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Décès de Jacques Marin, prêtre aux multiples victimes

Le dimanche 17 novembre 2019

Bonjour Mr le clerc

Ce que vous mentionnez concernant la faute première d’Adam, n’a jamais été beaucoup invoqué dans l’éducation religieuse des croyants. Par contre, mettre tout ou presque sur le dos d’Eve, c’est la version la plus développée. Et l’on comprend pourquoi. Ca permet de conserver un clergé uniquement masculin et de justifier une domination masculine à tous les niveaux dans la société. Et au final de déprécier, voire diaboliser les femmes et demander leur domination complète et perpétuelle par les hommes.

Le judaïsme au départ l’a fait pour contraindre les femmes à se purifier (donc pour les définir impures), pour ne pas leur accorder le droit à la prêtrise, leur refuser longtemps les études religieuse, mais aussi les maintenir dans un statut d’éternelle mineure (passant de l’autorité du père à celle du mari et des frères du mari au décès du mari).

Le christianisme d’abord, puis ensuite le catholicisme romain comme l’orthodoxie, l’ont fait pour garder là aussi entre les seuls mains masculines le contrôle religieux, moral, politique, familial.

Parce que depuis la Préhistoire, les femmes avaient un rôle d’autorité familiale, mais aussi religieux de type chamanique ainsi que de guérisseuses pour les tribus. Et les forces auxquelles elles se référaient étaient des représentations féminines, comme Gaïa (déesse terre), représentée sous forme de déesse de la fertilité. Elles utilisaient déjà un chapelet, qui était un collier au départ, où les femmes accrochaient plantes, baies, os, pierres qui pouvaient soulager ou protéger la tribu de maladies, de situations difficiles. Chapelet qui a été ensuite récupéré et détourné par la plupart des religions monothéistes à clergé masculin, dont le catholicisme romain, au 13e siècle.

Les monothéismes (pas seulement le christianisme mais aussi le judaïsme, l’islam) ont aboli progressivement toutes ces représentations, ces pratiques religieuses et guérisseuses féminines. En les diabolisant, en destituant les femmes d’une autorité aussi bien de guérisseuses que de chamanes pour n’accorder ces prérogatives qu’aux seuls hommes.

Ce qu’on appelle la domination masculine, c’est à dire le patriarcat, se fonde sur l’idée centrale que la femme est par essence impure (à cause de ses règles symbolisant le péché originel), responsable du péché originel et doit être soumise complètement à l’homme, qui lui est pur et sacré.

C’est toujours cette vieille croyance érigée en quasi dogme (mais qui n’est pas vraiment complètement assumée par le clergé) qui empêche la prêtrise des femmes dans le catholicisme et une adhésion à une égalité hommes femmes.

Et c’est la même chose dans le judaïsme et l’islam. Sauf dans le judaïsme libéral qui a permis à des femmes d’accéder au rabbinat. Souci : les rabbins femmes ont remis en avant le rite du mikhvé qui est celui de la nécessaire purification des femmes par un bain rituel mensuel opéré tant que les règles n’ont pas disparu. Alors, on en vient à se dire que finalement, à quoi a servi l’ouverture de la prêtrise aux femmes dans le judaïsme si elles refont subir à leurs consoeurs ce qui a servi à justifier durant des siècles leur exclusion du rabbinat.

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