Face au « cléricalisme », le professeur Daniel Bogner prône la réforme

Dimanche 1er mars 2020

L’Eglise catholique, « avec sa forme constitutionnelle monarchique », met tous les pouvoirs entre les mains de l’évêque. Mais lorsque les pouvoirs exécutif, judiciaire et législatif sont réunis en une seule personne, il n’y a, par définition, pas de contrôle du pouvoir, et c’est là le problème, estime le théologien Daniel Bogner, professeur à l’Université de Fribourg.

Depuis 2014 professeur ordinaire de théologie morale et d’éthique à l’Université de Fribourg, le jeune Bavarois, né en 1972, estime que l’on ne peut pas séparer les structures de l’Eglise de « l’objet » de la foi si l’on veut prôner une attitude évangélisatrice.

Daniel Bogner a ainsi insisté sur la nécessité d’une cohérence entre la forme et le contenu lors du 11e Forum « Fribourg Eglise dans le monde », tenu à l’Université de Fribourg les 10 et 11 octobre 2019 sur le thème de la mission aujourd’hui. Pour lui, la dichotomie souvent rencontrée entre l’évangélisation et les structures de l’Eglise, entre l’esprit et la loi, ne tient pas. Les deux dimensions sont nécessairement étroitement liées.

Pas de séparation des pouvoirs

Dans l’Eglise, tous les domaines d’action et les espaces de libertés sont uniquement octroyés ou tolérés. Ils peuvent être retirés de façon arbitraire par l’évêque ou le curé – en cas de changement de fonction ou pour d’autres raisons. Le contrôle de l’action officielle se fait sur une base volontaire, de même que la renonciation au pouvoir.

Des évêques disposés à réformer l’Eglise parlent aujourd’hui de la nécessaire séparation des pouvoirs. Mais surtout, ajoute-t-il, les membres de l’Eglise, les fidèles, sont, face au pouvoir ecclésiastique, de simples destinataires, des objets, pas des sujets de droits devant lesquels l’action des autorités de l’Eglise devrait se légitimer.

Le professeur Bogner considère que l’Eglise s’est dotée d’un ordre juridique qui n’est pas orienté vers la valeur qu’elle met au premier plan : la dignité humaine. Dans l’annonce de l’Evangile et la pastorale, le message biblique accordant, par exemple, la même dignité à l’homme et à la femme, joue un rôle central. Par contre, cela ne se retrouve pas dans l’ordre juridique de l’Eglise, assure-t-il.

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