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Assurément une des scènes les plus pénibles du film de Francois Ozon, Grâce à Dieu, est celle de la prière du Notre Père, unissant en une seule supplication, criminel, victime et go-between : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ». On fait difficilement pire, on se demande comment on peut, sans rire, se lever le matin pour faire un truc pareil.

Plusieurs femmes catholiques versaillaises ont créé une association d’aide aux victimes d’abus sexuels dans l’Église, baptisée « Comme une mère aimante », a-t-on appris auprès de la présidente de cette structure, Camille de Metz-Noblat.

En 2014, un an après avoir adressé notre « Appel de Lourdes » aux évêques de France, nous rédigions une lettre destinée au pape François et la faisions signer par plus de 40 personnes, victimes d’abus de pouvoir et de conscience dans des communautés religieuses, ainsi que quelques parents de victimes.

Yves Hamant l’a portée personnellement au Vatican le 15 décembre 2014, en deux versions, français et italien, et elle a été remise en mains propres au pape au début du mois de janvier 2015 par l’intermédiaire de deux cardinaux. Cette démarche avait été suggérée par l’un des deux, éminent théologien, qui en avait corrigé le texte. Cette lettre est restée sans réponse.

Le moment nous semble venu de verser son contenu au dossier des différentes propositions présentées par les uns et les autres face au tsunami qui submerge l’Eglise catholique et de la publier, pour la première fois.

Yves Hamant, Xavier Léger, Aymeri Suarez-Pazos

Le tribunal correctionnel de Lyon n’a donc pas suivi les réquisitions du Procureur qui, en janvier avait demandé l’acquittement pour le cardinal archevêque de Lyon. Si la condamnation reste symbolique – six mois de prison avec sursis – sa culpabilité n’en est pas moins retenue par les juges. Faisant suite aux deux classements sans suite des 1er août et 11 décembre 2016, elle a provoqué un vrai choc dans l’Eglise de France, à la mesure de la surprise occasionnée. Elle suit de quelques mois celle de Mgr Fort, ancien évêque d’Orléans, pour non dénonciation d’actes pédophiles.

« C’EST LE PEUPLE DE DIEU TOUT ENTIER QUI DOIT PRENDRE EN CHARGE SON EGLISE »

« En ce matin du 7 mars, nous apprenions la condamnation du cardinal Philippe Barbarin. C’était déjà une victoire pour les victimes qui se sentaient enfin reconnues dans leur action légitime. J’avais décidé de faire silence car la nouvelle se suffisait à elle-même. Le commentaire n’était pas nécessaire. Et puis à la mi-journée nous apprenons que le cardinal archevêque de Lyon présente sa démission au Pape François. Il me faut maintenant dire une parole, non pas pour me réjouir de cette issue mais pour montrer combien elle est dans la logique interne des évènements que nous vivons depuis plusieurs mois.

À l’automne 2018, le Sénat a créé une mission commune d’information sur les politiques publiques de prévention, de détection, d’organisation des signalements et de répression des infractions sexuelles susceptibles d’être commises par des personnes en contact avec des mineurs dans le cadre de l’exercice de leur métier ou de leurs fonctions. Mercredi 6 février 2019, le Sénat a reçu Isabelle de Gaulmyn, Catherine Bonnet, Soeur Véronique Margron, le Père Stéphane Joulain et le père Pierre Vignon.

Largement consacrée au dialogue avec l’islam, la conférence de presse du vol papal, de retour d’Abu Dhabi, mardi 5 février, a aussi porté sur les abus sexuels dont sont victimes les religieuses.

En faisant proclamer par l’un de ses défenseurs que « la douleur ne crée pas le droit », Mgr Barbarin a peut-être gagné comme citoyen, comme fonctionnaire de Dieu. Mais comme chrétien ?

Pour répondre aux critiques formulées à son endroit, notre ami Pierre Vignon a eu l’idée d’écrire une petite mise au point… décapante. Dans cet article, le prêtre drômois explicite les mêmes raisons qui ont poussé notre collectif à créer lenversdudecor.org. Merci Pierre, encore une fois, pour ton engagement dans cette cause bien ingrate auprès des victimes. Malgré ce que peuvent en penser certains, tu ne fais qu’assumer ta vocation baptismale de prophète. Et tant pis pour ceux qui ne le comprennent pas : toi, tu ne perds pas ta récompense.

Un collectif d’anciens membres provenant de différentes communautés nouvelles s’adressent au Pape pour lui faire part de leurs souffrances. Notre amie italienne, Renata Patti, a lancé une pétition sur Change.org pour que vous puissiez apporter votre soutien à cette lettre.

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