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Dans les yeux d’Olivier : mercredi 15 avril, 22h45

Le vendredi 24 avril 2020

Hello Xavier

Merci pour ce témoignage. Je n’ai pas vu dans les Yeux d’Olivier mais vu le reportage plus complet que vous aviez signalé que j’ai trouvé très intéressant pour montrer les étapes de l’embrigadement, de l’emprise et des étapes de prise de conscience jusqu’à votre sortie physique, qui n’est pas la sortie d’emprise complète, mais le début d’une démarche d’exfiltration sectaire. Cette sortie d’emprise prend du temps, des années, même si cette partie n’occupe que peu de place sur le reportage.

Quand vous avez compris qu’en étant lanceur d’alerte vous ne pourriez plus être prêtre, avez-vous réellement compris qu’entre l’institution cléricale et ces sectes (pas seulement la Légion du Christ mais toutes les autres dans différents courants), il y a une entente et que l’une protège les autres et vice-versa ?

Parce que pour moi personnellement, c’est la réalité que j’observe malheureusement et ça dépasse la réalité sectaire (en soi abominable) puisque l’institution cléricale est dépendante financièrement et structurellement de ces sectes et qu’il n’y a pas d’espoir qu’il y ait véritablement une rupture franche entre le Vatican et ces groupes dérivants. Et que cela va même plus loin dans le sens où, le temps passant, ces structures sectaires (condamnées en surface mais jamais complètement ni exclues) sont appelées à prendre la suite de la direction cléricale globale via différentes prélatures et autres lois. Pourquoi ? Parce que le Vatican ne veut pas renoncer à des systèmes déjà mafieux, dérivants, criminels que ce soit via l’IOR, l’exploitation sexuelle de religieux et religieuses, l’exploitation domestique et sexuelle d’enfants (et à fortiori des plus en difficulté), que ce soit des relations avec différentes mafias et groupes terroristes, mais aussi souhaite toujours garder sa milice et ses méthodes les plus sombres. Et qui ne sont pas des méthodes et des comportements récents mais qui ont toujours plus ou moins prévalu depuis les débuts de l’institution si l’on se documente sur l’Histoire des religions.

Personnellement, c’est ça que je trouve le plus inquiétant actuellement, et qui mène le catholicisme romain institutionnel vers l’autodestruction avec une accélération d’autant plus forte ces dernières années, que les témoignages affluent et dépassent les témoignages des victimes de communautés dérivantes sectaires.

Chaque épiscopat catholique est intiment dépendant et lié à ces groupes dérivants sectaires et cette emprise malheureusement cerne aussi bien l’enseignement, que la vie des paroisses, des diocèses, la direction des pélerinages, celles des études religieuses. Il n’y a pas un secteur de la vie religieuse réellement épargné par cette emprise.

Et il n’existe pour le moment aucun clerc qui osera taper du poing sur la table et dénoncer la situation. Pour les raisons que l’on peut comprendre de simple survie au sein du système. Mais clairement, c’est tellement visible que même le croyant pratiquant lambda quand il regarde les listings, les responsables diocésains, les animations paroissiales, les propositions religieuses de son diocèse, s’en rend compte.

Et ce genre de situation ne plaide pas dans ces conditions, pour transmettre sacrements et pratiques religieuses à ses enfants. Transmettre la foi, oui. Mais personnellement, je n’ai pas du tout envie de mettre ma fille dans un établissement religieux au plan scolaire et encore moins au catéchisme compte tenu de qui tient ces responsabilités et du discours qui y est tenu. Si je compare avec le caté que j’ai eu durant les années 70, franchement, on est à des années lumière. Et quand je vois le degré d’influence aujourd’hui des groupes dérivants sectaires et des manipulations qui démarrent dès les premiers cours de caté (j’ai des échos par ma meilleure amie dont le fils suit le catéchisme) et ce qui se passe en terme de gestion des établissements et des orientations idéologiques…j’ai plus envie de préserver ma fille de ces influences que l’inciter à y participer. Sinon, j’aurais l’impression de la mettre en danger à tous les niveaux.

Ca me rend triste car j’ai de très bons souvenirs scolaires dans l’école primaire privée où j’étais dans mon village natal. Et de très bons souvenirs du catéchisme de mon enfance et des sacrements reçus.

Mais en conscience, vue la situation aujourd’hui, il me paraît totalement impensable d’envoyer ma fille dans ce repaire à manipulations mentales. Encore moins en ayant subi indirectement l’influence OD paternelle et les violences qui en découlaient durant de longues années. En ayant toujours la surveillance OD régulière sur notre famille.

Je ne sais pas comment vous voyez ça en tant que père de famille. Si la Légion vous fait surveiller, vous et les vôtres, comme le fait l’OD concernant ma famille. Mais de mon côté, pas du tout envie de nouer une relation religieuse entre ma fille et l’institution après avoir vécu toutes ces épreuves.

Ce qui n’empêche pas d’être heureux, Dieu merci. Et de vivre la foi autrement. D’une façon plus authentique finalement. Mais ça place dans une position particulière vis à vis de notre religion. Et des religions en général.

Bonne continuation et bon courage ! Je suppose qu’en cette période, tout comme moi, vous télétravaillez avec vos élèves. Et qu’il faut en plus faire la classe à la maison aux enfants. Flux tendu…

Prenez soin de vous.

Cordialement

Françoise

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