Foyer de Charité de Courset dans le Boulonnais, des soupçons d’abus « spirituels, sexuels ou d’autorité »

Dimanche 28 juin 2020

Connu pour accueillir une jeunesse relativement privilégiée, le Foyer de Charité de Courset, dans le Boulonnais, est sali par les agissements qu’aurait commis son fondateur, le père Michel Tierny. Le prêtre, décédé en 2011, aurait commis des abus de toutes sortes.

Le courrier est daté du 27 janvier 2020, soit quatorze ans après les premières révélations. Il est bien caché sur le site Internet de la communauté de Courset. Sous le discret intitulé de « lettre d’information du foyer de Courset ». La lettre est adressée aux « proches de notre Foyer ». Dès la troisième ligne, on comprend que l’affaire n’est pas anodine : « L’histoire de notre foyer a été marquée douloureusement par les agissements de son fondateur, le père Michel Tierny, vis-à-vis de membres du foyer. »

Quels agissements ? « Des membres du foyer ont pu témoigner d’abus spirituels, sexuels ou d’autorité qu’ils auraient subis de la part du père Tierny. »

Qui a subi quoi ? Le foyer accueille des pensionnaires de l’école et du collège attenants, mais aussi des adolescents et adultes qui viennent pour une retraite spirituelle. Toujours dans le courrier, il est précisé : « Les témoignages d’abus sexuels émanent de femmes adultes, membres du foyer. »

Abus sur des « femmes adultes »

Des femmes qui vivent ou vivaient à demeure dans la communauté, et « mettaient en commun leurs biens et leurs compétences pour faciliter le ressourcement spirituel de leurs contemporains » comme l’exigent les préceptes de cette œuvre catholique.

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Vos réactions

  • ter 7 juillet 2020 16:18

    On ne peut plus parler de communauté sans apprendre que le fondateur était manipulateur, à croire que c’était conforme à l’enseignement de l’Eglise puisque tous ou presque s’adonnaient à ce genre de sport. Il était normal pour ces hommes de s’attirer les bonnes grâces de leurs adeptes en les séduisant, en les abusant, en les envahissant de propos d’allure évangélique qui dissimulaient leur hypocrisie car ils servaient de décor à leurs entreprises malhonnêtes. Ce qu’ils visaient, c’était le pouvoir et la jouissance de s’en sentir investi. Ils ne se sentaient vivre que lorsque leurs adeptes leur tressaient des couronnes en se pavanant devant eux en pieuses mimiques extasiées. Il faudrait un Molière pour peindre ces dévots en peau de toutou et leurs mimiques honteuses et ridicules. Ceci étant dit, comment sortir maintenant de ce passé vraiment obscur ? En changeant complètement de manière de faire. En ne promouvant pas dans les communautés des personnalités soumises qui encouragent l’hypocrisie des dirigeants. En favorisant, au lieu de l’empêcher, la manifestation de la vérité en toute sa crudité, en s’armant en vue de la vérité comme on va au champ de bataille, en se méfiant des propos lénifiants qui cherchent une paix de surface et montrent du doigt ceux qui apparemment ne l’alimentent pas. C’est un système créé pour tuer les consciences et les étouffer à petit feu. On crée une unanimité de surface et c’est en fait une dictature sous couvert de promouvoir la charité. Il faut changer cela, ça a assez duré.