FAMILLE SAINT JEAN / Père Marie-Dominique Philippe

Adrienne a été, pendant huit ans, membre de la communauté Saint-Jean. Dans ce septième épisode de la série Ainsi soient-elles, cette ancienne religieuse nous raconte comment elle a progressivement pris conscience d’avoir été victime d’emprise et a repris contact avec d’autres sœurs abusées pour faire la lumière sur ces scandales dans l’Église catholique.

« Matières à penser », une émission animée par Antoine Garapon et diffusée sur France Culture le 23 décembre 2019 : Réflexion ce soir sur le silence, la difficulté d’en sortir, et la solution dans l’écriture d’un cri réclamant justice de la part de Sophie Ducrey, auteure de “Etouffée. Récit d’un abus spirituel et sexuel” (Taillandier, 2019).

Au terme de son chapitre général, qui s’est achevé vendredi 1er novembre, la communauté Saint-Jean a voté une réforme de ses statuts et acté que son fondateur, le père Marie-Dominique Philippe, ne peut en aucun cas être considéré comme une référence spirituelle. L’accès aux archives des dominicains a permis de découvrir qu’il avait été condamné par Rome en 1957 pour avoir couvert les abus commis par son frère Thomas Philippe.

Dans Le Silence de la Vierge, Marie-Laure Janssens témoigne du long processus d’emprise mentale et d’abus spirituel qu’elle a vécu dans la communauté des sœurs contemplatives de Saint-Jean.

Marie-Laure Janssens est entrée à 23 ans chez les sœurs contemplatives de Saint-Jean, à Saint-Jodard (Loire). Elle est restée onze ans dans la communauté devenant à partir de 2005, selon sa propre expression, un « rouage essentiel du système ». Aujourd’hui mariée et mère de deux enfants, elle livre dans un récit écrit avec le journaliste Mikael Corre, une plongée accablante au cœur des dérives de certaines communautés catholiques et des complaisances ou paralysies épiscopales. « J’ai bel et bien passé onze ans dans une secte. » écrit-elle dès l’introduction.

Dans une lettre stupéfiante que révèle en intégralité Mediapart, le Vatican reconnaît pour la première fois « l’indulgence suspecte » des « petits gris » de Saint-Jean à l’égard de la pédophilie et d’autres actes de violence. La communauté demande « pardon à toutes les victimes et à leurs familles » et promet des réformes.

Accusé d’actes de pédophilie et d’agression sexuelle sur majeur, un ancien religieux de la communauté Saint-Jean, qui a reconnu les faits en 2015, est jugé ce vendredi à Chalon-sur-Saône. Des documents consultés par Mediapart révèlent que des supérieurs de cette fraternité contestée savaient tout du mal-être et des agissements de leur frère, mais n’ont jamais alerté les autorités.

Mon nom est…. Je suis entré dans la Congrégation de St Jean en… et suis parti en…. J’écris pour vous informer de mon expérience de certains comportements irréguliers de la part du P. Marie-Dominique Philippe, o.p., le fondateur de la Congrégation St Jean. J’ai été informé par le P… que plusieurs anciens membres de la Congrégation se sont plaint de comportements sexuellement manipulateurs ou prédateurs de la part du P. Philippe, et je voudrais joindre ma plainte à la leur.

Plusieurs professeurs — et pas des moindres — qui enseignaient au noviciat de la communauté de Saint-Jean, ont fini par démissionner, ne supportant plus les dérives du père Philippe et de son entourage. Certains, interpellés par des familles de victimes, ont accepté de parler et d’analyser la gravité de la situation. Pour des raisons de sécurité que le lecteur com-prendra, ils s’expriment sous couvert d’anonymat.

Un autre professeur de théologie qui a quitté récemment la communauté Saint-jean a bien voulu répondre aux questions de parents inquiets de la manière dont sévi le père Marie-Dominique-Philippe et son entourage sur les novices et les jeunes frères et sœurs.

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