique de qualité pour nombre de victimes en errance et en situation de grande pauvreté et dénuement.

Tout en gardant aussi une bonne dose d’humour sans lequel on ne saurait vivre. François Morel nous a régalés d’une intervention exemplaire. Je vous la partage.

Elle vous fera peut-être réaliser certaines énormités cléricales.

https://www.franceinter.fr/emissions/le-billet-de-francois-morel/le-billet-de-francois-morel-22-mars-2019#xtor=EPR-6-

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