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Les dérives sectaires existent-elles dans l’Église catholique ? (P. Vignon)

Le lundi 25 mai 2020

Merci beaucoup pour votre analyse.

Mais on sait que les abus en Église ont aussi des causes particulières qui les différencient d’abus commis dans d’autres milieux :

- La confiance absolue que l’on a d’emblée dans les hommes ( ou femmes ) d’Eglise surtout si leur rôle ou leur communauté bénéficient d’une reconnaissance officielle.

- L’adulation que les fidèles peuvent aussi avoir d’emblée pour ces personnes ou communautés et l’idéalisation dont elles peuvent bénéficier. L’orgueil et le narcissisme individuel et communautaire y trouvent facilement leur compte. Et ceux qui les adulent y vivent par procuration un certain « idéal religieux « qui les fascine d’autant plus qu’ils ne savent pas ce qui s’y vit réellement. Une communauté religieuse qui « réussit « sait s’entourer de fidèles prêts à la défendre becs et ongles en cas de problèmes.

  • La difficulté à caractériser certains abus et même, pour les victimes, à en prendre clairement conscience surtout s’ils sont justifiés par des raisons spirituelles.

Avec pour conséquences ; l’impossibilité pour les victimes de parler et, quand certaines se décident à le faire, l’impossibilité de les croire, plus les consignes de silence et de pardon de la part des autorités ecclésiales qui, bien évidemment, ne peuvent avoir cours ailleurs. Si bien que la victime est toujours coupable, d’abord de s’être laissée abuser, ensuite de ne pas s’être révoltée immédiatement, et enfin de briser le silence et, le comble ; de ne pas pardonner. C’est un piège infernal qui peut conduire au suicide ou , en tout cas, à la destruction de tout ce qu’il y a de beau et de vrai chez un être humain. C’est réellement un meurtre de l’âme. Tout cela est connu et analysé.

Outre donc la psychologie particulière des milieux d’Eglise, il me semble aussi que tous ces abus reposent consciemment ou inconsciemment sur une spiritualité et une théologie dévoyées qui commencent enfin à être perçues.

En ce qui concerne plus particulièrement les communautés nouvelles, certaines manquent de réalisme spirituel, de connaissances théologiques et font donc prévaloir l’affectivité au détriment de la raison ou du simple bon sens. Si bien qu’une dépression y sera interprétée en termes de purification, une hésitation légitime devant un engagement sérieux, un doute quelconque, en termes de combat spirituel ou pire de tentation diabolique, une lubie du fondateur en termes d’inspiration de l’Esprit saint etc… Tout est donc spiritualise et les médiations humaines n’ont pas leur place. On décolle complètement du réel pour entrer dans une utopie spirituelle où, comme dans toutes les utopies, tout peut devenir permis, y compris ce qui, dans la vie ordinaire, est vite repéré par la conscience commune comme anormal.

Il me semble que cette spiritualité n’est pas chrétienne car elle passe à côté du sens de l’Incarnation.

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