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L’Église ébranlée : comprendre et agir. Une opinion d’Ignace Berten

Le mercredi 8 janvier 2020

L’Eglise humaine n’est pas ébranlée. Ce n’est que l’institution cléricale donc le cléricalisme qui l’est et qui est en train de s’écrouler sous le poids de ses propres crimes et de leur mise en lumière.

L’institution après avoir dépensé énormément d’énergie, de temps et d’argent, de corruption pour dissimuler, manipuler, terroriser, exploiter les croyants pour pratiquer sur eux des abus et crimes de toutes sortes, ne parvient plus à tromper la société.

Ce qui devrait réjouir au lieu de catastropher. Quand crimes, délits, mensonges parviennent à la lumière, c’est un cadeau. C’est aussi une libération et une chance de réorientation complète du sens spirituel et religieux.

Ce que fait François, malheureusement, n’est rien d’autre que de la communication, du marketing pour limiter la casse et endormir encore un peu ceux et celles qui ont encore besoin de croire au clergé. Dont la foi est une foi uniquement ancrée dans l’institution. Parce qu’un pouvoir religieux fort, totalitaire (peu leur chaut qu’il humilie, torture, massacre, viole du moment que ça ne touche pas eux-mêmes ou leurs proches), ça fait partie des choses dont ces personnes ne peuvent se passer. Ca les rassure, ça correspond à leur conception de l’existence.

Or l’Eglise humaine, celle qui survivra toujours à ce genre d’effondrement, se situe hors de l’institution, hors contrôle. Et elle est bien vivante. Et Dieu s’y donne, s’y reçoit bien plus régulièrement qu’au sein de l’institution qui pourtant se prétend la seule opérationnelle pour transmettre, garder et donner un cadre spirituel, amener au Divin.

Il me semble que si l’institution, majoritairement masculine prétend s’en sortir honorablement et ne pas mourir, elle doit réfléchir à plusieurs choses :

  • Raconter l’Histoire de l’institution et pas le roman clérical. Ce qui lui permettra de pouvoir corriger ses errances et de modifier son approche par rapport au passé. Traiter les problématiques criminelles sans plus se réfugier dans le mensonge, le silence, la manipulation.
  • La logique de l’agression sexuelle, qu’elle s’opère envers des femmes, des enfants, des jeunes gens, est constitutive de la domination masculine, de l’idée que l’homme en tant qu’homme prétend être et se vit supérieur aux autres êtres et pense qu’il doit dominer les autres.

A partir de là, une institution essentiellement composée d’hommes qui prétendent être dominants et qui ont été éduqués à le croire, à le penser, aura toujours besoin pour asseoir ce principe de domination, d’agresser sexuellement, d’exploiter, de terrifier, de manipuler les autres êtres qu’elle considère de moindre importance. Son pouvoir ne peut s’exercer pleinement qu’en opprimant d’autres.

En quoi cette dynamique abusive, violente, criminelle a quoi que ce soit à voir avec Dieu ? Comment une telle institution peut, sachant que ses principes fondateurs sont la domination d’un groupe d’hommes sur le reste de la société, prétendre parler, incarner le visage d’Amour Infini Divin sans honte ?

  • Il existe depuis longtemps une relation entre les viols, la violence en général, l’homophobie, la guerre, la façon dont s’exerce majoritairement le pouvoir religieux comme politique, comme économique et financier et la construction culturelle et éducative des hommes.

Et dans un cadre institutionnel même religieux, se sont les mêmes démons, se sont les mêmes fonctionnements et principes qui s’exercent comme autant de lois, qui n’ont même pas besoin d’être dites pour être appliquées. Et qui ne sont pas ferments de paix, d’unité, d’harmonie, de partage. Mais au contraire de toujours plus de violence.

De ces logiques abusives, criminelles, de ce type d’éducation masculine, il faut sortir. Nous sommes appelés à œuvrer tous et toutes ensemble à cette transformation égalitaire, fraternelle, spirituelle, tant au plan religieux que politique, que social, qu’économique, que culturel.

Tant que cette logique de domination masculine s’appliquera, il n’y aura pas de survie du système, mais un puits sans fond de violence et de crimes et d’anéantissement. Et forcément en effet miroir, un effondrement. A tous les niveaux.

  • Il y a aussi la question de l’enfermement de Dieu. L’institution religieuse sans même parler de notre religion spécifiquement, est par essence, celle qui se pense la seule capable de transmettre, de garder et de guider l’humanité à Dieu. Sauf que, ce que chaque institution religieuse oublie, c’est que la Parole de Dieu se vit librement. On ne peut pas l’enfermer, la circonscrire à un endroit ni la forcer. Et si on prétend le faire, comme lorsqu’on enferme de la nourriture dans une boîte, cette nourriture, bonne au départ, se corrompt et devient poison au lieu de nourricière.

Dieu n’a pas besoin d’institution religieuse pour passer ses messages. A l’aube de l’humanité, quand les premiers hommes ont commencé d’enterrer leurs morts dignement, qu’ils ont commencé à fêter ensemble naissances, unions, étapes de vie, que ce soit dans une démarche personnelle ou par l’entremise d’un chamane, Dieu était déjà là et se donnait à chacun individuellement et à tous collectivement. Il n’a pas attendu la création des religions institutionnelles pour s’intéresser aux humains et pour leur donner tout son Amour.

Donc pourquoi penser que Dieu nous laissera orphelins si l’institution cléricale disparait ? Il ne l’a jamais fait. Ce n’est pas maintenant qu’Il va nous abandonner. C’est l’acte de foi en Dieu qui me semble le plus important actuellement à poser. Faire confiance que jamais Il ne nous abandonnera.

Le reste appartient à des décisions et des prises de conscience du clergé pour accepter de changer de regard et de fondations. Nous pouvons les aider par la prière, par nos prises de parole, nos témoignages, nos actions au quotidien.

De toutes les façons, la nuque raide cléricale a ses limites et quand Dieu décide que les limites seront dépassées, il poussera le clergé et si ce n’est pas le clergé, ça passera par les croyants eux-mêmes, pour que puissent s’ opérer ces changements. Et ces changements ne devront pas uniquement s’opérer dans les institutions religieuses, mais partout dans la société.

Ce n’est pas un monde à part, le clergé. Il fait partie d’un système général de domination masculine, de logique d’empire qui de plus en plus s’effondre. Parce que beaucoup trop générateur de crimes, d’abus, de violence. Qui ne sont plus acceptables au regard de l’éducation et du niveau de conscience dont une majorité d’humains disposent aujourd’hui.

Il faut revenir à plus d’équilibre, de partage, d’égalité. Prétendre encore trainer, reculer l’échéance, ne fait qu’accélérer l’effondrement et la mise en danger de toute l’humanité.

Comment est-il possible que les institutions soient encore dans le déni de ces réalités, de ces nécessités, alors que l’humanité dans son ensemble a déjà pris conscience de tout ça depuis plusieurs décennies et tente, même maladroitement d’acter le changement de paradigme ?

Ca reste pour moi un mystère. J’ose espérer cependant que l’issue sera positive.

Très bonne et heureuse année 2020 à tous et à toutes.

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