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Réponse à Marie-Christine

Le vendredi 15 mai 2020

C’est curieux mais j’ai l’impression qu’il y a confusion. J’ai dit que les religions ont toujours été les collaborateurs zélés des rois, des empereurs, des puissants, donc d’un pouvoir matériel qui vise la domination totalitaire des individus. Et c’est toujours le cas.

Si cette réalité que chacun peut constater au quotidien en ouvrant un simple livre d’Histoire, vous paraît similaire à la littérature de gare…y a vraiment du souci à se faire pour vous en terme de compréhension.

Au 4e siècle, il s’agissait pour le christianisme de créer une organisation puissante et autoritaire, qui fasse obéir toute une population au roi, qui créée une uniformisation des cultes propre à un meilleur contrôle des individus, des régions, des territoires. Et il s’agissait de disposer d’une autorité matérielle et spirituelle qui exploite cette population pour ses propres besoins matériels et pour assurer sa propre survie et son enrichissement.

On est également dans un projet très hiérarchisé, de très codifié au plan social et politique. On est pas là pour un partage égalitaire,une mise en commun, on est là pour reproduire une hiérarchie sociale de classe et un système d’emprise totalitaire. Ca c’est le but principal des religions. Et pas seulement du christianisme. Ca se retrouve chez tous les clergés. C’est la base. Après, pour faire passer la pilule, on prétend que c’est Dieu qui demande cette soumission cléricale, mais en réalité c’est une affirmation qui n’est fondée que sur l’intérêt clérical. Pas sur une réalité.

La foi n’est pas quelque chose de transmissible. Mais se découvre et se vit dans l’intimité. C’est un dialogue intérieur entre notre âme et Dieu seul (que chacun nomme à sa sauce). C’est un cadeau qui ne vient pas du clergé, mais qui vient de Dieu lui-même. Et la foi passe non par voie religieuse, mais par un émerveillement, une compréhension intérieure de quelque chose qui nous dépasse, nous aime profondément de façon inconditionnelle et nous permet de nous projeter en avant dans la vie dans la joie. Chacun en fait l’expérience dans son existence au moment où il est prêt à recevoir ce cadeau, à l’accueillir. Y a pas d’âge pour ça.Après, il ou elle le fait vivre ou non, selon les modalités qu’il ou elle désire, mais c’est un moment complètement indépendant du religieux ou du contexte social.

Les clergés ont imposé des rituels, des sacrements et des conduites forcées pour parler à et parler de Dieu et ce dès le plus jeune âge. Ce qui fait que les gens n’ont plus l’espace et le temps de découvrir leur intériorité, donc de découvrir Dieu en eux. Mais ils vont rapidement réduire Dieu à la seule chose qu’ils connaissent, c’est à dire assimiler Dieu au clergé. D’où la dépendance et la révérence extrême de beaucoup de croyants au clergé. Et la difficulté à envisager Dieu hors religion.

A la Préhistoire, pas de religion. Mais des hommes qui dans leur milieu naturel, découvrent ce quelque chose en plus, en eux, dans les rencontres qu’ils font, dans les paysages qu’ils contemplent, dans les animaux qu’ils chassent, dans les intempéries, les changements de saison. Et déjà, c’est Dieu. Vous en trouvez la trace sur certaines gravures des cavernes. Et ces hommes enterrent leurs morts avec des égards, avec des amulettes pour pouvoir rejoindre ce que déjà ils comprennent comme étant Dieu même s’ils n’ont pas les mots pour le dire. Dieu prenait-il moins soin d’eux parce qu’ils étaient sans religion ? Bien sûr que non. Dieu n’a pas attendu les religions pour aimer tout ce qui vit sur terre. Et pour guider chacun vers un épanouissement.

Beaucoup de gens encore aujourd’hui découvrent Dieu hors de tout contexte religieux. Au détour d’une lecture, d’un paysage, d’une rencontre amicale, amoureuse, d’un métier, d’un sport, d’un loisir, d’une pratique artistique. Dieu passe partout et n’a pas besoin du clergé pour se dire.

Mais dans son orgueil, dans son fantasme de toute-puissance, chaque clergé pense qu’il est le seul et unique passeur de Dieu. Ce qui est une illusion égotique immense.

Le message de Jésus aurait pu aussi bien passer par l’oralité, sans clergé. Et c’est ce qui s’est passé durant 4 siècles avec les apôtres hommes et femmes (qui n’étaient pas prêtres et ne formaient pas du tout un clergé) mais qui parlaient en assemblées à tout un tas de gens. Jésus lui-même n’a pas fait autre chose. Il n’a rien écrit, il a tout passé par l’oral, parce que c’est comme ça que le message passe le mieux. C’est ainsi que fait la culture populaire depuis des siècles et des siècles et des siècles. C’est ainsi qu’on enseigne toujours les mythes grecs, les contes, les légendes. Le théâtre, la danse, la chanson de geste, la palabre, les contes des veillées, la poésie, la musique, le mime, la littérature passent aussi par l’oralité. Tout cela nourrit la culture, la civilisation comme vous dites. Et pourtant, ça n’est pas religieux. Mais drôlement spirituel et d’une richesse incroyable dans la diversité des expressions.

Appartenir à une religion ne veut pas du tout dire avoir la foi. Et la foi n’est pas à confondre avec la pratique religieuse. La foi est une rencontre personnelle avec soi et avec le divin. Aucun clergé d’aucune religion ne donne accès à ça. Ca se passe ailleurs, hors contrôle, hors espace religieux.

Le clergé certes va apporter une certaine culture spirituelle. Mais il va surtout organiser un culte de la personnalité non de Jésus ni de Dieu mais du clergé, de l’institution. Sa vocation, c’est de comptabiliser le plus possible de personnes puis de conditionner les croyants à l’obéissance au chef, au pape, au prêtre, à l’évêque, au cardinal, à l’autorité dans le sens large du terme (civile, militaire) et disposer d’un contrôle moral, psychologique tout au long de la vie de ces personnes. De la naissance à la mort. Il n’est pas là pour épanouir l’individu. Mais le formater selon ses intérêts et ceux qu’il estime que l’humanité doit servir.

Or dans la foi, il y a du bonheur, du bien-être, une complicité et une liberté totale avec Dieu. Un amour inconditionnel qui rend vraiment heureux. Dieu ne nous conditionne pas, Il n’est pas là pour ça. On est complètement dans un autre espace et dans une autre relation.

Mais qui souvent hélas, reste un espace et une relation inconnus de la plupart des croyants. Qui croient au clergé bien plus qu’en Dieu.

Pour ça sans doute que ce formatage religieux va déboucher sur d’autres formatages encore plus poussés dans les formes sectaires. Parce qu’il y a l’illusion que le clergé est Dieu et que la seule façon d’atteindre Dieu c’est aller encore plus loin dans la soumission, dans le sacrifice, dans le renoncement, dans l’adhésion à certains rites, à certains gourous…

Ce qui me terrifie quand je vois cela, c’est de voir à quel point certains croyants sont conditionnés religieusement, jusqu’au piétinement de leur intégrité, de leur intimité, de leur intériorité. Et qu’ils pensent mordicus que c’est ça vivre la foi. Je trouve ça effrayant et très grave aussi.

Car c’est ce conditionnement qui permet toutes les manipulations, tous les abus, toutes les violences. Et je suis vraiment très triste quand je vois que même après avoir vécu des expériences terribles dans des communautés sectaires, certains sont toujours dépendants d’un clergé qui doit leur dire quoi croire et quoi penser et comment.

Rencontrer Dieu en eux-même, rentrer vraiment dans leur intériorité, s’accepter dans leur intégralité, dans leur richesse comme leur pauvreté, ça ne les effleure pas. Penser qu’ils peuvent tout à fait vivre la foi hors religion, hors contrôle religieux, ça ne les effleure pas non plus. Pire, ça leur fait peur. Ils sont persuadés d’être dans l’incapacité de vivre ce lien à Dieu de façon autonome. Qu’il leur faut encore et toujours un guide, une béquille pour les diriger. Que sans, ils ne savent pas marcher. Ca vous rappelle pas quelque chose ? Qu’est-ce qui permet au paralytique de marcher : c’est sa foi. Pas un système clérical. Jésus le dit bien. Mais apparemment, ça n’a toujours pas été compris spirituellement.

Mais ce comportement de dépendance n’est pas exclusif aux croyants car je constate cela même chez des personnes non croyantes. La passion de la soumission à une autorité quelle qu’elle soit, c’est vraiment un truc qui me sidère.

Et c’est là que vous voyez à quel point la société pas plus que la religion n’apprend l’autonomie ni n’émancipe les individus, mais cherche seulement à les contrôler et les diriger selon les intérêts de quelques uns et au détriment de l’intérêt commun.

Je crois que la recherche spirituelle des gens ne vient pas seulement d’un excès de matérialité et d’un désir profond à un moment de leur vie, mais aussi et surtout d’une extrême dépendance à un conditionnement qui leur fait croire qu’ils ne sont pas capables tout seuls de trouver Dieu en eux. Et une peur panique de leur propre intériorité, une peur de la mort aussi.

Tout est fait dans notre vie pour nous détourner de nous-mêmes, de notre âme et donc d’une intimité avec Dieu. Tout est fait pour, dès le plus jeune âge, nous orienter à tous les niveaux vers des autorités extérieures (comme si nous ne savions pas réfléchir par nous-mêmes ni avoir un peu de bon sens), nous culpabiliser, freiner nos élans, nous infantiliser. Tout est fait pour nous faire honte de nous, de notre corps, de notre esprit, tout est fait pour avoir peur de nos émotions, de nos ressentis, de nos pensées, et finalement tout est fait seulement pour nous maintenir dans nos peurs primordiales. Cette immaturité psycho-affective, cultivée aussi bien par l’école que l’entreprise, l’armée, le clergé, les médias, les instances politiques, financières, sanitaires, permet un contrôle social, physique, psychologique, moral de plus en plus étroit et qui peut aboutir à un contrôle de type totalitaire dans certains pays.

Comment se construire positivement et avoir confiance en soi quand chaque jour, nous recevons tous 8 injonctions négatives sur notre personne ? Etonnez-vous après de la dépendance des gens à l’autorité quelle qu’elle soit dans ce genre de conditionnement. Et de la déception, de l’immense quête spirituelle jamais comblée des individus. Alors que chacun a les moyens en lui-même de vivre sa foi simplement. Et de rencontrer Dieu sans intermédiaire.

Je suis au regret de vous dire que le Vatican nie ses alliances avec l’extrême droite. Et n’assume toujours pas ses projets totalitaires ni d’exploitation et d’oppression des croyants et des personnes les plus faibles. Non plus que l’institution n’assume ses crimes, ses contradictions, sa violence. Que ces crimes, délits, oppressions, exploitations soient présents ou passés. Le verrouillage du St Office le prouve assez. Et pas plus qu’il n’admet de travailler main dans la main avec les groupes dérivants sectaires pour ensuite leur confier les clés de la direction vaticane, spirituelle et religieuse alors que c’est exactement ce qui se passe.

L’institution prétend être sainte et incarner le message christique quand en réalité elle brille par son opacité, ses mensonges, mais aussi sa trahison complète du message christique, dans les actes.

A partir du moment où l’humanité dans son ensemble (et pas juste les plus riches) a commencé à s’instruire au plan scolaire et informatif, elle a cherché à comprendre l’envers du décor de ses dirigeants civils, militaires et religieux.

Aujourd’hui, elle n’a plus d’illusion quant au mépris de l’humanité et à la gestion opportuniste, abusive et violente des puissants de ce monde ; qu’ils soient dirigeants politiques, économiques, militaires, industriels ou sociaux comme religieux. C’est pourquoi la mayonnaise ne prend plus et qu’il y a une crise de confiance généralisée vis à vis de toutes les formes de pouvoir.

Ce n’est pas le message de Jésus qui ne passe plus (ce message continue d’être porté, vécu hors même toute guidance et transmission religieuse), se sont les mensonges, les manipulations, les oppressions et les crimes cléricaux qui ne sont plus supportables maintenant que n’importe quel croyant, citoyen a accès à l’information et aux archives historiques numérisées. Le ras-le-bol est complet et général. Parce qu’il s’agit d’une haute trahison. Et dont chaque croyant peut aujourd’hui mesurer l’étendue. Du démarrage institutionnel à aujourd’hui.

Et c’est pareil vis à vis d’autres autorités politiques, sociales, économiques, financières, militaires. Nous vivons un moment de dégagisme général de tout ce qui comptait jusque là comme autorités. Parce que nous avons accès à l’information et sommes suffisamment éduqués pour comprendre au moins dans les grandes lignes ce qui se passe et s’est passé.

C’est pourquoi nous voyons cet ancien monde des empires s’effondrer et une autre société émerger. Très différente dans ses valeurs, codes. Avec une toute autre organisation, davantage horizontale que verticale. Et on en voit les prémices avec différents mouvements citoyens, associatifs qui comprennent bien que la société ne se raisonne pas en profits matériels, mais en respect de soi, de l’environnement, des autres, simplement pour assurer la survie de la planète, la survie humaine, animale, végétale et environnementale.

Et les religions ne sont pour rien dans cette émergence sociétale, dans cette prise de conscience. C’est seulement un constat qui a fini par s’imposer dans la population, de par la gravité des conséquences que la folie du pouvoir absolu et de l’argent génère.

Et actuellement, au regard de l’épidémie mondiale que nous vivons et de l’inconséquence des autorités politiques, économiques, financières, sanitaires et religieuses, la prise de conscience de cette nécessité d’un autre monde, d’une autre société fondée sur d’autres valeurs, est encore plus accélérée dans la population. Et tant mieux. A présent ce que l’on peut espérer, c’est que l’humain aura compris qu’il peut, avec ses congénères sans grade, enclencher ce changement de société. Et qu’il n’a pas besoin de hiérarchie ou d’attendre l’homme providentiel pour ça.

Concernant Finet, comme je le disais à Christophe, je doute que l’enquête aille au bout du bout de la réalité criminelle. Un attouchement est un crime sexuel. Ce n’est pas moins grave qu’un viol. Et quand il se répète sur différentes victimes sur un espace temps assez court, on peut raisonnablement sans beaucoup se mouiller, comprendre que ça relève d’une pratique plus étendue et régulière. Quand on connait la dépendance, la longévité et la réalité de la relation quasi quotidienne Marthe Robin-Finet, on est en droit de s’interroger sur la nature exacte de cette relation compte tenu de l’emprise psycho-affective et religieuse de Finet avec Marthe.

Pour ce qui concerne mon discours, je n’ai pas de prisme préétabli. J’observe attentivement gens, choses, nature et se sont les observations attentives qui motivent mon analyse. L’étude de la réalité des comportements humains m’intéresse énormément. Le vôtre aussi. On comprend tout de suite en vous lisant que vous êtes proche du clergé ou membre, à relativiser ses nuisances, à tenter de minimiser ses crimes, à inverser les responsabilités. Vous parlez de justice mais comment peut s’établir la justice si déjà, face aux crimes et abus avérés de l’institution et de certains de ses représentants, vous les minimisez et les relativisez ?

Dernière chose : j’ai remarqué en vous lisant que finalement, vous ne saviez pas ce qu’est la foi. Vous en parlez mais uniquement dans le cadre clérical. Le rapport à Dieu vous est donc étranger hors du prisme institutionnel. Et vous ne parvenez pas à le voir chez autrui à partir du moment où votre interlocuteur est critique du clergé. Je trouve ça triste.

Donc quand vous me dites je cite « Sur le fond, on sent ce qui tient à votre histoire personnelle et qui vous fait tout voir à travers un prisme préétabli, vous rendant insensible à tout autre discours ou perspective, y compris la propre sensibilité des croyants et leur propre expérience spirituelle à laquelle vous déniez toute valeur en quelque sorte. »

Je crois en réalité que vous parlez de votre propre attitude, de votre propre grille de lecture analytique. Parce que personnellement, je pense que tout parcours de vie a de la valeur, contrairement à ce que la société, les religions nous enseignent. Et que la valeur spirituelle de quelqu’un ne se mesure pas à son appartenance religieuse. Qu’elle se situe ailleurs. Sur un autre espace. Mais qu’hélas, vous semblez ignorer.

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