Décryptage

Il y a encore peu, la réponse était négative. Par principe l’Église se trouve dans l’orthodoxie. Une secte est ce qui se sépare de l’ensemble. Et donc cela n’existait pas dans l’Église catholique. Cela n’était ni pensé ni formulé. Si quelqu’un s’en plaignait, on le faisait taire selon les bons vieux usages de la bureaucratie vaticane. Il ne manquerait plus que ça, pensaient tous ces gardiens du temple.

Il est question de l’Église en crise aujourd’hui. Nous vivons un processus apparemment inexorable de diminution numérique sur un temps plus ou moins long : les paroisses se vident en nombre et en substance, le nombre de prêtres, de religieux et religieuses s’effondre. Nos assemblées sont majoritairement grisonnantes… Il y a là une forme de crise. Mais ce que nous vivons brutalement comme ébranlement relève de tout ce qui se révèle depuis quelques années : dysfonctionnements graves, pratiques criminelles de pédophilie en particulier. Cette crise de l’Église ne nous est pas extérieure : ce n’est pas seulement l’institution. Nous sommes personnellement touchés comme membres de cette Église : elle est de quelque manière notre famille. Nous sommes peut-être pour une part aussi, comme croyants, en crise. Il s’agit de comprendre, de chercher ensemble vers où aller, et de s’interroger sur la question de savoir ce que nous pouvons faire.

Jean-Miguel Garrigues est un théologien dominicain franco-espagnol âgé de 75 ans. Auteur de nombreux livres de théologie et de spiritualité, il analyse les difficultés rencontrées par le pape François comme le symptôme d’une « crise systémique » du gouvernement de l’Eglise catholique.

Ce 9 décembre 2019, 120 Supérieur(es) de congrégations et instituts religieux étaient réunis à Paris pour une journée de partage et de réflexion sur le thème de l’emprise et de l’abus à l’initiative de la CORREF qui est l’organisme de représentation et de coordination des Religieux et Religieuses de France.

Le théologien Nicolas Betticher propose au pape de créer des tribunaux indépendants pour juger des cas d’abus sexuels.

Dans les reproches qui me sont faits régulièrement, un des plus stupides consiste à m’accuser de désobéissance. Avec ce mot à la bouche, les bigotes et dévots pensent clore définitivement la discussion. Même si j’ai les limites inhérentes à la condition humaine, personne ne peut m’attaquer sur le point de l’obéissance et certainement pas mes supérieurs. Et si attaque il y a, elle est nécessairement fondée sur une fausse théologie et sur une spiritualité déviante. C’est pourquoi j’ai pris la peine de tirer du trésor de la Tradition de l’Eglise l’histoire pratiquement inconnue de l’évêque anglais de Lincoln au XIII° siècle, Robert Grosseteste. C’est son histoire que je vais maintenant vous raconter. Prenez la peine de la lire car elle vous édifiera au sens profond du terme, c’est-à-dire qu’elle vous fera grandir spirituellement.

La théologienne Geneviève Medevielle accompagne depuis de nombreuses années des religieuses, dont certaines ont été abusées par des clercs.

Pour le sociologue Olivier Bobineau, la pédophilie des prêtres est favorisée par le statut sacré  que leur confère l’institution ecclésiastique.

Un prêtre, ami de ce site, nous a envoyé un texte formidable écrit par le père Servais Pinckaers, un dominicain belge, sur les notions de pardon et de justice. Combien de victimes d’abus (tant sexuel que psychologique, spirituel et financier), après avoir commencé à se plaindre auprès de l’Eglise, se sont entendues répondre : « Maintenant, il faut que vous pardonniez » (Comprendre : « foutez nous la paix ! »). Comme si le pardon à l’égard du clergé était un dû et n’exigeait pas de justice.

propos recueillis par Jean-Pierre Denis

Confronté à la souffrance d’un proche, l’intellectuel catholique Yves Hamant tente de faire entendre les voix des victimes d’abus de pouvoir au sein des communautés religieuses. Un engagement difficile.

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